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Aron

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Louis XVI
Louis XVI
par Jean-Christian Petitfils
Edition : Broché
Prix : EUR 28,50

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un classique, 10 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis XVI (Broché)
Cette biographie de Louis XVI est d'ores et déjà un classique du genre. Loin des clichés sur la prétendue médiocrité du roi dont les spécialistes de la Révolution Française continuent de nous rebattre les oreilles, Jean-Christian Petitfils brosse dans cet ouvrage un portrait équilibré d'un roi happé par un évènement dont on a peine encore à expliquer la soudaineté et la brutalité.

Il souligne tout à la fois ses faiblesses, réelles, mais également ses qualités d'homme d'État, irrécusables. Louis XVI ne fut ni le roi martyr que se complaisent à décrire les nostalgiques de l'Ancien-Régime, ni ce tyran stupide et fourbe que certains manuels d'inspiration marxiste dépeignent pour justifier son exécution et les horreurs de la terreur. La vérité, c'est que Louis XVI était un roi intelligent, cultivé mais indécis. Incapable de choisir une ligne politique claire, il navigua le plus souvent à vue, avec succès d'abord - à preuve la victoire contre les anglais pendant la guerre d'indépendance américaine -, puis avec maladresse.

Passés les évènements d'octobre 1789, il se montra incapable de juguler le flot révolutionnaire, non pas, ou du moins pas seulement, parce qu'il était irrésolu, mais parce que les constituants le privèrent littéralement de pouvoir.
Dès cette époque, Louis XVI était condamné à louvoyer en espérant, à la faveur d'une intervention étrangère ou d'un discrédit des révolutionnaires, de reprendre la main. Si l'occasion s'était présentée, il se serait sans doute montré conciliant avec la révolution, comme le démontre l'auteur. Tel ne fut pas le cas. Sa fuite à Varennes, sans doute sa plus grande erreur, acheva de convaincre ses opposants de sa duplicité. Or force est de constater que, contrairement à son épouse, Louis XVI rechignait à faire appel à ses cousins, même s'il leur faisait part de son inquiétude.

A mon sens, ses malheurs procèdent surtout de son acceptation, en début de règne, du retour des parlements. Dès lors, à la contestation populaire s'ajouta une contestation aristocratique de son pouvoir qui non seulement désacralisa la fonction royale qu'il occupait mais mis en lumière les difficultés financières de la monarchie. Celles-ci, du reste, résultaient en grande partie de la ruineuse guerre de 7 ans et de la médiocrité de Necker. Concédons également que le roi, malgré les audaces dont il fit parfois preuve, ne sut pas choisir son Richelieu alors que les circonstances l'exigeaient.

Un belle et grande biographie donc. Après Louis XIII, Louis XIV et Louis XVI, Petitfils confirme ses talents de biographe. A quand une biographie d'Henri IV ?


Croissant fertile et croix gammée : Le Troisième Reich, les Arabes et la Palestine
Croissant fertile et croix gammée : Le Troisième Reich, les Arabes et la Palestine
par Martin Cüppers
Edition : Broché
Prix : EUR 18,77

12 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Iconoclaste, 10 novembre 2009
Les passionnés de la seconde Guerre Mondiale auraient tort de passer à côté de ce formidable ouvrage. Les deux auteurs nous éclairent sur un épisode méconnu mais fascinant de l'histoire du Troisième Reich, à savoir les intenses relations qu'entretinrent l'Allemagne Nazie avec ce qu'il est convenu d'appeler le monde Arabe. Point de connivences idéologiques entre ces alliés, mais seulement une convergence d'intérêts évidente qui débouchera sur une véritable collaboration politique.

Pour faire simple, cette entente reposait sur une exécration commune des juifs, des anglais et des communistes russes. En échange d'une aide politique de l'Allemagne pour chasser ces trois ennemis, le monde Arabe se montrait tout à fait conciliant avec l'ogre nazi.

Iconoclaste et riche d'anecdotes saisissantes, comme celle concernant ces musulmans enrôlés dans l'armée allemande.


Les voix de la liberté : Les écrivains engagés au XIXe siècle
Les voix de la liberté : Les écrivains engagés au XIXe siècle
par Michel Winock
Edition : Broché
Prix : EUR 23,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Fantastique, 7 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les voix de la liberté : Les écrivains engagés au XIXe siècle (Broché)
Stupide, le XIXe siècle ? Le maurrassien Léon Daudet n'était pas le seul à le penser à l'aube de la première Guerre Mondiale. Et pour cause, ce siècle tumultueux, jalonné par les crises politiques et les renversements de régime, vit triompher les principes de 1789 qu'il abhorrait. Principes inacceptables pour ce monarchiste catholique, contempteur de la «gueuse» ( la république...).

Communément admises aujourd'hui, ces valeurs ont frayé leur chemin grâce à des hommes et à des femmes dont Michel Winock brosse le portrait dans cet essai aux allures de fresque politique et culturelle. Qu'ils fussent écrivains, journalistes ou scientifiques, ils trempèrent leur plume dans le vitriol et quittèrent leur tour d'ivoire pour entrer dans l'arène politique; non sans courage, car critiquer le pouvoir était souvent synonyme de menaces ou d'expulsion. Benjamin Constant-"l'inconstant"selon ses détracteurs-, sera exclu du Tribunat pour avoir vitupéré la politique impérialiste de l'aigle. Victor Hugo paiera quant à lui son hostilité à «Napoléon le petit» de plus de vingt années d'exil à Jersey. Il les mit à profit pour écrire des pamphlets d'une rare virulence contre l'empereur. Une phrase résume la pensée de l'auteur des Misérables et de la Légende des siècles en ces temps de dictature : «Quand la liberté rentrera, je rentrerai».

Bien que différents- qu'ont en commun Jules Michelet, Alexis de Tocqueville et Joseph Proudhon ?-, mais mus par le même amour de la liberté, les intellectuels susciteront les événements quand ils n'en seront pas les acteurs, en créant des journaux, en rédigeant des libelles ou en se faisant élire au parlement.
Suite aux sinistres ordonnances de l'archaïque Charles X, ce sont eux qui galvanisèrent les foules et soulevèrent Paris les 27, 28 et 29 Juillet 1830 pour les 3 Glorieuses. En 1848, dans la bourgeoise et apathique France de Louis-Philippe, ce sont encore eux, emmenés par le flamboyant Alphonse de Lamartine, qui furent à l'origine d'une République que Victor Hugo célébrera en ces vers fameux :

Ô république universelle,
tu n'es encore qu'une étincelle,
mais demain tu seras le soleil.

Perpétré par le président en exercice, le coup d'État du 2 décembre 1851, s'il les assomma, ne les découragea pas. Passant le témoin à une génération plus jeune, mais non moins ardente, les intellectuels continuèrent leur combat. Ils leur fallut toutefois attendre la défaite de Sedan et le départ du président Mac Mahon en 1879 pour qu'enfin, leurs valeurs triomphassent. L'historien François Furet ne s'y est pas trompé en datant la fin de la Révolution Française à l'année 1880. Ce fut cette année là, en effet, que les républicains de gouvernement obtinrent la majorité dans la dernière institution qu'il leur manquât, le sénat.

Le livre se clôt sur les funérailles nationales de l'homme qui incarna la lutte pour la liberté, Victor Hugo. Véritable arche nationale, il fut le plus tenace et le plus âpre dans ce combat. Tout un symbole, son évolution sur l'échiquier politique correspondit au lent progrès du libéralisme politique dans les mentalités françaises. Nommé pair de France par le roi Louis-Philippe en avril 1845, il siégeait alors avec les nostalgiques de l'Ancien Régime. Trente années plus tard, il fut élu au Sénat. Mais cette fois-ci, il siégea aux côtés des Républicains et des libéraux.

Formidable livre.


La chute
La chute
par Dominique de VILLEPIN
Edition : Broché
Prix : EUR 25,50

16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 excellent, 6 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : La chute (Broché)
C'est non sans un légère appréhension que je suis entré dans le troisième volume de cette trilogie consacrée à Napoléon Bonaparte. Pourtant, les deux premiers volumes m'avaient emballés; mais je garde une certaine méfiance à l'égard des intellectuels non spécialistes qui labourent les terres des historiens...
A tort, en l'espèce, car DDV démontre une nouvelle fois dans cet ouvrage son talent de conteur. Avec verve, il relate la chute ( inéluctable ?) d'un homme et de son empire. Bâti trop vite et sur des bases trop fragiles, l'empire, selon DDV, était condamné à s'effondrer sans un solide système d'alliance. Or Bonaparte après 1807, tout à son ambition de marcher sur les traces d'Alexandre, d'Hannibal et d'Attila, mena une politique impérialiste incohérente. Il opprima les peuples sous sa coupe en les privant de libertés et en les asphyxiant sous l'impôt. Il poursuivit le blocus continental de la Grande-Bretagne, jetant par là-même des pays traditionnellement amis de la France dans les bras de la coalition adverse. Il rompit, enfin, avec son précieux allié russe - peu aidé, soulignons-le, par le perfide Tailleyrand- et ignora les avances de l'Autriche qui aurait pu, fut-ce brièvement, entrer dans l'orbite française après le mariage de Bonaparte et de Marie-Louise.

Bonaparte ne sentit pas le vent tourner, alors que la France s'enlisait dangereusement en Espagne et essuyait ses premières défaites militaires. Piqué au vif, il lança la folle expédition de Russie. Ce fut un véritable désastre qui précipita la chute de l'Aigle. Après 15 ans de défaites militaires et de rebuffades, les peuples d'Europe, unis dans la même exécration du tyran, se soulevaient. Ils montèrent une dernière coalition, plus puissante que jamais, pour se libérer du corse. Bonaparte, désespérément seul, voyait le sol se dérober sous ses pieds...

Battue en 1814, malgré une campagne stupéfiante de l'empereur, la France rendit les armes et signa le premier traité de Paris. L'empire n'était plus.

Déchu, Napoléon était quant à lui expédié sur l'Ile d'Elbe. Pas pour longtemps...

Livre remarquable.


Louis XIII
Louis XIII
par Jean-Christian PETITFILS
Edition : Broché
Prix : EUR 28,50

14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un grand roi ?, 6 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis XIII (Broché)
A vrai dire, on l'avait un peu oublié ce cher Louis...
Heureusement, l'historien Jean-Christian Petitfils s'est chargé de le sortir de l'ombre en lui consacrant une brillante et volumineuse biographie.

A mon sens, le déficit de notoriété de Louis XIII de nos jours s'explique par deux facteurs :

1) L'envergure de son prédécesseur et de son successeur : Il est en effet
difficile pour un roi, fut-il grand comme Louis XIII, de laisser à la postérité un souvenir aussi vif que ceux qu'ont laissés son illustre père, Henri IV, et son non moins célèbre fils, Louis XIV.

2) La personnalité du Roi : Sans génie, même si il n'était pas sot, Louis XIII était un personnage effacé. Bègue, solitaire et timide, il souffrit toute sa vie d'un manque affectif; de son père, qu'il admirait mais qu'il perdit très tôt; de sa mère, la pugnace et ambitieuse Marie de Médicis, avec qui il sera longtemps en conflit ; mais aussi de sa femme, Anne d'Autriche, qui ne l'aimait aveec modération...

Bien qu'il ne manquât pas d'ambition pour son royaume, Louis XIII n'avait pas la volonté de gouverner. Il contrôlait ses ministres, et parfois de façon tatillonne, voire puérile, tout en leur laissant la bride sur le cou. Il le regretta avec le vaniteux Luynes, désireux d'accumuler titres et territoires, qu'il disgracia après avoir été longtemps aveugle sur ses agissements.
Il eut toutefois l'audace de nommer un "homme nouveau" à la tête du gouvernement, le grand Richelieu. Ce choix fut certainement la meilleure décision qu'il prit, tant le cardinal - le tyran rouge pour ses ennemis - se mua en un très grand homme d'État. Disposant de la pleine confiance du roi - comme pendant la fameuse journée des dupes -, Richelieu jeta les bases de l'absolutisme français, combattit les espagnols sans fléchir, mena une lutte sévère contre les grands et éteignit les derniers feux du protestantisme.

Affecté par une terrible maladie, Louis XIII n'eut pas le plaisir de savourer la célèbre victoire de Rocroi, haut fait de la guerre de trente ans. Il s'éteignit le 14 Mai 1643, à l'âge de 42 ans, quelques jours avant les exploits du jeune Condé.
Disons-le sans ambages, son règne, même il ne fut pas sans orages, renforça le royaume plus qu'il ne l'affaiblit. En cela, on peut dire que Louis XIII fut un grand roi. Un très grand roi selon l'auteur.


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