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Contenu rédigé par Nicolas
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Commentaires écrits par
Nicolas
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Daquin : Noëls pour Orgue
Daquin : Noëls pour Orgue
Prix : EUR 13,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Des noëls variés et inspirés, entraînants mais pas caricaturaux, sur un orgue idéal, 19 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Daquin : Noëls pour Orgue (CD)
Complètement d'accord avec la conclusion du superbe commentaire de Mélomaniac: il me semble qu'aprés avoir écouté pas mal de versions (malheureusement pas celle de Robert Bates qui doit être belle, je pense), cette version de Pierre Bardon, sur cet orgue de Saint Maximin, grand mais très nuancé et poétique (avec tous ses tuyaux d'origine) quand on le registre bien et qui a aussi la chance d'être dans une acoustique généreuse mais pas surréverbérée, fait partie de mes deux versions préférées avec celle d'Olivier Baumont qui est complémentaire et difficilement comparable car dans une optique champêtre et faisant appel à l'orchestre à cordes en alternance avec l'orgue.

Là où je diffère un peu, c'est sur l'analyse du jeu de Pierre Bardon qui ne me semble pas "rigidifier les phrasés" ni "figer les expressions", même si l'association entre le fait d'allégoriser les mélodies "comme autant de santons dans la crèche" est très bien vue.

En effet, mëme si Pierre Bardon met bien en opposition les plans sonores et détache bien les groupes de notes comme des mots / des interjections toniques, je trouve son jeu comme ses registrations, dans cet enregistrement du début des années 80, très fluide et nuancé (et pourtant je ne suis pas un fan de ces enregistrements Couperin et Grigny "néo-chapuisiens", que je trouve trop massifs et démonstratifs tout en manquant de vivacité dans le récitatif, sur ce même orgue) surtout si on le compare à l'enregistrement de Christian Mouyen sur l'orgue Dom Bedos de Sainte Croix de Bordeaux que j'aimais pourtant bien avant que cet album de Pierre Bardon ne vienne le détroner.

Dès les premières mesures, on sent que l'on à faire avec un grand disque, par quelqu'un qui comprend cette musique en profondeur et qui ne cherche pas à trop en montrer, sinon à transmettre ses propres émotions, sa joie débordante.


Organ Works
Organ Works
Prix : EUR 21,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Superbe et subtil, 19 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Organ Works (CD)
Ayant été fortement décu par la prestation d'Hervé Niquet jouant les pièces de clavecin de Francois D'agincourt et cet album étant si mal référencé qu'il était devenu introuvable sur la plateforme de streaming á laquelle je suis abonné, j'ai longtemps ignoré cet album de Hervé Niquet, consacré á l'oeuvre pour orgue de Francois d'Agincourt, en alternance avec le plain chant des dames de Saint Jean, dirigées par le même Hervé Niquet.

J'ai eu tort car c'est un superbe album, celui que je recommanderais en priorité pour découvrir l'orgue de Francois D'Agincourt, élève de Nicolas Lebègue et professeur de Jacques Duphly, donc parfait représentant du début du XVIIIe siècle avec les racines présentes du XVIIe et l'influence grandissante du style galant chantant "simplifié".

Hervé Niquet choisi l'orgue Julien Tribuot (1699) de Saint Martin de Seurre, un orgue idéal pour jouer Couperin & Grigny, mais qui fonctionne très bien avec la musique de D'Agincourt plus nuancée et fragile qu'il n'y parait.

Je retrouve ici bizarrement toutes les qualités qui me semblaient manquer dans l'anthologie clavecin du même compositeur par le même interprète: une grande finesse, une pleine assimilation de l'esprit et de la complexité de ces oeuvres, oeuvres dont la filiation avec l'apogée de la fin du XVIIe siècle n'a jamais été aussi claire mais aussi personnelle, à taille humaine, se refusant aux effets faciles sans rejeter la volupté des textures de l'orgue francais et simplifiant la complexité contrapunctique d'un Grigny, cédant en celà au style galant ou chantant, mais sans abandonner l'expressivité sinueuse et élaborée des Couperin, Grigny. Boyvin...

Bien sûr, ce parti pris complètement opposé à celui de Jean Patrice Brosse, dont l'album est l'alternative à celui-ci. Là où, avec beaucoup de pièces semblables, JPB, nous produit une messe des paroisses somptueuse et peut-être un peu pompeuse aussi, Hervé Niquet en fait une messe pour les couvents, simple et touchante.

J'ai tendance à préférer cet album d'Hervé Niquet qui me semble avoir un meilleur équilibre et une plus grande cohérence entre le plain chant et l'orgue et qui place cette musique dans l'héritage du XVIIe là ou JPB utilise les batteries de registration propre au XVIIIe que son orgue, magnifique, de Saint Bertrand de Comminges offre. Je trouve que la prestation à l'orgue de Brosse, excellente aussi dans son style, est diluée dans des parties de plain chant trop extensives.

Un album à recommander sans hésitation pour découvrir D'Agincourt, le seul frein étant peut-être la disponibilité et le prix de la version physique. En attendant une réédition, on peut acheter/écouter cette performance en téléchargement/streaming...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 20, 2014 9:31 AM CET


Pièces pour orgue
Pièces pour orgue
Proposé par hifi-media-store
Prix : EUR 25,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Superbe et subtil, 19 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pièces pour orgue (CD)
Ayant été fortement décu par la prestation d'Hervé Niquet jouant les pièces de clavecin de Francois D'agincourt et cet album étant si mal référencé qu'il était devenu introuvable sur la plateforme de streaming á laquelle je suis abonné, j'ai longtemps ignoré cet album de Hervé Niquet, consacré á l'oeuvre pour orgue de Francois d'Agincourt, en alternance avec le plain chant des dames de Saint Jean, dirigées par le même Hervé Niquet.

J'ai eu tort car c'est un superbe album, celui que je recommanderais en priorité pour découvrir l'orgue de Francois D'Agincourt, élève de Nicolas Lebègue et professeur de Jacques Duphly, donc parfait représentant du début du XVIIIe siècle avec les racines présentes du XVIIe et l'influence grandissante du style galant chantant "simplifié".

Hervé Niquet choisi l'orgue Julien Tribuot (1699) de Saint Martin de Seurre, un orgue idéal pour jouer Couperin & Grigny, mais qui fonctionne très bien avec la musique de D'Agincourt plus nuancée et fragile qu'il n'y parait.

Je retrouve ici bizarrement toutes les qualités qui me semblaient manquer dans l'anthologie clavecin du même compositeur par le même interprète: une grande finesse, une pleine assimilation de l'esprit et de la complexité de ces oeuvres, oeuvres dont la filiation avec l'apogée de la fin du XVIIe siècle n'a jamais été aussi claire mais aussi personnelle, à taille humaine, se refusant aux effets faciles sans rejeter la volupté des textures de l'orgue francais et simplifiant la complexité contrapunctique d'un Grigny, cédant en celà au style galant ou chantant, mais sans abandonner l'expressivité sinueuse et élaborée des Couperin, Grigny. Boyvin...

Bien sûr, ce parti pris complètement opposé à celui de Jean Patrice Brosse, dont l'album est l'alternative à celui-ci. Là où, avec beaucoup de pièces semblables, JPB, nous produit une messe des paroisses somptueuse et peut-être un peu pompeuse aussi, Hervé Niquet en fait une messe pour les couvents, simple et touchante.

J'ai tendance à préférer cet album d'Hervé Niquet qui me semble avoir un meilleur équilibre et une plus grande cohérence entre le plain chant et l'orgue et qui place cette musique dans l'héritage du XVIIe là ou JPB utilise les batteries de registration propre au XVIIIe que son orgue, magnifique, de Saint Bertrand de Comminges offre. Je trouve que la prestation à l'orgue de Brosse, excellente aussi dans son style, est diluée dans des parties de plain chant trop extensives.

Un album à recommander sans hésitation pour découvrir D'Agincourt, le seul frein étant peut-être la disponibilité et le prix de la version physique. En attendant une réédition, on peut acheter/écouter cette performance en téléchargement/streaming...


Dandrieu : Noëls variés pour l'orgue. de Reyghere/Rouet.
Dandrieu : Noëls variés pour l'orgue. de Reyghere/Rouet.
Prix : EUR 17,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La fièvre de Noël selon Dandrieu, 19 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dandrieu : Noëls variés pour l'orgue. de Reyghere/Rouet. (CD)
Noël est certes une importante fête religieuse (et peut-être même d'origine paienne...) mais il est vraiment étonnant de constater la place des variations sur les chants de noël dans le répertoire pour Orgue du XVIIIe siècle en France.

Non seulement, aucun organiste majeur de cette période (Dandrieu, Daquin, Corrette, Balbastre), peut-être à l'exception de D'Agincourt, n'a écahppé à cet exercice, mais surtout il semble que les Noëls constituent l'essentiel de leur production pour orgue, le plus bel exemple étant l'oeuvre de Daquin qui se résume à son fameux livre de Noëls.

Cet album de Pascale Rouet consacré aux neufs Noëls variés de Jean-Francois Dandrieu, avec le chant alterné et surtout concertant de Greta de Reyghere, est une belle réussite et s'impose comme une référence majeure dans la discographie des Noëls du XVIIIe.

En effet, c'est un des rares à faire intervenir la voix et le chant avec l'orgue ce qui est essentiel pour saisir le lien entre la chanson original et les variations que l'organiste en tire, surtout pour l'auditeur moderne qui ne connait pas ses chansons.

Alors qu'il y a quelques raisons pour que je n'aime pas cette voix aigue et vibrée, presque fiévreuse de Greta de Reyghere, je trouve qu'elle fonctionne magnifiquement bien dans ce disque car assez puissante pour exister et se différencier face à l'orgue. Son chant est aussi plein d'élan et justement de fièvre, transmettant ce qui était comme une sorte d'excitation et de fièvre de Noëls comme aucun autre disque le fait.

Cette voix à ce petit tremblant mais aussi ce petit accent un peu nasal qui convient bien, je trouve, à l'ancien francais de cette époque. Nous ne sommes plus dans le chant Lullien et certains diront qu'elle chante comme au XIXe siècle, moi pas. Elle est à mon avis entre le XVIIe et le XIXe, c'est à dire dans le XVIIIe.

Quant à l'orgue de Mouzon, que je n'aime pas trop d'habitude (un peu massif) quand il est utilisé pour jouer Couperin ou Grigny, il est ici splendide, très bien capté, très bien registré avec de beaux contrastes et une "grosse cavalerie" utilisée à bon escient et des registres respectueux de la voix dans les phases d'accompagnement, mais aussi et surtout très bien jouée avec esprit et souplesse, et un vrai souci de partage voire d'improvisation plus que "le nez dans la partition", ce que l'on peut reprocher à l'anthologie Dandrieu de Jean-Charles Ablitzer (qui n'est pas ce qu'il a fait de mieux dans son magnifique parcours discographique).

Il y a aussi une grande nuance et finesse dans le jeu, loin de la caricature "pouêt pouêt tra-la-la" qui n'est pas ce que je goûte le plus dans ce répertoire, ce qui n'est pas étranger à cet exercice d'échange avec la voix.

Bref, un très bel album de Noëls, un de ceux qui nous fait le mieux sentir l'ambiance particulière de cette période dans la france du XVIIIe siécle.


Claude Bénigne Balbastre: Les 4 Suites de Noël en variations
Claude Bénigne Balbastre: Les 4 Suites de Noël en variations
Prix : EUR 10,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Noëls joyeux, joyeux Noël!, 18 décembre 2014
Jusqu’au dernier quart du XVIIe siècle, le répertoire de musique d’orgue francaise, contrapunctique et assez “ardu”, et s’adressait à des cercles d’”amateurs” qui formaient une certaine élite.

Sous l’impulsion, notamment de Lully, et pour servir la gloire du roi soleil, commence, avec Nivers et Lebegue notamment, la naissance d’un style flamboyant qui, sans complétement tourner le dos à la tradition francaise, utilize pleinement la rutilance des registres de l’orgue francais pour “vulgariser” cette musique et s’adresser aux masses.

Ce mouvement entrainera d’abord une sorte d’apogée de l’orgue classique francais avec des auteurs comme Couperin, Grigny, Marchand, Boyvin, Clérambault, Jullien, Guilain… qui sauront combiner la flamboyance du nouveau style et une connaissance solide de la tradition francaise via leurs professeurs prestigieux (Thomelin, Nivers et Lebègue mais aussi Raison).

Pourtant, comme on dit parfois qu’il faille accepter que cela aille plus mal avant que les efforts portent leur fruit, on peut peut-être aussi dire que cette apogée fut inversement le signe de la decadence inévitable que l’on constatera au XVIIIe siècle.

C’est bien sûr un avis personnel mais c’était l’avis de beaucoup de musiciens de l’époque, y compris jean-Philippe Rameau. Il me semble même parfois que ce tout ce qui a été produit au XVIIIe siècle n’arrive pas à la cheville, ni en quantité, ni en qualité de ce qui a été produit dans les “trente glorieuses” du milieu du règne de Louis XIV.

Bien sûr, il y a des exceptions à cette règle: Rameau mentionait lui même Daquin, et puis des compositeurs comme Dandrieu et D’Agincourt (don’t les professeurs faisaient partie de cet âge d’or) on fait de belles choses aussi en ce XVIIIe siècle. Mais il y a surtout le cas de Claude Balbastre, peut-être l’exception qui confirme la règle de ce déclin avec une grande classe tout étant plus que jamais dans le style “decadent” à la fois galant et populaire de l’époque.

Ce livre des suites de Noëls est peut-être donc l’aboutissement de cet art populaire au XVIIIe siècle du chant, et du chant de noël en particulier, transcrit à l’orgue, par celui qui avait aussi pour habitude de jouer les airs d’opéras de Rameau à l’orgue aussi.

Cette version de Eric Lebrun me semble la plus aboutie, par rapport à celle de Jean-Patrice Brosse (à l’orgue), belle mais peut-être un peu directe et brut de fonderie, et celle d’Olivier Baumont (au clavecin, pianoforte et orgue) un peu légère au niveau de la texture sonore et de la tenue des notes, même si l'aternance des instruments assure une variété de timbres entre les pièces. C’est celle qui me semble la plus souple, la plus raffinée, pas très massive mais prenante, pénétrante et entrainante. Celle qui semble aussi la mieux habitée par un esprit humaniste et bienveillant, une performance joyeuse sans être tapageuse, qui respire le bon goût francais.

C’est malheureusement uniquement en téléchargement que vous trouverez un exemplaire de cette version épuisée à un prix raisonnable.

Joyeux Noël!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 20, 2014 9:29 AM CET


Keyboard Classics-Jan Ruckers
Keyboard Classics-Jan Ruckers

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le charme des instruments anciens en général et des clavecins "I.R." en particulier, 18 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Keyboard Classics-Jan Ruckers (CD)
Il y a tant de merveilles qui sommeillent dans les musées et que personne ne joue, qu'on ne peut que saluer l'effort de Martin Souter pour faire revivre ces clavecins à la fois fameux et délaissé au point de ne devenir que comme de beaux meubles, quand ils ont la chance de ne pas être carrément oubliés dans une cave.

Hans Ruckers le jeune, dit Iohannes Ruckers, car il signait ces clavecins des initiales "I.R." pour se démarquer de son père, est un peu au clavecin ce que Stradivarius est au violon, une légende. Une légende que l'on a du mal à expliquer par un facteur technique particulier, si ce n'est pas des qualités acoustiques exceptionelles, par leur beauté, la richesse de leur harmoniques, et surtout la capacité à garder ces qualités dans le temps même lorsque les instruments subissaient des modifications plus ou moins importantes (tous les clavecins Ruckers jouables ont été plus ou moins ravalés).

Ce facteur mythique a disparu en 1642 et il semble que nous disposons d'au moins deux clavecins "I.R." daté de cette dernière année, celui avec lequel Christiane Jaccottet a enregistré une quasi intégrale BACH dans les années 80 (apparemment propriété de l'interprète) et celui ci qui se trouve au Metropolitan Museum of Arts de New York (on possède aussi des faux clavecins "I.R." avec des dates ultérieures comme le Goujon du musée de la musique), enregistré apparemment pour la première fois au disque, un instrument, à l'histoire assez banales (décoration refaite, alignment des claviers, ravalement...) hormis le fait qu'il a été restauré au XXe siècle par Arnold Dolmetsch, personnage essentiel du renouveau des instruments anciens, mouvement largement lancé depuis les Etats-Unis.

Alors que l'on peut regretter, dans certains volumes de cette série, une préparation "limite" des clavecins (probablement dû à une question de budget, car ces clavecins anciens non joués sont parfois délicats à faire sonner correctement, ce qui demande competence et temps, donc de l'argent), l'instrument joué ici a vraiment, au prix d'un gros travail je suppose comme suggéré dans la notice, ce charme typique des Ruckers avec ce son plein mais qui garde son caractère tout en ayant une attaque de cordes sensible et souple (pletcre en plume apparemment) qui restitue bien les irrégularités de cette mécanique ancienne pour en faire un avantage, d'autant que ces irrégularités semblent stimuler le jeu de Martin Souter ou peut-être plutôt se marier avec harmonie au jeu enthousiaste mais assez naturellement régulier de Souter.

Avec la prise de son proche on entend parfois quelques bruits de mécanique, mais rien de gênant, juste le plaisir de pouvoir déguster ce Ruckers avec une belle définition et de manière naturelle.

Sans forcément être la référence de cette seconde partie du Klavierübung de BACH, cet album fait partie des belles versions (avec les Duetti en prime) et a pour lui évidemment ce clavecin si rare trés bien préparé et capté.

A conseiller fortement pour les amateurs de clavecins anciens, en version physique ou en téléchargement, version qualité CD si possible, la notice ne me paraissant pas essentielle même si elle n'est pas mal faite.


Rameau : Pièces de clavecin. Esfahani.
Rameau : Pièces de clavecin. Esfahani.
Prix : EUR 33,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Vif et sophistiqué, 17 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rameau : Pièces de clavecin. Esfahani. (CD)
Au regard des innombrables réussites la discographie actuelle de l'oeuvre de clavecin de Rameau est quasiment sinistrée:
Les superbes intégrales de Scott Ross, Kenneth Gilbert et Catherine Latzarus sont virtuellement introuvables et celles de Noëlle Spieth et Christophe Rousset sont uniquement disponibles en téléchargement ou hors de prix à la revente.

Alors pour se consoler de cette hécatombe, il nous reste:
- la quasi-intégrale de William Christie a été réédité dans le récent coffret rameau des arts florissants
- la réédition d'une très belle intégrale de Trevor Pinnock, au son malheureusement irrégulier,
- la réédition d'une ancienne intégrale d'Olivier Baumont pleine de vitalité "Rossienne" mais pas sans raideur,
- l'intégrale de Blandine Rannou, belle et respectable à défaut d'être incontestable, et accompagnée de superbes pièces de clavecin en concert,
- la légère sobriété de Pieter-Jan Belder chez Brilliant Classics qui manquera pour certains de personnalité et d'engagement.

Dans ce paysage discographique dévasté, l'apparition de cette intégrale est un évènement, d'autant que ce claveciniste d'origine iranienne crée non seulement le buzz outre-manche depuis sa prestation remarquée (et acclamée) au BBC proms, pour ce qui était une première, mais a aussi ce mélange de forte personnalité et d'érudition nécéssaire pour imprimer de grands enregistrements au delà des "bons élèves" de tels ou tels maitres.

Mais, avant d'aborder l'interprétation, il y a un autre intérêt à cette intégrale: celui de pouvoir écouter dans une superbe prise de son pas trop réverbérée et dans un répertoire idéal le superbe clavecin original Ruckers-Hemsch de la collection Cobbe sous toutes les coutures et dans toutes les combinaisons de registres (y compris le jeu de 4 pieds, celui de luth...), un clavecin souvent copié (notamment par Anthony Sidey) mais peu enregistré, hormis dans ce disque de Carole Cerasi consacré à l'oeuvre d'Elisabeth Jacquet de la Guerre, que je ne trouve pas exceptionnel avec des registrations trop riches et standard à mon goût.
Mahan Esfahani prend cette oeuvre de Rameau à bras le corps, jouant chaque note avec une intensité particulière, ne lésinant pas sur les moyens (et il en a) pour mettre cette musique en relief, pour appliquer le principe de jeu de la note inégale pour apporter de la variété, de la surprise et de la rugosité au sein d'un tempo vif qui ne met ni le claveciniste à la faute sur le plan technique, ni ne compromet la lisibilité de cette musique dont les détails ont rarement été aussi bien restitués.

C'est donc une interprétation pleine de caractère et d'esprit, mais pas un esprit abstrait, un esprit vif, foisonnant et tranchant. Sans surprise, c'est dans les pièces vives et de caractère que cette approche est la plus irrésistible avec notamment (mais pas seulement, bien sûr) une poule fantastique. C'est sur l'aspect fluide et rêveur de certaines danses et rondeaux que l'on pourra ici et là noter un manque d'abandon et un léger excès d'effet, lequel se défend au sein de ce parti pris.

Là où j'ai été non seulement intéréssé, passioné mais aussi pleinement satisfait, c'est sur le rendu sonore de ce clavecin à la richesse d'autant plus palpable que la prise de son est proche et peu réverbérée et que Mahan Esfahani sait bien varier les registres dans une texture légère au lieu de nous asséner un "plein jeu" systématique, une registration légère qui s'accomode très bien de ce jeu vif qui donne non seulement vie à cette musique mais aussi à ce clavecin mythique. Certains trouveront la prise de son sèche, je la trouve magique, surtout quand on a un instrument comme celà à capter, et je regrette que l'on en entende pas de telles plus souvent.

Je conseille donc fortement cet album à ceux qui souhaitent entendre une version de l'oeuvre pour clavecin de Rameau de caractère et enregistrée sur un clavecin historique exceptionnel, pas forcément pour ceux qui souhaitent juste se baigner dans les douces harmonies évocatrices de cette musique.


Les Rois de Versailles: Lute Music By Pinel and de Visée
Les Rois de Versailles: Lute Music By Pinel and de Visée
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les luthistes de Louis XIV, 16 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Rois de Versailles: Lute Music By Pinel and de Visée (Téléchargement MP3)
Si on sait que Robert de Visée (1658-1725) a joué un rôle musical prépondérant à la cour de Versailles et fût l'équivalent, pour son instrument (sa famille d'instruments puisqu'il matrisait aussi bien le luth, la guitare que les théorbes), l'équivalent de Marin Marais pour la viole, D'Anglebert puis Francois Couperin pour le clavecin, Guillaume Gabriel Nivers ou Nicolas Lebègue pour l'orgue, on ignore plus que Germain Pinel (1600 - 1661), de près de 60 ans l'ainé de de Visée, fut celui qui initia le Roi Soleil au luth dans ses jeunes années et eu donc influence non moins considérable sur les goûts du Roi.

La quasi-absence des oeuvres de Pinel au disque, me donnait l'impression que la plupart de ses oeuvres étaient perdues, mais c'est faux puisque plus de 80 pièces de lui, principalement des danses, nous sont parvenues. C'est donc un évènement discographique que de pourvoir découvrir 17 pièces de Germain Pinel, sous la forme de 3 suites aux côtés de deux suites de Robert de Visée qui complètent ce programme.

Miguel Yisrael confirme ici, non seulement son goût pour les répertoires et/ou les auteurs peu connus, mais aussi sa classe avec une interprétation tout sauf quelconque. On pourrait qualifier cette performance de profonde et fluide avec un jeu qui joue plus sur la douceur des harmonies et les effets de résonances (un peu comme Anthony Bailes fait dans ces derniers enregistrements) pour exalter le pouvoir suggestif, reflexif et apaisant de cette musique plutôt que l'ivresse, le jaillissement et le pouvoir d'entraînement de la danse et plutôt que l'imprévisibilité du style brisé.

En fait, cette facon de jouer me rappelle la note introductive de Claire Antonini pour son album consacré au luth francais du XVIIe siècle paru pour la Société Francaise de Luth, dans laquelle elle conteste le fait que le style "brisé" résulte d'une harmonie brisée puisque que celle-ci n'était même pas établie mais plutôt une technique permettant à un discours musical presque narratif de se déclamer de manière libre et expressive en s'affranchissant des règles métriques strictes.

On peut rêver d'une vision plus dynamique de ces oeuvres mais on ne peut qu'admirer la maturité et la hauteur de vue de Miguel Yisrael qui fait honneur à cette musique oubliée ou négligée.

Les 2 suites de Robert de Visée s'accomodent, quant à elles, parfaitement de ce style souple et suggestif et s'approchent du niveau des sommets de Hopkinson Smith ou Pascal Monteilhet.

A conseiller pour tous les amateurs de luth.


Harpsichord Works Vol.2: Transcriptions of French Baroque Operas
Harpsichord Works Vol.2: Transcriptions of French Baroque Operas

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sympathique, 12 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Harpsichord Works Vol.2: Transcriptions of French Baroque Operas (CD)
Dans le second volume de son "intégrale" (en fait personne n'a jamais fait d'intégrale Balbastre tant son oeuvre est difficile à cerner avec notamment toutes les pièces en manuscrits), enregistrée à la fin des années 80, Anne Robert a choisi, au contraire de Jean-Patrice Brosse qui choisira d'enregistrer les piéces manuscrites tardives aprés l'enregisstrement du seul livre imprimé, d'enregistrer un album consacré aux transcriptions d'airs d'opéra, tels que consignées dans un manuscrit de la bibiothèque nationale dont on estime la date autour des années 1761-1762.

On apprend dans le livret que, non seulement Rameau appréciait les talents de transcripteurs de Balbastre mais qu'il lui aurait confié lui-même le travail de transcription de certaines de ses pièces d'opéras, ce qui aurait été le point de départ de ce recueil qui contient aussi des oeuvres de Mondonville, Rousseau, Ferrant, Dauvergne et Monsigny, pour ne citer que les piéces qu'Anne Robert a choisi de retenir.

Le choix des pièces (avec notamment certaines pièces de Rousseau et Ferrant qui peuvent paraitre un brin simplètes) et le ton employé par d'Anne Robert accentuent la bonhommie voire la naiveté de l'atmosphére générée par ce disque, ce qui me semble bien en accord avec l'intention de popularisation à usage domestique / de salon (voire de concert dans les églises á l'orgue) derrière ce travail de transcription et propre à l'air de ces temps pré-révolutionnaires.

J'apprécie la clarté de la texture et de la structure qu'apportent les choix de phrasés et de registration d'Anne Robert, notamment dans les danses. L'emploi assez abondant du jeu luth, très bien réglé ici, est assez bienvenu et apporte, en plus de la variété, une certaine légèreté qui contrecarre un certain manque de fluidité dans les phrasés parfois un brin trop carrés.

Ce qui rend finalement cet album sympathique, c'est en fait surtout la sincérité et la simplicité de cet interprète qui n'essaie pas de "se la jouer" avec tel ou tel effet mais juste de jouer et de partager, un état d'esprit qui peut parfois se perdre de nos jours et aussi très bien en phase avec celui de Balbastre.

Pourtant, autant pour ce qui est de la sonorité du clavecin (belle mais vraiment simple, un peu plate sur cet album) que de la fluidité du phrasé, j'ai tendance à préférer l'album récent de Catherine Zimmer qui recoupe largement, mais pas complètement cette performance pionnière de Anne Robert qui pourra donc être un heureux complément pour ceux qui cherchent à se constituer une intégrale Balbastre "maison" à côté des deux albums Balbastre de Jean-Patrice Brosse (premier livre de pièces de clavecin et pièces de clavecin en manuscrit).


Suites
Suites
Prix : EUR 18,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Jeu ennuyeux, son peu avantageux, 11 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Suites (CD)
Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne ressens pas vraiment la même chose que Classiclover sur cet album...

Alors, oui, ce clavecin, construit par William Smith en 1720, est plus qu'intéréssant puisque cet instrument, à simple clavier mais à large étendue, semble être en effet celui qui figure en arrière plan d'un des rares portrait authentique de Händel fait en 1731.

Ce clavecin fait donc partie des trois clavecins survivants qui auraient appartenu à Haendel, les deux autres étant le Ruckers 1599 qui se trouve à la Händel Haus de Halle (et qui fut peut être le tout premier clavecin de Iohannes Ruckers construit conjointement avec son père Hans) et le Iohannes Ruckers 1612 de la Fenton House appartenant à sa majesté la reine d'angleterre (un clavecin enregistré par Trevor Pinnock dans son anthologie Haendel chez Archiv mais aussi par Olivier Baumont dans une belle anthologie Haendel chez Erato).

Et pourtant, un jeu ennuyeux (Martin Souter enfile les notes comme les perles, où est la creátivité du jeu de clavecin? Ce n'est pas parce que l'on prend un parti pris intime tot à fiat intéréssant qu'il faut "ne rien faire" pour faire vivre cette musique) et une sonorité peu avantageuse de l'instrument (rien à voir avec un caractère plus typé mais plutôt avec un toucher raide sur la corde notamment, une nasalité mal maitrisée, un peu aigre), gâchent la fête, pour moi en tout cas....

On est loin de Paul Nicholson, Blandine Verlet, Richard Egarr, Ludger Rémy, Colin Tilney...et j'en oublie. Même l'excitation contestable de Gould, au clavecin, me parait préférable.

Je garderai finalement cet album dans ma discothèque seulement pour le simple fait de posséder un enregistrement de ce clavecin si rare au disque.


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