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selonmoi (France)

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L'Homme contre le loup: Une guerre de deux mille ans
L'Homme contre le loup: Une guerre de deux mille ans
par Jean-Marc Moriceau
Edition : Broché
Prix : EUR 26,40

4.0 étoiles sur 5 Un ouvrage brillant et important (mais pas définitif), 7 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Homme contre le loup: Une guerre de deux mille ans (Broché)
Un vrai et très gros travail d'historien, méthodique et très documenté, qui inscrit les rapports homme-loup dans un contexte socio-économique explicatif, en particulier les modes de vie d'une société paysanne où de nombreux enfants étaient seuls et dispersés dans les campagnes (la situation décrite rappelle finalement celle du nord de l'Iran ou de l'Inde actuels où des attaques sont signalées). Dans un débat passionné, l'auteur s'efforce à l'objectivité (« Nos sources ne sont pas neutres. Elles ne décrivent pas l'animal comme il est véritablement la plupart du temps, c'est-à-dire un être craintif, qui fuit la présence humaine ».), et est finalement convaincant : si tel ou tel témoignage peut être contesté, des milliers ne peuvent l'être tous. Et si les adversaires du loup pourront y voir confirmée la dangerosité de l'animal, ses supporters remarqueront qu'il ne faisait somme toute guère plus de victimes que les accidents de chasse de nos jours...

Le plus gros regret est qu'aucun biologiste n'ait été associé à ce travail. Si l'auteur signale des exagérations manifestes et que les témoignages réellement invraisemblables soient rares, ils suggèrent néanmoins que la sélection des données pourrait être améliorée (ainsi p. 69 « En Aquitaine, les loups se réunissent en bandes compactes pouvant aller jusqu'à 300 têtes [...]» - une telle biomasse de prédateurs terrestres étant biologiquement inconcevable).
Et si ses hypothèses sur des émigrations de loups est-européens, ou sur l'inexistence des « bêtes » légendaires restent à vérifier, une exploitation biologique approfondie rehausserait l'intérêt des témoignages.
Ainsi, plusieurs d'entre eux confirment l'idée émise par le naturaliste Robert Hainard (cité en bibliographie) voici plus de soixante ans « Je me suis demandé si les champs de bataille [...] n'avaient pas habitué les loups à la chair humaine » (p. 78 « Les familles s'enfuient [...] au danger des chiens et des loups, qui souvent à panse pleine en faisaient leur pâture. », ou p. 84 « C'était une grande compassion de voir ces pauvres rustiques [...] qui pourrirent et furent mangés des chiens et la nuit des loups. »). Mais ils démontrent du même coup la possibilité de ce comportement chez les chiens errants, et que de telles circonstances sont particulièrement favorables à l'apparition de sujets hybrides, depuis longtemps soupçonnés de dangerosité particulière.
Et si, une fois le loup disparu, sangliers et renards le remplacent dans les doléances paysannes, faut-il y voir un signe du caractère éternellement grincheux du monde rural - ou de la prolifération des proies après élimination de leur prédateur ?

Un autre point capital à éclaircir est la dynamique de la rage, signalée de façon quasi-continue de 1669 à 1887 (avec des cas antérieurs isolés lourds de signification) : durant toute cette période, la maladie est clairement endémique dans toute la France. Du coup, vu son épidémiologie, la concomitance des attaques de « loups prédateurs » et de loups enragés (p.e. en 1750 en Touraine, 1753 en Bourgogne, 1755 en Vendômois, etc...), - entre autres - appellerait certainement un réexamen.

« L'histoire [a son mot à dire] et, si ce livre réussissait à en démontrer le bien-fondé à toutes les parties prenantes, il aurait répondu à l'un de ses objectifs » conclut l'auteur. Objectif brillamment atteint, même s'il démontre également l'ampleur des études qui restent à mener...


Canon EOS 60D Reflex Boitier Nu 18 Mpix Noir
Canon EOS 60D Reflex Boitier Nu 18 Mpix Noir
Proposé par BL Fotohandel
Prix : EUR 749,99

78 internautes sur 85 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Du très bon... et des ratés, 5 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Canon EOS 60D Reflex Boitier Nu 18 Mpix Noir (Appareils électroniques)
A l'usage, la qualité des images est vraiment très bonne (finesse et couleurs) - à condition d'avoir un objectif à la hauteur. La dynamique en haute et basse lumière est excellente. Sans traitement logiciel, le grain n'est toutefois pas aussi absent qu'annoncé par certains magazines : bien que très discret, il augmente sensiblement en basse lumière et en haute sensibilité (en format RAW, le logiciel DPP fourni améliore considérablement le résultat, de même que certains profils internes de l'appareil).
L'écran orientable, permettant des prises de vue au ras du sol ou sous n'importe quel angle, est fabuleux en macro, et très utile aussi en vidéo et en digiscopie (où la fonction loupe permet une mise au point aux petits oignons). Dans ce dernier cas toutefois, il n'est pas rare que, même avec une image parfaite en visée à l'écran, la photo soit surexposée d'environ 2IL (facilement rattrapable en RAW avec DPP).
Le viseur est agréable, complet, et la navigation dans les innombrables paramétrages est bien conçue. Le flash intégré est capable d'en piloter d'autres (ce que ne fait pas le 550D). Par contre, l'assistance à la mise au point par pré-éclair est tout sauf discrète (à proscrire en photo animalière).
Le son des vidéos est quelconque, mais leur qualité d'image écrase n'importe quel camescope HD grand public. Sans trépied, un objectif stabilisé est quasiment indispensable.

Au chapitre des (gros) regrets, l'absence d'autofocus continu en vidéo est vraiment une lacune, surtout quand la concurrence commence à le proposer. La possibilité de le solliciter ponctuellement donne un résultat inexploitable : mieux vaut tenter une mise au point manuelle.
L'interrupteur, à gauche, est peu pratique à actionner sans quitter le viseur des yeux. La plupart des touches d'ailleurs, peu saillantes et à course très faible, donnent souvent l'impression un peu déconcertante de ne pas s'enfoncer. Et surtout, le minuscule testeur de profondeur de champ est placé au pire endroit possible : en bas à droite de l'objectif... il n'est accessible qu'avec la pointe de l'ongle de l'annulaire (courage et persévérance !), ou en tâtonnant de la main gauche par-dessous l'appareil : invraisemblable, et presque inutilisable. Pour nous consoler (?), juste sous le pouce, un bouton sert uniquement à activer l'AF... exactement comme le déclencheur pressé à mi-course. Il fallait y penser.

Bref, des ratés de conception qui ternissent un peu le bilan d'un appareil très performant, et qui sinon aurait pu écraser le marché "expert". Les possesseurs d'un Canon plus ancien apprécieront l'écran orientable, l'excellent capteur et le flash intégré évolué ; pour les autres, la séduction pourra être moins évidente.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 23, 2011 1:29 PM CET


L'âge de l'empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée
L'âge de l'empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée
par Frans de Waal
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Intéressant... mais manque un peu de rigueur, 3 octobre 2010
Les travaux de Frans De Waal lui ont valu une place parmi les 100 personnes les plus influentes du magazine Time en 2007, signe de leur importance majeure et incontestable. Parti de l'étude de la réconciliation chez les primates, il affirme ici l'origine évolutive et biologique de l'empathie et de la solidarité humaines, et prône leur prise en compte pour l'établissement de nos règles sociales. Le résultat est plaisant, intéressant et plein d'humanisme - mais un peu décevant par certains côtés.

Très accessible, l'ouvrage est destiné au grand public (en premier lieu américain, de par ses références culturelles et socio-économiques), mais il pèche par une progression théorique assez confuse (sauf pour le dernier chapitre, qui justifie son sous-titre). Et surtout, l'utilisation indistincte d'expérimentations scientifiques rigoureuses et de... bien d'autres choses hétéroclites, tend à amalgamer le savoir avéré et la simple opinion personnelle : L'argumentation repose essentiellement sur une énumération d'observations et d'anecdotes, dont on s'interroge parfois sur la signification, voire la pertinence ou la validité lorsqu'elles ne relèvent pas de la primatologie. Ainsi de l'exemple (parmi bien d'autres) de la contagiosité potentiellement mortelle du rire p.77, appuyée sur l'exemple du kuru, maladie en réalité attribuée à un prion transmissible - Et que penser des sources de l'auteur, lorsqu'il fustige les français qui manifestent « pour préserver leurs droits à la retraite à 55 ans » (sic - p.50) ?
La traduction est parfois aussi un peu trop littérale, et les notes de fin d'ouvrage ne sont pas signalées dans le texte.

Ce nouveau livre ne manque pas d'intérêt, mais on pourra lui préférer « le singe en nous » ou « la politique du chimpanzé » qui l'ont précédé.


Empowered, tome 1 : Empowered
Empowered, tome 1 : Empowered
par Adam Warren
Edition : Broché
Prix : EUR 12,90

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Divertissant..., 9 juillet 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Empowered, tome 1 : Empowered (Broché)
Séduit au début, plutôt déçu ensuite.
Le plus réussi est l'humour parodique et potache, avec la super-héroïne maladroite et complexée (excellente traduction d'ailleurs, même si on se demande pourquoi la moitié des dialogues est en caractères gras ou soulignés).
Par contre, le graphisme proche du standard manga, le faible nombre de personnages et la quasi-absence de décors donnent un aspect assez monotone et impersonnel sans aucun univers visuel (on n'est pas à Gotham City). Agacement aussi devant l'accumulation de clichés et la psychologie de niveau collège (Hugo Pratt, reviens !). Quant à l'érotisme très explicite (tendance bondage-fétichiste), il est sexy et drôle au début, omniprésent et limite vulgaire à la fin - mais prend toujours bien soin de toujours dissimuler les « zones stratégiques » : ça évite la censure, ça émeut (peut-être ?) certains ados, mais un adulte hausse les épaules. Il y a 40 ans ans déjà, Barbarella et Little Annie Fanny ne se cachaient plus derrière leurs cheveux.

Bref, cela se lit une ou deux fois sans déplaisir... mais pour le même prix, le DVD des Indestructibles de Pixar est infiniment plus jubilatoire et intelligent.


Sigma Objectif 10-20 mm F4-5,6 DC EX HSM - Monture Sigma
Sigma Objectif 10-20 mm F4-5,6 DC EX HSM - Monture Sigma
Prix : EUR 431,79

17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très grand potentiel, 4 juillet 2010
Extérieurement, l'objectif fait excellente impression, très bien fini et bien construit, mais avec un revêtement assez salissant.
Avec un reflex à petit capteur auquel il est destiné (canon EOS 400D), les performances sont bonnes sur tout le champ. Avec un 24x36 (pour lequel il n'est pas conçu), périphérie médiocre et très fort vignettage (coins noirs) de 10 à 15mm environ.
S'il est évidemment destiné avant tout au pyasage, sa mise au point très rapprochée (envrion 10 cm de la lentille frontale à toutes les focales) permet des effets inhabituels et très intéressants en proxiphotographie (fleurs, champignons...), permettant d'intégrer à la fois le sujet et son environnement.
Côté regrets, un poids élevé (rançon de la qualité), des bagues de réglage assez dures, une ouverture minimale limitée (la mise au point manuelle très rapprochée est parfois délicate), et un pas de vis frontal démesuré: prévoir un gros chèque en cas d'acquisition d'un filtre polarisant par exemple...
Bref, s'il n'est pas parfait, cet objectif est toutefois une valeur sûre très recommandable et qui fera de l'usage.


Blueberry, tome 27 : OK Corral
Blueberry, tome 27 : OK Corral
par Jean Giraud
Edition : Relié
Prix : EUR 11,99

4.0 étoiles sur 5 Les mystères de l'Ouest..., 15 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blueberry, tome 27 : OK Corral (Relié)
Retour au récit d'action après trois albums très originaux : Dorée a disparu, et Blueberry sort de son lit et de ses souvenirs pour la retrouver, au cours d'une longue nuit encombrée de cadavres, qui s'achève sur le matin du fameux duel à OK Corral. Mais Giraud doit avoir confié le scénario à son double Moebius, le maître de la SF, car un curieux orage spatio-temporel a semé la pagaille dans le récit et les têtes des personnages... avant celle du lecteur.

L'album précédent débutait le 1er ou 2 août 1881, celui-ci s'achève 2 jours plus tard... le 26 octobre. Du coup, Blueberry (tout juste soulagé d'une balle au ras du coeur) peut aller faire le coup de poing avec un tueur à gages - mais tombe tout de même dans les pommes quand sa blessure se rouvre. Heureusement que la balle extraite de son épaule, et dont il souffre toujours, n'a altéré ni la rapidité ni la précision de son tir... même la nuit.
De son côté, Clum a un tueur féroce aux fesses et veut parler au shérif : il va donc tout droit au saloon, chercher refuge auprès de la chanteuse... mauvaise idée. Touchée à son tour, Dorée, enlevée en costume de scène, atterrit chez son kidnappeur... en robe, attachée tantôt par les épaules, tantôt par les bras.
Aucun des quatre shérifs eux-mêmes, apprenant qu'ils vont dans un piège, ne réalise que l'informateur qui les y a poussés a toutes les chances d'être un traître... Quant à Johnny Ringo en serial killer psychopathe, il semble franchement sorti d'une autre histoire, très, très loin à l'Ouest.

Très loin d'être close, la liste s'allonge à chaque relecture (n'essayez pas de reconstituer la chronologie de la mort de Clum...), au risque de chagriner les amateurs d'intrigues policières bien huilées. Cela dit, Giraud ou Moebius, le talent de conteur est le même, d'autant que le récit est plein d'humour noir, burlesque ou ironique (le président de la ligue de vertu « en plein ouvrage » avec une prostituée...) : sans aucun temps mort, il se lit (et se relit) d'une traite.


Blueberry, tome 25 : Ombres sur Tombstone
Blueberry, tome 25 : Ombres sur Tombstone
par Jean Giraud
Edition : Cartonné
Prix : EUR 11,99

5.0 étoiles sur 5 Le vrai début d'une autre histoire de l'Ouest..., 12 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blueberry, tome 25 : Ombres sur Tombstone (Cartonné)
Copieusement plombé à la fin de l'album précédent, qu'il avait passé assis à une table de poker, Blueberry miraculé passe donc celui-ci... couché au lit. Tandis qu'à l'extérieur, les Clanton sèment la terreur en faisant accuser Géronimo, il convoque son biographe pour lui raconter « quelque chose d'important, qui se cache dans le passé et qu'il a oublié », en rapport avec Géronimo justement...

Giraud réussit une jolie mise en abyme de sa propre carrière (avec quelques clins d'oeil), avec le personnage de l'écrivain Campbell, collecteur des aventures de Blueberry dans les aventures de Blueberry. On ne saura jamais quelles expériences personnelles l'auteur solde à travers ce personnage clownesque, tellement ridicule qu'il en devient sympathique, affolé à l'idée d un « héros » ivre mort dans le fumier d'une porcherie. Lesté d'un nom de marchand de soupe industrielle et d'un physique de barrique, bourré d'orgueil et de médiocrité (entre autres défauts), il est surtout très bien-pensant et n'hésite pas à envisager de censurer son conteur - non, « Holàà ! Pas de grands mots ! Il s'agit d'enjoliver, heu... d'atténuer ! ». Mais, moins secondaire qu'il n'y paraît, c'est lui qui inaugure le cycle, qui amène Blueberry à conter son histoire « importante et oubliée », et qui lui sauvera plusieurs fois la mise, comme un bon scénariste...
Giraud, lui, semble préférer les anti-héros pas trop conventionnels, comme l'histoire de l'Ouest qu'il commence à raconter...


Blueberry, tome 24 : Mister Blueberry
Blueberry, tome 24 : Mister Blueberry
par Jean Giraud
Edition : Cartonné
Prix : EUR 11,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 le moment de la vérité..., 8 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blueberry, tome 24 : Mister Blueberry (Cartonné)
Géronimo, Wyatt Earp et Doc Hollyday, Tombstone et OK Corral...
Seul aux commandes après la disparition du scénariste Charlier, Giraud convoque la grande légende de l'Ouest et remet à zéro tous les codes de la série, dans un style narratif très libre et entièrement renouvelé, avec un souci constant et frappant de réalisme. Le détail du dessin et la colorisation n'ont jamais été aussi poussés (les expressions, les scènes de foule et les effets d'éclairage sont impressionnants) : adieu (sans regret) aux cases monochromes et aux petits commentaires en haut de vignettes.
Rupture aussi avec le rythme effréné de la série d'action : pas (encore) de vraie intrigue, mais des fils conducteurs entremêlés, riches en personnages secondaires et en ambiances pittoresques, passant sans transition d'une violence terrifiante à une ironie burlesque, le tout convergeant plus ou moins vers un Blueberry... méconnaissable : un anti-héros accessoire, passif et blasé qui passe tout l'album assis à une table de poker. Les lecteurs fidèles y perdront sans doute quelques repères... et les nouveaux se demanderont dans quelle série ils sont tombés.

Cet album, un peu déconcertant mais finalement très réussi, aurait pu s'achever par « fin » au lieu de « fin de l'épisode » - et son sens aurait été tout autre. Giraud ne l'a pas voulu, peut-être à cause de ce gros écrivain venu de Boston, alléché par les récits des exploits du héros, pour écrire « une oeuvre majeure sur l'aventure de la conquête de l'ouest, les mémoires de Blueberry un héros de la frontière »...
Puisque le ton est à la rupture, au réalisme et à la liberté, la suite de ce prologue très construit s'annonce intéressante...


Blueberry, tome 28 : Dust
Blueberry, tome 28 : Dust
par Jean Giraud
Edition : Relié
Prix : EUR 11,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour solde de tout compte..., 26 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blueberry, tome 28 : Dust (Relié)
L'histoire se termine, et tous les comptes se règlent à Tombstone : ceux des Earp avec les Clanton, ceux de Blueberry avec Johnny Ringo (dont l'histoire paraît finalement un peu décalée) - et aussi ceux de Giraud avec la populace des ligues de vertu ("La vertu et la justice ont peu de choses en commun"), les fanatiques religieux, les politiciens veules et autres banquiers pourris... et peut-être un peu avec sa propre oeuvre. Car cet ultime (et épais : 68 pages) album du cycle donne aussi le sens de l'histoire que Blueberry tenait à raconter à son biographe, derrière la légende du Far West et de ses justiciers infaillibles : celle, authentique, des indiens massacrés et de leurs enfants aculturés et enlevés de force de leurs tribus.
La série avait débuté en 1963, à l'âge d'or du western et du cow-boy redresseur de torts. Depuis, des « Cheyennes » de John Ford à « Danse avec les loups » et « Impitoyable », Hollywood a balayé le mythe - et Blueberry a fait de même. Loin de l'image d'Epinal (et de la censure) des débuts, le héros fini cabossé et ruiné, simplement heureux d'être en vie, comme libéré de son passé, pensée inhabituellement philosophique dans la série mais répétée dans cet album-conclusion.
Giraud a-t-il quelque chose à ajouter et poursuivra-t-il la série ? Avec ce cycle très personnel, il lui aura en tout cas donné la conclusion qu'elle méritait.


Mémoire de singe et paroles d'homme
Mémoire de singe et paroles d'homme
par Boris Cyrulnik
Edition : Poche

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un peu ancien..., 30 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mémoire de singe et paroles d'homme (Poche)
La proposition de l'ouvrage est particulièrement innovante (à l'époque de sa parution): interprêter la constitution et les troubles de l'esprit humain par comparaison avec le comportement des animaux, en supposant une origine évolutive commune. L'idée est passionnante, le style est très simple et les nombreuses anecdotes tout à fait frappantes: qu'on suive ou non les opinions de l'auteur, la lecture est un vrai plaisir du début à la fin.
Pour la théorie toutefois, on peine parfois à suivre le fil conducteur de l'argumentation (les idées semblent jetées sur le papier au fil de l'inspiration).
Et surtout, le texte date de 1983, avant l'explosion de la génétique moléculaire, de l'imagerie cérébrale en temps réel et de la primatologie de terrain (entre autres...): de fait, nombre d'idées, hypothèses et interprétations ont considérablement évolué, ou sont aujourd'hui simplement obsolètes.
On recommandera vivement ce livre pour le plaisir, la curiosité et le sens critique qu'il éveille chez le lecteur, mais il ne doit pas être considéré comme un reflet des connaissances actuelles.


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