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Melimelomane (Valréas France)
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Rossi / Jewish Polyphony at the Gonzaga Court
Rossi / Jewish Polyphony at the Gonzaga Court
Prix : EUR 10,68

4.0 étoiles sur 5 UNE CURIOSITÉ, 16 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rossi / Jewish Polyphony at the Gonzaga Court (CD)
Salomone Rossi – 1570 / 1630 est issu d’une vielle famille juive.
Il contribua au côté de Monteverdi aux spectacles de la cour de Gonzague.

Il ne faut pas attendre de ce compositeur l’extraordinaire invention, les géniales fusées de Monteverdi. Il ne se démarque en rien des partitions de ses contemporains.
Seule curiosité: certains madrigaux sont écrits sur des textes hébreux. C’est la raison pour laquelle j’ai acquis ce CD. Car il est, semble-t-il, le seul auteur à composer sur des textes biblique en langue originale.
Légère déception : la musique n’est aucunement sensible aux parfums de la synagogue.
Salomone Rossi s’appuie sur une écriture, tout à fait dans l’air du temps, qui sert de trait d’union entre la Renaissance et le monde Baroque.

Interprétation soignée par l’Ensemble Daedalus qui sert cette curiosité musicale avec une grande conviction.


Ariadne Auf Naxos
Ariadne Auf Naxos
DVD ~ Strauss
Prix : EUR 16,99

5.0 étoiles sur 5 STRAUSS, HOFMANNSTHAL ET... MOLIÈRE, 13 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariadne Auf Naxos (DVD)
L’ŒUVRE :
« Cet opéra avec son mélange raffiné des styles, sa signification profonde qui se dissimule sous une apparence de jeu, sa place, elle aussi symbolique dans la pièce de Molière (Jourdain = le public), cet opéra est une construction parmi les plus épineuses et les plus incommensurables qui soit. »
Cette lettre, légèrement ampoulée, qu’Hofmannsthal adresse à Richard Strauss définit avec pertinence la première version de cet opéra, celle de 1912.
Celle que nous offre le Festival de Salzbourg 2012.
Aujourd’hui la plupart des enregistrements s’attachent à la version révisée de 1916.
Personnellement après avoir entendu cette nouvelle parution, je dois reconnaître ma préférence, à l’instar de Sir Thomas Beecham, pour l’original de 1912.
L’argument s’appuie alors essentiellement sur la pièce de Molière « Le Bourgeois Gentilhomme » et plus particulièrement sur la personnalité de Monsieur Jourdain. Ce qui justifie pleinement, vu le peu de finesse qui le caractérise sa volonté de raccourcir l’opéra, afin de conclure la soirée par un feu d’artifice, en imposant de ce fait, sans vergogne, le mélange des genres : opéra sérieux et arlequinade.
L’articulation est beaucoup plus claire et savoureuse d’autant que la pièce de Molière est accompagnée par la musique de scène que Richard Strauss réutilisera dans la suite du même nom.
Écouter les extraits du Bourgeois traduit en allemand par Hofmannsthal ne manque pas de surprendre, voir Monsieur Jourdain invectiver les chanteurs lors de la représentation de l’opéra : « c’est top long », « trop de mélancolie » apporte une vie supplémentaire. Il devient alors, comme le dit Hofmannsthal, le public.
Un public bien peu raffiné et fort bruyant qui nous propose un étrange jeu de miroir.

Sur cette trame très particulière, qui constituait un nouveau défit, Strauss composa, à l’aide d’un orchestre réduit : 37 musiciens, une musique d’une rare somptuosité, ouvrant une voie encore inexplorée : celle du « néoclassicisme. »

LA MISE EN SCÈNE :
Sans être d’une grande originalité, ce qui à mon sens n’est pas nécessaire vu la subtilité du livret, la scénographie de Sven-Eric Bechtolf rend parfaitement justice aux différents ingrédients de l’œuvre. Elle s’habille d’élégance et de savoir faire. Exceptée la curieuse veste arborée par Bacchus.

L’INTERPRÉTATION :
Sous la baguette de Danielle Harding nous avons connu la prestigieuse phalange viennoise plus inspirée.

Tout d’abord un mot sur Monsieur Jourdain. Cornelius Obonya campe un « Bourgeois » caricatural mais néanmoins crédible.

Nous avons déjà rencontré l’Ariane d’Emily Magee dans la version de Zurich, conduite par Chritoph von Dohnanyi, dans une scénographie triste et dépourvue de poésie de Claus Guth.
Sans chercher à la comparer à des incarnations mémorables (Gundula Janowitz ou encore Jessye Norman) elle n’a ni la voix de miel, ni le souffle de la récente version de Renée Fleming qui bénéficie d'une belle mise en espace de Philippe Arlaud. Elle chante avec application les lamentations initiales pour se sublimer après l’apparition de Bacchus.

L’incarnation d’Elena Moşuc en Zerbinetta : une prouesse pyrotechnique impressionnante de plus de 8 minutes où la chanteuse se promène avec une facilité déconcertante, égrenant des notes stratosphériques qui culminent dans le contre fa dièse ! Cet aria est retranché de la version de 1916.
Les Nymphes, pour une fois habillées avec gout, nous bercent de leurs mélodies enchanteresses.
L’arlequinade manque de fantaisie et de rythme.

Arrive Bacchus. Arrive Jonas Kaufmann.
Généralement le point faible des versions antérieures, ce phénomène vocal sublime ce rôle réputé inchantable. Il faut l’entendre lancer du haut des marches du théâtre ses deux premières invocations « Circé, Circé » Je suis resté cloué sur mon siège.
Tout le reste de son intervention est de la même veine, allant jusqu’à donner un réel talent à Emily Magee dans le merveilleux duo final.

En conclusion nous pouvons préférer d’autres versions, mais c’est la seule, je crois, qui nous offre la vision initiale.
À connaître absolument.


Ariadne Auf Naxos [Blu-ray]
Ariadne Auf Naxos [Blu-ray]
DVD ~ Jonas Kaufmann
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 STRAUSS, HOFMANNSTHAL ET... MOLIÈRE, 13 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariadne Auf Naxos [Blu-ray] (Blu-ray)
L’ŒUVRE :
« Cet opéra avec son mélange raffiné des styles, sa signification profonde qui se dissimule sous une apparence de jeu, sa place, elle aussi symbolique dans la pièce de Molière (Jourdain = le public), cet opéra est une construction parmi les plus épineuses et les plus incommensurables qui soit. »
Cette lettre, légèrement ampoulée, qu’Hofmannsthal adresse à Richard Strauss définit avec pertinence la première version de cet opéra, celle de 1912.
Celle que nous offre le Festival de Salzbourg 2012.
Aujourd’hui la plupart des enregistrements s’attachent à la version révisée de 1916.
Personnellement après avoir entendu cette nouvelle parution, je dois reconnaître ma préférence, à l’instar de Sir Thomas Beecham, pour l’original de 1912.
L’argument s’appuie alors essentiellement sur la pièce de Molière « Le Bourgeois Gentilhomme » et plus particulièrement sur la personnalité de Monsieur Jourdain. Ce qui justifie pleinement, vu le peu de finesse qui le caractérise, sa volonté de raccourcir l’opéra, afin de conclure la soirée par un feu d’artifice, en imposant de ce fait, sans vergogne, le mélange des genres : opéra sérieux et arlequinade.
L’articulation est beaucoup plus claire et savoureuse d’autant que la pièce de Molière est accompagnée par la musique de scène que Richard Strauss réutilisera dans la suite du même nom.
Écouter les extraits du Bourgeois traduit en allemand par Hofmannsthal ne manque pas de surprendre, voir Monsieur Jourdain invectiver les chanteurs lors de la représentation de l’opéra : « c’est top long », « trop de mélancolie » apporte une vie supplémentaire. Il devient alors, comme le dit Hofmannsthal, le public.
Un public bien peu raffiné et fort bruyant qui nous propose un étrange jeu de miroir.

Sur cette trame très particulière, qui constituait un nouveau défit, Strauss composa, à l’aide d’un orchestre réduit : 37 musiciens, une musique d’une rare somptuosité, ouvrant une voie encore inexplorée : celle du « néoclassicisme. »

LA MISE EN SCÈNE :
Sans être d’une grande originalité, ce qui à mon sens n’est pas nécessaire vu la subtilité du livret, la scénographie de Sven-Eric Bechtolf rend parfaitement justice aux différents ingrédients de l’œuvre. Elle s’habille d’élégance et de savoir faire. Exceptée la curieuse veste arborée par Bacchus.

L’INTERPRÉTATION :
Sous la baguette de Danielle Harding nous avons connu la prestigieuse phalange viennoise plus inspirée.

Tout d’abord un mot sur Monsieur Jourdain. Cornelius Obonya campe un « Bourgeois » caricatural mais néanmoins crédible.

Nous avons déjà rencontré l’Ariane d’Emily Magee dans la version de Zurich, conduite par Chritoph von Dohnanyi, dans une scénographie triste et dépourvue de poésie de Claus Guth.
Sans chercher à la comparer à des incarnations mémorables (Gundula Janowitz ou encore Jessye Norman) elle n’a ni la voix de miel, ni le souffle de la récente version de Renée Fleming qui bénéficie d'une belle mise en espace de Philippe Arlaud. Elle chante avec application les lamentations initiales pour se sublimer après l’apparition de Bacchus.

L’incarnation d’Elena Moşuc en Zerbinetta : une prouesse pyrotechnique impressionnante de plus de 8 minutes où la chanteuse se promène avec une facilité déconcertante, égrenant des notes stratosphériques qui culminent dans le contre fa dièse ! Cet aria est retranché de la version de 1916.
Les Nymphes, pour une fois habillées avec gout, nous bercent de leurs mélodies enchanteresses.
L’arlequinade manque de fantaisie et de rythme.

Arrive Bacchus. Arrive Jonas Kaufmann.
Généralement le point faible des versions antérieures, ce phénomène vocal sublime ce rôle réputé inchantable. Il faut l’entendre lancer du haut des marches du théâtre ses deux premières invocations « Circé, Circé » Je suis resté cloué sur mon siège.
Tout le reste de son intervention est de la même veine, allant jusqu’à donner un réel talent à Emily Magee dans le merveilleux duo final.

En conclusion nous pouvons préférer d’autres versions.
Mais c’est la seule qui nous offre la vision initiale.


Un Bal Masqué
Un Bal Masqué
DVD ~ Giuseppe Verdi
Prix : EUR 36,19

5.0 étoiles sur 5 LE TESTAMENT LYRIQUE DE KARAJAN, 26 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un Bal Masqué (DVD)
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Cette production que nous pouvons voir a été soigneusement préparée par Karajan pour ouvrir la saison d’été du Festival de Salzbourg 1989. C’est d’ailleurs exactement la même distribution que celle du CD édité une année auparavant. Suivant ainsi la démarche artistique du chef.
Karajan meurt pendant les répétitions, le 16 juillet.
C’est Sir Georg Solti qui va le remplacer à la tête du philarmonique de Vienne.

Il est inutile de présenter « Un ballo in maschera » un des opéras de Verdi les plus parfaits.
Pas un moment de répit pour le spectateur pris dans une intrigue haletante, entrainé dans un tourbillon musical inépuisable.

LA MISE EN SCÈNE :
Karajan, habituellement seul maître à bord, s’appuie pour cette production sur l’expérience du metteur en scène britannique John Schlesinger ; considéré comme un adepte de la « nouvelle vague » dans son pays.
Pourtant la scénographie qu’il nous propose n’est en rien novatrice ; elle est conventionnelle. Pour le plus grand plaisir des spectateurs : décors du palais de Gustav III luxueux, athanor d’Ulrica sulfureux à souhait, cimetière sinistre.
La scénographie est conçue, avant tout, pour servir l’œuvre. Ce qui par les temps qui courent est plutôt appréciable !
Les costumes sont somptueux, préfigurant les tenues napoléoniennes que Bernadotte, futur Roi de Suède, (Charles XIV) importera.
Nous ne sentons pas une direction d’acteurs, vraiment vigilante, qui aurait pu rendre le duo d’amour du II plus torride et éviter les gestes superflus qui « marionnettisent » des chanteurs peu dirigés.

L’INTERPRÉTATION :
Je ne m’aventurerai pas à comparer la direction de Karajan du CD de 1989 à celle de Solti dans cette version filmée en publique en 1990.

Sir Georg nous offre une vision flamboyante. Cet homme de 76 ans possède une énergie intacte. Avec ses gestes saccadés, si caractéristiques de sa conduite, il dompte l’orchestre des viennois imposant des sonorités foudroyantes : les trois coups de poings de tout l’orchestre qui précèdent l’invocation d’Ulrica, le final mené à un rythme impitoyable. Mais il n’y a pas que la vigueur dans cette approche, chaque pupitre de cette somptueuse phalange souligne le moindre détail de cette orchestration très colorée.

Placido Domingo tout en étant Domingo, c’est-à-dire un immense artiste, ne nous enthousiasme pas autant que dans son incarnation de Don Carlo au Met ou même ses Othello.
Josephine Barstow n’est pas une grande amoureuse. Son duo du II qui annonce celui d’Othello manque de féminité, de sensualité, chez cette artiste la retenue frise l’indifférence. Elle possède une belle voix mais est-ce suffisant ?
Leo Nucci est bon dans le rôle ambigu de Renato, passant, avec conviction de l’amitié à la haine féroce de l’homme trahi. Beau baryton verdien, qui ne possède toutefois pas le timbre riche d’un Bruson…
Belle découverte : Sumi Jo qui incarne Oscar, ce personnage espiègle qui apporte une note presque insouciante à ce sombre drame.

Qualités techniques : image seulement en 4/3, son pas de 5/1 mais une bonne stéréo. Malgré son enregistrement qui date de 1990 ce DVD nous offre des images de bonnes qualités, aux couleurs justes et bien contrastées, ce qui est rare pour cette époque.

Malgré quelques petites restrictions il est évident que ce DVD est de ceux qu’il faut thésauriser comme le témoignage d’une époque révolue.

Pas de nostalgie dans ce constat, d’autant plus que de nouveaux chanteurs, de nouveaux scénaristes nous laissent enttevoir de futurs jalons essentiels dans la production lyrique.


Verdi / Oberto [HD DVD]
Verdi / Oberto [HD DVD]
DVD ~ Giuseppe Verdi
Prix : EUR 30,00

5.0 étoiles sur 5 LE PREMIER PAS D'UN GENIE, 26 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi / Oberto [HD DVD] (DVD)
OBERTO
C'est l'oeuvre d'un jeune homme, Verdi a 26 ans.
Le compositeur s'appuie sur une intrigue simple, voire simplette
Riccardo qui a été l'amant de Leonora va épouser Cuniza pour apporter ainsi la paix au peuple de Bassano. Oberto le père de Leonora veut à tout prix venger l'honneur de sa fille. Il sera tué par Riccardo.
Nous pouvons noter déjà dans ce premier opus le rapport Père-Fille, très particulier, que Verdi va développer tel un fil rouge, dans quelques ouvrages à venir

Nous entendons dans cette partition l'influence de ses ainés, surtout celle de Rosini à travers la structure des arias. Mais Verdi s'échappe déjà du bel canto cher à Donizetti et Bellini: moins de fioritures dans le chant. Nous devinons déjà le but du compositeur : concentrer la musique autour de l'intrigue et éliminer tout ce qui parasite le drame.

La mise en scène de Pier'alli qui gère également les costumes et l'éclairage se heurte à l'exigüité de la scène du Teatro Verdi de Busseto.
Il nous gratifie cependant de très beaux costumes, d'un éclairage intelligent, et d'une gestuelle graphique et symbolique qui souligne le drame.
L'orchestre du Teatro Regio di Parma est réduit à sa plus simple expression du fait de l'exigüité de la fosse. Peut être 40 musiciens !
Antonello Allemandi conduit cette phalange réduite avec beaucoup de conviction.
Le quatuor de chanteurs est solide avec une mention spéciale pour la Leonora de Francesca Sassu.
Une première en DVD et en Blu ray aux qualités techniques remarquables.


Rimski-Korsakov
Rimski-Korsakov
par Xavier Lacavalerie
Edition : Poche
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 RIMSKY-KORSAKOV LE ROMAIN, 24 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rimski-Korsakov (Poche)
Ses amis lui avaient donné ce surnom pour son impressionnante capacité au labeur.
Xavier Lacavalerie brosse en 200 pages un portrait complet de ce personnage souvent incompris « travailleur de l’ombre mais compositeur solaire, qui a tout d’un père fondateur et d’un véritable maître » un homme comme le qualifie le musicologue André Lischkhe qui est une véritable « belle personne »
L’auteur couvre toutes les facettes de la vie de Rimsky-Korsakov : son engagement à la suite de son frère, son ainé de 22 ans, dans l’école de la marine du tsar ; un voyage au long court, une torture de 3 ans qu’il appellera « son épreuve de l’eau. ».
Ses premiers essais symphoniques souvent maladroits, son rôle éminent dans le groupe des cinq, sa musique de chambre, ses mélodies très réussies, ses chef-d’œuvres planétaires : le Capriccio espagnol, Schéhérazade et la grande Pâque Russe.
Il essaye, preuve à l’appui, de rendre justice à Rimky-Korsakov dans ses interventions délicates sur les œuvres de ses amis décédés.
Son travail avec César Cui sur le « Convive de pierre » d’Alexandre Dargomyjski, plus délicate encore son intervention dans la refonte du «Prince Igor » de Borodine avec Glazounov. Enfin ses interventions les plus critiquées, celles qui concernent les deux opéras de Moussorgski : Boris et Khovanschchina.
Il évoque son passage au conservatoire de Saint Petersburg.

Enfin, et c’est le plus important, à mon sens, un rapide mais efficace survol des quinze opéras écrits par cet infatigable travailleur, où il met l’accent sur le charme et la féerie de ces ouvrages. Il évoque son choc à l’écoute de la Tétralogie du mage de Bayreuth qui transparait, ô de manière très contrôlée, dans ses deux derniers chef-d’œuvres : « La ville invisible de Kitège" et le subversif « Cor d’or » critique acerbe du pouvoir, écrite après la boucherie de 1905 !
Le portrait intelligent d’un Homme authentique qui écrivait : « Si vous voulez un jour penser à moi quand je ne serai plus là, écoutez simplement ma musique. »


Glinka: Ruslan and Lyudmila
Glinka: Ruslan and Lyudmila
DVD ~ Choeurs du Kirov Opera
Proposé par zoreno-france
Prix : EUR 16,19

5.0 étoiles sur 5 GLINKA ENTRE RUSSIE ET ITALIE, 23 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Glinka: Ruslan and Lyudmila (DVD)
Considéré comme le « père de la musique russe » Glinka a écrit deux opéras : « La vie pour le Tsar » et « Rousslan et Ludmilla » qui permettent, grâce au génie du compositeur, autant qu’à sa science d’introduire l’identité musicale russe dans le concert des nations.

Que nous inspire la version de « Rousslan et Ludmilla » réalisée au Théâtre Mariinsky en 1995 sous la férule de Valery Gergiev ?

L’ŒUVRE :
A la cour de Kiev nous fêtons les noces de Ludmilla avec Rousslan. Les autres prétendants, déçus, jaloux, Ratmir et Farlaf font grise mine !
Cette cérémonie est interrompue brutalement par un coup de tonnerre suivi d’une totale obscurité qui permet au sorcier Tchernomor d’enlever la belle fiancée.
Son père promet alors sa main à celui qui la ramènera.
Les trois soupirants partent à sa recherche avec des fortunes diverses. C’est ce que nous content les actes suivants jusqu’au retour de Ludmilla à Kitège.

C’est sur cette trame assez simple que Glinca va composer une partition qui sent déjà bon l’âme russe mais où nous entendons encore l’influence italienne : la cavatine de Ludmilla à l’acte I, le rondo de Farlaf aux volutes très rossiniennes au II, à nouveau Ludmilla au IV dans son aria avec violon solo ; enfin au V le bel aria de Ratmir déclarant son amour à Gorislava.
Je ne cache pas, mais c’est un avis totalement personnel, que j’ai trouvé quelques longueurs dans la partition en particulier au III : le ballet du harem de Ratmir, languissant et sans intérêt, sinon celui de briser encore le fil de l’intrigue déjà bien fragile avant de clore cet acte par un quatuor enchanteur.
Glinka nous sert une orchestration solide et nourrie (L’ouverture) qui annonce les fééries de son ami et grand admirateur Rimky-Korsakov.

LA MISE EN SCÈNE :
Nous sommes au Kirov, théâtre Mariinky en 1995. Il ne faut pas attendre de miracle visuel ; et pourtant…
Je dois reconnaître que je me suis laissé charmer par ce beau livre d’images, certes naïf mais qui nous fait voyager dans notre imaginaire. Un imaginaire aux reflets mordorés de tapis d’orient où le Géant, celui de la plaquette, fait plutôt sourire ; où rien n’est réellement pris au sérieux, sauf le bonheur de partager un moment d’émotion avec le spectateur.
Et ÇA, c’est précieux !

L’INTERPRÉTATION :
Valery Gergiev avec son orchestre et ses chœurs donne tout son éclat à cette riche partition.
Tous les chanteurs sont investis dans cet ensemble très homogène.

Rousslan est interprété par Vladimir Ognovenko qui fut un Varlaam très remarquable dans le prestigieux Boris de Tarkovsky-Gergiev.
Voix de basse profonde ; pourquoi n’a-t-il jamais, à ma connaissance, chanté Boris ?
Ratmir est chanté par la mezzo-soprano Larissa Diakova déjà appréciée dans Mazeppa, la « jouissive » Fiancée au couvent de Prokofiev et le récent Eugene Onegin. Elle tient son rôle avec une grande finesse.

Que dire des premières apparitions de la belle Anna Netrebko ?
Elle a seulement 24 ans et déjà son chant nous enchante : la voix est belle, jamais forcée, les aigus faciles et nous pouvons deviner la grande actrice à venir !

En conclusion une œuvre charnière servie par une belle réalisation qui fait appel à nos souvenirs d’enfance.
Par les temps qui courent, quitte à plonger dans son enfance, c’est mieux qu’une séance chez le Psy.


Sadko
Sadko
DVD ~ Valery Gergiev
Prix : EUR 10,99

4.0 étoiles sur 5 SADKO et GERGIEV, 20 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sadko (DVD)
Tout d’abord une précision concernant ce DVD.
Contrairement au descriptif proposé par Amazon le format de l’image est non en 1/33 mais bien en 1/78, d’autre part les sous titres annoncés uniquement en anglais sont également en français.
Puisque nous abordons la qualité technique : les images sont légèrement floues, surtout pour les plans lointains, les couleurs manquent de contraste. La réalisation cinématographique est confiée à l’excellent Brian Large.
Dommage enfin que le public de Saint Petersburg se prenne pour celui du Met applaudissant vigoureusement avant la fin, nous privant ainsi des dernières notes!
Ne peut-on retenir son émotion quelques secondes de plus ?

L’ŒUVRE :
Sadko est semble –t-il l’opéra préféré du public. Je suis loin de partager cette opinion, préférant personnellement La Ville de Kitège ou le Coq.

Dans cet opus, le compositeur s’appuie sur un conte fantastique.
Sadko, son héros tient à la fois d’Ulysse le voyageur et d’Orphée le divin musicien.
Il naviguera entre le monde terrestre et le monde aquatique, partagé entre l’amour de sa femme et celui de la Princesse Volkhova fille du Roi des mers.
Sur cette intrigue légèrement statique, qui se déroule sur 7 tableaux Rimky-Korsakov va composer une musique, dont il a le secret. Celle qui évoque la terre de Novgorod est souvent festive et flamboyante orchestrée avec force cuivres et cymbales !
La musique aquatique est beaucoup plus raffinée, ondoyante, reprenant d’ailleurs le thème de la merveilleuse ouverture.

LA MISE EN SCÉNE :
Nous sommes au Mariinsky des années 94. Il ne faut pas s’attendre à des miracles visuels.
Les décors : de grandes toiles peintes à grands traits relèvent souvent de l’illustration enfantine. Toute poésie disparait de ces représentations naïves dont le clou est le village du tableau IV avec sa tour au clocher bariolé de rouge vif sur fond de ciel bleu outremer hâtivement brossé.
Le milieu aquatique évite ces outrances, sans pour autant nous faire rêver.

Les costumes : sans être d’une grande beauté traduisent bien les deux mondes en présence, les deux atmosphères : une gamme chromatique vigoureuse pour Novgorod. Un subtil jeu de blancs colorés pour les scènes marines

L’INTERPRÉTATION :
Elle est exceptionnelle.

L’orchestre du Mariinsky conduit par le jeune Gergiev flamboie de tous ses feux dans les passages liés à Novgorod, il distille des parfums inquiétants et mystérieux pour les épisodes marins.
Les chœurs omniprésents dans cette partition se couvrent de gloire !

La distribution est à mon sens vraiment remarquable. Tous les rôles sont incarnés avec une qualité de voix, une conviction qui laisse admiratif.
Compagnie oblige !
Quelques exemples :
Sadko : Vladimir Galusin possède une voix de ténor au timbre métallique, qui à mon sens convient parfaitement à la vaillance du personnage.
La Princesse Volkhova est campée par Valentina Tsidipova, une voix très pure pour un rôle arachnéen
Un autre exemple : le marchand indien qui chante l’air le plus célèbre de la partition. Gegam Grigorian prend son temps. Il distille avec finesse tous les mélismes de cette mélodie.

En conclusion un DVD qui enchante plus souvent nos oreilles que nos yeux.
Alors pourquoi se procurer le DVD, plutôt qu’un CD ?
Pour la vie et l’énergie qui passe dans l’image malgré les réserves purement esthétiques évoquées plus haut.


Verdi / Otello
Verdi / Otello
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 30,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 NAUFRAGE À VENISE, 19 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi / Otello (DVD)
Ou presque...
Il faut de sérieux arguments pour produire une nouvelle production d'Othello.
Car quelques réalisations mémorables hantent nos mémoires : celle du Met réalisée en 1978 avec Jon Vickers, Renata Scotto, Cornell Mac Neil conduite par James Levine. Un plateau de rêve desservi par une technique vieillissante. (Pas de sous-titre)
Toujours au Met en 1995 ce sont Placido Domingo, Renée Fleming et James Morris qui nous offrent une vision très dramatique.
En 2006 au Gran Teatre del Liceu c'est José Cura qui s'empare du rôle. Dans une mise en scène très sobre, très efficace, il pousse sa vision d'Othello jusqu'à la folie. Un lion lâché dans la cage du décor conçu par Willy Decker.
En 2010 Ricardo Muti avec le Philarmonique de Vienne est servi par un plateau très homogène avec un étonnant Aleksandrs Antonenko que nous retrouverons avec bonheur dans un rôle très différent; celui de Dick Johson de "La fille du Far-West."

Quels sont les arguments de cette nouvelle production sortie pour le bicentenaire de Verdi ?
Evidemment la Sérénissime et la cour du Palais des Doges qui offre un écrin prestigieux à cette prestation.
Pourquoi couvrir cette magnifique architecture avec des projections douteuses : les signes du zodiac et des étoiles artificielles alors que le scénariste possède le ciel de Venise !
C'est Francesco Micheli qui est chargé d'animer cet immense espace. Il impose à ses chanteurs de se déplacer sur des passerelles amovibles, sorte de tréteaux en bois qui ôtent toute poésie au lieu.
Au moment où la haine est à son comble, une étrange cohorte de démons cagoulés de noir souligne ces passages de façon inutile et naïve.

L'INTERPRÉTATION :
L'orchestre de La Fenice sous la conduite de Myung-Whun Chung est loin de valoir les phalanges des autres versions.
Les chœurs de la Fenice préparés par Claudio Marino Moretti manquent de conviction. Ils ont souvent décalés.

Gegory Kunde n'a pas la voix d'Othello : ce rôle si exigeant qui fait peur à de nombreux ténors. Son medium se perd souvent dans l'espace ducal.

Lucio Gallo est un bien piètre Iago. Lui ne possède carrément pas de voix. Pourtant son rôle est capital pour faire basculer le drame. Son incarnation n'est pas crédible. Son air initial « Quiconque a goûté au dithyrambe... » manque de hargne. Il savonne les notes.
Seule Carmela Regio est émouvante dans son interprétation de Desdémone. Sa cantilène du saule et sa prière finale dite avec beaucoup de recueillement sont de vrais moments de théâtre.

En conclusion une production qui profite de la Sérénissime pour provoquer l'intérêt.
En réalité, à mon sens, une simple curiosité.


Verdi / Otello [Blu-ray]
Verdi / Otello [Blu-ray]
DVD ~ Verdi
Prix : EUR 35,09

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 NAUFRAGE À VENISE, 18 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi / Otello [Blu-ray] (Blu-ray)
Ou presque…
Il faut de sérieux arguments pour produire une nouvelle production d’Othello.
Car quelques réalisations mémorables hantent nos mémoires : celle du Met réalisée en 1978 avec Jon Vickers, Renata Scotto, Cornell Mac Neil conduite par James Levine. Un plateau de rêve desservi par une technique vieillissante. (Pas de sous-titre)
Toujours au Met en 1995 ce sont Placido Domingo, Renée Fleming et James Morris qui nous offrent une vision très dramatique.

En 2006 au Gran Teatre del Liceu c’est José Cura qui s’empare du rôle. Dans une mise en scène très sobre, très efficace, il pousse sa vision d’Othello jusqu’à la folie. Un lion lâché dans la cage du décor conçu par Willy Decker.
En 2010 Ricardo Muti avec le Philarmonique de Vienne est servi par un plateau très homogène avec un étonnant Aleksandrs Antonenko.

Quels sont les arguments de cette nouvelle production sortie pour le bicentenaire de Verdi ?
Evidemment la Sérénissime et la cour du Palais des Doges qui offre un écrin prestigieux à cette prestation.
Pourquoi envahir cette magnifique architecture avec des projections douteuses : les signes du zodiac et des étoiles artificielles alors que le scénariste possède le ciel de Venise !
C’est Francesco Micheli qui est chargé d’animer cet immense espace. Il impose à ses chanteurs de se déplacer sur des passerelles amovibles, sorte de tréteaux en bois qui ôtent toute poésie à ce lieu.
Au moment où la haine est à son comble, une étrange cohorte de démons cagoulés de noir souligne ces passages de façon inutile et naïve.

L’INTERPRÉTATION :
L’orchestre de La Fenice sous la conduite de Myung-Whun Chung est loin de valoir les phalanges des autres versions.
Les chœurs de la Fenice préparés par Claudio Marino Moretti manquent de conviction. Ils ont souvent décalés.

Gegory Kunde n’a pas la voix d’Othello : ce rôle si exigeant qui fait peur à de nombreux ténors. Son medium se perd souvent dans l’espace ducal.

Lucio Gallo est un bien piètre Iago. Lui ne possède carrément pas de voix. Pourtant son rôle est capital pour faire basculer le drame. Son incarnation n’est pas crédible. Son air initial « Quiconque a goûté au dithyrambe… » manque de hargne. Il savonne les notes.
Seule Carmela Regio est émouvante dans son interprétation de Desdémone. Sa cantilène du saule et sa prière finale dite avec beaucoup de recueillement sont de vrais moments de théâtre.

En conclusion une production qui profite de la Sérénissime pour provoquer l’intérêt.
En réalité, à mon sens, une simple curiosité.


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