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Contenu rédigé par Coke_Babies
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Commentaires écrits par
Coke_Babies "coke_babies" (Bordeaux)

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OK Computer
OK Computer
Prix : EUR 8,75

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 I'm still there. I'm still OK..., 29 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : OK Computer (CD)
Il pleut, j'ai du temps devant moi et peu de choses à faire... L'idée de lâcher quelques mots sur un album vient comme ça, et je me retrouve sur ok computer. Hasard ? Je calcule : 2008-1997, plus de 10 ans déjà que je mangeais une claque phénoménale, avec une poignée de potes du lycée. On peut pas dire qu'on était en avance, mais vint un temps où écluser les morceaux des 70's (sans rien enlever de leur valeur) s'est révélé un peu routinier. Soif de quelque chose d'autre, quelque chose qui aurait été "à nous"...

J'ai, comme beaucoup certainement, tant de souvenirs sur ok computer. Je suis heureux d'avoir été son contemporain. Et là est la première difficulté que l'on peut éprouver quand on veut partager son enthousiasme : je ne saurai jamais ce que peuvent procurer les premières écoutes de cet album en le sortant de son contexte. Car ok computer, c'est une alchimie trop rare pour qu'on ne l'estime pas : celle d'une lucidité avec son époque. Comment une sensibilité isolée (celle de Yorke) peut trouver un écho si phénoménal, une aventure musicale parler si profondément à tant de gens ? Ne serait-ce que passer des heures sur la pochette en écoutant l'album (ah ! la pochette d'ok computer...), et déjà il semble que tout l'ensemble a une cohérence trop grande, que tout se répond trop facilement : nous, le disque, le groupe, la musique... Qui fait quoi et qui parle à qui ?

Premier intérêt de ces 10 ans de distance : constater que l'enthousiasme autour d'ok computer ne s'est jamais démenti. Il est devenu ce qu'on appelle "un classique". On est passé à d'autres disques, d'autres sons, mais le simple nom d'ok computer a toujours ses vertus magiques, et comme incantatoires. C'est un signe, au moins l'un de ceux qui doivent nous aider à nous remettre en question si nous faisons partie de ceux qui ne comprennent pas les éloges que l'album a récoltées, alors que nous ne savons "raisonnablement pas ce qu'on peut lui trouver". Sans cette faculté de remise en question, l'itinéraire de radiohead est abstrus, la musique hermétique, et les deux nous déposent sur le bord du chemin. Reste à faire du stop en espérant qu'un gros bus bien bondé du top 20 des meilleures ventes nous prendra.

Il n'y a aucun album que j'ai écouté plus de fois que celui-ci, et pourtant il m'est difficile d'en parler. Mais est-ce souhaitable ? Je finirai peut-être par ressembler à ceux qui ne peuvent s'empêcher d'analyser, de coller des étiquettes, de trouver chez Radiohead un côté si "déjà vu", des ascendances du côté du Floyd, de King Crimson, U2, voire Sparklehorse, Sigur Ros ou Autechre comme j'ai pu le lire. Amusant...

Et pourtant ce sont eux qui sont les plus proches de l'attitude qu'a eue le groupe à l'égard de son album. Ce groupe qui, au moins et pas comme moi, a su se lasser et passer à autre chose, pour notre plus grand plaisir d'ailleurs. Réussir à laisser ok computer derrière soi, ça me laisse pantois, admiratif. Je le confesse : je n'arrive pas à me débarrasser de cet album.

Il me semble qu'ok computer dégage une impression de rareté saisissante. On voudrait partager ça, car on sait que ça ne se produit que très peu de fois. Et si ceci est indicible, pourquoi prendre le temps d'essayer de le raconter ? Pour ma part, je m'ennuyais.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 2, 2010 11:34 AM CET


Huge Chrome Cylinder Box Unfolding
Huge Chrome Cylinder Box Unfolding

5.0 étoiles sur 5 No man's land, 28 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Huge Chrome Cylinder Box Unfolding (CD)
Huge Chrome me semble l'un des albums les plus abordables d'Aaron Funk, Aka Venetian Snares. Etant donné que le bonhomme semble parfois s'être donné comme objectif de sortir l'album le plus inécoutable possible, on relativisera bien sûr cet avis. Dur de décrire le style, alors faisons avec des mots simples plutôt que barbares sur les diverses étiquettes qu'on lui a collées. Apôtre du style Aphex Twin, mais encore plus barré me semble-t-il, la musique de Funk, pour des oreilles non averties, c'est au mieux incongru et inécoutable. C'est comme mettre la tête d'un seul coup dans une boite en métal qui contiendrait le son de l'an 3000 condensé en quelques secondes. Comparaison discutable, mais j'en ai pas d'autre.
Si vous faites partie des aventuriers en terme de capacité d'écoute et de patience auditive, Huge Chrome peut vous étonner à plus d'un titre : structures alambiquées, rythmiques complexes, nappes très travaillées, bref une musique qui, si différente dans la forme, garde des standards d'exigence connus dans le fond. Difficile de parler d'émotions avec ce type, la plupart des gens parlent de "paysages musicaux", expression qui prend ici tout son sens. Mais ces paysages, il va vous falloir les imaginer sur une autre planète : déserts, robotiques ou radioactifs, inhumains et complètement loufoques mais, et c'est ce qui fait tout, non dénués de beauté. Une beauté inconnue à la frontière des sens et des choses. Bref, une oeuvre d'art à sa manière.


My Downfall (Bof)
My Downfall (Bof)
Prix : EUR 20,90

5.0 étoiles sur 5 Something new, 28 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : My Downfall (Bof) (CD)
My Downfall est souvent présenté comme le successeur de "Rossz Cillag..." car il table sur les mêmes ingrédients : des moments de musique classique ponctués de drill'n bass. Au milieu de ce qui pourrait ressembler à un disque de la collection de vos parents (ou grand-parents), Aaron vient fracasser vos oreilles avec ses boîtes à rythme. Les premières écoutes, avouons-le, sont plutôt violentes et sacrément déroutantes. Mais pour les plus patients, ou pour ceux qui avaient déjà fait leurs armes si l'un des nombreux autres albums de Venetian, ça vaut le coup : contre toute attente, l'ensemble a une cohérence et une saveur tout à fait palpable et pleine de sens.
Un album difficile, moins par le style me semble-t-il (mais si vous verrez, on s'habitue !) que par son côté tout à fait désespéré. Mais incomparablement beau.


O Soundtrack My Heart
O Soundtrack My Heart
Prix : EUR 14,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Quand le titre est bon..., 28 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : O Soundtrack My Heart (CD)
Lorsque l'on est habitué à piocher dans le catalogue warp, on connait le niveau d'exigence, et on a du mal à croire qu'on pourra être déçu... Effectivement, ce n'est pas avec "o soundtrack my heart" que ça commencera. Je ne vais pas m'attarder sur les influences, ou essayer de coller 3 ou 4 étiquettes sur cet album, ça n'aurait que peu d'intérêt. On les sent bien sûr les influences, mais l'important me semble être que le groupe les digère à sa manière et en fait quelque chose de personnel. De varié aussi, l'album est ponctué de phases distinctes pour des émotions diverses : énervé sur "didn't I furious", mélo sur la très belle "fool in rain", et que dire de la piste éponyme "o soudtrack my heart", une de mes préférées.
Totalement instrumental, décousu, progressif, hétérogène, avec une touche électro bien dosée... Bref, c'est nouveau, c'est warp et c'est de la qualité. Ca mérite une écoute, et une autre, et une autre...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 31, 2010 11:57 PM MEST


Carried To Dust
Carried To Dust
Prix : EUR 17,00

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Our soil, our strength..., 28 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carried To Dust (CD)
J'espère que ce petit commentaire vous aidera.
Le Calexico des premiers temps est de retour : dans la digne lignée des black light ou hot rail. Eh oui, le dernier est aussi bon que ceux-là. Pas tout à fait dans la même veine, on sent les détours et les expériences dernières, comme peut-être celle de "garden ruin", que j'ai pour ma part trouvé moins bon, en raison de la pauvreté des arrangements : c'était certainement voulu, mais écouter du calex allégé, j'avoue que j'ai pas suivi. Sur "carried to dust", j'ai retrouvé tout ce que j'aimais. La joie des retrouvailles. Quelques bijoux comme Burns sait les faire, avec une chanson sur valparaiso magnifique. Il en fallait pas moins quand on porte un nom pareil. Vraiment très très bon.


Meo Suo I Eyrum Vio Spilum Endalaust
Meo Suo I Eyrum Vio Spilum Endalaust
Prix : EUR 8,99

19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 toujours aussi peu décevant, 1 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Meo Suo I Eyrum Vio Spilum Endalaust (CD)
La sortie d'un album de sigur ros est à elle seule un moment d'émotion. La fragilité et la beauté de chacune de leurs oeuvres sont telles qu'on ressent comme un peu d'inquiétude lorsqu'un nouveau morceau vient s'ajouter à l'édifice : ne va-t-il pas faire sombrer l'intégralité si délicate, sera-t-il d'une couleur qui ne détone pas dans l'ensemble ? Bref, à chaque annonce de sortie on se demande si le charme et la magie entourant le nom de Sigur Ros vont se perpétuer.
Pour ma part, c'est un large oui avec ce nouvel album. La musique elle-même semble refléter une évolution, peut-être vers des accents plus "pop" - même si cette pop nourrie à l'air islandais est parfois déroutante et difficile à cerner - et des structures diverses : évolutions par mouvements ou développement du même thème sur des plages musicales où il fait bon se rafraichir. Et pourtant, c'est toujours Sigur Ros, tellement Sigur Ros. Ce qui fait, comme l'a souligné une autre critique, qu'il me semble impossible de ne pas adhérer à cet album si les autres vous ont plu.
On se demanderait presque si ce n'est pas le plus beau. Ou bien est-ce la symphonie magnifique et hors du temps qui continue, sortie des têtes et des instruments de ces quatre garçons, à la fois si fidèles à leurs racines, leurs musiques, et en perpétuelle construction.
Bref, ne croyez pas être déçus par cet opus, il ne le pourra pas, tant l'émotion qu'il recèle est, comme chaque fois, apaisante et immense.


Live March 2001
Live March 2001
Prix : EUR 19,00

14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Blowin up your mind, 25 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live March 2001 (CD)
J'imagine que la plupart de ceux qui sont allés vers ce disque auront eu la même démarche que moi : un nouvel album de 16hp ?? Alors le groupe s'est reformé ? Fausse alerte, c'est un live de la période la plus magique de 16hp, 2001, époque à laquelle les plus chanceux ont pu voir pulvérisées les scènes d'ici et là sous le souffle monstrueux des compositions du sixteen, après secret south. Bon, un autre live de 16hp.. Ceux qui connaissent le groupe possèdent déjà le magnifique Hoarse, mais se sont certainement dit comme moi qu'en vertu de leur puissance live, c'est toujours une chance d'en avoir un autre entre les mains ! Bon choix...
Avant tout, les morceaux sont différents de ceux de Hoarse, à part 2 me semble-t-il, dont American Wheeze. Tellement bon de toute façon que c'est pas un souci de l'avoir deux fois. Bonne surprise, les versions diffèrent, et on retrouve dès ce premier morceau le côté époustouflant et habité de 16hp, lorsqu'ils tournaient avec le guitariste Steven Taylor qui a tant apporté aux compos d'Edwards. Après, pourquoi s'attarder... les chansons défilent et la claque que l'on prend dans la poire est monumentale. Difficile à expliquer. Je trouve cette musique si brutale, si l'on pouvait conférer à ce mot un sens uniquement positif. Le souffle, la présence d'Edwards, la somme d'être, de vécu et de présence, qu'il met dans ses chansons est si énorme, que le résultat vous atteint au coeur et vous dépose sur place. Musique si habitée que c'en est presque surnaturel, je suis même pas certain d'exagérer... Le genre de chansons qui vous arrêtent dans la montée des choses consommables. Appréciable en tout point.
Les mots me manquent pour dire à quel point cette musique est inspirée, envoutante. Le souffle et l'esprit rock qui s'en dégagent font voler mes références en éclats. Deux disques pour plus d'une heure de vertige, on est là, au milieu de la foule, sous le regard hypnotique et si sérieux d'Edwards, comme le savent tous ceux qui l'ont croisé. 16hp, c'est le genre de groupe qui rend en cd ce que d'autres dégagent en concert. Comment le dire, achetez ce disque, c'est non seulement du sixteen horsepower le plus pur, mais parmi ce que vous aurez écouté de mieux de leur part. Parole.


Lp5
Lp5

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une autre pierre à l'édifice, 25 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lp5 (CD)
Ce cinquième album d'Autechre ne renie en rien la démarche du groupe jusqu'ici, qui a été soucieuse d'un perpétuel renouveau, une recherche acharnée de nouvelles sonorités et une autre approche de la composition. Il différe donc des précédents comme tri repetae se démarquait en son temps des tout premiers albums. Difficile donc d'établir des comparaisons avec ce qu'ils ont fait avant si ce n'est que, comme tous les grands groupes, chaque fois qu'il font quelque chose de radicalement nouveau, le produit fini a toujours cette marque de fabrique si particulière qui fait que ça ne peut être que du Autechre. A mon sens, les premières pistes de l'album misent sur les compétences acquises en programmation jusque là pour les pousser encore plus loin, et des morceaux comme Rae sont parmi ce que j'ai entendu de mieux d'Ae : du tri repetae nourrit de nouvelles expérimentations, pour un résultat magnifique.
Après, on s'aventure sur de nouvelles terres, et le dilemme d'Ae se répète, à savoir que malgré une approche très minimaliste, certains morceaux évoluent de façon terriblement complexe. La deuxième partie de l'album me semble donc plus déroutante, et comme toujours il faut plusieurs écoutes avant de reconstituer le puzzle sur certains morceaux, et les apprécier dans toute leur beauté. Le dernier morceau, drane, est un mélange savant entre rythme et éléments ambiants tels qu'ils n'avaient jamais été réalisé avant, du moins me semble-t-il. Un de mes morceaux préférés d'Ae tous albums confondus, qui se clos par 15 minutes de silence.
Déroutant, superbe, hermétique et exigeant, tel me parait le 5è opus d'Ae. C'est pour ma part le dernier album que je peux écouter, tant la suite me semble aller définitivement trop loin de ce que mes oreilles peuvent appréhender et supporter. Mais là encore, Ae nous apprend depuis plus de 15 ans que la patience et le temps sont les meilleurs alliés de nos découvertes musicales. En tout cas, le lp5 est dûment conseillé à tout ceux qui ont apprécié Ae jusque là, que ce soit pour leur musique bien sûr, mais aussi leur démarche de remise en question et de recherche, de curiosité, qui me font penser à d'autres grands groupes comme radiohead.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 2, 2010 11:38 AM CET


Black Holes and Revelations
Black Holes and Revelations
Prix : EUR 9,98

9 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Supermassive english band, 6 avril 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Holes and Revelations (CD)
Après l'immense déception de leur 3è album Absolution qui fait montre d'un tournant résolument "prévisible" (peu inspiré, grand mal à se renouveler), Muse continue de s'enfoncer dans la guimauve mégalo avec ce "black holes & revelations". Et continue également de reléguer l'écriture loin derrière les murs de sons et d'amplis, ce que je déplore d'autant plus que Bellamy faisait montre, à mon sens, de qualités en ce domaines dans ses premières compos. Je sais qu'il ne faut s'attaquer à ce groupe qu'avec des pincettes tant les fanatiques sont légion, mais je vais tenter de m'expliquer brièvement.
Avant tout, je suis un grand admirateur des 2 premiers albums de muse (surtout du 1er en fait) dont je ne peux louer toutes les qualités : inspirés, envoutants, neufs (même si influencés) etc. et ne crache donc pas gratuitement sur ce groupe. Il me semble que tous ceux qui entreront dans l'univers de Muse avec Absolution ou ce Black Holes & Revelations seront certainement conquis, d'autant que la démarche du groupe est très clairement de faire justement ce qui plaira au plus grand nombre : mélodies simples, production démesurée (et pourtant si banale), et construction d'un monde pseudo-spatio-intellectuel : il n'y a qu'à voir certains titres qui frisent honnêtement le ridicule.
Ceux qui aimaient les 1ers albums de Muse (dont je fais partie, je l'ai dit) partageront peut-être avec moi une grande déception concernant leurs derniers opus et la résolution qu'ils ont prise : préférer remplir des stades que d'offrir une musique complexe et habitée comme celle qui semble s'être "accidentellement" posée sur Showbiz. A l'époque les 3 anglais étaient encore loin des paillettes et des ventes de disques vertigineuses (est-ce à elles que réfèrent certains titres?), ce qui n'est clairement plus de mise aujourd'hui.
Je sais que cette critique ne plaira pas à celles et ceux que cette musique a happé dans son sillage - et là je souligne combien je trouve le niveau de ces 3 musiciens grand, et ma déception augmente de constater ce qu'ils en font - mais mon but n'est pas de dresser une attaque gratuite contre Muse : plutôt laisser quelques lignes qui s'adresseront au néophyte, en l'encourageant à aller écouter Showbiz et Origin of Symmetrey : tout y est plus vrai, moins "enflé" voire même moins boursoufflé, car c'est au fond mon sentiment sur la musique récente de Muse. Et exprimer simplement un avis qui n'est que la mien, sur la machinerie Muse qui sert des choses largement prévisibles et calculées, en amenant sur la scène de stades démesurés quelques éclats de Mystique mélangés aux paillettes sous le halo des projecteurs.


Incunabula
Incunabula

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 incipit terra incognita, 4 avril 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Incunabula (CD)
Pour être un début, Incunabula est un sacré début. Bien sûr il faut replacer cet album dans son contexte : 1993, c'est l'époque du grunge et de Nirvana, des premiers albums des Red Hot, Radiohead sort Pablo Honey... qui a vraiment découvert Incunabula à ce moment-là ? On se rend compte avec le recul combien cet album était visionnaire, en avance sur son temps, il n'a d'ailleurs aucune comparaison à souffrir avec les productions d'un autre maître de l'électro de l'époque, Aphex Twin. Mais il faut pour toute oeuvre visionnaire prévoir le temps que mettra le public avant d'arriver jusqu'à elle.
Pour ma part, cela a pris 10 ans, et j'ai gardé pour Incunabula la reconnaissance qu'on peut éprouver pour celui ou celle qui vous a fait découvrir tout un monde. Car l'univers d'Ae est un monde, que quelques années ne vous permettront pas de cerner et d'apprécier dans son intégralité, dans toute sa beauté.
Incunabula est particulièrement conseillé à tous ceux qui souhaitent pénétrer dans les terres particulières de cette musique qu'on a cataloguée comme "intelligente" (IDM), parce qu'il fallait mettre une étiquette sur sa complexité, sur sa parfaite nouveauté. Les sons n'ont pas vieilli, ce qui montre le niveau des 2 gars d'Ae, et certains morceaux comme Eggshell envoient toujours autant même après presque 15 ans ! Le plaisir perdure.
Comme pour bien d'autres choses, ce qu'il vous faut ici, c'est un petite dose de patience, beaucoup de curiosité, et la certitude que les plus belles choses ne se dévoileront pas sans effort. L'hérmétisme de la musique d'Ae n'est qu'une façade, et immense sera votre plaisir lorsque vous "verrez" par vous même. J'ai lu concernant ce groupe quelqu'un qui comparait leur musique aux dessins dits "en stéréo", ceux devant lesquels il faut laisser son regard flotter dans le vague avant de reconstituer l'image en canevas, et que vous ne pouvez voir qu'ainsi, tous les efforts pour scruter étant auparavant restés infructueux. Je ne vois pas de meilleure analogie pour parler de la musique d'Ae, et si elle est effectivement complexe, sachez qu'ils ont laissé de nombreuses pierres pour conduire jusqu'à leurs terres. Incunabula est la première, bon voyage.


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