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Contenu rédigé par CHAMPEAUX
Classement des meilleurs critiques: 12.864
Votes utiles : 109
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Commentaires écrits par CHAMPEAUX "Christophe CHAMPEAUX" (Paris, France)
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
De profundis., 15 novembre 2012
Étranges destins que ceux de ces êtres a priori si proches qui se croisent à travers ces pages et qui entrent en résonance les uns avec les autres, au-delà des lieux et des siècles. Une famille corse, marquée par un destin qui passe par l’ancienne Afrique coloniale, par des relations incestueuses, par des désirs d’absolu qui se heurtent à la réalité du monde. Chacun recherche une forme de bonheur, œuvre à le construire pour finir par se heurter à un écroulement de ce en quoi il a cru. Les amours sont impossibles, viciées ou manquées : aveuglement du jeune étudiant un peu perdu qui ne voit pas l’amour de sa camarade, affection qualifiée de fraternelle qui se manifeste dans des relations pensées comme n’étant que sexuelles, différence de milieux et d’origines qui brise un couple, femme aimée sans se l’avouer que l’on retrouve prostituée dans un bar de la côte… Pourtant, les êtres fondamentalement humains qui habitent ce texte croient. Ils croient à la possibilité d’un monde dans lequel leurs aspirations et valeurs personnelles seront des absolus fiables qui les guideront vers l’accomplissement de soi. Hélas, d’une manière ou d’une autre, l’histoire les rattrape et vient briser leurs mythes personnels sur une réalité plus sombre voire morbide. Toutefois, au-delà de cette espèce de cercle infernal d’un monde condamné à mourir quoi que l’on fasse, à la manière des ces phrases longues et enivrantes qui entraînent le lecteur à leur suite avant de le laisser parfois souffler un peu hagard, le récit porte une dimension inattendue qui semble en quelque sorte en briser sa propre cohérence pour mieux le transcender. L’écroulement des mythes des personnages de notre temps résonne avec celui qu’évoque Augustin, le saint évêque d’Hippone, lorsqu’il est confronté au début du Ve siècle avec la chute de Rome prise par Alaric. Au fil du texte, tant à travers les titres des parties empruntés à son œuvre qu’à travers les travaux universitaires discrètement évoqués de deux des personnages, le païen devenu docteur de l’Église est constamment présent, comme si l’auteur nous invitait à dépasser la sombre évocation élevée au rang de mythe du monde, par une aspiration mystique et philosophique, seule capable sans doute de nous faire échapper à un monde condamné autrement à disparaître dans la négation de soi-même et des valeurs avec lesquelles on croit le construire. Comme le rappellent différents passages de l’œuvre, Dieu seul est le démiurge. Si l’homme s’arroge sa place, il se condamne à rester dans ce monde condamné par essence. Pourtant les réponses ne sont pas simples, et si l’homme est invité à construire la Cité de Dieu, la seule promise à l’éternité, il est foncièrement relié à un monde qui l’ébranle et qui le fait douter, tout comme le grand Augustin confronté à la mort au milieu de l’écroulement de sa ville dans ce qui tient lieu en quelque sorte d’épilogue au roman. Au lecteur ensuite de se forger ses convictions dans l’intimité de son cœur. Le roman de Jérôme Ferrari réussit de manière surprenante à faire coexister dans le même texte deux visions a priori antithétiques entre un monde condamné à mourir, comme souvent l’histoire tragique du XXe siècle l’a fait croire, et une aspiration spirituelle que Malraux pressentait pour notre siècle. Aucune réponse n’est donnée, aucun dogmatisme : seul le doute est là. Mais c’est dans le doute que naît la réflexion, et donc la philosophie. Et c’est en restant ouvert qu’on peut éventuellement rencontrer Dieu.
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4.0 étoiles sur 5
Efficace, 5 août 2011
Un produit agréable et efficace, en particulier par la possibilité de régler le débit ! Cela évite d'avoir des effluves violentes lorsque vous pénétrez dans votre voiture, mais permet de garder une odeur plutôt agréable. Un bon achat.
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4.0 étoiles sur 5
Efficace, 5 mai 2011
Toujours difficile d'évaluer un rasoir mécanique... Chaque nouveau produit est présenté comme révolutionnaire ! Je ne pense pas avoir trouvé la panacée ultime, mais il faut reconnaître que ce rasoir rase bien, avec moins de passages que d'autres, irrite moins et laisse donc une sensation plus agréable. J'ai d'ailleurs racheté des lames de ce modèle ! À essayer !
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3.0 étoiles sur 5
Dur-amer., 25 mars 2011
« La littérature, c'est la vie », dit-on parfois. Certes. Mais la vie, c'est aussi la mort et l''agonie. Comment vivre à côté de l'homme qu'on aime ou qu'on a aimé alors quon le sait condamné par ce mal grignotant et encore trop souvent inexorable quest le cancer ? Comment trouver sa place dans une famille qui n'existe que par celui qui meurt et autour duquel se croisent les enfants de femmes différentes qui se rencontrent pour la première fois ? Comment supporter la descente aux Enfers que constitue la lente détérioration de l'état général et le développement des effets secondaires des traitements ? Autant de questions qui traversent le récit difficile de Pascale Kramer. Celui de Simone, la compagne d'un ancien professeur déducation physique qui n'a plus que très peu de temps à vivre. Il se place à côté dune cité composée de barres d'immeubles, et côtoie des émeutes urbaines qui reflètent un mal de la société qui fait un étrange écho à la maladie de Claude. Deux thèmes qui sentrecroisent et qui ne peuvent que susciter la réflexion de l'homme soucieux des autres, qu'il soit le professeur mourant ou le lecteur. Néanmoins, la forme de cette espèce de long monologue intérieur, dont les fils se mélangent parfois en compliquant la compréhension, permet de simmiscer dans cette douleur intime et de partager l'errance de celle qui perd ses repères, qui découvre des réalités cachées et qui lutte contre un écœurement protéiforme qu'elle se refuse à affronter. Lutte intime de la vie contre la mort, de la volonté et de l''instinct, des sentiments et de la raison, ce roman, sans être un sommet, ne saurait laisser indifférent et ne peut que nous inciter à réfléchir sur nos propres limites humaines, au sens que l'on veut y donner et à la part fragile et pourtant si forte de l'humain qui nous caractérise et transcende tout.
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5.0 étoiles sur 5
Excellente surprise, 10 février 2011
En commandant ce produit, je reconnais que j'étais un brin sceptique... Néanmoins, disposant dorénavant d'un smartphone disposant en particulier de la fonction GPS, je me suis laissé tenter afin de voir si je pouvais enfin mettre mon téléphone dans ma voiture de manière à m'en servir ainsi ! Première peur... Le premier emplacement choisi est mal adapté pour voir l'affichage des cartes, et je dois déplacer le tapis... Première surprise : il se décolle et se recolle sans problème ! Depuis, ce n'est pas là la moindre des surprises, après un bon mois d'utilisation, le tapis tient toujours et mon téléphone ne bouge pas quand je l'y dépose ! Solution donc à la fois économique et fiable !
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Longuet., 2 décembre 2010
Il n''est jamais inintéressant de se plonger dans une culture qui n''est pas la nôtre. En ce sens, le voyage que propose Alain Mabanckou dans le Congo vu par les yeux du jeune narrateur est assurément dépaysant. Repères différents, us et coutumes authentiques, lexique adapté. Néanmoins, ce roman d''apprentissage qui retrace une sorte de chronique familiale aux personnages variés et parfois hauts en couleur souffre de l''excès de sa recherche. Certes la couleur locale est fort bien rendue, tout comme la naïveté du jeune homme et ses recherches existentielles. Il y a même des moments touchants. Certains passages ouvrent d''ailleurs la voie à des réflexions pertinentes. Toutefois, l''omniprésence de cette langue enfantine et répétitive, le rythme trop souvent répétitif et lent, retirent à la lecture le plaisir que le projet eût pu apporter. Le récit aurait ainsi gagné à être plus ramassé, mieux conduit autour d''une ligne directrice plus claire à laquelle le lecteur aurait pu se raccrocher. On hésite trop, on erre entre les personnages et si cela a le mérite de traduire pour une part la réalité de ce que vit le narrateur, le procédé est trop systématique et développé pour prendre pleinement le sens qu''il aurait pu revêtir. C''est dommage car le sujet méritait assurément mieux.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Histoire, art et voluptés., 23 novembre 2010
Dans ce roman au titre surprenant, le narrateur nous plonge avec aisance au cœur d''un monde inattendu, celui d''un voyage du célèbre Michel-Ange chez Bajazet, sultan de Constantinople, en 1506. Roman historique certes, mais qui mêle deux récits clairement identifiés qui ne refusent pas la poésie de la prose. Le principal rapporte ce que vit et fait le célèbre sculpteur dans cette ville qui ne cesse de le surprendre et dans laquelle il doit construire un pont, plus beau que celui, refusé, de Léonard de Vinci. On le suit dans ses atermoiements, ses mouvements d''humeur, ses séductions à peine avouées et l''ébauche de son grand œuvre qu''il veut incomparable. Le second, un peu mystérieux ' et dont on ne voudrait pas ici révéler tout le séduisant mystère, ' est celui d''une personne qui se trouve auprès du grand artiste, à la fois fascinée par le génie, mais aussi condamnée à un amour sans retour pour l''homme qui sculpta La Pietà'. On se laisse emmener avec aisance dans ce texte simple qui nous fait découvrir un monde souvent peu connu et n''hésite pas à donner une humanité à ce grand nom de l''histoire de l'art. Au fil du récit, dont l''aspect descriptif du processus créatif est loin d''être inintéressant, on est progressivement touché par toute la faiblesse de ces amours masculines et féminines qui s''entremêlent et tissent un écheveau autour des personnages qui se cherchent et se fuient sans vraiment s''en rendre compte, sauf sans doute le poète, le seul à être vraiment lucide comme le comprend progressivement le lecteur. Il n''est donc pas étonnant que ce soit dans la littérature que cette alchimie de l''histoire, de l''art et de l''amour réussisse à fonctionner et à séduire un lecteur qui n''a pas vu passer le temps de sa lecture.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Déchirant., 23 novembre 2010
Dans ce court roman, Philippe Besson retrace sous la forme d''un journal intime la douloureuse histoire de deux frères, jeunes adultes, dont l''un va mourir d''une maladie du sang, et l''autre l''accompagner jusqu'au bout. À travers l''histoire de Thomas et Lucas, le narrateur, on partage avec une émotion brûlante que la simplicité de la prose renforce, une véritable tranche de vie avec ses joies et ses peines. On vit ce qu''est la fraternité dans ce qu''elle a de plus fusionnel et d'intime. On ressent quasiment dans sa chair, et en tout cas dans son âme, ce que ressentent ces deux êtres unis au-delà de la parole, y compris dans les actes médicaux qui sont accomplis. En même temps que la vie fuit Thomas, les conjoints de l''un et de l''autre les quittent, incapables d''exister dans cette relation dont les parents ne sont que des témoins impuissants. Le lecteur se retrouve seul avec Lucas, face à sa vie, à celle de son frère, au sens insensé qu''il tente d''y voir. Néanmoins, en creux, à travers l''apparition discrète de la vie, de ces corps magnifiques qui font rêver le narrateur, à travers le corps médical parfois un peu trop techniciste, on aperçoit la beauté d''une vie certes imparfaite, mais qu''il ne faudrait jamais perdre de vue et savoir goûter pour ce qu''elle est, une vie simple et belle qui n''a pas de prix et qui mérite d''être pleinement vécue. Jusqu''au bout Thomas s''efforce de rester maître de lui-même. Jusque dans la mort, l''amour fraternel dépasse les limites du corps. Comme le montre magnifiquement ce dernier acte de Lucas envers Thomas décédé : « Sa peau s''est fissurée sous mon baiser. » Une très belle leçon.
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3.0 étoiles sur 5
Chronique de l, 21 octobre 2010
Dans ce roman au titre troublant, le narrateur raconte, au travers de la vie du héros éponyme, celle d''une famille immigrée d''Espagne en France qui traverse le XXe siècle. Ainsi, en suivant la vie terrestre de Jean de Dieu, on suit ses quatre morts : à la religion, au communisme, à la vie ordinaire à cause de la maladie d''Alzheimer, avant qu'enfin le corps meure. C''est donc sans doute en filigrane à une sobre et humaine évocation du dernier siècle que se livre Andrée Chedid. À travers les doutes, les amitiés, les familles qui se créent, les questionnements politico-philosophiques d''un homme simple qui veut donner du sens à sa vie, le lecteur ne peut que se laisser entraîner par ce flot doux-amer à partager un peu de ces recherches et à ressentir la force de l''humain et de l''amour au-delà de toute la complexité d'un monde moderne parfois troublant et excessivement mobile. La fin tragique du récit, que l''on pressent sans être pressé qu''elle advienne, laisse un silence étrange ouvert sur tous les possibles que saura occuper l''homme du nouveau siècle pourvu qu''il puisse ne jamais oublier qui il est et d''où il vient. Le corps meurt mais l''esprit demeure. De la douleur peut alors naître l''espoir' À nous de savoir le saisir.
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2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Clair-obscur., 9 septembre 2010
Dans son dernier roman, Stéphanie Hochet s''attaque à un thème difficile, la vie intime d''une adolescente amoureuse de sa professeure de musique, qui partage tout avec son frère porteur d''une maladie qui, sans être la trisomie 21, s''en rapproche par bien des aspects. Le roman est mené de manière polyphonique. La sœur et le frère prenant chacun à tour de rôle la parole pour se raconter. À leurs deux voix, s''ajoute une troisième, celle de Pasquale, un traducteur italien qui a fui son pays pour fuir le « régime » Berlusconi, et qui va tomber amoureux de la professeure'... Si le livre est assez bien écrit et si l''on trouve des passages fort pertinents et empreints de sensibilité ou de la violence de l''adolescence, on peut avoir du mal à adhérer au récit dans sa continuité brisée par ce choix de narrateurs différents, mais dont les préoccupations sont souvent si éloignées. Le passage des réflexions d''ordre politique aux considérations psychologico-amoureuses adolescentes n''est pas toujours heureux et semble parfois artificiel. On a donc l''impression d''un roman plein de promesses et d''éléments propres à en faire un ensemble fort et troublant, mais qui n''a pas abouti, malgré la fin cruelle qu''il nous propose. Les ingrédients y sont, mais la mayonnaise n''a pas bien pris. C''est dommage.
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