ARRAY(0xada55ec4)
 
Profil de Nicolas > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Nicolas
Classement des meilleurs critiques: 29
Votes utiles : 1468

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Nicolas
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Bach : Goldberg Variations. -Tureck
Bach : Goldberg Variations. -Tureck
Prix : EUR 13,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pour ceux que le son EMI des années 50 rebute, une bonne alternative, 19 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Goldberg Variations. -Tureck (CD)
Rosalyn Tureck avait gravé dans les années 50, des variations Goldberg visionnaires, annonciatrices de la radicalité de la seconde version de Glenn Gould mais avec ce petit swing et cette insolence de la Rosalyn Tureck de cette époque. Les conditions d'enregistrements n'étaient malheureusement pas optimales tout comme la remastérisation filtrée de EMI dans son édition digitale, très critiquée par certains, mais qui laisse quand même apprécier, à mon avis, la finesse de ce jeu et de ces attaques millimétrées, cette absence de complaisance et d'avachissement et cette tension poétique omniprésente. Vous l'avez compris, cette version des années 50 et celle que je préfère parmi celle de Tureck et peut-être même parmi toutes les versions piano que je connais, avec celles de Gould et Koroliov.

Pourtant, pour ce que le son "ancien" rebute, cet album est une alternative intéréssante pour découvrir le jeu de cette pianiste dans ces variations. Il est difficile de savoir quand les prises de son ont été faites, mais il s'agit apparemment de plusieurs prises faites sur un longue période de temps et remixées par Andrew Kazdin, le producteur légendaire de Glenn Gould et Murray Perahia.

On appréciera évidemment la qualité du son, bien supérieure à la version historique et on appréciera aussi le jeu du Tureck de la maturité qui alterne entre la radicalité de sa jeunesse et quelques flottements controllés, plus suggestifs et plus pianistiques au sens classique du terme.

Les limites de cette version sont à mon avis à trouver dans une hétérogénéité du style (probablement due aux qui n'arrive pas vraiment à faire de ces 32 variations un cycle dramatique du début à la fin ainsi que dans certaines variations qui manquent de précision et de tranchant.

Malgré ces limites, ce disque regorge de merveilles avec à peu près un tiers des variations vraiment jouées à un niveau exceptionnel et aucune d'elles vraiment ratées. Il est bien meilleur que la plupart des versions piano disponibles, que je trouve, bien trop souvent, ennuyeuses sur la durée en tout cas.


Bach : Suites Françaises
Bach : Suites Françaises
Prix : EUR 16,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une belle version qui vaut surtout de par sa liberté de ton et de par les sonorités soyeuses du clavecin, 17 avril 2014
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Suites Françaises (CD)
Alors que je trouve les premiers enregistrements Bach du jeune Rousset un peu irréguliers avec notamment de très belles partitas mais aussi des Goldberg moyennes au vu de ses capacités, je trouve les derniers enregistrements Bach de Christophe Rousset non seulement vraiment réussis mais aussi novateurs et ambitieux au niveau de l'approche.

L'exemple le plus patent de cette ambition est peut-être ces suites anglaises qui offrent un espace immense à la créativité et la virtuosité de ce claveciniste qui a su rester un claveciniste soliste de premier plan malgré son activité énorme de chef d'orchestre.

Les suites francaises sont dans cette lignée avec un ton libre et vif, une faculté à sortir ces suites du cadre intime sans pour autant leur faire perdre leur part de rêverie ou tomber dans la caricature orchestrale. La première suite est à ce point de vue, une pure révélation, un chef d'oeuvre d'interprétation qui concilie les contraintes contraires dans un discours à la fois équilibré et personnel qui s'appuie merveilleusement sur la beauté de ce clavecin Ruckers de Neuchâtel, notamment ses fameux aigus perlés que l'on doit probablement à Jean-Henry Hemsch.

Malheureusement, la réussite incontestable de la première suite ne se confirme pas complètement sur toutes les suites, avec parfois un ton personnel et une volonté de ne pas s'apesantir qui s'accomodent un peu moins bien de la délicatesse et de la fragilité de certains mouvements.

Globalement, de par le superbe clavecin qui correspond parfaitement à ces oeuvres (et qui accentue leur caractère francais), et ce ton personnel et inédit, il s'agit d'un très bel album assez complémentaire de deux versions récentes que j'affectionne particulièrement: celle de Bob van Asperen sur le Christian Vater de 1739 avec un magnifique sens de l'ornementation et celle sensible et rêveuse de Colin Tilney sur un clavicorde d'Arnold Dolmetsch.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 19, 2014 4:55 PM MEST


Bach, JS: Das Wohltemperierte Klavier
Bach, JS: Das Wohltemperierte Klavier
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Energique mais discipliné, inspiré mais maitrisé: un clavier libre et unique en son genre à écouter pour les jeunes générations, 16 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach, JS: Das Wohltemperierte Klavier (Téléchargement MP3)
Le clavier bien tempéré de Ton Koopman est singulier et assez remarquable.

Sur une copie Ruckers tonique (faite par Willem Kroesbergen), très bien captée, le jeu de Ton Koopman, est, comme à son habitude, tranchant, clair et très solide rythmiquement. De ce jeu se dégage une énergie palpable, qui n'est pas étouffée par un respect écrasant devant l'oeuvre de Bach. Au contraire, Ton Koopman prend ces oeuvres à bras le corps, on pourrait dire au premier degré, et prend la liberté d'ornementer ces pièces de facon vraiment étonnante et libre.

Le plus remarquable, outre le fait que les ornements sont parfaitement executés, c'est qu'ils ne remettent en aucun cas en cause la tenue rythmique irréprochable du claveciniste, ce qui fait que, la plupart du temps, ils ne brouillent pas la lisibilité ni le suivi des différentes voix du contrepoint.

L'approche de Ton Koopman dans le clavecin de Bach est limpide: utiliser plutôt les ornements plutôt que l'agogique (faire varier la longueur des notes) pour rendre le clavecin expressif. C'est le seul que je connaisse à le faire et qu'il le fait bien et cela produit souvent un effet vraiment jubilatoire. Si ce rythme solide comme un roc et cet art de l'ornementation peut trouver ses limites dans les passages appelant un cantabile plus vocal surtout dans le premier livre, il fonctionne vraiment bien dans ce second livre où Koopman se joue des difficultés techniques en y ajoutant des ornements là où d'autres seraient déjà heureux de jouer simplement les notes et en tenant encore mieux sa ligne rythmique que dans le premier livre.

Ce qui rend cette performance étonnante et unique, c'est aussi le fait que personne d'autre avant ni après n'a joué le clavier bien tempéré de cette manière, aussi libre, énergique et ornementée.

Maintenant, tout le monde n'aimera pas cette approche survitaminée ni ces ornements qui peuvent se révéler parfois agacant suivant l'humeur du moment, surtout quand Koopman abuse des trilles exécutées parfaitement mais souvent de la même manière, si bien qu'on peut se demander s'il s'agit de tic ou d'inspiration.

N'empêche, l'ornementation de la musique de Bach n'est pas une pratique suffisamment expérimentée les jeunes clavecinistes de la génération montante et voudrait le coup d'être explorée plus profondément. Pour l'instant, outre Koopman, seuls Verlet, Egarr et Asperen me semblent être, à pas mesurés mais assez réussis, allé dans cette direction. Rien que pour cela, l'écoute de ce clavier bien tempéré est fortement recommandée.

L'inconvénient de cette version dématérialisée, c'est l'absence de la notice de Harry Halbreich qui contient des présentations particulièrement bien faites de chaque prélude et fugue.


Bach - The Well-Tempered Clavier, Bk.2
Bach - The Well-Tempered Clavier, Bk.2

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Energique mais discipliné, inspiré mais maitrisé: un clavier libre et unique en son genre à écouter pour les jeunes générations, 16 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach - The Well-Tempered Clavier, Bk.2 (CD)
Le clavier bien tempéré de Ton Koopman est singulier et assez remarquable et ce second livre en particulier.

Sur une copie Ruckers tonique (faite par Willem Kroesbergen), très bien capté, le jeu de Ton Koopman, est, comme à son habitude, tranchant, clair et très solide rythmiquement. De ce jeu se dégage une énergie palpable, qui n'est pas étouffée par un respect écrasant devant l'oeuvre de Bach. Au contraire, Ton Koopman prend ces oeuvres à bras le corps, on pourrait dire au premier degré, et prend la liberté d'ornementer ces pièces de facon vraiment étonnante et libre.

Le plus remarquable, outre le fait que les ornements sont parfaitement executés, c'est qu'ils ne remettent en aucun cas en cause la tenue rythmique irréprochable du claveciniste, ce qui fait que, la plupart du temps, ils ne brouillent pas la lisibilité ni le suivi des différentes voix du contrepoint.

L'approche de Ton Koopman dans le clavecin de Bach est limpide: utiliser plutôt les ornements plutôt que l'agogique (faire varier la longueur des notes) pour rendre le clavecin expressif. C'est le seul que je connaisse à le faire et qu'il le fait bien et cela produit souvent un effet vraiment jubilatoire. Cet art fonctionne même encore mieux dans ce second livre où Koopman se joue des difficultés techniques en y ajoutant des ornements là où d'autres seraient déjà heureux de jouer simplement les notes et en tenant encore mieux sa ligne rythmique que dans le premier livre. Aussi, là où cette ornementation peut obscurcir ici et là quelques détails dans certaines fugure du premier livre, elle me semble mieux mettre en valeur la force expressive de ce second livre.

Ce qui rend cette performance étonnante et unique, c'est aussi le fait que personne d'autre avant ni après n'a joué le clavier bien tempéré de cette manière, aussi libre, énergique et ornementée.

Maintenant, tout le monde n'aimera pas cette approche survitaminée ni ces ornements qui peuvent se révéler parfois agacant suivant l'humeur du moment, surtout quand Koopman abuse des trilles exécutées parfaitement mais souvent de la même manière, si bien qu'on peut se demander s'il s'agit de tic ou d'inspiration.

N'empêche, l'ornementation de la musique de Bach n'est pas une pratique suffisamment expérimentée les jeunes clavecinistes de la génération montante et voudrait le coup d'être explorée plus profondément. Pour l'instant, outre Koopman, seuls Verlet, Egarr et Asperen me semblent être, à pas mesurés mais assez réussis, allé dans cette direction. Rien que pour cela, l'écoute de ce clavier bien tempéré est fortement recommandée.

A noter que cette édition économique que je ne possède pas (je posséde l'édition avec le code ASIN: B00000E8T1) ne bénéficie peut-être pas de la notice très détaillée et excellement écrite de Harry Halbreich sur chaque prélude et fugue.


Well Tempered Clavier 2
Well Tempered Clavier 2
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 57,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Energique mais discipliné, inspiré mais maitrisé: un clavier libre et unique en son genre à écouter pour les jeunes générations, 16 avril 2014
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Well Tempered Clavier 2 (CD)
Le clavier bien tempéré de Ton Koopman est singulier et assez remarquable et ce second livre en particulier.

Sur une copie Ruckers tonique (faite par Willem Kroesbergen), très bien capté le jeu de Ton Koopman, est, comme à son habitude, tranchant, clair et très solide rythmiquement. De ce jeu se dégage une énergie palpable, qui n'est pas étouffée par un respect écrasant devant l'oeuvre de Bach. Au contraire, Ton Koopman prend ces oeuvres à bras le corps, on pourrait dire au premier degré, et prend la liberté d'ornementer ces pièces de facon vraiment étonnante et libre.

Le plus remarquable, outre le fait que les ornements sont parfaitement executés, c'est qu'ils ne remettent en aucun cas en cause la tenue rythmique irréprochable du claveciniste, ce qui fait que, la plupart du temps, ils ne brouillent pas la lisibilité ni le suivi des différentes voix du contrepoint.

L'approche de Ton Koopman dans le clavecin de Bach est limpide: utiliser plutôt les ornements plutôt que l'agogique (faire varier la longueur des notes) pour rendre le clavecin expressif. C'est le seul que je connaisse à le faire et qu'il le fait bien et cela produit souvent un effet vraiment jubilatoire. Cet art fonctionne même encore mieux dans ce second livre où Koopman se joue des difficultés techniques en y ajoutant des ornements là où d'autres seraient déjà heureux de jouer simplement les notes et en tenant encore mieux sa ligne rythmique que dans le premier livre. Aussi, là où cette ornementation peut obscurcir ici et là quelques détails dans certaines fugure du premier livre, elle me semble mieux mettre en valeur la force expressive de ce second livre.

Ce qui rend cette performance étonnante et unique, c'est aussi le fait que personne d'autre avant ni après n'a joué le clavier bien tempéré de cette manière, aussi libre, énergique et ornementée.

Maintenant, tout le monde n'aimera pas cette approche survitaminée ni ces ornements qui peuvent se révéler parfois agacant suivant l'humeur du moment, surtout quand Koopman abuse des trilles exécutées parfaitement mais souvent de la même manière, si bien qu'on peut se demander s'il s'agit de tic ou d'inspiration.

N'empêche, l'ornementation de la musique de Bach n'est pas une pratique suffisamment expérimentée les jeunes clavecinistes de la génération montante et voudrait le coup d'être explorée plus profondément. Pour l'instant, outre Koopman, seuls Verlet, Egarr et Asperen me semblent être, à pas mesurés mais assez réussis, allé dans cette direction. Rien que pour cela, l'écoute de ce clavier bien tempéré est fortement recommandée.

Outre la musique, ce qui rend ce clavier bien tempéré particulièrement attractif, c'est la notice qui contient des présentations particulièrement bien faites de chaque prélude et fugue par Harry Halbreich.

P.S.: Il existe une édition plus économique (peut-être sans la notice?) de ce second livre par Koopman sous le code ASIN B000025Y49.


Well Tempered Clavier 1
Well Tempered Clavier 1

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Energique mais discipliné, inspiré mais maitrisé: un clavier libre et unique en son genre à écouter pour les jeunes générations, 16 avril 2014
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Well Tempered Clavier 1 (CD)
Le clavier bien tempéré de Ton Koopman est singulier et assez remarquable.

Sur une copie Ruckers tonique (faite par Willem Kroesbergen), très bien capté le jeu de Ton Koopman, est, comme à son habitude, tranchant, clair et très solide rythmiquement. De ce jeu se dégage une énergie palpable, qui n'est pas étouffée par un respect écrasant devant l'oeuvre de Bach. Au contraire, Ton Koopman prend ces oeuvres à bras le corps, on pourrait dire au premier degré, et prend la liberté d'ornementer ces pièces de facon vraiment étonnante et libre.

Le plus remarquable, outre le fait que les ornements sont parfaitement executés, c'est qu'ils ne remettent en aucun cas en cause la tenue rythmique irréprochable du claveciniste, ce qui fait que, la plupart du temps, ils ne brouillent pas la lisibilité ni le suivi des différentes voix du contrepoint.

L'approche de Ton Koopman dans le clavecin de Bach est limpide: utiliser plutôt les ornements plutôt que l'agogique (faire varier la longueur des notes) pour rendre le clavecin expressif. C'est le seul que je connaisse à le faire et qu'il le fait bien et cela produit souvent un effet vraiment jubilatoire même si cela fonctionne mieux dans les passages rythmiques que dans les passages où le cantabile (souvent à l'oeuvre dans ce premier livre) mériterait d'être mieux mis en valeur.

Ce qui rend cette performance étonnante et unique, c'est aussi le fait que personne d'autre avant ni après n'a joué le clavier bien tempéré de cette manière, aussi libre, énergique et ornementée.

Maintenant, tout le monde n'aimera pas cette approche survitaminée ni ces ornements qui peuvent se révéler parfois agacant suivant l'humeur du moment, surtout quand Koopman abuse des trilles exécutées parfaitement mais souvent de la même manière, si bien qu'on peut se demander s'il s'agit de tic ou d'inspiration.

N'empêche, l'ornementation de la musique de Bach n'est pas une pratique suffisamment expérimentée les jeunes clavecinistes de la génération montante et voudrait le coup d'être explorée plus profondément. Pour l'instant, outre Koopman, seuls Verlet, Egarr et Asperen me semblent être, à pas mesurés mais assez réussis, allé dans cette direction. Rien que pour cela, l'écoute de ce clavier bien tempéré est fortement recommandée.

Outre la musique, ce qui rend ce clavier bien tempéré particulièrement attractif, c'est la notice qui contient des présentations particulièrement bien faites de chaque prélude et fugue par Harry Halbreich.


Le clavier bien tempéré, Deuxième livre
Le clavier bien tempéré, Deuxième livre

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 un second livre un peu moins irréprochable mais toujours touchant et plaisant, dans la lignée du premier, 15 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le clavier bien tempéré, Deuxième livre (CD)
On retrouve dans ce second livre de Blandine Verlet, nombre des qualités qui ont fait la réussite du premier: Outre le clavecin et le parti pris coloré mais équilibré de la prise de son, rigoureusement identiques, on retrouve notamment un très beau contrepoint vivant qui se nourrit d'une différence de texture entre les lignes, des altérations rythmiques qui vivifient le discours et maintiennent l'écoute en éveil et l'absence de tout ce qui ressemblerait à un récit mécanique dans ces pièces qui pourtant ne laissent pas toujours beaucoup de place à la respiration.

C'est donc un second livre touchant et plaisant que nous livre Blandine Verlet.

Pourtant, je ne trouve pas qu'il s'agit d'une réussite au-delà de tout reproche, car cette touche humaniste et éloquente qui fonctionne à merveille dans le premier livre, peut ici et là tourner à la complication voire à une certaine confusion, dont le 12eme couple de prélude et fugue qui clôt le premier disque est à mon avis un des exemples les plus significatifs.

Ce sont bien sûr, d'une certaine manière, les défauts des qualités de Blandine Verlet, mais c'est peut-être aussi dû à la différence de nature entre ce second livre et le premier, plus humaniste, avec un message pédagogique mêlé de la tendresse adressée à ses élèves/enfants, alors que celui-ci semble s'adresser aux lois de la musique, voire de la physique et du cosmos en général, plus qu'à son prochain avec une vue pratique. C'est peut-être, en ce sens, la première oeuvre de la période mûre, pure, abstraite de la période de Bach et je suis séduit par la possibilité qu'il s'agirait entre autre, d'une réponse à Mattheson qui réclamait une notice explicative sur les préludes et fugues du premier livre, ce qui signifierait qu'il s'agirait non seulement d'une oeuvre métaphysique s'adressant à Dieu, au cosmos et aux questions existentielles qui vont avec mais aussi tout simplement d'un méta-livre: un livre sur le livre.

Malgré ces quelques réserves, pas si majeures qu'il n'y parait, c'est un très beau disque qui restera un témoignage touchant de l'art de Blandine Verlet dans Bach avec notamment peut-être la plus belle 9eme fugue de ce recueil, chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre de Bach dans le style renaissance et que l'humanisme de Verlet transcende.

Je vous conseille aussi le second livre récent de Christophe Rousset ou celui plus ancien de Bob van Asperen.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 15, 2014 4:35 PM MEST


Le clavier bien tempéré, Premier livre
Le clavier bien tempéré, Premier livre

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 S'approprier la lettre pour servir l'esprit de ce premier livre, 15 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le clavier bien tempéré, Premier livre (CD)
Je suis d'accord avec Philomèle pour considérer ce disque comme une des meilleures versions du premier livre du clavier bien tempéré autant au niveau du jeu de Blandine Verlet, que du rendu sonore pour lequel Ihoannes Ruckers, probablement Jean-henry Hemsch, et Nicolas Bartholomée sont responsables.

Je diffère un peu de Philomèle quand à l'impression d'effacement (à bon escient) devant le texte et de mise en veilleuse des qualités de créativité et de fantaisie de Blandine Verlet face à l'oeuvre de Bach.

Il me semble justement que c'est la fantaisie de Verlet, sa touche personnelle qui, certes très bien utilisée et dans l'esprit du texte, met en valeur la versatilité, l'humanité, la jovialité de ce premier livre clairement fait pour éveiller les élèves (dont ses fils) de Bach aux merveilles de la musique dans une optique pratique et altruiste (au sens de la transmission vers l'autre) même s'il y a déjà cette aspect théorique et systématique d'exploration des tonalités.

Ces irrégularités, ces altérations Verlettistes, je les entends en fait tout le long de cette performance, même si elles ne sont pas faites pour être entendues. Le fait qu'ils ne sont pas trop voyants est peut-être paradoxalement ce qui rend ces effets si efficaces et respectueux du texte.

C'est donc, tantôt ce sens de la déclamation, de raconter une histoire (qu'on retrouve dans la version de Moroney), tantôt ce cantabile (si bien réussi sur un instrument qui n'est pourtant pas concu pour cela), tantôt ce swing (que l'on retrouve chez Asperen, Koopman au clavecin, Gould ou Gulda au piano), tantôt ces syncopes qui pimentent et/ou fluidifient le discours, tantôt ces ornements "bien sentis" mais aussi un sens de l'équilibre et de la dynamique du contrepoint dans lequel chaque voix à sa place et sa vibration propre, qui font la magie de cette version si humaine et si proche, une version parfaitement dans l'esprit de ce premier livre.

Sans savoir si Bach aurait joué ce clavier de cette manière, on peut imaginer qu'il aurait au moins été fier de la performance d'un de ses élèves jouant de cette manière. C'est d'ailleurs cet objectif du "bon élève" méritant le respect de Bach qui est peut-être l'objectif le plus pertinent auquel un interprète de nos jours peut aspirer, comme Koopman le disait si bien il y a quelque temps.

C'est peut-être cette humilité dans la liberté assumée qui différencie cette version de celle légendaire de Gustav Leonhardt (que j'adore), essaie peut-être plus de tenter de jouer comme Bach lui même, de facon surhumaine, presque monstrueuse.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 15, 2014 3:41 PM MEST


Oeuvres Pr Clavecin
Oeuvres Pr Clavecin

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 1970: la perfection du grand style de Leonhardt dans Frescobaldi est déjà palpable, 14 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres Pr Clavecin (CD)
Après un premier album (dans les années 50) autant en forme de cri d'amour que de pêché de jeunesse pour cette musique de Frescobaldi et une seconde anthologie dans les années 60 encore irrégulière mais clairement sur la bonne voie, cette troisième anthologie Frescobaldi est très proche de la perfection frescobaldienne qui marqueront l'intégrale du livre de capricci et l'anthologie Philips des années 90.

Au delà d'un jeu tranchant et vif, Leonhardt sait tenir ses chevaux (traduction maladroite de "hold his horses") tout en sachant aussi créer des espaces entre les lignes de chant vraiment audibles et un léger mouvement de battement qui berce l'auditeur et rend cette musique, apparemment austère ou hermétique à beaucoup d'auditeur du XXe siècle, abordable.

Il nous emmène dans les profondeurs abyssales de cette musique, des profondeurs en forme de ciel étoilé tant elles sont éclairées de tellement d'étoiles d'autant plus expressives qu'elles sont distantes et distinctes entre elles.

Par rapport aux autres anthologies de référence, celle-ci bénefície d'une partie orgue nécéssaire à la compréhension du monde sonore frescobaldien, elle aussi particulièrement réussie.

Il ne manque que, ici ou là, que d'un brin de souplesse supplémentaire sur quelques rares phrasés pour atteindre la perfection.

Ce ne sera qu'une question de temps...


Oeuvres Italiennes pour clavecin (Leonhardt Edition)
Oeuvres Italiennes pour clavecin (Leonhardt Edition)
Proposé par sellerfellafr
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'excellence du Frescobaldi de Leonhardt en train d'éclore, 14 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres Italiennes pour clavecin (Leonhardt Edition) (CD)
Après BACH (et peut-être Froberger), Girolamo frescobaldi est le compositeur vers lequel Gustav Leonhardt est le plus souvent retourné.

Dans la discographie de Leonhardt On compte (au moins) 6 enregistrements dans lesquel Frescobaldi est à l'honneur:

- "The art of Frescobaldi" chez Vanguard (ASIN: B00018D5UI) enregistré dans les années 50.
- "Harpsichord & consort music" chez Teldec (ASIN: B0000251BA) (avec des oeuvres de Turini, Caccini, Marini et Scarlatti) enregistré dans les années 60
- "Oeuvres pour clavecin et orgue" avec quelques oeuvres de Merula et Picchi chez (ASIN: B0000251OQ) au tout début des années 70
- "Il primo libro di capricci" chez Deutsche Harmonia Mundi (ASIN: B0030BYU66) à la fin des années 70
- "Works for Harpsichord" chez Philips au début des années 90 (ASIN: B00000E4TA) au début des années 90
- "Pièces pour clavecin" chez Alpha avec des oeuvres de Louis Couperin (ASIN: B00006HMFZ) au début des années 2000

Au fil des années, l'interprétation droite, simple, équilibrée, mais surtout chantante et tout en relief de Leonhardt est devenue une référence avec notamment ce livre de capricci et cette anthologie parue chez Philips qui sont à mon avis des sommets Frescobaldiens.

Pourtant, ce niveau d'excellence n'est pas venu d'une simple inspiration divine, mais plutôt d'un long cheminement de temps passé à cotoyer le maître, à mûrir son approche, un cheminement jalonné d'enregistrements, certes pionniers et tous intéréssants, mais qui fûrent aussi parfois, pour les premiers d'enrte eux, autant des coups d'essai que des coups de maitre.

Cet enregistrement, nettement plus aboutie que la première anthologie de chez Vanguard, a déjà cette droiture et cette simplicité, cette facon d'aller à l'essentiel qui fera partie de la magie du style de leonhardt, mais elle n'a pas complètement encore ce relief et ce cantabile (même si la fantasia sesta sopra doi soggetti" en plage 5 en donne un brillant apercu, tout comme la pièce de Caccini en plage 12) qui rendront ce style inimitable et irrésistible.

Les 5 gaillardes (plages 6-10) bénéficient de ce style direct, tranchant et virtuoses du Leonhardt de cette époque.

Les oeuvres pour consort sont très réussies dans l'ensemble, particulièrement la sonate de Francesco Turini en plage 11.

Les sonates de Scarlatti qui concluent ce récital ne sont pas vraiment à la hauteur de ce que Leonhardt fera par la suite.

Aussi, cette anthologie est particulièrement intéréssante pour les instruments qui y figurent: des clavecins originaux Andreas Ruckers de 1638 et Jacobus Kirckman de 1766 (au timbre étonamment intéréssant dans Frescobaldi) apparemment propriétés de Gustav Leonhardt à l'époque ainsi qu'un clavecin italien de 1693 ("anonyme" du Smithsonian Institute à New York et probablement oeuvre de Giusti).

Le niveau technique de ces enregistrements varient de "franchement médiocre" à "assez bon" selon les pièces enregistrées dans ses conditions différentes au cours des années 60.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20