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Contenu rédigé par Gruz
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Commentaires écrits par
Gruz
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Ressacs
Ressacs
par David-James KENNEDY
Edition : Broché
Prix : EUR 17,96

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Remous, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ressacs (Broché)
Dans le cadre d’un premier roman, c’est plutôt pas mal d’être adoubé par Franck Thilliez himself. Mais en même temps, les attentes concernant cette lecture montent subitement d’un gros cran.
La dernière page tournée, on se dit que la « filiation spirituelle » avec Thilliez est assez évidente : leurs univers se rapprochent, même si Kennedy a clairement su imprimer sa patte dès son premier essai. Deux auteurs, mais cette même inclinaison à privilégier l’intrigue avant tout.
Il y avait pourtant de quoi se perdre et se laisser submerger par cet récit à tiroirs, où les vagues successives vous submergent, où les rouleaux vous emportent au loin avant de subitement vous ramener au rivage de la compréhension.
Le titre est bien trouvé, dans cette histoire où la mer et l’eau prennent une place prépondérante. On navigue tout au long de cette lecture dans une ambiance liquide, glissante et poisseuse. Mer et pluie, le long de cette côte atlantique qui devient très vite un personnage à part entière du roman.
Ressacs est un thriller un vrai, du genre à vous empêcher de poser le livre, toujours en immersion dans cette histoire complexe et assez prenante.
La trame de base est connue, le thème pas le plus original qui soit. Mais l’auteur s’en sort fort bien, le traitement du récit est bien maîtrisé, l’atmosphère bien construite. L’histoire est alambiquée et vous entraîne dans un tourbillon violent sans que l’auteur ne prenne le bouillon.
Parce que, ce qui est assez étonnant pour un premier roman, c’est l’adresse avec laquelle Kennedy tient la barre sans grand flottement. Je regrette juste certaines redites vraiment inutiles et qui n’apportent vraiment pas grand-chose, mais sans que la houle de l’intrigue ne vienne heureusement vous perdre en route.
L’écriture de Kennedy est sobre, et le style particulièrement fluide (sans aucun jeu de mot). C’est ce qui m’aura impressionné au-delà de cette intrigue machiavélique. Je trouve que souvent les jeunes auteurs ont tendance à en faire un peu trop, à alourdir inutilement leur écriture. Kennedy a déjà le talent de ne pas tomber dans l’excès stylistique, de se mettre exclusivement au service de son histoire, et ça c’est une qualité indéniable pour moi, qui augure de futures plages de lectures ensoleillées en sa compagnie.
En bref, un vrai thriller oppressant, mais qui jamais ne perd de vue la dimension humaine et une intrigue pleine de remous qui réserve son flot de surprise. Dans le genre, malgré quelques légères imperfections, c’est un divertissement de qualité et une nouvelle plume française à suivre de près.


Dossier 64
Dossier 64
par Jussi Adler-Olsen
Edition : Broché
Prix : EUR 21,76

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Remarquable !, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dossier 64 (Broché)
4° aventure du trio d’enquêteur Mock / Assad / Rose, 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde pour cette série traduite dans 4 pays, et un mystérieux dossier 64 qui se profile. Ça c’est pour les chiffres.
Passons aux lettres, parce que les romans de Jussi Adler-Olsen sont tellement plus que ces chiffres, lui qui a gagné ses lettres de noblesse grâce à cette série en cours. Son nom est à écrire en lettres capitales dans le panthéon des auteurs nordiques.
Si vous recherchez de l’adrénaline à chaque mot, passez votre chemin. L’univers de l’auteur est fait d’ambiance, avec des personnages à la psychologie fouillée et une plume vraiment étonnante. Mais rassurez-vous, c’est un vrai polar qui sait instiller la tension.
Adler-Olsen est un auteur étonnant avec ses livres qui sont d’une profondeur assez incroyable.
Premier grand point fort de ses romans : les personnages. Les essayer c’est les adopter. Entre un inspecteur un peu bourru et ses assistants, le syrien Assad qui est sûrement l’un des personnages les plus atypiques de la littérature de genre et Rose à la personnalité changeante, c’est un véritable feu d’artifice. Les autres personnages introduits dans ce nouveau roman sont eux aussi d’une incroyable densité.
L’autre point fort, c’est cette alternance dans la narration, entre chapitres très travaillés pour décrire l’évolution de l’intrigue et chapitres où les dialogues entre les trois compères sont un florilège de bons mots, de drôlerie, avec ce ton un peu décalé du meilleur effet.
Ce quatrième opus ne déroge pas à la règle et la montée en puissance de Adler-Olsen continue à se faire sentir. Oui je trouve cet épisode encore meilleur que les autres, plus émouvant, plus décalé, plus profond, plus hypnotisant. Il peut se lire individuellement, mais connaître les personnages est un véritable plus.
600 pages qu’il convient de savourer, une atmosphère un peu rétro mais jamais désuète et des dialogues dynamiques. Une maîtrise narrative impressionnante et une profondeur de l’intrigue éblouissante. L’auteur prend son temps pour asseoir son récit et développer ses personnages, une ambiance tendue mais tellement addictive qu’on voudrait ne pas en sortir.
Un « Cold Case » à la scandinave, où l’auteur égratigne sérieusement la société danoise, si lisse en apparence. Un regard acerbe sur la société et des propos qui peuvent très facilement se transposer dans l’histoire et l’actualité française. Nous aussi nous avons nos casseroles et vivons le retour en force des idées extrémistes.
Intrigue menée de main de maître, personnages mémorables et complexes, ton singulier, moments de pure émotion et un final absolument magnifique (alors que l’on s’imagine avoir tout deviné longtemps avant). Tout simplement admirable si on aime ce genre de lecture !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2014 11:05 AM CET


Sa vie dans les yeux d'une poupée
Sa vie dans les yeux d'une poupée
par Ingrid DESJOURS
Edition : Poche
Prix : EUR 16,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Plongée, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sa vie dans les yeux d'une poupée (Poche)
Prenez une grande inspiration. Gonflez vos poumons à fond. Bloquez !
Et plongez en apnée dans ce thriller d’Ingrid Desjours.
Car voilà typiquement le genre de lecture qui se traverse d’une traite, sans reprendre son souffle et qui va instiller son venin au fur et à mesure des mots. Une lecture bouche bée (ce qui est un comble, quand on est en apnée), mais yeux grands ouverts.
L’auteure va loin, très loin. Loin dans la violence, loin dans la crudité. Mais également (et surtout) loin dans l’analyse psychologique et loin dans la maîtrise de sa plume.
Oui c’est une lecture éprouvante et sordide, certaines scènes sont même à la limite du soutenable. Mais bien que cette violence puisse choquer, elle n’est pas gratuite et sert à nous plonger dans les méandres de l’âme tourmentée des protagonistes.
« Plonger » est le mot qui m’a accompagné sans cesse durant cette lecture, tant Ingrid Desjours s’insinue très profond dans la tête de ses personnages aux comportements déviants, excessifs, comme si (au début) personne ne trouvait grâce aux yeux de l’auteure. Et pourtant…
On pourrait effectivement croire qu’un récit d’une telle violence rase tout sur son passage, ne laissant que terre brûlée. Il n’en est rien. L’auteure arrive (étonnamment) à faire passer des sentiments dans son histoire et à les exacerber à travers toute cette noirceur.
L’écriture est à la fois directe et imagée, incroyablement expressive, capable de nous ébranler d’un trait de plume ou de nous emporter dans des envolées exaltées.
Un récit enflammé, doté de personnages malades des douleurs de leurs passés et brisés de l’intérieur. Un récit aux confins de la folie, qui vous bringuebale par vagues successives sans qu’il vous soit possible de trouver de l’air.
Et même si on peut se douter du fin mot de l’histoire, l’important n’est pas là. Il est dans l’immersion totale dans le psychisme de personnages dévoyés par leurs souffrances.
Page 327, fin de la plongée, vous pouvez reprendre votre souffle (si vous y arrivez).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 17, 2014 12:06 AM MEST


Reflex
Reflex
par Maud Mayeras
Edition : Broché
Prix : EUR 19,95

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Expérience sensorielle, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Reflex (Broché)
Si vous pensez avoir tout vu en matière de thriller et de roman noir. Oubliez…
Si vous pensez qu’un bouquin ne se parcoure qu’avec les yeux ? Oubliez…
Ce roman n’est pas juste un simple bouquin, c’est une véritable expérience sensorielle. Par sa plume, Maud Mayeras a un don unique pour donner forme, couleur, goût, odeur et sonorité à la moindre parcelle de son intrigue. Cette histoire ne se feuillette pas, elle se vit !
Reflex est une plongée en immersion totale dans l’âme humaine avec ce qu’elle peut avoir de plus vile et de plus fort. Un monstre à plusieurs têtes, une histoire de mort mais aussi d’amour, d’un amour totalement ébranlant.
Un récit à la structuration réellement audacieuse et innovante. On se retrouve plus souvent qu’à son tour à quatre pattes (voire les quatre fers en l’air), hébété et estomaqué que l’auteure retombe aussi incroyablement sur ses pattes à elle.
Un roman profondément empathique, du genre à vous rendre apathique voire aphasique durant quelques instants, tant Mayeras vous chamboule de l’intérieur et vous met la tête à l’envers.
Une écriture d’une expressivité sans pareille, capable de souffler le chaud et le froid en une courte phrase, sans jamais tomber dans les excès et la surenchère. Une « simple » phrase d’une telle force d’évocation qu’elle vous tourne dans la tête en boucle. Raccrochée à d’autres phrases chocs, je vous laisse imaginer l’enchevêtrement de boucles… Ce roman balance des horreurs avec une telle subtilité que ça en renforce immensément son pouvoir.
C’est bien simple, des thrillers, j’en ai lu des valises et des pelletées entières. Mais des comme celui-ci : pas beaucoup, vraiment pas beaucoup…
D’ailleurs le terme « thriller » est impropre (même si je comprends qu’il faille bien coller une étiquette à cette œuvre atypique). Le rythme de l’intrigue est lent, déstructuré, syncopé et pourtant son emprise est totale, étouffante, terriblement prenante.
Ce livre vibre entre vos mains (ou alors sont-ce vos mains qui tremblent ?), doué d’une vie propre. Votre cœur pulse de plus en plus vite à longueur de pages (ou est-ce le livre qui s’anime de lui même ?), jusqu’au long final qui vous laissera exsangue.
Je ne me souviens pas avoir lu un roman aussi lentement, cherchant mon souffle à chaque réplique, m’extasiant devant la forme et le fond, dégustant la prose de cette auteure incroyable.
Une véritable expérience sensorielle vous dis-je, une lecture organique entre ténèbres et lumière, du genre de celle qui vous marque au fer rouge pour très longtemps.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 17, 2014 12:27 AM MEST


Four Steps
Four Steps
par Francois Mulcahy
Edition : Broché
Prix : EUR 4,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Atmosphères, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Four Steps (Broché)
Ne vous fiez pas au titre de ce recueil de nouvelles et au nom de l’auteur, François Mulcahy. Il est bien français.
Ne vous fiez pas à son âge (24 ans), ces quatre nouvelles ont une atmosphère et un charme à l’ancienne.
Sortes de mini-contes fantastiques, ces quatre récits sont agréablement nostalgiques, profondément humains et d’une mélancolie touchante.
A l’image de cette histoire qui met en avant l’amour des vieux 33 tours et d’une époque que Mulcahy n’a pas connu. A l’image de la première nouvelle, comme un hommage à Isaac Asimov. A l’image de ces ambiances qui peuvent rappeler les écrits de Richard Matheson.
L’écriture est travaillée, déjà plutôt bien maîtrisée, accentuant cette ambiance mélancolique et cette sensibilité à fleur de peau.
Un premier essai vraiment encourageant et qui donne vraiment l’envie de suivre de près ce que proposera ce jeune auteur à l’avenir !


x
x
par Sébastien TEISSIER
Edition : Broché
Prix : EUR 14,16

4.0 étoiles sur 5 Puzzle, 29 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : x (Broché)
X, ou un thriller à plusieurs inconnues. X, ou une histoire assez démente.
Sébastien Teissier est un auteur qui a lancé son roman dans la nature et l’a « offert » au monde par le biais du numérique, auto-édité (puisqu’il n’avait pas trouvé d’éditeur). C’est chose faite depuis, et le roman sortira également en version papier. Que cela ne vous empêche pas de vous y plonger dès maintenant !
Teissier va vous ballotter et vous bringuebaler avec son récit. En alternant le « il » et le « je », ainsi qu’en alternant les modes de narration de manière plutôt créative, l’auteur cherche à vous embrouiller le cerveau.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fonctionne.
X est un puzzle psychologique et scientifique, avec différents personnages comme autant de perceptions. Chaque chapitre a son ton propre, parfois très pesant, d’autre fois d’un humour acerbe et décalé.
Le tout donne une intrigue franchement fêlée, avec un serial killer pour le moins particulier. Un récit parfois jubilatoire, d’autrefois plus convenu, mais Teissier tient globalement bien la barque (et quand on connaît le sujet, ce n’était pas gagné d’avance).
Tout n’est pas parfait, loin s’en faut, certains tics d’écriture méritent sans doute d’être gommés (un peu trop de points d’exclamation au kilomètre) et la prose est parfois un peu inégale.
Mais, il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas donner sa chance à cet auteur, car les points positifs écrasent allègrement les quelques erreurs de jeunesse.
A suivre avec curiosité et réel intérêt (une « suite » être prévue).


Le dernier lapon
Le dernier lapon
par Olivier Truc
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Surprenante, originale et remarquable réussite, 27 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le dernier lapon (Broché)
Quel paradoxe ! Réussir à écrire un livre lumineux se déroulant dans une région où la nuit peut durer 40 jours. Lumineux, oui, éblouissant comme le soleil enfin retrouvé, qui se reflète sur l’immensité neigeuse de la Laponie.
C’est un voyage extraordinaire auquel vous convie Olivier Truc.
Une contrée, la Laponie, territoire immense, froid et exigent. Un peuple totalement méconnu, les Sami, des rites si éloignés de notre quotidien. Un dépaysement total.
Une histoire ensuite, sombre et poignante, totalement ancrée dans la tradition de ce peuple lapon, où la modernité s’entrechoque violemment avec les coutumes et le mode de vie ancestraux.
Des personnages enfin, époustouflants, tour à tour complexes, touchants ou révoltants.
Que l’on soit clair, « Le dernier lapon » est un vrai polar. Mais pas que. Un vrai polar dans son ambiance, une enquête policière qui prend racine dans les traditions du Lapon. Mais aussi une histoire qui dépasse le polar par sa profondeur.
Le récit est tout en ambiance, parfois langoureux, l’auteur réussissant magistralement à déployer un environnement totalement immersif. Au point qu’on plonge corps et âme dans cet univers où la nature dicte sa loi à l’homme.
Olivier Truc réalise le tour de force de nous présenter un univers méconnu, sans jamais tomber dans la description sommaire, déconnectée du récit comme le font certains (pas de « copié-collé de wikipedia, ici).
Au contraire, l’environnement est admirablement intégré dans l’histoire, l’auteur démontrant à chaque page qu’il sait de quoi il parle (même s’il est français).
Avec une écriture sobre et imagée, sans emphase et toujours avec le ton juste, Olivier Truc achève de nous convaincre.
Une surprenante, originale et remarquable réussite.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 8, 2013 5:25 PM MEST


Enfin la nuit
Enfin la nuit
par Camille Leboulanger
Edition : Broché
Prix : EUR 11,88

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Maturité étonnante, 27 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enfin la nuit (Broché)
Ce qui étonne de prime abord, c’est la maturité du récit et du propos. Oui, ça frappe venant d’un jeune auteur de tout juste 20 ans, qui nous propose son premier roman. Impossible, en effet, de deviner ce fait, tant le récit est profond, maîtrisé et vraiment bien écrit.
Hommage assumé à « la route », c’est un roman tout en ambiance, porté par le style de l’auteur, tantôt descriptif, parfois sec, quelquefois absurde, également touchant, traversé de fulgurances poétiques.
Que les accros au « pourquoi du comment » passent leur chemin, jamais Leboulanger ne tente d’expliquer les causes de ce dérèglement qui nous entraîne dans cette atmosphère de fin du monde. Ce n’est pas le propos.
Le bouquin nous permet de suivre quelques personnages, dans un climat crépusculaire, propice au questionnement de soi et sur le monde.
Un roman d’atmosphère assez bluffant dans le genre, même s’il n’invente rien. La prose de l’auteur y est pour beaucoup.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 8, 2013 5:28 PM MEST


Blue Jay Way
Blue Jay Way
par Fabrice Colin
Edition : Broché
Prix : EUR 7,51

4.0 étoiles sur 5 Petite Grandeur et croissante Décadence, 27 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jay Way (Broché)
Bienvenue à L.A., Petite Grandeur et croissante Décadence.
Fabrice Colin, pour sa première véritable incursion dans le monde du polar, nous plonge la tête la première dans l’énorme piscine qu’est cette ville tentaculaire, où la fraîcheur de l’eau fait vite place à un réel sentiment d’étouffement.
Le ton est résolument moderne, parfois lyrique, parfois cru. Le premier personnage du livre est la mégalopole elle-même où tout est bon pour « justifier » les frasques d’une population désœuvrée, où le fric fait perdre tout sens des réalités. Mais, qu’est-ce que la réalité lorsque l’on côtoie Hollywood ?
Soyons clair, Colin ne nous propose pas qu’une simple étude de mœurs, c’est un vrai polar, complexe, sombre, plein de faux-semblants.
L’auteur prend le temps de nous plonger dans son histoire, pour au fur et à mesure, nous happer grâce à sa narration quasi hypnotique.
Récit écrit à la première personne, Colin égraine quelques chapitres à la troisième personne de-ci-de-là, qui attisent l’intérêt, sans qu’il soit possible de faire le lien entre ces histoires (jusqu’à la chute finale, forte en révélation, quoi que tirant un chouïa en longueur).
Colin est à l’aise comme un poisson dans l’eau (désolé…) dans cet univers qu’il a l’air de bien maîtriser pour un auteur français, Il nous mène par le bout du nez, sans nous lâcher jusqu’à la fin.
Une descente aux enfers et un polar actuel qui se révèle être une vraie réussite.
Souriez, vous êtes filmés.


Les harmoniques: (Beau Danube Blues)
Les harmoniques: (Beau Danube Blues)
par Marcus Malte
Edition : Poche
Prix : EUR 7,51

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Belle et sombre partition, 27 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les harmoniques: (Beau Danube Blues) (Poche)
La trame générale est connue. Le récit aurait pu en être banal, mais c’est sans compter sur Marcus Malte qui propose, telle une ré-orchestration d’un air familier, une partition de haut vol.
Tout d’abord un contexte, bien plus profond que ne laisserait l’imaginer l’introduction, prenant son inspiration dans les pires moments de l’histoire récente de notre continent.
Un duo de choc ensuite, un chauffeur de taxi sans client qui accompagne son ami, pianiste de jazz non violent (à l’opposé du récit, qui lui l’est). Deux personnages assez extraordinaires.
Malte dirige avec maestria tout ce petit monde, ponctuant son récit de morceaux de jazz (pas besoin d’être amateur de genre pour lire le livre, à mon sens, simplement avoir une petite sensibilité musicale).
L’auteur imprime le tempo, claque le timing de ses doigts dans cette histoire d’un pianiste écoutant sa petite mélodie intérieure, en quête de vérité, pour se retrouver confronté à une histoire qui le dépasse.
Parce que Malte est un grand écrivain, sans aucune contestation ! Son écriture est pleine de verve, touchante, sachant être tantôt dure, tantôt irrésistiblement drôle.
Il alterne scènes éprouvantes avec des envolées quasi lyriques, et scènes drolatiques qui font retomber la pression ( ah cette scène d’anthologie du champs de patates, en milieu de roman).
Malte intègre parfaitement la musique à son récit, jazz et blues qui savent transformer souffrance en beauté, ténèbres en lumière.
Marcus Malte, un pro de la (fausse) impro, pour un récit qui reste à l’esprit, une fois la dernière note jouée, justifiant parfaitement le titre du roman.


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