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Contenu rédigé par Nicolas
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Commentaires écrits par
Nicolas
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Sweelinck / the Complete Keyboard Works
Sweelinck / the Complete Keyboard Works
Prix : EUR 47,65

5.0 étoiles sur 5 Réédition internationale d'une superbe et patriotique intégrale du clavier de Sweelinck, 4 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sweelinck / the Complete Keyboard Works (CD)
Ce coffret est l'édition internationale d'une superbe intégrale de l'oeuvre pour clavier de Sweelinck parue auparavant sous forme deux superbes livres écrits malheureusement uniquement en néerlandais qui contenaient chacun 3 CDs (Premier livre sous le code ASIN : B00GDU7Q9O, second livre sous le code ASIN : B00MAUYWJI).

Cette réédition internationale, que je ne possède pas, semble offrir les avantages d'une documentation en anglais, d'un format plus compact et d'un prix plus abordable les deux luxueux livres CDs référencés ci-dessus.

Je ne reviendrai pas sur l'évaluation plus ou moins détaillée du contenu que j'ai déjà commenté à la sortie des livres CDs, mais je me contenterai de rappeler que cette intégrale:

- doit faire face, dorénavant, à une forte concurrence depuis la sortie de la très belle et inspirée intégrale de Léon Berben parue dernièrement chez Aeolus

- a pour elle l'atout de la variété autant au niveau des instruments historiques originaux, dont des rares virginals originaux (Ruckers 1607, Martin van der Biest du musée de Nuremberg) que des interprètes (Harald Vogel, Bob van Asperen, Leo van Doeselaar, Pieter van Dijk, Pieter Dirksen, Alexander Weimann, Pieter-Jan Belder, Marieke Spaans, Bernard Winsemius, Reitze Smits, et même d'anciennes et superbes performances de Gustav Leonhardt rééditées de manière posthume), une variété qui se retrouve aussi dans l'intervention de la voix qui nous plonge dans l'idiome musical de l'époque.

Elle constitue un superbe renouvellement de l'entreprise similaire (avec une connotation patriotique marquée), non moins exemplaire, coordonnée par Pieter van Dijk sous le parrainage de Gustav Leonhardt, parue chez NM Classics et maintenant difficile à trouver.


Claudio Merulo : Messes pour orgue contrepoint alterné. Del sordo, Turco.
Claudio Merulo : Messes pour orgue contrepoint alterné. Del sordo, Turco.
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Complet et étonamment raffiné, 4 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Claudio Merulo : Messes pour orgue contrepoint alterné. Del sordo, Turco. (CD)
Contrairement à ses toccatas, qui ont permis à ce compositeur d'être reconnu dans l'histoire de la musique, les messes de Claudio Merulo ont longtemps été délaissées par les organistes et la discographie alors qu'elles sont superbes.

Après des premiers enregistrements valeureux de Frédéric Munoz chez Naxos, ce sont ensuite les performances (surtout l'enregistrement de la Missa Apostolorum en fait) de Roberto Loreggian qui ont rendu toute leur brillance et leur modernité à ces oeuvres.

Par rapport aux réalisations précédentes, ce coffret Brilliant récent présente, outre son prix abordable, de nombreux atouts:
- A l'instar des trois volumes séparés de Frédéric Munoz et au contraire des deux réalisations isolées de Loreggian chez Tactus, ce double album de Federico del Sordo, est une intégrale des trois messes de Merulo (avec plain chant alterné).
- Cette intégrale est enregistrée sur un orgue historique contemporain des oeuvres de la grande dynastie Antegnati de facteurs d'orgue, celui construit par Costanzo Antegnati dans la cathédrale de Vérone. Un orgue extrêmement intéréssant car très typé, beaucoup plus mat et boisé que ce que l'on pourrait attendre d'orgues italiens brillants (voire crissant dans les aigus) dans cette prise de son proche, ce qui vient peut-être du choix de registration, très poétiques et favorisant les jeux de fonds, de l'organiste. A l'opposé le plain chant est enregistré "de loin" permettant de sentir la grandeur des lieux.
- Le jeu de Federico Del Sordo me parait étonamment naturel, souple, relâché, empreint d'évidence et de sérénité, ne recherchant pas l'impact et la flamboyance vénitienne, mais soulignant, sans surligner, la subtilité du texte comme peut-être personne avant lui. Une souplesse qui montre le progrès accompli dans l'appréhension de ce répertoire par les organistes, notamment italiens, lors des 20 derniéres années et un parti pris opposé à Roberto Loreggian qui donnait à plein dans la flamboyance vénitienne électrisante sur des orgues plus tardifs.

Ceux qui aiment les orgues qui s'imposent et saisissent l'auditeur de par leur puissance pourront regretter un manque d'impact, les autres, qui préfèrent aller à la musique plutôt que cette derniére s'impose à eux de maniére trop autoritaire, apprécieront particuliérement, comme moi, cette superbe réalisation, à ranger aux cotés de l'intégrale des toccatas réalisées par Francesco Tasini et pour les complétistes avec l'intégrale (hors messes) des oeuvres pour orgue par Stefano Molardi.


Toccatas & Motets
Toccatas & Motets
Prix : EUR 22,09

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une conclusion tant attendue, 1 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Toccatas & Motets (CD)
Il y a bien longtemps que l'on désespérait de voir cette superbe intégrale consacrée à un des plus grands compositeurs pour clavier de l'époque baroque, par un des légendes de l'interprétation du clavier baroque, qui a grandi dans l'ombre de Gustav Leonhardt et qui semble s'épanouir toujours plus les années qui passant, arriver enfin à son terme avec ce dernier volume placé sous le thème de la toccata.

Il manquait à cette intégrale de l'élève le plus fameux de Frescobaldi, un clavecin italien.

Ce dernier volume comble ce manque avec le superbe clavecin "F.A. 1677" de la collection Kenneth Gilbert, clavecin sur lequel il enregistra les toccatas clavecinistiques, c'est à dire selon lui à peu près toutes les toccatas sauf celles pour l'élévation, en même temps que le seconde (double) volume de cette intégrale (enregistré sur le clavecin Couchet-Blanchet-Taskin de la même collection Kenneth Gilbert) il y a maintenant 15 ans...

Il aura donc fallu quinze ans pour que ces captations nous soient offertes. Délai difficile à justifier, qui n'est pas non plus expliqué dans le livret.

En fait, comme pour les volumes de l'intégrale Louis Couperin qui se sont faits ou se font encore attendre, c'est probablement justement du côté de ce livret, particulièrement fouillé, de Bob van Asperen qu'il faut trouver la raison de ce délai surréaliste. Il semble en effet que Bob devienne, avec l'àge, de plus en plus pointilleux pour déclarer ses notices suffisamment mûres à la publication.

Mais cela en vaut la peine, surtout pour ceux qui souhaitent comprendre un peu mieux cette musique, stylistiquement complexe, et ce, même si j'ai trouvé cette notice très précise et précieuse plus touffue que limpide dans son style (on sent qu'il a été difficile de fondre tous ces détails dans une écriture cohérente).

Heureusement, le jeu de Bob van Asperen est lui, aussi précis mais beaucoup plus limpide que son écriture, donnant un sentiment de force vitale, de fluidité, d'évidence et d'élan à ces compositions denses et multiformes de cette forme fragmentaire qu'est la toccata italienne du début du XVIIe siècle.

Asperen adapte particulièrement son jeu aux qualités de pureté et de tonicité de ce clavecin italien particulièrement coloré (le diapason bas y est certainement pour quelque chose) en adoptant une virtuosité se nourrissant des qualités bondissantes et chantantes de l'instrument ainsi que des différences de timbres entre ses registres, tout en ne sacrifiant jamais la coherence des pièces, cohérence qui constitue peut-être, la qualité essentielle de cette interprétation avec celles de maitrise technique et de précision de l'articulation.

Aussi, le fait de mettre ses toccatas bout à bout (même si ce n'est pas une intégrale des toccatas car les toccatas V, Toccata VIII, Toccata XIII et Toccata XIV sont présentes sur le volume 5 et les 3 toccatas du manuscrit de chigi, anciennement attribuées à Frescobaldi, sont jouées sur le volume 6, même si elles font l'objet d'un paragraphe dédié dans cette notice), donne une vision d'ensemble de l'évolution de la forme toccata chez Froberger vers plus de cantabile, d'introspection, de métaphysique, ce même si tous ces derniers aspects sont déjà dans ses premières toccatas comme en témoigne la reprise de la toccata II (peut-être en fait un tombeau de Frescobaldi comme d'autres toccatas seraient aussi d'autre tombeaux) à l'orgue, d'une manière splendide (je trouve d'ailleurs qu'Asperen a particulièrement brillé dans son jeu l'orgue dans cette intégrale), en conclusion de ce programme.

On appréciera aussi la présence des deux seules pièces vocales de Froberger qui nous sont parvenues, deux motets , très vivants et aussi un peu déroutants, qui insérés dans ce programme après le premier et le second tiers du programme, chacun à la suite d'une toccata pour l'élévation, permettent de varier ce programme dans les formes et dans les timbres et raviront les complétistes.

Enfin, on mentionera spécialement la fantaisie sur l'hexacorde, jouée à l'orgue dans le volume 5, et ici vraiment exceptionnellement jouée sur ce clavecin italien, dont les qualités se trouvent ici sublimées par Bob van Asperen.

Un grand merci, donc, à Bob van Asperen et à Aeolus pour avoir mené cette superbe et ambitieuse entreprise finalement à son terme, à force de talent, de rigueur, de persévérance et de patience.

En espérant que les inédits d'un manuscrit vendu il y a quelques années chez Sotheby's seront un jour enregistrés, dans un hypothétique 9eme volume, peut-être dans 15 ans...


L'Art de Heinrich Scheidemann
L'Art de Heinrich Scheidemann
Prix : EUR 17,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Scheidemannien par excellence, 29 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Art de Heinrich Scheidemann (CD)
L'oeuvre aux multiples facettes et extrêmement attachante de Heinrich Scheidemann a souvent souffert de comparaisons, souvent injustes, avec celles de son prédécesseur et professeur que fut Sweelinck et de ses successeurs tels Buxtehude ou Bach.

Des comparaisons souvent injustes car effectuées à l'aulne du critère de la complexité et de la richesse contrapunctique, alors que l'art de Scheidemann est surtout basé sur la couleur des timbres, la chaleur du ton, proche de la voix et du chant, et un pouvoir narratif et poétique se nourrissant de la poésie de la renaissance en meme temps qu'annoncant aussi le style galant du XVIIIe siécle.

Pour apprécier la diversité et la spécificité de cette oeuvre, cette réalisation s'imposera probablement à tous les sceptiques doutant de la valeur de ce compositeur.

Sans jamais lâcher l'idiome de l'orgue, l'ensemble "le concert brisé" y adjoint la richesse des timbres des autres instruments dont, bien sûr, le cornet, instrument indissociable de la voix et de l'orgue, particuliérement pertinent dans les transcriptions de motets, mais aussi les autres instruments du concert brisé comme le violon et la flûte à bec. Cela nous rappelle combien la douceur et la chaleur de l'orgue Scheidemannien vient de l'exploitation de la richesse des timbres de ces grands orgues allemands, non pas, ne général, pour en tirer de la puissance mais pour en exploiter toutes les nuances pour imiter la voix et la musique de chambre.

L'autre force de cette réalisation est de superbement articuler la diversité des formes de ce compositeur, commencant par le prélude et finissant par celle de la danse (avec une superbe pavane lachrymae jouée à la flûte) en passant par l'arrangement de motets, l'arrangement de choral et une petite fugue en milieu de programme qui n'est pas sans lien avec une autre forme cultivée par Scheidemann et assez absente de ce programme, celle du Magnificat, forme moins exclusivement catholique, en tout cas au XVIIe siècle, qu'on le pense de nos jours.

Enfin, cet ensemble sait magnifiquement combiner les subtilités scheidemanniennes sans en renier pour autant leur "germanitude" et leur vitalité, il sait aussi parfaitement restituer l'aspect ruminant, se répétant et variant légèrement sans cesse au sein d'un flot mélodique continu, qui évoque la narration et la méditation de maitres anciens comme Sweelinck et surtout Peter Philips. Un aspect de l'art musical baroque peut-être pas assez mis en valeur y compris dans les interprétations de Buxtehude et BACH, un aspect qui n'est peut-être pas étranger à ce que Reincken croyait comme un art perdu à la fin de sa vie, (référence à la citation de Reincken s'exclamant devant BACH après qu'il ait joué sa fantaisie An wasserflussen Babylon "je croyais cet art mort mais je vois qu'il vit en vous").


Polonica - Musique à connotation polonaise autour de 1600
Polonica - Musique à connotation polonaise autour de 1600
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Polonica ou certaine idéalisation de la délicate douceur de vivre polonaise, 28 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Polonica - Musique à connotation polonaise autour de 1600 (CD)
Cet album fut le premier enregistrement solo de Michal Gondko, luthiste polonais cofondateur, avec Corina Marti, de l'ensemble la Morra.

Il fait partie de ces enregistrements qui ne m'ont pas particuliérement impressioné mais qui en prenant le temps de la réécoute et de la relecture de la notice, force quand même le respect devant le travail accompli en documentation, en préparation et en restitution d'un certain raffinement et certaine douceur de vivre polonaise, distincte de l'école germanique de luth à laquelle on l'associe souvent, et que l'on peut presque mettre en relation avec l'idiome de Frederic Chopin près de 200 ans plus tard.

La comparaison avec Chopin, qui écrivait des mazurkas et des polonaises à Paris, est d'autant plus appropriée que l'on écoute ici des pièces, patiemment rassemblées par Michal Gondko à partir de manuscrits épars, qui évoquent plus la pologne qu'elles sont véritablement polonaises, les sources de musique pour luth polonaise de cette époque, ayant été quasiment toutes détruites à jamais.

Si j'avoue préférer l'entrain, la variété, la rythmique plus tranchante et le ton plus germanisant de l'album "If lute could speak" que Michal Gondko a enregistré avec Marcin Zalewski, je suis reconnaissant pour l'existence de cette production particulièrement soignée au parti pris autant assumé qu'enrichissant et évocateur.

Il est même, au moins, un cran au dessus d'un autre album entièrement consacré au luth polonais: "Black Cow" de Jacon Heringman composé de pièces de Waissel et Bakfark (deux luthistes qui ont joué à la cour de Pologne), largement écoutable et assez intéréssant, au jeu sincère et engage, mais souvent téléphoné dans ses intentions voire parfois techniquement poussif.


Bach, J.S.: Harpsichord Works
Bach, J.S.: Harpsichord Works
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 19,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un des joyaux de la période Philips de Gustav Leonhardt, 28 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach, J.S.: Harpsichord Works (CD)
Difficile de dire quelle a été la période de sa vie et la compagnie de disque pour laquelle il travailla qui représenterait un quelconque "sommet" de la carrière discographique de Leonhardt.

Il faudrait choisir entre:
- ses premiers enregistrements chez Vanguard, souvent contestables mais fondateurs,

- ses premiers sommets pour Deutsche Harmonia Mundi dans les années 60 (Anthologie Froberger, Art de la fugue, seconde partie du Klavierübung, seconde partie du clavier bien tempéré) qui seront prolongés dans les années 70 (capriccios de Frescobaldi, partitas, première partie du clavier bien tempéré, variations goldberg...) voire 80 avec au clavecin les superbes anthologies Louis Couperin de 1980 et Froberger de 1989 et à la direction la messe en Si et la passion Saint Mathieu de BACH.

- sa collaboration avec Teldec des années 60 aux années 70 avec notamment les cantates de BACH avec Harnoncourt mais aussi l'intégrale des concertos pour clavier toujours étonnante, des récitals visionnaires comme sa seconde anthologie Froberger (jeu à l'orgue, utilisation d'un clavecin italien pour jouer Froberger en 1970!) et une anthologie de petits maitres nord allemands (Reincken, Scheidemann, Böhm...) dont on comprendra seulement plus tard combien ils étaient grands, et des pièces de clavecin en concert de Rameau qui ont elles un peu moins bien viellis,

- ou bien ses enregistrements pour le label Seon des années 70 en solo (anthologies pour orgue notamment celles consacrées aux maitres d'allemagne du sud, premiers récitaux Duphly et Forqueray, suites anglaises minérales, suites francaises majestueuses, inventions et partitas engagées, offrande musicale appolinienne...) ou en groupe (je pense notamment aux sonates pour flute de BACH avec Brüggen et Kuijken)

- ou encore sa période EMI Reflexe dans les années 80 et ses deux cycles BACH entiers les derniers qu'enregistrera ce maitre Bachien par excellence, à savoir les partitas et les suites anglaises qui témoignent de l'évolution de son style vers plus de brillance et de plus de relâchement dans le plaisir partagé caractéristique du Leonhardt tardif

- ses multiples et souvent splendides anthologies des années 90 consacrées aux maitres "mineurs" dans la collection Sony Vivarte, des anthologies qui bénificient souvent de superbes prises de son (avec des exceptions comme la seconde anthologie Forqueray ou la prise du son du clavicorde dans son anthologie Böhm) et témoigne d'une recherche de pureté du style, au delà du combat, largement gagné, pour prouver l'expressivité du répertoire clavecinistique.

- sa dernière période faite de récitaux aussi rares que mûris principalement ches Alpha (je pense notamment à son récital Byrd mais aussi un superbe et dernier Louis Couperin couplé avec Frescobaldi), une période pendant laquelle Leonhardt aura peut-être plus que jamais réussi à être naturel et sincère, dans un mélange d'engagement et d'abandon. Une période qui se conclue par une derniére anthologie Forqueray de toute beauté parue dans un label improbable et rééditée il y a peu par Diapason.

- et donc cette période "Philips" de la fin des années 80 et du début des années 90, une période marquée par une certaine pureté, entre ascèse et plaisir sonore, un équilibre naturel entre les voix et entre les parties d'une même piéce avec un art particulier de composer des programmes divers mais cohérent. Et puis aussi, c'est une période marquée par une prise de son très propre et précise, mais moins chirugicale que celle des années DHM, plus coloré et moins mate que celle de la plupart des enregistrements Seon et simplement bien meilleure que la plupart des enregistrements Teldec (même si la prise de son des concertos de BACH me semble réussie) et plus régulière que celle de la période Sony Vivarte.

Ce récital BACH faite de piéces de nature diverses (dont beaucoup de pièces qui peuvent se jouer au luth), qui partagent entre elles quelque chose de frais et de juvénile mais aussi quelque chose de tendre et d'intime, fait, avec un récital Frescobaldi que j'apprécie particuliérement, partie des plus beaux joyaux de cette période Philips.

On retrouve ici le meilleur de Leonhardt. à savoir ce charme magnétique, cette profondeur, ce naturel dans les pièces luthées que sont les suites BWN 996 et 998, cet élan lyrique tendre, naturel et humaniste, notamment dans cette fantaisie et fugue en la mineur et ce cappriccio sur le départ bien aimé (dont on saut que ce titre est erroné mais qui n'en est pas moins attachant) et puis cette capacité à rendre une évidence et une unité organique à une pièce aussi fragmentée et improvisée que la rutilante toccata BWV 914.

La prise de son est excellente, très proche du clavecin et très définie mais pas sèche, nous permettant de percevoir le caractère du clavecin et le soin du détail et à l'attaque différenciée des touches du maitre en pleine possession de ces moyens techniques et artistiques et aussi, voire sutrout, complètement épanoui sur le plan personnel.


Scheidemann Orgelmotetten
Scheidemann Orgelmotetten
Prix : EUR 34,78

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les motets de Scheidemann, porte d'entrée pour réunir les facettes multiples et paradoxales de son oeuvre musicale, 25 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scheidemann Orgelmotetten (CD)
L'oeuvre de Heinrich Scheidemann, personnage central de l'orgue nord allemand du milieu du XVIIe siècle, est complexe et paradoxale.

Riche car elle contient énormément de styles différents: oeuvres dansantes et profanes, prélude libre, choral luthérien à variations, magnificats pour orgue (forme que l'on croit exclusivement catholique mais qui se lie très bien au culte de Marie exercé et encouragé par Martin Luther lui même) mais aussi paraphrase instrumentale de motets.

Paradoxale, car semblant se libérer des règles contrapuntiques du passé pour s'abandonner à une facilité de développement mélodique moderne voire décadente (aux yeux de certains en tout cas) comme une sorte de Liszt des temps baroques, alors qu'elle puise ses racines dans les grands maitres polyphoniques vocaux de la renaissance, en premier lieu duquel Orlando di Lasso / Roland di Lassus.

Là où Karin Nelson nous avait présenté dans un superbe double album l'intégrale des magnificats et où nombre d'anthologies se cantonnent à une vision principalement luthérienne "classique" de Scheidemann à base de chorals entrecoupés de préludes, l'originalité de ce double album de Klaus Eichorn est de nous présenter en intégralité et aux côtés de leurs modèles vocaux, entre autres ceux de Orlando di Lasso, les nombreux motets pour orgue de Heinrich Scheidemann, joués sur (et accompagnées par) l'orgue Scherer de Tangermünde, Scherer: un facteur d'orgue dont la douceur des registres est bien connue et dont on connait le lien avec l'esthétique de Scheidemann puisque le grand orgue de l'église Sainte Catherine de Hambourg, que Scheidemann avait fait étendre par Stellwagen (et qui a été reconstruit il y a peu) avait été construit par la famille Scherer.

La réussite de cette entreprise est de résoudre le paradoxe apparent entre la polyphonie vocale "stricte" de la renaissance et cette facilité mélodique peu contrapunctique de Scheidemann en nous montrant en quoi autant les tuyaux de Scherer, que les oeuvres de Lassus chantées avec un naturel et un relâchement étonnants, et les adaptations subtiles et poétiques de Scheidemann convergent vers une esthétique chaleureuse, abordable, inclusive, et douce, qualificatifs qui n'empêchent pas une dimension spirituelle voire mystique de s'imposer à l'auditeur.

Ici ou là, on pourra trouver que cette dominante de la douceur et du naturel auraient gagné à être complétée par plus de tranchant, de caractère et de relief et on peut aussi trouver que le jeu de Klaus Eichorn assez peu, on pourra aussi dire finement, articulé fonctionne mieux sur un petit orgue renaissance (comme celui de Stellichte dans son anthologie Scheidt-Scheidemann) dans que sur un orgue de cette taille dans cette acoustique.

Mais il n'en reste pas moins que l'originalité, la pertinence et la chaleur simple de cette entreprise est profondément attachante et constitue une explication, sans mots, limpide de l'idome musical Scheidemannien en rassemblant ses composantes et résolvant ses contradictions apparentes, le plus naturellement du monde.


Fandango
Fandango

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Généreux, 24 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fandango (CD)
Dans le monde de la musique de juin 1996, Hervé Pennven, écrivait, à propos de cet album, le texte suivant, que Mario Raskin reprend sur son site:
« Pour rendre justice à cette écriture nerveuse sans tomber dans la monotonie, l'interprète doit posséder une approche virtuose et un jeu varié. L'excellent claveciniste argentin Mario Raskin se montre plus convaincant dans les sonates aux tempos rapides, où sa sûreté technique fait merveille. »

Je suis en fait assez d'accord avec ce jugement.

En bon elève de Rafael Puyana, puis de Scott Ross, à qui il aurait transmis le "virus Soler" de son maitre colombien, il déploie les couleurs bariolées et le tempérament sud-américain de son maitre colombien et l'insolence paradoxalement classique de son professeur américain.

Sa virtuosité technique et son tempérament joueur se trouvent plus efficaces dans les pièces rapides, dont le fandango initial, qu'il prend rapidement comme une certaine tradition.

Même dans ces pièces rapides, on percoit ce qui fait peut-être la spécificité de Mario Raskin, c'est à dire un certain humanisme hédoniste, une ironie tendre, un besoin d'établir le contact avec l'auditeur, de lui faire plaisir et de lui faire des clins d'oeil.

Et c'est aussi vrai qu'il manque peut-être aussi ce petit quelque chose de souplesse dans le phrasé, une certaine capacité à suggérer les sous-entendus et les drames, dans les pièces plus tendres du moine catalan, comme sait le faire peut-être mieux un bob van asperen dans son intégrale publiée peu de temps auparavant la sortie de cet album, ou encore plus près de nous, un certain Diego Arés.

N'empêche, on passe un très bon moment de vie, de couleurs et de tendresse en écoutant cette prestation généreuse et humaniste de Mario Raskin, celui qui permis de transmettre la passion de ce répertoire entre deux clavecinistes aussi différents que Rafael Puyana et Scott Ross.


Oeuvres pour orgue
Oeuvres pour orgue
Prix : EUR 18,71

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une belle anthologie que j'avais rêvée encore meilleure, 22 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres pour orgue (CD)
J'adore Heinrich Scheidemann et je suis persuadé que cet orgue "Schnitger" de la nouvelle église de Göteborg est un des meilleurs moyens d'exprimer la chaleur si particulièrement poétique et la force d'évocation de cette musique de Scheidemann.

Une musique que l'on peut considérer, d'une certaine manière, "intermédiaire" entre celles de Sweelinck, Buxtehude et BACH mais qui ne doit pas s'évaluer à la lumière des constructions contrapunctiques architecturales de ces maitres, et qui, au contraire, doit s'apprécier pour ses qualités propres, de chaleur, de cantabile, d'art du récitatif, de rhétorique apparemment simples s'appuyant sur des registres légers mais très variés, un art qui éclaire le versant plus poétique et narratif de la musique de BACH mais aussi de Sweelinck, un versant trop souvent caché par la brillance et la virtuosité des compositions de ces grands maitres.

Joseph kelemen a prouvé, dans ses enregistrements Sweelinck, Praetorius et Weckmann, qu'il était un des organistes actuels qui avait complètement assimilé cette touche poétique nord allemande particulière, avec un art consommé à la fois du fondu des registrations et une faculté d'animer la déclamation récitative avec élan et sensibilité.

J'avais donc placé des attentes très élevées pour cette anthologie.

Peut-être un peu trop, car, sans démérité et malgré de très beaux moments que seuls la beauté de cette orgue et l'art de la nervosité fondue de Monsieur Kelemen peuvent procurer (Jesus Christus, unser Heiland en plage 9 est notamment un grand moment de poésie et d'expression organistique), ce magnifique orgue a déjà été mieux capté et Joseph Kelemen semble parfois tombé par épisodes dans une légère forme de routine ainsi qu'un manque intermittent de clarté et de direction.

Pour le reste, on reste dans le très haut niveau.


Oeuvres D'Orgue
Oeuvres D'Orgue

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Luthérien et terrien, 22 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres D'Orgue (CD)
La redécouverte (notamment les orgues Schnitger de Alkmaar et de la AA Kerk de Groningen), la restauration (L'orgue Scherer de Tangermünde), voire la reconstruction (Orgue Schnitger de la Jakobi Kirche de Hambourg et derniérement la reconstitution de l'orgue Scherer-Stellwagen de la Katharinenkirche de Hambourg tel qu'il avait été étendu sous l'autorité de Scheidemann) des grands orgues baroques de l'allemagne hanséatique est inconstestablement un des facteurs de la réévaluation tardive de la musique de Heinrich Scheidemann.

Pour son hommage à Scheidemann, à l'occasion du 400eme anniversaire de sa naissance, en 1996, Bernard Coudurier a choisi l'orgue de Norden, un orgue Schnitger à 4 claviers, magnifiquement restauré par Jürgen Ahrend, dans une acoustique particulièrement claire et spatialement définie, qui lui donne un impact sonore direct et une sonorité chambriste exceptionnel pour un orgue de cette dimension.

Comme il le fera pour ses intégrales Vincent Lübeck Nikolaus Bruhns, enregistrées à peu près à la même époque et sur le même orgue, Bernard Coudurier prend un malin plaisir à exploiter les qualités chambristes de cet orgue en mettant en exaltant le relief et l'impact sonore des préludes et l'éloquence tendre et nerveuse de ces longs récitatifs de ces chorals Scheidemaniens.

Ce qui caractérise cette anthologie, c'est qu'elle est organisée comme une cérémonie religieuse, comme une messe luthérienne en l'honneur de Scheidemann, commencant par un carillon, finissant par un autre carillon et constitué d'une alternance entre préludes jouant, aussi le rôle d'interludes, et chorals luthériens en plusieurs parties, en y excluant l'influence des arrangements de motets du catholique Orlando di Lassus.

La seule entorse potentielle au rite luthérien aurait pu être ce magnificat au centre du récital, mais chacun sait que les compositeurs protestants ont aussi composés beaucoup de magnificats et que Luther a toujours encouragé le culte de Marie.

Dans son jeu, Bernard Coudurier cultive plus l'éloquence simple, sonnante et trébuchante ainsi qu'un art de la rhétorique qui colle aux mots et au texte et qui parle à l'auditeur directement dans l'oreille, plus que de grandes envolées lyriques ou des élans théatraux mystiques dans une sonorité englobante.

Ce parti pris humain, presque profane, et en tout cas très ludique et sympathique, est louable et assez réussi (écouter ce second verset du Choral "Herr Christ, der einig Gottes Sohn" désarmant de simplicité) même s'il expose aussi peut-être aussi un certain manque de continuité dans l'animation de ces longs récitatifs.

Dans l'ensemble, il s'agit d'un album largement recommandable, pour qui souhaite une vision chambriste, assez "renaissance", à la fois très luthérienne et terrienne, de l'oeuvre de Heinrich Scheidemann, sur un des plus beaux orgues baroques nords-allemands qui soit.


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