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Coke_Babies "coke_babies" (Bordeaux)

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L'or du commun
L'or du commun
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Orfèvre parmi les mortels, 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'or du commun (Téléchargement MP3)
Une plume affutée et d'une verve sans équivalent aujourd'hui, par un esprit ouvert et d'une grande culture. Ce 3ème opus de Fayçal est une œuvre littéraire et inspirée, belle et désespérée. Chacun de ses albums est de haute volée, et leur acquisition sur format physique ou en fichiers numériques est très hautement conseillée. Des quelques lettres de noblesse qui forment son nom de plume à son immense hymne aux combats perdus d'avance, Baroud d'honneur, toutes les pistes de cet album sont d'une beauté que seules des écoutes répétées et solitaires vous feront apprécier à leur juste valeur. Pas besoin d'explications de texte, et pourtant chaque piste le mériterait, tant le discours est profond et la forme à 10.000 pieds au-dessus de ce qui s'appelle du rap aujourd'hui. Célébrant le profil bas, la richesse de l'ordinaire, l'or du commun, dont cet orfèvre a fait son Art sincère et passionné...

Très très hautement recommandé pour ceux qui aiment Mysa (en featuring sur l'album), Demi-Portion, Scylla ou Hugo TSR, dont les rimes les meilleures restent sans voix à côté des uppercuts qu'assènent celles de Fayçal.

A écouter, à soutenir, encore et encore.


Hurry Up, We'Re Dreaming
Hurry Up, We'Re Dreaming
Prix : EUR 13,99

44 internautes sur 46 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Raconte-moi une histoire..., 23 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hurry Up, We'Re Dreaming (CD)
J'ai attendu de digérer un peu ce long et bel album avant de le commenter. J'aime beaucoup M83, depuis leurs débuts. Ce groupe a une connexion passionnante avec mon propre univers, et je suis sûr de partager cette impression avec beaucoup de personnes. A travers les grandes envolées ou les moments mélancoliques, écouter M83 est souvent comparable à une promenade, nous raconte un morceau de notre propre histoire. Ce n'est pas seulement Saturdays = Youth qui me fait écrire cela, mais cette promenade passe plus qu'ailleurs par l'adolescence. Aussi les paysages que distillent les musiques de M83 sont-ils à l'image de cet âge : très colorés, exacerbés, excessifs, oniriques, paradoxaux, et ils ont même l'ingratitude de ne pas durer, de passer très vite.

Difficile de décrire cette musique parce qu'il faut que j'aille chercher des images dans l'imaginaire, je ne peux pas analyser "musicalement". Elle a le goût d'un premier rendez-vous amoureux, d'un éclat de rire en classe, d'une après-midi pluvieuse avec des copains, d'un samedi soir en discothèque, d'une nuit d'été sous un ciel étoilé, d'un dimanche matin où le monde est à explorer... Chacun pourrait décliner les siennes. L'imaginaire, c'est ce qui est ici sollicité, infusé. Des nappes synthétiques et lyriques d'une vaste ampleur s'y déploient comme des nébuleuses dans l'espace. Chaque piste de cet album est un reflet du grand prisme d'adolescence, moment sans futur, et avec tellement de sens.

Hurry up, we're dreaming est vraiment une synthèse de tous les autres albums. Quelques transitions y sont savamment disséminées tout du long, lui donnant une cohérence et une unité magiques, incroyables. Magiques car vous les retrouverez même en changeant l'ordre des morceaux. La voix d'Anthony Gonzalez nous guide pendant ce voyage, tentant d'entretenir la durée du rêve, ce qu'elle parvient à faire avec beaucoup de succès, encore et encore... Défilement de contrées oubliées, regrettées aussitôt disparues, mais renouvelées, farfelues, criardes, attachantes, précieuses.

J'ai une très grande affection pour cet album, que j'ai du mal à commenter sans parler de moi. Inutile donc de s'étendre. Cette musique donne envie de suspendre l'analyse, d'apprécier simplement, de fermer les yeux, de se laisser porter. Et là, M83 a des bras infiniment accueillants. Des bras ? Des ailes...


Keep You Close
Keep You Close
Prix : EUR 12,99

11 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Worst Case Scenario. I'm afraid so..., 26 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Keep You Close (CD)
Mon commentaire va aller dans le sens du précédent, qui malheureusement cerne assez bien cet album. Et il me semble difficile pour tous ceux qui aiment dEUS d'entendre les choses autrement. Je fais partie des aficionados de la première heure, du premier album, des premiers concerts. Il est donc clair que je ne critique cet album qu'à la mesure d'une carrière. Même si j'avais un mauvais pressentiment, je suis tombé de haut. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que Keep You Close et In a bar, Under the Sea portent le même nom de groupe sur leur pochette.

Evolution très décevante pour cette formation hors du commun, dont la plus belle époque restera toujours celle des 2 premiers albums : WCS et In a Bar, Under the Sea, avec le trio magique Carlens-Barman-Trouvé. Sur The Ideal Crash, Barman restait seul aux commandes et nous pondait un album époustouflant mais derrière lequel on entend désormais le chant du cygne. A mon sens, la suite est une dégringolade : du très respectable Pocket Revolution à ce Keep You Close dont je ne sais que dire, en passant par Vantage Point qui était déjà largement en-dessous.

Tous ceux qui ont des pans de vie qui sonnent aux couleurs des morceaux de dEUS ne peuvent accepter sans énervement d'entendre quelque chose comme ce Keep You Close monochrome. C'est indécent. Quand on connait le côté décalé, passionné et visionnaire de dEUS, il est douloureux de les entendre sonner, au mieux, comme le dernier tube à la mode.

Tout est caricatural dessus : la voix de Tom, les refrains, les guitares, les mélodies recyclées (étrange sensation d'avoir déjà entendu la moitié d'entre elles en mieux sur un autre album). Et que dire des arrangements absolument catastrophiques ??? Où est l'originalité, la dissonance, la nuance inattendue, et tout ce qui faisait dEUS ??? Tout le relief de ce groupe a complètement disparu sur cet album, c'est incompréhensible.

Pour les autres, ceux qui ne seront pas contaminés par une fréquentation sincère et de longue date avec ce groupe, il est possible qu'ils trouvent à cet album une saveur agréable, distrayante, un côté très fréquentable. Un comble. WCS...


My So-Called Life
My So-Called Life
Prix : EUR 17,66

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Too easy, Mr Snares..., 9 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : My So-Called Life (CD)
Le nouvel opus de Mr Aaron Funk aka Venetian Snares est sorti. Un bon morceau d'électro en perspective, à se mettre sous la dent. Première écoute positive : la platine fait le tour des pistes de l'album et on en redemande ! C'est frais, c'est entrainant, c'est... carrément écoutable ! Et c'est là que le bât blesse : cet album est vraiment trop fréquentable. Je n'ai pas trouvé dessus l'aridité des morceaux de VS, qui font pour moi partie intégrante des attraits des autres opus. Saisir un album de VS sans être dérouté, sans batailler un peu, il y a là quelque chose de frustrant...

De très belles trouvailles, notamment sur le morceau d'ouverture et son côté baroque, avec des sons qu'on dirait empruntés au clavecin. Mais très vite des collages, des samples de voix, qui prennent le pas sur la mélodie et restent très (trop) présents dans les oreilles après des écoutes répétées. Il y a bien les deux derniers morceaux Hajnal2 et My So-Called Life qui sauvent un peu la baraque, mais pour le reste c'est du vite consommé, on reste vraiment sur sa faim.

Il semblerait que cet album ait été écrit en très peu de temps, du moins c'est ce que j'ai pu lire. C'est dommage, car c'est justement l'inspiration, la substance, qui lui fait défaut. Il a tendance à laisser la drill'n bass rageuse de Detrimentalist ou Filth de côté, pour lorgner plutôt vers des travaux plus mélodiques de Funk, comme Rossz Csillag ou Cavalcade. Mais il est très loin de ces derniers en teneur.

Bref, My So-Called Life, c'est l'album pop de VS, l'album le plus fréquentable, presque grande écoute, que vous pouvez offrir à votre entourage... Peut-être positifs pour certains, mais définitivement pas ma tasse de thé. Soyons clair néanmoins : du VS pop reste de qualité, et mérite facilement ses 3 étoiles.


Yi Jing. : Le livre des changements
Yi Jing. : Le livre des changements
par Cyrille J.-D. Javary
Edition : Relié

56 internautes sur 56 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quelle traduction choisir ?, 16 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Yi Jing. : Le livre des changements (Relié)
Je ne me lance pas dans un commentaire sur le yi-jing, bon nombre d'avis donnent déjà des précisions très intéressantes sur le sujet. Je laisse ces quelques mots pour ceux qui, comme moi, ont pu s'interroger avant de se lancer : pour quelle traduction opter ? Les deux qui font référence sont celle-ci de Javary et celle de Wilhelm, et ce n'est qu'une comparaison modeste, subjective et très rapide que je propose.

Je possède les deux traductions, et avec l'usage, je me rends compte que je reviens toujours vers celle de Javary. Plus difficile au départ, parce que l'intention qui l'anime est de coller au plus près à la pensée chinoise, elle est aussi, selon moi, la plus pertinente. Je ne peux pas dire la plus fidèle, étant incapable comme la plupart de juger au regard du texte chinois. Je sais simplement que la vision qui s'en dégage correspond plus à la mienne, même s'il m'a fallu du temps pour en arriver à cette conviction.

La traduction de Wilhelm est plus interprétative, animée du souci de vulgarisation, elle me semble plus proche de notre culture occidentale, ce qui est rassurant sur certains côtés, mais parfois un peu déroutant : comme la rencontre à plusieurs reprises de concepts purement occidentaux, pour ne pas dire chrétiens. Ceci a été souligné par d'autres commentateurs, et je partage leur avis. L'interruption d'un dieu ou de mots à connotation religieuse n'est pas en adéquation avec l'idée que je me fais de la Chine en général, et du yi-jing en particulier.

On sent un grand effort chez Javary pour être le plus fidèle possible à la culture, à la vision chinoise, et ses explications, pour peu qu'on y passe du temps, se révèlent à l'usage toujours claires et précises. Le choix des termes est pesé, parfois la formulation est étonnante, mais au final j'ai l'impression que c'est vraiment le mieux pour celui ou celle qui veut se pencher sur cet ouvrage fondateur de la civilisation chinoise : après tout, comment prétendre épouser une culture aussi différente de la nôtre sans un effort minimum ?
Ce n'est pas une simple traduction, c'est une tentative pour appréhender l'ouvrage tel qu'il fut 'construit' si l'on peut dire ceci : comme un système complexe et passionnant. Certaines formules mantiques se répondent, se font écho, et c'est ce que Javary tente de rendre, délaissant le souci de vulgarisation à la différence de Wilhelm. Il commente également les idéogrammes chinois, et souligne leur importance visuelle, même si nous ne savons pas les lire. Je trouve très intéressant d'avoir laissé le texte chinois dans les commentaires de chaque hexagramme. Cela fait également de l'ouvrage un très bel objet.

Bref, cette version du yi-jing est vraiment celle que je préfère, celle vers laquelle je reviens toujours naturellement, même s'il m'arrive de me pencher de temps en temps sur Wilhelm lorsque je désire avoir un éclairage différent sur certaines interprétations. Je la recommande vivement.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 8, 2010 5:21 PM CET


Through The Window
Through The Window
Proposé par Planetesolde
Prix : EUR 13,96

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Sauvé par les machines, 14 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Through The Window (CD)
Musique electronica de belle facture, Through the window de Saycet rappelle les compositions d'Ulrich Shnauss ou de Boards of Canada, même si moins varié et au niveau d'exigence moindre. Les rythmiques utilisent souvent la même texture de son, plaçant la préoccupation de Saycet au niveau de la constitution de paysages et d'ambiances musicaux, plutôt que de la recherche, de l'exploration ou la complexité. Aucunement animé du désir de dérouter l'oreille qui se penchera dessus, c'est au contraire l'harmonie et la cohésion qui sont omniprésentes sur chaque morceau. La douceur également. S'il reste beau et intéressant, Through the Window est aussi à mon sens moins inspiré que l'impeccable A Day At Home, son prédecesseur. La recette ne change pas vraiment, mais pour la plupart les morceaux de cet album défilent et se ressemblent, c'est l'un des reproches que l'on peut lui adresser, même si 15 ouvre très joliment l'opus.

Through the Window s'enrichit par rapport à A Day At Home d'une voix féminine, dont le timbre évoque parfois celui d'Hope Sandoval de Mazzy Star, peut-être pas aussi chargée d'émotion, mais douce et feutrée comme elle. D'autres fois on regrette que cette voix soit trop pure, trop nue, et qu'elle n'ait pas fait elle aussi une cure dans les circuits électroniques et les samplers, ce qui donnerait plus de morceaux tels que And Mama Said "It'S Amazing", qui est une belle réussite (le mix rappelle Everything In Its Right Place de Radiohead). On frôle parfois l'iceberg d'une ressemblance avec les voix de Divas québécoises, par exemple sur Fireflies, et heureusement que les machines veillent pour sauver le bateau...

J'avoue que la musique électronique se suffisant à elle-même pour moi, les plages musicales où le chant prédomine (6 ou 7 je crois) ne sont pas mes préférées. Du coup, l'album gagne en facilité d'écoute, il est plus 'grand public' que le premier. Mais ce sont les pistes instrumentales sur lesquelles le groupe semble le plus à l'aise, surtout en ce qui concerne le goût de l'aventure, de la conquête, et même si elles restent sur les mêmes terres connues et amicales, elles vont un peu plus loin, vers la limite du jour. Elles confèrent à l'album l'intérêt et la profondeur, le dose de cœur supplémentaire, qui lui ferait défaut sinon, du moins pour moi. Difficile d'atteindre l'équilibre entre musique et voix sans que l'une prenne l'ascendant sur l'autre, ce que le groupe parvient tout de même à faire à quelques reprises.

Saycet, c'est l'un des pavillons français sur les eaux de l'electronica, et il faut dire qu'il brille en défendant ses couleurs. Vous retrouverez un peu de Mùm également, qui sont d'après ce que j'ai pu lire, cités dans leurs influences, ce qui semble tout à fait logique. Haussant parfois le ton sur des sons plus syncopés, la tonalité générale de l'album reste très paisible. Idéal et porté sur la rêverie et la tranquillité. 3.5 étoiles pour moi, 4 en l'absence de virgule, et en raison du côté (trop) chanté alors que Saycet dispose de belles armes pour (re)faire un album electro presque incontournable. Le tout reste de qualité.

Si ce n'est pas encore fait, allez écouter A Day At Home, qui mérite vraiment ses 5 étoiles.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 14, 2010 6:09 PM MEST


Go
Go
Prix : EUR 25,30

14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Are you in for some Sigur light ?, 6 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Go (Album vinyle)
Après une précédente excursion en solo avec Alex Somers pour un album remarquable, 'Riceboy Sleeps', sur lequel Jonsi explorait les territoires éthérés laissés vacants par son groupe Sigur Ros, le chanteur revient avec un album solo sur la couverture duquel ne figure cette fois que son nom. Finis les morceaux vaporeux et lents de Riceboy Sleeps, nous renouons avec une formule plus familière, et des chansons plus pop dans leur approche, même si cette pop islandaise est à des années-lumières au-dessus de ce qui se fait actuellement en la matière. On revient plutôt vers le dernier album en date de Sigur, Meo Suo I Eyrum Vio Spilum Endalaust, qui ouvrait cette voie.

A première écoute, il est difficile de trouver des défauts à cet album, tant la voix de Jonsi est belle et le porte vers les hauteurs, se frayant immanquablement une place vers nos préférences. J'ai donc attendu de le digérer un peu avant de laisser un commentaire, et voici mon sentiment. Go est un très bel album, c'est incontestable. Et ceci dès son ouverture 'Go Do' malgré ses airs de déjà vu, c'est toujours beau et efficace, refrain aux orchestrations opulentes détonant sur des couplets plus dépouillés. En soi, l'album mérite facilement 5 étoiles pour la qualité des compositions et l'exécution d'une grande beauté, les arrangements impeccables. Mais... Il m'est difficile de l'aborder sans le comparer à ce que fait Jonsi avec son groupe : il faut pardonner ceci, mais c'est dans cette optique que je propose ce commentaire. Et ce sera (peut-être) plus intéressant que de verser dans l'unanime enthousiasme qui risque de défiler sur cet album, et qui sera bien mérité.

Jonsi sans Sigur Ros, c'est bien sûr encore très ressemblant à du Sigur Ros. S'il y avait d'ailleurs eu le nom du groupe sur la pochette, on aurait pu se laisser avoir. Pourtant, il manque un petit quelque chose. J'ai mis du temps à l'identifier, mais il me semble que ce que j'appelle 'une approche plus pop' de la musique consiste en ceci : que tous les instruments convergent vers un seul but, mettre en valeur la voix et le message qu'elle délivre, comme tout bon album pop. Après, à chacun de voir avec les paroles, le timbre, l'ambiance des morceaux, inutiles de discuter ces questions de goût. Mais après plusieurs écoutes, il manque pour moi à l'album justement tout ce qui ne portait pas la voix de Jonsi. Précisément, il manque Sigur Ros.

Si l'on mesure à quel point cette voix participe de l'identité de Sigur Ros, on se rend compte également combien elle lui est en retour redevable quant à la profondeur que font naître les morceaux, et de quelle façon nous avons bien affaire ici à 4 individus, et pas un seul vaguement accompagné. Sur 'Go', les compositions respectent le format canonique des 3 (disons 4) minutes, que le groupe explose allègrement et régulièrement. C'en est donc fini des envolées, des montées répétitives et interminables, des rythmiques somnolentes qui explosent tout à coup, et qui font - pour moi - l'âme du groupe tout autant que le chant. Même sur la très Sigurienne 'Grow Till Tall', il manque quelque chose, pour tout habitué de Sigur. L'utilisation de l'électronique a son charme, mais ce n'est pas le batteur en chair et en os, qui peut faire d'un simple morceau une épopée. Raison pour laquelle 'Go' est pour moi du Sigur avec un peu moins d'âme, et un peu seulement.

Bien sûr, on retrouve certaines recettes que le groupe a utilisées, notamment cette façon de doubler la voix de Jonsi par les mélodies portées par les cordes - très utilisées sur Takk par exemple -, mais priver le monde de Jonsi de ces passages instrumentaux sublimes, c'est comme le plus beau paysage sans la lumière idéale. Il manque une autre dimension à sa musique, il manque de la profondeur, des poumons, du souffle. Ceci dit sans renier l'intérêt d'une aventure en solo (elles n'en ont pas toutes) qui donne un aperçu peut-être plus sincère du monde personnel de Jonsi, une photographie plus précise de ses propres paysages, et constituant peut-être, comme The Eraser pour Thom Yorke, une façon de révéler ses propres penchants, de célébrer ses propres fêtes.

Ce n'est qu'une remarque que vous pouvez ne pas partager, et que vous ne devez pas partager si vous ne vous êtes pas envoyé les albums de Sigur en intraveineuse depuis le premier. Vous apprécierez alors et comme il se doit 'Go'. C'est la seule faiblesse que je lui trouve, raison pour laquelle j'ai enlevé une étoile. A voir mais je pense qu'il tiendra peut-être un peu moins la distance des années. Cela reste un très très bon et bel album, remarquable au milieu des sorties actuelles, juste en-deçà de ce que le groupe a pu produire de mieux, notamment Agaetis Birjun et ( ).

J'espère que Jonsi ne tardera pas à rejoindre ses acolytes pour de nouvelles aventures.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : May 9, 2010 12:09 AM MEST


Hymn To The Immortal Wind
Hymn To The Immortal Wind

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 On fabrique pas du rêve tous les jours : Aregato !, 21 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hymn To The Immortal Wind (CD)
Hymn to the Immortal Wind est mon album préféré de Mono (avec Palmless Prayer mais qui a un statut particulier puisqu'ils sont en collaboration dessus). Étant le dernier sorti, il paraît normal qu'il soit le plus abouti. Mono est un grand groupe. Mais il est toujours difficile quand on parle d'eux de ne pas citer ceux qui ont (presque) inventé le genre sur lequel ils naviguent : GY!BE. Les membres de Mono doivent être fatigués qu'on les ramène toujours à ces sources, mais soyons clairs, c'est vraiment de là qu'ils sont partis, et leurs premiers opus ressemblent vraiment à des pastiches.

Ce qui est intéressant, c'est qu'à partir de ce tremplin qui n'est pas à eux, Mono s'élance et réussit à voler à sa propre façon : si elle fut parfois claudicante ou maladroite, il faut constater qu'elle s'affirme au fur et à mesure. Sur Hymn, les compositions prennent une teinte, une consistance qu'elles n'avaient pas, me semble-t-il, avant. Et un aspect 'fini' qui doit certainement beaucoup à Steve Albini. Il peut paraître déplacé de parler de l'aspect 'fini' d'un disque, sur lequel un groupe passe généralement des semaines, voire des mois, mais soulignons-le tout de même dans le cas de Mono, puisque de nombreux avis regrettent justement que les albums peinent à retranscrire ce qu'est leur musique en live. Et effectivement, les prestations live de Mono sont régulièrement un cran au-dessus des albums. Je veux dire un cran VRAIMENT au-dessus. Du coup : pourquoi acheter leurs disques ?

Leurs morceaux éphémères et fragiles en concert, et pourtant surpuissants, perdaient souvent à être gravés définitivement dans des sillons. Il me semble que c'est différent pour Hymn. Je crois que c'est pour beaucoup redevable à l'ensemble (presque) philharmonique qui est venu jouer dessus : les parties de cordes sont vraiment somptueuses, et contrastent avec les arpèges acérés et les envolées saturées des guitares. Là encore, cette formule fait très GY!BE, mais Mono la sublime à sa manière. Par ce côté cinématographique que je ne développe pas tant il a été souligné par d'autres et de belle façon, mais je la constate simplement à mon tour : la capacité de Mono à éveiller en vous des images, et du mouvement.

Après l'ouverture magistrale (je pèse le mot) d'un Ashes in the Snow, c'est Burial At Sea qui vous cueille, de l'avis de beaucoup l'un des meilleurs morceaux de Mono tous albums confondus. Après ça, difficile de croire qu'on pourra faire mieux. Et le reste ne fait pas mieux, ce qui fait la force et la faiblesse de l'album : je veux dire que Hymn vous balance une telle claque d'entrée que vous êtes à la fois bouche bée et avide, en attente. Le moment qui va passer au dessus de Burial ne vient pas. A la place, c'est Silent Flight, Sleeping Dawn qui vous fait redescendre en douceur, mouvement classique dominé par le piano et les violons/violoncelles, qui vient offrir un répit après l'ouverture en fanfare, comme aurait pu le faire un groupe comme Silver Mt Zion. On ne pouvait plus monter alors on apaise, et on reste en suspens. Je trouve pour ma part cet enchaînement brillant, génial.

Pure As Snow repart lentement sur un arpège pour une longue chevauchée de 12 mn ou presque dans la neige, portée par la batterie - autre élément qui démarque Mono de GY!BE, et participe grandement à son identité. Peu à peu le thème se dessine et il est ici envoutant, d'une beauté à la fois musicale et cinématographique, tout en montée. Il explose enfin aux 2/3 du morceau. Superbe. Du chaos final déboule Follow the Map, un aparté, une clairière au milieu de la forêt, aux accents médiévaux. Les deux derniers morceaux offrent le contre-point aux 2 premiers, et s'ils tablent sur les même ingrédients, ils sonnent différemment. Peut-être plus épiques, surtout ce The Battle to Heaven, en crescendo jusqu'au calme médian, et repartant à nouveau. Je crois que ce morceau est grandiose. Je dis 'je crois' parce qu'arrivé à ce moment du disque, on ne s'en rend plus bien compte.

D'une cohérence remarquable, cet album se clôt avec Everlasting Light, qui réussit ce paradoxe : tout en n'étant pas meilleur que les autres (pour moi moins inspiré), ce morceau arrive à sublimer le tout, fermer la parenthèse.
Il y a un moment que je voulais laisser quelques mots sur Hymn. Si vous aimez GY!BE, Silver Mt Zion, iLiKETRAiNS, Explosions in the Sky, vous êtes a priori les oreilles qu'il faut pour cet album, mais aussi celles qui doivent déjà le connaître. Pour les autres, offrez-vous le voyage. From Japan.
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A Midsummer Nice Dream
A Midsummer Nice Dream

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Beau et mélodieux. Go on, Chris !, 15 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Midsummer Nice Dream (CD)
Inspiré par les grands noms de la musique IDM que peuvent être Bola, Aphex, Ae et consorts, Christopher Leary tente de porter le plus haut possible sa propre musique sous ce très beau nom de Ochre. A première écoute, Bola est peut-être l'influence la plus évidente : même façon d'utiliser des rythmiques glitch minimalistes mais chirurgicales, et souci constant de mettre en valeur et au premier plan des boucles mélodieuses et travaillées. Si celles-ci sont moins froides, moins sombres, et si l'approche est moins aventureuse que chez Darrel Fitton (Bola), le travail est tout de même remarquable. Animé par un souci constant de musicalité plutôt que de complexité, et par une recherche mélodique plus que rythmique, la musique d'Ochre est à la première écoute agréable et apaisante. Intéressante.

Après plusieurs passages sur les pistes de ce disque, l'ensemble acquiert un sens et une saveur plus précis et tout à fait remarquables, personnels. A Midsummer Nice Dream, hommage assumé à la pièce presque éponyme de Shakespeare, a la faculté de nous emmener vers des lieux surnaturels et hospitaliers, plutôt du côté d'Obéron, Titania et des créatures magiques, que des humains. Dans le ressenti, on s'approche parfois de la musique dite Dream (Yanni par exemple) ou Ambient, même si Leary utilise plutôt les outils habituellement dédiés à l'IDM, à savoir de nombreux blips, craquements, stridences, et autres sons auxquels il est bien difficile de donner un nom. Certains pourraient même figurer sur certains albums d'Ae. Mais une fois encore le fait d'être constamment préoccupé par la mélodie avant tout démarque clairement Ochre du combo anglais, et l'écoute est beaucoup plus facile.

Tour à tour envoutant, émouvant, mélancolique ou extatique, doux et voilé, cet album pas vraiment novateur mais passionnant s'est frayé un chemin lentement mais sûrement vers mes albums electros préférés. Si vous aimez certains morceaux d'Ae, Squarepusher ou Bola mais avez du mal à en supporter d'autres en raison de leur côté cérébral, trop pensé, la musique d'Ochre peut vous réconcilier avec ce genre. A écouter de préférence au casque et la nuit, comme la majeure partie de l'IDM (pour moi), Ochre vous emmènera loin pour peu que vous acceptiez de vous laisser emporter pour ce doux songe d'été. Ochre compte parmi les noms importants du label Benbecula records, petit par la taille mais grand par les talents qu'ils met à jour. Christ. est un autre de ceux-là. Mon conseil si vous voulez tenter l'univers d'Ochre est de commencer par A Midsummer Nice Dream, puis Like Dust of the Balance, et finir par Lemodie. Hautement conseillé.


Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain
Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain
Prix : EUR 13,75

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 GoD spEed yoU mY litTlE sparKlinG hoRsE, 15 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain (CD)
La lumière ne se faisant que sur les tombes, il faut croire que le temps était venu pour Sparklehorse d'entrer dans la légende. Dreamt for Light Years ne détonera pas dans le parcours brillant et exemplaire de Sparklehorse, groupe porté par un seul homme, Mark Linkous, musicien surdoué parti dernièrement vers l'océan du grand silence. Complètement habitée par la voix sublime de Mark, chaque composition de cet opus ne rate jamais sa cible, tout comme le coup de revolver ne rata pas la sienne, elle touche à chaque fois en plein coeur. Inspiré et envoutant comme tout ce qu'a fait Linkous durant sa vie brève et torturée, cet album fait partie de ceux sur lesquels la beauté et le génie sont tellement évidents qu'il faudrait être aveugle, ou sourd, pour ne point les voir.

Celui-ci est le dernier album officiel de sParklehorse, en attendant que le fantastique Dark Night of the Soul prenne son envol et se libère des chaînes des intérêts financiers et autres brouilles entre maisons de disques - ce qui aux dires de Danger Mouse ne devrait pas tarder - ou que Parlophone sorte un opus posthume puisqu'il parait que Mark a laissé derrière lui plusieurs chansons inédites. Variés et taillés dans la déprime, les morceaux de Dreamt for Light Years sont des joyaux, des pierres peaufinées avec une patience extrême, des diamants décoffrés taillés par la main d'un orfèvre.

Ouvrant le bal avec un Don't Take My Sunshine Away rappelant le morceau It's A Wonderful Life, Linkous porte une simple chanson pop vers des sommets dont lui seul avait le secret, notamment avec ces ponts musicaux dissonants et fabuleux qui sont souvent sa marque de fabrique. Getting in Wrong vous descend vers les marécages, dans les limbes, avant que Shade & Honey vous remonte comme de l'hélium. Là encore la construction est simple et pourtant unique, rare et saisissante, les morceaux sont ordonnés de façon experte et portent tous la marque évidente du talent et de la sincérité. Défilé de ballades lentes mais toujours teintées d'une mélancolie sous-jacente ou carrément assumée, et on s'achemine vers Ghost in the Sky, morceau énervé dans le plus pur style de Sparkle, dans le genre de Pig, quand il joue sur le même terrain que les Pixies ou Sonic Youth, en dépassant presque les maîtres.

Beau et triste à la fois, le kaléidoscope de Linkous balance ses fantômes et ses spectres plus ou moins inquiétants au fond de nos têtes, au milieu de multiples sons pris à la nature, tout droit sortis des parties les plus sombres de cette dernière, les bois et les forêts, les champs à la tombée de la nuit. Ils chantent les mélopées et la poésie champêtre et sombre de Linkous, déversent leur cortège d'animaux et d'ombres. Mountains sort la tête de l'eau, et les arrangements de cordes somptueux portent la voix de Mark vers le soleil cette fois, un soleil voilé et grisâtre. Morning Hollow comme son titre hésite entre l'éveil et la résignation, la contemplation de la tristesse ambiante, trop forte, trop présente, tout le morceau sonne comme un abandon. On repart avec It's not So Hard, mais tout de suite c'est Knives of Summertime qui remet une claque. Le dernier morceau a une émotion incommunicable, instrumental aux couleurs désespérées, déclinant toute la palette des gris par touches diaphanes.

Dreamt for Light Years in the Belly of A Mountain n'est pas le meilleur album de Sparklehorse. Il est simplement d'une qualité telle qu'il reste dans le ton et au niveau d'exigence de Vivadixie, le premier, qui contenait déjà tout. A ranger avec les autres disques du groupe, dans le coffret à bijoux plutôt que sur les étagères, cet album sonne étrangement dans le silence dans lequel Mark nous a laissés. C'est - de mon humble avis - l'un des plus grands songwriters de notre époque qui nous a quittés, et une immense perte pour la musique inspirée et passionnée dont il reste heureusement quelques représentants. Repose en paix Mark, et merci pour tout.
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