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Contenu rédigé par Thierry Helleux
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Commentaires écrits par
Thierry Helleux "thierryhelleux" (Paris, France)
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Exodus : Gods and Kings - Blu-ray + Digital HD
Exodus : Gods and Kings - Blu-ray + Digital HD
Prix : EUR 24,99

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Le grand n'importe quoi, 6 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Exodus : Gods and Kings - Blu-ray + Digital HD (Blu-ray)
Qu'est devenu Ridley Scott le génial réalisateur de Duellistes, Blade Runner, Alien, Gladiator... Le producteur exigeant de séries historiques remarquables : The Company, Les Piliers de la Terre ?

Après un Prometheus aussi déroutant que confus, Exodus Gods and Kings sidère par ses errements, tant visuels que conceptuels.

Dés le premier plan, l'action est précisément datée : 1.300 avant Jésus Christ et débute par la bataille de Kadesh, acte fondateur du règne de Ramsès II.

Une fois ce postulat historique posé, pourquoi accumuler autant d'incohérences, d'anachronismes et de contresens ?

A titre d'exemples : les pyramides sont artificiellement mutipliées à l'écran, notamment la structure à degrés de Saqquarah. Certaines sont encore en construction, alors même que sous Le Moyen Empire, les Egyptiens avaient abandonné ce type de contructions depuis plusieurs siècles.

Ramsès, fadement interprété par Joel Edgerton, on ne plus éloigné du caractère bien trempé du plus grand souverain qu'ait connu l'Egypte Antique. On est loin de l'interprétation puissante qu'en avait donné Yul Brynner dans les Dix Commandements.

On le voit même se régaler d'un crabe qui, comme chacun le sait, pulule sur les bords du Nil.

La prétresse, aux tenues incongrues, alors que le clergé était presqu'exclusivement masculin, à la panoplie dépouillée

L'armement, abondamment représenté, n'a rien d'authentique : ni le casque, ni la cote métallique revêtue par Christian Bale. Pas plus que la coiffe dorée arborée par Ramsès, sans rapport avec la traditionnelle double courrone de Haute et Basse Egypte.

On s'explique mieux ces approximations béantes en lisant les propos du responsable des effets visuels, Peter Chiang, qui affirme sans trembler que "Personne ne sait à quoi ressemblait exactement l'Egypte des pharaons".

Pardon ?

Il suffit de se rendre sur place pour découvrir les plus sompteux monuments de l'antiquité et les innombrables témoignages figurant sur les murs des temples et des tombes.

Pour preuve, la bataille de Kadesh, représentée avec un luxe de détails sur les parois du grand temple d'Abu Simbel. L'écart entre les fresques en bas reliefs et la représentation à l'écran est flagrant. Pas forcément à l'avantage du film.

Passons sur le montage à la hache (malgré ses 2 h 30, il manque au film 45 minutes pour venir à bout des épisodes majeurs de la Bible). Sigourney Weaver, dans le rôle de la Reine Mère, qui n'a que deux répliques.

Tout cela ne serait que détails, si Scott ne livrait de l'Egypte antique une vision à contresens complet de la réalité historique de cette admirable civilisation.

Pharaon et ses sbires y sont décrits comme d'authentiques nazis : ils cantonnent les hébreux dans un ghetto, brulent leurs cadavres décharnés dans d'immenses brasiers et pratiquent les pendaisons publiques pour terroriser la population.

L'Egypte ancienne était en tous points contraire à cette image inspirée d'un passé cauchemardesque, pas si lointain de notre époque.

La civilisation pharaonique était l'une des rares à ignorer l'esclavage, ce qui est tout à son honneur. Quant à la pendaison, elle y était purement et simplement inconnue.

Les égyptiens brillaient par leur parfaite connaissance des cycles naturels, leur culte de la mémoire et leurs stupéfiantes réalisations architecturales. Les Grecs leurs doivent tout. Par voie de conséquence, nous aussi.

Certes la licence artistique ne connait guère de limite, surtout à l'ére numérique qui autorise tous les délires visuels, que d'aucun apprécient. On peut même espérer qu'une version longue corrigera les élipses et certaines outrances de la version présentée en salle.

Mais pourquoi distordre à ce point la réalité historique ? Pour quels gains artistiques, scénaristiques, émotionnels ?

Telles qu'en elles-mêmes, l'Egypte et la Bible sont des trésors de l'Humanité qui n'ont nul besoin d'artillerie numérique.

Duellistes, Gladiator, Kingdom of Heaven dans une moindre mesure, en dépit de leurs approximations, sont des oeuvres fortes, intimistes à (re) découvrir. Ce qui n'est guère le cas d'Exodus malgré la prestation méritoire de Christian Bale.

Pourquoi s'écarter d'un chemin artistique tracé de longue date et qui force le respect, pour le seul plaisir "d'en mettre plein la vue" ?

Aussi, amateurs d'Histoire et d'histoires, retrouvez avec bonheur les Dix commandements de Cécil B. De Mille Les Dix commandements [Blu-ray]ou le Prince d'Egypte Le Prince d'Egypte à la superbe bande originale.

So long Ridley...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (15) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 20, 2015 6:09 PM CET


Black Sails - L'intégrale de la saison 1 [Blu-ray]
Black Sails - L'intégrale de la saison 1 [Blu-ray]
DVD ~ Toby Stephens
Prix : EUR 30,99

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 O-Yo-Ho et une bouteille de rhum..;, 5 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Sails - L'intégrale de la saison 1 [Blu-ray] (Blu-ray)
Test effectué du 2 au 4 janvier 2015 sur videoprojecteur JVC DLA X35 3D Blanc, écran lumene 2.70 m diagonale, ensemble 5.1 Bowers & Wilking, double subwoofer Velodine CHT -10 Q, platine Blue Ray 3D Pioneer BDP - LX54, ampli Yamaha RX - V1067.

1) Le coffret Blue Ray :

Jaquette cartonnée frappée d'une silhouette fantomatique rappelant le drapeau noir.

2 Digipacks blue ray : le premier contient les 6 premiers épisodes, le second les deux derniers épisodes et les bonus.

Produite par Michael Bay, la série affiche de belles prestations techniques. Nombreux contrastes de luminosité, scènes nocturnes, variations de lumière selon le roulis des bateaux, l'image reste stable et de très belle facture. Le ciel des Bahamas (dans le cas présent de l'Afrique du Sud, où a eu lieu le tournage), les bancs de sables et les eaux turquoises illuminent l'écran. Une irrésistible invitation au voyage.

Bande son exigeante, en particulier dans les nombreuses scènes de combat. Caissons basses très sollicités, enceintes latérales moins. Mixage d'ambiance un peu en retrait par rapport à la munificence des décors et les nombreuses scènes de foule.

Les navires, pour partie construits à taille réelle, affichent fière allure et une certaine crédibilité, si ce n'est une vitesse de déplacement sensiblement supérieures à la réalité : action oblige. Reconstitution grandiose de combats navals. Quand les chaines de télévision s'en donnent les moyens, leurs productions n'ont pas à rougir face aux standards du cinéma. C'est ici le cas.

Superbe générique : La caméra évolue au plus près d'une maquette fantasmagorique faite d'ivoire et d'onyx, d'une incroyable finesse d'exécution. Les personnages sculptés se livrent d'impitoyables combats au milieu d'une danse macabre de squelettes. Un matelot tente de se hisser en haut du grand mat avant que la mort de s'empare du fanion noir. Une vision dantesque qui donne le ton de l'intrigue.

Bonus succints, promotionnels, sans grand intérêt: Making of, la construction du bateau, les costumes.

2) La série :

L'action se situe en 1715, 20 ans avant "l'île au Trésor" et mêle à d'authentiques figures historiques les personnages inventés par Stevenson : le capitaine Flynt, de sinistre mémoire et le non moins inquiétant John Silver.

L'île de Nassau momentanément oubliée par les grands Empires, est le centre d'un intense trafic. Les pirates y vendent leurs butins à la famille Guthry, qui se charge de les écouler sur le marché noir.

Flynt, le plus valeureux capitaine, ancien officier, cache un lourd passé et une haine tenace contre l'Angleterre. Il traque le plus imposant galion espagnol pour y voler l'or des Andes. Les nombreux mystères qui l'entourent lui attirent la défiance de ses seconds.

John Silver, simple mousse, use de ses talents pour se rendre indispensable dans le milieu putréfié de la piraterie.

Les femmes sont belles, provocantes et unanimement dangereuses.

La magie vaudou ajoute un touche de piment finale à ce plat très relevé.

Le série gagne en intensité à chaque épisode et livre avec générosité son lot d'abordages, de batailles navales et de duels. Elle évite toutefois les clichés : perroquets, cocotiers et coffre débordant de doublons. Rien à voir avec la série Pirates de caraïbes.

Nombreux plans sur les navires, la baie de Nassau, la citadelle. Spectacle visuellement généreux et crédible.

Le spectacle cède toutefois à certains tics hérités de Game of Thrones : nudités frontales féminines et...masculines. Décès de personnages centraux. Au demeurant, pas d'excès de noirceur, ni de violence. Le spectacle joue sur la cinégénie de la grande époque de la marine à voile et l'incroyable beauté des paysages (comme l'autre grande série Starz : VikingsVikings: Season 1 [Blu-ray] [Import] ).

Un divertissement de haute tenue, réservant de bonnes surprises. La Saison 2 est déjà engagée et une saison 3 confirmée. Hissez les voiles et levez l'ancre. A l'abordage !

NB : En contrepoint de cette série à l'esprit résolument spectaculaire, précipitez vous sur le chef d'oeuvre de Bjorn Larson "Long John Silver" Long John Silver. Dans un souffle épique incomparable, celui ci vous fera découvrir le lien intime entre le honteux commerce d'esclaves et l'avènement de la piraterie alimenté par les mutineries.


La Guerre des étoiles
La Guerre des étoiles
par Jonathan Rinzler
Edition : Album
Prix : EUR 19,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Starwars Episode 0... à découvrir d'urgence, 1 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre des étoiles (Album)
Fans de Starwars, arrêtez vous un instant pour contempler la couverture de ce luxueux album récemment édité par Delcourt.

Vous y trouverez des éléments familiers de la saga : sabre laser brandi par un inquiétant personnage capuchonné de noir. L'Etoile Noire. Des rebelles dans le feu de l'action et ... vos deux droïdes préférés.

Pourtant, à bien y regarder des détails clochent ; C3PO n'a pas son allure habituelle. Quelle est cette créature qui ressemble à un Wookie sans en être un ? Enfin, qui est ce personnage central, d'âge mûr, au costume de Jedi ? l'alien vert sur sa droite ? et l'intrépide jeune combattante à sa gauche ?

Vous serez sans doute surpris(e) de découvrir qu'il s'agit respectivement du général Luke Skywlaker, de Han Solo et de la princesse Leïa, âgée de 14 ans. Personnages clefs, tels que George Lucas les a initialement imaginés dans le premier script de "The Starwars" du 1er août 1974.

En effet, il lui a fallu 18 mois de douloureuses remises en question, tant pour des raisons artistiques que des contraintes techniques, pour aboutir, le 15 janvier 1976, au script parfait transposé à l'écran, après quatre versions successives.

Cet album est l'adaptation du premier script - la version 0 de "La guerre des étoiles" - en mode comix. Mis en image avec talent et un réalisme quasi cinématographique par Mike Mayhew.

Le résultat est proprement vertigineux : une uchronie dans l'univers de George Lucas. Un précieux témoignage de son "work in progress" à l'aube de la révolution cinématographique qu'il s'apprêtait à déclencher.

On y découvre une galaxie en proie à la guerre civile, depuis la chute de l'ordre des Jedi-Bendu renversé par les forces stellaires impériales. Alors qu'il vient de perdre son fils cadet, tué par un Sith, Kane Starkiller confie son ainé, Anakin à son vieil ami, le général Luke Skywalker.

Celui-ci, vétéran des vétérans de l'ordre des Jedi-Bendu, est le général en charge de la protection du système d'Aquilae, dernier bastion de la résistance à l'Empire et vers lequel s'avance la menaçante base de l'Etoile Noire.

Au fil du scénario, on découvre de nombreux épisodes figurant dans les films, mais dans un ordre et sous un éclairage très différent : errance des droïdes sur Tatooine, bataille de Yavin, mission suicide sur l'Etoile Noire etc...

De nombreux points intriguent et non des moindres : Dark Vador est un général brutal et ambitieux, sans pouvoirs parapsychologiques. Sous le casque à rabats, dépourvu de système respiratoire, il affiche la fière allure d'un officier nazi.

D2R2 s'exprime comme vous et moi.

Le sabre laser n'est pas réservé aux Jedi-Bendu, mais constitue l'armement de base des stormtroopers. Han Solo, un alien à face de crapaud en fait d'ailleurs usage.

Ici, il n'est nulle part question du côté obscur, et la Force n'est qu' anecdotiquement mentionnée comme un lien entre les êtres de bonne volonté : "Que la force des autres, soit avec vous" revient comme un leitmotiv.

Cette version alternative témoigne de ce qu'aurait pu être "La Guerre des Etoiles". Toutefois, Si l'on y décèle de nombreux indices qui feront le succès de la saga, on peut se féliciter que George Lucas ait eu la lucidité de se remettre au travail, tant le résultat manque de structure, et les personnages de substance.

A contrario, on peut déplorer qu'il n'ait pas renoncé à certaines de ses obsessions scénaristiques qui figurent dans la deuxième trilogie.

Cet album constitue un must have pour tout amateur éclairé de l'Univers de Starwars, désireux d'en découvrir les origines les plus lointaines et les plus mystérieuses.

Très belle édition, dotée de superbes illustrations "façon" affiches de cinéma à chaque tête de chapitre, et d'un cahier graphique très didactique sur les sources d'inspiration et le travail graphique pour trouver le juste milieu entre les archives Lucas et l'aspect visuel des films. Un test graphique sur les scènes clefs, d'un autre auteur, est inclus.

NB : On trouvera d'utiles compléments dans le passionnant "il était un fois la Guerre des Etoiles - La galaxie Georges Lucas"Il était 1 fois la guerre des étoiles, la galaxie George Lucas et superbe artbook "Aux origines du mythe Starwars" Star Wars - Aux origines du mythe.

Que la Force des autres soit avec vous...


Le Royaume
Le Royaume
par Emmanuel Carrère
Edition : Broché
Prix : EUR 23,90

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Retour aux sources, 25 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Royaume (Broché)
A l'origine de ce livre, un projet avorté qui mériterait d'être remis sur la table : l'adaptation des Actes des Apôtres sous forme d'une série TV historique, à la manière d'un spectacle aussi fort que DeadWood,Deadwood Ultimate Collection Seasons 1-3 [DVD] [Import anglais] western crépusculaire dont la figure principale est un tenancier de saloon, monstre concentrant tous les vices, en voie de rédemption.

Saül de Tarse, mieux connu sous le nom de Saint Paul, y aurait occupé le rôle principal. Personnage des plus ambigüs qui a laissé de lui même ce témoignage édifiant "Quand je veux faire l'Ange, je fais la Bête..." et qui a fait du message de Jésus un vade mecum fusionnant hélénisme et judaïsme à l'usage de l'Univers pour les 20 siècles suivants : excusez du peu !

Emmanuel Carrere, fin connaisseur des écrits sacrés qu'il a longuement arpenté pendant sa dépression existentielle, suit pas à pas l'évangéliste Luc, compagnon de Paul.

Il excelle à restituer les premiers temps de cette étrange secte, en donnant vie à ces personnages peints sur tous les dômes des basiliques et vitraux des cathédrales, auréolés et drapés, flottant au milieu des nuages: les apôtres, les Galates, les Corinthiens, les Ébonites etc...

De la sécheresse ascétique des textes évangéliques, et faisant fi des digressions théologiques, l'auteur délivre un authentique péplum, plein de bruit et de fureur, qui donne chair à ces héros de l'esprit, en les resituant dans la réalité multiculturelle de leur époque.

Epoque finalement très proche de la notre : perte de repères religieux et moraux, ouverture mercantile de l'espace méditerranéen, crise du pouvoir hyper centralisé, clientélisme, urbanisme anarchique etc...

Le livre prend d'autant plus d'ampleur, que l'auteur nourrit son récit de considérations tirées de l'histoire de la littérature. Gogol, Homère et bien d'autres y sont convoqués, pour apporter la preuve que les Évangiles, tout autant qu'un témoignage de Foi, sont aussi - surtout - d'immenses œuvres littéraires.

Dépassant le cadre d'un brillant essai, doublé d'un saisissant roman historique, Carrere se livre avec une évidente jubilation, à une auto fiction, dans laquelle il avoue s'adonner à tous plaisirs de la vie, qu'il se refusait alors qu'il était sous l'emprise d'une foi aride et millénariste.

Il livre un témoignage fort, souvent émouvant, parfois dérangeant, d'un esprit libéré du sentiment de culpabilité.

Loin de s'éloigner du message chrétien, comme il ne cesse de l'affirmer, Emmanuel Carrere, libéré de sa prison mentale, touche à l'essence même du christianisme : la joie de vivre, la célébration de la chair et de l'esprit humain comme prolongements du Divin.

A mettre entre toutes les mains, d'autant plus que l'écriture, quoique que de haute tenue, demeure très accessible.


300 : la naissance d'un empire [Édition Ultimate Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
300 : la naissance d'un empire [Édition Ultimate Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Sullivan Stapleton
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 18,35

6 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Qui trop embrasse, mal étreint, 20 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Test effectué en 3D le 18 juillet 2014 sur videoprojecteur JVC DLA X35 3D Blanc, écran lumene 2.70 m diagonale, ensemble 5.1 Bowers & Wilking, double subwoofer Velodine CHT -10 Q, platine Blue Ray 3D Pioneer BDP - LX54, ampli Yamaha RX - V1067.

1) Le Blue Ray :

Steelcase approprié au ton belliciste du film. Des muscles saillants, des giclées bouillonnantes de sang et du métal. Le film en 3 mots.

Lancement rapide du film (amélioration sensible de Warner sur ce point).

Image irréprochable. 3D de très bonne tenue au regard du chaos visuel du film, en particulier la bataille finale.

Comme souvent, la VF n'est pas à la hauteur par rapport à la VO (c'est d'autant plus dommage que, de l'avis unanime de la critique internationale, la VF de 300 était en tous points supérieure à la VO).

2) Le film :

Le film suscite des avis tranchés, irréconciliables. A dire vrai, ils ont tous raison. Tout dépend de l'angle adopté.

Ni chef d'œuvre, ni navet, ce film souffre d'embrasser une thématique trop vaste et fait preuve de débauche visuelle : talentueuse par bien des aspects, mais souffrant de trop d'outrances (la pleine lune surdimensionnée et la Voie Lactée façon Starwars, la cavalcade au milieu du combat naval final, en sont quelques illustrations).

Tous les plans, toutes les répliques font preuve d'une dévotion touchante au premier opus de Zack Snyder, sans en retrouver la verve saisissante.

Bref toutes les qualités et les défauts d'un premier film.

Un peu d'Histoire et de réflexion...

Le fil conducteur de la saga 300 est le suivant : la Grèce, patrie de la première démocratie, préfigure l'Occident et singulièrement les Etats Unis, champions du combat démocratique comme tout le monde le sait... Une poignée de soldats à demi nus (aussi démunis de moyens que l'étaient les insurgés Américains de 1780 face aux Anglais), jettent à bas un Empire venu d'Orient, fatalement théocratique, obscurantiste et méprisant toute dignité humaine. La Perse antique portant en elle la matrice dont naitront la révolution iranienne, le salafisme et les attentats du 11 septembre... On reconnait bien là la pensée réactionnaire, assumée comme telle, de Franck Miller, auteur génial mais penseur contestable à l'origine de cette saga, mais encore de Sin City et du reboot réussi de Batman.

La Démocratie grecque mérite qu'on s'y attarde. Elle n'a duré, en réalité, le temps que de quelques générations et ne concernait qu'une fraction infime de la population d'Athènes. Les femmes en étaient écartées, les ilotes (grecs non athéniens et étrangers) et les innombrables esclaves, n'avaient pas voix au chapitre, alors qu'ils étaient largement majoritaires et participaient aux combats quand les circonstances l'exigeaient.

Sparte n'était pas seule aux Thermopyles. Les 300 formaient le groupe d'élite d'un corps expéditionnaire d'environs 9.000 hommes envoyés par diverses cités, et qui se battaient face aux Perses, par roulement. Cette cité était une sinistre oligarchie militaire qui méprisait l'embryon de démocratie athénien. Un conseil des sages appuyait une curieuse double monarchie : la cité comptait deux rois. A l'époque de la deuxième guerre Médiques, un des deux s'était "courageusement" vendu à Xerxès et certains Spartiates renégats combattirent aux côtés des Perses, des Thermopyles à Platée. Le nazisme et autres régimes fascisant se sont authentiquement inspirés de ce modèle. Il y a là une analogie dans l'Histoire moderne que ne semblent pas avoir perçu Franck Miller et les promoteurs de ce film.

Xerxès n'était pas un ange, mais pas non plus le monstre décrit dans le film. Echaudé par l'échec de Darius, il n'est entré en guerre contre Athènes, que par ce que les navires de cette cité pillaient les îles de la Mer Egée placées sous son autorité, et perturbaient le commerce florissant avec le continent. Plus que d'aimables démocrates, les athéniens étaient des pirates de grands chemin.

A bien y regarder, vu des sphères dirigeantes, les guerres Médiques, tout comme la deuxième guerre du Golfe, se résument à une vulgaire histoire d'argent et d'intérêts commerciaux. Rien de nouveaux sous le soleil.

En revanche, le martyr des populations civiles (les athéniens virent leur ville livrée aux flammes du haut des collines où ils avaient trouvé refuge), le sacrifice du Roi Léonidas et le formidable élan qu'il donna aux cités grecques contre l'envahisseur Perse sont, eux, authentiques.

Dés que Xerxès fut vaincu, les cités grecque reprirent leur guerre civile. Athènes perdit la guerre qui l'opposait à Sparte et sortit du champs de l'Histoire. Ereintées par leurs querelles intestines, les cités grecques ne purent opposer aucune résistance à un roi semi Barbare venu du Nord : Philippe de Macédoine, père d'Alexandre le Grand.

Celui-ci sut habilement instrumentaliser le souvenir encore brûlant des guerres Médiques parmi les populations grecques, pour entrainer victorieusement ses troupes à l'assaut de l'Empire Perse, jusqu'au bord de l'Indus.

Décidément, l'Histoire, la vraie, aura toujours plus d'imagination que n'en déploieront toutes les fictions...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 3, 2014 9:04 PM MEST


Gravity - Oscar® 2014 du Meilleur Réalisateur - Blu-Ray 3D + Blu-ray + DVD + Digital Ultraviolet (Ultimate Edition) [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
Gravity - Oscar® 2014 du Meilleur Réalisateur - Blu-Ray 3D + Blu-ray + DVD + Digital Ultraviolet (Ultimate Edition) [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Sandra Bullock
Prix : EUR 19,47

19 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La forme et le fond, 2 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Test effectué le 2 mars 2014 sur videoprojecteur JVC DLA X35 3D Blanc, écran lumene 2.70 m diagonale, ensemble 5.1 Bowers & Wilking, double subwoofer Velodine CHT -10 Q, platine Blue Ray 3D Pioneer BDP - LX54, ampli Yamaha RX - V1067.

1) Le Blue Ray 3D

Premier constat : l'accès au menu principal est aisé et rapide (pourvu que ce mode opératoire soit adopté à l'avenir).

Image somptueuse, mais 3D plutôt plus discrète qu'espérée. Le fond étoilé n'offre pas la profondeur de champ attendue, et la Terre - splendide depuis l'espace - n'offre ni relief (les couches de nuages se détachant nettement du sol par exemple, le chaos des massifs montagneux) ni la rotondité à laquelle on pouvait s'attendre. L'attention visuelle concentrée sur le personnage, laissant il est vrai moins de place pour le rendu du décor, par ailleurs exceptionnel tant sur le plan esthétique, que rigoureux sur le plan documentaire.

Bande son (testée en VO) stupéfiante, inédite à plus d'un titre pour sa richesse et son déploiement spatial (un test de référence pour toute installation Home Cinéma), mais occultée par une musique aussi envahissante qu'hors sujet. En effet, l'incipit du film précise à juste titre que le silence absolu règne dans l'espace. Pourquoi alors souligner l'approche de la navette spatiale par un grondement sourd ? Pourquoi cette musique assourdissante au moment des accidents ? Le silence qui devrait être au cœur du film est - en fait - l'exception. Etonnant parti pris de mise en scène, contraire à celui édicté dès l'introduction autrement pertinent et qui soulignerait d'autant plus l'isolement du personnage principal.

Au demeurant, les bruits organiques : halètements, pulsation cardiaques, échanges radios, vécus de l'intérieur de la combinaison, participent d'une authentique mise en condition du spectateur, mais là encore perturbée par une musique omniprésente au point d'être parfois importune.

Bref une très belle édition, vraiment au point par rapport à d'autres grands titres sortis ces derniers mois par cet éditeur aux pratiques parfois désinvoltes sur le marché français...

2) Le film :

Tout a été déjà été dit.

Relevons néanmoins que loin d'être un simple « survivor », ce récit est celui d'un retour à la vie.

Frappée par un deuil intime, le lieutenant Ryan a toutes les raisons de se laisser mourir. Sandra Bullock, amaigrie, à fleur de peau, lui prête ses traits douloureux et trouve là son plus beau rôle (enfin !). On perçoit nettement qu'elle a engagé dans ce film son destin artistique, en grand péril ces dernières années, d'où un vécu existentiel assez proche de celui de son personnage.

C'est la personnalité charismatique mais très humaine du commandant de mission qui va la ramener vers la lumière et la vie, en faisant preuve d'une sagesse souriante, de solide compétences techniques et d'un émerveillement inné devant le miracle de la Nature. Georges Clooney apporte à ce beau personnage, bien écrit par Alfonson Cuaron et son fils, toute son humanité et son charme pour en faire une des plus authentiques figures de héros. Le rôle d'une vie ?

Le spectacle est tout simplement étourdissant, violent, dérangeant, confrontant l'humanité à elle-même et à sa propre fragilité par rapport à l'ordre du monde. Non, la technologie de nous rend pas maitres de la Nature et peut même se retourner contre nous, s'avérant un redoutable ennemi. Magistral, de la première à la dernière image

3) Les bonus :

œuvre dans l'œuvre, le tournage du film mérite à lui-seul l'acquisition de cette édition.

Comment d'un pitch simplissime, et assumé comme tel par A. Cuaron (la dérive d'une astronaute dans l'espace) a résulté une aventure collective digne des grands projets de la NASA :

Recours à la robotique automobile pour actionner les caméras au rythme frénétique de l'action, invention de multiples procédés pour restituer l' apesanteur, dont le fameux cube d'écrans LED destinés à assurer la juste colorimétrie sur les traits des acteurs et restituer la luminosité hautement chaotique des espaces célestes. Dans la lignée des prouesses réalisées par James Cameron sur Titanic et Avatar, une suite de défis technologiques et humains qui forcent le respect et éclairent utilement le film. On a peine à croire que le visuel criant de vérité du film, est en réalité presqu'intégralement numérique.

En bref un nouveau chapitre de la grande saga de la conquête spatiale et de l'histoire du Cinéma initiée avec force par "L'étoffe des Héros" (chef d'œuvre absolu)L'Etoffe des héros [Blu-ray], l'admirable série HBO « De la Terre à la Lune » à (re) découvrir d'urgenceDe la terre à la lune - Coffret 4 DVD, et Apollo XIII (dont les effets spéciaux ont été assurés par James Cameron...)Apollo 13: 15th Anniversary [Blu-ray].

Gageons qu'un garçon aussi futé que J.J Abrahams aura noirci des carnets de notes à la vision de ce grand film expérimental pour dynamiser et crédibiliser le reboot de Starwars. Nous en formons ici le souhait.

Laissons le dernier mot à Shakespeare « L'espace et la nuit, recèlent plus de merveilles et de mystères qu'en saurait rêver toute la philosophie ». Gravity lui en donne une nouvelle fois la preuve.
Bravo et Merci !


CHAR LUNAIRE - VEHICULE HORS SERIE
CHAR LUNAIRE - VEHICULE HORS SERIE
Proposé par Boutique Tintin
Prix : EUR 39,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une si longue attente..., 28 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : CHAR LUNAIRE - VEHICULE HORS SERIE
Heureux détenteur de la collection intégrale des "Voitures Tintin" des Editions Atlas, j'attendais avec impatience, puis résignation, la sortie du char lunaire.

j'avais signalé ce manquement aux Editions Atlas qui, à l'époque m'interrogeait de temps à autres, sur la collection.

Aussi, est-ce avec plaisir que j'ai appris la publication de cette pièce manquante.

On y retrouve le même soucis de finition que dans la collection originale : il ne manque pas un boulon, les tuyauteries sont toutes à leur place. La mise en scène correspond à la case 11 de la page 34 d' "On a marché sur la lune", alors que le capitaine Haddock se cogne contre la verrière.

Toutefois quelques "détails" d'importance gâchent le plaisir :

1 - l'échelle, très inférieure, à celle de la collection.

(Pourtant, dans le certificat, l'éditeur assure une échelle au 1/43e, la même que la collection. Pourquoi les dimensions des occupants du char sont-elles à ce point inférieures ? Une fois exposé, le char est à peine plus massif que la camionnette de la boucherie Sanzot, et moins que le camion des pompiers de l'Ile Noire...)

A 39.9 €, dans le cadre d'une série limitée (à 18.000 exemplaires !) on était en droit d'attendre mieux.

En toute rigueur, le char aurait dû mesurer 28.5 cm au lieu des 11.5 cm alloués. Certes, c'eût été plus onéreux, mais cette pièce ce serait parfaitement inscrite dans le reste de la collection.

Corolaire de l'échelle : la taille des personnages. Tintin et Milou sont difficilement reconnaissables. Haddock manque de précision, ainsi que Wolf dans la verrière supérieure.

2 - Le décor : dans la collection originale, le décor en carton est dessiné sur 3 faces et intégré dans le boitier transparent. Ce dispositif permet de n'exposer que le contenu du boitier, sans le carton de protection.

Ici, mauvaise pioche, le décor n'est imprimé que sur une seule face, et directement sur le carton d'emballage. Aussi, pour les puristes (dont je suis), il faut exposer le char dans son emballage...

3 - Le choix de la couleur du support : du plus pur orange !

Une injection de plastique beige, de la même teinte que celle du sol lunaire représenté dans l'album eut-elle été plus onéreuse pour l'éditeur ?

4 - Le sens de déplacement du char : de la droite vers la gauche, opposée à celle de tous les autres véhicules de la collection.

L'éditeur pourra toujours arguer du fait qu'il s'agit d'un modèle hors collection. Dont acte. Dans ce cas, pourquoi avoir choisi le même lettrage pour inscrire le titre de l'album sur l'avant du support ?

Beau modèle réduit au niveau de la mécanique. Haut degré de finition. Mais il ne s'agit pas que d'une mécanique, mais d'une représentation d'un travail graphique d'Hergé.


Boardwalk Empire - L'intégrale des saisons 1-2-3
Boardwalk Empire - L'intégrale des saisons 1-2-3
DVD ~ Steve Buscemi
Prix : EUR 33,15

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La face sombre du rêve américain, 29 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Boardwalk Empire - L'intégrale des saisons 1-2-3 (DVD)
1) Les supports blue ray :

Transfert numérique irréprochable, comme toujours dans les productions HBO. Malgré une grande diversité de décors, d'éclairages, d'ambiances sonores, le rendu audiovisuel est superbement immersif. On ne s'y croit pas : on y est. Au milieu des fiévreuses fêtes de la Prohibition, dans la fosse d'orchestre de Jazz, au cœur des rafales de mitraillettes, dans les salons cossus de la gentry, dans les bidonvilles, les abattoirs, les entrepôts clandestins.

Un spectacle total servi par une technique irréprochable. Une référence tous genres confondus.

2) Les saisons :

Série majeure d'HBO conçue et initiée par Martin Scorcese himself et co produite par Mark Walberg.

Boardwalk Empire illustre avec un luxe de moyens la ligne directrice de l'œuvre du Maitre Scorcese : Damnation - Rédemption / Attraction - Répulsion pour la Mafia.

Saison 1 :

L'action débute en 1919, aux premiers jours de la mise en application du Volstead Act, signant le début de l'âge d'or du grand banditisme américain : la Prohibition.

Le récit est centré sur Nucky Chuck Thompson, trésorier du Comté d'Atlantic City. Cité balnéaire aux airs de fête foraine permanente, située à mi-distance de New York et Chicago, antres babyloniennes aspirant toutes les misères et les vices des nations : sexe débridé, alcool, violence, racisme.

Sous un air débonnaire et un positionnement politique aussi vertueux en façade, que factice en réalité, Nucky Chuck Thompson use de ses relations et fonctions pour s'imposer comme le grand ordonnateur du trafic d'alcool en provenance des côtes canadiennes toutes proches et des distilleries clandestines cachées dans les forêts et dunes environnantes.

Placé au centre de gravité de tous les trafics, il est le témoin le mieux placé de la déchéance de l'ancienne pègre et de l'ascension stratosphérique des self made men des mafias italienne, irlandaise, afro américaine et juive. Al Capone, Lucky Lucianno, Arnold Rothstein et consorts sont ses partenaires d'orgies, de business, ses alliés indéfectibles ou ennemis mortels au gré des circonstances.

La première saison pose les jalons de ce chemin vers l'Enfer. Construisant méthodiquement ses réseaux au moyen d'épaisses liasses de billets et de parties fines, plutôt qu'à coups de feu, Nucky est touché au cœur dans son ascension matérielle par la figure la plus improbable qui soit : une mère de famille d'origine irlandaise, battue par son mari, éreintée par deux enfants en bas âge, passionaria inflexible de la lutte de vertu. Cette figure d'une grande humanité lui ouvre un espace de sincérité et d'amour qui peut le sauver de la damnation vers laquelle il s'engage. On le quitte à la croisée des chemins, aussi déterminé à réussir dans les trafics, qu'à devenir un chef de famille irréprochable.

Saison 2 :

La seconde saison ébranle Nucky dans toute ses convictions et pervertit tout ce qui restait d'innocence et de bienfaits dans son existence. Son fils adoptif se retourne contre lui menaçant de le détrôner, ses alliés politiques le dénoncent et l'envoient devant les tribunaux, la femme qu'il aime pervertit ses idéaux à son contact mais est la seule à tromper sa vigilance (extraordinaire twist final). Récit shakespearien dans le fond (le scénario fourmille d'allusions à Hamlet et Lady Macbeth), infernal de rythme et de suspense sur la forme. La tension monte d'un coefficient 10.

Saison 3

La troisième saison entraine Nucky au bord de l'abîme. Les événements de la seconde saison lui ont fait perdre foi dans toute humanité et ont fait de lui ce qu'il se refusait jusqu'alors à devenir : une machine à tuer et encaisser les dividendes du vice. Son parcours devient chemin de croix quand un émissaire de la Mafia New Yorkaise lance contre lui une chasse à l'homme dévastatrice. Au fond du désespoir, Nucky trouvera les ressources pour renaitre de ses cendres, et de quelle manière... Merveille scénaristique de la première à la dernière scène.

Un degré de réalisme, d'esthétique, d'interprétation jamais vu sur les écrans. Boardwalk Empire s'impose définitivement comme la digne héritière des chefs d'œuvre "le Parrain" et "Il était une fois en Amérique".

Ces résumés ne peuvent rendre justice à cette fresque à la fois chatoyante et ténébreuse, multipliant les personnages secondaires tous plus poignants, inquiétants les uns que les autres et unanimement incarnés par une galerie d'acteurs au sommet de leur art. Tous sont conscients d'incarner la part sombre de l'âme américaine, dont les crimes sans nombre ont pervertit le rêve américain et résonnent plus que jamais dans les fractures sociales de l'époque contemporaine.

Une plongée somptueuse, passionnante, dévorante dans les méandres les plus obscurs de la psyché humaine. Une illustration magistrale du pouvoir corrosif de l'argent sur les âmes les mieux armées.

A voir absolument. IN-CON-TOUR-NABLE.

NB : Si vous souhaitez encore vous convaincre du caractère exceptionnel de Boardwalk Empire, précipitez vous sur sa bande son Boardwalk Empire (Volume 1 Music From The HBO® Original Series)Boardwalk Empire Vol. 2: Music From The HBO Series . Bienvenu en Enfer, le seul endroit où l'on s'amuse vraiment !


Oblivion [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
Oblivion [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Tom Cruise
Prix : EUR 14,99

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un essai passionnant sur le conditionnement mental, 12 septembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oblivion [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook] (Blu-ray)
Test effectué le 7 septembre 2013 sur vidéoprojecteur JVC DLA X3 3D Blanc, écran lumene 2.70 m diagonale, ensemble 5.1 Bowers

Résumons le propos : "Là bas, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté"... mais pas que.

1) Le Blue Ray :

Techniquement, c'est une perfection tant visuelle que sonore. L'image, d'une limpidité cristalline, rend à merveille les paysages islandais où ont été tournés les extérieurs, ainsi que l'élégance des intérieurs de la station. Sur le plan sonore, tous les canaux sont exploités par un bande-son exigeante : déflagrations et rafales d'un réalisme stupéfiant, dialogues murmurés d'une grande sensualité (en VO), bande originale de M83 lyrique et sophistiquée, la plus réussie du groupe à ce jour Oblivion - Original Motion Picture Soundtrack.

Les 5 featurettes, raisonnablement promotionnelles et informatives, apportent un éclairage bienvenu sur la démarche artistique de Kosinski et de son équipe. Un film dans le film non dénué de qualités esthétiques, ce qui est rare pour un making of.

Un Blue Ray test pour pousser votre écran et vos enceintes dans leurs retranchements.

2) Le film :

Tout a déjà été dit de la mise en scène exploitant au mieux les décors, tant extérieurs qu'intérieurs (à ce titre, l'une des featurettes en bonus révèle les secrets de la station high tech perchée dans les nuages). Le passé d'architecte du réalisateur transparaît dans chaque détail. Tout laisse à penser qu'Oblivion constituera dans un futur proche une référence pour le design industriel, comme le fut en son temps "Minority Report".

Il faut également saluer l'interprétation dominée par un Tom Cruise au meilleur de lui-même, mais qui réserve également de beaux moments aux autres membres du casting, notamment à Andrea Riseborough qui révèle là une force et une sensualité remarquables, lesquelles lui réservent sans doute - un bel avenir de femme fatale. Morgan Freeman, impérial, comme à son habitude.

Mais la somme de qualités ne fait pas forcément un bon film. Encore moins une oeuvre d'exception.

Ce qui fait la singularité d'Oblivion est sa véritable thématique : le conditionnement mental et l'embrigadement qui en résulte.

Pour preuve : le film place d'emblée le spectateur dans la position du personnage principal. Guidé par l'intuition d'une vérité cachée, celui-ci explore un monde dévasté, où seule une infime portion de territoire échappe à l'enfer des radiations, hanté par des ennemis aussi insaisissables que cruels, et sert avec dévouement une base spatiale lointaine, promesse d'un avenir radieux pour l'humanité. Sans dévoiler la trame, on peut révéler que la deuxième partie donnera une version tout autre de ce monde en ruines, une vérité conduisant à la libération.

L'avertissement est clair : nous ne devons pas accepter le monde par les yeux et le discours imposés d'"en haut" : médias, politiques, entourage. Seule la curiosité et l'esprit critique sont gages d'une juste perception des enjeux et de libre arbitre.

Ce fil rouge, intelligemment conduit, compense quelques défauts : une profusion de thématiques (notamment le clonage, l'amnésie), une vision quelque peu conformiste du bonheur sur Terre...

Ne boudons pas notre plaisir. Oblivion est un excellent film qui construira sa propre légende au fil des ans, pour atteindre le statut de classique.

Beauté plastique, richesse narrative, musique aux confins de la modernité et de l'héroïsme. Chacun de ses aspects, à lui seul, mérite le visionnage du film.

En route pour l'Apocalypse. Apocalypse dans son sens premier : la Révélation.


Aucun titre disponible

13 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Western Encyclopedia, 7 septembre 2013
L'échec commercial et les réactions pour le moins contrastées que suscite le film est la juste punition d'un système hollywoodien gangréné par le marketing, mais également le rejet injuste par le public et la critique d'un film intéressant, à défaut d'être un chef d'oeuvre.

Le studio Disney pensait (à tort) que l'association de Johnny Depp, Gore Verbinski, et Jerry Brukenheimer attirerait dans les salles obscures les masses de gogos qui ont porté en triomphe les navets en or massif que sont Pirates des Caraïbes 2, 3 , 4. Ceux des spectateurs qui pensaient trouver une déclinaison western des aventures de Jack Sparrow, quant à eux, en ont été pour leurs frais. Pour les uns, comme pour les autres, c'est bien fait. Un peu moins de cynisme du côté des studios et un peu d'esprit critique de la part des cinéphages, ne feront pas de mal ni aux uns, ni aux autres. On peut toujours rêver...

Gore Verbinski et Johnny Depp ont dynamité le système de l'intérieur en se payant, aux frais du studio, une ode aux grands espaces de l'Ouest américain, et au genre qui a fait la fortune d'Hollywood, lequel l'a traitreusement abandonné depuis longtemps : Le Western. Le tout se double d'une dénonciation en règle du mythe de la conquête de l'Ouest, qui n'a été conduite que pour de vils motifs, au prix d'un génocide ethnique contre les amérindiens. On ne le dira jamais assez. Pas étonnant, dans ces conditions, que les red necks et les teenagers boutonneux soient passés à côté du film.

Sur le plan formel, rien à redire : le plan d'ouverture sur les toits de San Francisco est une merveille, digne de Scorcese. On reconnait au fil des séquences : Mystery Valley et ses habitations troglodytes, John Ford Point, Monument Valley, Navajo Monument, White Sands et Death Valley. Une véritable odyssée à travers l'Utah, le Nevada et la Californie.

Les choix de mise en scène, en revanche, constituent - selon l'angle dans lequel on les considère - soit une force, soit une faiblesse. En effet, le film brasse - intentionnellement - tous les styles de westerns, en forme d'hommage. Narratif, à la façon de "Little Big Man", épique selon les codes d'"Il était une fois dans l'Ouest", violent et dénonciateur à la manière de la "horde sauvage", ethnographique sur le modèle de "Danse avec les loups", parodique comme "Mon nom est personne", télévisuel façon "Lone Ranger".

On peut s'amuser à reconnaitre les innombrables références qui parsèment le film. Certaines sont des plus réussies, comme le temps suspendu et la nature soudain silencieuse avant l'attaque de la ferme.

En revanche, il en résulte des ruptures de rythme et de de style qui chahutent le spectateur (en particulier les fans de "Pirates des Caraïbes", manifestement) et dont le film pâtit.

Sans surprise, les moments les plus faibles et les plus discordants dans l'ensemble, correspondent aux passages pyrotechniques obligés : l'attaque du train final constituant une redite des combats de pirates suscités, souffrant d'un absolu manque de réalisme, mais qui figurait sans doute sur le cahier des charges de Monsieur Brukenheimer et des costumes gris du studio Disney...

Au delà de son aspect "encyclopédie illustrée du Western", d'un ensemble plutôt réussi quoique longuet, "Lone Ranger" constitue un nouveau point de rupture d'un système hollywoodien vermoulu par les comptables et les pseudos experts en marketing *. La bonne nouvelle est que la révolution vient des artistes eux mêmes qui détournent adroitement le système pour livrer des films plus malins qu'ils n'en ont l'air (cf. John Carter Princess of Mars).

A contrario, une bonne partie du public, gavé de blockbusters et de pop corn, passe à côté de cette révolution : et ça c'est plutôt une mauvaise nouvelle.

* A ce sujet, lire les interventions de Steven Spielberg et Georges Lucas qui pointent très justement le danger de la multiplication des blockbusters aux budgets de plus de 200 millions de dollars. Impossibles à rentabiliser en dehors d'un raz de marée dans les salles, ils assèchent le circuit de production, privant de tout budget des films plus novateurs. Ironiquement, dans le système actuel : Starwars, sans précédent connu, comme la saga Rocky, trop sociale, seraient restées dans les cartons...
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