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Contenu rédigé par Mélomaniac
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Commentaires écrits par
Mélomaniac (France)
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   

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Now Let Us Rejoice:Organ Hymns
Now Let Us Rejoice:Organ Hymns
Prix : EUR 15,33

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Capté en mai 2006, ce disque représente le tout premier enregistrement de ce nouvel orgue..., 9 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Now Let Us Rejoice:Organ Hymns (CD)
...installé au Conference Center de Salt Lake City, rattaché à l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
Les 103 jeux (130 rangs, 7708 tuyaux) rayonnent sur un auditorium de 21000 places, et pourtant la prise de son révèle une perspective plutôt mate, peu réverbérée, et extrêmement précise.
En ce lieu mormon, on ne s'étonnera pas que le disque soit consacré à une anthologie d'hymnes, dont certains arrangés par les trois interprètes (John Longhurst, Clay Christiansen, Richard Elliott) qui se partagent le programme bien rempli (79 mn), dominé par la spiritualité et l'apaisement. Comment ne pas se griser de la douce sensualité qui émane de moments de grâce comme "We thank Thee" ?
Chaque pièce est présentée dans le livret, en Anglais bien sûr, qui indique la composition à la console, et inclut quelques édifiantes photos.

Les registrations très variées illustrent la richesse des timbres de cette palette d'obédience plutôt anglo-saxonne, avec des anches à forte pression, garantissant les effets les plus divers (écoutez ainsi les cornets dans l'improvisation sur "How firm a Foundation").
Sollicitée en péroraison de certaines pièces, la puissance peut se montrer écrasante -il y a de quoi avec sept colosses de 32 pieds, et même deux 64 pieds !

Voilà un récital aussi cohérent que pertinent, et une rassasiante carte de visite pour cet orgue monumental qu'on voudrait bien entendre dans un répertoire plus symphonique pour lequel il est redoutablement armé.


Fantaisies
Fantaisies

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les tablatures du recueil "El Maestro" (1536) transcrites pour violes, 1 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fantaisies (CD)
En regard de l'abondante production vocale, peu de recueils furent expressément conçus pour ensemble instrumentaux au XVI° Siècle en Espagne, obligeant à la glose ou à la transcription les interprètes en quête de ce répertoire.
Dans le présent disque de 1994, Jordi Savall s'est inspiré du "Libro de música de vihuela de mano" publié en 1536 par Lluís del Milà, qui servait alors à la Cour valencienne de Germaine de Foix unie au Duc de Calabre.

Les tablatures sont ici jouées par Andrew Lawrence-King en soliste (harpe & psaltérion) ou accompagnant leur adaptation pour un consort de quatre violes (dessus, alto, ténor, basse).
Quelques effets de tambours viennent parfois relancer le rythme. La pochette du CD omet de mentionner le nom du percussionniste ; on peut penser qu'il s'agit de Pedro Estevan, fidèle contributeur de l'Ensemble Hespérion XX.
Les mélomanes qui admirent les enregistrements du gambiste catalan devinent ce qu'ils peuvent attendre du présent récital : expression justement mesurée, profonde scansion des archets, virtuosité des entrelacs polyphoniques, chaleur communicative des cordes.
Cette anthologie de quatre Pavana, trois Gallarda, onze Fantasia et un long Tiento (éloquemment pincé par le harpiste anglais) apporte une fondamentale contribution à la discographie du répertoire instrumental de la Renaissance ibérique, et fut récompensée par un Diapason d'or à sa parution.

Les rééditions de cet album semblent avoir aussi quitté le catalogue couramment disponible, et Jordi Savall serait bien inspiré de reprendre ce programme dans son label Alia Vox, de même que ses formidables enregistrements du Cancionero de la Colombina et celui de Palacio.


Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952)  (Coll. Original Masters)
Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952) (Coll. Original Masters)
Proposé par FastMedia "Navires De USA"
Prix : EUR 43,54

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Avant son intégrale stéréophonique, aujourd'hui encore regardée comme un monument dans la discographie organistique de Bach..., 24 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952) (Coll. Original Masters) (CD)
... et rééditée dans un autre cofret, Helmut Walcha avait gravé une série d'enregistrements (1947-1952) sur deux orgues typiques de la facture nordique : le Stellwagen de l'église Saint-Jacques de Lübeck, et le Schnitger de l'église de Cappel.
Et sur un clavecin pour les quatre Duetti BWV 802-805.
Manquent hélas les virtuoses Concertos, et quelques partitas (pas de "O Gott du frommer Gott", ni "Christ der du bist der helle Tag"...) mais on retrouve les célèbres chorals, l'Orgelbüchlein, les six Sonates, la Passacaille, les Variations canoniques, les grandes Toccatas...
Les prises de son subissent parfois un léger grésillement (d'autant que les mixtures aigues sont survalorisées par les micros) mais s'avèrent parfaitement pleines, définies et amples -pas de quoi s'indisposer.

Un abord abrupt donne la main à un lyrisme ancré dans la spiritualité même de ces pièces.
La hauteur de la vision, la digitalité toujours parfaitement assurée, un hiératisme serein (certains diront marmoréens) s'accompagnent d'un grisant souffle poétique traduit par des registrations diversifiées dont Walcha a gardé le secret -un pan du voile se lève cependant en exergue du premier CD, où Walcha nous révèle quelques arcanes de l'instrument au travers une improvisation.

Peut-être pas l'intégrale à recommander au néophyte, mais l'on viendra ici se ressourcer auprès d'un interprète qui comme peu d'autres semble avoir percé l'altitude de ce grand oeuvre de la pensée et de l'art du Cantor de Leipzig.
Historique et hors d'emprise.


Historical Organs in Sweden-Mo
Historical Organs in Sweden-Mo
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 19,17

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 « Anno Domini 1604 Er dette Aarweck Bögdt och fulkommet », 24 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Historical Organs in Sweden-Mo (CD)
Cette inscription sur son flanc nous rappelle l'ancienneté de cet orgue qu'on suppose sorti des ateliers de Hans Brebos à Copenhague, au tout début du XVII° siècle. Une rénovation en 1715 préserva une partie de la tuyauterie et étendit le nombre de jeux à une petite dizaine, mais toujours sans la moindre anche. Une récente rénovation a restitué cet état, en élaguant les ajouts postérieurs.
Tel quel, avec son unique clavier à octave courte, cet instrument se présente aujourd'hui comme un important témoin de la facture nordique du premier baroque.

Universitaire (une thèse sur Matthias Weckmann, 1616-1674) et interprète spécialisé dans le répertoire qu'il joue ici, Hans Davidsson a choisi quelques compositeurs représentatifs de l'époque et du style propres à illustrer ce ravissant orgue de Morlanda.
Des micros exceptionnellement fidèles aux timbres nous révèlent toutes les beautés du vent façonné par ces quelques Principaux, Flûtes et mixtures. On se pâme en écoutant le souffle de la Flögt 4' et du Gemshorn 2', employés dans les Variations "More Palatino" de Sweelinck. Ou le Gedacht 8' en soliste dans le Ricercar de Froberger. Toutes les registrations sont indiquées dans le livret.

Admettons que la Passacaille en ré mineur de Kerll se plairait dans une acoustique un peu plus ample. Mais l'on s'accommode à l'absence de réverbération, au travers ce disque qui dresse un portrait intime, réaliste et grisant de ce vénérable orgue suédois -capté de très près, comme si nous étions assis devant sa console.


Lindeman,L.M./Organ works
Lindeman,L.M./Organ works
Prix : EUR 20,74

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 En son siècle, Ludvig Mathias Lindeman (1812-1887) fut une figure majeure..., 19 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lindeman,L.M./Organ works (CD)
...de la vie musicale norvégienne, qui collecta un millier d'airs folkloriques dans les campagnes de son pays, sans que cette ressource n'imprègne sa production pour l'orgue, qui reste plutôt tributaire de l'influence germanique -Bach, Mendelssohn et Schumann. Pièces contrapuntiques et variations de choral.

Le présent programme fait entendre trois Préludes & Fugues, à jouer « manualiter » (aux seuls claviers sans pédalier), manifestant une science polyphonique plutôt limitée, et une harmonie peu aventureuse.
Puis deux séries de variations : sur l'hymne funèbre "Hvo veed, hvor nær mig er min ende" (Qui sait combien près de moi est ma fin), publiée seulement en 1975 -un ensemble qui dure plus d'une demi-heure.
Et une autre série sur "Hvo Ikkun Lader Herren Råde", fondée sur le célèbre choral luthérien "Wer nur den lieben Gott lässt walten".

Le livret du CD analyse le langage de ces oeuvres, que j'ai trouvées intéressantes, guère mieux. Il leur manque une invention, une complexité que les jolies registrations de l'orgue de la Cathédrale d'Oslo (un récent instrument construit par les facteurs Ryde & Berg en 1998) ne compensent pas.
Du moins faudrait-il une interprétation plus imaginative que la fiable prestation de Kåre Nordstoga, dont les phrasés très réguliers finissent par générer une certaine monotonie.
Cet enregistrement de novembre 2002, flatté par les micros, constitue en tout cas une agréable découverte et s'écoute avec plaisir... en fond sonore.


Bach - Orgelbüchlein
Bach - Orgelbüchlein
Prix : EUR 9,09

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 « Etant méridional, j'aime la couleur et je reste malgré tout un coloriste, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach - Orgelbüchlein (CD)
Plus que par son unité, cet orgue m'a séduit par la richesse de ses timbres de détail » confiait René Saorgin au sujet de l'adéquation entre l'idéal sonore de Bach et l'instrument de la Basilique de Luxeuil.
Témoin d'une esthétique de synthèse, sédimentée à travers les époques, les tuyaux dont les plus anciens tuyaux remontent à 1617 conservent en tout cas une facture très française, marquée par le piquant des mixtures, la clarté des anches, la coruscance du plenum.
On aura une idée de ces spécificités en écoutant la registration pleine d'éclat du "Gott, durch deine Güte" (plage 2), le "der Tag der ist so freundenreich" où verdoie le cornet, ou le "In dir ist Freude" où tonitrue la pédale.
Cette vive palette convient bien aux numéros les plus pittoresques du Cycle de la nativité. Tandis que la douceur moelleuse des jeux de fond drape la nostalgie de "das alte Jahr vergangen ist", où soupire le bruit de la mécanique, et où l'on admirera l'émouvante souplesse du jeu de Saorgin. Aussi dans "Da Jesus an dem Kreuze stund", phrasé tout en legato, comme pour panser les douleurs de l'affliction du Christ expirant sur sa croix.

Certes la discographie compte nombre d'alternatives, à prélever dans les meilleurs intégrales (Helmut Walcha, André Isoir, Michel Chapuis, Marie-Claire Alain, Bernard Foccroulle, Olivier Vernet...)
Enregistré en octobre 1982, à l'issue de la restauration de l'orgue initiée en 1975, le présent disque offre l'avantage de faire entendre la totalité de l'Orgelbüchlein (manque seulement la réplique du "Liebster Jesu" BWV 634), dans l'ordre du calendrier liturgique : Avent, Noël, Nouvel an, Chandeleur, Carême, Pâques, Pentecôte.
Cela dans une interprétation très vivante, limpide, chamarrée, que les micros ont captée avec ampleur, transparence et brio sous les voûtes de la basilique franc-comtoise.

Peut-être pas la voie la plus idiomatique, ou la plus profonde, pour pénétrer les arcanes de ce merveilleux recueil écrit par Bach, mais voilà assurément une piste aussi franche que stimulante.


Tchaikovsky: The Nutcracker
Tchaikovsky: The Nutcracker
Prix : EUR 11,71

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coup d'épée dans l'eau pour notre soldat de bois, 10 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaikovsky: The Nutcracker (CD)
Semyon Bychkov réalisa quelques disques avec le prestigieux Berliner Philharmoniker de Karajan : une collaboration qui s'inaugura chez Philips par une interprétation tendue et brillante de la Symphonie n°5 de Chostakovitch, en 1986.
Dans le présent "Casse-noisette" enregistré l'année suivante, on retrouve la même virtuosité immaculée, la même pureté presque académique. Mais hélas manque l'essentiel pour ce ballet : le charme, l'enthousiasme, l'imagination.

Evidemment, on ne prendra jamais la discipline en défaut. Tout est en place. La délicate mécanique tchaikovskienne réglée au quart de tour. Mais la prestation s'avère terriblement monotone, insipide, blasée. L'orchestre semble anonyme : les cordes manquent d'étoffe, les bois de personnalité, les cuivres de caractère...
Et surtout la direction du chef russe s'en tient à une lecture qu'au mieux on qualifiera de sobre. Voire désengagée, excessivement neutre. Aucune recherche sur le phrasé, l'influx rythmique ; aucune tournure qui viendrait éveiller les délices de cette partition si merveilleusement instrumentée.
Ni les festivités bourgeoises de Noël, ni le fantasmagorique tableau de la bataille des jouets contre les rats, ni les sucreries de Confiturembourg et leur célébrissime cortège de danses caractéristiques n'inspirent ici autre chose que la plus plate routine, alignée sur un ton indéfectiblement sérieux.

Ajoutons une prise de son certes propre mais pas totalement transparente, et maintenue dans un relief timide.

Et l'on obtient donc une affiche alléchante mais décevante.

Cette version de 1987 n'est pas mauvaise en soi, mais comparée à ce que nous offre la discographie, elle s'avère à mon sens très évitable.
On pourrait confronter ce témoignage à celui d'orchestres moins honorés pour s'apercevoir qu'une telle oeuvre prend vie quand on ne la dévide pas comme une simple enfilade de clichés symphoniques. Le plaisir commence quand le maestro prend goût à nous raconter une histoire. Avec Bychkov, je ne ressens rien de cette envie narrative, qui déborde sous d'autres baguettes.
Citons seulement deux exemples dans le même catalogue Philips : le luxe, le brio d'Antal Dorati avec le Concertgebouworkest d'Amsterdam (1975). Et la poigne, l'humour, les mille saveurs de Gergiev avec les forces du Kirov (1998) !

En complément de programme : trois extraits de l'opéra "Eugène Onéguine", débités avec un luxe froid et morne. Las...


Dalibor
Dalibor
Prix : EUR 10,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Captée à Brno en 1979, cette version ne retrouve pas le formidable engagement scénique..., 10 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dalibor (CD)
...de Jaroslav Krombholc avec Beno Blachut en 1950, mais la direction de Václav Smetáček concilie bien l'impact dramatique et l'efficacité de l'orchestration smetanienne. Cela dans une perspective sonore ample, transparente et très dynamique quoiqu'accusant une certaine dureté tant pour la fosse que sur les voix qui paraissent moins charnelles qu'en acier trempé. Pour un sujet aussi épique, on s'en accommode.

Voici la distribution, qui produit une convaincante prestation d'équipe :

Vladislav, roi de Bohême : Václav Zítek
Dalibor, chevalier : Vilém Přibyl
Budivoj, capitaine de la guarde : Bohuslav Maršík
Beneš, gêolier : Jaroslav Horáček
Vitek, mercenaire : Miloš Ježil
Milada, soeur du Burgrave : Eva Děpoltová
Jitka : Naďa Šormová

Dès l'Acte I, la scène "Pohasnul den", où Milada raconte comment Dalibor attaqua le château de son frère, montre bien l'intensité qu'atteint cette interprétation.

La notice inclut un synopsis très détaillé, mais pas le livret intégral hélas.
Tel quel, proposé à un prix avantageux, voici à mon sens la meilleure invitation pour découvrir à peu de frais ce trésor de l'opéra national tchèque.


Mendelssohn - Le Songe d'une nuit d'été / Ruy Blas ( ouverture )
Mendelssohn - Le Songe d'une nuit d'été / Ruy Blas ( ouverture )
Proposé par INNER PEACE MUSIC
Prix : EUR 18,00

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3.0 étoiles sur 5 Capté à Alfortville en décembre 2001, un "Sommernachtstraum" intégral, avec dialogues. Manque l'illusion des planches ?, 5 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mendelssohn - Le Songe d'une nuit d'été / Ruy Blas ( ouverture ) (CD)
L'érudit August Whilhelm von Schlegel (1767-1845) adapta en sa langue le "Midsummer night's Dream" qui connut alors plusieurs mises en scène en Allemagne au début du XIX° Siècle. En 1842, le Roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV sollicita Mendelssohn pour illustrer cette pièce de Shakespeare : la première représentation tint lieu à Postdam le 14 octobre 1843.
Le présent disque ressuscite une telle entreprise. Une vingtaine de comédiens de la "Oxford and Cambridge Shakespeare Company" disent leur rôle tandis que l'Ensemble orchestral de Paris assure l'Ouverture, les intermèdes et l'accompagnement mélodramatique des treize numéros de l'oeuvre complète.
L'exécution dirigée par John Nelson s'avère fort honnête, même si elle ne saurait rivaliser avec les meilleures prestations symphoniques que signèrent d'illustres baguettes telles Otto Klemperer, Rafael Kubelik, Peter Maag, Kurt Masur, Nikolaus Harnoncourt...
Quant à la troupe anglaise, je ne suis pas assez familier de l'art déclamatoire pour juger de la diction ou de l'incarnation de leur personnage.

Une chose me disconvient surtout : les micros ne situent pas les acteurs dans la même acoustique qu'instruments et choeurs (plus distants). Les voix apparaissent au premier plan, parfois grossies ou focalisées dans un étroit espace, peut-être postsynchronisées avec l'enregistrement orchestral. Une telle perspective sonore entame le divorce entre théâtre et musique, alors qu'une captation de concert aurait fourni l'illusion d'un spectacle total -et vivant. Et non d'une reconstitution de studio comme ici.
Tel quel, nous écoutons là un « objet culturel » fabriqué avec soin et respect : ainsi plage 14 à 0'19, l'éloignement progressif de la Marche nuptiale à la mesure 13, comme prescrivent les didascalies (si on se réfère à la partition telle celle publiée par Dover, d'après l'édition Breitkopf & Härtel).

Mais voilà qui nous immerge artificieusement dans la fantasmagorie de ce "Songe d'une Nuit d'été"...

Malgré ce défaut de crédibilité, une réalisation aussi rare méritera de trouver son public.

En complément, convaincante interprétation de l'Ouverture "Ruy Blas".


Daquin : Noëls pour Orgue
Daquin : Noëls pour Orgue
Prix : EUR 13,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Jean-Jacques Rousseau définissait les Noëls comme « des sortes d'airs destinés à certains cantiques..., 1 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Daquin : Noëls pour Orgue (CD)
...que le peuple chante aux fêtes de Noël. Ces airs doivent avoir un caractère champêtre et pastoral convenant à la simplicité des paroles, et à celle des bergers qu'on suppose les avoir chantés en allant rendre hommage à l'Enfant Jésus dans la Crèche. »
Les textes se forgèrent en langage vernaculaire durant le Moyen-âge, colportés dans la mémoire collective, et prirent une forme poétique à partir du XVI° Siècle, abandonnant peu à peu le dialecte pour le français littéraire.
Les mélodies se calquent sur un préexistant fonds liturgique d'antiennes, ou proviennent plus rarement de créations neuves, voire improvisées. Elles fécondèrent un répertoire instrumental (Marc-Antoine Charpentier, Michel-Richard Delalande...), et particulièrement : organistique !
Dans les villes et campagnes, on se plaît à imaginer les fidèles réjouis d'entendre les tuyaux joindre leur souffle à la célébration enthousiaste de la Nativité. Des airs qui ne devaient certainement pas se cantonner à la circonstance mais plutôt se fredonner toute l'année dans l'intimité des catéchèses et des foyers.

Alimenté par Nicolas Lebègue, Jean-François Dandrieu, Claude-Bénigne Balbastre, et bien sûr Louis-Claude Daquin (1694-1722), ce répertoire reste parmi les plus émouvants et populaires destinés à l'orgue.

Outre d'innombrables anthologies qui picorent dans le corpus, on peut recenser une bonne dizaine d'enregistrements intégraux du "Nouveau Livre de XII Noëls". Les amateurs se souviendront des anciens microsillons jadis gravés par Gaston Litaize à Caudebec-en Caux (Emi, 1973) et Marie-Claire Alain à Saint Théodorit d'Uzès (Erato, 1977). Plus récemment, les CD de Mary Prat-Molinier à la Cathédrale d'Albi (Auvidis, 1988), Denis Fremin à Notre-Dame de Carentan (Festivo, 1994), ou Christian Mouyen au Sainte-Croix de Bordeaux (K 617, 1997) me semblent hélas avoir quitté le catalogue courant.

Les deux seuls témoignages captés hors de nos frontières, toutefois sur des instruments d'esthétique française, sont ceux réalisés à Montréal par Raymond Daveluy (1996) et François Zeitouni (2007).

Parmi ces quatre versions complètes et actuellement disponibles, pas de mauvais choix : lecture preste et brillante de Marina Tchebourkina dans l'acoustique très réverbérée de la Chapelle du Château de Versailles (Natives, 2004) ; lecture baroque et ornementaliste de Christopher Herrick sur le Parisot de Saint-Rémy de Dieppe (Hypérion, 1995).
Mes deux préférées restent celle d'Olivier Baumont sur le vénérable Boizard de Saint-Michel-en Thiérache, aux humeurs agrestes débusquant tous les parfums de terroir enfouis dans ces pièces qui sont là jouées avec alternance instrumentale (flûte, hautbois, basson, violon, violoncelle).

Et bien sûr Pierre Bardon à Saint-Maximin ! Qui depuis cet enregistrement de 1983 sait nous émerveiller par son approche qui concilie le grandiose, le brio et la vocation narrative.
Quel apparat, sans rival sur ce point ! Ah, ces anches électrisantes : écoutez la chamade du Noël VI, l'écrasante bombarde dans le Noël XII !
Un léger défaut de candeur, de spontanéité ? A mon sens plus humble et sensible, Baumont me semble plus proche de la terre, de l'origine rurale de ces vignettes.

Sculptant comme glaise les timbres capiteux des tuyaux du couvent provençal, l'interprétation de Bardon rigidifie les phrasés, élucide les polyphonies et jeux d'écho, elle fige les expressions, allégorise les mélodies comme autant de santons de crèche.
Aucune naïveté néanmoins dans cette lecture : une lenteur calculée, un ton parfois lanciné de douleur impriment à ces tableaux brossés d'empâtements un certain hiératisme piétiste qui planterait déjà l'ombre du Calvaire au-dessus du berceau de la Nativité.

M'en voudra-t-on de terminer par un mauvais point pour l'éditeur : au bout de quelques lignes de notice, on nous indique que le reste du livret est à télécharger sur le site d'Arion... De la tradition à la modernité...


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