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Gruz blog EmOtionS (France)
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Le jour des morts
Le jour des morts
par Nicolas Lebel
Edition : Poche
Prix : EUR 19,90

4.0 étoiles sur 5 Feux d’artifice, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le jour des morts (Poche)
1er novembre, Le jour des morts, les cadavres se ramassent à la pelle. Ils tombent comme des mouches sous les coups (tout en finesse) d’une étrange empoisonneuse et d’un Nicolas Lebel vraiment inspiré.

Voilà déjà la première originalité du récit de l’auteur : une empoisonneuse donc, et pas de surenchère dans la violence malgré le côté morbide de l’intrigue. Une histoire toute en suggestions, en émotions diverses et en inspiration. Un récit qui s’étire à travers de longs chapitres, bien loin de la mode actuelle du "plus c’est court, plus c’est bon". Au contraire, Lebel prend le temps de construire son intrigue, de créer une atmosphère et de s’amuser avec nous, sans qu’aucune longueur ne vienne jamais poindre.

Si ce roman sort du lot, c’est aussi grâce à la plume de l’auteur. Une écriture riche, loin d’un basique "sujet-verbe-complément". Et puis, il y a cet humour omniprésent, avec ces joutes verbales proprement jouissives.

Certains passages sont, à ce titre, de véritables feux d’artifice. "Oh Lebel bleue, Oh Lebel rouge !", Des explosions hautes en couleur, du genre à vous coller de grands sourires et vous pousser à relire les passages une seconde fois, par pur plaisir.

Et il y a ces personnages si puissants, d’une vraie épaisseur et d’une réelle profondeur. Un capitaine (Mehrlicht dont le nom rime avec Maastricht, mais dont les frontières mentales sont paradoxalement assez étanches, surtout à la modernité ambiante) et des adjoints assez mémorables (ah, cette manière qu’à l’un d’eux de citer de mémoire les articles du code pénal pour tout et n’importe quoi). Des caractères atypiques et hautement addictifs, humains et touchants (même quand ils font preuve de mauvais caractère).

Le jour des morts est une vraie fiction et un vrai divertissement, il n’empêche que Nicolas Lebel s’amuse également à écorner certains travers de notre société actuelle, que ce soit au niveau des médias ou bien encore de la politique. Quand on y rajoute son propos sur le comportement des humains en réunion, certains passages font carrément froid dans le dos. Une autre dimension du récit qui en accentue sa profondeur.

Le jour des morts prouve admirablement que le polar français est bien vivant, grâce à des textes d’une telle qualité. Pour ça, je lui décerne le Lebel rouge.


SEULS LES VAUTOURS
SEULS LES VAUTOURS
par Nicolas Zeimet
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'ombre du king, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : SEULS LES VAUTOURS (Broché)
Pour contredire le titre du roman (très bien trouvé), il n’y a pas que les vautours qui survolent cette histoire. Il y a aussi une vraie et sombre ambiance qui plane tout au long du récit, tout comme l’ombre d’un auteur bien connu.

A mon tour de ne pas laisser planer le doute : ce roman est une petite merveille, un roman rare, d’autant plus remarquable qu’il est l’œuvre d’un jeune auteur français.

Nicolas Zeimet fait montre d’une maîtrise de la narration tout bonnement exceptionnelle. On pourrait effectivement s’attendre à lire un tel roman venant d’un auteur (américain) bien plus chevronné.

Parce qu’il y a cette description éblouissante de ce coin perdu de l’Amérique où se déroule l’histoire, parce que la peinture des personnages est magnifique de vérité, parce que l’atmosphère générale du roman est plombante et paradoxalement hypnotique.

C’est clairement un roman d’ambiance, tout en finesse de ton et d’analyse. C’est ce qui fait que cette histoire est si crédible et étouffante.

Seuls les vautours nous plonge donc dans l’Amérique profonde, autour d’une disparition d’enfant, au sein d’une communauté où nombres de secrets enveniment passé et présent.

Je parlais au début d’une ombre qui plane sur ce roman. Effectivement, ce récit aurait toute sa place dans l’œuvre (ancienne) de Stephen King. Pour cette manière de rendre si justement une atmosphère, pour cette façon de raconter le quotidien des personnages et leurs secrets, pour brosser si méthodiquement le portrait de ces coins perdu du pays de l’oncle Sam.

Tout y est, le climat lourd (au sens propre comme eu figuré), le Shérif du coin particulièrement antipathique, la sortie brutale de l’enfance, la guerre larvée entre certains protagonistes, l’ambiance si bien rendue des années 80 où se situe l’action…

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Nicolas Zeimet rend peut-être hommage au Maître, mais en aucun cas ne nous propose un banal copié-collé. L’auteur a bien plus de talent et de classe que ça !

Oh oui, Zeimet a un talent fou ! Il a une capacité à suggérer, une habileté à faire passer les émotions et une vraie intelligence pour faire tenir debout un roman aussi dense (475 pages touffues, sans page blanche ou presque).

Et que dire de cette écriture si expressive, si riche, si éclatante, à la fois joliment descriptive et si émotionnelle. Une plume d’une qualité rare qui nous laisse éberlué, médusé devant le fait que ce n’est qu’un deuxième roman.

Seuls les vautours est une énorme réussite dans le genre, de celle qui doit vraiment permettre à l’auteur de se faire une belle place au soleil.

Un roman noir qui mélange avec un vrai bonheur les influences et les genres. Admirable !


Les Larmes de Pancrace
Les Larmes de Pancrace
par MALLOCK
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un roman A.O.C. : Amédée d’Origine de grande Classe, 17 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Larmes de Pancrace (Broché)
Après un Cimetière des hirondelles qui a définitivement imposé Amédée Mallock (l’auteur et son personnage homonyme) dans l’univers du thriller, le nouveau roman Les larmes de Pancrace enfonce le clou (que dis-je le pieu !).

Mallock illustre admirablement qu’il est possible de concilier divertissement et ambition. Car rares sont les romans qui à ce point méritent l’appellation de « thriller littéraire ». Littéraire clairement, tant l’auteur impose une plume d’une extrême richesse. Ambitieux assurément avec cette histoire aux multiples ramifications.

Le commissaire Mallock se retrouve délocalisé dans la région de Bordeaux et plongé dans une histoire où le vin prend une place prépondérante, presque un personnage à part entière.

Comme à son habitude, l’auteur laisse décanter son histoire, qui progresse pas à pas, loin du rythme effréné de la plupart des thrillers actuels. Une intrigue sacrément bien charpentée, admirablement construite, audacieuse à souhait, qui nous emmène sur plusieurs siècles (ambitieux, vous dis-je !).

Un récit qui prend donc ses racines dans le lointain passé, mais qui reste profondément contemporain. Mallock en profite pour revisiter le vieux principe du polar qu’est le meurtre en chambre close d’une manière plutôt originale.

Histoire haut de gamme, et surtout un personnage de commissaire particulièrement attachant et atypique. Un flic qui a du corps, tout en rondeur, qui sait être acide lorsqu’il le faut, au caractère corsé et qui n’a pas son pareil pour chambrer ses congénères.

Parce que le commissaire Mallock, n’a pas sa langue dans sa poche (y compris lorsqu’il se lance dans des discussions avec lui-même), rendant les joutes verbales particulièrement épicées. Un « vieil ours atrabilaire » (selon les propres termes de l’auteur) pourtant particulièrement attachant.

Et cette plume ! Unique, étourdissante, capiteuse et tellement riche ! Un écrivain de thriller hors-norme, véritablement.

C’est donc une nouvelle et admirable réussite que ces Larmes de Pancrace (jusqu’à la couverture, magnifique), une cuvée exceptionnelle dont le goût reste en bouche une fois la dernière page tournée.

Un roman A.O.C. : Amédée d’Origine de grande Classe.


L'avocat le nain et la princesse masquée
L'avocat le nain et la princesse masquée
par Paul Colize
Edition : Broché
Prix : EUR 18,90

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Toute ressemblance..., 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'avocat le nain et la princesse masquée (Broché)
« L’écrivain, le géant et le talent démasqué ». Tel pourrait être le titre donné à Paul Colize.

Un auteur, grand par la taille et par son talent, qui une fois de plus nous étonne avec son nouveau roman.

Oubliez les précédents bouquins de Paul Colize le temps de ce livre et profitez du talent multi-facettes de l’auteur, sans chercher une comparaison qui n’a pas lieu d’être.

Alors que le précédent roman (Un long moment de silence) était particulièrement pesant, ce nouvel opus fait, tout au contraire, dans la légèreté. Un grand bonhomme pour un vrai contre-pied.

Oui, on peut toujours classer ce roman dans la catégorie des polars, mais il convient alors de parler de comédie policière. Une vraie Colizion des genres.

Comédie policière ne veut pas dire farce de bas étage. C’est de Paul Colize dont on parle tout de même ! On y retrouve sa finesse, son intelligence de ton, ce côté pince-sans-rire, cynique et ironique qui font mouche. Le tout concilié à une vraie intrigue qui tient la route.

Une lecture sans prise de tête, qui en a dans le ciboulot et qui ne se moque pas de la tronche du lecteur. Du vrai, du pur divertissement donc, caustique et subtil à la fois.

Si on devait vraiment trouver un point commun avec son précédent roman, outre le style tout en sobriété de l’auteur, c’est le caractère du personnage principal. Pas le genre de bonhomme très sympathique au départ de l’histoire.

Alors, que se cache-t-il derrière ce titre énigmatique ? Paul Colize parle mariage (ou plutôt divorce) mais nous détourne très vite du sujet initial pour nous emporter loin à travers le monde, grâce à ses bons mots et à son imagination fertile.

On s’amuse tout autant que l’auteur et les pages défilent comme un rien pour, au final, nous faire passer un joli moment délicieusement déjanté, sans jamais tomber dans les excès.

Et bien sur, toute ressemblance avec des personnes existantes serait fortuite… ou pas ;-).


Carter contre le diable
Carter contre le diable
Prix : EUR 12,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un immense chef d'oeuvre !, 8 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carter contre le diable (Format Kindle)
Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Carter le Grand, le magicien !

Il y a des livres qui touchent directement votre âme… cette partie de votre âme qui est encore capable de s’émerveiller.

Carter contre le diable est de ceux-là. Ce n’est pas qu’un simple livre, il est un peu magique. A l’image de son sujet (l’histoire très romancée d’un magicien dans les années 20), il fait appel à notre capacité d’éblouissement et d’optimisme d’une manière incroyablement touchante et ludique.

Carter contre le diable est un très grand roman, inoubliable, de ceux qui laissent des traces indélébiles dans les esprits.

Je donne l’impression d’en faire des tonnes à travers mes mots introductifs, et pourtant aucun de ces mots n’arrivera à vous faire passer toutes les émotions que j’ai pu ressentir durant cette lecture.

Ce roman prouve qu’on peut proposer un pur divertissement tout en ayant une ambition folle. Car cette histoire est totalement unique, mélange de tant de genres : roman historique, polar, chronique sociale, histoire d’amour, roman d’aventure, avec même une toute petite touche de fantastique.

C’est un récit foisonnant, d’une stupéfiante richesse, magnifiquement écrit tout en restant toujours dans l’émotion. On parle bien de spectacle et de magie, non ?

Car Glen David Gold a de l’or dans les mains, à l’image de son personnage. Auteur d’une dextérité inouïe, capable de faire jaillir les émotions de ses mots comme le magicien Carter les foulards de ses poches, de nous inventer des situations inattendues comme Carter fait jaillir des colombes, de nous faire apparaître des images comme Carter fait disparaître des éléphants (oui, oui un éléphant).

L’auteur est un envoûteur, un charmeur, un prestidigitateur des mots, un enchanteur des sens. Ce qui est proprement étonnant c’est que, malgré l’épaisseur du roman (800 pages), jamais Glen David Gold n’en fait trop. Le récit coule tout seul, le tout étant hautement visuel et d’une confondante subtilité.

Parce que les scènes décrites par l’auteur, vous ne les lisez pas, vous les vivez ! Les tours de magie décrits sont si bien rendus que vous semblez les expérimenter par vous-même. Cette capacité de l’écrivain à donner forme et vie aux scènes est un don rare.

Je me suis accroché aux pages, j’ai ri, j’ai frissonné, j’ai eu la larme à l’œil, j’ai viscéralement aimé les personnages. Toutes ces émotions, au point de ressentir de la tristesse, une fois le livre refermé, tristesse de devoir quitter cette ambiance et ce héros des temps anciens si profondément attachant.

L’environnement des années 20 est très bien documenté, mais sans qu’à aucun moment on ne tombe dans une soporifique leçon d’histoire. Le tout reste en arrière-plan et donne une vraie dimension à une histoire où l’humain prend toute sa place. Et puis, ce mélange de personnages inventés et réels est franchement épatant.

Les années 20, période difficile de l’histoire, époque charnière où la technologie du divertissement commence à poindre le bout de son nez. C’est un autre sujet important du roman, nous parler d’une époque où les spectateurs avaient encore toute leur capacité d’émerveillement, où le spectacle vivant ne tenait qu’à un fil et où un grain de sable pouvait tout mettre à terre. L’auteur appelle ça « la magie de l’instant ».

Et puis il est impossible de ne pas parler des personnages. Carter, le magicien, d’une merveilleuse profondeur, et tous les personnages « secondaire » a qui Glen David Gold a su insuffler vie. Émotions à fleur de peau, amour, douleur. Des émotions vraies, simples et fortes.

Je ne remercierai jamais assez le nouvel éditeur Super 8 d’avoir eu l’idée de rééditer ce roman déjà paru en France en 2002, mais qui n’avait pas rencontré le succès qu’il méritait.

Cette histoire sera adaptée au cinéma, Johnny Depp étant pressenti pour interpréter le magicien.

Un dernier mot sur la couverture absolument magnifique, qui classe encore davantage ce livre au rang d’objet à posséder impérativement, à lire et à relire.

Approchez-vous Mesdames et Messieurs et installez-vous confortablement. Le rideau va bientôt s’ouvrir sur le spectacle de Glen David Gold le Grand, le magicien des mots et des émotions !


Ces lieux sont morts
Ces lieux sont morts
Prix : EUR 14,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Thriller étouffant, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ces lieux sont morts (Format Kindle)
Premières dizaines de pages, les ingrédients du thriller pur et dur sont bien présents, on est parti pour une lecture aiguillée, calé sur des rails bien connus et…

STOP !! Je rembobine ma chronique !

On recommence ! Je me suis bien fourvoyé avec ce début de roman "attendu". Patrick Graham (que je découvre avec ce roman) est bien plus rusé que ça, oh oui, bien plus…

L’intrigue prend très vite des virages totalement inattendus, oui je dis bien DES virages. Pour rester dans la métaphore, c’est plutôt un voyage dans le train de la mine qu’il nous propose, secoués dans tous les sens, avec l’impossibilité d’anticiper le prochain virage.

Sans connaître la nationalité de l’auteur, il est impossible d’imaginer que ce roman n’est pas américain. Par bien des aspects, il m’a fait penser à certains bons romans de Dean Koontz (ce qui est un sacré hommage de ma part). L’immersion dans l’environnement états-unien est totale.

D’immersion il est également question par le sujet même du livre. Un sujet extrêmement fort, le coma, et cette plongée dans les dédales de cet état de "sommeil" si peu connu. Car, Ces lieux sont morts n’est pas qu’un banal thriller d’action (pourtant il n’en manque pas). C’est également une réflexion, toute en sensations, sur les méandres de l’esprit.

Il serait criminel d’en dire davantage concernant l’intrigue. Sachez que le rythme y est étouffant, accentué par une écriture au présent, sèche et particulièrement vive.

Une histoire violente, éprouvante pour le lecteur comme pour les personnages (que l’auteur malmène assidûment), mais qui sait également ménager de vraies plages d’émotions. Certains passages sont, à ce titre, franchement marquants.

D’autres auteurs auraient sans doute délayé cette intrigue. Patrick Graham à, au contraire, privilégié la nervosité du récit, avec 425 pages qui défilent à vitesse grand V. Je regretterais presque que le roman n’en fasse pas 150 de plus, tant la richesse du thème et de l’intrigue le permettait.

Au final, que l’on soit déjà un lecteur de Graham ou qu’on le découvre par ce roman, ce thriller asphyxiant et prenant ne vous laissera certainement pas de marbre.


The Rook, au service surnaturel de sa majesté
The Rook, au service surnaturel de sa majesté
Prix : EUR 12,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 au service de l'imagination !, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Rook, au service surnaturel de sa majesté (Format Kindle)
Un auteur australien, avec un nom irlandais, qui a effectué ses études aux Etats-Unis et qui se met au service (surnaturel) de la souveraineté britannique (dans le cadre de son roman), ne pouvait nous proposer qu’un cocktail détonnant. Surtout quand on souligne que les citoyens… belges prennent une part prépondérante dans cette histoire ;-)

Imaginez la série télévisée Fringe, transposée en mots, mais dans une version totalement déjantée, sans aucune contrainte budgétaire et vous commencerez à entrapercevoir ce que propose ce bouquin.

Entrapercevoir seulement, parce que Daniel O’Malley est fou. Ou alors c’est un génie. Mais les deux ne vont-ils pas souvent de pair ?

L’auteur a une imagination débordante et ne se fixe vraiment aucune limite. Croyez-moi, il va très, très loin.

Esprits cartésiens s’abstenir, donc. Si vous ne savez plus laisser divaguer votre esprit et avez besoin de garder vos pieds sur terre, passez votre chemin.

Ici, on parle de pouvoirs surnaturels, tous plus extravagants les uns que les autres et de paranormal version barjo (l’héroïne se dit à un moment que si elle voyait apparaître quelqu’un ayant le pouvoir de transformer un homme en repose-pieds, elle n’en serait pas plus étonnée que ça).

Au rythme d’une ou deux idées délirantes par page (et le roman en fait tout de même 650), le tout pourrait virer au grand n’importe quoi. Si on est capable de laisser son esprit rationnel en vestiaire, The Rook est tout au contraire un pur et réjouissant divertissement, voire parfois même orgastique.

On débute la lecture en pensant qu’on est en terrain connu. Mais très vite ce mélange d’inventivité débridée, voire de blagues de potache, allié à un ton sooooo British prend une direction assez jubilatoire. L’auteur s’amuse à dévoyer les codes du genre pour notre plus grand plaisir et l’utilisation de la technique du flashback est parfaitement maîtrisée, accentuant l’immersion dans cette histoire abracadabrantesque.

On se dit régulièrement que Daniel O’Malley ne peut pas aller plus loin dans l’escalade de son délire : eh bien si, il le prouve à chaque page ! Et malgré des idées qui fusent dans tous les sens, le tout tient vraiment bien la route, dans le cadre d’une vraie et excitante histoire.

The Rook est donc un pur moment de fun, visant un large public, jeunes et moins jeunes. Parodique à foison, drôle, imaginatif et addictif à souhait. Bref, c’est juste le pied ! Vivement la suite qui semble être annoncée.


La Patience du diable
La Patience du diable
Prix : EUR 15,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le mal, ça le connait, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Patience du diable (Format Kindle)
Chattam cuvée 2014, une récolte rouge sang, un goût prononcé de souffre et de senteurs animales.

Le Mal, thématique privilégiée de l’auteur dans le cadre de ses thrillers, trouve une déclinaison corsée dans La patience du diable.

On ne peut pas parler véritablement d’une suite de La conjuration primitive, c’est un one-shot où s’y retrouvent toutefois quelques-uns des personnages importants de la précédente intrigue (dont les exhalaisons pourrissent encore leur quotidien).

Maxime Chattam nous plonge très vite la tête dans cette histoire rude au palais, dont les remugles fermentent tout le long d’un récit violent, envoyant ad patres son lot de protagonistes dans d’atroces souffrances.

L’auteur nous parle donc du diable. Mais de quel diable s’agit-il au juste ? Le diable, vil tentateur, succube des temps modernes. Chattam utilise ce thème pour rythmer son thriller tout en développant des réflexions intéressantes sur le monde actuel.

Car du rythme, ce roman n’en manque pas ! Sous sa plume, l’histoire ne cesse de rebondir avant le bouquet final qui vous prend à la gorge et vous prive d’oxygène. On sent que Chattam s’amuse comme un beau diable.

Le récit est particulièrement visuel, cinématographique. Certaines scènes sont à ce point visuelles, qu’elles restent imprimées sur vos rétines.

Il n’est pas question d’éventer cette intrigue aux arômes de fumé. Les amateurs de l’auteur ne seront pas déracinés avec ce roman qui porte la marque Chattam, la marque du Mal.

Comme souvent avec lui, lorsque l’on gratte le tanin du cuir de son histoire, on découvre une épaisseur qui va au-delà du simple récit horrifique.

L’auteur décrypte notre société de masse, ses dérives brutales et ses effets de meute. Il pousse ces thématiques au bout jusqu’à nous renvoyer une image déformée de notre société (mais pas tant que ça). Une image effrayante et alarmante. A mon sens, clairement le plus grand intérêt de ce roman.

Je trouve le tout toutefois moins surprenant que La conjuration primitive, dont l’ombre plane au-dessus de ce récit (l’auteur fait d’ailleurs dire plusieurs fois à ses personnages récurrents que cette précédente affaire était l’enquête du siècle).

Oui la thématique du diable n’est pas très neuve. On se croirait parfois dans un de ces romans des années 80-90 mâtinée à la sauce du XXI° siècle, Maxime Chattam jouant avec les codes du genre pour mieux les agrémenter. Un amalgame qui prend parfaitement, grâce à l’écriture vive et alerte de l’auteur.

Clairement, en matière de thriller, ce roman tient donc ses promesses. Une cuvée AOC Chattam typique et de bonne facture, dont les thématiques sur le Mal au sein de la collectivité vous restent longtemps en bouche.


Maudit mercredi
Maudit mercredi
Prix : EUR 14,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vive le mercredi !, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maudit mercredi (Format Kindle)
Chouette, c’est mercredi, jour des enfants ! Quoi que… Je me mets à douter en lisant le sous-titre du nouveau roman de Nicci French (Le jour où les jeunes filles rencontrent la mort).

Troisième aventure de Frieda Klein, psychothérapeute qui a la fâcheuse tendance à se retrouver dans la peau d’un enquêtrice, bien malgré elle parfois.

Comme à leur habitude, les deux auteurs, cachés derrière le pseudo Nicci French, ont pris les mesures nécessaires pour que ce roman puisse se lire indépendamment des deux premiers (eh oui, la semaine commence bien le lundi…).

Dans les précédents tomes, l’enquête prenait la place centrale, ici Frieda Klein est au cœur du roman au même titre que l’histoire. Il faut dire qu’elle était restée un peu sur le carreau après un éprouvant Sombre mardi.

Une fois de plus, les Nicci French nous prouvent qu’ils sont des orfèvres de la nuance et des experts de la psyché. Avec leurs romans, on prend son temps ; le temps de plonger profondément dans l’âme des personnages, le temps de vivre à leurs cotés.

Le terme de thriller n’est pas adapté à ce récit. C’est un suspense qui vous entoure, brumeux tel le smog légendaire de Londres (autre "personnage" à part entière du roman). Une intrigue qui présente toute une palette de gris, loin des romans trop noirs et trop irréels.

Ce Maudit mercredi est dans la droite ligne de ses prédécesseurs et nous plonge dans une certaine langueur quasi hypnotique. Une sobriété dans les effets qui rend le récit d’autant plus crédible et attachant.

Les personnages sont d’une épaisseur psychologique rare, avec une Frieda Klein qui se laisse guider par ses intuitions et qui nous dévoile nombre de ses failles (bien davantage que durant les deux autres tomes réunis). Le genre d’héroïne atypique, captivante car si complexe et qui sonne tellement vraie.

Les auteurs ont compris qu’il n’est pas utile d’en rajouter dans la violence physique, et que la violence psychologique est bien plus mémorable.

Un récit qui avance à son rythme, sans brûler les étapes. Mais ne vous y fiez pas, le tout s’accélère sur la fin, brusquant fortement le lecteur.

Un Maudit Mercredi tout aussi dense que ses prédécesseurs donc, et proprement addictif. Un nouveau récit tout en intelligence, qui force véritablement le respect.


Fais-le pour maman
Fais-le pour maman
par François-Xavier DILLARD
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

4.0 étoiles sur 5 Addictif, 2 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fais-le pour maman (Broché)
Enfant, ne nous dit-on pas qu’il faut toujours écouter ce que nous dit notre maman ? François-Xavier Dillard nous démontre peut-être bien le contraire…

Un nouveau roman qui prouve avec brio à quel point la violence psychologique peut être dévastatrice, à quel point les stigmates de l’enfance peuvent avoir des répercussions dramatiques sur l’adulte, et à quel point elles peuvent occasionner des cicatrices difficiles à refermer.

En se basant sur un fait divers réel, Dillard tire les conséquences d’un événement horrible et en présente les incidences possibles sur la vie et la psyché des personnages.

Même si ce roman utilise tous les codes et les ingrédients du thriller (prologue choc, chapitres courts, chute inattendue, rebondissements à foison) il s’éloigne toutefois complètement des sempiternelles enquêtes policières.

Ici, nous sommes davantage plongés à l’intérieur des personnages qu’à suivre leurs pérégrinations extérieures. On passe d’un esprit à l’autre, c’est la grande force de ce roman. L’atmosphère pesante et les émotions à fleur de peau nous permettent littéralement de briser le miroir et d’aller au-delà des apparences. Profond, très profond.

François-Xavier Dillard mène bien cette introspection sans que le rythme n’en pâtisse, aboutissant à ce genre de roman qu’il est difficile de lâcher, une fois commencé. Un récit court (280 pages) qui accentue cette sensation d’oppression, même s’il y avait matière à faire plus long. C’est un choix qui se défend parfaitement, le récit étant sans aucun temps mort.

En termes d’écriture, le tout est très efficace, fluide et tourné vers l’intrigue. Rien de révolutionnaire, mais l’auteur utilise à bon escient les outils biens connus des histoires actuelles : flashbacks, alternance de récits à la troisième et à la première personne…

L’idée de faire « parler » la jeune fille du protagoniste principal est l’une des bonnes pioches du livre. Une vraie qualité, mais aussi paradoxalement le petit bémol du roman, à mon sens. Les passages issus de la bouche d’une fille de 12 ans sonnent en effet un peu trop matures (même si cette maturité peut effectivement s’expliquer par son vécu). Un plus grand décalage de langage aurait sans doute accentué l’effet recherché.

Cette petite réserve ne gâche clairement pas le plaisir de cette lecture qui est un véritable voyage aux frontières de la folie (et au-delà…). François-Xavier Dillard : un autre très bon faiseur d’histoires comme Fleuve Éditions en a le secret.


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