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bigtom
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Fleur De Pierre
Fleur De Pierre
DVD ~ Serge Prokofiev
Prix : EUR 21,35

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une bonne version, avec une qualité d'image un peu datée, 24 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Fleur De Pierre (DVD)
La chorégraphie de Youri Grigorovitch pour « La Fleur de Pierre » (dernier ballet composé par Prokofiev) fut créée au Kirov en 1957, puis recréée presque à l'identique au Bolchoï deux ans plus tard. La version du Kirov, filmée en 1991, constitue la meilleure version actuellement disponible en DVD. Celle du Bolchoï a été filmée en 1979 et en 1990, et c'est de la seconde version qu'il est question ici.

Globalement, elle est d'un niveau intermédiaire entre ses deux concurrentes, à commencer par la qualité de l'image : la définition n'est pas excellente, mais l'image du moins est assez lumineuse pour que l'on puisse distinguer le fond du plateau et les décors (à la différence de la version 1979, bien trop sombre !).

Dans les principaux rôles, on pourra dire que :
- Nikolai Dorokhov (Danila le tailleur de pierre) est puissant et efficace, et il se montre à la hauteur d'un rôle créé pour le grand virtuose Vladimir Vassiliev,
- Ludmila Semeniaka (Katerina) est toujours très bien, sans avoir le charme juvénile d'Anna Polikarpova (dans la version du Kirov),
- dans le rôle de la Reine de la Montagne, Nina Semizorova est brillante, mais reste encore loin de pouvoir égaler l'extraordinaire puissance physique de Tatiana Terekhova (Kirov),
- enfin, dans le rôle du méchant Severyan, Youri Vetrov est vraiment grandiose (ce danseur excellait à interpréter les personnages antipathiques, et reste le meilleur Crassus dans « Spartacus »),
- enfin, le corps de ballet est assez parfait, et on admire aussi le merveilleux abandon de la soliste (non nommée) dans la danse gitane.

Par certains solistes (Semizorova et Vetrov) et par la qualité de l'image, cette deuxième version du Bolchoï l'emporte très largement sur celle de 1979, et constitue le meilleur choix pour qui voudrait mesurer les petites différences séparant les chorégraphies du Kirov et du Bolchoï.

Hobson'S Choice
Hobson'S Choice
DVD ~ Paul Reade
Prix : EUR 26,11

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un régal comme seuls les britanniques savent les réussir, 2 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hobson'S Choice (DVD)
Les chorégraphes britanniques ont le génie du ballet narratif, et David Bintley est le digne héritier d'Ashton, Cranko ou MacMillan. L'humour qui irrigue leurs œuvres permet à ces créateurs de toujours se mettre au service du spectacle (au lieu de mettre celui-ci au service de leur ego, comme trop souvent leurs collègues du continent). Selon la brochure qui accompagne le DVD, la popularité du ballet « Hobson's Choice » en Grande-Bretagne serait comparable à celle du « Lac des Cygnes ». C'est peut-être un peu excessif, mais il vrai que le spectacle présenté ici a bien mérité son immense succès.

Il est filmé en 1990, avec les danseurs de la création de l'œuvre (un an plus tôt), en studio et dans de jolis décors, plus cinématographiques qu'une simple scène de théâtre. Comme toujours avec la BBC, la réalisation est remarquable (elle aussi est au service de l'œuvre, et la caméra cherche toujours à se faire oublier). Adaptation d'une pièce de théâtre, le ballet raconte les amours des trois filles du colérique et alcoolique marchand de chaussures Hobson, et a pour cadre la petite bourgeoisie anglaise de la fin du dix-neuvième siècle.

Pour accompagner ce récit, Paul Reade a composé une partition séduisante et intemporelle, qui mêle des airs populaires et des orchestrations plus modernes, qui sonne familièrement à nos oreilles, et constitue toujours un support idéal pour la danse. La chorégraphie est pleine de cette cocasserie anglaise à laquelle nul ne résiste ; elle ne contient aucune grande innovation, mais elle utilise avec habileté les recettes les plus éprouvées.

Les danseurs du Birmingham Royal Ballet sont tous bons, sans être extraordinaires, et leur performance doit surtout être saluée pour l'homogénéité et la cohésion de la troupe. Dans les deux rôles principaux se détachent néanmoins deux individualités. Michael O'Hare, qui joue le jeune cordonnier Will Mossop, est un danseur polyvalent doublé d'un excellent comédien, et il fait merveille dans un rôle qui mélange la pantomime, les claquettes et les pas purement classiques. Enfin, sa partenaire Karen Donovan est une danseuse d'une élégance extrême, et chacun de ses pas est un enchantement.

Un seul regret peut-être : en confiant le rôle d'Henry Hobson et de ses compagnons de beuverie à des acteurs âgés (plutôt qu'à de jeunes danseurs grimés), on gagne certainement en réalisme théâtral, mais on perd un peu sur le plan chorégraphique, car les pas sont alors bien plus limités. Minuscule remarque qui ne peut vraiment obscurcir le plaisir immense que procure un spectacle si bien construit.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 23, 2013 8:10 PM CET


The Stone Flower (Kirov Ballet)
The Stone Flower (Kirov Ballet)
DVD ~ Alexandre Viliumanis
Prix : EUR 24,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Très solide à tous égards !, 29 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Stone Flower (Kirov Ballet) (DVD)
« La Fleur de Pierre » est le dernier ballet composé par Prokofiev. La partition n'a pas les beautés de « Roméo et Juliette » ou de « Cendrillon », mais elle n'est pas négligeable. C'est l'un des rares ballets que Youri Grigorovitch, avant son règne de plus de trente ans au Bolchoï, ait créé pour une autre compagnie. Le spectacle filmé ici (en 1991) reproduit très exactement (chorégraphie, décors, costumes...) celui de la création en 1957. On peut ne pas aimer le style agressivement laid du décorateur-costumier Simon Virsaladze, mais il faut reconnaître qu'il était très novateur dans le conservatisme du ballet russe des années 1950.

Il existe trois version du ballet en DVD. Les deux autres sont filmées au Bolchoï en 1979 et 1990, avec une chorégraphie et une production presque identiques. Globalement, cette version du Kirov l'emporte sur les deux autres (voir mes commentaires), et constitue donc la meilleure version pour connaître une œuvre importante. Le ballet est filmé ici sur la scène du Mariinsky, mais sans public, ce qui permet à la caméra de toujours être bien placée. L'image est bien éclairée et bien contrastée. Sa définition laisse un peu à désirer par rapport aux standards modernes, car elle correspond à une bonne image vidéo l'époque.

La distribution est globalement très bonne. Dans le rôle de Danila le tailleur de pierre, Alexandre Gulyaev est élancé et juvénile. Toujours un peu à la limite de ses capacités techniques dans un rôle rempli de sauts difficiles, il n'égale pas ses homologues du Bolchoï (le grand Vladimir Vassiliev, ou Nikolai Dorokhov), alors même que sa partie est moins difficile que celle révisée pour Vassiliev. Dans le rôle de sa fiancée Katerina, la jeune Anna Polikarpova est idéalement distribuée : d'une beauté sculpturale, elle apporte à son personnage une fraîcheur et un lyrisme que n'ont pas toujours les techniciennes plus chevronnées.

En Reine de la Montagne, Tatiana Terekhova est insurpassable d'expressivité et de virtuosité (le rôle est physiquement redoutable, avec des dizaines de sauts). Enfin, dans le rôle du tyranneau local qui poursuit Katerina de ses assiduités, Genady Babanin se montre grandiosement sinistre (presque aussi bon que Youri Vetrov avec le Bochoï). Ajoutons enfin que le corps de ballet est excellent, en particulier dans les très complexes danses des esprits de la montagne, qui exigent une synchronisation parfaite par atteindre leur objectif esthétique.

La chorégraphie est très efficace, et on y trouve déjà tous les éléments du style puissant de Grigorovitch. La partie la plus faible est sans doute le début de la fête populaire à l'acte II, assez brouillonne, et qui semble n'avoir guère inspiré le chorégraphe (ni le compositeur, d'ailleurs !).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 2, 2013 9:03 PM CET


La Fleur De Pierre, Ballet
La Fleur De Pierre, Ballet
DVD ~ Sergei Prokofiev
Prix : EUR 20,36

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Une image assez épouvantable..., 29 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Fleur De Pierre, Ballet (DVD)
« La Fleur de Pierre » est le dernier ballet composé par Prokofiev. La chorégraphie de Youri Grigorovitch fut créée au Kirov en 1957, puis recréée presque à l'identique au Bolchoï en 1959. Trois version existent en DVD. Celle du Kirov (1991) est nettement la meilleure (et pas seulement pour la qualité de l'image). Les deux autres sont filmées au Bolchoï, en 1979 et 1990, et il s'agit ici de la première de ces deux versions, de loin la moins bonne des trois.

La spectacle a pourtant un atout de taille avec la présence dans les rôles principaux de Vladimir Vassiliev et Ekaterina Maximova, qui furent les premiers à danser l'œuvre à Moscou en 1959. Il est donc intéressant de les voir reprendre leurs rôles vingt ans plus tard. Le ballet est filmé en public, et la caméra principale cadre parfois d'un peu trop près les scènes d'ensemble. La définition de l'image est mauvaise, comme récupérée d'un vieil enregistrement vidéo. Mais surtout, les caméras (problème souvent rencontré dans les vidéos du Bolchoï de l'époque) semblent incapables de capter suffisamment de lumière, de sorte que tout ce qui se passe au fond de la scène est invisible, car plongé dans une obscurité totale. Cette seule raison fait que ce DVD ne peut être recommandé, sinon aux passionnés prêts à tout pour une occasion supplémentaire de voir le couple de légende Vassiliev-Maximova. En bref, si l'on veut comparer ce DVD à celui du Kirov en 1991, on le trouvera inférieur sur presque tous les plans :

- des décors, on ne peut rien dire, car on ne les voit pas !
- les costumes des esprits de la montagne sont moins futuristes que ceux du Kirov, et sans doute plus banals aussi,
- la chorégraphie est quasiment la même, avec d'infimes différences. Le chorégraphe a mieux structuré les danses de caractères des paysans, mais il a simplifié (et rendu moins raffinées) les danses complexes des esprits des minéraux,
- dans le rôle de la Reine de la Montagne, Svetlana Adirkhaeva n'est que bonne, et ne soutient pas la comparaison avec la grandiose Tatiana Terekhova (Kirov),
- dans le rôle du méchant Severyan, Vladimir Levashov est plus grotesque que sinistre, et ne parvient pas à donner une vraie dimension maléfique à son personnage,
- dans le rôle de Katerina, les qualités techniques (indiscutables) de Maximova semblent ici superflues, et je préfère la simplicité naturelle d'Anna Polikarpova,
- enfin, dans le rôle de Danila le tailleur de pierre, Vladimir Vassiliev n'est plus le svelte jeune homme qu'il était vingt ans plus tôt, mais il reste physiquement très impressionnant. Malgré tout, je me demande si son interprétation exaltée n'est pas un peu trop puissante, comme si le danseur était définitivement devenu Spartacus.

Sur un point mineur, cette version du Bolchoï écrase celle du Kirov : le solo de la jeune gitane. Mais il ne s'agit que de quelques minutes sur un spectacle de près de deux heures.

Tchaïkovski:Casse Noisette [Blu-ray] [Import anglais]
Tchaïkovski:Casse Noisette [Blu-ray] [Import anglais]
DVD ~ Valéry Gergiev
Prix : EUR 20,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une déception !, 29 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaïkovski:Casse Noisette [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
Filmer la danse devrait être simple, depuis que Fred Astaire a exigé l'utilisation du seul travelling pour ses scènes dansées. Quelques excellents réalisateurs (comme Vincent Bataillon chez Bel-Air Classiques) nous enchantent par leur art de faire oublier la caméra. Aussi, retenez bien le nom d'Andreas Morell, et tâchez de l'éviter ! Ce réalisateur, qui se pique en fin de carrière de filmer de la danse, gâche tout ce qu'il touche. Après avoir sévi déjà avec le BluRay « Alonzo King LINES Ballet », il officie désormais dans le cadre prestigieux du Mariinsky, et y pose sa grosse patte personnelle, qui consiste à systématiquement préférer le détail au tout. Aussi verra-t-on très peu de plans d'ensemble, car l'homme préfère les gros plans. Sans doute les ballerines du Mariinsky sont-elles très jolies, mais leur charmant minois est ici hors-sujet ! Dans les solos, le réalisateur aime cadrer les danseurs en plan américain (donc sans les jambes), ce qu'il compense aussitôt après, pour être équitable, par un gros plan de leurs pieds. En bref, on est irrité du début à la fin d'être ainsi forcé de mal voir.

Après cela, que dire du spectacle ? Le Mariinsky donne en alternance deux productions de « Casse-Noisette ». La version moderne (excellente) a été filmée (assez mal) en 2007, avec Irina Golub et Leonid Sarafanov (voir mon commentaire). De la version ancienne dont il est question ici, il existait une version de 1994, avec une image vidéo de qualité très moyenne, mais qui du moins était TRÈS bien filmée, et est finalement meilleure sur le plan technique. Si l'on compare les deux versions, on peut dire que :

- la haute définition (2012) permet de voir que les décors de Simon Virsaladze ne sont finalement que des toiles assez grossièrement peintes (alors que la qualité médiocre de l'image en 1994 améliorait l'effet de trompe-l'œil, et les faisait imaginer bien plus somptueux qu'ils n'étaient). Bien que Virsaladze ait signé aussi les décors et costumes du « Casse-Noisette » du Bolchoï, ceux du Mariinsy n'ont pas la laideur agressive de ceux de Moscou.

- la principale différence entre les deux versions est que les enfants au premier acte sont en 2012 effectivement joués par des enfants (en 1994, garçons et filles étaient interprétés par de menues danseuses adultes). Cela signifie que Clara est interprétée au début par une jeune fille d'une dizaine d'années (presque une fillette), qui est d'ailleurs charmante et se débrouille fort bien, mais ne peut évidemment pas danser comme une étoile. Ce choix (qui demande évidemment de remplacer dans le deuxième acte la petite fille par une version adulte de Clara devenue princesse) est fréquent dans les chorégraphies de « Casse-Noisette », mais il est étonnant que le même spectacle puisse utiliser l'une ou l'autre possibilité.

- on trouve d'autres changements mineurs : les soldats de plombs sont de jeunes garçons en 2012 (des danseuses en 1994), mais les rats sont des danseurs adultes en 2012 (de jeunes garçons en 1994). Ou encore, on n'a plus dans la version 2012 le voyage (dans une coque de noix) de Clara et du Casse-Noisette vers le pays magique, qui devient un simple passage orchestral.

La chorégraphie de Vainonen (1934) est la certainement la plus ancienne qui soit encore donné. Elle me semble dater un peu, et manque de punch dramatique et chorégraphique. Les deux grandes valses, la danse arabe ou la danse russe..., tout cela semble aujourd'hui un peu ordinaire. Le grand adage final devient un pas de six, où Clara danse avec cinq partenaires, comme pour désamorcer tout ce qu'il pourrait y avoir d'amoureux entre la petite fille et son Casse-Noisette. Cela étant dit, les danseurs (solistes et corps de ballet) sont globalement nettement supérieurs à ceux de la version 1994. Les meilleurs passages sont :

- la danse chinoise, servie par les incroyables qualités de sauteur de Grigori Popov,
- la danse des mirlitons, dansée par trois enfants est toujours très applaudie, surtout lorsqu'un petit bonhomme haut comme trois pommes enchaîne les entrechats (Vassiliev et Maximova ont été filmés dans ce passage quand ils avaient treize ans, en 1953 : c'est dire si la chorégraphie a de la bouteille !),
- le jeune Vladimir Shklyarov est excellent (et nettement meilleur que Victor Baranov en 1994),
- enfin, l'ultra-souple Alina Somova est une danseuse de grand style académique, même si rate la dernière pirouette de son grand solo, et même si on peut préférer une danse plus naturelle. (Curieusement, la chorégraphie efface purement et simplement de la partition la fin de ce solo, qui finit donc abruptement, sans la traditionnelle série de tours sur pointes qui le termine en général.)

En résumé, une version très bien dansée, à la chorégraphie un peu vieillotte, et filmée par un sapajou.

Treasures Of The Russian Ballet
Treasures Of The Russian Ballet
DVD ~ Compilation
Prix : EUR 20,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Des archives de valeur inégale..., 26 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Treasures Of The Russian Ballet (DVD)
Dans ces archives de la BBC, on trouve la trace de quelques passages à Londres des deux grandes compagnies de danse soviétiques. Globalement, ce DVD n'est pas le plus intéressant de cette excellente collection.

La « Fleur de Pierre » (musique de Prokofiev et chorégraphie de Grigorovitch) est filmé en 1960, avec quelques-uns des meilleurs danseurs du Kirov de l'époque, mais pourquoi n'en montrer que le premier acte ? Le reste n'aurait-il pas été filmé ? En tout cas, il n'est pas très intéressant de voir se mettre en place une intrigue qui ne se dénoue pas. Sans doute le but du film était-il de montrer le grandiose divertissement qui termine l'acte, mais il est alors bien dommage de n'avoir qu'une image en noir et blanc (et de qualité très moyenne), quand la couleur joue ici un rôle important. Le style de Youri Soloviev manque un peu de raffinement, mais il est intéressant de voir Alla Ossipienko dans le rôle de la Reine de la Montagne, qu'elle créa trois ans plut tôt. (De ce ballet, il existe heureusement en DVD deux versions complètes en couleurs, par le Bolchoi en 1979 et le Kirov en 1991.)

Vient ensuite le pas de deux de l'acte II du « Lac des Cygnes », enregistré en 1956. Ce document est à déconseiller pour quiconque voudrait comprendre pourquoi Galina Oulanova est une icône du ballet russe, car la très médiocre qualité de l'image et les éclairages lui donnent l'air d'une mémère. Les pirouettes sont incertaines, et le style semble suranné. (Il existe heureusement, pour qui voudrait avoir une juste idée de cette ballerine de légende, de bien meilleurs documents que celui-ci, qui semble préhistorique.)

Enfin, quatre brillants extraits de « Cendrillon », « Giselle », « Don Quichotte » et du peu connu « Gayane » (ballet de Khatchatourian dont est extraite la célèbre « Danse du sabre »). On voit ici combien les années 1960 furent un âge d'or pour le Bolchoï. Quand la plupart des compagnies manquent souvent d'un danseur puissant et sachant sauter, le Bolchoï vivait alors dans la pléthore, et pouvait produire quatre athlètes aussi impressionnants que Vladimir Vassiliev, Maris Liepa, Mikhail Lavrovsky ou Nicolai Fadeyechev. Ils se livrent à une assez réjouissante exhibition de virtuosité, dans laquelle ils sont rejoints par des danseuses au moins aussi brillantes : Plissetskaïa, Maximova, Stroutchkova ou encore Timofeyeva. Assurément, une grande époque ! On pourra regretter quand même que cette démonstration de supériorité technique ait été enregistrée en studio, dans un décor quasiment nu, et que la qualité de l'image soit médiocre sur l'extrait de « Don Quichotte », comme si l'enregistrement avait subi les outrages du temps.

Alonzo King Lines Ballet [Blu-ray]
Alonzo King Lines Ballet [Blu-ray]
DVD ~ Compilation
Prix : EUR 33,62

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Souvent très beau, mais toujours très mal filmé !, 26 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Alonzo King Lines Ballet [Blu-ray] (Blu-ray)
Devant un spectacle aussi mal filmé, j'ai voulu connaître le curriculum vitae du réalisateur allemand Andreas Morell, et je constate que c'est la première fois qu'il filme la danse. Il utilise des rails de travelling, une caméra sur grue, outils redoutables dans les mains d'un ignorant ! Aussi devrait-il apprendre que, lorsqu'on filme un ensemble, il est bon de montrer TOUS les danseurs. Et quand on filme un solo, il est bien que l'on puisse voir TOUT le danseur, et pas seulement un tronc ou un membre. Mieux filmés, les ballets présentés ici mériteraient une note de « quatre étoiles ».

Ce BluRay permet néanmoins de découvrir la compagnie d'Alonzo King, basée à San Francisco. Dans le livret qui accompagne le film, on peut lire : « Alonzo King qualifie ses œuvres de « structures de pensée », créées par la manipulation des énergies qui sont présentes dans la matière du fait de lois qui gouvernent les formes et la direction de tout ce qui existe. » Ce genre de prose ésotérique a tout pour agacer et inquiéter, mais Alonzo King vaut mieux que ce charabia prétentieux. Disons simplement qu'il a un art réel pour faire interagir ses danseurs avec des décors géométriques : des cordes élastiques, une muraille de carton articulé, des lumières contenues dans des sacs pleins d'eau... tout cela est ingénieux, et aussi fort beau.

Le minutage du disque est très généreux, avec trois ballets créés entre 2009 et 2011, qui correspondent donc à la production récente d'une compagnie qui existe depuis 1982. Au total, il y a plus de deux heures de danse, et un documentaire sur le chorégraphe et son travail. Le style est éclectique, mêlant le classique, mais aussi des éléments modernes ou jazz. Les danseurs sont tous bons, voire excellents. Dans les ensembles, leur synchronisation laisse souvent à désirer. Cela ne vient pas d'un manque d'habileté de leur part, mais plutôt de la complexité de la chorégraphie, et aussi de musiques qui ne sont pas toujours faciles à suivre.

La chorégraphie est bourrée d'idées intéressantes, et sait rester fluide, respecter le corps des danseurs et les lois de l'esthétique (à la différence du chaos tourmenté du certains chorégraphes modernes). Si j'ai quand même un petit reproche à faire au chorégraphe, c'est que sa pensée manque parfois d'un peu de concision. Dans le premier ballet, qui dure près d'une heure, certaines idées sont développées au delà de ce qui est nécessaire. Le deuxième ballet (« Schéhérazade ») est sans doute le plus réussi, avec une musique moderne et arabisante autour des thèmes de Rimsky-Korsakov. Le troisième ballet, sur une musique de Corelli et sans aucun décor ni accessoire, me semble tourner à vide, faire du sur-place dans une vaine gesticulation ; je n'ai pas du tout été accroché.

Malgré tout, un chorégraphe vraiment intéressant, avec de très bons danseurs au service de ses idées.

la chauve souris
la chauve souris
DVD ~ Johann Strauss
Prix : EUR 31,25

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Bon spectacle, bien enlevé, 25 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : la chauve souris (DVD)
On peut se demander pourquoi la musique de Johann Strauss, qui n'est qu'une suite de danses, n'est pas plus utilisée par les chorégraphes. C'est donc une bonne idée qu'a eue Roland Petit de créer, pour sa femme Zizi Jeanmaire en 1979, cette « Chauve-souris » reprise ici, un quart de siècle plus tard, par la Scala de Milan.

Le résultat est globalement très agréable à regarder, et le premier acte est même assez enthousiasmant de rythme et de verve, avec son classique trio de vaudeville femme-mari-amant. Dans le second, beaucoup moins riche sur le plan dramatique, on se prend à regretter que le chorégraphe aie quand même trop simplifié l'intrigue (il est vrai complexe) de l'opérette, au point de ne se conserver que ces trois personnages principaux. La chorégraphie contient alors quelques temps faibles. En effet, Roland Petit déborde toujours d'imagination lorsqu'il doit traduire en danse le caractère ou les actions des personnages ; il est moins inventif dans la danse pure, et il aurait sans doute été préférable qu'une sous-intrigue fasse contrepoint au récit principal.

Pour cette production, la Scala fait appel à l'une de ses étoiles (Massimo Murru) et à la plus célèbre des danseuses italiennes du moment (Alessandra Ferri). L'un et l'autre ont beaucoup travaillé avec Roland Petit et son Ballet National de Marseille, et sont donc très à l'aise avec le style du chorégraphe. Dans le rôle de l'admirateur-entremetteur, Luigi Bonino est aussi un ancien du Ballet de Marseille, spécialiste de ce genre de composition mélangeant la danse et le théâtre. Le corps de ballet est aussi très bon, bien synchronisé, et semble avoir beaucoup de plaisir avec cette chorégraphie amusante et dynamique. Le décor est minimaliste (le restaurant Maxim's n'a plus rien à voir avec l'Art Nouveau), sans que ce soit gênant ; c'est largement compensé par les costumes, luxueux et élégants.

Enfin, tout est bien filmé, avec une belle qualité d'image. Tout est donc réuni pour faire un spectacle de grande qualité, procurant au spectateur un plaisir permanent. Et on pardonnera donc le synopsis un peu faible, dans lequel le mari volage s'élève dans les airs avec des ailes de chauve-souris (sans pour autant être Batman !) avant de se les voir rogner par sa femme, qui le ramène ainsi au domicile conjugal. C'est d'un symbolisme un peu simple, avec une note fantastique qui s'accorde moyennement avec la comédie bourgeoise.

La Fille Mal Gardée
La Fille Mal Gardée
DVD ~ Ferdinand Herold
Prix : EUR 20,30

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Aux sources d'un chef-d'œuvre..., 25 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Fille Mal Gardée (DVD)
« La Fille mal gardée » est un bijou de chorégraphie, qui triomphe sans interruption depuis un demi-siècle sur les scènes du monde entier. Il est bien servi déjà par le DVD (voir mes commentaires), et notamment par la récente version du Royal Ballet avec Marianela Nunez et Carlos Acosta. Mais il n'est pas si fréquent, pour les ballets célèbres, de pouvoir admirer la version originale. Or, c'est ce que nous permet cet excellent document de la BBC, puisque l'œuvre, créée en 1960, a été filmée en 1962 avec les danseurs des premières représentations.

Comme la chorégraphie est totalement adaptée à leurs qualités respectives, ils placent la barre très haut pour leurs successeurs. Dans le rôle de Lise, Nadia Nerina montre une vivacité et une virtuosité éblouissantes. Elle étale tout la palette de sa formidable technique, avec des tours fouettés d'une jambe sur l'autre, des sauts tels sauts de Kitri dans « Don Quichotte », des petits pas sur pointes ultrarapides, etc. Elle n'est égalée dans aucune autre version filmée, pas même par l'excellente Marienela Nunez dans la récente version du royal Ballet.

Dans le rôle de Colas, David Blair est très dynamique, mais son physique trapu et ses jambes épaisses n'en font pas un danseur très élégant. Mais si ses solos manquent un peu de style, son centre de gravité assez bas lui permet d'enchaîner les pirouettes ou les tours à la seconde avec une rare vélocité. Et il se montre aussi un partenaire très solide. Dans le rôle de la veuve Simone, il est difficile de dépasser les claquettes de Stanley Holden, même si l'on a pu faire mieux depuis dans le registre comique. Enfin, la création d'Alexander Grant, dans le rôle du benêt Thomas, est assez extraordinaire, et rarement on voit un danseur utiliser aussi bien son corps à des fins comiques.

L'ensemble est mené tambour battant, avec des tempos rapides bien adaptés aux capacités hors-norme des danseurs. Le corps de ballet aussi se montre remarquable, bien synchronisé, et sans doute encore marqué par le travail de la création de l'œuvre. Tout est joliment filmé, avec des décors de studio qui améliorent ceux de la scène, et des angles de prises de vues cinématographiques, mais toujours appropriés.

Évidemment, ce qui empêche cette version de rivaliser véritablement avec la formidable version Nunez-Acosta (en dehors de la comparaison entre David Blair et le magnifique Carlos Acosta), c'est la différence entre une image de télévision en noir et blanc d'une part, une image vidéo en couleurs et en haute définition d'autre part. C'est l'unique raison qui m'empêche de mettre cinq étoiles à ce remarquable spectacle.

Extraits De Giselle, Coppélia & Les Sylphides
Extraits De Giselle, Coppélia & Les Sylphides
DVD ~ Compilation
Prix : EUR 16,97

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Encore d'intéressantes archives de la BBC..., 23 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Extraits De Giselle, Coppélia & Les Sylphides (DVD)
Voici d'autres films intéressants exhumés des archives de la BBC. Comme dans les autres DVD de la collection, les œuvres, dansées par le Royal Ballet, sont enregistrées en studio, spécialement pour la télévision, et donc dans des conditions et des décors très différents de la scène du Covent Garden. Pour « Les Sylphides » (1956) et « Coppélia » (1957), la qualité technique est très moyenne, avec une image assez mal définie dans le premier ballet, et manquant un peu de contraste pour le second. Il y a aussi par instants du pleurage dans le son. Pour « Giselle », enregistré en 1962, l'enregistrement est un peu meilleur.

Cette version des « Sylphides » ne vaut pas celle de 1953 (parue en DVD dans la même collection) qui, même si l'image était mauvaise, avait d'excellentes danseuses, dont la légendaire Alicia Markova. Ici, Nadia Nerina est bonne, mais son style très dynamique n'est pas le mieux approprié pour le rôle. Et les deux danseuses chargées des autres solos sont chichiteuses et pas très intéressantes.

« Coppélia » est présenté ici dans une version trop réduite, limitée à trois quarts d'heures. Non seulement le troisième acte passe complètement à la trappe (mais alors, à quoi bon annoncer au premier acte la Fête de la Cloche ?), mais aussi toutes les danses non essentielles pour le récit. Autrement dit, en dehors de trois variations de Swanilda et de la danse des villageois au premier acte, il reste presque uniquement de la pantomime. Même si Nadia Nerina est très brillante, la danse est quand même trop sacrifiée dans ce spectacle conçu pour le grand public, et surtout soucieux de raconter l'histoire sans s'égarer dans aucun divertissement dansé. Dans le rôle de Coppélius, on retrouve Robert Helpmann, qui fut une des vedettes du célèbre film « Les Chaussons Rouges » dix ans plus tôt, mais se limite ici à une pantomime très expressionniste.

Pour finir, le jeune Noureev danse avec Margot Fonteyn des extraits du deuxième acte de « Giselle », habilement arrangés de façon à ne former qu'une scène continue. On retrouve les qualités, opposées mais complémentaires, des deux danseurs. Margot Fonteyn est classique et précise, très peu souple et ne sachant pas du tout sauter, mais remarquable sur pointes et dans les petits pas. Noureev, au contraire, s'impose par une présence, un charisme extraordinaire, qui le font toujours paraître plus virtuose qu'il ne l'est réellement. Un beau témoignage en tout cas de l'association réussie d'une danseuse réfléchie et d'un danseur instinctif.

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