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Contenu rédigé par Guillaume Tixier
Classement des meilleurs critiques: 1.903
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Commentaires écrits par
Guillaume Tixier

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A Touch of Sin [Blu-ray]
A Touch of Sin [Blu-ray]
DVD ~ Wu Jiang
Prix : EUR 26,22

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sortie le 3 juin., 3 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Touch of Sin [Blu-ray] (Blu-ray)
Excellent film, très belle édition Blu-ray de Potemkine (comme d'habitude) mais... Pourquoi Amazon indique une sortie pour le 1er juillet alors qu'il est déjà sorti aujourd'hui (3 juin) ? Il semblerait, sans que j'en ai la confirmation, que le film soit disponible en exclusivité chez la Fnac.


Red Tails
Red Tails
Proposé par ZOverstocksFR
Prix : EUR 6,21

5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 "paresseux mais techniquement plutôt impressionnant", 22 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Red Tails (Blu-ray)
Projet de longue date pour George Lucas (qui souhaitait déjà le mettre en branle dans les années 80), Red Tails devait être au film de guerre ce que Star Wars fut au space-opera, c’est à dire une relecture virevoltante et plutôt bon enfant des péripéties d’un escadron afro-américain durant la seconde Guerre Mondiale. Au programme, donc, un divertissement pétaradant mettant en scène une troupe d’aviateurs face à l’envahisseur allemand, et cela en plein cœur de l’Europe de 1944.

C’est cette petite troupe, et plus particulièrement le jeune Joe Little (interprété par David Oyelowo), que nous suivons deux heures durant dans cette superproduction destinée à faire rêver les bambins et à gentiment leur faire prendre conscience de cette abomination qu’est le racisme. L’ambition est d’autant plus noble que George Lucas laisse son film aux mains d’Anthony Hemingway, un téléaste noir américain réalisateur de nombreux épisodes des Experts, de Battlestar Galactica, de Urgences, de Heroes, de True Blood, de Sur Ecoute, de Fringe, ou encore de Treme. Un solide artisan, en somme, que le père Lucas se permettra néanmoins de guider afin que le film obtenu ne s’éloigne en aucun cas de sa vision initiale (à tel point qu’il est officieusement le réalisateur de plusieurs des séquences de ce Red Tails).

Difficile alors d’aborder le film comme autre chose que « le nouveau film de George Lucas », tout juste sorti de la prélogie Star Wars et de la production du quatrième Indiana Jones. Détesté par bon nombre de cinéphiles qui considèrent à juste titre qu’il enterre une à une toutes ses plus belles créations (il faut voir le désespérant Star Wars Episode II pour le croire), Lucas s’enfonce encore un peu plus avec ce Red Tails qui sera un énorme bide au box-office américain, à tel point que les pays étrangers ne sortiront pour la plupart le film que directement en vidéo. Presque inimaginable, pour un blockbuster qui devait selon George Lucas rencontrer le même type de succès que Star Wars en son temps.

Le film n’est pourtant pas aussi mauvais qu’on aurait pu l’imaginer. Certes très schématique dans sa peinture des situations de la vie quotidienne de cette troupe de soldats, Red Tails trouve un certain souffle dans des séquences de dogfights qui ont à l’évidence su bénéficier de tout le savoir faire des équipes d’ILM.

Pour qui aime les effets spéciaux, Red Tails est ainsi un spectacle assez impressionnant, d’autant plus qu’il retrouve régulièrement la patine particulière des grands films du cinéma classique hollywoodien. Cependant, ce travail photographique parfois enivrant confine fréquemment au cliché, à tel point que le long-métrage d’Hemingway devient -probablement à son insu- une étrange accumulation de poncifs (l’histoire d’amour déjà vue cent fois, les figurants qui surjouent constamment la « vieille Europe », les couleurs jaunes de l’Italie…) qui s’élève de la sorte au rang d’art.

On pourra par ailleurs regretter la structure bien trop elliptique du récit (le personnage de la belle italienne Sofia disparaît pendant presque une heure, les fondus enchaînés coupent les fins de séquences sans jamais laisser le temps de respirer…), d’autant plus qu’ils ne dynamisent aucunement un film qui souffre de quelques moments tellement mornes qu’ils en deviennent terriblement ennuyeux.

Heureusement alors que quelques séquences aériennes et la « menace fantôme » allemande (très souvent invisibles, les ennemis sont représentés par un unique antagoniste chez qui on ne distingue que l’uniformité manichéenne du mal incarné) sont l’occasion de retrouver notre ami Ben Burtt, sound designer de génie déjà à l’origine du son de films aussi légendaires que Star Wars, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, E.T., Dark Crystal ou plus récemment WALL-E. Avec lui revient tout un imaginaire enfantin des batailles aériennes et, bien que son travail soit en partie noyé sous une inepte couche de musique rock’n'roll en total inadéquation avec le récit présenté, il est évident que l’on prend plaisir à écouter toutes ses petites trouvailles.

Si Red Tails est un film en partie paresseux mais techniquement plutôt impressionnant, il n’est en tout cas pas la catastrophe annoncée par les fans du George Lucas de la période 8O’s… Oui, le casting est plat et ne brille à aucun moment de par son charisme. Oui, l’histoire d’amour n’a strictement aucun intérêt. Oui, le film accumule les clichés et les séquences un brin ennuyeuses… Mais il est aussi un maladroit mais sympathique revival des films de guerre qu’on pouvait voir sur les écrans jusque dans les années 80.
Pas mémorable, mais pas honteux pour autant, donc, d’autant plus que la conclusion du film est quelque peu surprenante.


Le Jour et la Nuit / Autospie d'un massacre - Edition collector 2 DVD
Le Jour et la Nuit / Autospie d'un massacre - Edition collector 2 DVD
DVD ~ Alain Delon
Prix : EUR 22,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 "un nanar culte", 22 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Jour et la Nuit / Autospie d'un massacre - Edition collector 2 DVD (DVD)
Nous y voilà ! Le Jour et la Nuit ! Le classique du film de m*** réalisé par BHL (qui a récemment fait un docu où il se célèbre lui-même) ! Un film avec Alain Delon, Arielle Dombasle et Karl Zéro ! D’ailleurs étant donné que ce dernier s’exprime toujours en mettant un point d’exclamation à la fin de ses phrases, on a décidé de faire pareil pour cette chronique ! C’est super ! Karl Zéro ! Un choix de casting hallucinant de connerie tellement le voir à l’écran est insupportable ! J’espère que la directrice de casting s’est faite virée ! Ou qu’elle avait une bonne excuse ! Genre, elle était peut-être sa femme ! Ou elle était aveugle ! Ou sourde ! Ou les deux ! Surement les deux ! Sacré Karl Zéro !

A en croire l’affiche, Le Jour et la Nuit est le digne héritier du genre épique et romanesque, à tel point que la promo n’hésite pas un instant à faire le rapprochement avec Autant en Emporte le Vent ! Ouais, carrément ! Mais en vérité, le film de Bernard-Henri Lévy, notre intellectuel français préféré, est une belle bousasse qui rappelle ce que peut être le cinéma français lorsqu’il pète tellement au dessus de son cul qu’il en devient un sérieux prétendant au Guiness Book des Records, rubrique Film le plus Ch*** !

En parlant de gaz, il faut voir les magnifiques scènes en montgolfière qui parsèment le film ! Interminables et montées n’importe comment, elle sont l’échappatoire romanesque d’un écrivain célèbre aujourd’hui retiré (Alain Delain) ! L’occasion pour BHL de nous présenter quelques visions indignes de Jules Verne et un magnifique cri de désespoir aérien qu’on croirait sorti de la bouche de Dark Vador dans Star Wars Episode III !

L’histoire raconte la venue chez Alain Delon d’un producteur de cinoche interprété par notre ami Karl Zéro ! Ce dernier souhaite adapter le célèbre livre de Delon en film ! C’est super ! Bonne idée ! Mais ils oublient un peu au bout de cinq minutes pourquoi ils sont tous là ! Avant de s’en rappeler à nouveau après deux-trois scènes de baise ! Avant que Delon ne refuse l’idée de cette adaptation ! Avant qu’il tombe amoureux d’Arielle Dombasle (qui aime bien montrer ses miches) et ne s’en branle à nouveau ! Avant que finalement il ne dise oui ! Etc etc !
Bref, tout le monde couche avec tout le monde ! C’est la fête ! C’est la Menguy’s Party ! Mais le pays est en train de faire sa révolution dans son coin (comprendre par là : contexte très sérieux, sujet fort et philosophique) et Alain Delon porte de drôles de casquettes tout en trônant à côté d’un perroquet !

On retiendra trois grandes récurrences dans le film (non, quatre, mais on ne compte plus les scènes de dialogues) ! De une, les fameuses scènes de baise ! BHL aime la fesse ! Il y a un beau cota de culs et de seins à la bobine, ce qui fait hautement plaisir surtout quand des personnages en espionnent d’autres ! Ce qui nous amène au second point ! L’autre grande thématique du film est celle de la représentation, d’où les nombreuses séquences où les personnages sont filmés comme s’ils étaient sur une scène, toujours face à un troisième individu qui les observe au loin !

Enfin, autre grande récurrence du Jour et la Nuit : les scènes de boxe ! Ou plutôt de punching ball, puisque l’amateur de nanars remarquera bien rapidement que les protagonistes prennent régulièrement plaisir à donner, pour un oui ou pour un non, un coup de poing dans un petit quelque chose (et d’ailleurs bien souvent dans un véritable punching ball)!

Les acteurs s’emmerdent ! Les monologues sont extrêmement chiants ! Le Jour et la Nuit a la gueule d’un vulgaire téléfilm alors qu’il se rêve grand film de cinéma ! « L’amour, la mort, la vie… » Que de grands thèmes abordés par le célèbre philosophe qui ridiculise ici tous ses acteurs, quand ceux-ci ne le font pas d’eux-même (non, sérieusement, Karl « C’est super ! » Zéro, avec sa voix nasillarde de mes deux, j’en peux plus !) ! En 1996, le film fut un échec total en salles ! Désormais il est un nanar culte ! Bien fait pour sa gueule !


Beowulf
Beowulf
DVD ~ Christophe Lambert
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 4,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 "un véritable nanar de compétition", 22 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beowulf (DVD)
1h39 après avoir lancé le DVD(parce que le film n’est pas trop long), nous pouvons enfin vous affirmer que Beowulf version Christophe Lambert est un véritable nanar de compétition ! Pas juste un film de m****, parce que des films de m**** avec un guerrier qui enchaîne les saltos avant tout en affrontant un ennemi qui manque ses coups 99 fois sur 100, c’est finalement assez rare ! « Alors, combat ! », comme ils disent dans le film (réplique qui tombe comme un cheveu sur la soupe au milieu d’une discussion).

Peu avant le tournage, les financiers réduisent considérablement l’enveloppe allouée à Graham Baker en la faisant passer de 25 millions de dollars à seulement 3,5 millions. Vous imaginez sans peine la détresse de l’équipe, contrainte à foncer dans le mur en produisant des décors et des costumes tout à fait déplorables. En résulte un univers pas crédible pour un sou, avec des images de synthèse parmi les plus laides jamais vues sur un écran de cinéma et les maquettes les plus ridicules de la décennie des 90′s.

Mais malgré son budget riquiqui, Beowulf a l’ambition d’adapter le classique poème anglo-saxon. Cela dit, Baker décide de renouveler le mythe en l’incorporant à un univers rétro-futuriste pour le moins douteux (on pense un peu à Mad Max 2, mais en merdique). En plus des armes et des costumes étonnamment modernes, le film dispose ainsi d’une bande-originale techno aussi hilarante qu’elle donne envie de se trémousser devant son écran !

Beowulf, c’est en quelque sorte un conte médiéval version boîte de nuit, ce que viendra aussi confirmer le magnifique effet stroboscopique des scènes de sexe qui nous présentent la mère de Grendel, une top model qu’on croirait coiffée par Mia Frye et qui se transformera à la toute fin en immonde créature de jeu-vidéo PSOne.

Une chose est sûre, c’est qu’il est difficile de s’ennuyer devant ce film hautement improbable dans lequel une grossière maquette de château explose longuement en guise de conclusion. Si l’objectif de Baker était de faire évoluer le cinéma d’action, c’est totalement raté, d’autant plus qu’on soulignera le fait que Beowulf est arrivé chez nous seulement deux petits mois avant un certain Matrix…

Redécouvert au milieu des années 2000 par une poignée de geeks amateurs de nanars, cet incroyable navet qu’est le film de Graham Baker mérite clairement toute votre attention !


Les Misérables [Blu-ray + Copie digitale]
Les Misérables [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Hugh Jackman
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 "Les Misérables est un film tantôt hilarant, tantôt ennuyeux", 22 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Misérables [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Déjà lorsque Le Discours d’un Roi avait remporté l’Oscar du Meilleur Film, on sentait que l’académisme l’avait emporté sur le génie de films comme Black Swan, Toy Story 3 ou The Social Network (à qui le trophée aurait dû revenir selon les pronostics). En 2011, le cinéaste Tom Hooper était donc déjà surestimé, et le voir à nouveau nommé aux Oscars, aux Golden Globes et aux autres grandes cérémonies pour son adaptation de la comédie musicale Les Misérables de Claude-Michel Schönberg (elle-même bien évidemment tirée de l’incontournable ouvrage de Victor Hugo), à de quoi désespérer les plus cinéphiles d’entre nous.

Parce qu’un cinéaste a déjà remporté un Oscar, il est immédiatement reconduit dans la compétition avec son long-métrage suivant ? Parce qu’un gros film américain est tiré d’un livre mondialement reconnu et aborde un événement historique tel que la Révolution Française, il est forcément un chef-d’oeuvre ? Contrairement à la presse européenne, plus mitigée, la presse américaine a majoritairement encensé ces Misérables (« Les Miz », comme ils disent). Pourtant, difficile d’y voir autre chose qu’une manière détournée d’acclamer le chef-d’oeuvre de Victor Hugo plutôt que ce film à la qualité pour le moins douteuse. Parce que le film s’appelle Les Misérables, il a donc eu droit aux plus grands honneurs.

Mais plutôt que de commenter plus longtemps l’opinion des autres, attaquons-nous à l’oeuvre elle-même. Tom Hooper y fait se succéder mouvements de caméra alambiqués et longs plans-séquences qui se concentrent sur le visage des comédiens. Un choix malencontreux puisque d’un côté le cinéaste applique l’esthétique virevoltante et hachée du cinéma de Tsui Hark à un univers qui n’en demandait pas tant, et d’un autre il cadre de trop près les comédiens, ce qui accentue l’aspect télévisuel de la chose et empêche toute envolée lyrique. Autrement dit, on aurait aimé voir les voix contaminer l’espace dans de beaux travellings et de grands panoramiques, mais Tom Hooper s’interdit -à de rares exceptions près sur la fin du film- toutes ces grandes règles du cinéma musical classique, et cela au profit de la performance de ses comédiens… Car on ne pourra pas lui reprocher de ne pas assez regarder et aimer ses interprètes.

Hugh Jackman, Anne Hathaway, Russell Crowe, Sacha Baron Cohen, Helena Bonham Carter, Amanda Seyfried… Voilà en effet un beau casting qui aurait tout à fait pu faire honneur aux chansons de la comédie musicale ici adaptée. Sauf que tous sont là pour remporter un Oscar et que les voir surjouer le moindre mouvement à de quoi, au mieux, provoquer un immense fou rire (Russell Crowe qui ne sait absolument pas chanter mais se donne quand même à 40o%), ou au pire, irriter sérieusement (Hugh Jackman qui sait chanter mais qui crache son texte comme si sa vie en dépendait). De son côté, Anne Hathaway a remporté l’Oscar pour s’être fait tondre les cheveux face caméra, et Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter chantent en mode Sweeney Todd dans des séquences tellement surdécoupées qu’elles en deviennent absolument illisibles. « Du grand cinéma classique », nous dit-on ? Attendez de voir la scène du suicide de Javert, digne de la mort de Sharon Stone dans Catwoman, avec -petit supplément nanardesque des plus jubilatoires- plus de cinq plans pour montrer sa chute et un bruitage de cartoon quand il s’écrase. On a vu mieux.

Mais ne soyons pas trop médisants, car Les Misérables a quelques beaux moments (les scènes de Cosette et surtout celles de la charmante Eponine, malheureusement vite évacuée) et bénéficie d’un travail photographique du plus bel effet. Pour le reste, on reprochera principalement des problèmes d’ordre structurels. Ainsi, Hooper fait l’erreur que Burton n’avait pas fait sur Sweeney Todd (son modèle, apparemment) puisqu’il ne juge jamais bon de faire des coupes et n’adapte jamais la structure de la comédie musicale pour le format cinématographique, ce qui provoque comme vous vous en doutez de gros coups de mou.

Les Misérables est un film tantôt hilarant, tantôt ennuyeux… et donc presque toujours à côté de la plaque. Bien dommage, car Tom Hopper disposait de toutes les ressources nécessaires pour nous offrir une comédie musicale épique dans la grande tradition. Un ratage d’autant plus regrettable qu’il s’accompagne d’un immense et incompréhensible enthousiasme de la part de certains journalistes.


T'aime [VHS]
T'aime [VHS]
VHS

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 "d’une honnêteté troublante", 22 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : T'aime [VHS] (Cassette vidéo)
Il faut dire que le pitch était alléchant. Jugez plutôt par vous-même : « Zef, vingt ans, est un simple d’esprit qui ne sait dire qu’un mot: « T’aime ». Toujours heureux, aimant tout le monde, il vit avec sa sœur Sophie dans une ferme du Lot. Attiré par le sourire triste de Marie, il la viole un soir sans se rendre compte de la gravité de son acte. Interné dans un asile psychiatrique, Zef tombe dans un profond mutisme. Hugues, médecin aux méthodes avant-gardistes, se charge de soigner Marie. Il décide de la mettre en face de Zef, persuadé que sa guérison passe par un long apprentissage de la vie et de l’amour. » (merci à Allociné)

Hughes, le médecin au grand cœur, n’est autre que notre ami Patrick Sébastien. Son personnage étant celui que l’on suivra tout particulièrement dans la deuxième moitié du film, on suppose que le spectateur est censé se ranger de son côté. Sauf que Hugues n’est absolument pas pour Sébastien un personnage de fiction, mais un moyen de se mettre lui-même en scène à l’écran. Dès que le présentateur du Plus Grand Cabaret du Monde apparait, c’est pour venir commenter son propre film. Ce qu’il n’est pas capable de raconter par l’image, Patrick Sébastien le développe à travers des monologues qui usent et abusent du verbe « aimer » conjugué à tous les temps.

T’aime est clairement un film du célèbre animateur de France 2, tant on retrouve dans le moindre des plans du film la philosophie de comptoir qui en a fait une personnalité toujours très proche du peuple. L’univers de son long-métrage est rural. On y rencontre les gentils freaks, joyeux poivrots et autres handicapés rêveurs qui constituent son monde fantasmé. Seulement voilà, le monde a oublié les braves gens, et désormais l’argent triomphe sur les sentiments. En réponse à tous les mots du monde, Patrick Sébastien prône alors l’amour. Comment lui en vouloir ? Dans le fond, sa naïveté n’est que bon sens. Mais voilà, l’animateur ne voit pas plus loin que le bout de son nez et le discours de son film équivaut à celui d’un enfant de six ans qui dirait : « la guerre c’est pas bien ».

Afin de ne pas trop se risquer à une structure dramatique aventureuse, Patrick Sébastien élabore son récit en exploitant des schémas éprouvés. Structure en trois étapes (élément déclencheur, enfermement, fuite), intrigue à la Roméo et Juliette, exploitation du mythe d’Eros et Thanatos… Non, décidément, le bougre veut bien faire, mais on lui reproche simplement sa vision simpliste et étriquée du monde, tant son personnage de médecin nous semble très vite être un psychopathe en puissance. « Humaniste de m**** ! », lui reproche le père de la petite Marie à la fin du film. Le père, personnage humainement exécrable, a pourtant bien raison. C’est tout à fait ce qu’est Patrick Sébastien, un « humaniste de m**** » qui, pour la beauté de « l’amour absolu », ira jusqu’à forcer la fille violée à retrouver son gentil bourreau afin qu’elle comprenne qu’en fait non, Zef ne lui voulait aucun mal.

La vision de l’amour absolu chez Patrick Sébastien est des plus étranges, puisque le final nous gratifiera du couple de jeunes tourtereaux qui copule aux yeux de tous, afin que Marie puisse avoir un enfant de Zef même si ce dernier doit être retrouvé et tué lors de leur fuite. Bien sur, Zef est assassiné par le méchant père de la fille… Et alors qu’elle se met à hurler démarre une chanson de Patrick Fiori (!) en totale inadéquation avec la scène. Le plan final présente l’enfant de Marie, beaucoup plus tard, qu’on image atteint, comme son père décédé, de troubles mentaux… Et Patrick Firori continue sa jolie chanson pour midinettes… Mais… Quoi ??? Sérieusement ? Patrick Sébastien est un grand malade mental !!!

Durant tout le film, après nous avoir assené son message à travers un symbolisme de pacotille (une cage d’oiseaux figure l’enfermement, un échiquier signifie la manœuvre du médecin), le « cinéaste » nous gratifie d’une iconisation digne d’un western lorsqu’il tente de nous faire passer son personnage de médecin pour un grand sage, dernier spectateur de la bêtise humaine. Mais il y a encore de l’amour, et celui-ci triomphera toujours, nous dit-il.

Inutile de préciser que la mise en scène et aussi plate que celle d’un téléfilm lambda… Mais au moins Patrick Sébastien témoigne de quelques ambitions artistiques. Son film est un peu un très mauvais film pour festival, avec des sujets forts mais traités au surligneur et une réflexion sur les sentiments humains digne d’une copie de philo d’un élève de cm2. Son film, c’est un peu du Alejandro Jodorowsky, mais sans l’immense talent du maître et sans son génie pour l’invention visuelle.

On retiendra quelques répliques à pleurer de rire et une deuxième moitié un poil plus captivante que la première, mais on est surtout fiers d’avoir pu voir en entier LE film de Patrick Sébastien. T’aime est définitivement à l’image de son metteur en scène, et quoiqu’on pense de lui, son travail est d’une honnêteté troublante.


Paranormal Activity 4 [Version longue non censurée]
Paranormal Activity 4 [Version longue non censurée]
DVD ~ Kathryn Newton
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 10,45

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 "en quelque sorte le prototype ultime du non-film", 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paranormal Activity 4 [Version longue non censurée] (Blu-ray)
Passe encore que les gens se soient faits avoir une fois… Mais quatre fois ?! Eunbeuliveubeuleu. Le succès de la saga Paranormal Activity est un immense mystère, il ne s’explique pas… Ou peut-être que si, mais on préfère ne pas en tirer trop de conclusions, tant elles pourraient froisser les nombreux spectateurs qui font fièrement culminer le dernier opus en date à encore un peu plus de 140 millions de dollars de recettes à travers le monde, pour un budget 28 fois moindre.

Que Paranormal Activity 4 ait coûté 5 millions de dollars est déjà en soi une arnaque, tant le peu d’argent mis en jeu n’est même pas visible à l’écran. Un caméscope HD (inexplicablement à disposition d’une fille de 15 ans qui filme absolument tout sans que ça ne surprenne personne), une baraque et son jardin pour simples décors, des comédiens inconnus, dix figurants à la fin… Et c’est tout.

Où sont passés les 5 millions, si ce n’est dans les poches du producteur Oren Peli, qui depuis maintenant près de quatre ans diffuse sur grand écran ses vidéos YouTube tout en réclamant à ses victimes adolescentes 10 dollars la place ? Vu comme ça, la situation est affligeante. Peli a tout simplement profité de la mode du found footage, prétextant ainsi un certain besoin de réalisme, pour faire rencontrer à ce genre l’univers d’internet. Ce que d’aucuns appellent un coup de génie est simplement un habile coup marketing. Le succès de la téléréalité rappelle que les spectateurs aiment contempler le vide, le néant, et sont même prêts à dépenser leur argent pour cela. Ainsi ils se rassurent en constatant que n’importe qui peut devenir célèbre en faisant à peu près n’importe quoi.

Dans Paranormal Activity 4, il n’y a absolument aucune notion de cinéma. Le film n’est qu’une vidéo hideuse que n’importe qui aurait pu réaliser en positionnant sa caméra à la va-vite dans sa chambre, sur n’importe quelle table basse. En plus d’accumuler les poncifs (jumeau maléfique, chat qui traine la nuit, ami imaginaire qui se révèle être un fantôme, enfant démoniaque…), ce quatrième épisode (ce qui fait déjà quatre de trop, me souffle-t-on à l’oreille), n’est autre qu’une succession de faux-suspenses constitués de très longs plans-séquences bien souvent fixes et dans lesquels une porte bouge à la toute fin. Joost et Schulman tentent d’endormir le spectateur (astuce malhonnête s’il en est) pour ensuite le réveiller en un bref sursaut. L’astuce ne fonctionne pas, et chacune des fins de ces séquences, toujours plus décevantes les unes que les autres, annule l’effet de celle qui suit.

Le film n’étant pas vraiment construit autour d’un scénario mais autour de ce douloureux système de répétition, il n’est pas surprenant d’avoir l’impression que la mécanique ne s’emballe qu’en toute dernière minute, lors d’un plan final qui fait en quelque sorte figure de bande-annonce pour le film suivant. Ainsi Paranormal Activity 4 est autant une succession de séquences à faux-suspenses que la saga dans son ensemble est un enchainement de films aussi vains qu’ils se concluent d’un effet d’annonce pour le volet à venir. « -C’était nul. -Ouais mais les dernières secondes laissent à penser qu’il y aura peut-être quelque chose par la suite. » Le spectateur sait très bien que non, il n’y aura rien, et pourtant il sera là à la sortie de Paranormal Activity 5, comme en attestent les chiffres toujours aussi impressionnants.

L’intérêt d’une telle production est qu’elle constitue en quelque sorte le prototype ultime du non-film. D’une indigence rare dans son développement scénaristique et d’un mépris total envers le genre, qui requiert des temps forts soigneusement dispersés au gré de l’intrigue, Paranormal Activity 4 est une expérience profondément ennuyeuse qui n’aboutit à rien et se satisfait pleinement de ses effets de néant. Pour que le spectateur, généralement âgé de moins de 15 ans, ne voit pas trop le temps passé, on lui sert une succession de clichés qu’il se plaira à reconnaître du haut de sa maigre culture et associera facilement aux vidéos qu’on lui partage sur Facebook. Aller voir un Paranormal Activity pour un pré-ado, c’est mettre un pied dans un monde de transgression tout en gardant l’autre dans un univers familier. Il ne va pas voir un film d’épouvante pour son propre plaisir, mais pour pouvoir se vanter de cette expérience auprès de ses camarades de classe. Paranormal Activity 4 est totalement ancré dans cette société du paraître, il jongle sur cette tendance.

Pour conclure sur le film en lui-même et la prétendue expérience au plus proche du réel du found footage, il faut remarquer que le procédé nous éloigne à la réflexion totalement de cette sensation de vraisemblance recherchée (ou plutôt « vendue »). Une ado qui filme toute sa journée au caméscope en marchant très lentement et un montage qui interrompt les séquences au milieu d’une phrase ne procurent en rien le sentiment du réel, que l’on retrouvera plutôt dans des structures cinématographiques plus classiques et éprouvées. L’échelle des plans, le travail traditionnel du montage, donnent cette impression du réel que le found footage ne devrait pas avoir la volonté de reproduire. Jaume Balaguero et Paco Plaza l’avaient compris avec leur Rec qui était avant tout une expérience esthétique, mais Oren Peli et ses apprentis se sont totalement perdus à essayer de produire l’effet opposé.

Paranormal Activity 4, c’est vraiment nul.


New York taxi
New York taxi
DVD ~ Queen Latifah
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 6,73

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 "Je me demande lequel des deux est le pire : New York Taxi ou Taxi 3 ?", 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : New York taxi (DVD)
Devinez quoi ? New York Taxi a pour titre original Taxi… Parce qu’en fait oui, c’est bel et bien un remake du film de Gérard Pirès produit par Luc Besson et sorti sur les écrans français en 1998. Les tronches du fadasse Frédéric Diefenthal et du taulard Samy Nacéri ne vous revenaient pas ? Celles de Queen Latifah (dans le rôle de Nacéri… Cherchez pas à comprendre) et de Jimmy Fallon (l’acteur dont tu as oublié la gueule vingt minutes après la projection) vous amèneront pourtant à penser que le célèbre duo français n’était pas si mauvais que ça… A l’alchimie cela dit déjà toute relative du casting du Pirès (avec une Cotillard qui n’en avait dès le début de toute façon absolument rien à foutre), vient succéder une troupe de comédiens qui semblent n’avoir pour principal objectif que de surenchérir dans la lourdeur patibulaire !

Tim Story, réalisateur heureusement oublié des deux Fantastic Four, signe avec ce remake américain de Taxi un film en tout point détestable. On haïssait l’original, mais là, c’est le ponpon… Très fidèle à la structure narrative de son modèle (bien qu’un bon nombre de personnages masculins deviennent ici des personnages féminins… et inversement), New York Taxi réussit pourtant la prouesse de rendre le tout encore plus affligeant. De très loin, ce remake dépasse le niveau de beauferie de l’original… C’est dire à quel point mr. Story s’est surpassé.

Déjà, qu’une comédie nous fasse si peu rire est en soi inquiétant, mais qu’un réalisateur laisse sortir sur grand écran un film aussi bavard que celui-ci à clairement de quoi donner envie à un homme jusque là sain d’esprit de se suicider de la plus atroce des manières.

Dans New York Taxi, ça cause TOUT LE TEMPS ! Même pas droit à un plan d’insert taiseux entre deux séquences. Non, c’est bien simple, les personnages envahissent nos tympas de leurs immondes joutes verbales, à tel point qu’on ne fait très vite plus attention à ce qu’ils peuvent bien nous raconter. Tout ce que l’on entend, c’est à peu près « -Ah gnégnégnégnégna -gnagnignagna ? -gnégnégné ! »… Imaginez qu’on vous inflige ça pendant une heure trente, à plein régime, juste au dessus des oreilles ! Insupportable ! Pire qu’un gosse qui chiale dans un bus ou au supermarché ! D’ailleurs, c’est bien simple, les nerfs de votre serviteur ont craqué… et il en est même venu à pleurer de désespoir (véridique) !

New York Taxi dépasse de loin la crétinerie habituelle de ce type de comédies et devient très rapidement une expérience profondément masochiste pour son spectateur. Ce film est un cauchemar, un instrument de torture inventé pour vous pourrir votre samedi soir de la plus sordide des manières. C’est moche, rien n’est filmé comme il faut… et puis il y a toujours ce « gnagnagnagnégnégnignagnagna ». Au moins, à l’écran, ils ont l’air de s’amuser… C’est toujours ça, me direz vous, mais à titre personnel, je n’en peux plus ! J’ai assez donné ! Plus jamais ça ! Va en enfer, Tim Story, et emporte ton film avec toi !


Les Âmes vagabondes [Blu-ray] [Ultimate Edition - Blu-ray + DVD]
Les Âmes vagabondes [Blu-ray] [Ultimate Edition - Blu-ray + DVD]
DVD ~ Saoirse Ronan

7 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 "une succession de situations tellement dérangeantes qu’elles en deviennent hilarantes", 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Âmes vagabondes [Blu-ray] [Ultimate Edition - Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Adapté d’un best-seller de Stephenie Meyer, AKA madame Twilight, aussi à la production, le projet partait déjà avec de sérieuses chances de se planter en long, en large et en travers. De plus, en proposant la réalisation à Andrew Niccol, dont la carrière pourrait être représentée par une flèche vertigineuse allant du haut vers le bas, l’auteure à succès fit d’emblée tous les mauvais choix.

Car on attend plus vraiment de sursaut de la part de monsieur Niccol, lui qui après le fort sympathique Bienvenue à Gattaca a enchaîné sur le plutôt moyen Lord of War avant de plonger dans les abîmes du film-concept avec un Time Out nauséabond, cela seulement deux ans avant d’enchaîner sur l’adaptation du bouquin de Meyer. C’est bien simple, le gus semble tout simplement ne plus croire en ses capacités de metteur en scène, et le voilà qui prostitue son talent dans cette enième rom-com pimentée d’un brin de science-fiction.

Le pitch de ces Âmes Vagabondes dévoile néanmoins son ambition de se placer dans la continuité filmique du matriciel L’Invasion des Profanateurs de Sépultures, un immense film de Don Siegel encore trop méconnu du grand public et pourtant déjà remaké pas moins de trois fois (en 1978, en 1993 et en 2007). Source d’inspiration pour un grand nombre d’artistes contemporain, le film de Siegel (adapté d’une nouvelle) est par excellence l’exemple du film de science-fiction aussi oppressant et fascinant que réalisé à moindre coût. Comme Evil Dead bien plus tard et dans un autre registre, il est en quelque sorte un modèle de débrouillardise qui ne fait que confirmer que le talent peut surgir de la moins onéreuse des productions.

Mais Invasion of the Body Snatchers n’est pas que ce modèle fantasmé de film de genre à prix réduit, il est aussi et surtout par excellence le film politique et paranoïaque. Siegel y transcende son concept extraordinaire (pour ne pas être dépossédé de son identité, il faut éviter de s’endormir) en livrant une étude troublante du maccarthysme.

On comprend alors qu’au moment de signer pour Les Âmes Vagabondes, Andrew Niccol pensait peut-être pouvoir inscrire son film dans cette longue série de réadaptations du métrage de Siegel. Néanmoins, et comme dans la saga Twilight, c’est très vite les situations amoureuses les plus farfelues qui reprennent le dessus. Très plat (voire ridicule pour ce qui est des lentilles que portent les humains possédés), le film déplace comme assez régulièrement ces temps-ci la question de la sexualité du côté du protagoniste féminin. L’idée est bien sûr très intéressante, mais le spectateur ne peut s’empêcher ici d’éprouver une certaine gêne devant les troublantes scènes d’amour qui se succèdent. Ainsi, nous ne sommes pas face à un traditionnel trio amoureux, mais bien face à un quatuor puisque l’âme de Mélanie est toujours coincée dans le corps de celle qui a pris possession de son apparence (Gaby). Autrement dit, quand Gaby embrasse un garçon que Mélanie n’aime pas, cette dernière est coincée de l’intérieur et est obligée de subir ce qui s’apparente à un viol de sa personne… Plutôt dérangeant !!!

Les Âmes Vagabondes est une succession de situations tellement dérangeantes qu’elles en deviennent hilarantes et confinent à la parodie. Le film de Niccol et de Meyer ressemble quelque peu à une production télévisuelle tout juste réhaussée par un respectable travail du directeur de la photographie Roberto Schaefer et une interprétation sporadiquement convaincante de la jeune Saoirse Ronan, actrice qui nous avait par ailleurs séduits dans le sublime Lovely Bones de Peter Jackson.

Quoiqu’il en soit, boudé par la presse ET par les spectateurs, Les Âmes Vagabondes, film bien plus désespérant encore que certaines des adaptations de Twilight, n’est pas voué à un grand avenir… Et en tout cas pas à celui qu’imaginait la production en concluant le film sur une ouverture qui ne nous mènera probablement à rien.


Crossroads
Crossroads
DVD ~ Britney Spears
Proposé par Neobang
Prix : EUR 25,80

2.0 étoiles sur 5 "il faut bien avouer que les intentions de son auteure sont plutôt bonnes", 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Crossroads (DVD)
(Attention, spoilers)

Les chanteurs à succès qui veulent entrer dans le monde du cinéma ne croient avoir que deux possibilités. La première, c’est de jouer dans une production tape-à-l’oeil apte à prolonger leur image de marque (SpiceWorld et ses SpiceGirls en mode ego-trip). La seconde, c’est de participer à une production volontairement indé qui les fera paraître sous un jour nouveau. Britney Spears et le cas Crossroads entrent aisément dans cette seconde catégorie.

Mis en scène par Tamra Davis, l’une des rares réalisatrices américaines (il est d’autant plus intéressant de le souligner que certains de ses films, dont un récent documentaire sur Jean-Michel Basquiat, ont rencontrés un vif succès critique), Crossroads est un road-movie sentimental qui ne sort pas totalement sa vedette du monde de la musique puisqu’il a pour point culminant un concours de chant.
Auparavant, le film raconte les péripéties de trois amies d’enfance qui, à l’âge d’aller à l’université, se retrouvent à l’occasion d’un périple automobile au cours duquel chacune va tenter de réaliser ses rêves. Pour Lucy (Britney Spears), il s’agit de retrouver sa mère. Pour Mimi (Anson Mount), déjà enceinte, il est plutôt question de remporter un concours de chant (et cela malgré sa timidité). Quant à Kit (Zoe -Neytiri- Saldana), elle les suit pour retrouver l’homme de sa vie.

Toutes trois sont accompagnées de Ben, un jeune homme séduisant et mysterieux, à tel point qu’elles le soupçonnent d’avoir fait de la prison et d’avoir commis un meurtre. Il faut dire que le bonhomme est caractériel et qu’il tient par dessus tout à sa belle automobile, une décapotable que les filles ne doivent surtout pas conduire, au risque de le mettre en colère… Et quand il est en colère, il donne des coups de pieds dans le sable en fronçant les sourcils, alors pas touche à la bagnole, les filles !

Mais ce qui devait arriver arriva et Lucy, qui jusque là regardait un peu de travers le beau brun attardé, tombe amoureuse. Elle n’est pas la seule, car lui aussi tombe sous le charme de Britney, toujours vêtue de rose (à tel point qu’on a l’impression qu’elle ne se change jamais, la pauvre). Jusque là il se plaignait d’avoir tout perdu dans la vie à cause des filles (!), et désormais il laisse Kit et Mimi partir en virée toutes seules dans sa Buick… Y’a pas à dire, il est vraiment amoureux, le bougre (mais il fronce toujours autant les sourcils) !

Dans leur coin, Mimi et Kit retrouvent l’amoureux de cette dernière qui, de une, l’a trompe, et de deux, se révèle avoir mis enceinte Mimi en la violant ! La preuve : Kit découvre qu’il boit la même « bière bleue » que celle que son amie lui avait décrite en racontant ses mésaventures quelques minutes plus tôt (une séquence charmante s’il en est)! Quelle coïncidence ! Quel retournement de situation ! Et attention, pire encore : Mimi tombe dans les escaliers et perd son enfant, dont elle n’osait jusque là pas avorter (parce que c’est le mal) ! On nage en pleins Feux de l’Amour !

Crossroads, c’est un peu Les Frères Scott, et il faut dire que ça ressemble pas mal à un de ces téléfilms M6 dont raffolent les jeunes adolescentes et les ménagères. Pour autant, tout n’est pas à jeter dans le film de Tamra Davies, ode à l’amitié certes d’une attristante naïveté, mais aussi récit initiatique dans lequel tout se tient du début à la fin et appelle à de jolis effets de miroir. On prend même parfois un certain plaisir à suivre les péripéties de cette bande de nanas qui se comportent… eh bien, comme une bande de nanas ! Tantôt chiantes et bavardes, tantôt touchantes et attachantes.

Dommage, juste, que le film fasse se succéder les clichés avec une cadence aussi métronomique, car il faut bien avouer que les intentions de son auteure sont plutôt bonnes. Quant à celles de Britney Spears, effectivement pas très bonne actrice, on y voit plus un petit calcul visant à faire rebondir sa carrière sur un autre support qu’une réelle implication artistique.

Les journalistes du monde entier et les cérémonies telles que les Razzie Awards ne s’y seront pas trompé, et auront stoppé net sa carrière d’actrice. Crossroads (dont le titre évoque autant la « croisée des chemins » qu’un vieux soap-opéra britannique) reste donc une anomalie, une curiosité cinéphile, et la première et dernière fois que vous pourrez voir Britney Spears à l’écran ! Une bonne raison d’y jeter un oeil ? A vous de voir.


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