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Contenu rédigé par Mélomaniac
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Commentaires écrits par
Mélomaniac (France)
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   

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Oeuvres pour orgue
Oeuvres pour orgue
Prix : EUR 6,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Aux premières lueurs du Baroque, dans des Pays-Bas en pleine Réforme calviniste..., 16 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres pour orgue (CD)
..., Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) fit rayonner sa science contrapuntique et son lyrisme volubile au travers ses pièces pour clavier dont le présent disque fournit un convaincant aperçu.
En soixante-quatre minutes sont abordés les trois principaux genres où s'ingénia « l'Orphée d'Amsterdam » : pièces de virtuosité polyphonique (deux Toccate parmi la douzaine qu'on lui attribue, le Ricercar -une de ses créations les plus développées), pièces inspirées de mélodies populaires (Ballo del Granduca, Malle Sijmen, Mein junges Leben hat ein End', Onder een linde groen, Danse polonaise) et variations sur des chorals luthériens (seulement représentées ici par Erbarm dich mein, o Herre Gott).

Faconde et rigueur : James David Christie révèle ici ces deux qualités essentielles pour faire vivre cette musique ; son phrasé vif et délié ne laisserait désirer qu'un surcroît de souplesse et de magie pour se hisser à la hauteur de l'emblématique enregistrement de Gustav Leonhardt (DHM), qui irradiait la Fantaisie en la mineur d'un feu sacré, là où l'organiste américain se contente d'une structuration remarquablement intelligible mais moins fervente.
Capté en juin 1993 au Wellesley College, l'orgue Fisk de la Houghton Chapel constitue un choix judicieux : plénitude et malléabilité des fonds, lumière des jeux flûtés supportent la construction du discours, charment, brillent, et s'arrogent une éloquence jamais prise en défaut -d'autant que la perspective sonore s'avère excellente, très consistante, dans une acoustique peu mais suffisamment réverbérée, où l'étagement des plans n'est pas sacrifié.
On regrette que cet instrument ne soit présenté dans le livret, qui nous introduit cependant au compositeur néerlandais et à son oeuvre fondateur (on lira avec profit la notice en Anglais, plus développée que celle en Français).

Par ses choix de répertoire et ses options interprétatives, ce CD fertilise l'héritage Renaissance, fait saillir l'influence des toccatistes italiens et des virginalistes anglais qui inspirèrent Sweelinck, bref ressuscite l'amont de ce creuset où viendront s'abreuver Scheidemann, Buxtehude, et... Bach.
Une écoute instructive et gratifiante, à croiser avec les chamarrures du récital de Serge Schoonbroodt à Saint Jacques de Liège (Aeolus), aux couleurs plus grisantes et diversifiées, sur un authentique instrument d'époque, mais d'un aplomb un brin trop monumental.


Chostakovitch: Symphony No.10
Chostakovitch: Symphony No.10
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 18,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La Symphonie n°10 entra au répertoire de Karajan en novembre 1959 et reste la seule des quinze qu'il enregistra..., 16 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch: Symphony No.10 (CD)
... -et à deux reprises pour Deutsche Grammophon : 28-30 novembre 1966, et la présente version captée le 20-27 février 1981.
Entre les deux, les prises de son expliquent quelques audibles différences de physionomie : broussailleuse, diffuse, robustement articulée sur les graves (un concerto pour contrebasse aurait ironisé Sergiu Celibidache...), la première mouture permettait de laisser résonner dans l'acoustique des espaces de non-dit, des épaisseurs chargées de sens, des lourdeurs puisées au sombre romantisme germanique.
Le remake numérique bénéficie d'une perspective exceptionnellement nette. Malgré une pointe de réverbération, certes moindre, les pupitres sont mieux focalisés, ne flottent pas dans l'espace. Leur jeu s'avère en outre beaucoup plus précis, individuellement et collectivement. La puissance se montre mieux canalisée.

Hormis le Finale, la durée de chaque mouvement s'allonge pour la version de 1981 qui se caractérise par un ton hautain, péremptoire, voire orgueilleux. Cela ne messied pas à cette oeuvre contemporaine du dégel stalinien, où la fierté du compositeur s'affirme triomphalement par les répétitions de son moto DSCH à plusieurs moments cruciaux.
Certes l'allure ne traîne pas. On compte la noire à 98 pour l'introduction (-4'54 ; 96 selon la partition jusque la mesure 201). Le maestro se plaît aussitôt à souligner l'accélération (noire à 132 au lieu de 120 jusque 8'47) et les contrastes de timbre. Ainsi la clarinette laiteuse (5'10-6'08) précède un solo de flûte qui travaille des teintes nasales, aulodiques.
Karajan organise un cheminement impitoyable, marqué au fer rouge : la déflagration à 10'53, comme un cri d'horreur. Le climax s'arme d'une intense clarté, sans once de commisération, ne verse aucune larme sur les victimes collatérales. Une telle radicalité s'avère ambivalente selon qu'on perçoit dans cet éprouvant Moderato les ravages perpétrés par un régime totalitaire, ou leur dénonciation.

Comparé à la lecture de 1966, le deuxième mouvement perd ici en prestesse ce qu'il gagne en cohésion et en force lapidaire (noire à 172 tout de même). Une implacable machinerie, en acier trempé. Les rêches attaques de crin, la stridence des vents attestent que le Berliner Philharmoniker cerne l'acerbe vindicte de ce corrosif Allegro, voire l'exprime par des saillies exceptionnellement violentes (2'25, 204). La densité des basses, trombones et tubas herculéens (2'31, 213) maintient un inexpugnable carcan.
Avec sa phalange d'élite, Karajan obtient toutes les ambiances qu'il souhaite. Ainsi dans l'Allegretto, le burlesque manège (7'25, 295) s'anime d'abord avec une insouciance débonnaire, amusée par des trompettes (trop ?) saillantes mais souples. Le maestro précipite un accelerando magistralement dosé vers un Piu mosso agressif (8'35). Puis nous fait basculer dans un enfer dantesque à 9'20 (tutti des cuivres à l'extrême grave de leur registre). On aura noté au passage les textures abrasives que réussissent les quatre cornistes à 8'58- (387).

Comme en 1966, la baguette délaye l'Andante initial du Finale, qui paraît certes moins oraculaire mais encore trop erratique (croche à 91 au lieu de 126 jusque 5'39).
« Dans la section Allegro, l'indication métronomique incroyablement rapide de Chostakovitch est maintenant prise au pied de la lettre », selon le musicographe Richard Osborne. Je me permets de contester cette affirmation.
Certes Karajan l'aborde plus diligemment qu'en 1966 (la noire s'y négociait à 148) mais reste encore un peu en-deçà de ce qu'exige la partition (noire à 163 au lieu de 176). Toutefois, cette décapante lecture se situe parmi les plus rapides de la discographie et se grise d'une virtuosité que peu d'orchestres pourraient atteindre. Une discipline phénoménale, un aplomb qui balaie tout, et en prime une insolente palette de couleurs. Ecoutez le parfait unisson des cors en liesse (11'31-11'45) ! Leur souffle à haute pression, leur rugissement métallique !
Derrière ces prouesses à tomber à la renverse, oserait-on douter de l'authenticité de l'inspiration, comme le magazine Monde de la Musique en 1982 : « le tempo est foudroyant comme il se doit. Tout vient à sa place quand il le faut. Et pourtant, on a l'impression de glisser sur les réalités du discours ».

Je vous laisse vous interroger sur l'éventuelle part de narcissisme ou de superficialité que trahit cette interprétation. Toujours est-il qu'en termes de maîtrise agogique et de finition instrumentale, la performance du chef autrichien laisse la plupart des concurrents au vestiaire.
A ce titre, j'attribue 5 étoiles à cet album, même si cette évaluation ne fera sans doute pas l'unanimité.


Ariane (opéra en un acte)
Ariane (opéra en un acte)
Prix : EUR 12,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pour se reposer de l'écriture de " La Passion grecque", opéra de plus vaste envergure..., 27 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariane (opéra en un acte) (CD)
..., Martinu écrivit en mai-juin 1958 cet "Ariane" en un seul acte, d'après la pièce "Le Voyage de Thésée" de Georges Neveux.
Il mourut avant de voir les premières représentations de cette brève (trois quarts d'heure) mais captivante oeuvre lyrique, qui puise évidemment aux racines mythologiques, tout en se chargeant d'allusions d'une portée presque symboliste, en tout cas riche de non-dit.
Après une Ouverture sous forme de pétulante Sinfonia, orchestrée avec fraîcheur, le langage musical (très accessible) revêt des formes simples et directes, et un langage économe, et mélodieux.
Très bonne prestation de Celina Lindsay dans le rôle-titre (et seul personnage féminin), mais on sera moins enthousiaste quant à la diction du Thésée de Norman Phillips.

Václav Neumann dirige la Philharmonie tchèque avec verve et précision, distillant aussi bien l'émotion pudique de la scène 3.

La présente réédition de cet enregistrement d'avil 1986 est accompagnée d'un gros livret quadrilingue, un luxe dispensable puisque l'oeuvre est chantée dans un Français très compréhensible.
Prise de son claire et spacieuse : bref aucune objection sérieuse pour découvrir ici cet intelligent et ravissant opéra de poche.


Now Let Us Rejoice:Organ Hymns
Now Let Us Rejoice:Organ Hymns
Prix : EUR 15,45

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Capté en mai 2006, ce disque représente le tout premier enregistrement de ce nouvel orgue..., 9 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Now Let Us Rejoice:Organ Hymns (CD)
...installé au Conference Center de Salt Lake City, rattaché à l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
Les 103 jeux (130 rangs, 7708 tuyaux) rayonnent sur un auditorium de 21000 places, et pourtant la prise de son révèle une perspective plutôt mate, peu réverbérée, et extrêmement précise.
En ce lieu mormon, on ne s'étonnera pas que le disque soit consacré à une anthologie d'hymnes, dont certains arrangés par les trois interprètes (John Longhurst, Clay Christiansen, Richard Elliott) qui se partagent le programme bien rempli (79 mn), dominé par la spiritualité et l'apaisement. Comment ne pas se griser de la douce sensualité qui émane de moments de grâce comme "We thank Thee" ?
Chaque pièce est présentée dans le livret, en Anglais bien sûr, qui indique la composition à la console, et inclut quelques édifiantes photos.

Les registrations très variées illustrent la richesse des timbres de cette palette d'obédience plutôt anglo-saxonne, avec des anches à forte pression, garantissant les effets les plus divers (écoutez ainsi les cornets dans l'improvisation sur "How firm a Foundation").
Sollicitée en péroraison de certaines pièces, la puissance peut se montrer écrasante -il y a de quoi avec sept colosses de 32 pieds, et même deux 64 pieds !

Voilà un récital aussi cohérent que pertinent, et une rassasiante carte de visite pour cet orgue monumental qu'on voudrait bien entendre dans un répertoire plus symphonique pour lequel il est redoutablement armé.


Fantaisies
Fantaisies

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les tablatures du recueil "El Maestro" (1536) transcrites pour violes, 1 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fantaisies (CD)
En regard de l'abondante production vocale, peu de recueils furent expressément conçus pour ensemble instrumentaux au XVI° Siècle en Espagne, obligeant à la glose ou à la transcription les interprètes en quête de ce répertoire.
Dans le présent disque de 1994, Jordi Savall s'est inspiré du "Libro de música de vihuela de mano" publié en 1536 par Lluís del Milà, qui servait alors à la Cour valencienne de Germaine de Foix unie au Duc de Calabre.

Les tablatures sont ici jouées par Andrew Lawrence-King en soliste (harpe & psaltérion) ou accompagnant leur adaptation pour un consort de quatre violes (dessus, alto, ténor, basse).
Quelques effets de tambours viennent parfois relancer le rythme. La pochette du CD omet de mentionner le nom du percussionniste ; on peut penser qu'il s'agit de Pedro Estevan, fidèle contributeur de l'Ensemble Hespérion XX.
Les mélomanes qui admirent les enregistrements du gambiste catalan devinent ce qu'ils peuvent attendre du présent récital : expression justement mesurée, profonde scansion des archets, virtuosité des entrelacs polyphoniques, chaleur communicative des cordes.
Cette anthologie de quatre Pavana, trois Gallarda, onze Fantasia et un long Tiento (éloquemment pincé par le harpiste anglais) apporte une fondamentale contribution à la discographie du répertoire instrumental de la Renaissance ibérique, et fut récompensée par un Diapason d'or à sa parution.

Les rééditions de cet album semblent avoir aussi quitté le catalogue couramment disponible, et Jordi Savall serait bien inspiré de reprendre ce programme dans son label Alia Vox, de même que ses formidables enregistrements du Cancionero de la Colombina et celui de Palacio.


Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952)  (Coll. Original Masters)
Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952) (Coll. Original Masters)
Proposé par RevivalMedia
Prix : EUR 45,77

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Avant son intégrale stéréophonique, aujourd'hui encore regardée comme un monument dans la discographie organistique de Bach..., 24 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach - Intégrale des oeuvres pour orgue (1947-1952) (Coll. Original Masters) (CD)
... et rééditée dans un autre cofret, Helmut Walcha avait gravé une série d'enregistrements (1947-1952) sur deux orgues typiques de la facture nordique : le Stellwagen de l'église Saint-Jacques de Lübeck, et le Schnitger de l'église de Cappel.
Et sur un clavecin pour les quatre Duetti BWV 802-805.
Manquent hélas les virtuoses Concertos, et quelques partitas (pas de "O Gott du frommer Gott", ni "Christ der du bist der helle Tag"...) mais on retrouve les célèbres chorals, l'Orgelbüchlein, les six Sonates, la Passacaille, les Variations canoniques, les grandes Toccatas...
Les prises de son subissent parfois un léger grésillement (d'autant que les mixtures aigues sont survalorisées par les micros) mais s'avèrent parfaitement pleines, définies et amples -pas de quoi s'indisposer.

Un abord abrupt donne la main à un lyrisme ancré dans la spiritualité même de ces pièces.
La hauteur de la vision, la digitalité toujours parfaitement assurée, un hiératisme serein (certains diront marmoréens) s'accompagnent d'un grisant souffle poétique traduit par des registrations diversifiées dont Walcha a gardé le secret -un pan du voile se lève cependant en exergue du premier CD, où Walcha nous révèle quelques arcanes de l'instrument au travers une improvisation.

Peut-être pas l'intégrale à recommander au néophyte, mais l'on viendra ici se ressourcer auprès d'un interprète qui comme peu d'autres semble avoir percé l'altitude de ce grand oeuvre de la pensée et de l'art du Cantor de Leipzig.
Historique et hors d'emprise.


Historical Organs in Sweden-Mo
Historical Organs in Sweden-Mo
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 18,64

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Anno Domini 1604 Er dette Aarweck Bögdt och fulkommet », 24 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Historical Organs in Sweden-Mo (CD)
Cette inscription sur son flanc nous rappelle l'ancienneté de cet orgue qu'on suppose sorti des ateliers de Hans Brebos à Copenhague, au tout début du XVII° siècle. Une rénovation en 1715 préserva une partie de la tuyauterie et étendit le nombre de jeux à une petite dizaine, mais toujours sans la moindre anche. Une récente rénovation a restitué cet état, en élaguant les ajouts postérieurs.
Tel quel, avec son unique clavier à octave courte, cet instrument se présente aujourd'hui comme un important témoin de la facture nordique du premier baroque.

Universitaire (une thèse sur Matthias Weckmann, 1616-1674) et interprète spécialisé dans le répertoire qu'il joue ici, Hans Davidsson a choisi quelques compositeurs représentatifs de l'époque et du style propres à illustrer ce ravissant orgue de Morlanda.
Des micros exceptionnellement fidèles aux timbres nous révèlent toutes les beautés du vent façonné par ces quelques Principaux, Flûtes et mixtures. On se pâme en écoutant le souffle de la Flögt 4' et du Gemshorn 2', employés dans les Variations "More Palatino" de Sweelinck. Ou le Gedacht 8' en soliste dans le Ricercar de Froberger. Toutes les registrations sont indiquées dans le livret.

Admettons que la Passacaille en ré mineur de Kerll se plairait dans une acoustique un peu plus ample. Mais l'on s'accommode à l'absence de réverbération, au travers ce disque qui dresse un portrait intime, réaliste et grisant de ce vénérable orgue suédois -capté de très près, comme si nous étions assis devant sa console.


Lindeman,L.M./Organ works
Lindeman,L.M./Organ works
Prix : EUR 20,74

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 En son siècle, Ludvig Mathias Lindeman (1812-1887) fut une figure majeure..., 19 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lindeman,L.M./Organ works (CD)
...de la vie musicale norvégienne, qui collecta un millier d'airs folkloriques dans les campagnes de son pays, sans que cette ressource n'imprègne sa production pour l'orgue, qui reste plutôt tributaire de l'influence germanique -Bach, Mendelssohn et Schumann. Pièces contrapuntiques et variations de choral.

Le présent programme fait entendre trois Préludes & Fugues, à jouer « manualiter » (aux seuls claviers sans pédalier), manifestant une science polyphonique plutôt limitée, et une harmonie peu aventureuse.
Puis deux séries de variations : sur l'hymne funèbre "Hvo veed, hvor nær mig er min ende" (Qui sait combien près de moi est ma fin), publiée seulement en 1975 -un ensemble qui dure plus d'une demi-heure.
Et une autre série sur "Hvo Ikkun Lader Herren Råde", fondée sur le célèbre choral luthérien "Wer nur den lieben Gott lässt walten".

Le livret du CD analyse le langage de ces oeuvres, que j'ai trouvées intéressantes, guère mieux. Il leur manque une invention, une complexité que les jolies registrations de l'orgue de la Cathédrale d'Oslo (un récent instrument construit par les facteurs Ryde & Berg en 1998) ne compensent pas.
Du moins faudrait-il une interprétation plus imaginative que la fiable prestation de Kåre Nordstoga, dont les phrasés très réguliers finissent par générer une certaine monotonie.
Cet enregistrement de novembre 2002, flatté par les micros, constitue en tout cas une agréable découverte et s'écoute avec plaisir... en fond sonore.


Bach - Orgelbüchlein
Bach - Orgelbüchlein
Prix : EUR 9,09

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Etant méridional, j'aime la couleur et je reste malgré tout un coloriste, 12 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach - Orgelbüchlein (CD)
Plus que par son unité, cet orgue m'a séduit par la richesse de ses timbres de détail » confiait René Saorgin au sujet de l'adéquation entre l'idéal sonore de Bach et l'instrument de la Basilique de Luxeuil.
Témoin d'une esthétique de synthèse, sédimentée à travers les époques, les tuyaux dont les plus anciens tuyaux remontent à 1617 conservent en tout cas une facture très française, marquée par le piquant des mixtures, la clarté des anches, la coruscance du plenum.
On aura une idée de ces spécificités en écoutant la registration pleine d'éclat du "Gott, durch deine Güte" (plage 2), le "der Tag der ist so freundenreich" où verdoie le cornet, ou le "In dir ist Freude" où tonitrue la pédale.
Cette vive palette convient bien aux numéros les plus pittoresques du Cycle de la nativité. Tandis que la douceur moelleuse des jeux de fond drape la nostalgie de "das alte Jahr vergangen ist", où soupire le bruit de la mécanique, et où l'on admirera l'émouvante souplesse du jeu de Saorgin. Aussi dans "Da Jesus an dem Kreuze stund", phrasé tout en legato, comme pour panser les douleurs de l'affliction du Christ expirant sur sa croix.

Certes la discographie compte nombre d'alternatives, à prélever dans les meilleurs intégrales (Helmut Walcha, André Isoir, Michel Chapuis, Marie-Claire Alain, Bernard Foccroulle, Olivier Vernet...)
Enregistré en octobre 1982, à l'issue de la restauration de l'orgue initiée en 1975, le présent disque offre l'avantage de faire entendre la totalité de l'Orgelbüchlein (manque seulement la réplique du "Liebster Jesu" BWV 634), dans l'ordre du calendrier liturgique : Avent, Noël, Nouvel an, Chandeleur, Carême, Pâques, Pentecôte.
Cela dans une interprétation très vivante, limpide, chamarrée, que les micros ont captée avec ampleur, transparence et brio sous les voûtes de la basilique franc-comtoise.

Peut-être pas la voie la plus idiomatique, ou la plus profonde, pour pénétrer les arcanes de ce merveilleux recueil écrit par Bach, mais voilà assurément une piste aussi franche que stimulante.


Tchaikovsky: The Nutcracker
Tchaikovsky: The Nutcracker
Prix : EUR 10,11

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coup d'épée dans l'eau pour notre soldat de bois, 10 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaikovsky: The Nutcracker (CD)
Semyon Bychkov réalisa quelques disques avec le prestigieux Berliner Philharmoniker de Karajan : une collaboration qui s'inaugura chez Philips par une interprétation tendue et brillante de la Symphonie n°5 de Chostakovitch, en 1986.
Dans le présent "Casse-noisette" enregistré l'année suivante, on retrouve la même virtuosité immaculée, la même pureté presque académique. Mais hélas manque l'essentiel pour ce ballet : le charme, l'enthousiasme, l'imagination.

Evidemment, on ne prendra jamais la discipline en défaut. Tout est en place. La délicate mécanique tchaikovskienne réglée au quart de tour. Mais la prestation s'avère terriblement monotone, insipide, blasée. L'orchestre semble anonyme : les cordes manquent d'étoffe, les bois de personnalité, les cuivres de caractère...
Et surtout la direction du chef russe s'en tient à une lecture qu'au mieux on qualifiera de sobre. Voire désengagée, excessivement neutre. Aucune recherche sur le phrasé, l'influx rythmique ; aucune tournure qui viendrait éveiller les délices de cette partition si merveilleusement instrumentée.
Ni les festivités bourgeoises de Noël, ni le fantasmagorique tableau de la bataille des jouets contre les rats, ni les sucreries de Confiturembourg et leur célébrissime cortège de danses caractéristiques n'inspirent ici autre chose que la plus plate routine, alignée sur un ton indéfectiblement sérieux.

Ajoutons une prise de son certes propre mais pas totalement transparente, et maintenue dans un relief timide.

Et l'on obtient donc une affiche alléchante mais décevante.

Cette version de 1987 n'est pas mauvaise en soi, mais comparée à ce que nous offre la discographie, elle s'avère à mon sens très évitable.
On pourrait confronter ce témoignage à celui d'orchestres moins honorés pour s'apercevoir qu'une telle oeuvre prend vie quand on ne la dévide pas comme une simple enfilade de clichés symphoniques. Le plaisir commence quand le maestro prend goût à nous raconter une histoire. Avec Bychkov, je ne ressens rien de cette envie narrative, qui déborde sous d'autres baguettes.
Citons seulement deux exemples dans le même catalogue Philips : le luxe, le brio d'Antal Dorati avec le Concertgebouworkest d'Amsterdam (1975). Et la poigne, l'humour, les mille saveurs de Gergiev avec les forces du Kirov (1998) !

En complément de programme : trois extraits de l'opéra "Eugène Onéguine", débités avec un luxe froid et morne. Las...


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