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Naewe

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Le joueur
Le joueur
par Stéphane Miquel
Edition : Album
Prix : EUR 17,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Le Monde des Livres" parle pour nous..., 17 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le joueur (Album)
L'adaptation en BD des grands textes littéraires, genre très à la mode sur lequel misent de nombreux éditeurs, laisse souvent sur sa faim. Raison de plus pour mettre en valeur cette libre adaptation du Joueur de Fédor Dostoievski, conçue par le scénariste Stéphane Miquel et le dessinateur coloriste Loïc Godart.
Le duo réussit à restituer l'atmosphère fiévreuse et désespérée de cette œuvre où le jeune outchitel (« précepteur ») Alexei Ivanovitch fait ses premiers pas sur la scène du casino de la ville imaginaire de Roulettembourg. Jeune homme pauvre, comme souvent dans les romans russes, il évolue au milieu de personnages aux identités rocambolesques ou usurpées, ruinés ou forts en gueule, dont la vie est guidée par la folie du jeu et de l'argent. Conquis lui aussi par la passion de la roulette ou du baccarat, Alexei comprend vite à quel point les sentiments d'amour, d'amitié et d'honneur se soupèsent en roubles, frederics d'or ou florins.
Dans ce récit, l'humiliation et la cupidité sont les liens privilégiés entre les êtres, fussent-ils amis ou a priori amoureux. Chacun tombe et se relève dans le regret avoué ou le refus cynique d'une sagesse à jamais perdue. Alexei, lui, oublie peu a peu son amour pour Polina, nièce du général russe ruiné Sagorianski, lui-même épris d'une aventurière française. Ultime humiliation, Polina s'offre à un riche anglais, Astley, « ami » de notre joueur, qui va bientôt dilapider sa fortune et perdre sa raison entre Baden, Spa, Paris ou Monaco, avant de redevenir laquais.
Les personnages de Stéphane Miquel (et notamment les figures secondaires) sont parfaitement définis. Le dessin de Loïc Godart, où affleure son admiration pour Egon Schiele et George Grosz, abonde en clairs obscurs, en contrastes entre les ocres et les bleus nocturnes, le tout contribuant à accentuer la confusion des sentiments, l'absurdité des destins, la noirceur et le désespoir. Une BD très « russe », en somme. Y.-M. Labé


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