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fifi59
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The acausal mass
The acausal mass
Prix : EUR 20,75

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le Metal français au top (5) !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The acausal mass (CD)
Merrimack est un groupe français fondé en 1994 et oeuvrant dans le Black Metal.
A ce jour, il a sorti trois albums studio ("Ashes Of Purification" en 2002, Of Entropy and Life Denial en 2006 et Grey Rigorism en 2009) ainsi que divers splits et démos.
Le nouvel opus à venir se nomme "The Acausal Mass".

J'avais été conquis par "Grey Rigorism", qui était à mes yeux une belle réussite, cet album étant très inspiré.
Merrimack y faisait preuve d'une grosse personnalité, se plaçant, à mes yeux, comme un acteur incontournable du Black Metal.
La production, oeuvre de Tore Stjerna (Watain, Destroyer 666, Funeral Mist...) au Necromorbus Studio, s'avérait de grande qualité, idéale pour le groupe.
Le line-up du groupe était alors constitué de Terrorizt (vocaux), Perversifier (guitare), EsX (guitare), Daethorn (basse) et Necrolith (batterie).

Concernant "The Acausal Mass", si la production est toujours excellente (Merrimack a de nouveau fait appel à Tore Stjerna, accompagné de Verker Widgren), le line-up a été bouleversé. Perversifier et Daethorn sont toujours fidèles au poste, bienvenue à Blastum (batterie), A.K. (guitare) et Vestal (vocaux).

Et la musique dans tout ça ?

On démarre fort avec "Vestals Of Descending Light", titre hyper rapide qui fait office d'intro et qui pourrait augurer d'un album direct, rentre-dedans. Et bien il n'en est rien, "Arousing Wombs In Nine Angels Pleroma" représente bien ce que propose aujourd'hui Merrimack : une musique qui aime se diriger vers un tempo lent, qui privilégie les atmosphères poisseuses et s'oriente vers un quasi Black/Doom de fort belle facture, des accélérations qui viennent sévèrement trancher avec cette orientation et apportent un aspect plus direct bienvenu puisqu'il permet d'apporter une variété appréciable dans la musique, à même de renforcer l'intérêt lors de l'écoute.
Un petit mot supplémentaire sur la production, qui est franchement énorme et constitue un incontestable plus dans cette quête de la diversité au service de l'efficacité.
Le début mid-tempo de "Gospel Of The Void" est absolument énorme, entêtant. Il débouche sur un titre très varié en matière d'ambiances et de tempi, passant sans difficulté du plus lent au plus rapide, mais préférant la lenteur pour instaurer de longues plages atmosphériques que certains trouveront peut-être trop longues mais qui, pour ma part, grâce à une interprétation de tout premier ordre et à des soli intéressants, sont loin d'être problématiques.
Avec le début de "Beati Estis Cum Maledixirint Vobis", c'est à un Black Metal vindicatif, puissant et rapide que nous avons affaire. Mais après deux minutes intenses, c'est la musique oppressante, en relation avec un rythme posé, qui reprend ses droits. Une fois de plus, avec réussite, d'autant qu'il y a une touche mélodique plaisante, qui permet même de considérer que Merrimack élargit son horizon, s'affranchissant quelque peu du Black Metal pour s'orienter vers un Metal groovy (qui reste sombre bien sûr), assez surprenant en raison du style pratiqué à la base mais ô combien génial ! Naturellement, une accélération suivra, mais nous demeurons toutefois dans une optique mélodique. Ce morceau est une tuerie, probablement (mais ce n'est que mon modeste avis) le meilleur de l'album... voire du groupe !
Avec "Hypophanie", on navigue dans un Metal désespéré durant un premier tiers glauque à souhait, puis le titre prend son envol, demeurant bien entendu dans une ambiance ténébreuse dont Merrimack a le secret. Le rythme n'est jamais enlevé sur cette compo, hormis un tout petit passage vers la fin, le morceau s'achevant sur un chouette moment à la guitare acoustique.
Avec "Obstetrics", on a de nouveau un passage rapide pour commencer (qu'on retrouvera en fin de titre), au milieu duquel un ralentissement orné d'un riff entêtant s'invite, pour aboutir à une suite conforme à ce Black Metal Atmosphérique que le groupe apprécie tant.
"Worms In The Divine Intestine" démarre de façon bien particulière. Mélodique, puissant, avec une basse bien présente et une montée en puissance jouissive... qui mène à un Black rapide et direct... pour lequel le tempo décroit progressivement pour arriver à cette musique imprégnée de Doom, qui fait partie de la personnalité du combo.
Parties lentes, mid-tempo, accélérations, noirceur palpable, "Abortion Light" est totalement conforme à la vision du Black de Merrimack.
C'est avec un titre de plus de huit minutes, "Liminal Matter Corruption", que le groupe clôt "The Acausal Mass", il incarne ce qui fait la force de Merrimack, me permettant par la même occasion d'établir un premier constat : diversité au sein des compositions, variété de tempi, atmosphères emplies de noirceur qui nous attirent puis nous happent inexorablement.

"The Acausal Mass" nécessite une acclimatation, plusieurs écoutes attentives pour entrer pleinement dedans.
Merrimack instaure un climat prenant, les titres sont accrocheurs malgré ces longues plages atmosphériques qui seront peut-être l'objet de débats, entre ceux qui sont pour un Black direct et sans concessions et ceux qui apprécient qu'un groupe prenne son temps pour développer les ambiances.
Si je devais trouver un bémol pour cet album, j'indiquerais qu'il y a peu de réelles surprises au sein des titres, Merrimack bâtissant ceux-ci avec des canevas assez similaires, en matière de tempi, d'ambiances ou de vocaux. Cependant, ce n'est absolument pas rédhibitoire, l'ensemble étant efficace, plaisant et jamais ennuyeux.

Définitivement, la voie de Merrimack est celle du Black Metal Atmosphérique agrémenté d'aspects Doom et d'accélérations fulgurantes.
"The Acausal Mass" peut être placé parmi les excellents albums du genre et à ce titre, je vous recommande de ledécouvrir !

Tracklist de The Acausal Mass :

01. Vestals Of Descending Light
02. Arousing Wombs In Nine Angels Pleroma
03. Gospel Of The Void
04. Beati Estis Cum Maledixirint Vobis
05. Hypophanie
06. Obstetrics Of Devourment
07. Worms In The Divine Intestine
08. Abortion Light
09. Liminal Matter Corruption

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Of breath and bone
Of breath and bone
Prix : EUR 17,58

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Jouissif, tout simplement !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Of breath and bone (CD)
Be'Lakor nous vient d'Australie. Ce combo, fondé en 2004 et auteur de deux albums ("The Frail Tide" en 2007 et Stone'S Reach en 2009), oeuvre dans le Death Metal Mélodique.
Sa nouvelle offrande à venir se nomme "Of Breath and Bone", je vous propose d'entrer sans plus tarder dans cet opus.

"Abeyance", première compo de l'album, a immédiatement placé "Of Breath And Bone" sous les meilleurs auspices, avec tout ce qui fait qu'un album de Death peut accrocher les sens rapidement et durablement : gros son, éléments mélodiques immédiatement palpables, agrémentés d'une technique sans faille, aspects heavy, épiques, tempi variés, vocaux gutturaux profonds et puissants.
Si on remarque l'empreinte de la scène de Göteborg (cela est récurrent sur l'album), on peut toutefois indiquer que Be'Lakor n'est pas un clone, loin de là, ses influences étant pleinement digérées pour aboutir à une musique ayant de la personnalité. Le groupe s'aventure régulièrement dans des contrées mélancoliques particulièrement accueillantes, au gré de passages puissants ou, par deux fois, calmes, doux. Franchement les huit minutes passent vite car le groupe sait varier les plaisirs, avec ces changements d'ambiances et l'apport de riffs entêtants. C'est d'ailleurs sans hésitation que j'aurais même tendance à dire que "Abeyance" aurait pu durer bien plus longtemps que ça n'aurait pas posé de problème ! Oui, cette compo est géniale !
"Remnants" est dans la lignée, avec toujours notamment ces riffs prenants, ces diverses atmosphères et tempi, apportant une diversité et un intérêt sans cesse renouvelés. Pas de violence, que de la puissance couplée à une facilité à nous orienter vers des territoires mélodique captivants.
Ce n'est pas "Fraught", dont l'apport du piano nous immerge un peu plus dans la mélancolie, qui viendra contredire ce qui précède.

Pour moi, à ce stade de la chronique, cette nouvelle galette de Be'Lakor c'est une bonne dose de riffs entêtants et de mélancolie, une assise rythmique imposante, une absence totale de moments dispensables. Bref, c'est une musique continuellement efficace et dotée d'une science de la mélodie impressionnante.
Inutile de vous dire qu'après ces trois superbes compositions, je ne me faisais pas de souci pour la suite et
vous savez quoi ? Eh bien, j'ai eu raison !

Le début d'"Absit Omen" est orchestral, sombre, allons-nous nous diriger vers un titre symphonique ? Et bien non, Be'Lakor poursuit le chemin tracé en assombrissant cependant encore plus le propos, toujours avec autant de réussite.
"To Stir The Sea" est un (trop) court instrumental, c'est en mode acoustique que la guitare intervient, accompagnée du clavier. Il précède un "In Parting" qui nous accueille de la meilleure des manières, bien heavy et mélodique. C'est le titre le plus long de l'album mais aucun souci non plus ici, la méthode est bien rodée ! Et puis il y a ce superbe passage avec ces imposantes rythmiques, enrichies par le piano, ou ce somptueux break acoustique, prélude à une chouette accélération.
"The Dream And The Waking" apporte quelques passages lents, limite Doom, tout aussi intenses, le piano apporte beaucoup lorsqu'il intervient, notamment lors de moments lourds, sombres.
Les meilleurs choses ont malheureusement toujours une fin et c'est avec "By Moon And Star" que Bel'Akor prend congé. Après un début symphonique, on repart dans cette optique très diversifié qui fait la force du combo, nous servant pour la dernière fois ce mélange succulent de puissance et de mélodie, qui s'achève sur un superbe passage, très sombre et orchestral.

Une écoute suffit à se rendre compte que cet album est une belle réussite. Inspiration, émotion, interprétation impeccable et production haut de gamme (album mixé et masterisé par Jens Bogren, qui a bossé avec Opeth ou Amon Amarth notamment) sont au menu. Mais naturellement, d'autres écoutes sont nécessaires pour confirmer cela et indiquer s'il a oui ou non une durée de vie appréciable dans la platine CD, si la longueur des titres n'est pas problématique. Et bien, au fil des écoutes, l'album s'avère toujours aussi attachant, on ne s'en lasse pas !
J'ai tendance à penser que "Of Breath and Bone" est un album majeur du Death Mélodique. Alors certes, il ne va pas révolutionner le genre, mais "Be'Lakor" propose une musique extrêmement accrocheuse, à travers cette richesse au sein de titres longs (huit titres, dont un court instrumental, pour cinquante-six minutes de plaisir), élément indispensable pour développer ces remarquables ambiances, palpitantes de bout en bout.

Je reconnais que je ne m'attendais pas à un album de cet acabit, à passer d'aussi bons moments, écoute après écoute, avec "Of Breath and Bone". Be'Lakor a tapé dans le mille avec cet opus et je ne peux que vous conseiller de le découvrir !

Tracklist de Of Breath and Bone :

01. Abeyance
02. Remnants
03. Fraught
04. Absit Omen
05. To Stir The Sea
06. In Parting
07. The Dream And The Waking
08. By Moon And Star

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Psalms for the dead
Psalms for the dead
Prix : EUR 20,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'ultime album des maîtres du Doom Epique !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Psalms for the dead (CD)
Candlemass, c'est l'un des grands maîtres du Doom, qu'il a nourri d'aspects heavy et épiques, l'un des groupes absolument incontournables du genre qui a sorti, en l'espace de vingt-huit ans, onze albums, en comptant le petit dernier, "Psalms For The Dead".
Mais Candlemass a annoncé que ce serait son ultime opus (l'avenir nous dira si cela se confirme).
L'attente est donc fiévreuse, on ne peut qu'imaginer un feu d'artifice artistique, un immense opus pour clore cette superbe carrière discographique.

Les prestations live vont cependant continuer, mais sans Robert Lowe, remercié et remplacé par le toujours excellent Mats Levén (ex-Yngwie Malmsteen, ex-Therion, ex-At Vance, Krux... l'autre groupe de Leif Edling...).
Robert fut à mes yeux un remarquable choix au poste de chanteur. Il fut intronisé au sein du groupe avec l'album The King Of The Grey Island (2007), pour lequel il avait la lourde tâche de succéder à l'emblématique Messiah Marcollin. Mission accomplie pour celui qui fut également le frontman de Solitude Aeternus (je souhaite maintenant qu'il relance ce combo), et s'avéra exemplaire sur les trois albums (et l'EP) auxquels il a participé. Ajoutons que sur ce nouvel opus il est, vous vous en doutez, parfait !

Entrons sans plus attendre dans "Psalms For The Dead".
Début lourd, lent, typiquement Doom pour "Prophet", puis le titre prend son envol, avec un rythme soutenu et des claviers en mode orgue Hammond (très présent sur l'album) en toile de fond. Heavy, puissant, accrocheur, le tempo change de nouveau puisqu'une accélération suit, avec un solo de grande classe qui nous entraîne dans une ambiance fleurant bon le Heavy Metal. Evidemment, la suite sera conforme à ce que l'on attend du combo, à savoir un Heavy/Doom aux tempi changeants.
On notera que la production est remarquable, parfaitement en phase avec la puissance et les variations inhérentes au groupe.
Sombre, lent, inquiétant, "The Sound Of Dying Demons" suit, il bénéficie d'une accélération de rythme, à la faveur d'un passage instrumental orné d'un excellent solo, qui illumine la compo... avant de poursuivre son chemin comme il avait commencé.
Changement radical d'ambiance avec le rythmé et direct "Dancing In The Temple (Of The Mad Queen Bee)", pour lequel l'orgue est de sortie, et qui, comme c'est le cas sur l'ensemble de l'album, bénéficie de soli impeccables.
Candlemass n'est pas un groupe à s'en tenir à un tempo prédéfini, il varie fréquemment le propos et c'est justement ça qui fait sa particularité et sa (forte) personnalité au sein de la scène Doom. Ainsi, avec "Waterwitch", nous évoluons de nouveau dans des eaux purement Doom, même si une accélération se profile lors de l'incontournable passage instrumental à la sauce heavy, introduisant l'inévitable et indispensable solo.
Début avec le seul clavier pour l'écrasant "The Lights Of Thebes", dont la mélodie est bien accrocheuse. Les claviers sont très présents, plutôt en arrière-plan, ils soulignent l'atmosphère de manière efficiente. On remarquera quelques aspects orientaux du plus bel effet, notamment lors du superbe passage instrumental sur lequel les claviers (encore eux) prennent un peu plus le pouvoir.
Robert est encore grandiose sur le titre éponyme, qui s'avère posé, mélodique, et qui nous offre quelques chouettes moments psychédéliques, avec l'orgue de nouveau présent. Puis c'est (encore et toujours) avec le passage instrumental bien heavy que le rythme change, se faisant ici mid-tempo, dynamique. Celui-ci constitue une pause, puisque c'est vers une suite conforme au début que nous poursuivons le morceau.
C'est avec un "The Killing Of The Sun" imposant, dont le riff écrasant pourra évoquer Black Sabbath, que nous continuons cette écoute particulièrement plaisante... qui se poursuit dans une optique proche du précédent puisque nous sommes de nouveau dans un Doom Metal surpuissant... sauf qu'il y a plus de variations vocales et que l'orgue tient un rôle prépondérant, en particulier lors d'un long moment instrumental particulièrement jouissif !
Pour l'ultime composition de l'album, un long passage parlé, sur le thème du temps, accompagné du "tic tac" de l'horloge, introduit "Black As Time". Puis c'est l'accélération, bien heavy, qui laisse ensuite place à un riff énorme, typiquement doom. Le passage instrumental suit, toujours aussi efficient, avec quelques chouettes atours psychédéliques. Après avoir poursuivi dans la même veine de ce qui constitue la trame du morceau, celui-ci s'achève sur un lent "tic tac" accompagnant les derniers riffs.

Je pense que les fans seront comblés par cette dernière livraison de la formation suédoise. Il auront d'autant plus de regrets que la carrière discographique de ce formidable combo s'arrête là.
"Psalms For The Dead" est pleinement conforme à ce que j'attendais : un album varié, inspiré, magistralement interprété, aux tempi diversifiés, avec des aspects heavy très présents et des soli de grande qualité. Pour que la sauce prenne définitivement, il fallait une production à la hauteur, et c'est le cas, celle-ci s'avérant puissante et équilibrée.

Bref, ce n'est pas avec "Psalms For The Dead" que Candlemass va nous décevoir, cet album étant une réussite de plus pour le groupe et s'avérant une oeuvre qui fera date.
A ce titre, je vous recommande donc chaudement de vous le procurer !

Tracklist de Psalms For The Dead :

01. Prophet
02. The Sound Of Dying Demons
03. Dancing In The Temple (Of The Mad Queen Bee)
04. Waterwitch
05. The Lights Of Thebes
06. Psalms For The Dead
07. The Killing Of The Sun
08. Siren Song
09. Black As Time

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Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 21, 2013 8:05 PM MEST


Corrupted Harmony
Corrupted Harmony
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le Metal français au top (4) !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Corrupted Harmony (CD)
Hellixxir est un combo français originaire de Grenoble, qui fut fondé en 2001.
Il est l'auteur d'une démo ("The Cypress Forest", en 2003) et de deux albums (War Within en 2007 et "Corrupted Harmony" en 2011).
Le style pratiqué pour son premier album était un Thrash Metal Mélodique assez varié, aux accents Power ou Heavy, voire Death.

Lorsque j'ai eu l'opportunité de m'occuper de la chronique de "Corrupted Harmony", je suis parti à la recherche d'extraits, histoire de me faire une première idée, certes succincte.
J'avais apprécié "War Within", notamment pour sa diversité, j'étais curieux de découvrir cette seconde cuvée.
Mais les extraits de "Corrupted Harmony" m'ont mis une petite claque : la musique d'Hellixxir était devenue bien plus sombre, plus puissante, mieux produite, et son chanteur s'avérait parfaitement adapté à ce Thrash Metal, fortement imprégné de Death et d'atmosphères torturées.
Plus de doute : il me le fallait absolument, la demande fut donc faite...

... Après avoir reçu l'album, une première écoute était programmée pour entériner cette impression initiale.
Et bien une fois de plus, j'étais en présence d'un excellent groupe français, qui n'avait pas à rougir face à la concurrence étrangère, particulièrement foisonnante dans le style.
Des influences, on peut en chercher et en trouver, mais est-ce vraiment important ? Elles sont de toute façon pleinement digérées, au sein d'un album varié et emprunt d'une grande maturité, aidé en cela par une production impeccable, à même de faire ressortir une maîtrise technique sans failles.
Ajoutons que l'apport des vocaux extrêmes, très présents, apporte un aspect encore plus noir à la musique... ce que l'on rencontre d'ailleurs également au niveau de la pochette, sobre et sombre.
Tout ceci est donc déjà perceptible lors de la première écoute, mais cela mérite évidemment d'être affiné.

"Corrupted Harmony" a été enregistré par un groupe de potes soudés, cela se ressent.
Mais durant l'été 2011, un drame a endeuillé Hellixxir. Camille Marquet, chanteur-bassiste du combo, est décédé brutalement, bien avant la sortie de l'album.
Je ne peux qu'imaginer la tristesse intense des membres du groupe, lorsqu'ils ont entendu la basse et le chant de leur ami disparu sur cet album particulièrement abouti, sur cet album où il donne le meilleur de lui-même. Car la basse est bien présente (la production, très réussie, permet de bien distinguer les différents instruments), le chant est puissant, varié, efficace, Camille était selon moi le chanteur parfait pour Hellixxir.
Le groupe poursuit sa route, un chanteur et un bassiste sont arrivés, mais ceci est une autre histoire...

Ce qui m'a frappé avec cet album, c'est cette envie récurrente de l'écouter. Cette impression qu'il y avait toujours des choses à découvrir qui me ramenaient constamment vers lui.
Mais en définitive, la véritable raison c'est que Corrupted Harmony est tout simplement, selon moi, une oeuvre importante du Thrash Metal, un album qu'on prend plaisir à réécouter, maintes et maintes fois, sur sa chaîne hifi, dans sa voiture, sur le PC... bref, je l'ai écouté partout et souvent !

Tout ce qui fait qu'un album est réussi est réuni ici : il est inspiré, varié, agressif, les mélodies sont prenantes, les rythmiques imposantes, techniquement et vocalement c'est impeccable et la production vient magnifier le tout.

Entrons maintenant dans "Corrupted Harmony" si vous le voulez bien.
"Punishment" nous accueille et on en prend, dès la première note, plein les oreilles ! Rythmique surpuissante, tempi variés, interprétation top niveau, trois voix (death, claire ou black/death), atmosphère pesante (qu'on retrouvera sur l'ensemble de l'album) et un invité (Lionel Ippolito, ex-Stillrise)... ça commence très bien !
Sur "Blood Writings", on trouve des passages bien rapides, d'une efficacité maximale, d'autres mid-tempo ou plus lents, s'avérant imposants, un soli ravageur ; il précède "Constant Fear" qui, après une entrée en matière particulièrement catchy, qui semble augurer d'une petite éclaircie dans cet univers si sombre... nous démontre le contraire ! Ce morceau ajoute une touche malsaine, renforcée par des vocaux inquiétants et une lourdeur, doublée de quelques passages lents, qui enfonce le clou.
Entrée en matière posée, glauque, avec craquements, à la guitare acoustique, l'instrumental "Corrupted Harmony" évolue ensuite vers des territoires Heavy/Thrash redoutablement efficaces, qu'un solo lumineux vient agrémenter. Techniquement, c'est vraiment impeccable... et puis, une fois de plus, rendons hommage à cette production qui fait ressortir tous les instruments !
Hellixxir n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers, à définir une structure et à la répéter continuellement, non, on part cette fois, avec "Oppressions", sur un terrain apportant une petite touche Black, le rythme est enlevé, la base Thrash si efficace est naturellement toujours omniprésente !
"Bloody Mary" nous permet d'apprécier la diversité des vocaux, des tempi et des atmosphères, faisant de cette composition un véritable condensé de tout ce qui précède.
"Faces Of Death" est lent, oppressant, on est quasiment dans un Heavy/Doom/Death Mélodique, Hellixxir ne se donne aucune limite, ne s'en tient pas à un style prédéfini mais explore les différentes facettes du Metal Extrême avec une efficacité proprement incroyable !
Massif, propre à vous décrocher les cervicales, "Birth Of the Evil" repart sur des bases enlevées ; "Declaration Of War", quant à lui, renforce le côté lourdeur et je noterai que c'est un véritable régal d'entendre aussi précisément cette collaboration guitare rythmique/lead/basse/batterie !
Enfin, c'est sur un titre instrumental que "Corrupted Harmony" prend congé, avec une participation de choix puisque Henrik Garcia (Dark Moor) est de la partie. Un super solo, une rythmique lourde à souhait, une fin acoustique, cette ultime compo est à l'image de l'ensemble de l'album : elle transpire l'excellence !

Hellixxir a peaufiné "Corrupted Harmony" jusque dans ses moindres détails.
Il lui a donné un son parfait, une assise rythmique impressionnante, des soli de toute beauté, au sein d'une ambiance ténébreuse qui nous happe et nous maintient immergé de la première à la dernière seconde.
"Corrupted Harmony" est une petite bombe qu'il est impossible de cataloguer avec précision, c'est aussi ça qui fait sa force. La base est Thrash, certes, mais il y a une multitudes d'éléments qui viennent faire la différence, qui font la spécificité d'Hellixxir. Ainsi, les aspects Death, Heavy, Doom ou Black apportent cette richesse, cette diversité au sein des compos.
Ceci aboutit à un album majeur du Metal français... et bien au-delà !

Je vous recommande de découvrir, si ce n'est déjà fait, Hellixxir, et de vous procurer d'urgence "Corrupted Harmony" !

Tracklist de Corrupted Harmony :

01. Punishment
02. Blood Writings
03. Constant Fear
04. Corrupted Harmony
05. Oppressions
06. Bloody Mary
07. Faces Of Death
08. Birth Of the Evil
09. Declaration Of War
10. Kill the Parasite

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Inner madness
Inner madness
Prix : EUR 18,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Metal français au top (3) !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inner madness (CD)
Vingt-trois ans de carrière, neuf albums (dont le petit dernier, "Inner Madness"), un nouveau chanteur en la personne de L. Chuck D (Carnal Lust), un nouveau label (Great Dane Records), No Return nous revient, quatre ans après la précédente cuvée nommée Manipulated Mind.

Diverses constatations après une première écoute :
- la production est de qualité, le mixage équilibré permet d'apprécier comme il faut les différents instruments, elle émane de Francis Caste (Ultra Vomit, Necroblaspheme, Zuul Fx, The Arrs...) au Studio Sainte Marthe,
- le chant est assez varié, s'aventurant parfois dans des passages en voix claire, tranchant avec ceux bien agressifs puisant dans le registre Thrash, parfois limite Hardcore ou, plus rarement, dans le Death,
- on a un mélange plutôt efficient entre aspects old-school et aspects plus modernes,
- technique (bon sang les soli d'Alain... et ils sont sur tous les titres !), puissance, mélodie... ce sont sans doute les trois mots caractérisant le mieux l'album.

Quelques écoutes plus tard, mon avis s'est naturellement affiné, entrons donc maintenant dans "Inner Madness".
"N.I.L. 2" ouvre l'album de manière efficace, mettant en oeuvre ce que nous rencontrerons souvent tout au long de cet opus, à savoir une puissance appréciable, des riffs parfois fortement entêtants, des soli haut de gamme et des vocaux hurlés... qui ne feront sans doute pas l'unanimité. On notera l'incursion réussie du chant clair sur le refrain.
Puis une intro très mélodique est mise en oeuvre sur "Inquisitive Hegemony ($€v€n)", quelque chose me dit qu'une accélération va suivre... dans le mille ! Nous avons là un titre que je qualifierai de "tubesque" tant il est accrocheur. On pourra le définir comme étant du Heavy/Speed/Thrash/Death moderne et mélodique, lorgnant du côté de l'école de Göteborg pour certains riffs particulièrement entêtants. Les vocaux se font également parfois plus typiquement death et, de nouveau, un magnifique solo nous est proposé.
"Backdoor" déboule, on a ce côté heavy, cette puissance considérable, cette technique, ces rythmiques imposantes. Nous sommes dans un chouette Thrash/Death technique, avec un passage au tempo modéré sur lequel la basse ressort... et toujours ce solo de génie maintenant habituel au sein de chaque compo.
C'est à un début bien dans la lignée du Thrash/Death suédois que nous convie "Near Death Experiences", avec ses passages rapides et sa facilité à nous immerger dans la mélodie. On a de nouveau des vocaux clairs qui s'invitent et, inutile de le préciser, le solo traditionnel purement jouissif... justement, avec un tel bagage technique, pourquoi ne pas proposer un titre instrumental ? Il n'y a qu'à demander... voici "Morgane's Song", qui me fait penser qu'à l'instar du fantastique album d'Abysse (En(d) grave), les incursions instrumentales peuvent confiner au génie. Oui, cette composition démontre, si besoin était, que No Return est impressionnant dans les aspects purement instrumentaux, qui jouissent d'une maîtrise absolue. Toujours mélodique, avec des lignes de guitare nous maintenant en haleine de bout en bout, bien secondées par une assise rythmique impeccable, "Morgane's Song" varie les plaisirs, avec des passages rapides ou plus modérés, et me donne l'occasion de dire tout le bien que je pense d'Alain, véritable virtuose, insufflant à l'album un côté très technique, mais jamais rébarbatif, avec en particulier des soli sublimes, gorgés de feeling, qu'on souhaiterait voir s'éterniser.
Petit message en passant : "Alain, à quand un album solo purement instrumental" ?
Allez, on poursuit avec "Inner Madness", titre lourd, qui est à mes yeux le moins marquant de l'album, même si un nouveau solo lumineux le tire vers le haut !
Surpuissant, avec une rythmique béton, "Borderline" est agrémenté de chant clair et d'une touche technique agréable et omniprésente, il précède "The Dead Inside", qui inclut un agréable moment versant dans une optique Heavy Metal mid-tempo.
C'est avec un "Death Scars" bien rentre-dedans, furieux, avec un Chuck hurlant comme jamais, que l'album s'achève... avec un Haka comme ultime sursaut !

No Return est donc de retour avec une cuvée qu'il faut écouter de nombreuses fois pour pourvoir l'apprécier à sa juste valeur. Je souhaite maintenant revenir (et insister) sur deux éléments caractéristiques de la galette, qui me paraissent primordiaux :
- le chant de Chuck semble faire débat... et je pense sincèrement qu'il n'y a pas de quoi. Lors de l'écoute initiale, je reconnais avoir été moyennement convaincu, m'attendant à une majorité de chant death, bien puissant et rentre-dedans. Cette voie n'a pas été retenue par le groupe... et c'est finalement positif car, dès la seconde écoute, j'ai commencé à franchement apprécier la palette vocale déployée par Chuck sur l'album, pour en fin de compte adhérer totalement et entrer sans réserve dans "Inner Madness",
- le bagage technique est impressionnant dans le groupe, et si vous aimez les soli flamboyants, vous serez emballés par ceux d'Alain, qui s'avère être un véritable guitar-hero, dont les interventions se révèlent fluides et passionnantes.

Je vous recommande donc de découvrir sans plus attendre ce nouvel opus de No Return !

Tracklist de Inner Madness :

01. N.I.L. 2
02. Inquisitive Hegemony ($€v€n)
03. Backdoor
04. Near Death Experiences
05. Morgane's Song
06. Inner Madness
07. Borderline
08. The Dead Inside
09. Death Scars

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The hate complete
The hate complete
Prix : EUR 13,62

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le Metal français au top (2) !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The hate complete (CD)
Carnal Lust est un groupe de Death Metal français qui s'est formé en 1998.
Le line-up du groupe est constitué de Ludo (guitare), Jérôme (batterie), L. Chuck D. (vocaux), Rémy (guitare) et Kyrcnos (basse).
Le combo a sorti deux démos (Human Die en 2001 et Prepare Your Soul en 2002), un EP (Rebirth In Hate, en 2004) et deux albums (Whore of Violance en 2003 et Dawn Of The Hatred en 2008).
Le nouvel opus à venir s'intitule "The Hate Complete" et se révèle être un concept-album, basé sur la vengeance d'un père après la mort brutale de son fils.

Permettez-moi d'ores et déjà de vous recommander la lecture de l'interview de Chuck (sur auxportesdumetal.com), qui nous parle en détails du groupe ainsi que de la genèse de l'album, proposant par conséquent un complément idéal et indispensable à la chronique !

La découverte de "The Hate Complete", puis son approfondissement, à la faveur de nombreuses écoutes, me conduisirent sur un chemin plaisant et prenant.
Je me préparais à chroniquer un bon album de Death Metal, facile à appréhender, et je me suis retrouvé avec une galette nécessitant pas mal d'écoutes et par conséquent... pas si facile à appréhender que ça !
Je ne suis pas en train de vous dire que "The Hate Complete" est complexe, ce n'est pas le cas, par contre il est très diversifié, ce qui me pousse à dire que l'appellation "Death Metal" est bien trop restrictive en l'occurrence.
Death, Thrash, Heavy, Black, "The Hate Complete" cumule les styles... tandis que L. Chuck D. cumule les voix.

Justement, concernant Chuck, sa palette vocale est imposante sur l'album, celui-ci apportant émotion, puissance, agressivité, en fonction des personnages et au gré du développement de l'histoire.
C'est ainsi que, à l'instar de sa prestation au sein du dernier album de No Return (Inner madness), il utilise un chant clair, death ou hurlé, mais apporte également des nuances aux couleurs de sa palette, ce qui implique une grande richesse en matière de vocaux, venant en définitive magnifier l'impeccable boulot instrumental de ses potes du combo.

Quelques invités sont présents sur l'album. Ainsi, Mick (vocaux, Destinity), Mike (guitare, Yorblind... groupe au sein duquel Chuck a chanté), ainsi que Declan (onze ans), qui intervient lors d'un court passage, viennent-ils participer à l'aventure.

Le concept de "The Hate Complete" est très noir, violent, il appelle une musique allant dans cette direction, et c'est donc à une véritable descente aux enfers que nous sommes conviés...

Des pas, le vent, une voix éraillée qui chuchote, une sombre et longue intro basse/guitare que n'aurait pas reniée Iron Maiden puis un très bon passage heavy en voix claire... à ce moment, je me suis interrogé : "Etait-ce un album de Heavy Metal que je m'apprétais à chroniquer ?"
Et bien non, "Sepulcrum", qui ouvre l'album, évolue ensuite, les voix death et hurlées font leur apparition mais une chose est sûre : le côté heavy est bien présent (et cela est récurrent sur l'album), il confère au morceau un aspect écrasant que l'excellente production vient souligner. De plus, quelques accélérations foudroyantes s'invitent, au sein d'un ensemble aux tempi diversifiés.
Le concept implique des moments déchirants, qui sont parfaitement retranscrits dans "Morituri Te Salutant", en particulier lors d'un passage hurlé qui secoue les tripes, ou lors de la fin lancinante du titre (qu'on pourrait trouver dans des albums de Funeral Doom Metal) en voix claire et death, pendant laquelle la batterie est absente.

La suite de l'album est du même acabit, elle apporte son lot d'émotions, de variété stylistique, et procure cette sensation omniprésente selon laquelle "The Hate Complete" est un album qui devrait faire date !

Entre la touche Death technique de "Dominus Vobiscum", l'évolution de "Una Salus Victis" (qui va du Death surpuissant au Heavy Metal, s'achevant sur un passage mélancolique), les cavalcades rythmiques de "Vixit" (avec son refrain entêtant et son excellent solo), les aspects Black Metal de "Vade In Pace", en particulier lors des passages les plus rapides (auxquels il conviendra d'ajouter un moment fleurant bon le meilleur d'Amon Amarth, ainsi qu'une fin géniale en voix claire) ou la grande variété de "Libera Nos A Malo" (qui incarne une bonne synthèse de ce que Carnal Lust nous a proposé avec cet album, à savoir un monument de puissance qui ne se refuse rien au niveau des styles), nous ne pouvons que constater l'évidence : "The Hate Complete" est une pure tuerie dénuée de tout moment dispensable !

Lors de l'interview, je disais à Chuck que l'album se bonifiait au fil des écoutes. La première écoute, je le reconnais, m'a moyennement convaincue. Puis, peu à peu, au fil des suivantes, je me suis laissé envahir, happé par cette musique si variée et puissante, ces vocaux allant de la fureur au désespoir, d'autant que l'ensemble s'avérait rehaussé par une production aux petits oignons, venant favoriser cette imprégnation.

"The Hate Complete" est un album inspiré, passionnant, intense, magistralement interprété et produit. Il nécessite qu'on s'attarde dessus pour l'appréhender intégralement et ainsi l'apprécier au point de souhaiter l'écouter de nouveau, encore et encore...

Dès sa sortie, je vous recommande de vous précipiter sur "The Hate Complete" !

Tracklist de The Hate Complete :

Chapitre 1
01. Sepulcrum
02. Morituri Te Salutant
03. Dominus Vobiscum
04. Una Salus Victis
05. Mors Ultima Ratio
06. Vixit
07. Vae Victis
08. Vade In Pace

Chapitre 2
09. Volens Nolens
10. Gladius Legius Custos
11. Memento Mori
12. Libera Nos A Malo

13. (...Just For Friday)... à vous de trouver !

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Time to play
Time to play
Prix : EUR 13,62

4.0 étoiles sur 5 Le Metal français au top (1) !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Time to play (CD)
Sur le papier, "Time To Play", premier album de For Many Reasons (ou FMR ou Formanyreasons), combo français de Death Metal, est très alléchant. Jugez plutôt :
- un excellent line-up, composé de David Boutarin (guitare, chant, programmation ; ex-Destinity et fondateur de FMR), André "Ded" Bermudez (guitare ; ex-Destinity), Eric "Candy" Lombard (basse ; Benighted) et Florian "Flo" Cellard (batterie).
- une production fruit d'un enregistrement par les soins du groupe, suivi du boulot de mixage/mastering effectué par Jacob Hansen (Destinity, Volbeat, Communic, Mercenary...)... un gage de qualité !
- un artwork signé Evil Campbell (Uncolored Wishes, Arkan, Furia...)
- des invités au chant : Kler (Shadows Of A Black Sun) sur Ego et Jacob Hansen (qui a notamment chanté dans Anubis Gate) sur Bloodspeed.

La question qui se pose maintenant est : "La promesse est belle... mais que donne ce "Time To Play" lorsqu'il vient squatter la platine CD ?"
Pour tout vous dire, la première écoute fut pour moi peu agréable, n'arrivant pas à accrocher, à m'y tenir durablement. La raison ? Peu de réceptivité sans doute, un style qui, à ce moment précis, ne me branchait pas.
Mais lorsqu'on chronique un album, il y a selon moi une obligation : ne pas s'en tenir à une première impression, qu'elle soit positive ou négative, un album doit se livrer peu à peu, la découverte doit se transformer en connaissance, le contenu doit être intégralement appréhendé avant de livrer tout commentaire.

C'est ainsi que, suite à bon nombre de passage dans ma platine, j'ai commencé à apprécier la musique de FMR, mélodique, puissante, technique (sans jamais verser dans la complexité), variée en matière de tempi... pour finalement être définitivement conquis. Comme prévu, la production est puissante et moderne... mais ceci dit, comment pouvait-il en être autrement avec l'ami Jacob ?

Alors, qu'avons-nous exactement au programme de cette galette ?
"Time To Play" ouvre l'album et tout ce qui constitue les forces de FMR est déjà résumé ! une voix death puissante, des riffs variés et groovy, agressifs ou mélodiques, des claviers parfaitement intégrés, intervenant toujours à bon escient (qui apportent même une petite dose sympho pas désagréable) et qui sont à mes yeux un plus considérable, un refrain génial, entêtant, et un solo de qualité.

Sur cet album, pas de linéarité, pas de titres qui se suivent et se ressemblent, les surprises sont présentes et fréquentes et, franchement, on prend souvent son pied !

Rien n'est à jeter sur "Time To Play". Entre "Can't You Feel" (véritable bombe Heavy/Death/Thrash mélodique monstrueusement accrocheuse), "Bloodspeed" (dont l'apport des vocaux clairs de Jacob se révèle très intéressant, conférant à la compo des moments très Heavy Metal bien agréables), "Within" (le titre le plus sombre, qui préfère en majorité le tempo posé assorti d'une lourdeur imposante) ou "Ego" (le morceau le plus mélodique de l'album, illuminé par un chant féminin particulièrement efficient), les maîtres-mots sont qualité et diversité.
Je citerai également les deux excellents (courts) instrumentaux, sombres, aux intéressants atours orchestraux, à savoir "One Pound Of Flesh" et "The End"... qui clôt l'album.

En définitive, FMR nous propose un album inspiré qui, s'il ne mise pas sur l'originalité, nous met une belle baffe en misant tout sur l'efficacité et la variété.
Rythmiques béton, chouettes soli, claviers magistralement utilisés, intensité omniprésente, production impeccable, "Time To Play" mérite une écoute attentive de votre part... et plus si affinités !!

Tracklist de Time To Play :

01. Time To Play
02. Through My Eyes
03. One Pound Of Flesh
04. Can't You Feel
05. Blood Speed
06. Not Dead Yet
07. Soul Sold Out
08. My Rule
09. Within
10. Victim
11. Ego
12. Game Over
13. The End

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Asia / XXX
Asia / XXX
Prix : EUR 20,00

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un Rock FM très accrocheur !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asia / XXX (CD)
En 1982, votre serviteur était sur le point de tomber dans une potion magique hautement jouissive appelée "Metal", après avoir goûté, durant de très longues années, à la Variété, à la Pop, au Funk, au Disco et un peu au Rock.

Mais avant ce plongeon musical, j'ai eu l'occasion de découvrir, un peu par hasard je dois bien le reconnaître, un groupe que j'ai rapidement trouvé génial : Asia.

Lors d'achats dans un magasin, je me suis dirigé vers une cassette audio (ça ne me rajeunit pas !) dont l'artwork m'avait interpellé, celui de l'album éponyme.

Direction la platine cassette pour Asia (oui, je sais... ça ne me rajeunit pas !)... pour un moment de plaisir intense !
"Heat Of The Moment", "Only Time Will Tell", "Sole Survivor", "One Step Closer", "Wildest Dreams", pour ne citer qu'eux (car tous les titres sont incontournables), étaient des bijoux destinés à passer en boucle chez moi... et chez tous ceux qui avaient succombé aux mélodies terriblement accrocheuses du combo anglais !
En 1983, second album, second coup de maître avec Alpha, qui nous propose de nouveau de fabuleuses compositions accrochant les sens, telles "The Heat Goes On" ou "Open Your Eyes".
Je finirai en 1985 avec Astra, qui m'a de nouveau enchanté, notamment avec les incontournables "Go", "Voice Of America" ou "Rock And Roll Dream".
Je pourrais continuer ainsi et égrener la suite de la discographie du combo, qui recèle pas mal de très bons titres, mais je m'en tiendrai à ces trois albums qui ont, de loin, ma préférence.

C'est en 2010 que sort Omega, opus particulièrement réussi avec lequel je retrouvais un plaisir d'écoute que je n'avais pas ressenti depuis ces premières années qui proposèrent tant de titres "tubesques" !
Cet opus m'a littéralement transporté, c'est lui qui m'a incité à revenir vers Asia et c'est lui qui m'a décidé à me lancer dans la chronique de ce nouvel opus intitulé XXX.

Oui, XXX pour trente ans de carrière... ça se fête ! Revenir aux sources, ou au moins découvrir un album de la trempe d'Omega, ça me ferait bien plaisir !

Nous retrouvons le même line-up que pour Omega, à savoir Geoff Downes (claviers ; Yes), Steve Howe (guitare ; Yes), Carl Palmer (batterie ; ex-ELP) et John Wetton (chant, basse ; ex-King Crimson).
Reste à savoir maintenant si "XXX" est un bon cru...

Une première chose me paraissant essentielle a été immédiatement mise en lumière : la production, œuvre de Max Paxman, est excellente, tous les instruments sont mis en valeur, se partagent parfaitement l'espace sonore, le mixage est équilibré, indéniablement c'est une belle réussite à ce niveau.

Sur XXX, les prises de risques sont néantes, il n'y a aucune complexité dans les structures des compositions, nous naviguons dans des eaux Rock FM qui pourraient bien accrocher pas mal de monde.

L'album est plutôt varié, les chœurs sont agréables et apportent beaucoup aux titres, la guitare nous gratifie souvent de soli plaisants et les claviers, en mode traditionnel, piano ou orgue (typé 70's) sont naturellement omniprésents.

Entrons maintenant un peu plus précisément dans l'album.
"Tomorrow The World" ouvre "XXX" et, après un début instrumental très atmosphérique, le titre décolle et se révèle entraînant, l'album commence sous les meilleurs auspices.
On poursuit sur cette bonne lancée avec un excellent "Bury Me In Willow", qui nous gratifie d'un magnifique refrain, puis c'est "No Religion" qui arrive, compo très orientée guitares, qui possède un petit quelque chose m'évoquant parfois Foreigner, notamment dans certains passages vocaux.
"Faithful" est très posé sur sa première moitié puis accélère le tempo, il nous propose de nouveau un joli refrain.
"I Know How You Feel" vous fera obligatoirement penser, assez fréquemment, à Supertramp, et ce dès son début ; l'accrocheur "Face On The Bridge" suit, c'est le premier single et il fait l'objet d'une vidéo ; quant à "Al Gatto Nero" et "Judas", ils me rappellent parfois, notamment au niveau de certains éléments des mélodies vocales, certains aspects des tubes issus des premiers albums.
Enfin, c'est la ballade "Ghost Of A Chance", dotée d'un chouette et long passage instrumental, qui vient clore "XXX".

Faisons maintenant le bilan :
"XXX" atteint-il l'excellence des albums références d'Asia ? La réponse est NON.
"XXX" est-il un bon album d'Asia ? La réponse est OUI.

Ce nouvel opus d'Asia, parfaitement interprété et magistralement produit, m'a fait passer de très bons moments lors des diverses écoutes effectuées et il me semble qu'il doit venir grossir la cdthèque des fans du groupe... et qu'il mérite une écoute attentive de la part de tous ceux qui aiment les belles mélodies, et ce quel que soit le style musical de prédilection !

Tracklist de XXX :

01. Tomorrow The World
02. Bury Me In Willow
03. No Religion
04. Faithful
05. I Know How You Feel
06. Face On The Bridge
07. Al Gatto Nero
08. Judas
09. Ghost Of A Chance

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Eremita
Eremita
Prix : EUR 21,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une fois de plus... la perfection !!, 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eremita (CD)
Après une carrière flamboyante au sein d'Emperor, groupe culte du Black Metal Symphonique, Ihsahn s'est lancé dans une carrière solo... flamboyante.

Car oui, ses trois précédents albums, The Adversary (2006), Angl (2008) et After (2010), sont autant de merveilles, nous entraînant dans un univers sombre, complexe, technique, avec une approche unique du Metal Progressif.
Ihsahn refuse de se laisser enfermer dans des codes prédéfinis. Ainsi, quelle que soit l'appellation donnée, elle paraîtra forcément bien trop restrictive, sa musique étant en perpétuel mouvement, définitivement avant-gardiste, incroyablement diversifiée et originale, pas forcément facile d'accès mais justement, jamais on ne dira d'une de ses oeuvres : "cet album ne révolutionnera pas le Metal" ou "Cet album est peu inspiré" ou bien encore "Cet album est tellement bon qu'il aura du mal à faire mieux avec le prochain" !

"Eremita", le quatrième opus d'Ihsahn, ne va pas changer la donne, loin de là !
"Eremita" est un aboutissement, une oeuvre superbe, un plaisir d'écoute de tous les instants... Ihsahn est encore et toujours au taquet !
Quand on sort quatre albums de ce niveau, avec une régularité qualitative impressionnante, que la richesse et l'inspiration sont aussi remarquables, on ne peut que constater l'évidence : Ihsahn fait partie des grands au sein de notre musique... j'aurais même tendance à employer le mot "génie" pour le définir !

Et pour enfoncer le clou, d'autres éléments viennent se greffer à cette constatation, histoire de bien réaliser à quel point cet album était, de toute façon, voué à la réussite !
Ihsahn (chant, guitare) s'est entouré d'un line-up haut de gamme sur "Eremita". Ainsi, nous avons Tobias Ørnes Andersen (batterie, Leprous), Jørgen Munkeby (saxophone, Shining... le groupe norvégien de Jazz Metal Expérimental), Jeff Loomis (guitare, ex-Nevermore) et les chanteurs Devin Townsend (qu'on ne présente plus), Einar Solberg (Leprous) et Heidi S. Tveitan (Starofash).
Allez, une cerise de plus sur le gâteau : la production est énorme, et on constatera que le mixage est l'oeuvre de Jens Bogren (Opeth, Paradise Lost, Be'Lakor...).

"Eremita" s'ouvre sur "Arrival" et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est le début idéal pour accrocher les sens. Sombre, puissant, entêtant, technique, proposant un somptueux passage instrumental très prog, "Arrival" bénéficie de l'apport essentiel d'Einar qui, avec sa superbe voix claire, apporte un aspect mélodique considérable à la compo. La parfaite dualité vocaux clairs (Einar) / extrêmes (Ihsahn) est une raison supplémentaire pour être conquis par ce morceaux !
Avec "The Paranoid", c'est à une approche plus Black Metal que nous avons affaire, mais je vous rappelle qu'il s'agit d'Ihsahn, pas question par conséquent d'avoir un titre allant uniquement dans cette direction, nous repartons vers ces contrées progressives mais ô combien accrocheuses grâce à cette puissance, ces aspects heavy et surtout cette technique mise au service du morceau (comme c'est le cas sur l'ensemble de l'album)... et pas le contraire...
Sur "Introspection", on a une belle rencontre, propice à des moments marquants : Devin Townsend nous fait profiter de sa voix claire, en parfaite symbiose avec celle d'Ihsahn, au coeur d'une compo lourde et intense.
Le saxophone de Jørgen Munkeby est un apport important de "The Eagle And The Snake", même s'il est loin d'être omniprésent, car il apporte une petite touche de folie, transcendant la portée émotionnelle de la compo, notamment symbolisée par ce chant clair intervenant au coeur de passages lancinants, désespérés, que la voix extrême d'Ihsahn vient assombrir un peu plus lors de ses interventions. On notera un magnifique solo de guitare, au sein d'un (trop court) passage très dynamique et purement progressif.
"Catharsis" est un titre qui prend son temps, on ressent une profonde mélancolie qu'Ihsahn, au travers de ses
vocaux habités, nous fait ressentir, appuyé en cela par quelques interventions du saxophone ainsi que par un chant clair qui illumine quelque peu cet univers ténébreux.
C'est à un début de folie que nous convie "Something Out There", qui prend l'exact contre-pied de la compo précédente puisqu'il mise sur la rapidité, la puissance, toujours avec cette fantastique dualité voix claire / extrême, qui est décidément un apport absolument fondamental sur "Eremita" ! Évidemment, nous ne sommes pas constamment pied au plancher, loin de là car, dès la seconde moitié du morceau, on revient vers un rythme plus posé, avec naturellement de nouveau ces plages instrumentales si efficientes !
Avec l'instrumental "Grief", c'est à un moment symphonique, naturellement sombre, auquel nous avons droit, il précède "The Grave", titre particulièrement oppressant, qui nous donne l'impression que tout espoir de clarté est désormais inaccessible, sentiment renforcé par la performance de Jørgen Munkeby et le chant désespéré d'Ihsahn.
"Departure" nous enchante avec ses aspects sympho/expérimentaux, magnifiés par un Ihsahn dont les vocaux écorchés comme jamais impressionnent... puis, brusquement, le calme, les vocaux clairs font leur apparition lors d'un passage très accessible, atmosphérique, la quiétude fait son apparition... provisoirement puisque nous repartons ensuite vers cet univers noir, impitoyable. Mais il est désormais incontestable que cette composition est celle qui nous propose le plus de sentiments contradictoires, puisque c'est ensuite Heidi qui intervient, lors d'un passage de toute beauté, au sein duquel la douceur s'invite. Mais le dernier mot est donné à la puissance, à la faveur d'une fin instrumentale imposante.

Que dire, sinon que l'on sort de cet album sonné, impressionné. Inspiration, interprétation, production... tout est parfait !
"Eremita", malgré ses aspects avant-gardistes et techniques, ses géniales poussées progressives, n'est pas un album hermétique, destiné à être adoré ou détesté. C'est une oeuvre qui, certes, nécessite une acclimatation, quelques écoutes attentives, une certaine ouverture d'esprit, mais dès qu'on a décidé d'entrer dans son univers, on est définitivement conquis et on ne peut que considérer qu'Ihsahn nous gratifie d'un chef d'oeuvre, tout simplement.

Vous l'aurez compris, "Eremita" est un album absolument indispensable !

Tracklist de Eremita :
01. Arrival
02. The Paranoid
03. Introspection
04. The Eagle And The Snake
05. Catharsis
06. Something Out There
07. Grief
08. The Grave
09. Departure

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Enslaved
Enslaved
Prix : EUR 13,39

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le meilleur album du combo !!, 4 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enslaved (CD)
Entre 1998 et 2012, année de sortie de son nouvel album intitulé "Enslaved", Soulfly, le bébé de Max Cavalera (qu'on ne présente plus), a sorti huit albums, sans compter son escapade au sein de Cavalera Conspiracy (deux albums).
Bref, Max est un bosseur, ça, on le savait.
Malheureusement, les deux dernières cuvées des deux groupes ont divisé les fans, beaucoup n'ont pas été convaincus par Omen (2010) pour Soulfly et Blunt Force Trauma (2011) pour Cavalera Conspiracy.
Certains ont le sentiment que Max se répète, qu'il tourne en rond au fil des albums.

Si on reconnaît toujours Soulfly lorsqu'on écoute l'album, "Enslaved" marque toutefois une évolution qui intègre plus de brutalité et met quasiment fin aux aspects tribaux qui sont, à la base, l'une des marques de fabrique de la formation.
Toujours Thrash, mais également fortement imprégné de Death, Max a cette fois décidé de proposer un album très agressif, le plus radical en tout cas de la formation depuis ses débuts.

En dehors de cet aspect plus brutal, on notera deux différences avec "Omen", ayant sans doute un impact sur lamusique dans "Enslaved" :
- un changement le line-up, avec les départs de Joe Nunez (basse) et de Bobby Burns (batterie), remplacés respectivement par Tony Campos (ex-Ministry, ex-Static X, Possessed, Asesino, Prong) et David Kinkade (ex-Borknagar).
Pour l'efficacité, la puissance, le groove, l'intégration du Death, la carte de visite des petits nouveaux ne laisse aucun doute quant à leurs capacités... c'est du lourd !
- un changement de producteur, Chris « Zeuss » Harris (qui a notamment produit Chimaira, Hatebreed ou Shadows Fall) qui remplace Logan Madder (Machine Head).

"Enslaved" me semble être un nouveau départ pour Soulfly. Lorsque j'ai entendu dire que cette nouvelle galette allait être plus extrême, je me suis dit que c'était ce que j'attendais de Soulfly depuis que j'écoute le groupe.
Cependant, je ne souhaitais pas plus de brutalité sur quelques titres ou ponctuellement, mais sur l'album dans son intégralité.
Et bien pour moi, c'est mission accomplie. D'ores et déjà, je peux vous dire qu'"Enslaved" est mon opus préféré du groupe et que c'est selon moi ce que Max a fait de mieux depuis qu'il a quitté Sepultura.

"Enslaved" est un album traitant de l'esclavage, mais également d'autres thèmes (ce n'est donc pas totalement
un concept-album), il y a "American Steel", "Plato O Plomo" (qui concerne Pablo Escobar), "World Scum" (qui aborde
des événements dramatiques liés à notre monde) et "Revengeance" (hommage à Dana, le beau-fils décédé de Max).

Max est en colère, son chant s'en ressent, certains passages étant plus gutturaux qu'à l'accoutumée, ceci explique certainement cette brutalité présente dans chaque titre.

Dès le début de "Resistance", qui ouvre l'album, cette violence est présente mais assez contenue, une accélération lors de la seconde partie de ce (très court) morceau nous met la puce à l'oreille sur la volonté d'envoyer la sauce !
"World Scum" est interprété en compagnie de Travis Ryan (Cattle Decapitation) qui appuie ces intentions Death, puisque ce titre surpuissant (oui, j'avais oublié, autre élément fondamental sur "Enslaved" : l'aspect très heavy des compos) mais pas pied au plancher (en dehors de quelques accélérations foudroyantes) nous offre des riffs death qui font augurer d'un album énorme ! On notera que Marc Rizzo intègre au morceau quelques parties de guitare très plaisantes, démontrant que l'aspect mélodique n'a pas été abandonné.
"Intervention" confirme la tendance, la puissance est toujours au rendez-vous, les tempi sont variés ; il précède "Gladiator", monstrueux titre heavy doté d'une accélération au riff entêtant. Et toujours ces remarquables passages et soli de Marc qui, décidément, est un fantastique guitariste.
Allez, ne nous arrêtons pas en si bon chemin, "Legions" enfonce le clou, véritable rouleau-compresseur heavy (comme la plupart des titres !), et toujours avec cette variété dans les tempi qui rend les titres passionnants.
"American Steel" propose deux visages : le speed, qui décrochera immanquablement les cervicales (le début) et ce tempo lent mais jouissant d'une lourdeur conséquente et d'une belle intensité (la suite). on notera aussi que c'est ici que se trouve le seul (très court) passage ouvertement tribal de l'album (percussions spécifiques).
"Redemption Of Man by God" est interprété en compagnie de Dez Fafara (Coal Chamber, DevilDriver). Bon titre de nouveau, très rythmé... mais cassure deux minutes avant la fin pour un long passage répétitif mais finalement pas ennuyeux.
Imposant, "Trehery" l'est incontestablement, nous régalant de nouveau de ces rythmiques monstrueuses, qui me permettent par la même occasion de rendre hommage à cette section rythmique impressionnante, notamment à David Kinkade, qui martyrise constamment ses fûts pour notre plus grand plaisir... bon, quand on a joué dans Borknagar, on ne peut être que génial n'est-ce pas ?!
"Plata O Plomo" est un peu particulier car il est interprété, outre Max (qui chante en portugais), par Tony (qui utilise l'espagnol, langue dans laquelle il chante au sein d'Asesino). Il intègre de somptueux passages flamenco en guitare sèche.
Low ou mid-tempo écrasant dans sa première partie, "Chains" accélère ensuite le tempo pour finalement revenir à un rythme plus posé, pour finir avec des bruits de chaînes notamment mêlés à la guitare acoustique de Marc.
Les meilleures choses ont toujours une fin et "Revengeance" vient ainsi clôre l'album avec la famille Cavalera : Max et ses fistons, Richie (Incite) et Igor Jr sont excellents au chant et Zyon impressionnant à la batterie.
Constatation évidente : la nouvelle génération est particulièrement efficace... la relève est assurée !

En définitive, Soulfly, avec "Enslaved", a enfanté son album le plus brutal, le plus heavy, le plus intense et le mieux produit (les imposantes rythmiques sont magnifiées par la puissance de la production) de sa carrière.
Il y a ces soli de Marc, toujours parfaits, ces vocaux de Max, plus agressifs que jamais, ces fantastiques parties de batterie de David et cette basse si solide de Tony.
Soulfly revient avec une volonté de tout écraser sur son passage et il y parvient sans peine !
Si vous ne devez posséder qu'un seul album de Max hors Sepultura, c'est indiscutablement celui-là qu'il vous faut... et c'est à consommer sans modération !

Tracklist de Enslaved :
01. Resistance
02. World Scum (avec Travis Ryan)
03. Intervention
04. Gladiator
05. Legions
06. American Steel
07. Redemption Of Man by God (avec Dez Fafara)
08. Trehery
09. Plata O Plomo
10. Chains
11. Revengeance (avec Richie, Igor Jr. et Zion Cavalera)

Bonus (absents de l'édition reçue)

12. Slave
13. Bastards
14. Soulfly VIII

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