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claude toon "Juge ou avocat ??" (paris)
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Celui dont le nom n'est plus
Celui dont le nom n'est plus
par René Manzor
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Thriller hypnotique, 19 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Celui dont le nom n'est plus (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
En commençant un thriller policier, je me pose l'éternelle question, à savoir : est-ce que je ne vais pas avoir l'impression de lire pour la nième fois la même histoire de serial-killer ? En résumé, un taré qui découpe, éviscère, crucifie ses victimes ou, plus sophistiqué, change de MO (mode opératoire) à chaque meurtre. Pour compléter le tableau classique : un flic désabusé, un rien alcoolo, divorcé ou veuf, usé jusqu'à l'os par les planques dans des lieux putrides et blabla. Ah, j'oubliais : la minette sortie de l'école de police qui sera prise en otage mais libérée quelques nanosecondes avant d'expirer. Bref le train train du sordide. Ok, je caricature. Le livre de René Manzor suit à la lettre ces schémas mais tisse une intrigue suffisamment originale pour que je me fende d'un petit billet pour allécher les amateurs du genre qui aiment les romans palpitants, mais pas trop sophistiqués, les bouquins dits "pour l'été".

J'ai été surpris de voir que le cinéaste et réalisateur de téléfilms était aussi homme de plume. J'avais aimé son film dédales avec Sylvie Testud et Lambert Wilson, film qui nous entraînait dans les arcanes des personnalités multiples et des faux semblants. Un film à la Cronenberg avec une mise en scène et une photographie moins abouties que son homologue canadien, mais un bon moment d'univers tortueux.

Je résume l'intrigue. Londres, de nos jours. On découvre tous les 24 heures un cadavre éventré dont tous les organes ont été soigneusement prélevés, mais pas dans un bloc opératoire par un chirurgien de talent. Non, les crimes ont lieu au domicile du défunt et chaque meurtrier est vite identifié : un quidam que l'on retrouve errant, couvert du sang de sa victime, la mémoire en vrac et qui… aimait par-dessous tout SA victime !? Les bourreaux sont ravagés de chagrin par ce qu'ils ont commis, et sont devenus amnésiques sur la période des faits. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n'ont rien fait pour effacer les indices et échapper aux forces de l'ordre. On les interne… pour démarrer l'enquête
L'inspecteur Mc Kenna de Scotland Yard et le Dr Dahlia Rhymes, profileuse du FBI, spécialiste des crimes rituels, imposée par l'ambassade US qui n'apprécie pas que la seconde victime soit un ressortissant yankee doublé d'une personnalité en vue, commencent une enquête difficile où les tueurs semblent autant victimes que leurs proies de par leurs esprits défaillants. Et puis question évidente : que sont devenus les organes prélevés. Un troisième personnage entre en scène : l'avocat haut en couleur Nils Blake qui va défendre ces assassins étranges et reprend du service quelques mois après avoir subi une transplantation cardiaque… Décidément…

Je ne peux évidement pas vous racontez la suite, mais je dois dire que cette affaire m'a rappelé l'expression "mais où les auteurs vont ils chercher tout cela ?". Les pistes sont étranges : trafic d'organes ? Mais pourquoi un "voleur" intermédiaire dans des conditions médicales aussi précaires ? Crimes rituels ? Possible, car chaque meurtre est sujet à une mise en scène en lien avec des rites funéraires différents : chrétiens, juifs, égyptiens !! D'une trame globale classique, René Manzor nous entraîne-t-il dans le paranormal ? Oui et non. Et s'il y avait un unique instigateur derrière tout cela, un monstre qui aurait vu Le Sortilège du scorpion de Jade de Woody Allen pour concocter une adaptation diabolique… Tss Tss, j'en dis trop.
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer en lisant ses quelques lignes, ce n'est pas un livre gore. C'est moins violent et tarabiscoté qu'un livre de Tilliez et moins malsain que certains Grangé. L'écriture est simple, directe, chronologique. Oh, ce n'est pas non plus la vivacité empreinte d'humour noir d'un Lemaitre (Alex). Bref, c'est assez agréable à lire et un beau sujet d'adaptation cinématographique…

René Manzor, comme dans son film Dédales, semblent maître des coups de théâtres les plus inattendus. Comme on dit de nos jours, il nous ballade jusqu'à l'avant dernière page. Et pour finir, contrairement à mes pochades introductives, pas de médailles ou de promotions pour la plupart des héros qui dénoueront l'affaire, mais plutôt la vie éternelle.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 19, 2014 3:53 PM MEST


L'autre côté des docks
L'autre côté des docks
par Ivy Pochoda
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Sur les quais", rien de nouveau ? Si, un beau roman, 21 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'autre côté des docks (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Red Hook, l'ancien port de New-York a inspiré les auteurs américains les plus divers. Lovecraft écrit l'un de ces contes titré "Horreur à Red Hook" au début du XXème siècle. Il annonçait la couleur, car déjà à l'époque dans ce quartier des Docks, la vie était difficile, la violence souvent présente, et la population fort cosmopolite après la grande vague d'immigration. Elian Kazan ne tournera pas "Sur les quais" (On the water front) par hasard…

Dans ce roman attachant rien d'horrifique, loin de là, pas d'ambition thriller non plus, à peine policier dans sa conclusion. Ivy Pochoda écrit de à la manière d'une anthropologue ou plutôt d'une sociologue, mais avec un regard d'une grande humanité sur les personnages haut en couleur qui traversent son roman. "L'autre coté des docks" oppose le drame et la comédie humaine à la Balzac. Les ethnies, les croyances se bousculent dans un univers où chaque personne voudrait décider de son destin sans vraiment y parvenir. Les personnages rêvent. L'épicier attend que la fortune lui sourie lors de l'escale du Queen Mary dans le port. Il déchantera comme tous ceux qui voudrait fuir ce quartier pour un ailleurs, un eldorado social, l'île huppée de Manhattan…

June et Val, deux adolescentes cherchent leurs voies et s'embarquent un soir de canicule sur un bateau gonflable vers l'aventure au gré des eaux glauques de l'East River. On retrouvera Val agonisante sur une grève et le roman se concentrera sur la recherche de l'autre jeune fille. L'auteur aime ses personnages, que se soient des adolescents à la dérive, un prof de musique déçu de la vie qui joue un grand rôle ; je vous laisse découvrir lequel… Le style est nerveux dans ce un joli roman qui ne déchaîne pas les mystères confus, et se refuse à plonger dans le sordide un peu trop à la mode dans les romans contemporains…


Duo
Duo
Prix : EUR 9,98

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Complicité...., 26 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Duo (CD)
Le duo, souvent une sonate, pour piano et divers instruments est une forme abordée par la plupart des compositeurs au talent pianistique reconnu. C'est le cas pour ce programme, même si pour Schumann, c'est Clara, son épouse, qui a rédigé la partition et bien entendu l'a créée. Beethoven à écrit au début du XIXème siècle le premier cycle d'importance pour le duo violoncelle – piano, avec cinq sonates de grand intérêt musical.

1 - Les 3 fantaisies de Schumann Opus 73 sont écrites pour piano et violoncelle ou clarinette. C'est un ensemble de courtes pièces tendres et romantiques qui ne forment pas vraiment une sonate mais un joli divertissement. Schumann les compose vers 1849, pendant une période où la dégradation de sa santé physique et mentale semble marquer le pas. Dès les premières mesures on y ressent une grande douceur, une sensuelle féminité dans la mélodie du violoncelle et l'enchainement délicat des notes égrenées au piano. Le bonheur qui s'épanouit dans cette pièce révèle un plaisir de vivre exceptionnel chez Schumann, compositeur tourmenté, pianiste malhabile, qui ne pouvait vivre sa musique que grâce aux mains de Clara. On va retrouver ce climat poétique et bucolique dans les deux premières pièces. La dernière est la plus enjouée. Le jeu des musiciennes est d'un bel équilibre. Souvent les grands pianos de concert modernes possèdent une puissance sans commune mesure avec ceux de l'époque romantique et masquent le son du violoncelle dans les médiums. Ici rien de cela. Hélène Grimaud retient par la bride son piano par un touché ardent mais léger. Sol Gabetta fait preuve d'un legato et d'une passion tout à fait en accord avec ces pièces fantasques aux accents printaniers.

2 – La Sonate n°1 en mi mineur Opus 38 de Brahms fut écrite par un compositeur ayant atteint la trentaine. Curieusement, elle devrait comporter quatre mouvements mais Brahms a supprimé l'adagio lors de l'édition finale ! Comme si le long allegro non troppo méditatif initial remplissait à la fois les rôles de l'allegro introductif et du mouvement lent habituellement placé en second. Le flot musical est caractéristique de la sensibilité "élégiaque" de Brahms : de longues phrases nostalgiques au violoncelle, un accompagnement plus viril au piano, des motifs tantôt mélancoliques, tantôt enchantés qui s'entremêlent. Dans l'allegro, chaque instrument ne brille jamais en solo dans une quelconque cadence. Même si Brahms a écrit de nombreuses pièces de musique de chambre avec un piano et une grande variété d'instrument (cordes, clarinette, cors), l'instrument soliste a un très grand rôle, le piano semblant accompagner celui-ci comme un orchestre, de façon concertante… Sol Gabetta fait chanter son instrument avec volupté et mélancolie, les graves sont magnifiques, les coquetteries d'un superflu vibrato totalement absent. Une très grande dame du violoncelle. Hélène Grimaud distille l'énergie du piano au bon moment, toujours pour préserver la présence du violoncelle. Les deux artistes se rappellent à l'évidence que l'œuvre a été surnommée "Sonate pastorale". Les deux courts mouvements qui terminent la sonate sont joués avec espièglerie, en totale communion.

3 – Chantre des gammes modales et des innovations tonales, peu enclin aux reprises et longueurs, Debussy nous offre une scintillante petite sonate d'une douzaine de minutes. C'est le piano d'Hélène Grimaud qui nous invite dans les jeux mélodiques, les couleurs diaphanes de l'univers expressionniste de l'auteur de "La mer". La partition pour violoncelle n'est pas simple avec ses syncopes et ses sauts de tessitures diaboliques. Sol Gabetta termine le prologue dans des aigus célestes de pureté. Les deux jeunes femmes rivalisent de facéties agrestes dans la sérénade. Enchanteur et mystérieux… Dans le final, Debussy précise en tant que tempo : Animé, léger et nerveux. Je n'aurais pas mieux dit du jeu de nos artistes.

4 – La sonate de Chostakovitch date de 1934, les temps qui précèdent tout juste les purges staliniennes dans le domaine de l'art. C'est une œuvre moins pathétique que celles qui jailliront de la plume dans les heures noires de la guerre et des répressions du régime. De forme tout à fait classique en quatre mouvements, l'œuvre s'écarte des angoisses qui ne lâcheront plus le compositeur russe à partir des chasses aux sorcières idéologiques de 1936. On y retrouve cependant les caractéristiques rythmiques chères à Chostakovitch : les notes piquées au piano, les pizzicati au violoncelle, cette écriture serrée et poignante. L'allegro initial se termine en marche funèbre. Le second allegro est une furie démoniaque et grinçante de trois minutes avec des glissandi du violoncelle et le piano utilisé comme percussion. Hélène Grimaud et Sol Gabetta ne font qu'une bouchée de cette folie musicale, le trait est clair, percutant, coloré. Pas de noirceur mais de l'intimisme dans le serein adagio. L'allegro final est une petite marche sarcastique, nous sommes bien dans le monde musical de Chostakovitch !

Extrait d'un article paru dans le Deblocnot' (voir profil)
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 27, 2014 4:45 AM MEST


Haendel : Le Messie (Coffret 2 CD)
Haendel : Le Messie (Coffret 2 CD)
Prix : EUR 9,79

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Synthèse idéale entre baroqueux et moderne..., 24 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haendel : Le Messie (Coffret 2 CD) (CD)
Et c'est en 1976 que Neville Marriner va graver ce Messie considéré comme un must des interprétations "à l'ancienne", statut qui fait l'unanimité chez les critiques et mélomanes. Lors de l'édition, toutes les versions "modernisées", voire postromantique prennent un sacré coup de vieux, sauf celle Colin Davis de 1966. Le chef anglais avait été le premier à raviver les couleurs de l'oratorio de Haendel.

Marriner retourne à la source spirituelle de l'œuvre dès l'ouverture (plage 1). La parole divine peut être chantée, mais elle doit surtout être proclamée ! Il y a une énergie de prophète dans cette ouverture (Isaïe va suivre…). Un orchestre de cordes seules peut paraître musicalement un peu morne. Le chef recourt à un tempo vif et à une accentuation très marquée qui donne à l'ensemble des cordes des chatoiements et des couleurs qu'auraient pu apporter des vents ici absents. Philip Langridge, ténor, intervient dans le récitatif et l'air "Every Valley…" qui commencent l'œuvre (plage 2). La voix est vaillante mais sans affectation. Il y a la force de la prophétie et l'humanité qui siéent à l'annonce de la venue du Sauveur. Le chœur "And the glory of the Lord…" (plage 3) a un effectif ni massif ni minimaliste, et chaque ligne de chant est parfaitement audible, montrant le travail de contrepoint exemplaire de Haendel trop souvent considéré comme un sous Bach.
Et puis Marriner fait œuvre de magicien par la détermination avec laquelle il conduit ses instrumentistes. Le tissu symphonique n'a pas qu'un rôle d'accompagnement ou de métronome, Marriner souligne avec vigueur le texte de Aggée qui évoque les armées divines qui ébranleront l'univers. La basse Gwyne Howell apparaît comme redoutablement crédible dans ce passage de l'ancien testament, avec sa voix virile qui en impose.
La partie d'Alto est confiée à Anna Reynolds qui abandonne l'accent opératique. Sa belle voix chaude, sans fioriture, mais bien articulée est certes bien loin de ce que les contre-ténors font entendre de nos jours. Les vois féminines dans l'oratorio ont pour rôle d'exprimer la joie de la prédiction. C'est le cas ici. On n'entend plus beaucoup de belles tessitures comme celles-ci. Haendel insère une étrange et sereine sinfonia instrumentale pastorale (plage 9) avant le récit de l'annonciation, le moment où les bergers sont informés par la voix divine de la naissance du Messie. Haendel a prévu deux sopranos dans sa partition. Ici, la grande Elly Ameling tient les deux rôles avec son timbre séraphiques. Là encore, pas d'ornementation superflue pour chanter un texte religieux, mais de la tendresse ou de la fougue selon la nature rassurante ou radieuse du message dédiée à chaque rôle (plages 10 et 12). A noter enfin que l'orgue positif se fait entendre, c'est si rare (plage 16 entre autres).

Extrait de l'article paru dans le Deblocnot' (voir profil)


Haendel : Le Messie
Haendel : Le Messie
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un Messie baroque Grand Cru, 24 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haendel : Le Messie (CD)
En 1997, la parution de ce Messie par McCreesh est un choc à une époque où l'œuvre a été gravée par presque tous les ensembles baroques. Le musicien a retenu l'édition avec harmonie de 1754. L'effectif est réduit mais sans maigreur (25 choristes et 35 instrumentistes). Par ailleurs, comme prévu par Haendel, McCreesh recourt à deux sopranos.

Bien que la durée de l'ouverture (plage 1) soit très similaire à celle de la version Marriner des années 70, à l'énergie des prophètes, McCreesh oppose une mélodie plus priante, plus recueillie, avec des cordes d'une limpidité sidérante, des aigus sublimes. C'est tout à fait pertinent comme ambiance. N'oublions pas que la nativité et l'espoir de la résurrection par la rédemption sont au centre de l'ouvrage, et donc justifient une ouverture ou alternent la méditation et la joie.

Charles Daniels campe un prophète bon enfant, la prophétie exprime une chance de rachat donnée avec bonté. Le timbre du ténor et son élocution sont parfaits, le récitatif très convaincant (plage 2). L'air "Every Valley…" (plage 3) est chanté avec assurance mais sans ostentation. Ça sera le style général de cette interprétation : une retenue qui souligne une histoire de confiance entre le divin et le terrestre, plus qu'un récit biblique sévère. Le premier chœur (plage 4) permet, outre la beauté des voix, d'entendre la petite harmonie ajouté par Haendel. Attention, l'idée est d'ajouter des couleurs à l'orchestre, en aucun cas de donner un rôle solistes aux instruments à vent, ce qui nuirait à la priorité donnée à "la parole", l'orgue est ici aussi bien audible.
Neal Davis est une basse particulièrement motivé. Le chant est accentué, les vocalises très marquées mais sans ornementations. Neal Davis nous parlent bien des armées célestes, vingt Dieu !
Les deux sopranos Dorothea Röschmann et Susan Gritton sont au diapason de leurs complices pour exprimer les affres de la crainte (plage 6 pour Susan), la jubilation presque enfantine, avec une souplesse lyrique remarquable (plage 16 pour Dorothea). La contralto Bernarda Fink est un tout petit point faible de ce disque. La voix est légère et manque de délié. Pourtant il n'y a aucune faute de goût. Dans l'air avec chœur (plage 9), l'allégresse est singulièrement absente. C'est très sensible par rapport au phrasé enthousiaste de Neal Davis.

Ah, au fait… l'Alléluia… Enfin ce que l'on attend d'un chant de réjouissance. Un Chœur qui ne hurle pas à gorge déployée, les diverses voix sont bien distinctes. Les chanteurs ne couvrent pas la mélodie primesautière des instruments. C'est un bel ensemble aéré et sans emphase.

Extrait de l'article paru dans le Deblocnot' (voir profil)


Docteur Sleep
Docteur Sleep
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Psychovampirophyles..., 29 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Docteur Sleep (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Cette suite après 36 ans de Shining reprend l'histoire à l'adolescence de Dan Torrance. Dick Hallorann, le cuisiner noir, qui a aussi le Don (une aptitude hétéroclite à la voyance, la télépathie, la télékinésie), apprend à l'enfant a contrôlé au mieux ce qui est plutôt une malédiction, le bouleversement au quotidien de l'inconscient.
Dans la première partie de ce nouvel opus, Dan va plonger dans un enfer social, glander de petits boulots en petits boulots, et surtout de bar en bar ! Un seul compagnon, l'alcool et la came. Jusqu'à ressentir de l'abjection envers lui-même en se réveillant un matin à coté de l'inconnue d'un soir, dans des draps crasseux, et face à un mouflet de 18 mois dont la couche est un cloaque depuis des lustres et qui lèche les reliefs des rails de coke sur la table basse. Écœuré, il s'enfuit, trouve un job grâce à Billy, un ouvrier sexagénaire qui va se prendre d'amitié pour lui, et surtout, avec la complicité du patron, fréquenter assidument les AA. Désintoxiqué et sobre, il devient Aide soignant dans une clinique qui accueille les mourants. Guidé par ses intuitions parapsychiques, Dan accompagne dans la sérénité les patients mourants, d'où le sobriquet de Docteur Sleep... Les années passent jusqu'à ce qu'une adolescente, Abrra prennent "contact" avec Dan. Elle aussi à le Don, et est donc devenu un morceau de choix pour les Vrais, les quoi ?

Rose O'Hara est le gourou, le guide suprême d'un groupe de Vrais, à savoir une cinquantaine de vampires parapsychologiques qui rode dans leurs mobil-home sur les routes des USA à la recherche de leurs victimes, à savoir nourriture. Drôle de manière de survivre et de se nourrir pour les Vrais ! En temps de disette, ils grignotent la terreur ultime des victimes de catastrophes comme celle du 11 septembre ou vont écumer les capitales de la mort violente comme Juarez à la frontière avec le Mexique. Leurs origines semblent se perdre dans les siècles. La performance du Don est très variée entre les personnages. Rose, c'est une pointure ! Comment tout cela se téléscope, il faut lire le livre...

J'avais un peu mis de coté Stephen King depuis le début des années 90. Je ne retrouvais plus la richesse inventive de Tommynockers ou de Ça. Petit essai en 2003 avec Dreamcatchers que je trouvais un peu confus er répétitif, avec un abus de la "pétomanie", si je puis utiliser cette formule... Et, redécouverte avec le volumineux mais passionnant 23/11/1963. Dans Docteur Sleep, livre passionnant, à l'ironie caustique, plutôt palpitant et bien traduit, je retrouve mes plaisirs secrets d'il y a vingt ans... Comme dans Ça, la solidarité entre Dan, Abbra, Dalton, Dave et Billy est le moteur du combat contre l'indicible... Et puis Stephen King a écrit un roman fantastique, pas un pavé aux effets horrifiques faciles, on nous épargne les détails du supplice du petit Bradley Trevor, un autre gamin victime des Vrais, et cela, c'est devenu un peu rare de nos jours dans les thrillers...


Schoenberg : La Nuit Transfigurée - Strauss : Métamorphoses
Schoenberg : La Nuit Transfigurée - Strauss : Métamorphoses
Prix : EUR 8,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Schoenberg-Strauss : deux merveilles du répertoires pour cordes, 26 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schoenberg : La Nuit Transfigurée - Strauss : Métamorphoses (CD)
D'abord quelques mots sur cet orchestre français les dissonances sans doute pas très connu. Cet orchestre est né de la volonté du violoniste David Grimal d'élargir son univers artistique. Cet artiste, qui vient de fêter ses jeunes 40 ans, a été un élève de Régis Pasquier et a reçu des conseils, pour son art et sa carrière, des plus grands comme Isaac Stern ou Shlomo Mintz. Il crée Les Dissonances en 2004 pour étendre ses activités de soliste international.
Les enregistrements de David Grimal avec son ensemble ne sont pas légions mais remarquables. Et ce très beau disque, qui réunit deux œuvres essentielles de la littérature musicale pour cordes, est une aubaine par sa cohérence. À noter que ses disques reçoivent systématiquement des récompenses de la critique spécialisée. David Grimal a donné des concerts au bénéfice des sans abris... Un grand artiste et un type bien ! Il ne dirige pas, il est le premier violon. Pas de chef !

Écrite initialement pour sextuor à cordes, la Nuit transfigurée (Verklärte Nacht dans la langue de Goethe) a été déclinée pour orchestre de chambre et grand orchestre. C'est une œuvre de jeunesse d'Arnold Schönberg, au style romantique. Elle voit le jour en 3 semaines en 1899. Schönberg s'inspire d'un poème tiré du recueil "La Femme et le monde" du poète Richard Dehmel. En un mot : Lors d'une promenade nocturne, une jeune femme bouleversée avoue à son fiancé qu'elle attend un enfant d'un autre homme. Le jeune homme lui pardonne et la rassure en disant que la vie à une grande importance, et qu'il acceptera cet enfant à naître comme le sien... Vous savez quoi ? Le sujet fit un scandale lors de la création en 1902 ! Tu m'étonnes... Et puis son écriture, même d'écoute aisée, préfigure les audaces à venir du futur inventeur du sérialisme et du dodécaphonisme. Ici le classicisme est encore de mise. L'ouvrage fait la part belle à des passages contrastés, violents ou sensuels qui évoquent les affres des deux jeunes gens. David Grimal et des membres de Les Dissonances en donnent une interprétation enflammée aux tempos vifs, en version sextuor...

C'est pendant l'apocalypse du IIIème Reich agonisant que Richard Strauss compose, à la demande du chef d'orchestre et mécène suisse Paul Sacher "les métamorphoses pour 23 cordes", un long adagio monolithique avec un développement central plus offensif. Ce n'est pas une œuvre triste, un requiem orchestral, une lamentation comme les ouvrages qui fleuriront dans les années de reconstruction (Penderecki, Gorecki...). Strauss écrit un songe nostalgique, une errance qui le replonge dans son pays dont la musique a baigné sa jeunesse en citant Beethoven (la symphonie héroïque), ou Wagner (Tristan). La pensée de Goethe est omniprésente : la réflexion et la recherche de la sagesse comme bouclier contre la barbarie...
Ce sont plutôt les tonalités et l'harmonie qui se transforment sans cesse qui donnent à ce chef-d'œuvre son style fluide, sans thème précis, facile à écouter. Une vague nostalgique nous porte vers les souvenirs d'un passé heureux... In memoriam écrit Strauss sur la dernière page.
Il existe un nombre important de grandes versions (Klemperer, Barbirolli). Ici, David Grimal avec les dissonances propose moins de gravité et plus d'intimité et de fougue... Oui, Strauss était amer, mais gardait l'espoir d'une renaissance...


22/11/63
22/11/63
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 25,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le temps a horreur qu'on le détraque !, 21 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : 22/11/63 (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Je n'avais pas lu d'ouvrage de Stephen King depuis des années après avoir quasiment dévoré toutes ses œuvres. Pour ces derniers opus : trop long, construction obscure, j'en étais resté à Dreamcatchers... Mais je suis assez passionné des joutes romanesques spatio-temporelles, alors, j'ai tenté.

Stephen King allait-il renouveler la thématique ? Le pari est toujours difficile : après H.G. Wells et "sa machine à voyager dans les temps", "Le voyageur imprudent" de Barjavel et plus près de nous le loufoque "les voies d'Anubis" de Tim Powers, etc., etc... Et bien oui.
Le concept : une faille du temps dans un snack-bar roulant (sur cales). Quelques pas au fond de la réserve... et vous voilà projeter en 1958 dans le comté du Maine. Durée du séjour : sans limite, de dix minutes pour faire vos courses au cours du $ de l'époque (c'est très avantageux), quelques mois pour éviter que l'un ou l'une de vos ami(e)s passe les 50 prochaines années hémiplégique suite à un drame, où cinq années pour éviter l'assassinat de Kennedy !!! Avec le titre, je ne dévoile pas un grand secret. Ah, j'oubliais quelques détails ; au retour dans le présent (2012), seulement 2 minutes se sont écoulées et... En cas de nouveau voyage, toutes les dérives induites lors du séjour précédent sont effacées. Le fauteuil roulant reviendra, l'épicier ne se rappellera de votre tête, quant à Kennedy, là... secret ! Au fait, c'est une bonne ou une mauvaise idée d'empêcher ce crime ? Et si le temps avait horreur qu'on le détraque (si je puis utiliser cette formule).

Plus que l'aspect fantastique, c'est la visite dans cette époque de la crise de Cuba, de l'Amérique ségrégationniste, de l'affaire Oswald étudiée avec autant de détails que le Rapport Warren, qui pourra passionner le lecteur qui a déjà une bonne connaissance de la culture du début des 60', et du drame de Dallas. Là est le point faible de ce très gros livre : trop de détails, trop long. Cependant on retrouve le style ironique et pittoresque qui a fait le succès de Ça ou des Tominokers... C'est déjà beaucoup... Je vais sans doute rattraper mon retard sur quelques titres.


Mozart: Symphonie Concertante KV364 / Concertone KV190
Mozart: Symphonie Concertante KV364 / Concertone KV190
Prix : EUR 9,12

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trois amis pour le chef-d'oeuvre d'un jeune Mozart..., 23 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart: Symphonie Concertante KV364 / Concertone KV190 (CD)
C'est en 1779 à 23 ans que Mozart va composer la Symphonie Concertante, après son retour d'une tournée en Europe, notamment à Paris où a été créé le concerto pour piano n°9 dédié à Mlle "Jeunehomme". Par qui cette symphonie a-t-elle été commandée ? Mystère ! On suppose toutefois qu'elle a été écrite à l'intention des musiciens et de l'orchestre de la cour de Mannheim. Mozart est déjà au faîte de son art, et encore un homme plein de vie, un épicurien. Toute la musique de cette période porte la joie en elle. La symphonie concertante va surprendre. Par son ambition et sa durée (35'), l'ouvrage s'écarte résolument du mode divertissement. (Les symphonies 33 et 34 écrites à cette époque, ne dépassent pas les 20'.) Mais ce qui va surprendre le plus, c'est la gravité de son propos. "L'expression douloureuse de l'andante" est tout à fait inhabituel (J & B Massin). Même si à "douloureux", j'aurais substitué "mélancolique", il est évident que l'atmosphère annonce bien plus qu'un saut vers les œuvres très élaborées et géniales de la maturité, les grands concertos pour piano, les symphonies ultimes, le Requiem. Oui, par sa modernité cette musique regarde vers le romantisme qui approche. Mozart visionnaire ? Qui en doutait ?

L'orchestration est peu usuelle : 2 hautbois et 2 cors pour l'harmonie, cordes. Sur la partition, les altos sont divisés en deux groupes. (Partition pour les curieux.) Ce n'est pas surprenant, Mozart raffolait s'évader de l'orchestration classique.

1 – Allegro maestoso (Pondéré et majestueux) : Beethoven convie le destin à frapper à la porte de sa cinquième symphonie, Pam pam pam paaaam… Avec Mozart, cinq accords staccato dans un rythme mystérieux (ronde, blanche, noire pointée, croche, noire) frappent autrement à notre porte. On songe aux coups donnés avec le brigadier au début d'une pièce de théâtre qui pourrait être un opéra… Mozart crée l'étonnement, la surprise, suggère même une sourde inquiétude. Une mélodie plus dansante se développe aux cordes avec quelques notes discrètes de la très petite harmonie comme pour nous inviter à un bal. [1'10"] par deux fois les cors énonce un motif qui servira de leitmotiv au mouvement. L'introduction prend l'importance d'une ouverture puisque les solistes n'interviennent qu'à [2'20"]. Le violon et l'alto ne vont pas s'opposer dans une compétition virtuose. Non, on pense plutôt à un dialogue, pourquoi pas un air en duo d'un opéra sans paroles. La voix aigu du violon et celle plus virile de l'alto ne sont-elles pas celles d'un couple qui badine, se chicane, se réconcilie par un jeu musical de motifs mélancoliques ou joyeux vagabondant de variations en variations. Ainsi l'échange facétieux et en écho des deux solistes de génie à [6'30"]. Mozart avait prévu d'accorder l'alto un demi-ton plus haut pour rendre sa sonorité plus brillante, moins rugueuse. Ce n'est pas toujours respecté par les altistes. Ici ce n'est pas le cas à mon oreille, qui cela dit, n'est pas absolue... Perlman (violon) et Zukerman (alto) maîtrisent totalement le jeu virevoltant et contrasté pensé par le compositeur. La cadence précédant la coda, qui fait de cette symphonie aussi un concerto, est d'une précision et d'un humour diaboliques.

2 – Andante : L'andante de cette symphonie concertante est l'une des pages les plus nostalgiques jaillies de la plume de Mozart. Une des plus élégiaques et sublimes en fait. Une phrase plaintive aux cordes ponctuée de quelques notes des hautbois est rapidement interrompue par le violon puis reprise par l'alto. On entendra suivant sa sensibilité des soupirs, des émois, des chuchotements langoureux. L'écriture pour les solistes est moins polyphonique qu'il n'y parait. Les deux instruments se répondent en ménageant des silences qui laissent libre court à leurs chants individuels. On retrouve de nouveau, à mon sens, ce climat d'un duo amoureux d'opéra. Mais là il semble y avoir comme une déchirure. Je ne reviens pas sur la perfection de l'interprétation. Elle est évidente, l'enchaînement des phrases entre les instruments est absolument parfait, sans écueil. On parlerait avec les mêmes mots du legato-staccato de Glenn Gould. [8'40] Une cadence bouleversante, pour ne pas dire déchirante, avec un développement soutenu de l'orchestre, achève ce miraculeux passage.

3 – Presto : Plus bref, le final conclut avec vivacité la symphonie. Après l'émotion intense de l'Andante, Mozart apporte un ton de fraîcheur dans cette conclusion. C'est dans ce mouvement que l'orchestre prend un peu sa revanche et donc son rôle symphonique autre que celui d'accompagnateur. Les thèmes sont vifs, trépidants. Mozart confie de nombreux solos au violon et à l'alto, ceux-ci étant séparés par quelques notes des instruments de l'orchestre, notamment les cors qui surgissent comme dans une chasse à courre. La direction de Zubin Mehta est idéale dans le sens où l'orchestre ne camoufle aucun trait des solistes. L'orchestration voulue par Mozart est d'une couleur assez sombre et pourtant, dans ce final, l'équilibre assuré par le chef entre les 4 membres de l'harmonie et les cordes redonne gaité à l'ensemble. Du grand art de la part des trois complices et de l'excellent orchestre d'Israël pas suffisamment mis en avant dans la presse ou la discographie. Simple avis.


Symphonie Concertante K364 - Concertone Pour 2 Violons K190
Symphonie Concertante K364 - Concertone Pour 2 Violons K190
Prix : EUR 13,97

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5.0 étoiles sur 5 Trois amis pour le chef-d'oeuvre d'un jeune Mozart..., 23 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonie Concertante K364 - Concertone Pour 2 Violons K190 (CD)
C'est en 1779, à 23 ans que Mozart va composer la Symphonie Concertante, après son retour d'une tournée en Europe, notamment à Paris où a été créé le concerto pour piano n°9 dédié à Mlle "Jeunehomme". Par qui cette symphonie a-t-elle été commandée ? Mystère ! On suppose toutefois qu'elle a été écrite à l'intention des musiciens et de l'orchestre de la cour de Mannheim. Mozart est déjà au faîte de son art, et encore un homme plein de vie, un épicurien. Toute la musique de cette période porte la joie en elle. La symphonie concertante va surprendre. Par son ambition et sa durée (35'), l'ouvrage s'écarte résolument du mode divertissement. (Les symphonies 33 et 34 écrites à cette époque, ne dépassent pas les 20'.) Mais ce qui va surprendre le plus, c'est la gravité de son propos. "L'expression douloureuse de l'andante" est tout à fait inhabituel (J & B Massin). Même si à "douloureux", j'aurais substitué "mélancolique", il est évident que l'atmosphère annonce bien plus qu'un saut vers les œuvres très élaborées et géniales de la maturité, les grands concertos pour piano, les symphonies ultimes, le Requiem. Oui, par sa modernité cette musique regarde vers le romantisme qui approche. Mozart visionnaire ? Qui en doutait ?

L'orchestration est peu usuelle : 2 hautbois et 2 cors pour l'harmonie, cordes. Sur la partition, les altos sont divisés en deux groupes. Ce n'est pas surprenant, Mozart raffolait s'évader de l'orchestration classique.

1 – Allegro maestoso (Pondéré et majestueux) : Beethoven convie le destin à frapper à la porte de sa cinquième symphonie, Pam pam pam paaaam… Avec Mozart, cinq accords staccato dans un rythme mystérieux (ronde, blanche, noire pointée, croche, noire) frappent autrement à notre porte. On songe aux coups donnés avec le brigadier au début d'une pièce de théâtre qui pourrait être un opéra… Mozart crée l'étonnement, la surprise, suggère même une sourde inquiétude. Une mélodie plus dansante se développe aux cordes avec quelques notes discrètes de la très petite harmonie comme pour nous inviter à un bal. [1'10"] par deux fois les cors énonce un motif qui servira de leitmotiv au mouvement. L'introduction prend l'importance d'une ouverture puisque les solistes n'interviennent qu'à [2'20"]. Le violon et l'alto ne vont pas s'opposer dans une compétition virtuose. Non, on pense plutôt à un dialogue, pourquoi pas un air en duo d'un opéra sans paroles. La voix aigu du violon et celle plus virile de l'alto ne sont-elles pas celles d'un couple qui badine, se chicane, se réconcilie par un jeu musical de motifs mélancoliques ou joyeux vagabondant de variations en variations. Ainsi l'échange facétieux et en écho des deux solistes de génie à [6'30"]. Mozart avait prévu d'accorder l'alto un demi-ton plus haut pour rendre sa sonorité plus brillante, moins rugueuse. Ce n'est pas toujours respecté par les altistes. Ici ce n'est pas le cas à mon oreille, qui cela dit, n'est pas absolue... Perlman (violon) et Zukerman (alto) maîtrisent totalement le jeu virevoltant et contrasté pensé par le compositeur. La cadence précédant la coda, qui fait de cette symphonie aussi un concerto, est d'une précision et d'un humour diaboliques.

2 – Andante : L'andante de cette symphonie concertante est l'une des pages les plus nostalgiques jaillies de la plume de Mozart. Une des plus élégiaques et sublimes en fait. Une phrase plaintive aux cordes ponctuée de quelques notes des hautbois est rapidement interrompue par le violon puis reprise par l'alto. On entendra suivant sa sensibilité des soupirs, des émois, des chuchotements langoureux. L'écriture pour les solistes est moins polyphonique qu'il n'y parait. Les deux instruments se répondent en ménageant des silences qui laissent libre court à leurs chants individuels. On retrouve de nouveau, à mon sens, ce climat d'un duo amoureux d'opéra. Mais là il semble y avoir comme une déchirure. Je ne reviens pas sur la perfection de l'interprétation. Elle est évidente, l'enchaînement des phrases entre les instruments est absolument parfait, sans écueil. On parlerait avec les mêmes mots du legato-staccato de Glenn Gould. [8'40] Une cadence bouleversante, pour ne pas dire déchirante, avec un développement soutenu de l'orchestre, achève ce miraculeux passage.

3 – Presto : Plus bref, le final conclut avec vivacité la symphonie. Après l'émotion intense de l'Andante, Mozart apporte un ton de fraîcheur dans cette conclusion. C'est dans ce mouvement que l'orchestre prend un peu sa revanche et donc son rôle symphonique autre que celui d'accompagnateur. Les thèmes sont vifs, trépidants. Mozart confie de nombreux solos au violon et à l'alto, ceux-ci étant séparés par quelques notes des instruments de l'orchestre, notamment les cors qui surgissent comme dans une chasse à courre. La direction de Zubin Mehta est idéale dans le sens où l'orchestre ne camoufle aucun trait des solistes. L'orchestration voulue par Mozart est d'une couleur assez sombre et pourtant, dans ce final, l'équilibre assuré par le chef entre les 4 membres de l'harmonie et les cordes redonne gaité à l'ensemble. Du grand art de la part des trois complices et de l'excellent orchestre d'Israël pas suffisamment mis en avant dans la presse ou la discographie. Simple avis.


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