Profil de Soulier > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Soulier
Classement des meilleurs critiques: 867
Votes utiles : 1118

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Soulier
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16
pixel
Wagner : Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Die Meistersinger von Nürnberg)
Wagner : Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Die Meistersinger von Nürnberg)
Prix : EUR 40,47

10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Riche, vivant et remarquablement interprété, 26 septembre 2008
En terme directionnel, et ce de manière identique au Vaisseau et à Tannhäuser, la patte expressionniste de Solti se fait ressentir dès l'ouverture, celle-ci régit par une battue des plus volontaire, électrique, coordonnant cet enchevêtrement musical en une somme diablement efficace, loin de toute approximation propre à beaucoup de chef (Stein est un bon exemple. Ne parlons pas de l'inutile version Varviso). Certes, le talent de Solti ne s'épanouit pas dans cette faculté qu'on certains chefs de créer à partir d'une complexité rarement atteinte, entraînant l'écouteur dans des sentiers inconnus et terriblement novateurs (sur ce plan là, Furtwängler fut certainement le plus inventif et son Ring son oeuvre maîtresse). Le rubato de Solti est aussi atrophié que la tension dramatique chez Karajan. Et ce n'est pas un défaut. A défaut d'inventer, Solti accentue, diminue, infiltre par on ne sait ou une tension palpable, parfois rude mais toujours cohérente, sorte d'arc électrique permanent inondant une battue irrémédiablement juste.
Cependant, n'être que ça, confine facilement au « bourinage » le plus trivial.
Solti sait également calmer son tempérament et nous offrir des pans entiers de partition vierge de tout bellicisme à la faveur d'une poésie délicatement mélancolique, se mariant parfaitement avec des tempi souples, lents, que le déchaînement de fureur de la mesure précédente ne faisait pas deviner le venue immédiate. Et c'est exactement là où réside le talent extraordinairement narratif de Solti (il est intéressant de noter les points communs, en terme directionnel, entre Solti et Barenboïm, notamment durant la deuxième journée du cycle du Ring à Bayreuth), c'est à dire dans cette faculté quasi janusienne à marier le feu et la glace, le doux et le fort.

Côté distribution, et de manière identique au triptyque dirigé par Solti, enregistré par Decca et interprété par Kollo, l'interprétation se fait homogène, claire et sans pathos inutile. Kollo - malgré une fausse réputation colportée par des personnes musicalement un peu binaire - excelle dans cette aptitude à habiter en profondeur le rôle qu'il incarne. Que l'on se souvienne de son Tannhäuser si réussie avec Solti (mis à part Windgassen dirigé par Sawallisch en 1962, je défie quiconque de me donner une interprétation se hissant au niveau de celle de Kollo [pour un ténor ayant une si mauvaise réputation, ce n'est pas trop mal...]), ou de son Erick, dans le Vaisseau Fantôme, désespéré et dépassé par les événements à souhait.
Musical et empruntant une habile légèreté de façade (chez Janowski, son Siegfried garde cette légèreté adolescente qui fit tant défaut à certains autres heldentenor), Kollo s'immisce dans le rôle de Walther à l'aide d'accents héroïques et intemporels qui le pousse à incarner parfaitement ces divers héros wagnériens assez atypiques, sorte d'inconnus anarchistes sortis de nulle part, un peu étranges, profondément mélancoliques, quelque fois taciturnes, tout le temps combatifs.
Dans le rôle de Parsifal, Kollo pousse cette thématique à son paroxysme, survolant de son timbre aux accents provocateurs le drame en habitant le héros d'un tendre décalage plus que bienvenue (le Parsifal de Krauss interprété par Vinay est un assez bon exemple de « survol » d'un drame par un soliste, mais dans son cas les raisons s'expliquent par une diction difficile, une langue allemande mal maîtrisé et par une rythmique des phrases assez particulière). A titre d'exemple, Jerusalem dans le rôle de Walther, chez Stein, semble user d'un chant sans grande nuance, ne colorant pas son interprétation d'une identité affirmée et ne touchant pas du doigt ce fameux « survol » de rôle.

Bailey, dans le rôle de Sachs, peut facilement agacer certaines oreilles peu enclines à apprécier cette tessiture assez lourde, « rentrée », mais surtout ce vibrato qui fait, dans beaucoup d'enregistrements, un peu sa marque de fabrique. On peut aimer cette emprunte vocale très affirmée ayant une nette coloration mélancolique (son Höllandais dirigé également par Solti abonde dans ce sens) ou détester cette lourdeur assez typique chez lui mais non dénué, toutefois, d'un certain charme.

Weikl, en Beckmesser, possède trop de bonhomie pour réellement prétendre être mauvais. Peut-être restais-je un peu bloquer dans son interprétation plus habituelle pour moi de lui en Sachs ou ce timbre placide, sans à coups, semble s'épanouir pleinement dans le « gentil » Hans ou le « gentil » Wolfram. Pour le rôle de Beckmesser, malgré un chant quelque fois haché faisant assez bien ressortir la frustration du « méchant de service » (au fond plus à plaindre qu'autre chose), Weikl ne parvient à habiter le rôle comme par exemple Prey à su parfaitement le faire (son interprétation à Bayreuth en 1984 est une petite merveille, accentuer par un physique, il faut bien l'avouer, adéquat. Weikl en Beckmesser, qui y croit ? Pas plus que Gambill en Siegmund...)

Bode en Eva, malgré quelques approximations durant l'acte deux, habitent assez bien le rôle, empruntant un sentier fait de nuances assez délicates mais aussi passionné et investit. Les seconds rôles valent également la peine d'être souligné : de l'excellent Dallapozza en David (mais pas aussi bon que Clark), au toujours fabuleux Kurt Moll, confèrent une homogénéité vocale certaine, soulignée par la battue agréablement volontaire de Solti.

Traînant, lui aussi, une fausse réputation de longueur inabordable, cet opéra de Wagner - le seul opéra comique qui l'ai crée - recèle de véritables trésors qui ne demandent qu'à être écoutés, compris et appréciés sans intellectualisme trop poussé. Comme beaucoup d'oeuvre à priori un tantinet hermétique, seul une écoute répétée peut emmener l'auditeur au sein d'un monde ou la pureté d'un concours de chant semble valoir toutes les guerres du monde.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 22, 2013 7:48 PM MEST


Le Livre de ma mère
Le Livre de ma mère
par Albert Cohen
Edition : Poche
Prix : EUR 5,03

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Terriblement attendrissant, 26 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Livre de ma mère (Poche)
Ce livre est un concentré d'amour. Amour d'un homme pour sa mère, qui l'a façonné, éduqué, et qui, une fois adulte, ne la voit plus avec des yeux d'enfants, mais avec un regard d'homme, plein de compassion, d'amour et de culpabilité.

Chaque page de ce livre, nous rappelles, avec une extrême émotion, certains moment de notre vie ou l'on aurait pu faire plus, être davantage présent pour la femme qui nous a mis au monde ; à contre coeur, les aléas de la vie on fait que nous l'avons quelque fois franchement abandonnée pour nous réfugier dans l'empressement réconfortant du moment présent. Et ces moments là, si nombreux, nous n'en finissons pas de nous les reprocher, et ce de manière identique à l'auteur.
Nous nous remémorons également ses habitudes qui font que c'est « elle », c'est à dire ces petits rien de tous les jours qui façonnent le contour de cet être adoré que nous connaissons tant.
Profondément humain, Cohen met des mots sur des sensations présentes en chacun de nous, loin cependant d'un angélisme enfantin ou « maman » est la plus belle et la plus gentille de l'univers...

Rarement un livre aura parlé à autant de monde, mettant en exergue avec un vocabulaire clair et émouvant, le lien terriblement fort qui unis une mère à son enfant.

Pour conclure de manière imagée (et un peu cucu la praline...), si le salaire de Cohen avait été les larmes provoquées par son récit, je pense qu'il serait devenu millionnaire...

La philosophie dans le boudoir
La philosophie dans le boudoir
par Claude Blum
Edition : Poche
Prix : EUR 7,12

11 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 ennuyeux..., 26 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : La philosophie dans le boudoir (Poche)
Je dois être une petite nature ou insensible au « chef d'oeuvre ultime » (si, si, il y en a qui le pense...), mais je me suis profondément ennuyé à la lecture de cet ouvrage.

Tirant les grosses ficelles bien crades d'une lubricité qu'un pornographe actuel pourrait sans peine égaler, le Marquis signe là une oeuvre bien triste. Non pas triste, comme j'ai pu le lire, concernant la profonde solitude (!) dans laquelle baigne ses personnages (sans profondeurs et intrinsèquement pathétiques), mais tristesse de voir un écrivain se vautrer complaisamment dans le sordide. Ce qui est amusant, c'est que nous avons l'impression, au fur et à mesure que nous tournons les pages, que l'auteur cherche par tous les moyens possibles et inimaginables à choquer, et ce de manière basique, facile et, n'en déplaise à certains, d'une folle banalité.

Alors, autant choquer pour choquer, pourquoi ce cher Marquis n'a t-il pas introduit dans son récit quelques bribes de nécrophilie, de scatologie, voire de nécro-scatologie ? Parce qu'en lisant certaines pages, on arrive à se demander pourquoi s'encombrer l'esprit de chose si malsaine et franchement répugnante, quand la littérature, la vrai (il n'y a rien de plus subjectif, je vous l'accorde), regorge d'oeuvre passablement méconnue (à ce titre, les « contes licencieux » du même auteur sont autrement plus fins et méconnus).
Les lecteurs assidus de « la Philosophie dans le boudoir » me répondront sûrement que l'injection d'une maladie mortelle par le biais d'un viol est un acte d'une poésie enflammée ou que la suturation de certaine partie se veut une métaphore de notre incapacité à communiquer avec autrui...mouais...dans ce cas là, je pourrais facilement commenter les sous-entendus nombreux qui se cachent au sein d'une oeuvre philosophique telle que Picsou Magazine ou le Journal de Mickey...rien de plus facile que de parler sur du vent.

Trêve de bla-bla...je comprends que l'on puisse aimer ce genre de littérature, mais chercher des sous-entendus, des états de pensées sous-jacents ou je ne sais quoi de profond (sans mauvais jeu de mot...), c'est donner à un vulgaire roman de « cul » une importance qu'il n'a pas.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2011 7:48 AM CET


Wagner : Götterdämmerung
Wagner : Götterdämmerung
Prix : EUR 74,24

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une des meilleures versions, 6 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wagner : Götterdämmerung (CD)
On a dit tout est n'importe quoi (surtout n'importe quoi...) sur la direction de Solti concernant le Ring. Certes, la douceur et la poésie ronflante à la Karajan, les sous-entendu typiquement embrumés de Keilberth ou la vision ralentie très particulière d'un Kna sont à cent mille lieux de la vision qu'avait Solti de cette oeuvre.

Chaque chef ayant un adjectif spécifique accolé à sa direction, celui de Solti pourrait être tonitruant, dramatique, extraordinairement clair ou incroyablement unitaire.
Sa direction semble pouvoir soulever des montagnes, tant la puissance qui en ressort peut paraître incontrôlé. Mais malgré cette tempête vibrante de vie, Solti a le mérite de ne pas se laisser porter par l'orchestre. Chaque mesure est dictée par sa battue, chaque note semble vouloir rester dans le giron d'un chef à la poigne de fer. Pour ma part, c'est ce qui ressort essentiellement de sa direction, loin, par exemple, des approximations d'un Lévine ou de la légèreté d'un Krauss.
Solti c'est clair, dramatique, net et précis. C'est déjà pas si mal.

Comme je viens de le mentionner, la direction se veut volontaire et, souvent, quand un chef parvient à imposer sa « patte », l'interprétation, par la suite, semble quelque peu amorphe et loin du résultat que l'on aurait été en droit d'attendre.
Ce Crépuscule est magnifiquement interprété : de Windgassen (l'éternel Siegfried), au timbre toujours aussi clair, sans pathos ou effet inutile (suivez mon regard vers la version Levine...), à la Brunnhilde de Nilsson, incroyablement à l'aise et aux aigus hystériques, en passant par le sombre Alberich de Neidlinger (je préfère l'interprétation de Wlaschiha) et le statique Frick dans le rôle de Hagen (je préfère, là aussi, Salminen), tous ces rôles semblent avoir était créé pour eux, nous faisant toucher la quintessence des grandes voix wagnériennes.
L'unité vocale de cette version s'impose comme une évidence tant les voix et les timbres semblent s'imbriquer les uns dans les autres de manière parfaite, grandement aidé, il est vrai, par le son studio. Et ce fameux son studio tant décrié, n'est finalement pas aussi impersonnel que ça. Il crée un son assez homogène ou chaques voix semblent isolées et mise en valeur de manière assez opportune. Plutôt déroutant au début, cela apporte un charme certain, inédit de surcroît. Quant au bruitage, ils apportent un supplément de vie, de tension, replaçant le drame au sein de cet univers tourmenté et loin d'être aseptisé.

Pour conclure, ce Crépuscule est pour moi une, si ce n'est la référence, tant l'unité vocale, la tension suintant de tous les cotés imposée par la baguette généreuse de Solti, et le son se veulent des arguments de poids face aux grandes autres versions, certes, certaines mieux dirigées, d'autres mieux chantées à l'acoustique plus naturelle, mais ne possédant pas cette vision unitaire et profondément dramatique d'une oeuvre si belle.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 16, 2012 10:51 AM CET


Opera Arias
Opera Arias

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vision inédite, 6 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opera Arias (CD)
Certes, Georges Thill n'est pas une voix wagnérienne type. Son chant, sa puissance, sa modalité sont loin des standards habituels, d'un Windgassen par exemple. Et quand nous comparons l'appel " Walse ! Walse ! " de l'acte I de la Walkyrie, éxécuté, par exemple, par un King à la puissance vertigineuse, nous sommes contraints de replacer Georges Thill dans le contexte qui est le sien, contexte dont il excelle, c'est à dire des opéras typiquement français dont Werther de Massenet en ai une bonne illustration. Loin de faire sienne les recommandations de Wagner concernant le chant (il exigeait que ses chanteurs chantent à la manière « bel canto » italien mais en allemand...), il est vrai que celui de Thill reste quelque peu figé dans son carcan lyrique typiquement français.
Mais quel charme ! Quelle légèreté ! J'avoue qu'il faut vraiment être fan de Thill pour se procurer ce CD. Si l'on aime le phrasé si particulier de ce génie du chant français, Wagner prendra une teinte étonnante à travers cette interprétation originale (en langue française), plaçant certains passages hypers connus sous le projecteur iconoclaste d'un grand ténor français s'essayant à chanter un maître qu'il vénérait par dessus tout (pour la petite histoire, Thill, avant de rentrer sur scène, suppliait Wagner de lui pardonner d'avance de massacrer son aeuvre...).

Pour résumer, si on est curieux ou tout simplement admirateur de Georges Thill, ce CD réservera une approche rafraîchissante de candeur de l'univers wagnérien. Si, a contrario, le but premier est la recherche frénétique d'une voix puissante à l'emprunte wagnérienne, vous risquez d'être quelque peu déçu par l'approche toute française d'un univers typiquement allemand.

Parsifal - Complete Recording
Parsifal - Complete Recording
Prix : EUR 18,53

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une des meilleures versions, 6 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal - Complete Recording (CD)
Cette version de Parsifal réunie en elle seule tout ce qui fait un enregistrement de qualité :

Son chef, Knappertsbusch, à la direction quelque fois franchement irréelle, donne à l'ensemble une cohésion pesante de sous-entendu à la limite du réel. Loin de la vision actuelle faite d'un fatalisme propre à notre époque, Kna a su instaurer un climat aux accents hors du temps, mystiques, emprunts d'un je ne sais quoi qui rend cet enregistrement intemporel, mystérieux et extrêmement vivant. Certain trouve cette vision poussiéreuse à souhait, préférant d'autres directions peut-être, il est vrai, un peu plus allégées ; mais cette tension permanente, semblable à une corde prête à rompre à tout instant, fait partit du charme premier de cet enregistrement.

L'orchestre et l'acoustique si particulière de Bayreuth, qui suit comme son ombre l'emprunte de son chef.

Les interprètes, allant du charismatique Windgassen au solide London, en passant par Uhde, Moll et Van Mill, habitent le drame de manière indéniable, poussant leurs interprétations loin, très loin, du dilettantisme de certains grands enregistrements. IL est toujours difficile de parler d'une interprétation musicale à travers un commentaire quelconque mais, pour résumer, la présence de Windgassen vaut à lui seul l'achat de ces 4 CD.

Pour finir, le son est excellent. Datant de 1951 (soit 2 ans avant le cycle tétralogique de Krauss au son si désagréable), le temps n'a aucune prise sur la qualité du son, que l'on croirait sortir, presque, d'un live actuel.

Rencontres avec la Grèce antique
Rencontres avec la Grèce antique
par Jacqueline de Romilly
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Voyage au bout de la Grèce, 6 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rencontres avec la Grèce antique (Broché)
Si je devais, modestement, aiguiller une personne souhaitant tenter une première approche avec le monde grec antique, c'est sans hésiter ce livre-ci que je lui conseillerai. Ce lisant avec une extrême facilité, comme tous les livres de Romilly, ce livre est en fait un recueil de conférences données par l'Helléniste de 1964 à 1994.

Abordant différentes facettes de la culture grecque est de son immense héritage, l'auteur débute par la naissance de la littérature grecque à proprement parlé, symbolisée par un Homère visionnaire, chantre d'un style qui perdure encore de nos jours.

Vient par la suite, une histoire plus générale abordant, par exemple, la contribution des îles à la culture de la Grèce, la médecine comme modèle intellectuel, Athènes et la Méditerranée au Ve siècles av. J.-C, etc...

Pour finir, l'auteur analyse ce que représente le Grec dans notre vie de tous les jours, les leçons que l'on peut tirer de cet imposant héritage, le lien étroit entre l'Europe telle que nous la connaissons et cette Grèce antique qui vit toujours à travers certaines de nos institutions, dont la plus importante d'entre toute, la démocratie.

Pour conclure, ce petit livre de 300 pages ravira les fanas de Grèce antique qui auront, en plus, la chance d'être accompagnés tout le long de leur périple par cette éminente helléniste qu'est Jacqueline de Romilly.

Hommage à Cheik Raymond
Hommage à Cheik Raymond
Prix : EUR 10,99

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Surprenant !, 6 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hommage à Cheik Raymond (CD)
Ces deux CD sont étonnants. Ils nous laissent entr'apercevoir un Enrico Macias que nous ne connaissons pas. Il y a le Enrico chaleureux, à la bonhomie tout orientale, que nous connaissons tous à travers ses nombreux succès populaires.
Puis il y a Gaston Ghrenassia, son vrai nom, beau-fils de Cheikh Raymond, sommité algérienne malheureusement assassinée, combinant ensemble il y a 40 ans de cela leur passion pour la musique traditionnelle arabo-andalouse, le Malouf, que nous ne connaissons pas.

Cette musique, le Malouf, n'est pas la musique orientale à laquelle nous sommes habituées. Antithèse du raï à la cheb Hasni (que, toutefois, j'adore), le Malouf (en arabe, « fidèle à la tradition ») est le patrimoine musical propre à l'Andalousie arabo-musulmane du VIIIe au Xve siècles. Jouée dans les cours royales, dans les cercles intellectuels ou les jardins galants, Juifs et Musulmans s'unirent dans leurs célébrations communes de l'amour et de Dieu.

Et cette musique se révèle ensorceleuse, profonde, magique. On a peine à croire que c'est le Enrico Macias que nous connaissons qui accompagne l'orchestre de sa voix si reconnaissable. Chanté uniquement en arabe, des frissons ne cessent de nous parcourir le dos au son de la flûte bédouine si spécifique de Constantine, aux accords de violons tirant des larmes de mélancolie, à l'osmose parfaite que Macias accompagné de son compère Ali Bestandji et de l'ensemble Foundok parviennent à tirer de leurs accords une émotion étourdissante.

On a tendance à dire que le Malouf est une musique difficilement accessible tant par son organigramme musical fait de répétition par dizaine, que par son approche savante de ses 24 noubat originelles, aujourd'hui réduites à 12. Il n'y a rien de plus faux. Musique essentiellement basée sur l'Amour des femmes et l'amour de Dieu, seul compte l'émotion extrême que peux receler certain passage ou « l'élévation », « le tarab » en arabe, peut se faire ressentir comme une extase libérant l'âme hors de la prison du corps.

Peu de musique peut mener à cela, le Malouf, lui, y parvient avec un délice rarement égalé.

Une soirée d'été, le vent s'engouffrant délicatement dans la pièce presque obscure, les yeux fermés vibrants aux accords déchirants de l'alto, vous comprendrez certainement ce que je veux dire...

Wagner : Die Walküre (La Walkyrie)
Wagner : Die Walküre (La Walkyrie)
Prix : EUR 49,16

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La walkyrie des extrêmes, 30 août 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wagner : Die Walküre (La Walkyrie) (CD)
Au sein de cette Walkyrie ce cache le meilleur et le moins bon de la version Solti, sorte de concentré des autres journées dirigées par le chef éponyme.

Je m'explique : cette Walkyrie brille, tout d'abord et comme c'est le cas du reste du Ring, par son incroyable interprétation ainsi que son indéniable unité vocale. Le Siegmund de King est à mon sens le seul Siegmund que l'on devrait retenir ; loin de la fébrilité d'un Vinay, loin, très loin des approximations d'un Lakes ou d'un Goldberg, King est le seul interprète qui confère à ce rôle une mystérieuse profondeur, doublé d'une passion peut commune. Tour à tour sombre, emporté, amoureux, cette interprétation est une splendeur. Son duo avec Crespin dans le rôle de Sieglinde, mais surtout le dialogue passionné aux accents de douleur avec Nilsson dans le rôle de Brunnhilde est certainement de toute la discographie, toutes versions confondues, la plus belle et la plus émouvante.
La direction, claire et efficace, met habilement en exergue ce passage clef, et la tension semble peu à peu monter crescendo pour finir en apocalypse sous les aigus quasi-hystériques d'une Nilsson hors d'elle.

Mais, malheureusement, le « plus » ce transforme en « moins », lorsque l'association Solti-Nilsson confère à certain passage un son désagréable, proche de la saturation (le Crépuscule souffre également de cela à certain moment), ou nous avons l'impression tout à coup que ces cuivres tant aimés et si vivants se transforment en cuivres obscènes à la limite de l'écoutable.
La Chevauchée souffre également de cette vision pesante, grasse et quelque peu lourde qu'un Krauss, par exemple, a su parfaitement éviter, rendant ce passage tout en fluidité et en légèreté. Et c'est dans ces moments là que nous avons le sentiment paradoxal de « détester » Solti exactement là où nous l'avons tant aimé, c'est à dire au sein de cette direction tonitruante, habile et tourmentée.

Pour conclure, l'interprétation, chose rare, se fait à la limite du parfait chez Solti, mais souffre de temps en temps d'une vision pesante des événements. A contrario, la direction chez Krauss se fait plus fine (dès fois à la limite de la légèreté) avec en prime un final étourdissant de beauté, mais ne brille guère, en général, par sa distribution quelque peu fadasse (mis à part Hotter et Varnay). Chacun trouvera ce qu'il recherche, mais pour ma part, c'est deux versions de la Walkyrie (dans leur ensemble) restent toutefois les meilleures à ce jour.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 15, 2012 7:10 PM CET


Das Rheingold
Das Rheingold
DVD ~ Thomas Stewart
Prix : EUR 10,74

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Pathétique !!!, 30 août 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Das Rheingold (DVD)
Certes Karajan fut un grand chef d'orchestre, un de ces chefs qui imposent immédiatement une empreinte indéniable, faisant fi, quelques fois, des recommandations propre à tout compositeur. Certes son Ring peut sembler extraordinairement « léché », aux antipodes d'un Solti ou d'un Haitink par exemple, mais également aux antipodes de ce que voulait Wagner et de ces extrêmes qui vous secouent les tripes à grand renfort de cuivres tourmentés.

Par contre, sa retranscription cinématographique de la première journée de la Tétralogie, soit l'Or du Rhin, est une horreur. Et quand je dis « horreur », je pèse mes mots.
Kitsch, ringard, aux combles d'un mauvais goût certain, j'avoue avoir pris un fou rire lorsque que j'ai vu se ramener Loge et son costume en vinyle rouge et sa tête de Fantomas d'opérette. Mime en sorte de lutin grassouillet de couleur grise, inséré tant bien que mal dans son décor en carton pâte est le comble du pathétique. Je passe la scène ou Alberich revêt le Tarnhelm et tabasse à grand coup de claquement de fouet le Mime terrorisé jouant aussi bien qu'un enfant de CM2 lors de la fête de fin d'année de son école...
Le reste est du même acabit : gros plan inexpressif, grandiloquence de la mise en scène, personnages semblants être sorti tout droit d'un épisode de Star Trek, acteurs nulissimes, je crois que Karajan est à la retranscription imagée d'oeuvre lyrique ce que Ed Wood était au cinéma américain : pathétique.
La preuve est tellement flagrante qu'il n'a pas réitéré son expérience et c'est contenté de stopper net les frais dès la première journée du cycle tétralogique : dommage, nous nous serions bien amusés...

Bref, pour conclure :

si vous vous sentez un peu triste,
que dehors il pleut,
que vous souhaitez rigoler pour pas trop cher, n'hésitez pas à vous procurer ce DVD, limite estampillé « Rire et Chansons »...

Page : 1-10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16