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Contenu rédigé par Melimelomane
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Commentaires écrits par
Melimelomane (Valréas France)
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ForeFront Cases® KINDLE 4 SEPTEMBRE 2012 (ÉCRAN TACTILE NON) Housse Étui en cuir synthétique avec lampe de lecture LED, Rouge - pour Amazon Kindle 4 Wi-Fi, 6", affichage encre électronique E Ink, Noir - 5th Gén SEPT 2012 Case Cover
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Proposé par Forefront Cases
Prix : EUR 49,99

5.0 étoiles sur 5 très belle qualité, 29 août 2015
Nous avons acheté cette housse de protection pour l'offrir et son destinataire en a été ravi. De bonne qualité et parfaitement adapté au Kindle.


La Force Du Destin
La Force Du Destin
DVD ~ Giuseppe Verdi
Proposé par OPERAITALIA
Prix : EUR 17,80

5.0 étoiles sur 5 « A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU », 23 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Force Du Destin (DVD)
Ce titre du chef-d’œuvre majeur de Marcel Proust convient parfaitement à ce que l’on ressent à l’écoute de ce DVD d’exception.
Nous pourrions aussi proposer en étant plus précis : « A la recherche d’UN temps perdu » tant ce témoignage est le reflet imparfait d’une époque révolue… perdue !
Est-il en effet envisageable ou possible à notre époque de présenter sur scène un tel plateau ? Je crains que non !
Renata Tebaldi, Boris Christoff, Franco Corelli, Ettore Bastianini ; qui plus est accompagnés à la baguette par un chef Francesco Molinari Pradelli a la vigueur toscaninienne : on croit rêver et nous rêvons !

Ils nous offrent la plus belle « La forza del destino » de toute la vidéothèque. Il est nécessaire de souligner que cette même distribution existe en CD. Alors pourquoi se procurer le DVD ?
DVD qui affiche son âge: 1958 : images en noir et blanc de piètre qualité, sans contrastes et floues, au format 4/3. Heureusement le son est correct.
Alors pourquoi ? Pour le plaisir incomparable de voir ou revoir ces icônes exceptionnelles du chant ! Les voir vivre leurs rôles. Prendre conscience que loin de la froideur attribuée habituellement à Tebaldi, elle habitait le personnage de Leonora avec une intensité incomparable, retrouver l’imposante présence de Boris Christoff, la vaillance et la beauté de Corelli et la majesté de Bastianini.

Ce DVD est unique porteur du souffle et des larmes « d’un temps perdu »


Linda Di Chamonix
Linda Di Chamonix
DVD ~ Gaetano Donizetti
Prix : EUR 31,05

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 ENCORE UN CHEF-D'ŒUVRE, 23 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Linda Di Chamonix (DVD)
Plus j'avance dans la découverte de la production pléthorique de Donizetti : pas moins de 70 opéras ; plus je prends conscience du génie inépuisable de ce compositeur.
Nous sommes en 1842. Linda di Chamounix est la première œuvre lyrique que Donizetti destine à la ville de Vienne. Il lui reste 6 ans à vivre et il composera encore 5 opéras.

L'intrigue est très simple : Linda vit heureuse dans ses montagnes savoyardes. Elle aime Carlo, modeste peintre. En réalité il fait partie de l'aristocratie et ses parents le destinent à épouser une riche héritière. Linda perd la raison quand elle apprend l'ébauche de cette union. Carlo refuse le parti que voulait lui imposer sa famille ; se précipite auprès de Linda qui reprend ses esprits.
Sur cette trame aux ressorts dramatiques inexistants Donizetti va composer une musique où l'orchestration fait de cette partition l'une des plus riches du compositeur. Donizetti prend plaisir à revisiter le bel canto. Un tour d'horizon magique où nous rencontrons les fragrances de Rossini, Bellini, et même un avant-gout de Verdi qui vient d'écrire Nabucco. Le tout, parfaitement cohérent car solidement attaché au génie de Donizetti. Peut-on avancer que Donizetti préfigure l'utilisation du leitmotiv ? C'est aller vite en besogne. Cependant il faut noter le thème « A consolarmi » qui reviendra dans la partition aux moments clefs, ainsi que l'orgue de barbarie de Pierotto qui irrigue la partition, passages où le compositeur invente une orchestration particulièrement originale.

LA REPRÉSENTATION :
Il faut bien reconnaître que les décors sont d'une vétusté rare : le pire étant au 1er et 3ème acte les toiles peintes qui représentent Chamonix et ses glaciers. Heureusement les costumes de Florence von Gerkan et l'éclairage apportent à cet ensemble une note poétique. Le jeu des acteurs est parfaitement adapté au ton de cet opéra qui alterne mélancolie et humour.
L'orchestre et les chœurs de Zurich sous la direction d'Adam Fischer restituent tout l'éclat et la finesse de cette partition. Un seul regret : l'ouverture qui figure parmi les plus développées du compositeur est absente de cette représentation !

Concernant les chanteurs : j'ai rarement écouté un plateau aussi homogène.
Evidemment Edita Gruberova éclabousse de son talent le rôle de Linda : une voix inépuisable qui alterne tendresse, révolte et se projette avec une facilité déconcertante dans des arias d'une complexité labyrinthique, aux aigus stratosphériques.
Mais il serait injuste d'ignorer la prestation de Deon van der Walt, magnifique Carlo : un beau timbre de ténor qui se marie avec délicatesse avec la voix de Gruberova, celle de Jacob Will, le marquis de Boisfleury, qui insuffle à ce rôle tout l'humour nécessaire, enfin la magnifique voix de basse de Laslo Polgar qui donne toute sa majesté au préfet.

Le DVD date de 1996. Il est de bonne qualité, images 4/3, son 5/1, prises de vue qui suivent avec intelligence les chanteurs.

En résumé une représentation remarquable, qui malgré des décors aux vertus peu artistiques, nous rend, avec éclat, un chef-d'œuvre essentiel de la production de l'auteur de Bergame !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 26, 2015 7:49 PM MEST


Linda Di Chamounix
Linda Di Chamounix
DVD ~ Edita Gruberova
Prix : EUR 21,60

5.0 étoiles sur 5 ENCORE UN CHEF-D'ŒUVRE, 23 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Linda Di Chamounix (DVD)
Plus j'avance dans la découverte de la production pléthorique de Donizetti : pas moins de 70 opéras ; plus je prends conscience du génie inépuisable de ce compositeur.
Nous sommes en 1842. Linda di Chamounix est la première œuvre lyrique que Donizetti destine à la ville de Vienne. Il lui reste 6 ans à vivre et il composera encore 5 opéras.

L'intrigue est très simple : Linda vit heureuse dans ses montagnes savoyardes. Elle aime Carlo, modeste peintre. En réalité il fait partie de l'aristocratie et ses parents le destinent à épouser une riche héritière. Linda perd la raison quand elle apprend l'ébauche de cette union. Carlo refuse le parti que voulait lui imposer sa famille ; se précipite auprès de Linda qui reprend ses esprits.
Sur cette trame aux ressorts dramatiques inexistants Donizetti va composer une musique où l'orchestration fait de cette partition l'une des plus riches du compositeur. Donizetti prend plaisir à revisiter le bel canto. Un tour d'horizon magique où nous rencontrons les fragrances de Rossini, Bellini, et même un avant-gout de Verdi qui vient d'écrire Nabucco. Le tout, parfaitement cohérent car solidement attaché au génie de Donizetti. Peut-on avancer que Donizetti préfigure l'utilisation du leitmotiv ? C'est aller vite en besogne. Cependant il faut noter le thème « A consolarmi » qui reviendra dans la partition aux moments clefs, ainsi que l'orgue de barbarie de Pierotto qui irrigue la partition, passages où le compositeur invente une orchestration particulièrement originale.

LA REPRÉSENTATION :
Il faut bien reconnaître que les décors sont d'une vétusté rare : le pire étant au 1er et 3ème acte les toiles peintes qui représentent Chamonix et ses glaciers. Heureusement les costumes de Florence von Gerkan et l'éclairage apportent à cet ensemble une note poétique. Le jeu des acteurs est parfaitement adapté au ton de cet opéra qui alterne mélancolie et humour.

L'orchestre et les chœurs de Zurich sous la direction d'Adam Fischer restituent tout l'éclat et la finesse de cette partition. Un seul regret : l'ouverture qui figure parmi les plus développées du compositeur est absente de cette représentation !

Concernant les chanteurs : j'ai rarement écouté un plateau aussi homogène.
Evidemment Edita Gruberova éclabousse de son talent le rôle de Linda : une voix inépuisable qui alterne tendresse, révolte et se projette avec une facilité déconcertante dans des arias d'une complexité labyrinthique, aux aigus stratosphériques.
Mais il serait injuste d'ignorer la prestation de Deon van der Walt, magnifique Carlo : un beau timbre de ténor qui se marie avec délicatesse à la voix de Gruberova, celle de Jacob Will, le marquis de Boisfleury, qui insuffle à ce rôle tout l'humour nécessaire, enfin la magnifique voix de basse de Laslo Polgar qui donne toute sa majesté au préfet.

Le DVD date de 1996. Possédant la version allemande de 2012, je ne peux honnêtement porter un jugement équitable sur la qualité de cette édition.
En résumé une représentation remarquable, qui malgré des décors aux vertus peu artistiques, nous rend, avec éclat, un chef-d'œuvre essentiel de la production de l'auteur de Bergame !


Carl Theodor Dreyer : coffret 6 DVD
Carl Theodor Dreyer : coffret 6 DVD
DVD ~ Johannes Meyer

5.0 étoiles sur 5 CARL THEODOR DREYER « CINÉASTE DE L’INVISIBLE. », 11 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carl Theodor Dreyer : coffret 6 DVD (DVD)
Comme souvent chez les cinéastes de génie ; l’œuvre de Carl Théodore Dreyer comporte peu d’opus : Quelques films muets se succèdent dont le merveilleux chef d’œuvre « La passion de Jeanne- d’Arc »
Arrive le parlant et la création du cinéaste danois s’espace dans le temps, seulement 4 films: « Vampyr » 1932, « Jour de colère »1943, « Ordet »1955 et « Gertrud »1964. Tracasseries des producteurs, exigences du cinéaste ; la production du danois se réduit hélas comme peau de chagrin.
Dans le coffret proposé nous trouvons un film muet : « Le maître du logis »1925 et les quatre chefs-d’œuvre cités plus haut.
« La passion de Jeanne- d’Arc » ne fait pas partie de ce magnifique ensemble ! Problème de droits ? Il est cependant facile de se procurer ce film essentiel chez d’autres éditeurs.

Ne boudons pas notre plaisir car ce coffret contient la plupart des joyaux d’une œuvre unique !
Ce qui frappe en premier dans le travail de Dreyer c’est la beauté esthétique de chaque plan, servi par une photo, au noir et blanc très contrastés (sauf pour « Vampyr » où un mauvais tirage des premières pellicules fut conservé par le cinéaste car il correspondait à la singularité du sujet traité).
Chaque image est construite comme une toile. Ici rien à voir avec la beauté épique d’Eisenstein, la beauté de Dreyer plonge au cœur de l’âme dévoilant le surnaturel dans « Vampyr » la foi dans « Jour de colère » l’amour rédempteur avec « Ordet » enfin le parcours libérateur de son héroïne dans « Gertrud. »
À travers ces quelques chefs-d’œuvre nous prenons conscience de l’extrême cohérence de la création de Dreyer car la dimension spirituelle de la vie humaine est au cœur de ce monument cinématographique. Cet immense cinéaste avec une implacable rigueur mais aussi une grande humilité côtoient la face la plus secrète de l’homme abordant cette par d’invisibilité qui habite chaque ÊTRE HUMAIN.

Je voudrais souligner, dans les bonus, l’intelligence des analyses de Patrick Zayen. qui accompagne chaque film.

Permettez-moi de terminer ce bref commentaire en laissant la plume au cinéaste André Téchiné qui déclarait lors d’un passage d « Ordet » à la télévision : «Ordet est le seul film que je peux voir et revoir et qui, chaque fois, me transforme en serpillière. Je le connais pourtant par cœur. Mais il y a en lui une profondeur et un mystère qui me fascinent. J’y vois, mais sublimé, ce que l’on trouve dans toute l’œuvre de Dreyer : une tentative de rendre visible l’invisible. Une sorte de fil tendu, imperceptible, entre la vie et la mort. »


Maria Di Rohan
Maria Di Rohan
DVD ~ Donizetti
Prix : EUR 35,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 MERCI DONIZETTI, MERCI BERGAME, 30 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maria Di Rohan (DVD)
Merci Bergame ! Car dans la ville où naquit Donizetti chaque année la cité nous offre la résurrection d'un nouveau chef-d'œuvre. En 2011, Maria di Rohan.
L'intrigue et l'aspect historique furent décrits avec finesse et pertinence dans la chronique de Guy.
Comme lui je voudrais souligner la beauté du décor unique à la plastique très picturale : un cadre tronqué qui offre une perspective sur une ville au loin. Quelques éléments animent cet ensemble : des portraits au 1er acte, une table et des chaises pour le 2 et le 3. Sobre et efficace.Les costumes sont de toute beauté parfaitement intégrés au décor et à l'époque où se déroule l'intrigue. Ce qui nous change de la plupart des élucubrations récentes.

La musique de Donizetti se concentre essentiellement sur trois protagonistes : Maria comtesse de Rohan, Riccardo comte de Chalais et Enrico comte de Chevreuse.ls autres personnages ne sont que très secondaires et les chœurs n'interviennent que dans l'acte I.
C'est dire l'importance musicale de chacun des interprètes.

Maria est chantée par Majella Cullagh. Elle possède une belle voix, parfois agressive quand elle force dans les aigus. Elle nous gratifie d'un « Havi un Dio' » bouleversant.
Marco di Felice est une force de la nature. Il campe un Enrico vaillant. Une belle voix de baryton qui emporte l'adhésion.
La grosse faiblesse de cette distribution est, à mon sens, la prestation de Salvarore Cordella qui incarne Riccardo : voix de ténor désagréable aux sonorités de gorge qui détimbrent. Un art du chant précaire qui ne réserve aucune nuance.

Les sous-titres ne sont qu'en italien, anglais et japonais. Curieux pied de nez à la vie de Donizetti dont quelques opéras furent écrits en français!

Il est évident que l'intérêt de la résurrection de ce chef-d'œuvre supplante largement la petite déception qu'inflige la prestation du ténor. En conclusion, je répète donc mon titre : merci Donizetti, merci Bergame.
Vivement d'autres découvertes.


Tannhäuser (Bayreuth 2014) [Blu-ray]
Tannhäuser (Bayreuth 2014) [Blu-ray]
DVD ~ Wagner
Prix : EUR 33,60

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 RIEN NE VA PLUS SUR LA « MONTAGNE VERTE ! », 26 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tannhäuser (Bayreuth 2014) [Blu-ray] (Blu-ray)
J'ai le sentiment que depuis que les filles Wagner : Eva et Katharina, sont à la tête du Festival, elles jouent les enfants gâtées, cherchant systématiquement à agresser le spectateur, affichant ainsi un mépris permanent pour les intrigues et par enchainement direct, pour la musique même, composée par leur arrière-grand-père.
A ce propos je me permets de citer des extraits d’une rubrique parue dans les cahiers de France Musique, dû à la plume inspirée de Victor Tribot Lapierre, qui nous relate les tensions qui règnent sur la Montagne Verte à propos des dernières décisions prises par les demi-sœurs Wagner. Certes ces décisions concernent plutôt le Ring mais elles montrent bien le danger qui, actuellement, par ces partis-pris suicidaires, guette le Festival :

« Alors que le monde de l’opéra aura les yeux tournés vers Bayreuth et son festival en cette année du 200ème anniversaire de Richard Wagner, le metteur en scène de la tétralogie du Ring, Frank Castorf, douche les espoirs de présenter une œuvre qui restera dans les annales de l’Opéra.
Frank Castorf, metteur en scène turbulent et iconoclaste du théâtre allemand, va s'attaquer à l'Everest de l'opéra: la foisonnante tétralogie wagnérienne du Ring. L'accueil que réserveront la critique et le public à cette production pourrait bien avoir des conséquences importantes sur l'avenir du festival de Bayreuth, tout entier dédié aux œuvres de Richard Wagner.
Le choix de Castorf était extrêmement controversé, étant donné qu'il est plutôt novice en matière d'opéra.
Quelques détails intrigants ont filtré sur la mise en scène de Castorf: il a choisi avec son décorateur Aleksander Denic de faire du Ring une allégorie de la course à l'or noir et de la mondialisation. Selon la rumeur, une station-service sur la mythique Route 66 ferait partie des décors et les Filles du Rhin seraient aussi sensuelles qu'Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi, dans la Dolce Vita de Fellini.
Pour Eva Wagner-Pasquier et Katharina Wagner, toutes deux directrices du festival depuis 2009, l'accueil qui sera réservé à cette production est un enjeu de taille. Une décision sur leur maintien en poste doit être prise en 2015. Leurs choix esthétiques n'ont jamais trouvé grâce aux yeux du cercle des très conservateurs habitués du festival.

L'adaptation des Maîtres chanteurs par Katharina, présentée de 2007 à 2010, avait été éreintée par la critique. C'est aussi elle qui avait choisi en 2011 l'Allemand Sebastian Baumgartner pour mettre en scène un Tannhäuser tellement impopulaire qu'il sera retiré dès cette année de la programmation. Ses relations avec la puissante et très généreuse donatrice Société des Amis de Bayreuth sont notoirement exécrables. »

Tel est le triste bilan d’Eva et Katharina Wagner et je ne crois pas que ce sont uniquement les « très conservateurs habitués du festival » qui rejettent cette vision de l’œuvre de Wagner.
Nous voici donc, maintenant, avec ce nouveau Tannhäuser, confrontés à cette « mise en scène tellement impopulaire! » Personnellement je trouve ce jugement parfaitement légitime !
Jugez plutôt :

Sebastian Baumgartner pour son décor a fait appel à un artiste plasticien Joep van Lieshout. Sous l’impulsion de ce dernier le décor devient une immense installation d’une banalité affligeante ; mélange hétéroclite d’échafaudages métalliques, de structures en bois, de grues, de palans, d’entonnoirs, de tuyaux, de bidons ; au fond duquel trône une immense citerne peinte en rouge intitulé : « l‘alcoolateur ».
Et pour bien nous faire comprendre que le décor est essentiel, le spectateur est obligé de contempler cette banale architecture, animée par quelques ouvriers de chantiers qui manipulent brouettes, pelles et autres outils de chantier pendant 18 minutes avant que ne résonne la première et salvatrice note de musique !
Et ce n’est pas tout : avant le début du II l’ensemble de la confrérie va à la soupe : 10 minutes.
Enfin avant l’attaque du III, nous assistons à une mini messe, pendant laquelle les fidèles entonnent l’hymne allemand : 20 minutes copieusement sifflées.

Il faut croire que dans l’esprit du scénographe le décor et sa propre animation sont plus importants que la musique. Il affirme même dans le petit livret qui accompagne les DVD que : « En quelque sorte, j’ai inclus Bayreuth dans Joep van Lieshout et je l’ai fait avec joie. » Rien que ça !!! Quelle outrecuidance !!!

Que dire alors de la mise en scène totalement et volontairement cadenassée par ce décor ?
Le Venusberg lieu de délices et de plaisirs devient un infâme lupanar /prison où règne une peu séduisante Vénus qui pour l’occasion est enceinte. Mais sa grossesse loin de nous faire rêver est objet de vulgarité. Elle montre ostensiblement son ventre rond comme un gage unique de sexualité.
Exit les chevaliers, et toute idée de rédemption pourtant si présente dans les opéras de Wagner. La plupart sont vêtus en marcel et chaussés de bottes d’égoutiers. Nous sommes face à des bouffons souvent avinés mais pas uniquement…..D’une trappe aménagée dans le sol sortent quatre « chevaliers » cagoulés arborant dans le dos les mots : Wieviel- Droge-braucht-der Mensch ? Que l’on peut traduire par : « De combien de drogue l’homme a-t-il besoin ? » Drôle d’élixir ! Baumgartner semble enfin avoir trouvé le secret du courage de la confrérie des chevaliers.

Le tournoi de chant dans cette ambiance délétère se transforme vite en foire d’empoigne. Reconnaissons que dans cette optique si particulière les chanteurs sont d’excellents acteurs. Seul moment d’apaisement l’intervention d’Elisabeth qui s’interpose fermement avec son « Halter hein » l’éclairage passe au rouge. C’est l’un des rares moments apaisés. Une courte parenthèse avant de replonger dans la confusion et le décalage lorsque au III Wolfram, le pur et fidèle chevalier adresse son « douce étoile » non pas au firmament mais directement à Vénus ! Avec laquelle il danse tendrement ?!!
La rédemption se cache-t-elle dans l’enfant de Vénus (et Tannhäuser ?) brandit par le chœur final ?

L’INTERPRÉTATION :
Tous les excès exposés plus haut dans la mise en scène teinte l’interprétation musicale en particulier la prestation des chanteurs.
Ce qui implique un Tannhäuser qui ne croit plus en rien. Malgré de brèves et vaines tentatives il aborde sa vie avec dérision. Acteur consommé, aidé par une voix magnifiquement timbré (déjà appréciée dans Rienzi) Tosten Kerl impose sa présence, accompagne la vision de Baumgartner avec force et vigueur.
Elizabeth est incarnée par Camilla Nylund. Malgré une voix qui n’a pas toujours une tenue irréprochable, elle sait nous émouvoir. Elle nous offre une Elizabeth un peu éthérée qui n’arrive pas, nonobstant sa ferveur, qui passe très bien dans son chant, à récupérer Tannhäuser hypnotisé par les délices sulfureuses de Vénus.
Wolfram est interprété par Markus Eiche. Une voix de baryton sans profondeur, qui manque singulièrement de relief en particulier dan son air « douce étoile »
La Vénus de Michelle Breedt ne donne pas dans la finesse. Elle sur joue et sur chante.
Une mention spéciale pour la belle prestation de Kwangchul Youn qui campe un Landgrave plein de vaillance et d’autorité.

Les chœurs de Bayreuth sont une fois de plus exceptionnels. Quel ensemble forgé avec finesse et puissance !
J’ai connu l’orchestre du Festival plus inspiré. Sous la baguette d’Axel Kober il est loin de la beauté atteinte sous la férule de Christian Thielemann dans le Vaisseau.

En conclusion une représentation où la musique ne compense pas, loin de là, l’indigestion imposée par le scénographe !

Un nouveau signal d’alarme pour Eva (d’ailleurs démissionnaire de la direction) et Katharina Wagner « Le crépuscule des Dieux » décrit par l’arrière-grand-père se rapproche…
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 26, 2015 7:51 PM MEST


Donizetti : La Favorite. Aldrich, Shi, Tézier, Allemandi, Boussard. [Blu-ray]
Donizetti : La Favorite. Aldrich, Shi, Tézier, Allemandi, Boussard. [Blu-ray]
DVD ~ Kate Aldrich
Prix : EUR 38,32

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « LA FAVORITE » EST UN CHEF-D'ŒUVRE !, 23 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Dans l'abondante production de Donizetti, environ 70 opéras, n'est restée, jusqu'au milieu du 20ème siècle qu'une petite poignée de chefs-d'œuvre : Don Pasquale, L'Elixir d'amore, et La Fille du régiment ; ainsi que Lucia de Lammermor et La Favorite.

Pourtant, si nous regardons le catalogue Vidéo de « La Favorite » : une seule production : un enregistrement pris sur le vif en 1971 au Japon, divinement bien chantée (Cossoto, Kraus) mais difficilement acceptable techniquement. Alors bienvenue à la nouvelle production du Capitole.

Nous savons que la composition de « La Favorite » fut très perturbée. En effet Donizetti termine la composition de son « Ange de Nisida », opéra en 3 actes qu'il destinait au théâtre de la Renaissance. Hélas, ce dernier vient de fermer ses portes. Donizetti remanie donc sa partition et la transforme en opéra en 4 actes avec ballet obligé que réclamait le public de l'Opéra.
L'ouvrage connut un grand succès populaire : près de 700 représentations à tel point que l'éditeur Maurice Schlesinger demande à Richard Wagner, alors réfugié à Paris, vivant d'expédients avant la représentation de son Tannhäuser, de faire une réduction pour piano de la partition de « La Favorite » ! Sans commentaire.

L'intrigue totalement banale voit se développer l'opposition entre le monachisme ascétique et le péché de chaire.

La musique de « La Favorite » malgré une intrigue faible, l'amalgame de différents opéra, nous réserve cependant de nombreux passages d'une haute inspiration, en particulier le 4ème acte qui se révèle être un des plus réussis de toute la production de Donizetti !.

QUE NOUS PROPOSE LA REPRÉSENTATION DU CAPITOL ?
LA MISE EN SCÈNE:
Nous sommes confrontés en permanence à un chatoiement de couleurs. Une véritable symphonie chromatique orchestrée par les somptueuses robes de Christian Lacroix qui se détachent sur fond d'arcades qui laissent passer des nuages irisés. Un décor simple et graphique à géométrie variable, traversées par des brumes aux couleurs qui accompagnent les différentes ambiances musicales.
La scénographie de Vincent Boussard est simple, elle se concentre sur le jeu des acteurs, nous réservant toutefois, une petite énigme que relèvent tous les commentateurs : que signifie la valise lumineuse que trimbale Fernand et qui termine son voyage dans les mains de Balthasar lors de son retour au couvent ? Dans le petit livret, très tendance, Hugo Shirley propose qu'elle suggère une sorte de statut de réfugié. Vue son caractère lumineux et l'intrigue de l'opéra pourquoi ne pas voire un symbole de la foi, interrogée par les pérégrinations amoureuses de Fernand ?

LES INTERPRÈTES :
Nous connaissons les riches sonorités de la phalange du Capitol. Sous la baguette d'Antonello Allemandi l'orchestre n'est cependant pas à l'abri de quelques brutalités.

Il faut oublier la prestigieuse interprétation de Tokyo pour profiter pleinement de celle du Capitol qui nous réserve de bien belles surprises.

Commençons par Balthazar, qui à mon sens est la seule faiblesse de cette distribution. Giovanni Furlanetto. Sa voix de basse a de la peine à s'imposer : manque évident de puissance.
Belle prestation du français, Ludovic Tézier, qui n'a évidemment aucun problème avec la prononciation de notre langue. Il donne, avec sa voix ample de baryton, toute sa majesté, au Roi de Castille Alphonse XI.

Le rôle capital de Fernand est attribué au chinois Yijie Shi. Il semblerait que ce dernier ne connaissant pas notre langue a appris le rôle de manière purement phonétique. Chapeau, car son français ne trouble pas nos oreilles, même si parfois les sous titres sont nécessaires. Il possède une voix fluide au timbre métallique qu'il manie avec beaucoup de ferveur nous gratifiant ainsi d'un « ange si pur » très émouvant. La fin du 4ème acte en compagnie de Kate Aldrich est bouleversante.
Kate Aldrich incarne Léonore. Initialement ce rôle était destiné à la belle Elena Garanca. Personnellement je ne regrette pas son retrait car il m'a permis de découvrir la voix et le talent de cette mezzo américaine.
Le velours de sa voix, son implication donne à ce personnage toute sa fragilité. Elle nous enchante dans son air du 3 « Ô mon Fernand » sur un lit de harpes et de cors, qu'elle murmure avec une réelle tendresse.

Un grand opéra de Donizetti en réalité plus connu que jouer. Cette prestation exemplaire du Capitol, nous rappelle une vérité : « La Favorite » est un chef-d'œuvre !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 31, 2015 11:04 PM MEST


Macbeth [Blu-ray]
Macbeth [Blu-ray]
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 41,05

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 SANS RELIEF, 19 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Macbeth [Blu-ray] (Blu-ray)
Voici donc la dernière production de Macbeth en vidéo.
Vu la réputation du scénographe : Dario Argento dont les films sont souvent étiquetés « Slasher Trash » ou « film d'horreur » il est évident que nous attendions une mise en scène sulfureuse et hautement dramatique.
Or nous sommes confrontés à une vision lisse et sans aspérité. Son obsession pour les scènes de morts gore n'apparaissant que lors de la mort du roi Duncan : une vitre bariolée de sang, et de l'exécution de Macbeth : Macbuff brandissant la tête de Macbeth qu'il vient de décapiter. Cette scène, dans son outrance, frise franchement le grand-guignolesque et n'apporte rien à la dramaturgie !
Les sorcières sont représentées par trois femmes entièrement nues. Symbole curieusement décalé pour des femmes qui prédisent l'avenir! A croire que la nudité donne le don de divination.
Dans ce désert scénique il faut toutefois souligner l'intelligence et la pertinence des éclairages d'Angelo Linzalata.

Portons alors notre attention vers la musique.
Nous sommes loin de la fièvre imposée par Giuseppe Sinopoli aux forces berlinoises. À la tête de l'orchestre philarmonique du Piémont Giuseppe Sabbatini nous sert une vision dramatique et nuancée mais sans flamme. Les chœurs de la Schola Cantorum San Gregorio Magno chantent avec ferveur, sans toutefois éviter certains petits décalages.
Macduff est interprété par Dario Di Vietri. Une voix de ténor à la sonorité instable.
Giogio Giuseppini offre sa magnifique voix de basse au personnage de Banco.
Giuseppe Altomare interprète Macbeth, la voix n'a certes pas l'ampleur, la plénitude de celle de Renato Bruson, mais il incarne un Macbeth où se mélange faiblesse et violence.
Dimitra Theodossiou est Lady Macbeth. Nous l'avons rencontrée à maintes reprises lors de la publication du prestigieux coffret « Tutto Verdi » (en particulier dan « Une Forza » d'anthologie) Malgré ses aigus souvent agressifs elle incarne une Lady qui fait évoluer son personnage:elle passe de l'amoureuse transit, à la femme de pouvoir violente et hystérique avant de sombrer dans la folie. Elle nous réserve une des meilleures scènes de la folie en Vidéo.
En conclusion un sentiment mitigé entre une scénographie banale et des chanteurs souvent investis.
Je reste fidèle malgré les années écoulées au duo fracassant Sinopoli Bruson !


Macbeth
Macbeth
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 29,99

3.0 étoiles sur 5 SANS RELIEF, 19 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Macbeth (DVD)
Voici donc la dernière production de Macbeth en vidéo.
Vu la réputation du scénographe : Dario Argento dont les films sont souvent étiquetés « Slasher Trash » ou « film d'horreur » il est évident que nous attendions une mise en scène sulfureuse et hautement dramatique.
Or nous sommes confrontés à une vision lisse et sans aspérité. Son obsession pour les scènes de morts gore n'apparaissant que lors de la mort du roi Duncan : une vitre bariolée de sang, et de l'exécution de Macbeth : Macduff brandissant la tête de Macbeth qu'il vient de décapiter. Cette scène, dans son outrance, frise franchement le grand-guignolesque et n'apporte rien à la dramaturgie !
Les sorcières sont représentées par trois femmes entièrement nues. Curieux symbole, singulièrement décalé, pour des femmes qui prédisent l'avenir! A croire que la nudité donne des dons de prophétesse.
Dans ce désert scénique il faut toutefois souligner l'intelligence et la pertinence des éclairages d'Angelo Linzalata.

Tournons nous alors vers la musique.
Nous sommes loin de la fièvre imposée par Giuseppe Sinopoli aux forces berlinoises. À la tête de l'orchestre philarmonique du Piémont Giuseppe Sabbatini nous sert une vision dramatique et nuancée. Les chœurs de la Schola Cantorum San Gregorio Magno chantent avec ferveur, sans toutefois éviter certains petits décalages.
Macduff est interprété par Dario Di Vietri. Une voix de ténor à la sonorité instable.
Giogio Giuseppini offre sa magnifique voix de basse au personnage de Banco.
Giuseppe Altomare interprète Macbeth, la voix n'a certes pas l'ampleur ni la plénitude de celle de Renato Bruson, mais il incarne un Macbeth où se mélange faiblesse et violence.
Dimitra Theodossiou est Lady Macbeth. Nous l'avons rencontrée à maintes reprises lors de la publication du prestigieux coffret « Tutto Verdi » (en particulier dan « Une Forza » d'anthologie) Malgré ses aigus souvent agressifs elle incarne une Lady qui fait évoluer son personnage.
Elle passe de l'amoureuse transit, à la femme de pouvoir violente et hystérique avant de sombrer dans la folie. Elle nous réserve une des meilleures scènes de la folie en Vidéo.
En conclusion un sentiment mitigé entre une scénographie banale et des chanteurs souvent investis.
Je reste fidèle, malgré les années écoulées, au duo fracassant Sinopoli Bruson !


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