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Contenu rédigé par georges nuyssen
Classement des meilleurs critiques: 2.007
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Commentaires écrits par
georges nuyssen (France)
(MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS)   

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Piano Music of Erik Satie
Piano Music of Erik Satie
Prix : EUR 18,12

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un document essentiel mal restitué, 31 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Piano Music of Erik Satie (CD)
Superbe anthologie (programme publié à l'origine par les disques Adès) de l'œuvre pour piano par un interprète "autorisé", qui exerçait déjà du vivant de Satie : le répertoire est représentatif de plusieurs périodes de l'auteur, la musicalité du pianiste est parfaite (une première Gnossienne de référence, on regrette qu'elle soit toute seule), en solo comme en duo avec le compositeur Georges Auric pour de splendides Morceaux en forme de poire. On tient là, dans les années 50 (non daté), une des premières exécutions historiques de cette musique.
Quel dommage que la présente édition soit aussi atroce ! Tenez-vous bien, le "digitally remastered" annoncé veut simplement dire qu'il s'agit du repiquage sur CD d'une mauvaise copie d'un vinyle 33 tours, avec crachotements, petits sauts ou rayures, plops divers, c'est un festival. Travail désinvolte et à la limite de la malhonnêteté de la part de l'éditeur (honte à "Essential Media Group" !) qui ose vendre ça... Bien entendu, aucun livret, aucune indication sur les œuvres ni sur l'interprète, ni sur l'importance historique de ce récital.
Voilà, il faut faire avec ce qu'on a... Pour quelques euros, l'accès à cette référence essentielle est quand même possible, tant pis pour la piètre qualité de l'objet.


Onf / 80 Ans de Concerts Inédits
Onf / 80 Ans de Concerts Inédits
Prix : EUR 38,00

12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En toute connaissance de cause, 23 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Onf / 80 Ans de Concerts Inédits (Audio CD)
Si on accepte le fait que ce coffret n'est pas une encyclopédie sur l'histoire de l'ONF mais un hommage au parcours de l'orchestre, un panorama forcément elliptique dont les choix sont par nature réducteurs et sujets à discussion, il faut reconnaître qu'il a été remarquablement conçu et agencé, en renonçant à l'idée d'une totalité dans l'approche, dans un format réduit de 8 CD.
Des exemples de manques et d'absences (chefs et répertoire) ont été justement pointés, mais on pourrait en citer le double, dix fois plus, tout en restant loin d'une appréhension globale de ce qu'est l'ONF !
De plus, les raretés ou simples curiosités qu'il contient (en plus des grands classiques, ça équilibre...) participent à son originalité. Et puis, un inédit de Cathy Berberian, ça devrait suffire au bonheur de tout mélomane, non ?
Si on ajoute que la restauration sonore est très soignée et que la qualité du livret et de l'édition sont exceptionnelles, voilà un témoignage qui restera dans le temps... En attendant de possibles suites ?


Scriabine : Oeuvre intégrale
Scriabine : Oeuvre intégrale
Prix : EUR 41,90

63 internautes sur 63 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pleine lumière sur le grand mystère scriabinien enfin dévoilé, 13 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Scriabine : Oeuvre intégrale (CD)
Un siècle après sa disparition prématurée, Alexandre Scriabine reste l'un des musiciens russes les plus fascinants et les plus énigmatiques, toutes générations confondues. Coup de chance pour les amateurs, son évolution stylistique, qui part d'un romantisme tempéré inspiré de Chopin pour s'épanouir au-delà de la tonalité dans une création expérimentale inondée de mysticisme visionnaire, devient enfin particulièrement lisible grâce à ce coffret magistral de 18 CD, ultra complet et très bien conçu.

En effet, y figurent les œuvres dites complètes, mais c'est à ma connaissance la première fois qu'elles sont présentées par numéro d'opus, dans l'ordre chronologique des compositions, en distinguant seulement le piano d'une part et l'orchestre d'autre part. Ainsi, en ce qui concerne le corpus pour piano (sur 9 disques), en donnant à la suite les œuvres par période et non pas par catégorie (préludes, études, sonates, mazurkas, poèmes, etc., ne sont plus regroupés au garde-à-vous mais enfin joués dans leur contexte, ouf !), on crée de brefs récitals à la fois variés et particulièrement cohérents du point de vue du style du compositeur. Et c'est là une clé majeure pour enfin appréhender en profondeur son langage, au fur et à mesure de son évolution créatrice. Lorsqu'il s'affranchit successivement de Chopin, de la tradition russe, de la contrainte rythmique et de la tonalité, Scriabine le fait simultanément dans tous les genres qu'il pratique, c'est stupéfiant (et réjouissant) pour l'auditeur de sentir à ce point une création en marche. Les œuvres de jeunesse (sans numéro d'opus) sont également présentes, avec quelques inédits, enregistrés ici pour la première fois.
Pour l'orchestre, c'est aussi la collection la plus complète qui ait jamais été offerte de ces œuvres. Symphonies, Concerto, Poèmes, tout est là, avec des raretés mineures (musique de chambre, œuvre collective avec d'autres compositeurs russes, etc.) et même la reconstitution hypothétique par Alexandre Nemtin des trois parties de l'acte préalable du "Final Mystery", enregistrement longtemps indisponible (en 3 CD).

Rien à redire (sinon du bien !) sur l'interprétation, mix de versions de référence et de versions nouvelles, dans une belle qualité sonore. Elles sont généralement impeccables, de diverses sources, semble-t-il au meilleur pour chaque œuvre (laissons là s'ouvrir toutes les discussions possibles à ce sujet...). Comme ce fut déjà le cas avec Rachmaninov chez Decca, Vladimir Ashkenazy apparaît comme le centre de gravité d'un ensemble qui reste très ouvert à de nombreux autres interprètes, illustres (Pogorelich, Richter, Gergiev, Maazel, etc.) ou moins connus (voir track-listing complet et interprètes ci-dessous).
Évidemment, Michael Ponti, Maria Lettberg, Vladimir Sofronitzky et les autres grands scriabiniens d'hier et d'aujourd'hui (Setrak, Arodaky, Amoyel, Taub, Rudy, Hamelin, etc.) ne sont pas disqualifiés par cette parution - comment cela serait-il possible ? - et il faudra sans cesse revenir vers eux et attendre de nouveaux défricheurs. Mais cette réalisation quasi-parfaite (elle ne l'est pas tout à fait) de l'intégrale des œuvres est désormais le socle indispensable pour tout adepte de Scriabine l'unique.

Le livret de 82 pages (dont la reliure mange hélas les marges imprimées à l'intérieur des pages) est illustré de nombreuses photos des interprètes, il donne tous les détails des enregistrements (avec quelques lourdes erreurs de minutage, attention) et comporte une brève mais très pertinente - c'est assez rare pour être souligné - introduction, signée Hugh Macdonald (8 pages, également en français). Les spécialistes pourront se reporter aux monographies parues chez Actes Sud ou Fayard pour en lire plus.
Dommage que, dans le cas d'un coffret consacré à un compositeur si attentif à l'esthétique, aux couleurs et à la transversalité entre les arts, le design soit si médiocre, avec la même pauvre reproduction d'un portrait de Scriabine reprise à l'identique sur les 18 pochettes carton... C'est d'un effet visuel désastreux, mais sans importance quant au contenu musical, je veux bien l'admettre.

Contenu (source en anglais, Decca oblige...), œuvres de l'opus 1 à l'opus 74 dans l'ordre, et interprètes (NEW=nouvel enregistrement réalisé spécialement pour cette édition) :

CD1 : Waltz in F Minor, Op.1 [Valentina Lisitsa] NEW
3 Pieces for piano, Op.2 [Vladimir Ashkenazy No.1 NEW / Valentina Lisitsa No.2&3 NEW ]
10 Mazurkas, Op.3 (1889) [Gordon Fergus-Thompson]
Allegro appassionato, Op.4 [Valentina Lisitsa] NEW
2 Nocturnes, Op.5 [Gordon Fergus-Thompson]

CD2 : Piano Sonata No.1 in F minor, Op.6 [Vladimir Ashkenazy]
2 Impromptus a la Mazur, Op.7 (1892) [Gordon Fergus-Thompson]
12 Etudes For Piano, Op.8 [Gordon Fergus-Thompson]
12 Etudes For Piano, Op.8 No.12 - alternative version [Valentina Lisitsa] NEW

CD3 : Prelude and Nocturne for the Left Hand, Op. 9 [Valentina Lisitsa] NEW
2 Impromptus, Op.10 (1894) [Gordon Fergus-Thompson]
24 Preludes for piano, Op.11 [Gordon Fergus-Thompson]
2 Impromptus, Op.12 [Valentina Lisitsa] NEW
6 Preludes, Op. 13 [Gordon Fergus-Thompson]
2 Impromptus, Op.14 [Valentina Lisitsa] NEW

CD4 : 5 Preludes, Op.15 / 5 Preludes, Op.16 / 7 Preludes, Op. 17 [Gordon Fergus-Thompson]
Allegro de Concert, Op.18 [Valentina Lisitsa] NEW
Piano Sonata No.2, In G Sharp Minor Op.19 "Sonata Fantasy" [Ivo Pogorelich]
Polonaise, Op.21 [Valentina Lisitsa] NEW
4 Preludes, Op.22 NEW / Piano Sonata No.3 in F sharp minor, Op.23 [Vladimir Ashkenazy]

CD5 : 9 Mazurkas, Op.25 (1899) [Gordon Fergus-Thompson]
2 Preludes, Op.27 [Gordon Fergus-Thompson]
Fantasy in B minor, Op.28 [Sviatoslav Richter]
Piano Sonata No.4 in F sharp major, Op.30 [Vladimir Ashkenazy]
4 Preludes, Op.31 [Gordon Fergus-Thompson]
2 Poèmes, Op.32 [Vladimir Ashkenazy]
4 Preludes, Op.33 [Gordon Fergus-Thompson]
Poème tragique, Op.34 [Jean Louis Steuerman]
3 Preludes, Op.35 [Gordon Fergus-Thompson]

CD6 : Poème satanique, Op.36 [Valentina Lisitsa] NEW
4 Preludes, Op.37 [Gordon Fergus-Thompson]
Waltz No.4, Op.38 [Benjamin Grosvenor]
4 Preludes, Op.39 [Gordon Fergus-Thompson]
2 Mazurkas, Op.40 [Gordon Fergus-Thompson]
Poème, Op.41 [Valentina Lisitsa] NEW
8 Etudes, Op.42 [Vladimir Ashkenazy] NEW
2 Poèmes, Op.44 [Jean Louis Steuerman]
Trois Morceaux, Op.45 [Vladimir Ashkenazy] NEW
Scherzo, Op.46 [Valentina Lisitsa] NEW
Quasi Waltz, Op.47 [Vladimir Ashkenazy] NEW
4 Preludes, Op.48 (1905) [Gordon Fergus-Thompson]
Trois Morceaux, Op.49 Valentina Lisitsa (No.1) NEW / Gordon Fergus-Thompson (No.2) / Anna Gourari (No.3)
Four Pieces, Op.51 / 3 Pieces, Op.52 NEW [Vladimir Ashkenazy]
Piano Sonata No.5 in F sharp major, Op.53 [Sviatoslav Richter]

CD7 : Quatre Morceaux, Op.56 [Vladimir Ashkenazy]
2 Pieces, Op.57 [Vladimir Ashkenazy] NEW
Feuillet d'album, Op.58 [ Vladimir Ashkenazy] NEW
Two Pieces, Op.59 [Valentina Lisitsa] NEW
Poème-Nocturne, Op.61 [Sviatoslav Richter]
Piano Sonata No.6, Op.62 [Vladimir Ashkenazy]
2 Poèmes, Op.63 [Vladimir Ashkenazy] NEW
Piano Sonata No.7 ("White Mass"), Op.64 [Vladimir Ashkenazy]
Three Etudes, Op.65 [Valentina Lisitsa] Nos.2&3 NEW

CD8 : Piano Sonata No.8, Op.66 [Vladimir Ashkenazy]
2 Preludes, Op.67 (1912-13) [Gordon Fergus-Thompson]
Piano Sonata No.9, Op.68 "Black Mass" [Pierre-Laurent Aimard]
2 Poèmes, Op.69 NEW / Piano Sonata No.10, Op.70 / Two Poèmes, Op.71 NEW / Vers la flamme, Op.72 NEW [Vladimir Ashkenazy]
2 Danses, Op.73 [Sviatoslav Richter]
5 Preludes, Op.74 [Vladimir Ashkenazy] NEW

CD9 : Canon In D Minor, WoO 1 [Anna Gourari]
Romance in F Sharp Major, WoO 2 NEW / Nocturne in A Flat, WoO 3 NEW / Scherzo in E Flat, WoO 4 NEW / Scherzo in A Flat, WoO 5 NEW [Valentina Lisitsa]
Sonata-Fantasy In G Sharp Minor, WoO 6 [Roberto Szidon]
Valse in G Sharp Minor, WoO 7 NEW / Valse in D Flat Major, WoO 8 NEW / Variations in F Minor on a Theme by Mlle Egoroff, WoO 9 NEW / Duett in D minor, WoO 10 NEW* / Fugue in F Minor, WoO 12 NEW* / Fugue in F Minor, WoO 13 NEW* / Makurka in B Minor, WoO 14 NEW* / Mazurka in B Minor, WoO 15 NEW / Mazurka in F Major, WoO 16 NEW [Valentina Lisitsa]
Feuillet d'Album in A flat major op.posth. (1889) [Anna Gourari]
Fantasy in A Minor, WoO 18 [Vovka & Vladimir Ashkenazy]
Sonata in E flat minor (1887-89) [Roberto Szidon]
Fugue in E Minor, WoO 20 [Valentina Lisitsa] NEW
Romance in A Minor, WoO 21 [Valentina Lisitsa] NEW
Feuille d'Album in F Sharp Major, WoO 25 [Valentina Lisitsa] NEW
Klavierstücke in B Flat Minor, Anh 16 [Valentina Lisitsa] NEW
*-recorded for the first time

CD10 : Variations on a Russian folk song for string quartet (1898, by various composers/ Var.2 by Alexander Scriabin) Kuss Quartet
Andante & Scherzo for Strings Hamburg Strings
Symphonic Poem in D Minor, WoO 24 Moscow Symphony Orchestra Igor Golovschin
Piano Concerto in F sharp minor, Op.20 Vladimir Ashkenazy London Philharmonic Orchestra Lorin Maazel
Rêverie, Op.24 Radio-Symphonie-Orchester, Berlin Vladimir Ashkenazy

CD11 : Symphony No.1 in E, Op.26 Deutsches Sinfonie-Orchester, Berlin Vladimir Ashkenazy

CD12 : Symphony No.2 in C minor, Op.29 Radio Symphony Orchestra Frankfurt Eliahu Inbal

CD13 : Symphony No.3 in C minor, - "Le Poème Divin" Radio-Symphonie-Orchester, Berlin Vladimir Ashkenazy

CD14 : Le Poème de l'Extase, Op.54 Kirov Orchestra, St Petersburg Valery Gergiev
Promethée - Le Poème du Feu, Op.60 Alexander Toradze Kirov Orchestra, St Petersburg Valery Gergiev

CD15-16-17 : Nuances: Piano pieces orchestrated by Alexander Nemtin - Preparation for the Final Mystery - Realised by Nemtin - Part 1 (Universe) - Part 2 (Mankind) - Part 3 (Transfiguration) - Alexander Ghindin Deutsches Sinfonie-Orchester, Berlin Vladimir Ashkenazy

CD18 (bonus) Scriabin across the generations - performances by legendary pianists and artists of the younger generation (Remarque : en qualité de témoignage historique - uniquement ancien celui-là - le fameux "Scriabine et les Scriabiniens" jadis paru au Chant du Monde / Saison russe, apparaîtrait plus pertinent que le fourre-tout splendide mais frustrant et un peu redondant de ce dernier CD bonus) :
1.Etude In C Sharp Minor, Op.2, No.1 / 2.No. 12 in D sharp minor from 12 Etudes for piano, Op.8 Vladimir Horowitz
3.Prelude in D Major, Op.11, No.5 - Live In London / 1975 Shura Cherkassky
4.Vers la flamme, Op.72 Sviatoslav Richter
5. Poème Op.32 no.1 Mikhail Pletnev
6.No. 5 In C Sharp Minor from 8 Etudes, Op.42 / 7-10.Four Pieces, Op.51 Yevgeny Kissin
11-13.Nos. 4,6 and 9 from 10 Mazurkas, Op.3 (1889) Benjamin Grosvenor
14-15.Piano Sonata No.2 In G Sharp Minor, Op.19 "Sonata Fantasy" - Live From Carnegie Hall, New York City / 2013 Daniil Trifonov

Note : Ne cherchez plus, les N° d'opus 50 et 55 n'ont pas été utilisés par Scriabine. En revanche, tout le reste (et un peu plus) est là ! Attention, édition limitée, faudra pas pleurer après...
GN.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 4, 2015 4:19 PM MEST


Mahler / Berkeley / Chausson : Kindertotenlieder
Mahler / Berkeley / Chausson : Kindertotenlieder
Prix : EUR 17,37

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un joyau pour amateurs avertis, 31 décembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler / Berkeley / Chausson : Kindertotenlieder (CD)
Voici trois chefs d'œuvre du répertoire pour voix et orchestre, un célébrissime (en allemand), un rarissime (en anglais), un relativement connu (en français), par la plus grande contralto du siècle dernier, en osmose avec un de ses chefs favoris. Comme on risque de passer à côté, il faut souligner que cette belle publication de la Barbirolli Society nous permet d'accéder à un inédit de Kathleen Ferrier ! En effet, les Kindertotenlieder de Mahler gravés ici sont disponibles pour la toute première fois. De plus, il s'agit du plus ancien enregistrement de l'œuvre par KF. On connaissait déjà sa légendaire version studio avec Bruno Walter (OPV, Londres 1949) multi-diffusée par EMI dans une mono haute-fidélité presque parfaite, et un live avec Otto Klemperer (Concertgebouw, Amsterdam 1951) ressuscité par Decca, au son un peu crachoteux.
Celle-ci date de 1948. En cela elle complète utilement le corpus réunissant Ferrier et Barbirolli qui fut l'un de ses proches, confident des moments difficiles et précieux tuteur artistique dans la conduite de sa (courte) carrière. Toutes les traces de leur collaboration sont originaires de Manchester : ces "nouveaux" Kindertotenlieder (1948, inédit), les Poèmes de sainte Thérèse de Berkeley (1949, Pearl) et le Poème de l'amour et de la mer de Chausson (1951, Decca), tous trois réunis sur ce CD. Il existe par ailleurs un air d'Elgar (1951, BBC) et un Chant de la terre inoubliable (1952, APR), toujours "live in Manchester". Quantitativement ce n'est pas grand chose, alors saluons cette nouveauté inattendue.
En ce qui concerne la qualité sonore, on est en présence d'archives, le Mahler et le Berkeley sont "convenables", mais pas de miracle pour le Chausson qui reste épouvantable - dommage pour la seule œuvre chantée en français par KF - et dont le report est assez identique (on y retrouve les mêmes défauts) à celui déjà publié par Decca.
Il est très émouvant d'entendre pour la première fois les Kindertotenlieder, pilier du répertoire de KF, dans leur exécution initiale (pour ce qui nous est parvenu à ce jour), en compagnie d'un chef avec lequel elle partageait tant d'affinités (autant qu'avec Walter et beaucoup plus qu'avec Klemperer). Il s'agit d'une vraie rareté, qui n'était même pas recensée dans l'ouvrage de référence de Paul Campion, c'est tout dire ! Livret et édition soignés, il ne faut donc pas hésiter.


Pierre Boulez: The Complete Columbia Album Collection (Coffret 67 CD)
Pierre Boulez: The Complete Columbia Album Collection (Coffret 67 CD)
Prix : EUR 124,07

23 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 On y était presque, 27 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pierre Boulez: The Complete Columbia Album Collection (Coffret 67 CD) (CD)
Magnifique publication dans l'ensemble, les pochettes d'origine sont souvent superbes, même à ce format... et les notes sont parfois (presque) lisibles au dos ! Répertoire (21 compositeurs emblématiques du chef, des modernes, les Viennois, quelques contemporains et quelques curiosités), interprétation (beaucoup de jalons et de premières) et prise de son méritent tous les éloges. Le livret d'accompagnement est même assez bien fait (intro en français, tous détails techniques des enregistrements, index, etc.). Dommage qu'il manque les textes chantés mais c'est peu face à l'impact historique de ce beau coffret.
Mais attention, Sony ne joue pas toujours le jeu : en passant de 4 lp à 2 cd seulement (au lieu de 3 précédemment), l'album Webern est ainsi amputé de toutes les interprétations où Boulez n'intervient pas directement, ce qui nous prive de 14 œuvres sur 34 ! C'est stupide car le projet éditorial de ce disque était justement l'intégrale des opus 1-31 de Webern (+ une variante et deux pièces sans opus). Et c'est incohérent car le reste de la présente édition "Pierre Boulez : Complete Columbia Album Collection" laisse justement subsister ici ou là quelques plages sans Boulez sur quelques uns des 67 albums originaux (concerto de Ravel avec Ormandy, pièces vocales de Carter ou solo de Varèse), ce qui est tout à fait normal dans l'optique de publier les "originaux". Alors, pourquoi avoir massacré le sublime album Webern ? 1 cd supplémentaire (comme dans toutes les parutions précédentes de ce grand classique) suffisait à inclure tout le programme. Dommage, on dirait qu'il faut toujours, toujours que certains (qui ?) chez ces gros éditeurs fassent une belle connerie pour marquer leur territoire d'imbéciles au milieu du paradis !
A part ça on peut y aller en confiance, c'est un beau reflet des "trente glorieuses" en version musicale et hautement artistique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 1, 2015 5:18 PM CET


David Oistrakh - Schubert Piano Trio No. 4 in D Op. 70 No. 1 Ghost
David Oistrakh - Schubert Piano Trio No. 4 in D Op. 70 No. 1 Ghost
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 169,62

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Lard et cochon à la fois, 1 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : David Oistrakh - Schubert Piano Trio No. 4 in D Op. 70 No. 1 Ghost (CD)
Eh bien si la réalité confirme le visuel de ce CD, on saura que pour "Entertainment Group International Inc." qui édite ça, Schubert ou Beethoven, désormais, c'est tout comme ! Des conneries on en a vu et lu mais là, je crois bien que c'est une première dans l'édition. On ne va pas chipoter, la musique après tout, c'est moche, ça grince, ça n'a aucune importance, n'est-ce pas ? Si David Oïstrakh avait pu imaginer qu'un jour son legs serait entre de telles mains...


Richard Clayderman - Plays Abba (Deluxe Hard Cover HQCD Made in Japan)
Richard Clayderman - Plays Abba (Deluxe Hard Cover HQCD Made in Japan)

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Plus que parfait !, 8 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Clayderman - Plays Abba (Deluxe Hard Cover HQCD Made in Japan) (CD)
Imaginez un peu, si on avait, par exemple, "Bill Evans plays Abba", ce serait dramatique (pauvre Bill Evans), ou alors si on avait "Richard Clayderman plays Chopin", ce serait tragique (pauvre Chopin), mais là, entre légumes de la même soupe, ce ne peut être que parfait. Une image du paradis. Ou de l'enfer, ce qui revient à peu près au même... J'attends le prochain "André Rieu plays Jean-Jacques Goldman" pour décider où se trouve le bonheur absolu.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 4, 2015 5:08 PM CET


Music for a while : Improvisations on Purcell
Music for a while : Improvisations on Purcell
Prix : EUR 6,99

41 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Somptueux gadget, 8 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Music for a while : Improvisations on Purcell (CD)
Irrésistible ou insupportable ? Le nouveau disque de la brillante bande à Christina Pluhar va sans doute diviser les amateurs, une fois de plus (après Teatro d'amore, Via crucis, Los pajaros perdidos et Mediterraneo, pour la période récente).
Les "grounds" obstinés de Purcell, sa vocalité miraculeuse, sont autant de joyaux qui se prêtent à merveille aux interprétations les plus inventives, et l'Arpeggiata se présente ici comme un collectif à géométrie variable, chaque formation ou soliste mettant l'accent sur le caractère dominant de chaque pièce. Mais si le projet est louable, le résultat est tout de même mitigé. Alors 3 étoiles, dans l'Amazone ça veut dire : "j'aime". Malgré tout ?

D'abord, du beau et du bon. L'édition en livre-disque est belle (quoique le visuel, bof...), avec un livret magnifiquement détaillé. Une réalisation techniquement impeccable, dont on peut apprécier la prise de son, fine, précise, profonde, comme d'habitude certes mais on ne s'en lasse pas. Même si on n'a plus la surprise de la découverte, on apprécie sans réserve la qualité des instrumentistes qui oeuvrent ici (belle guitare fluide, contrebasse admirable, souffleurs parfaits). Quant au répertoire (Evening Hymn, O Solitude, Strike the Viol, etc.) c'est tout simplement du caviar : que des "bombes", qui sont l'expression du génie universel de Purcell.

Mais l'antienne éculée de "la rencontre du classique et du jazz" est vraiment pénible à lire... Surtout parce que ce n'est pas vraiment le cas ici ! Rien qui puisse sérieusement relever de la sphère du jazz dans ces improvisations mesurées, malgré la présence (toujours irradiante) de Gianluigi Trovesi. Il s'agit plutôt d'une couleur ou d'une atmosphère, voire d'ornementations "autres" que celles habituellement pratiquées. Pourquoi dès lors utiliser un discours publicitaire hors de propos ? Pour une vraie "rencontre" entre ces mondes, les élucubrations parfois géniales de Uri Caine (Mahler, Mozart, Schumann et d'autres chez Winter & Winter) valent le détour. Et le "Music for a While" en trio piano-basse-batterie de Bobo Stenson (avec Anders Jormin et Paul Motian, ECM) est inégalé. Cela dit, on s'en fout de la pub, rien n'empèche d'apprécier ce disque pour ce qu'il est, il y a bien de la matière à se réjouir au long de ces 76 minutes.

Le problème tient plutôt dans l'inégalité des résultats. Si le CD commence assez fort avec 'Twas within a Furlong, recréé de manière très dynamique avec une contribution décisive de Vincenzo Capezzuto, et connaît ensuite quelques sommets, il sombre au moins dans deux ratages conséquents qui relativisent l'intérêt de l'ensemble. Pour la mort de Didon "When I am laid in Earth", on dirait un suicide au Temesta, lamentation défigurée par une Raquel Andueza hors de voix (il était temps que la reine meure, se dit-on...), c'est d'autant plus regrettable que par ailleurs l'air "Ah Belinda", moins ambitieux, passe très bien. Surtout, regrets éternels pour "Wondrous Machine" complètement en panne, pièce pour laquelle j'avais l'attente la plus gourmande (et donc la plus grosse déception à l'arrivée), l'arrangement prétentieux veut trop en faire et fout en l'air cette mécanique rutilante d'habitude invincible ; même Vincenzo Capezzuto ne peut rien faire pour sauver les meubles. Si on se souvient (entre autres) de la version dirigée par Diego Fasolis (Arts), la comparaison est sans appel. "Music for a while" est l'exemple d'une adaptation plus réussie, libre, un peu anecdotique mais tellement prenante. Philippe Jaroussky s'y montre plus à l'aise que dans ses enregistrements de jeunesse. Il livre d'ailleurs d'autres beaux moments au fil du programme.
Il reste que si l'ensemble s'écoute avec plaisir, aucune des versions présentes sur ce disque - vraiment aucune - n'arrive à la hauteur des très bonnes (et innombrables) interprétations des "originaux". Sans parler de l'Hallelujah en "bonus" final qui n'apporte rien sinon une impression un peu racoleuse (retour urgent à Leonard Cohen ou Jeff Bucley pour le plaisir d'écoute). Tout cela est élégant mais trop souvent superficiel, lisse, désespérément "mondialisé". D'ailleurs, les références contemporaines citées à titre d'exemples par Christina Pluhar dans sa présentation inquiètent un peu, à moins qu'elles ne révèlent quelque chose : la britannitude des Who comme écho de Purcell, passe encore, mais Klaus Nomi et... Arielle Dombasle, il y a des limites à l'horreur ! Où vas-tu Christina ?

Pourtant, entre la chapelle et la taverne Purcell aime parfois prendre le chemin le plus court. Merci au grand Dominique Visse qui donne ici un peu de consistance aux (d)ébats dans un truculent "Man is for the Woman made". Enfin du corps et de la rugosité. Moment trop court. Dans l'ensemble on reste hélas bien loin des premiers disques Alpha de l'Arpeggiata, notamment ceux avec Marco Beasley, le stupéfiant et subtil ténor dont on regrette l'absence ici.

Voilà donc un bel objet, très bien produit et réalisé, intéressant pour les amateurs de curiosités purcelliennes, mais qui va sans doute susciter des enthousiasmes délirants (du chiffre !) et des indignations outragées, les uns comme les autres allant bien au-delà de ses qualités réelles. Après tout, si ça pouvait permettre de se (re)pencher sur les trésors de Deller, Bowman, Gardiner, Hogwood, Christie et quelques autres, notamment les fabuleuses séries menées par Robert King pour Hyperion ("Complete Odes and Welcome Songs" et "Complete Sacred Music", en deux coffrets à prix éco), ce serait déjà bien.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 1, 2014 11:04 PM MEST


Britten: the Complete Works
Britten: the Complete Works

35 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Britten en grand format, 1 août 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten: the Complete Works (CD)
La publication des œuvres complètes de Benjamin Britten (1913-1976) est un événement à saluer, d'une part en raison de l'importance, de la portée et de la beauté de la musique, et d'autre part car le soin apporté à cette édition, le niveau technique, le choix artistique des versions, le détail et la qualité de la présentation, sont à une altitude qu'on ne trouve plus que très rarement dans le paysage dévasté de l'édition phonographique actuelle.

Il serait inutile d'essayer de commenter ici les "œuvres complètes" de l'un des plus significatifs compositeurs du XXème siècle, à la production très large, accessible et diversifiée. Britten est une personnalité majeure de l'histoire de la musique, qu'il faut connaître et savoir apprécier si l'on prétend être intéressé ou touché par cet art en général. Mais si l'œuvre se situe donc au-delà du commentaire, celui-ci peut en revanche porter sur la qualité de l'édition qui lui est consacrée par Decca à l'occasion du centenaire de sa naissance.

Et là - une fois n'est pas coutume - on peut dire que Decca a fait les choses pratiquement au mieux. Le fonds propre de Decca, pour qui Britten lui-même avait enregistré la majeure partie de ses œuvres, est naturellement exploité de manière approfondie. Soulignons qu'avec Britten on tient un des premiers exemples (et un des plus forts) permettant d'entendre l'œuvre d'un compositeur "par lui-même". Bartók, Rachmaninov, Prokofiev, plus anciens, n'ont enregistré leurs œuvres que très partiellement, Stravinsky l'a fait de manière plus systématique mais sur le tard (même si c'est fort bien), Villa-Lobos ou Hindemith ont aussi laissé des témoignages importants mais avec "Britten par Britten" c'est l'ensemble de l'œuvre qui est documenté, au fur et à mesure de sa création et dans toute son étendue. Comme techniquement c'est plutôt haut de gamme, on imagine la valeur inestimable de cette entreprise alors innovante dans l'histoire du disque.
De ce fait, les amateurs apprécieront de retrouver Peter Pears, le chanteur attitré de Britten, largement présent tout au long du parcours. Les autres devront s'habituer à sa voix, disons, "spéciale"... C'est une question de goût mais historiquement et musicalement il reste incontestable.

Pour les œuvres qui excèdent le champ de compétences de Britten interprète ou celles qu'il n'a pas pu graver directement, Decca a fait appel à un fonds international issu d'une petite vingtaine d'autres labels (EMI, Virgin, NMC, Dutton, des indépendants), réunissant raretés et perles diverses dans de parfaites interprétations pour faire un tour (presque) complet de l'univers de Britten. Comme souvent dans le cas d'une création encore contemporaine, le catalogue raisonné de l'œuvre peut évoluer et pourra éventuellement être complété dans l'avenir, mais c'est bien la première fois qu'un tel panorama est donné à entendre : même les spécialistes auront des choses à découvrir dans ce coffret.

Le coffret, justement, est très beau. Un "packaging" de qualité, élégante et solide boîte capitonnée (à la manipulation pas très pratique) regroupant 66 disques, chacun sous pochette carton individuelle avec les titres, dans une belle déclinaison de couleurs et un design subtil, à l'image de la musique elle-même. L'œuvre est regroupée en quatre grandes catégories : opéras, scène, voix, instruments, chacune ayant droit à un livret détaillé (synopsis des opéras, index, informations techniques, etc.). Le tout est complété par des enregistrements historiques plus anciens (précieux doublons, ainsi on peut par exemple entendre l'irremplaçable Dennis Brain dans la "Sérénade" en 1944, en plus de la version stéréo moderne) et des raretés plus ou moins inédites.
Pour la première fois dans un même ensemble les 10 opéras sont réunis, de "Paul Bunyan" à "Death in Venice", les œuvres scéniques et les peu connues musiques de films, toute la production vocale sacrée et profane, les séries de folksongs, les œuvres orchestrales, concertantes, la musique de chambre, les quatuors à cordes (numérotés ou pas), les œuvres instrumentales solos, avec dans certaines catégories beaucoup d'œuvres rares, de jeunesse notamment, qui sont autant d'étonnantes découvertes.
Dans le coffret vient enfin se loger un splendide livre de 200 pages relié en dur, avec textes de présentation, photos rares, témoignages divers, toute l'iconographie originale des enregistrements Decca en 100 pages de pochettes, photos de studio, etc., et un index complet. Beaucoup d'informations, mais c'est tout en anglais, of course.

Il peut bien sûr manquer quelques œuvres ici ou là, transcriptions (Purcell notamment, qu'on peut heureusement trouver chez Hyperion), partitions non encore établies ou versions alternatives, mais c'est finalement assez peu de choses.
Seul défaut majeur : l'éditeur s'adressant sans doute principalement à un public anglophone, et l'intelligibilité des textes chantés chez Britten étant souvent parfaite, Decca n'a pas cru utile de reproduire par écrit les textes anglais des œuvres vocales ! Seuls sont imprimés les plus rares textes en langues "étrangères" (avec traduction anglaise), et c'est vraiment dommage.
Il manque également un index chronologique des œuvres (il est seulement alphabétique) et surtout un index des interprètes. On croise en effet dans ce parcours Richter, Rostropovitch, Baker, Deller, Fischer-Dieskau, Kremer, Zehetmair, nombre de chanteurs, d'instrumentistes et de chefs de premier plan, mais difficile de les trouver individuellement dans ce vaste continent.
Je regrette enfin que cet hommage à Benjamin Britten ne fasse aucune place à Kathleen Ferrier (qui a chanté le rôle de Lucretia pour lui et a créé la Spring Symphony notamment). Quelques traces historiques de cette artiste essentielle pour Decca et pour le compositeur auraient pu trouver leur place ici. Oubli peu élégant.
Il reste qu'à ce prix (à la sortie ça ne revient qu'à 3 euros par cd, plutôt stupéfiant), il est difficile de se priver d'un tel monument. Des mois seront nécessaires pour l'explorer, des années pour en assimiler toutes les richesses, mais c'est dès aujourd'hui une ouverture unique, à saisir, sur tout un pan de la culture humaniste du siècle dernier.
Alors, bravo !
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Electrola Collection: Wie Einst in Schöner'n Tagen
Electrola Collection: Wie Einst in Schöner'n Tagen
Proposé par ScreamingCDFrance
Prix : EUR 15,82

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Encore un attentat !, 27 juillet 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Electrola Collection: Wie Einst in Schöner'n Tagen (CD)
La reparution longtemps attendue de ce disque important de Cathy Berberian (la plus intelligente, la plus spirituelle et la plus irremplaçable des cantatrices du siècle dernier) aurait dû être une fête. Le résultat offert par EMI est une pure honte. Que s'est-il passé ? Face à un tel "produit" on peut se poser la question suivante : faut-il se réjouir que, malgré tout, quelques bribes de patrimoine historique redeviennent accessibles après des années d'absence ou faut-il laisser éclater une légitime colère devant l'incompétence, la bêtise absolue, la rapacité, l'irresponsabilité des ordures dégénérées qui sont censées "gérer" ce patrimoine ?

De quoi s'agit-il dans le cas présent ? Un joyau parfaitement atypique, OVNI musical dépassant les frontières de la raison et du bon goût, est publié au milieu des années 70 sous forme d'un double LP. C'est la grande artiste Cathy Berberian qui en est l'initiatrice et l'interprète principale, entourée d'une équipe de virtuoses et amis (au piano, à la flûte et au violoncelle). Ces talents réunis délivrent là une anthologie unique de la musique de salon de la fin du XIXème siècle et de la "Belle Epoque", construisant un programme incroyable alternant raretés et "tubes", pièces chantées et instrumentales, oeuvres sérieuses, parodies, sucreries diverses, du chef d'oeuvre oublié à la pure galéjade, c'est une réjouissance permanente. Et comme tout cela est assemblé, construit, chanté, joué, enregistré avec le plus grand sérieux et la plus grande légèreté, vous imaginez le résultat : un vrai classique du "off", un indispensable de l'underground, une sorte de manifeste pré-punk en perruque et robe du soir, pour réconcilier intellectuels, despérados et aristocrates déchus autour d'une célébration artistique radicalement différente de tout ce qui existe.

Evidemment, cette merveille n'est plus disponible depuis des lustres et n'avait même jamais été rééditée en CD. Mais en 2013, voilà qu'EMI republie cet incontournable enfoui dans son catalogue. Fausse bonne nouvelle, la joie est hélas de courte durée : le double album est réduit à 1 cd unique, et comme il faut tenir dans les 79 minutes du format, on supprime tout simplement huit titres du programme original ! Oui, huit titres exclus à tout jamais, et en fait un projet qui en ressort complètement défiguré. Imaginez que Gallimard publie un volume de Proust en supprimant quelques dizaines de pages au hasard pour rentrer dans un format de poche... On cauchemarde ! Accessoirement, l'ordre des morceaux (ceux qui restent) n'est même pas respecté. Là encore le parallèle avec la littérature est parlant : pourquoi ne pas publier les chapitres des romans dans le désordre, tant qu'on y est ?
Tout l'intérêt du programme conçu par Cathy Berberian résidait justement dans la juxtaposition de ces différentes pièces, dans la succession dans laquelle elle les donnait à entendre, racontant dans un ensemble aussi riche que fou l'histoire d'un genre, d'une époque, d'un monde perdus. Peut-être est-ce là une extrapolation un peu hasardeuse, mais il me semble que le point de basculement d'une civilisation de l'insouciance vers l'horreur, à la veille de la première guerre mondiale, apparaît en trame dans cet album plus que "léger", et c'est assez vertigineux. Mais tout ça n'a pas d'importance pour les crapules de chez EMI qui se drapent dans les beaux discours et brûlent sans vergogne ce qui fait notre héritage commun.
Le pire, c'est que même leur calcul économique est nul : si EMI avait respecté à minima l'album d'origine, en réalisant un double cd avec tous les titres, le texte de présentation et la reproduction des quelques photos sépia du livret, on peut imaginer que cela n'aurait représenté un surcoût de fabrication que de quelques misérables centimes par exemplaire, rien qui justifiait une telle amputation.

En conclusion, et comme on l'a déjà vu par exemple avec les coffrets de la période Vanguard d'Alfred Deller chez un autre éditeur, c'est la musique qu'on assassine, les artistes qu'on trahit, le public qu'on humilie. Artistiquement, les miettes du contenu qu'on peut ici entendre valent d'office 5 étoiles (ou même plus si affinités) mais les coupables du massacre, du charnier qu'est cette pseudo-réédition (qui telle quelle ne vaut donc rien) ne méritent pas moins que le bagne (ou "tchi-tchi", pour les amateurs !). Tout cela étant dit - vous l'aurez noté - en toute mesure et avec la plus grande modération, bien entendu.
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