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Commentaires écrits par
Melimelomane (Valréas France)
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raspoutin
raspoutin
DVD ~ Eino Rautavaara
Prix : EUR 29,23

5.0 étoiles sur 5 RAUTAVAARA : UN AUTHENTIQUE DRAMATURGE !, 10 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : raspoutin (DVD)
Il y a maintenant une dizaine d’années, ma première rubrique confiée à Amazon concernait « Vincent » un opéra de Rautavaara.
Après sa série orchestrale « Angel » qui ne s’intéresse nullement aux anges de Fra Angelico mais à ceux de William Blake qui revêtent un aspect terrifiant. Tout naturellement Einojuhani Rautavaara va se tourner vers la figure faustienne de Raspoutine, pour son prochain sujet d’opéra.
En quelque sorte encore une figure d’ange ; mais un ange tel Azrael « l’Ange de la mort » ou « Lucifer » l’ange déchu.
Le compositeur brosse le portrait d’un être malveillant mais charismatique. La grande basse Matti Salminen, auteur d’une performance remarquable, parvient à incarner le sulfureux mélange de charisme et de luxure extatique de ce personnage fascinant.
Salminen se complaît dans le défi musical qui consiste à traduire la nature schizophrénique de Raspoutine. Aussi sincère dans ses extases religieuses que dans ses délires libidineux. Ces deux aspects font partie intégrante de sa nature qui exalte une force de vie au-delà de la compréhension ou du contrôle.

L'opéra ne couvre que la vie de Raspoutine à partir du moment où il est entré dans le cénacle de la famille royale russe alors que le tsar et sa femme cherchaient désespérément un soulagement pour leur fils hémophile. Le moine est considéré par l'ordre établi, comme un être négatif. Ses ennemis sont représentés dans l’opéra par Dimitri et Félix qui cherchent à épouser la fille du tsar, Irina. La crédibilité des deux prétendants est fortement battue en brèche par leur propre relation homosexuelle.
Comme l'influence de Raspoutine se développe, le désespoir et la jalousie s'installent, et enfin les ennemis du Moine n’envisagent qu’une option : « Le tuer ! »

Sur cette trame, haute en couleur, Rautavaara compose une musique intense alternant de longues mélodies poétiques qui ondulent telles des vagues sonores, bercées par un tapis de cordes légèrement boisé, suivies de passages d’une grandeur sauvage au souffle d’orgues déchainées.
Comme les meilleurs compositeurs d'opéra, Rautavaara veille à ce que tous les grands rôles aient « un monologue » (c’est le terme qu’il utilise) qui permet à chaque interprète de se mettre en valeur.
La tsarine de Lilli Paasikivi commence l'opéra avec un appel désespéré pour sauver la vie de son fils.
Nicolas Jorma Hynninen apparaît comme un homme faible, mais un père aimant. Sous l’influence de sa femme il autorise l'influence croissante de Raspoutine. Jyrki Anttila (Felix) et Gabriel Suovanen (Dimitri) sont les pales représentants d’une nature slave décadente.
Tous les protagonistes tiennent leurs rôles avec conviction et talent.

La scénographie de Vilppu Kiljunen est d’une réelle beauté, allant jusqu’à évoquer, dans certains passages, les mânes d’ « Ivan le Terrible » de S.M. Eisenstein.
Les décors constitués de hauts murs aux envolées de cathédrale se déplacent lentement pour suggérer les différents lieux où se déroule l’intrigue. L'éclairage et les costumes de l’équipe finlandaise contribuent à la réussite de cette soirée.

Comme je l’affirmais dans une précédente rubrique consacrée à« Written on skin » de George Benjamin, l’opéra n’est pas mort!
Une preuve supplémentaire : ce nouveau drame puissant à la brulante musicalité.
Servi par un DVD d’excellente qualité, je ne saurais que conseiller l’acquisition de ce nouvel opus d’un génial compositeur trop peu connu sous nos latitudes.


Van Gogh ou le suicide de la société
Van Gogh ou le suicide de la société
par Antonin Artaud
Edition : Poche
Prix : EUR 7,00

4.0 étoiles sur 5 DEUX VIES QUI NE SE RENCONTRENT PAS !, 8 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Van Gogh ou le suicide de la société (Poche)
J’ai eu la chance de voir l’exposition du musée d’Orsay.
Je trouve le couple Van Gogh, Artaud artificiel et mal assorti.
Certes, il y a le petit livre qu’Antonin Artaud consacre au peintre « Le suicidé de la société » qui justifiait ce rapprochement.
Malgré quelques fusées, quelques pages fulgurantes et géniales sur l’œuvre du hollandais, l’écrivain nous parle dans cet opuscule, essentiellement de lui et de sa haine de la société et plus particulièrement du corps médical.
La vie de Vincent est émaillée d’espérances déçues : le rejet de sa mission évangélique, ses amours malheureuses, son amitié sulfureuse avec Gauguin, la dépendance économique qu’il entretient avec son frère Théo, le désintérêt total du public pour sa peinture. Ce chemin, certes chaotique mais riche, prouve qu’il n’est pas, loin de là, que cet aliéné décrit par Antonin Artaud.
A mon sens l’écrivain s’approprie la pensée du peintre gommant toute la tendresse, tout l’humanisme, tout l’amour qui constituent le véritable socle de sa personnalité.

Dans cette exposition se côtoyaient, d’un coté le soleil or qui rayonne dans la vie et l’œuvre de Vincent, de l’autre le soleil noir d’Antonin Artaud suivi par sa cohorte de douloureux fantômes, de spectres torturés.

Deux visions, deux vies, qui, à mon sens, ne se rencontrent pas !


Puccini
Puccini
par Sylvain Fort
Edition : Broché
Prix : EUR 16,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 « ET S’IL N’EN RESTE QU’UN… », 7 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Puccini (Broché)
Il est délicat d’analyser ce livre passionnant !
Sylvain Fort nous prévient, dès la première page : il n’écrira pas une biographie de plus, du style : « Puccini, sa vie, son œuvre. »
Il va « donner à réfléchir », chercher dans la vie du compositeur « ses aspérités […] ses obsessions miroir d’autres obsessions : voila ce qui est intéressant dans une vie d’artiste. »
Ainsi, dès ses études au conservatoire de Milan l’auteur décèle quelques « aspérités » qui marqueront Puccini, sa vie entière : pas de rupture avec le passé musical, une transcendance qui s’appuie sur un surplus de savoir-faire, une langueur tant dans l’apprentissage que dans la création, enfin une indifférence totale à toute forme politique.

Sur ce cadre établi, l’auteur va glaner quelques jalons qui éclairent son œuvre : l’affection (réciproque) qu’il entretient avec le célèbre éditeur Giulio Ricordi qui devient très vite sous sa plume « papa Ricordi » Au point que l’éditeur révélera la partie lumineuse du musicien.
Evira sa compagne dès 1884, puis son épouse à partir de 1904 va dévoiler sa partie sombre : tromperie, cachoterie, lâcheté, mensonges ; toute la triste panoplie qui accompagne le mari adultère. Leurs rapports se résument dans les quelques mots qu’Elvira écrit à son mari, parti aux Etats-Unis : « Tu es célèbre et je suis moins que rien. »
Elvira éprouve une jalousie telle, qu’elle poussera leur petite servante, Doria au suicide. L’autopsie révélera qu’elle était encore vierge. Glaçant !
D’autres jalons : le travail laborieux avec ses deux librettistes Luigi Illica et Guiseppe Giacosa qui l’accompagneront de Manon à Butterfly.
Son amitié tumultueuse avec Toscanini.
Son admiration pour Wagner.
Son rapport au vérisme.
Autant d’aspérités, d’angles qui brossent le portait psychologique du compositeur.
Pour une connaissance approfondie de l’œuvre, il faudra consulter d’autres ouvrages (celui de Marcel Marnat par exemple).

Puccini s’inscrit dans une lignée fabuleuse qui compte Rossini, Donizetti, Bellini, Verdi…
De son œil à la paupière lourde, drapé dans une attitude où le flegme côtoie la nostalgie, il sait qu’il est l’ultime représentant de l’ère du Bel Canto, ce style de chant fondé sur la beauté du son qui s’imposa sur les scènes du monde entier ; qui fit rêver la terre entière !


Donizetti
Donizetti
par Philippe Thanh
Edition : Broché
Prix : EUR 15,30

5.0 étoiles sur 5 HISTOIRE D’UN HONNÊTE HOMME, 5 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Donizetti (Broché)
L’auteur de cette biographie nous prévient dès l’avant-propos :
« La vie de Donizetti n’a rien d’un roman »
Il est vrai que la vie de l’auteur de « Lucia di Lammermoor » ne présente pas, en apparence, un grand intérêt.
Une vie consacrée au travail, assombrie par des drames familiaux : perte prématurée de sa femme et d’enfants en bas âge. Une fin sans gloire, le corps miné par la syphilis.
Sur cette trame presque banale Philippe Thant écrit un ouvrage passionnant.
Grâce à un savoir encyclopédique, il nous permet de visiter toute l’œuvre lyrique du compositeur (70 opéras terminés) la replaçant dans le contexte de l’époque. Époque d’une richesse incroyable marquée dans toute l’Europe par un foisonnement insensé d’opéras : un véritable feu d’artifice de créations lyriques.
Quelle chance pour les contemporains !
Nous assistons au déploiement du génie de Donizetti, depuis les cours pris avec son merveilleux Maître, d’origine bavaroise Giovanni Mayr qui lui ouvre les portes de Beethoven, alors assez peu connu en Italie. Son émancipation progressive de l’influence de Rossini, jusqu’à son ouverture au drame romantique qui annonce déjà Verdi.
Nous partageons les affres de la création : livrets en retard, urgence de l’écriture, seulement un mois pour certains ouvrages, difficultés des répétitions, angoisse de la première.
Une véritable immersion dans la vie d’un créateur !
Nous le voyons parcourir l’Europe pour surveiller la bonne marche de ses opéras. Nous rencontrons les grands chanteurs de l’époque. Nous visitons les grandes salles lyriques et leur public : Naples, Paris, Palerme, Vienne, etc…
Une vie entière consacrée à la musique.
Donizetti, contrairement à Rosini, travaille presque jusqu’à la fin de sa vie. Sa soif de création n’est ralentie que par la démence dûe à la syphilis ; ce qui fait écire à Théophile Gauthier :
« Voilà le secret de ses facilités : une fatigue immense et pour résultat la folie. »
Après moult péripéties, très bien décrites dans l’ouvrage, il est enterré dans sa ville natale, au cimetière de Bergame. Quelques temps plus tard, il est exhumé pour lui donner une sépulture plus prestigieuse.
Commence alors une aventure aussi macabre que rocambolesque car il manque la boite crânienne du compositeur.
Je vous laisse le plaisir de lire la suite de cette curieuse enquête …


Lady Macbeth Du District De Mtsenk [(+booklet)]
Lady Macbeth Du District De Mtsenk [(+booklet)]
DVD ~ Vladimir Vaneev
Prix : EUR 42,68

5.0 étoiles sur 5 UNE « LADY » CHEZ LES « RUSSKOFFS », 3 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lady Macbeth Du District De Mtsenk [(+booklet)] (DVD)
L’ŒUVRE :
Après « Le Nez » 1927, inspiré d’une pièce de Gogol qui est le fruit génial sorti de l’imagination d’un compositeur de 22 ans, Chostakovitch trouve une autre source d’inspiration, dans une nouvelle, d’un auteur moins connu, Nicolaï Leskov « Lady Macbeth du district de Mzensk »
La nouvelle de Leskov adaptée par Alexandre Preiss, le librettiste du Nez, raconte le drame d’une jeune femme Katerina.

Katerina s’ennuie : prisonnière d’un mari qui ne la satisfait pas et d’un beau-père graveleux et autoritaire qui la surveille en permanence. Elle prend comme amant le nouvel ouvrier Sergueï et tue avec sa complicité son beau-père et son mari.
Le cadavre du mari est découvert le jour des noces avec son amant.
Ils sont condamnés à la déportation en Sibérie.
Sergueï se désintéresse alors de Katerina, qui ne présente plus, à ses yeux, aucun intérêt physique et surtout financier. Il charme une autre prisonnière, Sonia. Remplie de haine Katerina va vers sa rivale qui se tient sur un pont au parapet défoncé. Elle la pousse dans la rivière et s’y jette aussitôt.

Sur cette trame, très sombre, Chostakovitch va composer un des grands chefs-d’œuvre de l’opéra du 20ème siècle.
« Lady Macbeth » devait constituer la première partie d’une tétralogie consacrée à l’évolution de la condition féminine à différentes époques de la Russie.
Hélas à cause de la stupidité, de l’ignorance de Staline et de ses sbires le projet ne verra jamais le jour, coupant définitivement les ailes lyriques de ce génie !
Chostakovitch s’est longuement exprimé sur la musique et la psychologie de son opéra :
« On peut qualifier Lady Macbeth d’opéra tragique-satirique. Bien que Katerina devienne la meurtrière de son mari et de son beau-père, j’éprouve de la sympathie pour elle. J’ai cherché à donner une image satirique de l’univers dans laquelle elle vit […] une satire dénonciatrice qui inspire la haine et tourne en dérision le monde des épiciers »

Comment ne pas interpréter, au travers de cette déclaration la propre situation du compositeur dans le milieu politique environnant ?

Les trois premiers actes abondent de scènes grotesques mais qui ne sauraient cacher le profond pessimisme qui se confirmera dans l’acte IV, celui des forçats, qui marquera une grande partie de son œuvre future.
On a souvent comparé Lady Macbeth au Wozzeck de Berg.
Le sujet les rapproche, mais à mon sens Chostakovitch plonge bien davantage ses racines dans les vapeurs russes de Moussorgski et de Khovanschchina. Ce qui justifie le titre de cette petite chronique
Le compositeur habille cette partition d’une orchestration flamboyante en particulier dans les interludes qui lient les différents tableaux.

LA MISE EN SCÈNE :
Les quatre actes se passent dans un décor unique, dû à l’imagination de David Borovsky. Nous sommes à l’intérieur d’un moulin : blockhaus de bois, troué au premier étage par une fenêtre qui donne sur la chambre de Katerina.
L’éclairage de Jean Kalman est essentiel. Il joue sur le clair-obscur pour accentuer les différentes phases du drame. Une simple lumière blanche pour l’acte sibérien.
Rien d’excessif dans la scénographie de Lev Dodin, beaucoup moins crue que celle de Martin Kušej.
Elle suggère plus qu’elle ne montre, en particulier lors des passages érotiques.
L’oppression, l’angoisse, sont les véhicules de cette production où suintent le mal-être et le désenchantement.

L’INTERPRÉTATION :
L’orchestre et les chœurs du « Maggio Musicale Fiorentino » sous la baguette de James Conlon sont remarquables. La souplesse de l’orchestre et sa puissance rendent justice à la richesse de la partition.
Il faut signaler que lors des interludes l’orchestre sort de l’anonymat. Élevée par des vérins, la fosse monte à hauteur de scène. Effet garanti.

L’ensemble du plateau est sans faille. (Soldat, pope)
Un coup de projecteur sur les interprétations du mari et de l’amant, voix de ténors aux timbres agréables, acteurs consommés.
Le beau-père est campé par Vladimir Vaneev, sa belle voix de basse et son sens dramatique triomphent dans un rôle au profil rustre, violent et vulgaire.
Katerina est interprétée par Jeanne-Michèle Charbonnière. La dernière rencontre avec cette artiste remonte à l’Ariane et Barbe-bleue de Paul Dukas où elle assumait le rôle écrasant d’Ariane : belle prestation malgré quelques vociférations douloureuses pour les oreilles.
Ici, à mon sens la voix est moins agressive, mieux contrôlée toutefois je trouve sa Katerina peu dramatique : un peu froide, il lui manque cette féminité à fleur de peau que savait si bien distiller Eva-maria Westbroek avec Maris Jansons et Martin Kušej.

Je ne connais pas la version de Liceu, mais je peux avancer que ce chef-d’œuvre du 20ème siècle a beaucoup de chance.
Les versions de Dodin/Conlon et Kušej/Jansons bien que très différentes sont passionnantes.
Celle décrite ici est sobre et angoissante, celle de Kušej est torride, violente et peut choquer, sans pour autant trahir la partition.
Faire un choix ? Question de goût et de sensibilité!


Lady Macbeth Du District De Mtsenk [Blu-ray] [(+booklet)]
Lady Macbeth Du District De Mtsenk [Blu-ray] [(+booklet)]
DVD ~ Dimitri Chostakovitch
Prix : EUR 37,88

5.0 étoiles sur 5 UNE « LADY » CHEZ LES « RUSSKOFFS », 3 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lady Macbeth Du District De Mtsenk [Blu-ray] [(+booklet)] (Blu-ray)
L’ŒUVRE :
Après « Le Nez » 1927, inspiré d’une pièce de Gogol qui est le fruit génial sorti de l’imagination d’un compositeur de 22 ans, Chostakovitch trouve une autre source d’inspiration, dans une nouvelle, d’un auteur moins connu, Nicolaï Leskov « Lady Macbeth du district de Mzensk »
La nouvelle de Leskov adaptée par Alexandre Preiss, le librettiste du Nez, raconte le drame d’une jeune femme Katerina.

Katerina s’ennuie : prisonnière d’un mari qui ne la satisfait pas et d’un beau-père graveleux et autoritaire qui la surveille en permanence. Elle prend comme amant le nouvel ouvrier Sergueï et tue avec sa complicité son beau-père et son mari.
Le cadavre du mari est découvert le jour des noces avec son amant.
Ils sont condamnés à la déportation en Sibérie.
Sergueï se désintéresse alors de Katerina, qui ne présente plus, à ses yeux, aucun intérêt physique et surtout financier. Il charme une autre prisonnière, Sonia. Remplie de haine Katerina va vers sa rivale qui se tient sur un pont au parapet défoncé. Elle la pousse dans la rivière et s’y jette aussitôt.

Sur cette trame, très sombre, Chostakovitch va composer un des grands chefs-d’œuvre de l’opéra du 20ème siècle.
« Lady Macbeth » devait constituer la première partie d’une tétralogie consacrée à l’évolution de la condition féminine à différentes époques de la Russie.
Hélas à cause de la stupidité, de l’ignorance de Staline et de ses sbires le projet ne verra jamais le jour, coupant définitivement les ailes lyriques de ce génie !
Chostakovitch s’est longuement exprimé sur la musique et la psychologie de son opéra :
« On peut qualifier Lady Macbeth d’opéra tragique-satirique. Bien que Katerina devienne la meurtrière de son mari et de son beau-père, j’éprouve de la sympathie pour elle. J’ai cherché à donner une image satirique de l’univers dans laquelle elle vit […] une satire dénonciatrice qui inspire la haine et tourne en dérision le monde des épiciers »

Comment ne pas interpréter, au travers de cette déclaration la propre situation du compositeur dans le milieu politique environnant ?

Les trois premiers actes abondent de scènes grotesques mais qui ne sauraient cacher le profond pessimisme qui se confirmera dans l’acte IV, celui des forçats, qui marquera une grande partie de son œuvre future.
On a souvent comparé Lady Macbeth au Wozzeck de Berg.
Le sujet les rapproche, mais à mon sens Chostakovitch plonge bien davantage ses racines dans les vapeurs russes de Moussorgski et de Khovanschchina. Ce qui justifie le titre de cette petite chronique
Le compositeur habille cette partition d’une orchestration flamboyante en particulier dans les interludes qui lient les différents tableaux.

LA MISE EN SCÈNE :
Les quatre actes se passent dans un décor unique, dû à l’imagination de David Borovsky. Nous sommes à l’intérieur d’un moulin : blockhaus de bois, troué au premier étage par une fenêtre qui donne sur la chambre de Katerina.
L’éclairage de Jean Kalman est essentiel. Il joue sur le clair-obscur pour accentuer les différentes phases du drame. Une simple lumière blanche pour l’acte sibérien.
Rien d’excessif dans la scénographie de Lev Dodin, beaucoup moins crue que celle de Martin Kušej.
Elle suggère plus qu’elle ne montre, en particulier lors des passages érotiques.
L’oppression, l’angoisse, sont les véhicules de cette production où suintent le mal-être et le désenchantement.

L’INTERPRÉTATION :
L’orchestre et les chœurs du « Maggio Musicale Fiorentino » sous la baguette de James Conlon sont remarquables. La souplesse de l’orchestre et sa puissance rendent justice à la richesse de la partition.
Il faut signaler que lors des interludes l’orchestre sort de l’anonymat. Élevée par des vérins, la fosse monte à hauteur de scène. Effet garanti.

L’ensemble du plateau est sans faille. (Soldat, pope)
Un coup de projecteur sur les interprétations du mari et de l’amant, voix de ténors aux timbres agréables, acteurs consommés.
Le beau-père est campé par Vladimir Vaneev, sa belle voix de basse et son sens dramatique triomphent dans un rôle au profil rustre, violent et vulgaire.
Katerina est interprétée par Jeanne-Michèle Charbonnière. La dernière rencontre avec cette artiste remonte à l’Ariane et Barbe-bleue de Paul Dukas où elle assumait le rôle écrasant d’Ariane : belle prestation malgré quelques vociférations douloureuses pour les oreilles.
Ici, à mon sens la voix est moins agressive, mieux contrôlée toutefois je trouve sa Katerina peu dramatique : un peu froide, il lui manque cette féminité à fleur de peau que savait si bien distiller Eva-maria Westbroek avec Maris Jansons et Martin Kušej.

Je ne connais pas la version de Liceu, mais je peux avancer que ce chef-d’œuvre du 20ème siècle a beaucoup de chance.
Les versions de Dodin/Conlon et Kušej/Jansons bien que très différentes sont passionnantes.
Celle décrite ici est sobre et angoissante, celle de Kušej est torride, violente et peut choquer, sans pour autant trahir la partition.
Faire un choix ? Question de goût et de sensibilité!


Aïda
Aïda
DVD ~ Giuseppe Verdi
Prix : EUR 36,48

3.0 étoiles sur 5 AIDA CONFRONTÉE AU CHAOS, 30 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aïda (DVD)
La petite ville autrichienne de Bregenz se situe sur la rive gauche du lac de Constance. Depuis 25 ans elle abrite un Festival lyrique très original et très prisé. Et pour cause les opéras se jouent sur une époustouflante scène lacustre !
Effet garanti !
Ce soir se joue Aida de Verdi dans une mise en scène orchestrée par Graham Vick.
Ce lieu si particulier réserve des surprises à chaque production.
Il faut croire que la déesse égyptienne Maât qui préside à l'harmonie cosmique était absente ce soir là.
Rien ou presque d'égyptien dans cette production où Graham Vick prend un plaisir extrême à mélanger les genres, les styles, les époques, ce qui n'a rien de critiquable en soi.
Nous voyons défiler l'Arche d'Alliance d'où sort ce qui ressemble à un énorme suppositoire, différents morceaux de la Statue de la Liberté, toute la garde robe du corps ecclésiastique qui rappelle le défilé des évêques dans « Fellini Roma »,les prisonniers éthiopiens portent l'uniforme orange de Guantanamo, la vision fantomatique d'un groupe de femmes en burka, un éléphant gigantesque cousin de Ganesha, (Dieu hindou du savoir). Même la Vierge Marie fait une brève apparition.
Pendant le ballet, les danseurs barbotent dans l'eau mimant une guerre des sexes, perdue d'avance.
D'où l'impression d'un colossal bric à brac, assez insensé.
Cette didascalie fantasque nous réserve cependant un final d'une grande beauté. Les deux amants ne meurent pas murés dans un caveau, mais transportés vers la mort dans la barque céleste qui se perd dans la voûte étoilée à la rencontre du Tribunal d'Osiris
Les éclairages de Wolfgang Göbbel suivent l'action avec beaucoup d'attention et d'efficacité.

L'interprétation pondère-t-elle l'impression mitigée laissée par la production ?
La phalange habituelle du Festival, le Wiener symphoniker, est dirigée par Carlo Rizzi. Nous avons connu l'orchestre plus impliqué, plus incisif. La pâte est épaisse et les bois sont souvent trop présents. Cela vient-il du défaut de balance où les instruments, dans les tutti, couvrent presque totalement les voix ?
Les chœurs de Cracovie et du Festival de Bregenz, malgré quelques décalages, mélangent retenue et conviction.

Le rôle d'Amonasro est tenu par Iain Paterson. Sa voix embrumée, au souffle court ne l'aide pas à imposer un roi d'Ethiopie impressionnant et crédible.
Tigram Martirossian est un Ramfis dont l'organe vocal se perd dans les profondeurs du diapason.
Radamès : ai-je un problème avec les ténors ? Peut être avec ceux qui sévissent sur les plateaux actuellement (mis à part Jonas Kaufmann évidemment. Mais peut-il tout chanter ?)
Robert Pelizzari possède un timbre à priori agréable. Cependant dès qu'il monte dans l'aigu, il force, il souffre ...et nous avec. Son si bémol aigu de la fin de la romance du I est jeté à plein gosier alors qu'il est marqué pianissimo par Verdi ; en outre sa note n'est pas tenue.
Il oublie qu'il joue un rôle dramatique privilégiant systématiquement la vaillance.

Heureusement que les deux rôles féminins sont chantés avec panache pour consoler nos oreilles.
Amneris est interprétée par Iano Tamar, belle voix ample et feutrée qui traduit avec force et intelligence sa jalousie, sa douleur, sa compassion, le passage de la haine au pardon.
Enfin Aida :
Tatiana Serjan nous offre une Aida magnifique.
Elle possède une voix pure et chaleureuse parfaitement maîtrisée qui lui permet de couvrir toute les facettes de cette héroïne où amour, angoisse et mort se côtoient en permanence.
Je voudrais souligner qu'au début de l'acte III, lors de la romance, elle exécute, en suivant scrupuleusement la partition, un contre ut dolce, suivi d'un contre la, triple piano qui donnent le frisson.

En conclusion une Aida à la mise en scène chaotique et rocambolesque servie par un plateau où seulement les femmes assument leurs rôles avec panache.
A conseiller avec retenue, uniquement aux amateurs de curiosités !


Aïda [Blu-ray]
Aïda [Blu-ray]
DVD ~ Giuseppe Verdi
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 34,48

3.0 étoiles sur 5 AIDA CONFRONTÉE AU CHAOS, 30 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aïda [Blu-ray] (Blu-ray)
La petite ville autrichienne de Bregenz se situe sur la rive gauche du lac de Constance. Depuis 25 ans elle abrite un Festival lyrique très original et très prisé. Et pour cause les opéras se jouent sur une époustouflante scène lacustre !
Effet garanti !
Ce soir se joue Aida de Verdi dans une mise en scène orchestrée par Graham Vick.
Ce lieu si particulier réserve des surprises à chaque production.
Il faut croire que la déesse égyptienne Maât qui préside à l'harmonie cosmique était absente ce soir là.
Rien ou presque d'égyptien dans cette production où Graham Vick prend un plaisir extrême à mélanger les genres, les styles les époques, ce qui n'a rien de critiquable en soi.
Nous voyons défiler l'Arche d'Alliance d'où sort ce qui ressemble à un énorme suppositoire, différents morceaux de la Statue de la Liberté, toute la garde robe du corps ecclésiastique qui rappelle le défilé des évêques dans « Fellini Roma »,les prisonniers éthiopiens portent l'uniforme orange de Guantanamo, la vison fantomatique d'un groupe de femmes en burka, un éléphant gigantesque cousin de Ganesha, (Dieu hindou du savoir). Même la Vierge Marie fait une brève apparition.
Pendant le ballet, les danseurs barbotent dans l'eau mimant une guerre des sexes, perdue d'avance.
D'où l'impression d'un colossal bric à brac, assez insensé.
Cette didascalie fantasque nous réserve cependant un final d'une grande beauté. Les deux amants ne meurent pas murés dans un caveau, mais transportés vers la mort par la barque céleste qui se perd dans la voûte étoilée, à la rencontre du Tribunal d'Osiris.
Les éclairages de Wolfgang Göbbel suivent l'action avec beaucoup d'attention et d'efficacité.

L'interprétation pondère-t-elle l'impression mitigée laissée par la production ?
La phalange habituelle du Festival, le Wiener symphoniker, est dirigée par Carlo Rizzi. Nous avons connu l'orchestre plus impliqué, plus incisif. La pâte est épaisse et les bois sont souvent trop présents. Cela vient-il du défaut de balance où les instruments, dans les tutti, couvrent presque totalement les voix ?
Les chœurs de Cracovie et du Festival de Bregenz, malgré quelques décalages, mélangent retenue et conviction.

Le rôle d'Amonasro est tenu par Iain Paterson. Sa voix embrumée, au souffle court ne l'aide pas à imposer un roi d'Ethiopie impressionnant et crédible.
Tigram Martirossian est un Ramfis dont l'organe vocal se perd dans les profondeurs du diapason.
Radamès : ai-je un problème avec les ténors ? Peut être avec ceux qui sévissent sur les plateaux actuellement (mis à part Jonas Kaufmann évidemment. Mais peut-il tout chanter ?)
Robert Pelizzari possède un timbre à priori agréable. Cependant dès qu'il monte dans l'aigu, il force, il souffre ...et nous avec. Son si bémol aigu de la fin de la romance du I est jeté à plein gosier alors qu'il est marqué pianissimo par Verdi ; en outre sa note n'est pas tenue.
Il oublie qu'il joue un rôle dramatique privilégiant systématiquement la vaillance.

Heureusement que les deux rôles féminins sont chantés avec panache pour consoler nos oreilles.
Amneris est interprétée par Iano Tamar, belle voix ample et feutrée qui traduit avec force et intelligence sa jalousie, sa douleur, sa compassion, le passage de la haine au pardon.
Enfin Aida :
Tatiana Serjan nous offre une Aida magnifique.
Elle possède une voix pure et chaleureuse parfaitement maîtrisée qui lui permet de couvrir toute les facettes de cette héroïne où amour, angoisse et mort se côtoient en permanence.
Je voudrais souligner qu'au début de l'acte III, lors de la romance, elle exécute, en suivant scrupuleusement la partition, un contre ut dolce, suivi d'un contre la, triple piano qui donnent le frisson.

En conclusion une Aida à la mise en scène chaotique et rocambolesque servie par un plateau où seulement les femmes assument leurs rôles avec panache.
A conseiller avec retenue, uniquement aux amateurs de curiosités !


Aida [Blu-ray]
Aida [Blu-ray]
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 18,33

3.0 étoiles sur 5 UNE REPRISE SANS PRESTIGE !, 26 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aida [Blu-ray] (Blu-ray)
Comment une maison aussi emblématique que le Met peut-elle nous imposer à 20 ans d’écart, 1989, 2009 strictement la même production.
J’ai déjà commenté cette mise en scène dans l’original de 1989 soulignant le classicisme et le faste pharaonique, légèrement excessif, de la production de Sonja Frisell et des costumes de Dada Saligeri.
Seul à mon sens un plateau de prestige pouvait justifier cette reprise.
Hélas, hélas…où sont passées les grandes voix verdiennes ?

Le Radamès de Johan Botha n’a ni la prestance ni la voix de Placido Domingo. Il entonne la romance « Céleste Aida » d’une voix vaillante malgré quelques accents métalliques qui durcissent l’émission. Il faut noter que c’est un des seuls à respecter le morendo final de la partition, car Verdi réclame un pianissimo sur le si bémol aigu du dernier mot, le mot « sol »-soleil.
Son duo du 3ème acte, avec Aida n’a pas, et de loin, l’intensité de celui, chanté par Millo/Domingo. Et l’enfermement final n’arrive pas à nous émouvoir.
Aida est incarnée à nouveau par Violeta Urmana.
Apparemment, actuellement, c’est une des seules chanteuses à assumer les rôles un peu lourds de Verdi (ne me prêtez pas des sous entendus désobligeants)
En effet elle est déjà l’Aida de la Scala avec Alagna en 2008 avant cette prestation au Met de 2009. Nous la retrouvons à Paris en Macbeth en 2009 (sa meilleure incarnation), puis en Leonora de « La Forza del destino » en 2013.
Elle possède la voix du rôle, mais son incarnation manque de nuance, elle confond souvent intensité et vocifération.
Peu dirigée, ce qui est le cas ici, elle n’a personnellement aucun sens théâtral. Lors du 3ème acte, l’acte nocturne, peut être le plus beau de tout Aida, elle n’arrive pas, à mon sens, à nous impliquer dans le drame.

Amneris « Vingt ans après » Dolora Zajik tire sur les ruines d’une voix en extinction. Elle arrive toutefois à nous émouvoir au IV par la sincérité et la tendresse qu’elle insuffle dans son désespoir.
Amonasro : Carlo Guelfi, n’a ni la voix, ni la vaillance d’un Sherrill Milnes (même en fin de carrière)
Sa voix possède un timbre assez curieux, un accent ouaté, une voix, comme émise à travers un voile.
Il incarne un roi moins impitoyable, plus humain, qui s’appuie davantage sur le charme que sur les menaces pour convaincre Aida.
Le Ramfis de Roberto Scandiuzzi, impose une voix de basse qui rend justice à ce rôle impitoyable.

L’orchestre et les chœurs du Met conduits par Daniel Gatti sont bien différents de ceux dirigés par James Levine. La pâte sonore parait plus épaisse, moins cinglante, moins claire, cherchant davantage dans les profondeurs de l’orchestre. Un traitement qui trouvera toute sa justification dans le Parsifal. Mais, ici, nous écoutons Aida…

Cette parution trouve une raison d’être dans la qualité technique qui supplante largement la captation de 1989.

Au final, je m’interroge toujours sur la pertinence de cette parution et malgré un léger handicap, technique je garde toute ma préférence pour la sublime interprétation, merveilleusement chantée par les prestigieux protagonistes de l’ORIGINAL.


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5.0 étoiles sur 5 LA FURA VISITE AIDA, 24 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi / Aida / La Fura Dels Baus / Vérone [Blu-ray] (Blu-ray)
C’est souvent avec curiosité que nous engageons dans le lecteur un opéra signé La Fura dels Baus.
En effet, chaque fois ou presque ils revisitent les œuvres, imposant une vision neuve et d’une grande créativité sans jamais trahir la volonté de l’auteur.
Quelques réussites marquantes : évidemment la Tétralogie de Wagner, le Grand Macabre de Ligeti, l’Orfeo de Gluck, la Damnation de Faust… Leur seul échec, à mon sens, Les Troyens du même Berlioz.
Les prestigieuses Arènes de Vérone ont invité ces magiciens de la scène pour le centenaire des Arènes et le bicentenaire de la naissance de Verdi.
Que nous réserve cette production ?
Que ce soient les passages grandioses de l’œuvre où les moments plus intimes l’équipe de la Fura impose une vision magique et une invention permanente où se glisse une pointe d’humour.
Quelques exemples pris au fil des visions :
Pendant l’ouverture nous voyons quelques archéologues récupérer une grande statue égyptienne (qui fait d’ailleurs penser au baiser de Brancusi) qu’ils emballent dans une caisse : destination le British Muséum.
La deuxième scène du premier acte l’invocation au Neter créateur Ptah réserve un moment de pure beauté : une multitude de prêtres porteurs de globes lumineux traversent la scène pendant qu’une icône féminine se détache en contre jour sur un disque incandescent illustrant les mots : « Ptah Tout Puissant, esprit fécondateur… »
La Fura se déchaine pendant le retour triomphal de Radamès. Moment grandiose que Verdi lui-même n’hésitait pas à nommer «tutto il bataclan » Un défilé bigarré, où se rencontrent, où se mêlent les architectures métalliques qui supportent Pharaon, le grand prêtre et sa fille, d’impressionnants animaux mécaniques, dromadaires petits et grands ainsi qu’un éléphant où trône Radamès.
Pendant toute cette scène des acrobates dans l’ombre montent à l’aide d’immenses cubes métalliques une vaste structure dont nous découvrirons l’utilité à la fin de l’ouvrage.
L’acte III se déroule au bord du Nil où nagent des crocodiles humains ma foi assez sympathiques.
Nous arrivons à la fin : Radamès est rejoint par Aida. Ils sont dans la crypte, murés vivants. La structure métallique bascule doucement et se referme sur les dernières notes de l’œuvre. Noir total!

Les costumes sont de Chu Uroz. Il est très difficile d’essayer de s’approprier l’art égyptien. Nous sommes alors confrontés souvent à la caricature.

A mon sens une nouvelle réussite de cette équipe à la fécondité réjouissante qui s’adapte, tout en préservant son style, à toutes les dramaturgies. Un des rares scénographes (équipe) à savoir imposer une vision forte sans détourner l’œuvre de sa finalité !

LES INTERPRÈTES :
Omer Meir Wellber prend la place de Daniel Oren, bien connu pour ses nombreuses apparitions dans Aida aux Arènes. Du sang neuf qui fait sonner l’orchestre et vibrer les chœurs.
Radamès : Fabio Sartori n’a pas le physique du rôle, il est difficile de l’imaginer guerroyant contre les éthiopiens. Mais l’opéra nous a réservé bien d’autres surprises. Sa voix peine dans les aigus et malheureusement ce n’est pas un adepte des nuances : sa mort manque de retenue.
Giovanna Casolla campe une Amneris qui prend peu à peu l’habit et la dimension vocale de son personnage rempli de contradictions.
Ambrogio Maestri est un Amonasro plus sauvage que royal.
Je dois reconnaitre un faible pour l’incarnation de Hui He.
De sa voix claire et intense, parfaitement maîtrisée, elle incarne une Aida tout en finesse, tendresse et force.

Il est toujours délicat de noter et en plus je n’ai jamais aimé cet exercice. De ce fait je suis souvent porté à la générosité. Donc, malgré un plateau qui mérite entre 3 et 4 étoiles je donne 5 étoiles pour la beauté du spectacle et le bonheur qu’il m’a procuré.
Ne serait-ce que pour encourager à voir cette création.
Au final, certes pas un premier choix, mais une vision à part qui confirme la créativité de ces magiciens de la scène et qui fait honneur au centenaire des Arènes.


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