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L. Pascal (Cannes)
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The Shift: Taking Your Life from Ambition to Meaning
The Shift: Taking Your Life from Ambition to Meaning
par Wayne W. Dyer
Edition : Relié
Prix : EUR 15,66

3.0 étoiles sur 5 Good although a bit radical on some points, 11 décembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Shift: Taking Your Life from Ambition to Meaning (Relié)
I like Wayne's first part about the concept of 'oneness'. We all come from the same source. Big bang theory tells us the story. A unique source of energy created the whole universe, hence all atoms, hence all beings and non-beings. Therefore as Wayne points out 'begin to view yourself as connected to every person you encounter by valuing and loving the part of you that flows through all life. Feel your connection to all of nature and practice non-judgment and love, beginning with yourself'. As the Catholic and mystic writer Thomas Merton said 'We are already one. But we imagine that we are not. And what we have to recover is our original unity'. 'Ego insists on separation because that's how it undermines allegiance to the authentic self. When we recognize and respect our connectedness to each other, the air we breathe, the water we drink and the sun we rely on; and most significantly, the invisible Source we're animated by, the ego can return to its rightful space'. 'If we are aware that there's no separation, no others, then we do not need to prove our superiority.' More' is the mantra of the ego'. And also 'leave me alone' I would add.

What I like less in this book is Wayne's radical attitude toward the need to 'surrender to the invisible force'. Wayne develops the idea that we should simply let the universe drive us. No interference. Just let it be, and 'surrender to the invisible force that administers everything'. I believe that to a certain point we should indeed 'let it be' and 'practice the art of allowing' in order to find 'the authentic me'. But for Wayne this process is radical and unconditional. Worse, he does not make any difference between people. I could indeed accept that after reaching a certain spiritual level, people have the ability to 'feel the force' and then let it be. But what about for the majority of us? Jumping in the river and 'let it be' does not make you learn how to swim. There is a process for that. And it might be a life long process. But reading Wayne you have the feeling that what you need is just to jump and not to worry about the future. 'Let go and let god'. Is that really practical? I'd rather recommend to read The Power Of Now: A Guide To Spiritual Enlightenment for a practical spiritual shift process.

Here are various quotations I liked:

About 'the authentic me'. 'More than anything else, what the world truly needs are men and women who have come alive. What the world needs is the natural sincerity of people living their passion in a way that makes other people's lives better.'

About Love and service. 'Love cannot remain by itself, it has no meaning. Love must be put into action, and that action is service'.

About gratefulness. 'If you only say one prayer in a day, make it 'Thank you''. Thank you to make all this possible... not my poor little life, but life in the universe.

What I suggest is first to watch Wayne's movie from which this book was written. You can find it on youtube (search for 'Dr. Wayne - El Cambio'' there are 9 episodes of 30mn each). It is quite an interesting and good movie. Then just let it be and see if you buy the book ;)

Last but not least, here is a Carl Jung nice quotation about the fact that we are not necessarily prepared for the spiritual shift (from ambition, to meaning) advocated by Wayne and more generally by all spiritual leaders. 'Thoroughly unprepared, we take the step into the afternoon of life; worse still, we take this step with the false assumption that our truths and ideals will serve us as hitherto. But we cannot live the afternoon of life according to the programme of life's morning; for what was great in the morning will be little at evening; and what in the morning was true will at the evening have become a lie' (The stages of life)


Dans les forêts de Sibérie - Prix Médicis essai 2011
Dans les forêts de Sibérie - Prix Médicis essai 2011
par Sylvain Tesson
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

12 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sylvain Tesson, ce poète..., 11 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans les forêts de Sibérie - Prix Médicis essai 2011 (Broché)
On le savait déjà, mais il semblait vouloir le dissimuler: Sylvain Tesson est poète avant d'être aventurier. Alors disons-le tout de suite. Si vous chercher de l'aventure, allez plutôt voir Mike Horn crapaüter dans le grand nord sibérien (Conquérant de l'impossible). Sylvain Tesson c'est pas (c'est plus) du Horn, c'est du Nicolas Bouvier. L'un est à la Sibérie ce que l'autre est au Japon. Poète voyageur enfin sédentaire, Tesson évacue la dispersion que crée la cadence du pas pour se poser, regarder, observer, écouter, embrasser le temps et nous livrer ses plus belles pages.

On lit l'évolution de l'auteur à mesure des pages et des saisons. Février, arrivée près du lac. « L'essentiel est de mener sa vie à coup de gouvernail. De passer la ligne de crête entre des mondes contrastés. De balancer entre le plaisir et le danger, le froid et l'hiver russe et la chaleur du poêle. Ne pas s'installer, toujours osciller de l'une à l'autre extrémité du spectre des sensations. ». Puis progressivement la solitude et le temps font leur effet. « Privé de conversation, de contradiction et des sarcasmes des interlocuteurs, l'ermite est moins drôle, moins vif, moins incisif, moins mondain, moins rapide que son cousin des villes. Il gagne en poésie ce qu'il perd en agilité. » Pour laisser place à l'émerveillement « On ne se lasse pas de la splendeur, vieux principe sédentaire. De quoi se plaindre d'ailleurs ? Les choses sont moins figées qu'elles n'y paraissent : la lumière nuance la beauté, la métamorphose. Celle-ci se cultive et jour après jour se renouvelle. (...) Finalement, avec la vodka, l'ours et les tempêtes, le syndrome de Stendhal, suffocation devant la beauté, est le seul danger qui menace l'ermite. ». Une certaine sagesse vient avec l'été. « Par un mystère, je me suis dépossédé de tout désir au moment précis où je conquérais le maximum de liberté. Je sens se développer dans mon cœur des paysages lacustres. J'ai réveillé le vieux Chinois en moi. ». Tesson vit l'instant présent en poète « Sur les pentes, la lumière ne veut pas descendre, s'accroche aux éperons des falaises. Un éclat d'argent au bout de la ligne : le lac lâche ses fruits. Ecrire, peindre, pêcher, trois façons de rendre ses devoirs au temps. »

Plus on avance dans le livre, plus le récit se fait poésie. Une poésie belle, sobre, juste, à l'opposée du lyrisme béat. « Le soir est un songe qui meurt. Tous les ingrédients de la rêverie romantique se déploient vers 8 heures devant mes loges : l'eau dormante, les haillons de brouillard, les risées teintées de pastel, les oiseaux qui gagnent leurs couches en planant. La nature frôle le kitsch sans y verser jamais. » « Le monde que je foule chaque jour, de la clairière au bord de l'eau, recèle des trésors. Dans l'herbe, sous le sable, des armées vaquent. Leurs soldats sont des bijoux. Ils portent armures vernissées, carapaces d'or, cottes de malachite ou livrées rayées. Aux Cèdres du Nord, je marche sur des joyaux, des brillants, des camées sans m'en douter. (...) Tenir en considération les insectes procure la joie. Se passionner pour l'infiniment petit précautionne d'une existence infiniment moyenne. Pour l'amoureux des insectes, une flaque d'eau deviendra le Tanganyika, un tas de sable prendra les dimensions du Takla-Makan, une broussaille se changera en Mato Grosso. Pénétrer dans la géographie de l'insecte, c'est donner enfin aux herbes la dimension du monde. » Il cite Hugo. « Tout travaille à tout... Il y a entre les êtres et les choses des relations de prodige... Aucun penseur n'oserait dire que le parfum des aubépines est inutile aux constellations» et poursuit... « Prolonger la question hugolienne : qui prétendrait que le ressac n'est pour rien dans les rêves du faon, que le vent n'éprouve rien à se heurter au mur, que l'aube est insensible aux trilles des mésanges ».

Ces 6 mois en cabane ne sont heureusement pas privées de rencontres. Derrière son apparente carapace, Tesson aiment trop les hommes pour s'en isoler complètement. Parmi les plus belles pages de ce livres, des rencontres, dialogues, scènes où Tesson excelle dans l'art du croquis. Ce qu'il aime chez les hommes ? « Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en dessous. Les seconds sont doux et spongieux d'apparence mais leur fond est inerte et imperméable. » Quant à la solitude. « De mon duvet j'entends crépiter le bois. Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu'un à qui l'expliquer. »

Quelques belles pages aussi sur la figure de l'ermite. « La cabane est le lieu du pas de côté. Le havre de vide où l'on n'est pas forcé de réagir à tout. Comment mesurer le confort de ces jours libérés de la mise en demeure de répondre aux questions ? ». « L'ermite sait d'où vient son bois, son eau, la chair de ce qu'il mange et la fleur d'églantier qui parfume sa table. Le principe de proximité guide sa vie. Il refuse de vivre dans l'abstraction du progrès et de ponctionner une énergie dont il ignore tout. Etre moderne, refuser de se préoccuper de l'origine des bienfaits du progrès. »

Tesson est aussi un admirable lecteur qui aime citer. Peut être d'ailleurs pourrait on lui reprocher de sacrifier l'expérience immédiate à trop de lecture. La mise en garde de Nietzsche, qu'il cite le frappe. « Je l'ai vu des mes yeux : des natures douées, riches et portées à la liberté, crevées par la lecture dès trente ans, devenues de simples allumettes, qu'il faut frotter pour qu'elles donnent des étincelles, des pensées. ». Tesson admire « le rayonnement de ces gens qui posent sur le monde une vue libérée de toute référence. Les souvenirs de lecture n'interposent jamais leur écran entre ces êtres et la substance des choses. ». Heureusement Baïkal est là pour veiller au bon équilibre et éviter l'overdose de lecture.

Ce qu'il a appris de ces 6 mois. « J'ai découvert qu'habiter le silence était une jouvence. J'ai appris deux ou trois choses que bien des gens savent sans recourir à l'enfermement. La virginité du temps est un trésor. Le défilé des heures est plus trépidant que l'abattage des kilomètres. L'œil ne se lasse jamais d'un spectacle de splendeur. Plus on connaît les choses, plus elles deviennent belles. ». Dit autrement « S'il veut garantir sa santé mentale, un anachorète jeté sur un rivage doit habiter l'instant. Qu'il commence à échafauder des plans, il versera dans la folie. Le présent, camisole de protection contre les sirènes de l'avenir. » Une leçon qu'il a appris notamment en observant ses 2 chiens. « Mes deux chiens se tiennent face au lac, clignant des yeux. Ils goûtent la paix du jour, leur bave est action de grâce. Ils sont conscients du bonheur de se reposer là, au sommet, après la longue grimpée. Heidegger tombe à l'eau et Schopenhauer aussi. Plouf, la pensée. ». Ces 2 chiens pour lesquels Tesson a d'admirables pages. « Une sieste sur les galets de la plage avec les chiens couchés sur moi. Aïka et Bêk, mes maîtres en fatalisme, mes consolateurs, mes amis qui n'attendez rien d'autre que ce que l'immédiat vous réserve dans la gamelle de la vie, je vous aime bien. »

Un beau livre, qui comme toute poésie, est à lire et à relire.


Krishnamurti : Figure de la liberté
Krishnamurti : Figure de la liberté
par Isabelle Clerc
Edition : Broché
Prix : EUR 6,10

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'importance du fait et non de l'expérience du fait, 5 décembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Krishnamurti : Figure de la liberté (Broché)
Recueil de textes de Krishnamurti très bien commentés par Isabelle Clerc. J'insiste ici sur la valeur des commentaires, dans la mesure où Krishnamurti n'est pas toujours facile à suivre dans ses causeries qui parfois manquent un peu de structure. Isabelle Clerc était venue présenter ce petit recueil à l'émission les Racines de Ciel sur France Culture en octobre dernier. On apprécie sa connaissance de la pensée du maître indien et aussi de son extraordinaire biographie qui est rappelée dans l'ouvrage.

Ce qui m'a marqué dans la pensée de Krishnamurti à la lecture de ce livre: son insistance sur l'importance « des faits et non de l'expérience des faits ». En d'autre terme il appelle à un dépouillement total pour accéder au monde. Ceci inclut le rejet de toute méthode de méditation, de toute croyance spirituelle ou de toute allégeance à un maître (il a toujours refusé d'avoir des disciples). « Le fait, c'est la chose, l'événement, perçu directement, en soi, dans sa manifestation, avant que n'interviennent, comme autant d'écrans, les déformations de la mémoire et des projections de pensée, ce que Krishnamurti nomme l'expérience » nous explique Isabelle Clerc. « Le fait, c'est l'événement immédiat, un coup de foudre. Sa puissance est telle qu'il vous transforme dans l'instant. » Ou encore « Ni illusion, ni fantasme, le fait surgit dans le présent, sans mémoire. Il est d'une réalité brulante ».

Difficile alors d'expliquer comment accéder au fait, puisque par nature cette accession est de l'ordre du coup de foudre, c'est-à-dire de l'inattendu, de l'imprévisible, du non-évolutif, du brusque, du nouveau et du particulier. Mais, nous dit Krishnamurti, cela passe par la méditation, c'est-à-dire le silence et l'attention au monde. « Il faut beaucoup de patience et d'observation, et l'absence du désir de réussir. Ce n'est qu'un esprit creux qui veut réussir. » Dit autrement, on ne médite pas avec l'ambition de se libérer de la douleur ou pour accéder à un état particulier. On médite pour méditer. Sans ambition autre qu'être présent au monde. « Plus vous percevez tout ce processus, plus vous découvrez les activités de l'esprit ; mais vous devez les observer sans essayer de les faire cesser ; car dès que vous cherchez une fin, vous êtes de nouveau tombés dans la dualité moi et non-moi, laquelle donne une suite au problème. »

Chemin faisant, la méditation aide à comprendre. « Le simple acte de voir le fait, quel qu'il soit, amène sa compréhension, et de là survient la mutation ». On voit alors « ces filtres qui falsifient la vision que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde. Pour goûter aux instants toujours neufs de la vie, il s'agit donc de revenir aux faits mêmes, dégagés des filtres. Et de comprendre les relations que nous entretenons avec autrui dans toute leur vérité et profondeur. » « Il est bien plus important de se comprendre soi-même, de voir le changement constant des faits en soi-même, que de méditer pour avoir des sensations ». Cela afin de rentrer dans un rapport d'attention et de vérité avec soi même et autrui. A l'inverse « L'inattention est lente décrépitude ». « Si nous examinons nos rapports actuels les uns avec les autres, qu'ils soient intimes ou superficiels, profonds ou passagers, nous voyons qu'il y a toujours fragmentation. La femme ou le mari, le jeune homme ou la jeune fille, chacun vit sa propre ambition, ses buts personnels et égoïstes, enfermé dans son propre cocon. Tous ces éléments contribuent à la construction d'une image en soi-même, tous nos rapports avec autrui passent à travers cette image et, par conséquent, il n'ya aucune relation réelle directe. » « Cette conscience de notre non-séparation est essentielle en ce qu'elle nous rend entièrement responsables du monde ». « Rien n'est étranger à rien, tout entre en résonance. » « Soit je contribue à cette confusion, à cette terrible division, soit je reconnais au fond de mon cœur, dans mon sang, dans le tréfonds de mon être, que je suis de reste du monde, que je suis l'humanité, que je suis le monde, que le monde n'est pas séparé de moi et alors je deviens totalement responsable. »

Notons au passage que chez Krishnamurti, la pensée n'est pas absente de la méditation. La méditation, « c'est l'état naturel, qui n'est d'ailleurs pas un état sans pensée. La pensée y a simplement retrouvé son rythme naturel » nous dit Isabelle Clerc. « Elle a cessé de vous étrangler. Dans cet état, la porte peut s'ouvrir sur ce qui est éternellement nouveau ». « Cette pensée naturelle est Intelligence de l'univers »

D'autres pages aussi sur la souffrance, la solitude, l'amour, le sexe ou la mort. Plus classiques peut être. Vous en jugerez à la lecture.

Enfin quelques pages très belles sur la nature. « Nous n'observons jamais profondément la qualité d'un arbre ; nous ne le touchons jamais pour sentir sa solidité, la rugosité de son écorce, pour écouter le bruit qui lui est propre. Non pas le bruit du vent dans les feuilles, ni la brise du matin qui les fait bruisser, mais un son propre, le son du tronc, et le son silencieux des racines, le son propre de l'univers »


L'éveil au Tao
L'éveil au Tao
par Zi Zhuang
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Déçu, 5 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'éveil au Tao (Poche)
Un peu déçu par ce petit recueil. Jean François Billeter m'avait enchanté il y a quelques années avec les Leçons sur Tchouang-Tseu (autre nom de Zhuang-zi). J'espérais ici la même surprise avec cette sélection de Jacques Sancery. Sauf que contrairement à Billeter, Sancery nous livre les textes avec peu d'explication. Et même si c'est le jeu de cette collection de mettre le texte en avant, d'autres auteurs de la même série ont me semble-t-il mieux réussi à doser l'équilibre textes - commentaires.

Autre point de déception, beaucoup plus gênant d'ailleurs, la pensée de Zhuang-zi, ou tout du moins ce qui en transparaît à la lecture des textes proposés. Peu de place finalement pour le Tao. Beaucoup plus pour la polémique (avec Confucius notamment) ou pour de la rhétorique sans grand intérêt. Ce constat est d'autant plus ironique que Zhuang-zi dit et redit se méfier des mots pour privilégier l'expérience directe, la rupture ou le basculement. Pourtant au fil des pages, sous l'effet de la lourdeur du verbiage, on en vient vite à regretter la sobriété de formes d'avantage poétique, elliptique et incisive comme celle du Tao tö king.

Pour finir citons le maître... « On ne peut parler de la mer à une grenouille au fond de son puits, elle est limitée à son habitat. On ne peut parler du Tao à un lettré, il est prisonnier de ses connaissances livresques. » .. pour du même coup mieux se libérer de ce livre ;-)


Et si l'amour durait
Et si l'amour durait
par Alain Finkielkraut
Edition : Broché
Prix : EUR 17,25

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Réconcilier l'amour de sa propre finitude, 3 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et si l'amour durait (Broché)
On sait Alain Finkielkraut un formidable lecteur, et son génie à partir d'œuvres littéraire d'en filtrer la lumière pour éclairer notre modernité. C'est à cet exercice qu'il se livre de nouveau ici avec le même brio. Le sujet dont il est question est l'amour. Les œuvres, la princesse de Clèves de Madame de la Fayette, les films autobiographiques de Bergman, les romans de Roth et de Kundera. Que nous dit Alain Finkielkraut ? En substance on peut lire cet essai comme une déconstruction de l'amour comme idée d'absolu, de romantisme, de narcissisme pour au contraire tenter de « réconcilier l'amour avec sa propre finitude ».

Des 4 chapitres celui que je préfère est celui sur l'œuvre de Bergman. S'y oppose l'amour comme idée, incarné par Henrik Bergman, le père d'Ingman, pasteur luthérien fort en principe mais ne sachant pas pardonner ce qui empoisonne sa vie et celle de ses proches. « Aussi fort et authentique qu'est son amour de sa femme, nous dit AF, ce sentiment n'a pas le pouvoir de l'arracher à l'enfer du ressentiment ». Anna, la mère d'Ingman, s'oppose à la figure paternelle par un amour dont la sagesse « sait tenir compte de la variété des êtres et des circonstances ». Elle sait intuitivement que « ce qui humanise les hommes, ce n'est pas seulement la domestication de la bête, c'est aussi la lutte avec l'ange ». Elle a la grâce et le pardon. A l'inverse « ce qui a tragiquement manqué au père, ce sont précisément les 2 dispositions qui étaient au cœur de sa foi et de son enseignement - la grâce et le pardon. La grâce et le pardon nous dit Bergman, sont des catégories précieuses de l'existence humaine ».

Le premier chapitre sur la Princesse de Clèves, brillant, fait écho à une émission de Répliques. Les 2 derniers chapitres sur Roth et Kundera sont peut être moins intéressants - AF me semble-t-il est un peu trop déférent pour les 2 auteurs, et peine à s'en détacher suffisamment et sortir de la paraphrase. Pas mauvais pour autant, surtout si on connaît mal Roth et Kundera.


Leur regard perce nos ombres
Leur regard perce nos ombres
par Julia Kristeva
Edition : Broché
Prix : EUR 18,30

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Beau livre sur l'acceptation de la différence, 27 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leur regard perce nos ombres (Broché)
Echange autour du thème du handicap et plus généralement sur l'acceptation de l'autre pour ce qu'il est. Aimer l'autre, nous rappelle Vanier, c'est d'abord accepter ses faiblesses. Facile quand l'autre est un jeune enfant dont la faiblesse est par nature « normale ». « Les jeunes enfants sont les seuls personnes aimées pour leur faiblesse». Mais les choses se gâtent à mesure que l'enfant grandit. On aimerait tant qu'il réussisse et par la même, progressivement, on accepte de moins en moins ses faiblesses car elles ne sont plus si normales face à ce que Vanier appelle « la tyrannie de la normalité ». Difficile alors pour les proches de cacher leur déception, agacement, abattement voire leur critique, rejet. « C'est la honte qui empêche la découverte de soi et de ses valeurs. ». Vanier et Kristeva s'accordent sur l'importance d'aimer en donnant sa toute confiance, telle la jeune mère dont l'amour « révèle à l'enfant qui il est : il est précieux, il a une valeur, il est quelqu'un». Dit autrement, il s'agit d'aider l'autre à trouver la confiance nécessaire pour « transformer les angoisses en vie ».

Cette réflexion est menée ici à partir du handicap. Elle reste transposable aux autres en général. Le titre, magnifique, vient de Julia Kristeva. Leur regard perce nos ombres. J'hésite à le commenter au risque de le déprécier. Essayons... L'ombre dont il s'agit, est celle de la normalité dont on se drape pour mieux cacher nos faiblesses et notre peur d'être rejeté, de ne pas avoir une place. Le regard est celui des handicapés ou plus généralement de ceux qui peinent à vivre en raison de faiblesses mal digérées qui les empêchent. Leur regard nous place face à nos peurs et nous interpelle pour savoir si nous avons le courage de lever le voile pour le cœur.

Une note sur la forme épistolaire de l'ouvrage, qui me semble-t-il, ne sert pas toujours bien l'échange. La discussion est un peu longue à se mettre en place, et ce dialogue à distance se perd parfois dans des monologues. Dommage.


No et moi
No et moi
par Delphine Vigan (de)
Edition : Poche
Prix : EUR 6,30

3.0 étoiles sur 5 Livre d'ado?, 20 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : No et moi (Poche)
L 'exercice est difficile : raconter l 'histoire d 'une adolescente surdouée et d'une jeune SDF. Il faut reconnaitre que de Vigan s' en sort pas trop mal, avec des personnages attachants, parfois même émouvants. Reste cependant ça et là, le défaut de beaucoup de livres ayant comme personnages principaux des adolescents: leur prêter des pensées qui sont celles d 'adultes. Vous me direz, oui mais là la petite est surdouée... il n' empêche, cela ne prend pas toujours et manque parfois même d 'agacer. Les ados cependant devraient adorer.


Les Heures souterraines (pll)
Les Heures souterraines (pll)
par Delphine Vigan (de)
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

3.0 étoiles sur 5 Livre de la solitude urbaine., 20 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Heures souterraines (pll) (Poche)
Livre de la solitude urbaine. Deux êtres que l 'on croise, qui se croisent, en quête d 'amour dans une ville pleine de foule, mais vide d' êtres aimables. Idéalistes dans leur cœur, les deux personnages du roman luttent contre l' assèchement qui les menace. L' âme n''est déjà plus vraiment là, face à l âpre réalité du quotidien que nous décrit de Vigan. Le récit est bien mené. Reste qu'on étouffe un peu dans ce silo qui broie tout espoir.


C'est une chose étrange à la fin que le monde
C'est une chose étrange à la fin que le monde
par Jean d'ORMESSON
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Trop de palabre qui brise l'émerveillement, 10 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : C'est une chose étrange à la fin que le monde (Broché)
D'Ormesson nous annonce que « ce livre est une sorte de Café du commerce de la cosmologie et de l' histoire du monde. L'auteur a pris la posture du ravi de la crèche, de Garo, le benêt toujours émerveillé de la Fontaine, du Candide de Voltaire : il est mû par l' étonnement et par l' admiration. Le spectacle du monde le surprend, l enchante et le remplit d une allégresse terrifiée. » J' aurais aimé être emporté par cet élan. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Hormis quelques belles pages (dont les lignes citées ci-dessus), ce livre apparaît trop souvent comme une énumération de faits, de noms, de titres, d' auteurs et de listes de tout genre censées illustrer la richesse du monde alors qu au contraire elles alourdissent la lecture. D' Ormesson veut tellement expliquer et qualifier son émerveillement qu il en perd tout naturel, toute magie et tout élan. Finalement le titre dit l essentiel, emprunté à un très beau poème d' Aragon dont les 4 premiers vers cités dans le livre, valent je le crains d'avantage que toute la prose qui l' entoure. Alors ne gâchons pas notre plaisir, et relisons ce poème...

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix

C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont chez eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre...

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 31, 2013 3:46 PM MEST


La course au microcrédit : 10 000 km à vélo à la rencontre de l'autre finance
La course au microcrédit : 10 000 km à vélo à la rencontre de l'autre finance
par Johan Benichou
Edition : Broché
Prix : EUR 18,20

3.0 étoiles sur 5 Instructif, 10 novembre 2011
Ce livre qui se lit bien (c'est rare pour un livre de ce type; il faut donc le souligner), nous donne un aperçu intéressant de différents modèles de micro-finance en Asie, Amérique du Sud et Afrique. Les 3 auteurs qui se mettent en scène dans leur périple à vélo, profitent aussi de leur voyage pour découvrir le monde - ils ont bien raison ! Au final un livre intéressant, plein d'énergie.


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