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Commentaires écrits par
Invictus

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La Conspiration
La Conspiration
par Paul Nizan
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

5.0 étoiles sur 5 La jeunesse, 20 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conspiration (Poche)
Si c'est dans Aden Arabie que Nizan écrit sa phrase la plus célèbre "J'avais vingt ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie". C'est assurément dans La Conspiration qu'il livre les meilleurs passages sur cette jeunesse étudiante désabusée et révoltée:
"Pas un soir à vingt ans où l'on se s'endorme avec cette colère ambiguë qui naît du vertige des occasions manquées"


Maggie Cassidy
Maggie Cassidy
par Jack Kerouac
Edition : Poche

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Un amour d'adultes déchirés dans des poitrines enfantines", 9 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maggie Cassidy (Poche)
Dans son style habituel, spontané et authentique, avec recul mais sans renoncer aux émotions et à l'état d'esprit du moment, Kerouac revient sur son amour de jeunesse avec Mary Carney. Peut-être la seule femme qu'il ait jamais aimé au cours de sa vie.
20 après cette histoire on sent affleurer la mélancolie de l'auteur. Malgré une vie exaltée et une carrière fulgurante Kerouac a toujours nourri une nostalgie tenace pour sa vie à Lowell et l'aventure qu'il aurait pu vivre avec Mary Carney s'il n'était pas parti à New-York durant l'été 1939 (ou s'il en était revenu). Cette question l'obséda longtemps.

On suit avec intérêt et attachement cette histoire d'amour, en pénétrant au cour des pensées ardentes bien qu'hésitantes, fougueuses mais encore en maturation, de ces deux adolescents parfois dépassés par leur propres sentiments. Kerouac adulte semble replonger avec aisance (et plaisir?) dans ses pensées d'alors, mélanges de sentiments confus et enflammés inhérents aux errements d'un premier amour d'adolescent. La distance engendrera toutefois un jugement plus lucide sur la passion :
« Un garçon et une fille, enlacés , Maggie et Jack, dans la triste salle du bal, de la vie, découragés d'avance [...] le regard inquiet, déjà prévenu - l'amour est amer ». Et Kerouac, amer peut-être lui aussi, résumera ainsi cette histoire: « Un amour d'adultes déchirés dans des poitrines enfantines ».

Au-delà de Maggie Cassidy, c'est tout Lowell qui transparaît dans ce roman: son adolescence, sa famille, ses amis, le sport, il dira plus tard que ces moments furent peut-être les seuls ou il fut vraiment heureux, en paix avec lui-même.

La fin quant à elle, avec ce retour a Lowell trois ans après l'avoir quitté pour Columbia et l'ultime rencontre avec Maggie Cassidy, est admirablement tragique et triviale. Tout le malheur de la vie de Kerouac est peut-être dans cette ultime confession.


Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999
Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre très éclairant sur les humanitaires et le monde humanitaire..., 20 avril 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999 (Poche)
Le monde humanitaire est pénétré, disséqué et mis au jour sans compromis pour ses idéaux et sans indulgence pour ses contradictions par quelqu'un qui le connaît bien puisqu'il fut président d'Action contre la Faim, et surtout il était présent en Ethiopie durant la famine.
L'intérêt du roman vaut par la neutralité engagée de son auteur qui, sur un sujet bien délicat, navigue entre différents points de vue et convictions sans chercher à en imposer un. Rufin comme souvent se veut témoin, engagé certes, mais pas exclusif.

La réalité de la famine en Ethiopie est abordée avec finesse bien que sans concession, avec réalisme mais sans cynisme évitant le poncif de l'affectation excessive. Ce sont sûrement ceux qui ont vécu cette réalité qui peuvent le mieux la décrire. C'est en tout cas tout une grande qualité de Rufin que d'être continuellement dans la nuance, dût-il au passage balayer quelques idées reçues, comme l'illustre le caractère labile du petit Efrem, symbole ambivalent et malheureux de cette Ethiopie dévastée.

Le style fluide et le vocabulaire riche de Rufin trouvent également de nouvelles ressources dans la forme du journal, en particulier dans la description de la psychologie des personnages.

L'Ethiopie enfin est magnifiquement dépeinte, et l'Erythrée portée à la connaissance de ceux qui ignoraient jusqu'à l'existence de ce pays. Ces pays de l'Est de l'Afrique qui tentent de faire subsister une tradition séculaire, martyrisée par la période coloniale, et toujours en proie aux malheurs rémanents des pays d'Afrique.
C'est l'art des grands auteurs que de savoir traiter de sujets délicats avec justesse et simplicité.

Une leçon de lecture et d'écriture, d'humanité et d'humanitaire qui vaut encore une fois par la maîtrise de Rufin.
Un livre à lire sans hésitation.


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