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Contenu rédigé par Nicolas
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Commentaires écrits par
Nicolas
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Biber: Fidicinium Sacro Profanum
Biber: Fidicinium Sacro Profanum
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Très baroque, assez français, surtout excellent, 20 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Biber: Fidicinium Sacro Profanum (CD)
Cette version est une des deux versions de référence de ce recueil de Biber, mal connue, faussement naïve, plus "molle" que certaines de ses oeuvres antérieures (sonates du rosaire, sonates de 1681, sonates pour l'autel et la table...) mais exquise et profonde.

Là où l'autre version de référence, celle de Gunar Letzbor, restitue la douceur et la profondeur pré-classique, voire pré-romantique de ces oeuvres en variant les tempos et les timbres sur des séquences successives mais avec un son étonamment homogène, David Plantier et ses Plaisirs du Parnasse nous offre la version la plus baroque, la plus accentuée, avec ces petits coups d'archets millimétrés et ces petits décalages qui donnent du relief au son et une excitation baroque à la phrase, sans pour autant mettre en cause la cohérence des piéces, au contraire.

Pour faire court, on pourrait dire que David Plantier et son ensemble exaltent l'indépendance des voix et leurs interactions de tous les instants alors que Gunar Letzbor exaltent les contrastes entre les sections successives de ces pièces avec un son beaucoup plus homogéne et peut-être mois évident à écouter.

David Plantier exalte aussi l'aspect francais de ces oeuvres avec ces rythmes pointés de danse et ces multiples détails, embellissements et ce refus de s'apesantir.

On dit que Gunar Letzbor est le successeur de Goebel dans ce répertoire austro-hongrois, mais sur cette oeuvre, celui qui s'en rapproche le plus avec ces petits coups d'archet vifs, précis et qui donne de la variété et de l'air au discours musical et participe à cette éloquence si particulière que Goebel avait et que je retrouve, un peu, dans le jeu de David Plantier.

C'est peut-être la version de cette oeuvre que je recommanderai en priorité devant l'autre version de référence de Ars Antiqua Austria, celle pionnière du Clemencic Consort qui a encore ses charmes puis celle du Purcell Quartett que je n'aime guère mëme si elle est très propre.

Une très belle réussite de cet ensemble qui sera confirmée par le magnifique album consacré à Johann Paul von Westhoff quelques années plus tard.


Fidicinium Sacro Profanm
Fidicinium Sacro Profanm
Prix : EUR 22,09

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une des deux version de référence, sous le signe de la profondeur et du classicisme, 19 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fidicinium Sacro Profanm (CD)
Fidicinium sacroprofanum (12 sonatas for 1 or 2 violins, 2 violas, and continuo) est le dernier cycle de musique instrumentale de Biber d'une période féconde de 7 ans qui vit la composition des 12 Sonatae tam aris quam aulis servientes (1676), des 12 sonates du rosaire (1676), des 6 suites de la "Mensa Sonora seu Musica Instrumentalis" (1680), des 8 sonates pour violon seul et basse continue (1681) et donc de ce cycle de 12 sonates pour instruments à cordes en forme de quintette "Fidicinium sacroprofanum" paru en 1683. Pour rappel, il faudra attendre ensuite attendre 13 ans pour voir la publication d'un autre receuil de musique instrumentale (le dernier) de la par de ce compositeur: "Harmonia artificioso-ariosa: diversi mode accordata" en 1696, son testament.

Il semble que la parution de chaque oeuvre de cette période courte et féconde, correspondit à une étape dans l'ascension fulgurante de ce musicien, cette oeuvre ayant été celle qui lui permit d'atteindre le titre de Kapellmeister de Salzbourg en 1684 (la dernière étape fut son anoblissement en 1690).

Pour Gunar Letzbor, le chef de cet ensemble Ars Antiqua, ces oeuvres constituent un sommet dans la musique de chambre qui ne sera ensuite atteint, dans un autre langage, que par les derniers quatuors de Beethoven. En fait, elle rappelle furieusement, dans une configuration différente, les consorts pour viole en forme de quatuor (et de quintette, voire sextette) de compositeurs comme John Jenkins ou Henry Purcell qui annoncent, eux aussi, les quatuors de la période classique. Il y a en tout cas, une douce profondeur voire noirceur qui s'extrait de cette version, qui a peut-être quelques liens avec la disparition du clavecinisite/organiste du groupe quelques semaines avant l'enregistrement.

En plus de cette gravité, on admirera aussi l'étonannte cohérence des timbres de cet ensemble qui ne semble faire qu'un du début à la fin ainsi qu'une certaine brillance ambivalente (mélancolique?) et des mouvements de danses sous-jacents amples et souples, légèrement bercants, un brin naifs (ancêtre de la valse?). Bref, comme un parfum de vienne.

Plutôt que de rappeler le style de Goebel et de son Musica Antiqua Köln (rapprochement inévitable tant la personnalité du chef est forte et le son allemand de son violon corsé rappelle le maitre de Cologne qui a marqué la discographie de Biber de son empreinte), cette performance s'inscrit peut-être plus dans la filiation avec la douceur et la flexibilité d'un autre ensemble autrichien (celui du Clemencic Consort de René Clemencic) qui avait livré une très belle version, en première mondiale, de cette oeuvre au point que je pensais qu'il s'agissait de la meilleure version (je la préférais simplement à celle du Purcell Quartett trop neutre et dilettante à mon goût). Heureusement, que j'avais ,par précaution, ôté une étoile et mis un point d'interrogation á mon qualificatif de première version car cette version est encore supérieure: plus souveraine sur le plan technique, plus intérieure et fouillée, plus caractérisée aussi avec des changements de rythmes plus marquée et des variations de timbres particulièrement impressionantes selon les mouvements, sans pour autant mettre en péril la cohérence de chaque pièce.

Cette version est donc une des versions de référence de la discographie avec celle de David Plantier et de son ensemble "Les plaisirs du Parnasse" chez Zig-Zag Territoires, lequel est peut-être à la fois plus baroque et Goebelien ainsi que plus facile d'écoute au premier abord, les qualités de cette présente version me semblant nécéssiter plus d'attention et de réécoute pour être appréciées à leur juste valeur.


Haydn : Sonates pour piano II. Curtis.
Haydn : Sonates pour piano II. Curtis.
Prix : EUR 20,74

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le Haydn de Alan Curtis, sur deux superbes (et rares) pianofortes viennois originaux, 18 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haydn : Sonates pour piano II. Curtis. (CD)
Après un premier volume qui brilla notamment par la variété des instruments utilisés, Alan Curtis a choisi pour ce second volume uniquement des sonates qui semblent "demander" le pianoforte en tant que tel.

La sonate 44, Hob XVI:29 du cycle de sonates dites "Esterhazy". Ces sonates légères, voire allégée sur demande explicite du prince, sont souvent difficiles à restituer de facon captivantes mais celle-ci est jouée de manière magistrale sur ce pianoforte Schantz de 1790 vraiment resplendissant. Alan Curtis aurait peut-être du enregistrer ce cycle des sonates Esterhazy complet tant il semble bien pouvoir les jouer.

Les sonates 58 et 59, Hob XVI:48 et 49, pré-londonniennes, font partie de ses oeuvres à la fois tardives et pianistiques parfois jouées en concert (voire surjouées car les pianistes jouent souvent les même). Dans ces oeuvres qui jouent de facon assez extrême avec les dynamiques du pianoforte et demande de l'ampleur et de l'intensité ainsi qu'une certaine capacité à remplir l'espace sonore, le jeu de Curtis me semble atteindre ses limites. C'est la sonate Hob XVI:49 qui semble la plus convaincante sur qui me parait trop divaguante, décorative, manquant de corps et de direction.

Avec les sonates 47 Hob XVI:32 et 51 Hob XVI:38, versatiles à souhait, on retrouve les sommets de l'expression Haydnienne et le meilleur du jeu d'Alan Curtis sur instrument historique (ici un pianoforte Anton Walter de 1796 d'une collection privée) avec notamment des trilles jaillissantes et jouissives et une fantaisie toujours renouvellée qui ne remet pas en cause le déroulement tranquille de ces sonates pourtant riche en rebondissement.

C'est avec ce mélange, d'une part de fraicheur juvénile et de lyrisme mozartiens et d'autre part de sérénité entrecoupée de suprise et de contraste typiquement Haydniens que s'achève cette seconde anthologie Haydn d'Alan Curtis, un artiste qui a décidément des choses à dire sur ce répertoire et sur la facon de bien le jouer sur instruments anciens.


Mensa Sonora Battalia
Mensa Sonora Battalia
Prix : EUR 16,91

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un beau complément à la version de Reinhard Goebel, 18 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mensa Sonora Battalia (CD)
En ce qui concerne la musique de Biber, comme pour celle de Telemann d'ailleurs, je pense que Reinhard Goebel reste, avec son ensemble Musica Antiqua Köln, une référence incontournable, même pour les enregistrements qui datent des années 80 comme celui que cet ensemble avait fait de cette mensa sonora (table sonore --> musique de table) couplée avec la sonata representativa.

Pourtant, il est toujours important, pour moi en tout cas, d'avoir plusieurs versions (au moins deux) des oeuvres majeures selon des parti pris différents.

Plutôt que choisir la version du Purcell Quartett, parfait dans son parti pris, mais bien trop relâchée et trop peu dynamique et contrastée à mon goût, je me suis tourné vers cette version de cette Baroque Band dirigée par Garry Clarke.

Comme souvent chez les ensembles baroques américains, à mon avis souvent sous-estimés, le son est propre, la lisibilité est irréprochable, et les rythmes sont carrés et les contrastes sont marqués mais snas atteindre la versatilité de Reinhard Goebel ou de Manfredo Kraemer, cet ensemble évite le contre-sens Haendelien, que les ensembles anglo-saxons peuvent parfois faire, grâce à un son qui n'est pas trop lisse (même si ce n'est pas le son bohémien que Gunar Letzbor ou Reinhard Goebel tirent de leurs violons Stainer) et a du corps et une capacité à surprendre nécessaire dans cette musique de Biber.

Là où Goebel nous distrait au milieu de son programme par la Sonata Representativa, Garry Clarke choisit de compléter avec une autre oeuvre représentative et non dénuée d'humour: Battalia. Une oeuvre qui nous montre combien Biber aimait les dissonances (et était loin de l'idiome de la tonalité que developpait Corelli à l'époque) jusqu'á évoquer la musique dodécaphonique dans certains mouvements.

Ce fut un album vraiment agréable à écouter pour cet ensemble de Boston, qui est décidément, la ville la plus européenne des états-unis et qui en tout cas abrite les meilleurs ensembles baroques américains du moment.


Le Clavier bien tempéré
Le Clavier bien tempéré
Prix : EUR 39,38

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 5 étoiles, temporairement, sur la base d'extraits enthousiasmants, 18 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Clavier bien tempéré (CD)
Je viens de commander cet article sur la base des extraits et de la notice disponibles sur les sites internet respectifs de linn records et hyperion et je n'ai pas resisté d'écrire cette courte revue préliminaire, basée sur les extraits donc sans garantie ni prétention, tant je trouve cette version alléchante.

Cette facon de privilégier les relations et les proportions entre préludes et fugues pour résoudre des problèmes interprétatifs, cette facon d'intégrer la philosophie Leibnizienne en toute simplicité en se concentrant dans le monde de l'humain et sur sa pulsation cardiaque, ce ton spontané, pas du tout fumeux mais proche et éloquent, l'utilisation de cette copie Mietke par Bruce Kennedy (il y tellement peu de versions récentes sur clavecin allemand et je n'en connais aucune sur un clavecin "Mietke") très bien captée (très proche et cela me plait bien), tout cela me séduit très fortement et devrait en séduire d'autres.

En attendant de recevoir et d'écouter cet album en entier (j'espère que je ne changerai pas d'avis aprés l'écoute entière des pièces car parfois c'est sur la durée qu'on trouve les défauts de ces interprétations où les voix s'égarent et le fil se perd...) pour le commenter plus en détail.


Pièces De Clavecin 1746
Pièces De Clavecin 1746

5.0 étoiles sur 5 Le culot et l'instinct de la jeunesse, la sensibilité aussi, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pièces De Clavecin 1746 (CD)
Il est de notoriété publique que, à l'époque de ses enregistrements pour l'Oiseau Lyre, Christophe Rousset travaillait très peu ses enregistrements et fonctionnait avec le culot de la jeunesse et l'instinct du moment, bien aidé en celà par une virtuosité époustouflante.

Il en résultait des atmosphères bien différentes: tantôt des enregistrements d'une beauté limpide classique, telles ses partitas de Bach, tantôt une beauté un peu plastique et superficielle (comme ses variations goldberg), tantôt un grisement de tous les instants résultant d'une mise en danger quasi-permanente (comme dans son intégrale Rameau), tantôt des performances quasi-improvisées, sensibles et pré-romantiques jouées sur la corde sensible avec la fougue de la jeunesse comme c'est le cas dans cet album Pancrace Royer (on pourrait aussi le dire de son album Gaspard Le Roux).

Ces performances bien différentes ont un point commun qui les magnifient: le clavecin Hemsch de 1751, un des plus beaux clavecins historiques qui nosu soit parvenu, surtout quand il est capté d'aussi belle manière.

Christophe Rousset reviendra à Pancrace Royer dans un second album plsu réfléchi, plus rugueux, plus anguleux, plus théatral, moins soyeux, moins lyrique mais pas moins intense sur le Goujon-Swanet du musée de la musique. Pourtant, cette première performance du premier Rousset avec un orgueil et un culot presque arrogants mêlés à une sensibilité à fleur de peau sur un clavecin superlatif garde aujourd'hui encore toute sa fraicheur et tout son pouvoir de fascination.

Il est de notoriété publique que Christophe Rousset travaillait très peu ses enregistrements et fonctionnait avec le culot de la jeunesse et l'instinct du moment, bien aidé en celà par une virtuosité époustouflante.

Il en résultait des atmosphères bien différentes: tantôt des enregistrements d'une beauté limpide classique, telles ses partitas de Bach, tantôt une beauté un peu plastique et superficielle (comme ses variations goldberg), tantôt un grisement de tous les instants résultant d'une mise en danger quasi-permanente (comme dans son intégrale Rameau), tantôt des performances quasi-improvisées, sensibles et pré-romantiques jouées sur la corde sensible avec la fougue de la jeunesse comme c'est le cas dans cet album Pancrace Royer (on pourrait aussi le dire de son album Gaspard Le Roux).

Ces performances bien différentes ont un point commun qui les magnifient: le clavecin Hemsch de 1751, un des plus beaux clavecins historiques qui nous soient parvenus, surtout quand il est capté d'aussi belle manière.

Christophe Rousset reviendra à Pancrace Royer dans un second album plus réfléchi, plus rugueux, plus anguleux, plus théatral, moins soyeux, moins lyrique mais pas moins intense sur le Goujon-Swanet du musée de la musique. Pourtant, cette première performance du premier Rousset avec un orgueil et un culot presque arrogants mêlés à une sensibilité à fleur de peau sur un clavecin superlatif, garde aujourd'hui encore toute sa fraicheur insolente et son pouvoir de fascination.


Oeuvres pour clavecin
Oeuvres pour clavecin
Prix : EUR 27,07

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un Louis Couperin vibrant et passioné, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres pour clavecin (CD)
Il y a beaucoup d'anthologies Louis Couperin disponibles et de bonne qualité. Il y en a même une excellente encore plus copieuse (double album de Christophe Rousset) enregistrée sur ce même clavecin, décidément idéal pour cette musique francaise du XVIIe siècle. Alors pourquoi devrait-on s'intéresser à cet album moins copieux d'une claveciniste moins réputée?

Et bien tout simplement parce que Jovanka Marville met dans son jeu une passion franche et a le don de faire sonner, encore plus que Rousset, ce clavecin comme un vrai clavecin du XVIIe siècle en donnant l'impression qu'elle pince les cordes directement (c'est peut-être cela finalement la caractéristique d'un clavecin du XVIIe) et en offrant des ornements à profusion en forme d'un feu d'artifice expressif qui évoque par moments un florilège de chants d'oiseaux.

Plutôt que de rechercher la spiritualité, le style, la retenue, le clair-obscur, la perfection formelle, Jovanka Marville met avant tout Louis Couperin en mouvement et exprime avec une passion et une élégance toute féminines son affection sincère pour cette musique. Elle me fait penser en fait, avec un peu plus de retenue quand même, à Brigitte Haudebourg jouant Louis Couperin sur le Ruckers 1628 du chateau de versailles.

Jovanka Marville insère avec goût dans ce programme 3 pièces de Froberger et une de Chambonnières, deux des compositeurs qui ont le plus influencé Louis Couperin (même si Frescobaldi aurait aussi sa place...).

Il s'agit d'une des anthologies phares de la discographie de Louis Couperin sur ce clavecin Louis Denis 1658 magnifiquement restauré à son état original par von Nagel et si essentiel pour la musique francaise du XVIIe. Une anthologie placée sous le signe de l'amour éternel symbolisé par cette tulipe rouge en couverture.


Indes Galantes (Orig Transc)
Indes Galantes (Orig Transc)
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 39,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Des transcriptions originales de Rameau, inégales mais appréciables, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Indes Galantes (Orig Transc) (CD)
Après avoir enregistré une superbe intégrale des livres de clavecin de Rameau en 1976 pour DG Archiv, Kenneth Gilbert enregistra en 1979 un des tous premiers (peut-être le premier?) albums consacrés aux transcriptions effectués par Rameau de son opéra ballet les indes galantes.

Il choisit pour cela le très typé clavecin Pierre Donzelague 1716 du musée des beaux arts de Lyon, un clavecin typé aux médiums un peu âpres et aux aigus percants qui donnent du piquant à ses transcriptions et se marient bien, à mon avis, avec le jeu, toujours aussi simple et classique, mais toujours finement (trop finement pour certains) en constant décalage et en syncope de Kenneth Gilbert.

Le seul défaut de cet album pionnier est peut-être de ne pas oser altérer et improviser sur les transcriptions effectuées par Rameau lesquelles sont parfois un peu trop litérales pour expliquer le pouvoir suggestif et la continuité légère de cette musique, ce qui donne parfois l'impression qu'on enfonce des clous là où on devrait s'imaginer une danseuse qui virevolte dans les airs.

La meilleure facon d'écouter cet album est donc de ne pas l'écouter litéralement, notes à notes, mais d'ouvrir son imagination et de la nourrir de ces mouvements suggestifs, peut-être timides mais réels, de Kenneth Gilbert et des silences qu'il ménage, qui doivent amener l'imaginaire de l'auditeur à compléter ce qui n'est pas explicitement dit. Evidemment, pour cela, il ne faut pas être crispé par les sonorités parfois un peu acides de ce clavecin capté ici brillament mais crûment.

Une fois cela dit, les premières et les dernières pièces sont vraiment excellentes et ne requièrent même pas cette sorte de "gymnastique auditive" pour être appréciés à leur juste valeur.

Globalement, je trouve cet enregistrement supérieur à celui, pourtant plus récent, de Christophe Rousset.

Je vous conseille aussi, au clavecin seul, les albums de Kenneth Weiss, Catherine Zimmer qui utilisent, en partie au moins pour Kenneth Weiss, les transcriptions de Claude Balbastre pour résoudre le problème évoqué ci-dessus, ou alors, pour une version à deux clavecins, le travail de Pierre Hantai et Skip Sempé qui ont pris la liberté de transcrire ou retranscrire certaines pièces à leur guise quand les transcriptions existantes ne les satisfaisaient pas ou quand elles étaient tout simplement inexistantes.


Rameau : Symphonies pour deux clavecins
Rameau : Symphonies pour deux clavecins
Prix : EUR 16,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un point d'équilibre entre opulence sonore et bon goût, raffinement et spontanéité, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rameau : Symphonies pour deux clavecins (CD)
"Affable, Animé, Digne, Noble, Elegant, Energique, Joyeux, Opulent, Orné, Raffiné..." tels sont les qualificatifs de cet album sur le site "allmusic.com" qui semble vouloir associer de facon systématique des qualificatifs aux enregistrements qu'il référence.

Il me semble que ces qualificatifs sont assez justes, même si cela ne suffit pas à savoir quelle est la vraie valeur de cette performance, qui m'a longtemps, je l'avoue, un peu rebuté car je la trouvait un peu trop tapageuse et brillante.

J'ai donc, avec le temps, mais surtout avec la mise en ligne sur youtube du concert de près de heures de leur concert donné à la cité de la musique, appris à aimer cette approche trés équilibrée entre punctuation et fluidité, saturation sonore et délicatesse de la corde de ces deux clavecinistes que sont Pierre Hantai et Skip Sempé.

S'il joue dans ce concert sur le ruckers-taskin et le goujon-swanet, ils avaient opté sur ce disque pour une alternance entre trois instruments: un modéle d'après l'école Lyonnaise (Donzelague?), une copie d'Antoine Vater (1738) et une copie d'aprés Christian Zell (1728), tous des clavecins typés assez différents (ce qui permet de concilier clarté et variété entre les pièces) qui partagent entre eux une certaine précision et une tonicité.

J'avais tort de considérer cet album au départ comme clinquant, alors qu'il est simplement hédoniste et complice, même si c'est vrai que la clarté et la personnalité sont parfois saturantes au niveau de la brillance du son. J'adore particulièrement l'utilisation du jeu de luth d'un des clavecins pour accompagner l'autre, quelque chose que j'avais rarement entendu.

J'avais tort de considérer ce jeu comme démonstratif et trop accentué, alors qu'il est avant tout fluide et laisse une part suffisante à la rêverie, même si le sentiment de liberté est encore plus flagrant dans leur performance de concert ultérieure. C'est simplement baroque... et francais.

Finalement, outre la complicité unique de ces clavecinistes aux talents uniques (et différents) qui s'apprécient mutuellement, c'est peut-être le travail de transcription et d'aptation à l'idome du clavecin, très soigné, qui a été la clé de voute de la réussite de cet album, puisque Rameau lui même n'a pas été apparemment toujours le meilleur transcripteur de ses propres oeuvres. Ces deux clavecinistes ont pratiquement, au niveau du raffinement et de l'adpatation au clavecin, réussi à faire ce que D'Anglebert avait fait pour les pièces de Lully, ce qui n'est pas peu dire.


Pachelbel : Intégrale de l'oeuvre pour orgue, vol. 1. Schmitt, Essl, Christie, Beloti.
Pachelbel : Intégrale de l'oeuvre pour orgue, vol. 1. Schmitt, Essl, Christie, Beloti.
Prix : EUR 47,46

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un beau Pachelbel qui rime pourtant un peu trop avec solemnel, 17 novembre 2014
On associe souvent BACH à l'héritage des grands maitres de l'orgue de l'allemagne du Nord de Sweelinck à Buxtehude qu'il rencontra (comme Reincken) dans sa jeunesse, mais la première influence voire la base de l'éducation musicale du jeune BACH vient de la tradition de l'allemagne du centre et du sud.

Orphelin à l'âge de 10 ans, c'est en effet sous l'aile de son frère Johann Christoph, qui revenait juste d'une longue période d'aprentissage chez Pachelbel, que le jeune BACH appris les bases de la composition et du jeu au clavier. Dans la librairie de son frère, Bach, recopia, en cachette, les oeuvres de maitres tels Froberger, Kerll et bien sûr Pachelbel, considéré par beaucoup comme un aboutissement de cette "école du sud" tout comme Buxtehude le fut pour "l'école du nord".

Et pourtant, l'oeuvre de Pachelbel, plus "domestique", moins aventureuse harmoniquement que celle de Buxtehude, a cette éloquence simple au sein de ce contrepoint simple mais élaborée que l'on retrouvera chez BACH. Et puis dans l'oeuvre de Pachelbel, il y a surtout cette imagination sans borne au service de la variation même à partir des matériaux les plus simples et toujours magnifiquement fondue dans un cadre contrapunctique clair et équilibré, caractéristique de cette école du sud à la fois plus conservatrice mais aussi plus solaire que l'école du nord.

Le premier volume de cette intégrale a deux principaux mérites:
- d'abord, celui d'exister car les intégrales disponibles et abordables de ces oeuvres ne courent pas les rues: la première "intégrale" (que l'on pourrait qualifier aujourd'hui d'anthologie) de Marie-Claire Alain n'a pas été rééditée au disque compact, et les intégrales d'Antoine Bouchard et Joseph Payne en 11 volumes séparés sont désormais assez onéreuses.
- ensuite, celui d'être enregistrée par des organistes qui connaissent leur sujet et joue sur des orgues d'allemagne du centre adéquats: le jeu est sobre mais a cette éloquence simple que ces oeuvres requièrent avec un zeste de fantaisie et de joie perceptibles

Pourtant, je ne suis pas complètement convaincu par l'écoute extensive, les uns après les autres, de ces disques. Il y a une sorte de sentiment de lassitude qui gagne, malgré les changements d'orgue et la succession d'interprètes différents. Outre une prise de son bien équilibrée mais un peu neutre, des registrations un brin sévères et puissantes pas toujours assez chantantes, il y a une forme de solemnité un peu trop systématique dans le jeu qui gomme les accents de fantaisie et de tendresse, pourtant réels, de ces interprétations.

Je reste donc plus sensible à la jovialité chambriste d'Antoine Bouchard et à cette tendresse sensuelle et solaire, mêlée à une imagination débordante, de Joseph Payne (qui reste pour moi LA référence même si elle n'est pas la plus abordable, du point de vue financier).

N'empêche, c'est un coffret tout à fait recommandable. Je guetterai aussi avec une attention encore plus particulière le second volume qui devrait contenir des pièces de clavecin/clavicorde aussi exquises que peu enregistrées.


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