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Yrad

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Star Trek
Star Trek
par Robert GREENBERGER
Edition : Relié
Prix : EUR 29,90

22 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 La somme de tous les préjugés au royaume de la pensée unique..., 17 octobre 2013
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Alors bien sûr, l'objet lui-même a de la gueule : couverture reliée, papier glacé épais, illustrations nombreuses et opulentes, mise en page ludique...

Malheureusement pour toute "histoire non officielle", Robert Greenberger livre une vision partiale et partielle de ce monument de la pop culture qu'est "Star Trek" (le plus vaste univers de SF à ce jour).
Deux tiers de l'ouvrage sont consacrés à la seule série originale... qui pourtant ne représente que 15% de la franchise... et dont on pourrait penser (à la lecture du bouquin) que sa fonction principale fut de préparer à l'avènement du reboot cinématographique de JJ Abrams (pourtant sa totale négation).
Et entre les deux, à la façon d'un passage obligé mais sans enthousiasme, l'auteur survole au pas de course les quatre séries de Rick Berman, qui ont pourtant représenté le pic de créativité et de popularité de "Star Trek", soit pas moins de 628 opus pour vingt années de création audiovisuelle ininterrompue (et 85% du volume total).
Manque de pot pour les lecteurs français, ce gigantesque pan du trekkisme (1987-2005) n'a jamais eu les faveurs des télédiffusions hexagonales (hormis sur quelques chaînes confidentielles du câble/satellite), et sa mise en parenthèse conformiste par "The Complete Unauthorized History" (titre VO du livre) ne fera que renforcer l'idée reçue typiquement française que "Star Trek" se résumerait essentiellement à une kitscherie des sixties... "fort heureusement" "dépoussiérée" en 2009 par le roi des blockbusters creux.

Toutes les idées reçues sont ici consciencieusement réunies :
- informations assez bateaux déjà largement disponibles sur Wikipedia ;
- fétichisme branchouille/vintage de "Star Trek The Original Series" ;
- respect poli envers les séries "Star Trek The Next Generation" et "Deep Space Nine" ;
- mépris à peine voilé pour les séries "Star Trek Voyager", "Enterprise", et les deux derniers films de "The Next Generation" ;
- et bien entendu glorification messianique du reboot.

A défaut de la neutralité d'un travail encyclopédique, Robert Greenberger aurait pu au moins livrer une analyse originale et inédite. Hélas il n'en est rien, ce connaisseur américain de DC et de Marvel - mais finalement bien peu de "Star Trek" - se contente d'assurer (volontairement ou non) le SAV de Bad Robot ! Et ce n'est évidemment pas un hasard si la version française de l'ouvrage sort exactement le même jour que les éditions Blu-Ray & DVD de "Star Trek Into Darkness"...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 3, 2013 5:11 PM CET


Star Trek - Enterprise - Saison 1 [Blu-ray]
Star Trek - Enterprise - Saison 1 [Blu-ray]
DVD ~ Scott Bakula
Proposé par VipBluray
Prix : EUR 39,99

34 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les (envoûtantes) origines du mythe... ENFIN en Blu-Ray !, 15 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek - Enterprise - Saison 1 [Blu-ray] (Blu-ray)
"Enterprise" est la série prequelle de l'univers "Star Trek". Ce qui signifie que ses 98 épisodes (sur 4 saisons) prennent chronologiquement place avant tout le reste de "Star Trek" (628 épisodes & 10 films !), tout en s'adressant en priorité aux spectateurs qui connaissent ledit "reste".

Seulement voilà : développer en 2001 une série au goût du jour (c'est-à-dire avec des effets spéciaux "dernier cri" et une mise en scène "tendance") mais supposée chronologiquement antérieure de plus d'un siècle à une série des sixties au look ultra-kitsch (i.e. "Star Trek: The Original Series")... cela relevait littéralement de l'exploit, pour ne pas dire de l'impensable !
Or force est de constater que ce défi a magistralement été relevé par ses créateurs-auteurs-producteurs Rick Berman & Brannon Braga ! Ainsi, non seulement la série "Enterprise" aura réussi à mettre en scène une transition crédible entre le cynisme de notre monde et l'utopie trekkienne, mais elle sera également parvenue à unifier comme jamais l'univers "Star Trek" (le plus vaste à ce jour par le nombre d'heures de programme)... en "résolvant" avec maestria toutes les incohérences internes qui subsistaient encore entre les différentes périodes de ses trois cents ans de "timeframe" !
Malheureusement, la puissante communauté des trekkers américains est longtemps restée divisée sur la vocation et la portée de la série "Enterprise". Car celle-ci prenait place dans un monde qui n'était pas encore celui de "Star Trek" (afin d'en expliquer justement la genèse, notamment par la fondation tumultueuse de la Fédération), tout en osant donner corps au mythe né de ce qui ne fut pas donné aux spectateurs durant si longtemps. Telle est au fond la condition polémique des prequels dont la mission ingrate est de s'attaquer au "mythe des origines" (cf. la prélogie de "Star Wars", "Prometheus" de Ridley Scott, la série "Caprica" de Ronald D. Moore...).

Fort d'un casting très solide (campant des personnages délibérément imparfaits, humains en somme), les deux premières saisons "d'Enterprise" - dont la première devait prendre place uniquement sur Terre (au 22ème siècle) selon le projet initial de Rick Berman - furent portées par un concept original et une véritable inspiration d'auteur. Dans un style très "The Right Stuff (L'étoffe des héros)", elles auront exacerbé une des plus nobles constantes de l'humanité à travers les âges : la fascination pour l'inconnu, et la soif d'exploration... quel qu'en soit le prix ! A l'honneur : ces "fous volants" qui ont fait l'Histoire aéronautique puis astronautique des temps modernes.
Le capitaine Jonathan Archer - incarné par le touchant Scott Bakula - restera la plus vibrante incarnation de cette quête d'ailleurs et de dépassement de soi, posant un regard vierge et insouciant sur l'enfance de l'aventure spatiale dans un cosmos donnant le vertige ! Soit quelque chose de largement inédit en série télévisée.

C'est hélas seulement à partir de sa troisième saison post-9/11 (au style "feuilleton haletant" façon "24") "qu'Enterprise" reçut un soutien quasi-unanime du public et de la critique.
Mais il était déjà trop tard : l'annulation de la série par CBS-Paramount tomba tel un couperet en 2005, au terme de sa quatrième saison (la série devait idéalement en totaliser dix, au minimum sept). Une mise à mort en plein essor qui laisse - encore maintenant - un goût bien amer étant donné l'exceptionnelle richesse thématique et les innombrables promesses de cette "Histoire du futur" en marche...
Malgré tout, les scénaristes eurent le temps d'achever naturellement et élégamment "Enterprise" (sans cliffhanger insoutenable au contraire de tant d'autres séries "victimes du système"), apportant même un superbe point final à quarante années de créativité audiovisuelle.

En 2009, JJ Abrams pratiquera un complet reboot - à la mode comicsienne - de "Star Trek" au cinéma... mais il s'agit là d'une autre histoire (et désormais aussi d'un autre univers).

Du coup, plus que jamais, "Enterprise" représente l'un des apogées de la longue aventure trekkienne (entamée en 1964) et toute l'audace (trop souvent sous-estimée voire incomprise) de ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'ère Rick Berman" (1987-2005).

Il n'est que justice que la série prequelle soit éditée en Blu-Ray, car du club des six ("TOS/TAS/TNG/DS9/VOY/ENT"), elle seule fut directement postproduite en HD (quoique encore expérimentale à l'époque), ce qui représentait en 2001 une véritable innovation à la télévision américaine. Or douze ans après, c'est au mieux une déclinaison "HD ready" (720p) qui aura été diffusée aux USA (et proposée sur le catalogue iTunes). Il est donc grand temps que le public puisse enfin savourer une "full HD" native (1080p) seule à même de mettre à l'honneur le superbe visuel de la série, sans en passer - au contraire des cinq précédentes - par un lent et coûteux remastering.
Et pour ne rien gâcher, cette édition Blu-Ray "d'Enterprise" bénéficiera - comme celles de "The Original Series" et de "The Next Generation" - d'une avalanche de nouveaux bonus à valeur ajoutée (et en HD), avec le concours très actif de l'auteur-producteur Brannon Braga.

Bref, à recommander sans réserve à tous les amateurs de vraie et bonne science-fiction, exigeants aussi bien envers le fond qu'envers la forme.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 10, 2013 4:17 PM MEST


Spirou et Fantasio, tome 53 : Dans les griffes de la vipère (ed silver)
Spirou et Fantasio, tome 53 : Dans les griffes de la vipère (ed silver)
par Fabien Vehlmann
Edition : Relié
Prix : EUR 10,60

7 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une très belle surprise !, 15 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirou et Fantasio, tome 53 : Dans les griffes de la vipère (ed silver) (Relié)
La collection Spirou & Fantasio s'était transformée en chemin de larme depuis son abandon en 1998 par Tome & Janry après l'excellentissime "Machine qui rêve" aux accents dickiens.
En dépit de deux extraordinaires pépites visitées par l'esprit de feu Yves Chaland ("Le journal d'un ingénu" et "Le groom vert-de-gris") dans la série parallèle des one shots "Une aventure de Spirou et Fantasio par" (délaissée d'ailleurs depuis 2010), la succession de Fabien Vehlmann & Yoann à Jean-David Morvan & José Luis Munuera laissait vraiment penser que la série historique était appelée à tomber de Charybde en Scylla.

Quelle ne fut alors pas la surprise de découvrir dans "Les griffes de la vipère" un album rompant avec quinze ans de dégénérescence pour proposer ENFIN un véritable contenu, pourfendant sans ménagement les lois économiques et passant à la moulinette les traits émétiques du monde contemporain. Contre toute attente, Fabien Vehlmann a réussi à composer ici une authentique mise en abyme à force de clins d'œil savoureux et de références aigres-douces : le "Spirou du temps qui passe" prenant toute la mesure du "Spirou éternel" (comprendre celui de Franquin) à travers un monde (et un lectorat) ayant radicalement changé... et face auquel les idéaux scouts (AdS) et "l'héroïsme de faits divers" se révèlent bien impuissants, pour ne pas dire obsolètes.

Fantasio est devenu - de facto - le véritable patron des éditions Dupuis dont la survie se décide dorénavant dans les tribunaux et par les contrats publicitaires ; réifié en mascotte et relégué au musée vivant des super-héros (pour les caprices d'un milliardaire sadique), Spirou ne s'avère guère armé pour affronter des "méchants 2.0" (i.e. les lobbies contrôlant le monde à coup de judiciarisation, d'OPA, et de chantage) ; et notre planète s'apparente au "village" (du "Prisonnier"), minuscule sous l'emprise de multinationales dictant leurs lois aux gouvernements et assistées d'omniprésents mouchards high-tech interdisant à quiconque le luxe de l'anonymat. Même la victoire - ou pour être plus exact - la survie du héros revêt ici un goût bien amer car elle est davantage imputable aux lois naturelles et à une dynamique de compromission...

D'aucuns s'indigneront que la fraicheur du Spirou de Rob-Vel (dont l'intégrale sort également ce mois-ci) et le génie inégalé de Franquin aient désormais fait place à une peinture totalement désenchantée... Mais ce serait oublier que Spirou est et a toujours été un héros de son temps, ayant pour vocation de cristalliser - à sa façon pittoresque et parfois surréaliste - le Zeitgeist.
Certes, "Dans les griffes de la vipère" s'illustre par un inhabituel réalisme, baigné de cynisme et d'humour noir. Mais ce n'est pas sans évoquer les audacieuses initiatives de Tome & Janry à la fin des années 90... Espérons que les auteurs aient cette fois le courage d'assumer durablement ce parti pris, car la fantaisie de ce qu'il reste de "l'Ecole de Marcinelle" n'est pas incompatible avec la lucidité.

On pourra tout au plus regretter (un peu) le dessin de Yoann, pour le moins outrancier, parfois même à la limite du vulgaire. Mais là, c'est affaire de goût...


Star Trek : Enterprise : L'Integrale Saison 1 - Coffret 7 DVD [Import belge]
Star Trek : Enterprise : L'Integrale Saison 1 - Coffret 7 DVD [Import belge]
DVD ~ Scott Bakula
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 99,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les origines du mythe... pour un vrai must de la SF audiovisuelle !, 4 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek : Enterprise : L'Integrale Saison 1 - Coffret 7 DVD [Import belge] (DVD)
"Enterprise" est la série prequelle de l'univers "Star Trek". Ce qui signifie que ses 98 épisodes (sur 4 saisons) prennent chronologiquement place avant tout le reste de "Star Trek" (628 épisodes & 10 films !), tout en s'adressant en priorité aux spectateurs qui connaissent ledit "reste".

Seulement voilà : développer en 2001 une série au goût du jour (c'est-à-dire avec des effets spéciaux "dernier cri" et une mise en scène dynamique) mais supposée antérieure de plus d'un siècle à une série des sixties au look kitsch et fauché (i.e. "Star Trek: The Original Series")... cela relevait littéralement de l'exploit, pour ne pas dire de l'impensable !
Or force est de constater que ce défi a magistralement été relevé par ses créateurs-auteurs-producteurs Rick Berman & Brannon Braga ! Ainsi, non seulement la série Enterprise aura réussi à mettre en scène une transition crédible entre le cynisme de notre monde et l'utopie trekkienne, mais elle sera également parvenue à unifier comme jamais l'univers Star Trek (l'un des plus vastes à ce jour)... en "résolvant" avec maestria toutes les incohérences internes qui subsistaient encore entre les différentes périodes de ses deux cents ans de timeframe !
Malheureusement, la puissante communauté des trekkers américains est longtemps restée divisée sur la vocation et la portée d'Enterprise. Car celle-ci prenait place dans un monde qui n'était pas encore celui de Star Trek (afin d'en expliquer justement la genèse, notamment par la fondation tumultueuse de la Fédération), tout en osant donner corps au mythe né de ce qui ne fut pas donné aux spectateurs durant si longtemps. Telle est au fond la condition polémique des prequels dont la mission ingrate est de s'attaquer au "mythe des origines" (cf. la prélogie de "Star Wars" ou le "Prometheus" de Ridley Scott...).

Fort d'un casting très solide (campant des personnages délibérément imparfaits, humains en somme), les deux premières saisons d'Enterprise - dont la première devait initialement prendre place uniquement sur Terre (au 22ème siècle) - furent portées par un concept original et une véritable inspiration d'auteur. Dans un style très "The Right Stuff", elles auront exacerbé une des plus nobles constantes de l'humanité à travers les âges : la fascination pour l'inconnu, et la soif d'exploration... quel qu'en soit le prix ! A l'honneur : ces "fous volants" qui ont fait l'Histoire aéronautique & astronautique des temps modernes.
Le capitaine Jonathan Archer - incarné par le touchant Scott Bakula - restera la plus vibrante incarnation de cette quête d'ailleurs et de dépassement de soi, posant un regard vierge et insouciant sur l'enfance de l'aventure spatiale dans un cosmos donnant le vertige ! Soit quelque chose de largement inédit en série télévisée.

C'est hélas seulement à partir de sa troisième saison (au style "feuilleton haletant" façon "24") qu'Enterprise reçut un soutien quasi-unanime du public et de la critique.
Mais il était déjà trop tard ! L'annulation de la série par la Paramount tomba tel un couperet en 2005, au terme de sa quatrième saison (la série devait idéalement en totaliser dix, au minimum sept). Une mise à mort en plein essor qui laisse - encore maintenant - un goût bien amer étant donné l'exceptionnelle richesse thématique et les innombrables promesses d'une "Histoire du futur" en marche...
Malgré tout, les scénaristes eurent le temps d'achever naturellement et élégamment Enterprise (sans cliffhanger insoutenable au contraire de tant d'autres séries "victimes du système"), apportant même un superbe point final à quarante années de créativité audiovisuelle.

En 2009, JJ Abrams pratiquera un complet reboot - à la mode comicsienne - de Star Trek au cinéma... mais il s'agit là d'une autre histoire (et désormais aussi d'un autre univers).

Plus que jamais, la série Enterprise représente l'un des apogées de la longue aventure trekkienne (entamée en 1964) et toute l'audace (trop souvent sous-estimée voire incomprise) de ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'ère Rick Berman" (1986-2006).
A recommander sans réserve à tous les connaisseurs de vraie et bonne science-fiction, ainsi qu'aux amateurs d'univers imaginaires ultra-cohérents.


StarTrek : Enterprise, Intégrale Saison 1 - version 2009
StarTrek : Enterprise, Intégrale Saison 1 - version 2009
DVD ~ Scott Bakula
Prix : EUR 60,20

9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les origines du mythe... pour un vrai must de la SF audiovisuelle !, 4 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : StarTrek : Enterprise, Intégrale Saison 1 - version 2009 (DVD)
"Enterprise" est la série prequelle de l'univers "Star Trek". Ce qui signifie que ses 98 épisodes (sur 4 saisons) prennent chronologiquement place avant tout le reste de "Star Trek" (628 épisodes & 10 films !), tout en s'adressant en priorité aux spectateurs qui connaissent ledit "reste".

Seulement voilà : développer en 2001 une série au goût du jour (c'est-à-dire avec des effets spéciaux "dernier cri" et une mise en scène dynamique) mais supposée antérieure de plus d'un siècle à une série des sixties au look kitsch et fauché (i.e. "Star Trek: The Original Series")... cela relevait littéralement de l'exploit, pour ne pas dire de l'impensable !
Or force est de constater que ce défi a magistralement été relevé par ses créateurs-auteurs-producteurs Rick Berman & Brannon Braga ! Ainsi, non seulement la série Enterprise aura réussi à mettre en scène une transition crédible entre le cynisme de notre monde et l'utopie trekkienne, mais elle sera également parvenue à unifier comme jamais l'univers Star Trek (l'un des plus vastes à ce jour)... en "résolvant" avec maestria toutes les incohérences internes qui subsistaient encore entre les différentes périodes de ses deux cents ans de timeframe !
Malheureusement, la puissante communauté des trekkers américains est longtemps restée divisée sur la vocation et la portée d'Enterprise. Car celle-ci prenait place dans un monde qui n'était pas encore celui de Star Trek (afin d'en expliquer justement la genèse, notamment par la fondation tumultueuse de la Fédération), tout en osant donner corps au mythe né de ce qui ne fut pas donné aux spectateurs durant si longtemps. Telle est au fond la condition polémique des prequels dont la mission ingrate est de s'attaquer au "mythe des origines" (cf. la prélogie de "Star Wars" ou le "Prometheus" de Ridley Scott...).

Fort d'un casting très solide (campant des personnages délibérément imparfaits, humains en somme), les deux premières saisons d'Enterprise - dont la première devait initialement prendre place uniquement sur Terre (au 22ème siècle) - furent portées par un concept original et une véritable inspiration d'auteur. Dans un style très "The Right Stuff", elles auront exacerbé une des plus nobles constantes de l'humanité à travers les âges : la fascination pour l'inconnu, et la soif d'exploration... quel qu'en soit le prix ! A l'honneur : ces "fous volants" qui ont fait l'Histoire aéronautique & astronautique des temps modernes.
Le capitaine Jonathan Archer - incarné par le touchant Scott Bakula - restera la plus vibrante incarnation de cette quête d'ailleurs et de dépassement de soi, posant un regard vierge et insouciant sur l'enfance de l'aventure spatiale dans un cosmos donnant le vertige ! Soit quelque chose de largement inédit en série télévisée.

C'est hélas seulement à partir de sa troisième saison (au style "feuilleton haletant" façon "24") qu'Enterprise reçut un soutien quasi-unanime du public et de la critique.
Mais il était déjà trop tard ! L'annulation de la série par la Paramount tomba tel un couperet en 2005, au terme de sa quatrième saison (la série devait idéalement en totaliser dix, au minimum sept). Une mise à mort en plein essor qui laisse - encore maintenant - un goût bien amer étant donné l'exceptionnelle richesse thématique et les innombrables promesses d'une "Histoire du futur" en marche...
Malgré tout, les scénaristes eurent le temps d'achever naturellement et élégamment Enterprise (sans cliffhanger insoutenable au contraire de tant d'autres séries "victimes du système"), apportant même un superbe point final à quarante années de créativité audiovisuelle.

En 2009, JJ Abrams pratiquera un complet reboot - à la mode comicsienne - de Star Trek au cinéma... mais il s'agit là d'une autre histoire (et désormais aussi d'un autre univers).

Plus que jamais, la série Enterprise représente l'un des apogées de la longue aventure trekkienne (entamée en 1964) et toute l'audace (trop souvent sous-estimée voire incomprise) de ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'ère Rick Berman" (1986-2006).
A recommander sans réserve à tous les connaisseurs de vraie et bonne science-fiction, ainsi qu'aux amateurs d'univers imaginaires ultra-cohérents.


Star Trek , le film 2009 - Edition simple
Star Trek , le film 2009 - Edition simple
DVD ~ Chris Pine
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 7,90

20 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 36 bonnes raisons d'aimer Star Trek 2009, 28 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Star Trek , le film 2009 - Edition simple (DVD)
Voici 36 bonnes raisons d'aimer le Star Trek 2009 de J.J. Abrams :

- être payé (directement ou indirectement) par Paramount (ou Bad Robot) ;

- soigner son image et tenir à conserver une (bonne) réputation ;

- estimer au nom de "l'Art" que la forme prime sur le fond ;

- suivre la mode (ou la majorité) en toute circonstance ;

- aimer par principe la nouveauté et tout ce qui brille ;

- être bon public, béni-oui-oui envers la SF, tout aimer ;

- être accro aux blockbusters, au grand spectacle, aux sensations THX ;

- être sujet au syndrome du jeunisme : les acteurs doivent toujours avoir des gueules de jeunes premiers, et les actrices être bandantes ;

- être en plein trip "fun attitude"... ou "adulescent" "gloubi-boulga" ;

- aimer les productions tape-à-l'œil et trompeuses de JJ Abrams (Alias, Lost, Fringe...) ;

- n'avoir d'estime que pour l'innovation (comprendre par innovation : "ce que nul n'avait eu le culot de faire avant") ;

- connaître mal (ou pas du tout) l'univers de Star Trek ;

- être à l'opposé un vrai trekkie, et aduler a priori tout ce qui possède le label Star Trek (et tant pis si ce label est complètement usurpé) ;

- ne pas (ou ne plus) aimer le Star Trek de Rick Berman, et considérer qu'il n'a jamais été à la hauteur du Star Trek de Gene Roddenberry ;

- trouver qu'il devenait franchement indécent que l'univers Star Trek n'ait connu ni remake, ni reboot, ni reset, ni recasting durant ses quarante ans d'existence... et qu'il devenait urgent de le mettre au goût du jour ;

- trouver que de 1964 à 2005, l'univers Star Trek était archaïque, poussiéreux, bavard, prétentieux, élitiste, soporifique... franchement chiant quoi... et qu'il était grand temps de le rendre pleinement consommable ;

- estimer que toute la SF mérite d'être passée à la casserole des comics, et donc que chaque auteur peut - et même doit - décliner en toute liberté sa propre version de Star Trek - à l'instar de Superman et de Batman ;

- avoir "l'esprit comics" et estimer qu'un univers de SF n'existe que pour servir le(s) héros ;

- estimer que Star Trek est bien plus intelligible & accessible lorsque son gigantesque univers est réduit à un jeu de rôle infantile dans une maquette miniature ;

- trouver hype qu'une véritable encyclopédie live de la SF - i.e. 736 opus audiovisuels sur quarante ans - soit désormais limitée à l'amitié entre quelques personnages cultes des sixties, et qu'il ne reste finalement de ces personnages que la somme de tous les clichés de l'imaginaire collectif ;

- raffoler des fan-films et des fan-séries qui gravitent autour du super-héros cosmique & multiversel Kirk (et de ses potes Spock, McCoy, Scotty, Uhura, Chekov, Sulu) ;

- se dire qu'après tout Pierre Corneille avait raison, "aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années", et trouver donc naturel que Kirk soit promu directement de cadet à capitaine de vaisseau, puis reçoive le commandement du vaisseau amiral de Starfleet & porte-drapeau de la Fédération à 25 ans ;

- admirer le "high concept" de Don Simpson selon lequel un film a toutes les chances de faire un carton au box office lorsque son intrigue se résume à une seule phrase ;

- être admiratif (ou victime) du marketing hollywoodien qui ose tout : de l'exploitation de la notoriété planétaire des "marques commerciales" Kirk & Spock, jusqu'au rouleau compresseur publicitaire à grand renfort d'unanimité critique & médiatique ;

- avoir l'esprit pratique et proscrire les surprises tonales ou narratives, afin que l'appréciation des bandes-annonces permette d'anticiper sans erreur possible l'appréciation du film lui-même ;

- estimer qu'il était tout de même temps que l'univers Star Trek rentre dans les rangs et soit enfin gagné - comme les copains - par le "monomythe campbellien", par les schémas idéologiques de Star Wars et de la fantasy en général ;

- trouver kiffant d'assister à un spot de pub de deux heures (pour les productions Abrams-Orci-Kurtzman, et accessoirement pour l'univers Star Trek) ;

- être allergique au réalisme et à la maturité en SF, fantasmer sur un "Star Trek Teletubbies", et se satisfaire à défaut d'un "Star Trek Babies" ;

- avoir une sainte horreur du "technobabble" et plus généralement des sciences en SF - même extrapolatives - car ce sont autant de "dream-killers" ;

- être un fan absolu du genre humain et faire de l'humain un idéal pour tout l'univers (et surtout pour les Vulcains) ;

- considérer que l'anéantissement de la planète Vulcain et l'extermination de six milliards de Vulcains - le premier peuple extraterrestre de Star Trek -, c'est de l'audace scénaristique ;

- être en manque de Star Trek au point de désirer du Star Trek à n'importe quel prix... et s'en satisfaire à tous les coups ;

- considérer qu'il est de son devoir sacré de trekker d'avaler cette couleuvre pour que continue l'aventure Star Trek coûte que coûte... et que le label Star Trek ne cesse jamais d'être exploité par Hollywood ;

- être d'un optimisme inébranlable et avoir la conviction que la suite (ST 2011) ne pourra humainement pas être pire ;

- avoir vécu son expérience de trekker dans la honte & le ghetto, et aspirer à une reconnaissance des masses - façon Star Wars ou Harry Potter - histoire de pouvoir faire enfin son "coming out" le front haut ;

- ne rien prendre au sérieux, pas même Star Trek.

Mine de rien, voilà qui englobe du monde... et qui explique fort bien le succès - historique - de ST 2009.

Quant à l'infime minorité qui réussit à ne se retrouver dans aucune de ces 36 bonnes raisons, elle est de toute évidence composée de marginaux - limite cas sociaux.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : May 19, 2014 3:19 PM MEST


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