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Contenu rédigé par Nardis
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Commentaires écrits par
Nardis

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Shostakovich : Complete songs, Vol 5, famous vocal cycles, 1948-1974
Shostakovich : Complete songs, Vol 5, famous vocal cycles, 1948-1974
Prix : EUR 14,84

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sublime tombeau, 9 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Shostakovich : Complete songs, Vol 5, famous vocal cycles, 1948-1974 (CD)
De cet ensemble, sans doute les chants les plus connus, du moins pour les connaisseurs (il existe une version orchestrale des poésies populaires juives). La "suite" Michelangelo Buonarroti impressionne surtout, par son austérité, son extrême sobriété. Elle date de 1974 - un an avant la mort du compositeur. C'est une œuvre difficile, où se croisent plusieurs esthétiques - liturgie orthodoxe, Moussorgsky, Bartok, et cette fièvre noire où Schnittke puisera, à quelques années seulement de distance. Contrairement à d'autres, ce cycle de lieder - après tout, ce n'est rien d'autre - ne cherche pas la continuité. Il accumule les ruptures, jongle avec une syntaxe tantôt étonnamment moderne - pour Chostakovitch - tantôt parfaitement archaïque. Et souvent avec des redites, des phrases déjà entendues ailleurs, bien des années auparavant. On peut critiquer ce vieillard avant l'âge, rongé par l'alcool, qui puise son inspiration dans ses propres Préludes, notamment, en ce qui concerne le piano. Pour ma part, cette unité de ton pianistique, cette obstination à labourer le même sillon, me touche infiniment. Il y a du Thelonius Monk dans ce piano-là, une sorte de primitivisme, oscillant entre Bach et Bartok, avec une ruguosité, une insouciance sidérantes.
Côté interprétation, Serov me rappelle le jeu d'Ashkenazy par sa retenue et sa poésie discrète. Je suis peut-être plus réservé sur la basse de Kuznetsov. Musicalement impeccable, elle me semble manquer, parfois, d'éclat, d'intensité. J'aimerais la comparer à d'autres, Nestorenko notamment. Enfin, rien qui desserve la magie de cet enregistrement (2003), une grande, sublime réussite.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 23, 2012 4:08 PM MEST


Jean-Sébastien Bach
Jean-Sébastien Bach
par Roland de Candé
Edition : Broché
Prix : EUR 24,80

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Décapant, 8 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Jean-Sébastien Bach (Broché)
La somme indispensable pour qui veut dépasser les clichés et se plonger dans la vie et l'œuvre du "kantor". Un ouvrage soigneusement pesé et mûri, solidement étayé, parfaitement écrit. Une vision de Bach parfois décapante, qui décevra peut-être les romantiques, mais qui sait également mettre en perspective, historiquement et socialement, la réussite artistique d'une personnalité totalement hors normes.


Ravel - L'Oeuvre pour piano seul
Ravel - L'Oeuvre pour piano seul
Proposé par mrtopseller
Prix : EUR 11,35

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Explosive tradition, 8 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ravel - L'Oeuvre pour piano seul (CD)
Un enregistrement mythique pour tout mélomane, bien évidemment. On ne sait que louer dans cette interprétation légendaire, entre sa virtuosité - Horowitz n'a qu'à bien se tenir -, sa poésie incantatoire, ou ses traits lapidaires. Une perfection, qui remet les pendules à l'heure sur les a priori véhiculés quant à ce monstre du clavier, cette icône du piano français, un temps idéalisé - car il était français - puis renvoyé aux oubliettes (un génie saurait-il être français?). Certes, l'intempérance et les caprices de Samson François ont quelque peu détérioré son image. Mais Martha Argerich n'en a pas tant souffert, et pourtant dieu sait qu'elle aura fait des siennes.
Ce qui frappe, dans le Ravel de Samson François, après des centaines d'écoute, c'est, curieusement, sa rigueur. Ses prétendues libertés vis-à-vis de la partition, vous n'en trouverez ici nulle séquelle. Bien au contraire, c'est une lecture authentique qui s'impose d'emblée, certes soulevée par des élans d'une incroyable liberté, mais sans jamais s'éloigner du texte. On pourrait même pousser le bouchon un peu plus loin: à travers sa science de la danse, l'hypnotisante élasticité de son jeu, Samson François renoue le fil qui lie Ravel à Chopin. Il en fait un grand classique - plus fort, même, il le rattache à Couperin. Et plus fort encore, il l'associe, du même coup, subtilement, à Scriabine. Et c'est tout simplement sublime. Mais dans tous les cas, on reste dans une tradition soit française, soit romantique - et post-romantique. En dépit de sa pureté, de sa minéralité incandescente, jamais ce Ravel ne sonne véritablement "moderne" - je veux dire, novateur. Intériorisé, certes, et jusqu'à la moelle des doigts, mais intellectuellement, musicalement rétrograde. Précisément le Ravel que certains adorent, et que d'autres rejettent, parce que... Debussy. J'ignore évidemment où se trouve le "vrai" Ravel dans tout cela. Mais je vous invite à découvrir, en parallèle, la version de Perlemuter (Vox) - cette autre facette d'un univers finalement très mystérieux.


Vlado Perlemuter interprète Ravel
Vlado Perlemuter interprète Ravel
Prix : EUR 20,74

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un chalutier sur l'océan, 8 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vlado Perlemuter interprète Ravel (CD)
L'enregistrement date de 1956. Il faudra donc vous y faire, et vous y reprendre à deux (voire trois) fois avant de comprendre quel monument vous est ici dressé. Qui plus est, Perlemuter n'est pas un interprète "facile". Il ne brille pas, ne fait pas scintiller, ni chatoyer le clavier, comme chacun l'attendrait d'une musique comme celle de Ravel. Ses doigts labourent, plutôt, au plus profond de la partition. Des doigts lourds comme le plomb où, pour ma part, je retrouve la patte d'un grand tigre du piano - monsieur Arrau. Bien sûr -comme chez Arrau - on peut regretter une réverbération quelque peu envahissante, et un son parfois trop énorme. Esthétique discutable, dont Perlemuter n'est pas responsable, mais qu'il a forcément avalisé, puisque tous ses enregistrements portent le même stigmate. Mais pas de quoi bouder le chef-d'œuvre. La simplicité, parfois naïve, du toucher, sa bonhomie charnelle, son élasticité minérale, et, surtout, la qualité, le poids de ses silences. 1956? Certains ont fait œuvre plus éblouissante (Samson François, évidemment). Aucun n'a distillé un Ravel plus actuel, plus moderne. Ecoutez ces clusters d'étoiles, ces trous noirs, ces dentelles crémeuses, irradiées, d'où la lumière fuse en continu. Mais oui, on est dans le sidéral, et Ravel ici tend la main à Stockhausen et à Schnittke, d'un côté, en prenant celle de Janacek et Bartok, de l'autre.
Et pour revenir à l'enregistrement, finalement, que dire sinon qu'il sert à la perfection ce discours, l'épaule et le soutient, pour peu que l'on veuille abandonner certains préjugés. Car enfin, écoutez ces basses ! Abyssales, dignes d'un orchestre de gamelan javanais, ou d'un cogneur d'enclume plutonien. On plonge ici dans le mythe, les entrailles noires et mythiques du piano. Perlemuter impose ici son Ravel, avec un sorte de discrétion définitive - comme il imposera plus tard son Schumann, et de façon encore plus péremptoire, s'il se peut.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 4, 2013 9:50 PM CET


Bach: 6 Cello Suites
Bach: 6 Cello Suites
Prix : EUR 18,58

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Debout face aux abysses, 23 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: 6 Cello Suites (CD)
Entre deux antipodes, Casals et Bylsma, Fournier semble imposer une vision "classique" de ce monument. Pourtant, dès les premières mesures, c'est une tout autre approche qui se fait entendre: une sorte de monologue ventriloque, le discours enfin révélé d'un autiste, la voix souterraine d'un ermite privé de langage.
Hautain, aristocratique ? Non, juste secret, jusqu'aux abysses.
Bach peut sembler naturel à certains. Personnellement je le trouve parfaitement anormal, aux frontières du monstrueux (23 enfants, ça ne vous dit rien?). Une sorte d'ogre musical, qui aura laminé ses contemporains, puis, dans la foulée, la grande majorité de ses successeurs. Ni la littérature, ni la peinture n'ont connu l'équivalent de cette figure tutélaire. Et ses suites pour violoncelle en sont la plus parfaite illustration: rauques, ténébreuses, danses de dinosaures, vociférations de cachalots en rut, elles enchaînent les séismes et les tsunamis, défient les mathématiques et la géométrie, s'inscrivent dans une cosmogonie virevoltante, quadrillent la nuit de leurs traits fulgurants.
Casals y insufflait ses soupirs de pachyderme, Bylsma y gravait son burin ascétique. Fournier oscille et résiste, impavide, assailli par une nuée de démons.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 15, 2014 12:41 PM MEST


Mozart : Sonates pour piano (Coffret 4 CD)
Mozart : Sonates pour piano (Coffret 4 CD)
Prix : EUR 24,96

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ne tirez plus sur Perlemuter, 23 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : Sonates pour piano (Coffret 4 CD) (CD)
Sans doute l'un des plus étranges phénomènes de l'histoire discographique. Perlemuter n'enregistrera plus jamais Mozart - pas plus qu'il ne le jouera en concert -, le jugeant finalement "trop difficile". Il faut dire aussi que la critique n'avait pas été tendre à la sortie de ce coffret, d'ailleurs fort peu diffusé. Perlemuter avait visé trop haut, et s'était empêtré dans une entreprise hors de portée - techniquement et artistiquement. Plus tard, on remettra encore et encore sur le tapis son doigté parfois malhabile, on ironisera sur son toucher brut de décoffrage. Et quitte à se contredire: non, décidément, Perlemuter n'était bon qu'à jouer Ravel.
Et les critiques avaient certes beau jeu, en l'espèce. Timide, discret à l'excès, Perlemuter n'a jamais beaucoup œuvré pour sa propre reconnaissance. Icône vénérée par ses pairs et ses élèves les plus illustres, il n'aura livré que quelques pépites éparses de son immense talent - de sa vision, à la fois totalement personnelle, et empreinte d'une tradition mûrement et longuement digérée.
Sa discographie? un bref chapelet de catastrophes - l'enregistrement de ses Préludes de Chopin (Nimbus), pur joyau trahi par une prise de son indigne - et d'éclairs - ses Etudes Symphoniques (Nimbus, encore, cette fois à la hauteur du miracle). Et le Mozart, dans tout ça?
Une énigme. Révolutionnaire, à une époque (1956) où Mozart se distillait goutte à goutte, façon boîte à musique, strass, paillettes et viennoiseries, pratiquement sans pédale - mais oui, on était moderne! Perlemuter tranchait dans le lard, sonorité grasse, accords martelés, "beethoveniens" (enfin, si l'on veut), un parti pris accentué par l'excessive réverbération de l'enregistrement - une malédiction qui le poursuivra jusqu'à la fin. Gilels prend presque aussitôt le relais, certes de manière plus décisive, mais en se cantonnant aux derniers opus. Et c'est donc Arrau qui va magistralement couronner cette tendance - un Mozart noir et visqueux à souhait.
Pourtant, certaines des premières sonates surprennent, ici, par leur infinie fraîcheur, leur quasi naïveté, leur tempo hésitant: comme si le pianiste déchiffrait une partition entièrement nouvelle. Et c'est bouleversant. Tout comme bouleverseront certaines des ultimes sonates, jouées avec une sincérité, une profondeur - une poésie brumeuse et rocailleuse qui vous déchire, en toute simplicité.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 25, 2013 10:30 PM CET


Job : Roman d'un homme simple
Job : Roman d'un homme simple
par Joseph Roth
Edition : Broché
Prix : EUR 21,30

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 humain, génialement humain, 13 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Job : Roman d'un homme simple (Broché)
La langue d'abord, de ce texte enfin traduit à sa juste mesure. Cette sobriété, ce chant de la prose qui hausse les personnages au statut d'anges humains. Et puis le rythme, l'inflexion du discours, qui ne se laisse distraire par rien d'autre que son but. Grande, haute littérature, les premières lignes suffisent à nous en convaincre. Et même si, parfois, pointe un semblant de théosophie, c'est bien l'écriture qui emporte notre adhésion, et son humilité quand elle fait œuvre d'humanité.
Un chef-d'œuvre, tous siècles confondus.


Robert Walser, l'écriture miniature
Robert Walser, l'écriture miniature
par Bernhard Echte
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Unique et bouleversant, 13 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Robert Walser, l'écriture miniature (Broché)
Il faut rendre hommage à Zoé, irréductible petit éditeur helvète qui aura eu le courage de publier Walser dès les premières heures de sa redécouverte. Et ce livre sublime, où nous est donné le spectacle de ces "microgrammes", improbables et microscopiques graphies apposées sur des supports encore plus improbables - enveloppes et papiers à lettres retournés. Nul ne saurait connaître Walser sans avoir consulté ce témoignage unique et bouleversant.


Trio Pno 5/6/Var Handel (12)
Trio Pno 5/6/Var Handel (12)
Proposé par sellerfellafr
Prix : EUR 25,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pleine lune sur la Méditerranée, 13 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Trio Pno 5/6/Var Handel (12) (CD)
"Fantômes", Casals, Istomin ou Schneider ? Ils pourraient jouer la Marseillaise, que ça serait toujours de la dynamite, un feu d'artifice de diamants. Avec Beethoven, on atteint au Nirvana, à l'absolu musical. C'est raide comme le Pic du Midi, ça claque comme le fouet chez Zingaro, ça soupire comme la Méditerranée par pleine lune. C'est grand, c'est grandiose. On n'a jamais fait mieux, tout simplement.
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Gian Domenico Tiepolo : Dessins de Polichinelle
Gian Domenico Tiepolo : Dessins de Polichinelle
par A Gealt
Edition : Relié

5.0 étoiles sur 5 pour collectionneur averti, 13 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gian Domenico Tiepolo : Dessins de Polichinelle (Relié)
C'est l'un des fils du célèbre Tiepolo qui est ici mis en lumière. Généralement balayé comme simple assistant de son génie de père, Gian Domenico a pourtant fait œuvre très personnelle, avec sa série de Polichinelle, notamment. Dessinateur hors pair, dont cet ouvrage nous livre une série flamboyante, sur grand papier.
Un ouvrage précieux, pour collectionneur averti.


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