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Contenu rédigé par Adrien
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Commentaires écrits par
Adrien "Adrien" (Le Mans, France)

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Oxford Cahier de professeur Collège et Lycée 144 pages A4
Oxford Cahier de professeur Collège et Lycée 144 pages A4
Prix : EUR 11,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'outil indispensable, 3 février 2014
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Ce produit a répondu à toutes mes demandes, c'est le support que je cherchais: simple, pas trop lourd et qui fait l'année.


Les secrets de la Réserve Fédérale
Les secrets de la Réserve Fédérale
par Eustace Mullins
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

29 internautes sur 55 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 A éviter absolument, 2 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les secrets de la Réserve Fédérale (Broché)
La première question lorsqu'on a fini ce livre, c'est pourquoi? Pourquoi un livre datant d'une cinquantaine d'années, que personne ne prend plus au sérieux, est-il aujourd'hui traduit en français? Pourquoi, à part peut-être servir quelques causes, comme la dénonciation de "l'hyperclasse mondialiste" qui tient tant à cœur de ce cher Alain Soral?

Comme ni les commentaires ni le livre lui-même n'offrent quelques informations sur l'auteur Eustace Mullins, rappelons certains éléments biographiques.

Ami d'Ezra Pound qui est aussi connu comme poète que pour son engagement fasciste auprès de l'Italie de Mussolini, ses harangues antisémites et son obsession de la finance internationale, Mullins a notamment écrit pour des journaux suprématistes américains en reprenant les idées de son mentor Pound (qui lui commanda son ouvrage sur la Réserve fédéral). Ainsi peut-on lire dans l'article de Mullins "Adolf Hitler, an appreciation" (National Renaissance Bulletin, p.4, octobre 1952) que le peuple juif a deux choix qui s'offrent à lui: la conquête du monde ou l'extermination ("The Jew plays for high stakes; world domination or the extermination of their race"). Toujours selon cet article, les Etats-Unis serait le dernier rempart à cette domination juive. Dans un autre de ses livres, le bien-nommé The Biological Jew, Mullins compare les juifs à des parasites : "the records of the Jews prove that they are fulfilling the role of biological parasites" (Eustace Mullins, The Biological Jew, p.5, Faith and Service Books, 1968). Bref un écrivain hautement recommandable...

En examinant plus près l'ouvrage proprement dit, on découvre des fausses citations, des accusations infondées, tout cela enfoui sous un amas impressionnant de notices biographiques et de rapports officiels qui ne font que noyer le lecteur pour lui donner une impression d'érudition.

Le premier chapitre de Mullins est destiné à le rencontre secrète entre divers banquiers sur Jekyll Island en vue de créer une banque centrale américaine. Mullins le voit comme un complot à grande échelle, un complot qui aurait pour but la prise de contrôle du système financier américain par quelques banquiers, dont Rothschild à travers son homme-lige Paul Warburg, l'inspirateur du projet de banque centrale. Une myriade de sites complotistes citent cette information, mais il ne font jamais que se citer entre eux. Il n'y a aucune source identifiable qui prouverait cette théorie; dans son travail monumental sur la Réserve fédérale, Allan H. Meltzer ne cite pas une seule fois le nom de Rothschild (Voir A History of the Federal Reserve, Volume 1: 1913-1951, p.794, University of Chicago Press, 2004. Mullins accuse également le frère de Paul, Max Warburg, banquier, d'avoir vécu jusqu'en 1939 en Allemagne sans avoir été inquiété malgré sa judéité. En réalité il a dû revendre sa banque en 1935 à cause des lois de Nuremberg, avant de partir pour les Etats-Unis en 1938, et non 1939. Enfin il n'était pas le représentant de l'Allemagne durant la Conférence de Paix de Versailles mais simple assistant aux délégués sur les questions économiques). Warburg développe donc, aidé par d'autres financiers, le Plan Aldrich qui sera rejeté car considéré comme trop favorable aux banquiers. Après la panique bancaire de 1907, la haine pour Wall Street était telle qu'une rencontre en vue de stabiliser le cours des choses auraient été mal vue, d'où l'idée de rencontre secrète; chose qui évidemment n'a fait que renforcer les soupçons une fois la rencontre révélée au grand jour. Si la création de la Fed n'est pas, selon Pierre Melandri, une "déclaration de guerre" à l'encontre des grands financiers, son contrôle, qui n'est pas entièrement privé, ne se fait pas moins au "grand mécontentement des banquiers" (Pierre Melandri, Histoire des Etats-Unis, I. L'ascension, 1865-1974, p.254, Editions Perrin, 2013). Mullins termine son chapitre en affirmant qu'avant l'existence de la Réserve fédérale "la dette publique était pratiquement inexistante", et que sa création aurait ainsi pour but d'enrichir des banquiers privés. En réalité la dette publique est entrée en vigueur en même temps que les Etats-Unis, elle n'apparaît pas au lendemain de la création de la Fed en 1913. La dette publique ne peut donc pas s'expliquer uniquement par le contrôle de la Fed.

Le second chapitre de l'ouvrage regorge également de contre-vérités. Plutôt que d'expliquer l'historique de la théorie de la banque centrale américaine, Mullins préfère affirmer que tous les gouvernants étaient inféodés aux banquiers, et que les projets Aldrich développé lors de la rencontre secrète de Jekyll Island était en tout point identique à la future Réserve fédérale. En réalité, dès 1815, les Etats-Unis avaient expérimenté divers systèmes pour contrôler la finance mais ceux-ci furent à chaque fois des échecs cuisants, la centralisation étant un sujet extrêmement délicat dans le pays. Cependant l'ère du free banking, où chaque banque pouvait à loisir créer son système de paiement, amena une inflation importante et eut une influence déstabilisatrice sur l'économie américaine. L'apogée fut bien sûr la crise de 1907, lors de laquelle J.P. Morgan, banquier privé, "sauva" le système. Un consensus commença à émerger sur la nécessité d'une instance qui pourrait empêcher le système de s'effondrer en dernier ressort; consensus qui aboutira au Federal Reserve Act. Malgré ce qu'en dit Mullins, ce n'est pas un simple copier/coller du projet Aldrich. Le projet de Réserve fédéral donnait moins de pouvoirs aux banquiers et aux banques étrangères que le plan Aldrich ne l'escomptait, décentralisait le système à travers les branches régionales, et ne permettait pas à cette nouvelle "banque centrale" d'être en concurrence avec les banques privées.

Ces réformes furent possibles grâce à Woodrow Wilson, le nouveau président américain, élu en 1912. A propos de Wilson, Mullins commet de nombreuses erreurs: il estime tout d'abord que si Wilson était arrivé aux portes de la présidence, c'est grâce au soutien des "créateurs de monnaie" et que le président Taft était certain d'être réélu sans l'apparition de l'ancien président Roosevelt comme troisième homme, lui aussi "exceptionnellement bien financé". Roosevelt était républicain, comme Taft, et sa candidature scinda le parti en deux, ce qui provoqua la victoire du candidat démocrate Wilson. Mullins affirme que personne ne saurait dire pourquoi Roosevelt "aurait saboté son propre parti". En réalité, dès 1910, des divergences entre les deux républicains, auparavant amis, apparaissent. Roosevelt pensait que Taft n'était pas à la hauteur et ce dernier prit la mauvaise décision de condamner un trust auparavant autorisé par Roosevelt. A partir de ce moment les positions des deux hommes deviennent irréconciliables, et ce bien après l'élection qu'ils perdirent tous deux (David Henry Burton, Taft, Roosevelt, and the Limits of Friendship, pp.11-12, 141-142, Fairleigh Dickinson University Press, 2004). Roosevelt espérait donc représenter une alternative au républicanisme de Taft, d'où sa décision de se présenter à l'élection. Mullins se trompe à nouveau lorsqu'il fait dire à Wilson, qui aurait regretté plus tard d'avoir signer le Federal Reserve Act "notre système de crédit est concentré (dans le Système de la Réserve Fédérale). Par conséquent, la croissance de la nation et de toutes nos activités se trouve entre les mains de quelques personnes". En réalité cette citation n'en est pas une, puisqu'elle provient de l'amalgame de plusieurs phrases prononcées par Wilson, mais avant la création de la Fed, pendant la campagne présidentielle qu'il gagna. Les discours de Wilson furent réunis dans un ouvrage The New Freedom: A Call for the Emancipation of the Generous Energies of a People, publié avant la création de la Fed. Donc Wilson ne pouvait parler de la Réserve fédérale, et le passage entre parenthèses semble être un ajout grossier de la part de Mullins. Wilson n'a jamais regretté la création de la Fed, au contraire selon John Milton Cooper Jr., grand spécialiste de l'ancien président (auteur de Woodrow Wilson: A Biography, Vintage, 2011. C'est également l'opinion d'Allan H. Meltzer, voir A History of the Federal Reserve, Volume 1: 1913-1951, p.3). Mullins répète également que la Fed a été imposée au peuple américain, alors que la loi passa à la Chambre des Représentants par 287 contre 85, et au Sénat par 54 contre 34.

Toujours selon Mullins, Wilson "ne croyait pas en cette croisade [la 1ère guerre mondiale] pour sauver la démocratie mondiale", car il aurait déclaré que la guerre n'était qu'une question de rivalité économique. Le discours complet de Wilson donne à entendre un autre son de cloche; il semble effectivement admettre que l'Allemagne s'est lancée dans la guerre par peur que ses voisins soient plus forts économiquement, d'où la phrase "is there any man here or any woman, let me say is there any child here, who does not know that the seed of war in the modern world is industrial and commercial rivalry?". Mais il ne dit à aucun moment qu'il ne croyait pas cette guerre nécessaire; au contraire il lance une menace à peine voilée, quand plus tôt dans son discours il dit "if every nation is going to be our rival, if every nation is going to dislike and distrust us, and that will be the case, because having trusted us beyond measure the reaction will occur beyond measure". En plus de cette utilisation partiale et partielle d'une citation, Mullins ne recule devant rien pour salir la réputation de Wilson, notamment le lier aux vicissitudes de l'Union Soviétique. L'ancien président aurait déclarer, dans son Message de Guerre de 1917 : "Grâce aux actions merveilleuses et réconfortantes qui se sont produites en Russie ces dernières semaines, l'assurance est venue s'ajouter à notre espoir d'une future paix mondiale". Pour Mullins cela constitue un "hommage incroyable aux communistes russes", qui révélerait les "véritables sympathies" de Wilson. En réalité ce message est prononcé en avril, période à laquelle un mouvement populaire a balayé le Tsar, véritable autocratie aux yeux de Wilson. Mais les "bolcheviks" n'ont pris le pouvoir que durant la Révolution d'Octobre, soit six mois plus tard! Et voyant ce retournement de situation en faveur des communistes, Wilson ordonnera même l'aide aux troupes tsaristes pendant la guerre civile de 1918.

Mullins fait donc une utilisation parfaitement malhonnête de diverses citations facilement vérifiables (on peut imaginer le sort réservé aux citations tirés de sources plus obscures...) et s'acharne à analyser de travers certains événements politiques. Mais là n'est pas la véritable critique de Mullins, qui porte sur une famille de financiers célèbres. Une des accusations les plus fréquentes du livre est le pouvoir démesuré détenu par la famille Rothschild, que Mullins accuse de contrôler la Banque anglaise, et à travers elle la Fed. Nous avons déjà vu qu'il est impossible de faire le lien entre Warburg et Rothschild, mais Mullins va plus loin dans ses accusations, pour lesquelles il ne présente aucune véritable preuve. Rothschild est notamment accusé de contrôler le cours de l'or à son avantage car celui-ci est fixé chaque jour dans ses bureaux de N.M. Rothschild & Sons. Bien que la coïncidence soit troublante, Mullins mentionne plus loin que si Rothschild siège effectivement dans cette instance, cette dernière est également composée de Mocatta & Goldsmid, Pixley & Abell, Samuel Montagu & Co. and Sharps Wilkins. Il n'explique cependant pas comment Rothschild use de son influence déterminante sur les autres membres. Mullins répète également quelques légendes infondées sur cette famille de financiers: il reprend l'histoire selon laquelle Rothschild aurait engrangé de fabuleuses sommes d'argent en pariant sur la défaite de Napoléon à Waterloo car il se serait rendu sur le champ de bataille avant de revenir à Londres. Il n'y a aucune trace de cette histoire avant le film allemand de 1940 Die Rothschilds Aktien auf Waterloo, un des premiers brûlots antisémites du Troisième Reich. En vérité Rothschild avait parié sur une guerre très longue, et son gain tout relatif est à mettre en parallèle avec les pertes à long terme subies. Tout aussi fausse est la citation célèbre de Rothschild "l'homme qui contrôle la masse monétaire de la Grande-Bretagne contrôle l'Empire Britannique, et je contrôle la masse monétaire britannique." Mullins n'offre pas de sources et il n'y a aucune preuve que cette phrase ait été prononcée un jour. Il ne cite pas non plus de sources concluantes pour prouver que Rothschild serait en possession de l'agence de presse Reuters. Dans le même ordre d'idées, Mullins reprend une citation affirmant que James Rothschild poussa Adolphe Thiers vers la sortie, alors que ce dernier a démissionné.

Mais pourquoi cette obsession revient-elle si souvent? Il semble que chaque occasion soit bonne non seulement pour accuser Rothschild, mais en plus pour dédouaner les Etats-Unis de tout méfait. Car le but principal de Mullins est bien là; le sous-titre "London Connection" suffit à montrer que les événements américains désastreux ont été causés par l'Angleterre, et donc par Rothschild. Ceci explique pourquoi Mullins peut affirmer sans l'étayer que les banques étaient favorables à l'esclavage (ce qui les aurait considérablement enrichi) mais pas le peuple américain dans sa grande majorité. Le caractère minime des premiers mouvements abolitionnistes et la longévité de l'esclavage prouvent pourtant tout le contraire. J.P. Morgan est ainsi accusé à demi-mots de s'être enrichi à l'aide de l'esclavage. L'accusation de Mullins est de 1954, date de publication de son livre. La seule preuve (découverte en 2005) qui relie J.P. Morgan à l'esclavage est bien plus ténue: un chercheur engagé par la firme à découvert qu'elle avait racheté en 2002 une banque qui avait utilisé des esclaves aux 19ème siècle (Robin Sidel, "A Historian's Quest Links J.P. Morgan To Slave Ownership", The Wall Street Journal, 10 mai 2005). Tout semble aller contre les thèses de Mullins, car même l'historiographie moderne ne prouve en aucun cas que les paniques de 1837 et de 1857 furent délibérément causées par quelques banquiers anglais, bien que le système anglais ait sa part de responsabilité dans la crise de 1837 (Charles W. Calomiris & Larry Schweikart, "The panic of 1857: Origins, Transmission and Containment", The Journal of Economic History, Vol. 51, No.4, décembre 1991. Voir aussi Jessica M. Lepler, The Many Panics of 1837, Cambridge University Press, 2013).

L'accusation de collusion avec l'étranger revient souvent dans le texte de Mullins. Ainsi il affirme que le président Hoover était un agent des Rothschild (sans étayer sa source) et écrit qu'il aurait reçu de la famille de financiers les mines de Rio Tinto. En réalité Hoover aida à la création de The Zinc Corporation au début des années 1900, compagnie qui ne fut reprise par Rio Tinto qu'en 1962, elle-même effectivement possédée par les Rothschild à partir de 1880. Hoover se retira des affaires minières dès 1912, époque à laquelle il était déjà millionnaire. Une autre accusation sans fondement est portée contre les frères Dulles (John Foster Dulles, qui fut ministre des Affaires étrangères sous Eisenhower et Allen Welsh Dulles, directeur de la CIA), qui auraient eu des liens importants avec Adolf Hitler et le financement du IIIe Reich. Ils rencontrèrent effectivement Hitler en 1933 mais ne le financèrent en aucun cas. Les deux frères étaient membres du conseil d'administration de la branche américaine de la banque anglaise Schroder créée en 1804. Hitler fut effectivement financé par la General von Shroeder, banque allemande reprise par Kurt von Schroeder à la faveur des lois de Nuremberg (elle s'appelait auparavant J. H. Stein). A part une différence de patronyme, les deux Schroder/Schroeder étaient bien de la même famille, mais les liens s'arrêtaient là; la banque allemande n'avait aucune part dans la banque anglaise et inversement. Ce mensonge semble avoir pour origine la propagande soviétique qui tentait d'impliquer les Etats-Unis dans la montée du nazisme (James Srodes, Allen Dulles, Master of Spies, p.163 , Regnery History, 2000).

La question centrale du livre est donc le contrôle de la Réserve fédérale, à des fins de profits, par divers banquiers étrangers. Pour l'année 1983, Mullins estime que la Réserve de New York, qui est la réserve régionale la plus puissante des réserves qui composent la Réserve fédérale, est en réalité contrôlée par diverses banques: Citibank, Chase Manhattan Bank, Morgan Guaranty Trust, Chemical Bank, Manufacturers Hanover Trust, Bankers Trust Company, National Bank of North America et Bank of New York. Banques qui sont à leur tour contrôlées par une multitude de banques anglaises, à leur tour contrôlée par la Banque d'Angleterre, contrôlée elle par Rothschild. Malheureusement la source de Mullins est obscure, puisque le Federal Reserve Bulletin n'a jamais fait mention des actionnaires de la Réserve fédérale. Mais il n'a pas complètement tort puisque que quelques années plus tard, les actionnaires principaux étaient, selon les New York Fed reports de 1997: Chase Manhattan Bank, Citibank, Morgan Guaranty Trust Company, Fleet Bank, Bankers Trust, Bank of New York, Marine Midland Bank et Summit Bank. Si tout ne coïncide pas dans les deux listes c'est qu'entre-temps des fusions et des acquisitions ont eu lieu; cependant il faut immédiatement ajouter que toutes ces banques étaient soit nationales, soit d'états, et jamais contrôlées par des banques étrangères. Bien sûr on peut toujours imaginer que certaines banques étrangères aient des parts dans ces banques, ce que la Securities and Exchange Commission exige de savoir avec la publication de rapports chaque année, rapports qui mentionnent tous les actionnaires ayant plus de 5% des parts. En 1996 (soit bien des années après la publication de Mullins), seul Citicorp était possédée à 8,9% par un étranger, le prince saoudien Al-Walid.

De plus, les actionnaires n'ont droit qu'à un seul vote, et ce quelque soit le nombre de part qu'ils possèdent. Il faudrait donc que le même groupe d'étrangers possèdent la plupart des banques de New York pour avoir une influence, mais uniquement sur le conseil d'administration de la Réserve de New York. Car au niveau de la Réserve fédérale, tout s'opère au sein du conseil d'administration, nommé par le Président américain, et au Federal Open Market Committee, composé des membres du conseil d'administration, du président de la Réserve de New York et de quatre président de Réserves régionales. En sus, chaque banque commerciale ayant des parts de la réserve de son district les détient à titre non-négociable, c'est à dire que les parts ne peuvent être vendues ou échangées; la charte de chaque réserve étant établie par la loi, les banques commerciales ne peuvent en altérer le fonctionnement. Il paraît donc extrêmement improbable qu'un même groupe organisé et restreint contrôle la Réserve de New York, et a fortiori la Réserve fédérale.

Imaginons cependant qu'un groupe organisé possède la majorité des parts des banques commerciales qui siègent dans chaque réserve régionale, afin de contrôler la Réserve fédérale, tout en ayant une influence certaine sur les deux conseils d'administration, quel serait le résultat? Car si la Fed n'est pas une instance publique, elle est indépendante, mais n'est pas privée pour autant. Prenons l'année 1999: dans son rapport annuel, la Fed rapporte qu'elle a eu un bénéfice net de 26,2 milliards de dollars; sur cette somme, 342 millions (soit 1,4%) ont été versé comme dividendes aux banques membres du système, 479 millions (soit 1,8%) ont été versé aux douze réserves régionales, et enfin 25,4 milliards (soit 96,9%) a été payé au Trésor américain. En 2012 la Fed a payé 88,9 milliards de dollars au Trésor américain sur son bénéfice net de 91 milliards. Il semble donc qu'il y ait un meilleur moyen de contrôler la finance mondiale qu'au travers de la Réserve fédérale.
De plus le rapport que cite Mullins, Federal Reserve Directors: a study of corporate and banking influence, écrit en 1976 par le Committee on Banking, Currency and Housing de la Chambre des Représentants ne cite aucun actionnaire étranger, bien qu'il accuse la Fed d'être au service des grosses banques américaines. Mais est-ce une surprise? Après tant de circonvolutions et de descriptions de conflits d'intérêts, on découvre que des rapports disponibles publiquement pointent les problèmes de la Fed, mais sans aucun besoin de faire appel à des théories paranoïaques sur l'étranger. Le rapport ne mentionne pas le nom de Rothschild, pourtant Mullins se sert du rapport comme s'il approuvait toute sa théorie. Le problème majeur est la représentation disproportionnelle des diverses industries américaines, au profit des grosses banques, qui ne bénéficient pas directement des fonds de la Fed, mais qui gagnent plus sur les marchés financiers car ces derniers sont plus prompts à faire confiance aux banques réputés proches de la Fed (voir Renée B. Adams, "Who directs the Fed?"). En aucun cas la théorie de Mullins ne résiste à l'épreuve des faits, ce qui expliquerait pourquoi son livre n'apparait même pas dans la bibliographie des trois tomes monumentaux d'Allan H. Meltzer sur l'institution (voir A History of the Federal Reserve, Volume 1, op. cit., p.755, University of Chicago Press, 2004, et A History of the Federal Reserve, Volume 2, Book 2, 1970-1986, p.1272, University of Chicago Press, 2010).

Bref un très mauvais livre pour qui veut comprendre, mais un très bon livre pour l'idéologue paranoïaque adepte des complots qui ne veut pas se donner la peine de chercher plus loin que ce que dit cet auteur qui aurait dû rester dans l'oubli.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (14) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 8, 2015 5:38 AM MEST


La magie du Cosmos : L'espace, le temps, la réalité : tout est à repenser
La magie du Cosmos : L'espace, le temps, la réalité : tout est à repenser
par Brian Greene
Edition : Poche
Prix : EUR 12,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un livre passionant mais néanmoins exigeant, 28 septembre 2013
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Un grand livre de vulgarisation qui respecte l'intelligence du lecteur, lui demandant quelques efforts pour bien comprendre de quoi il retourne (même si j'avoue avoir été perdu sur les branes...).
C'est le premier livre de Greene que je lis, donc je ne sais pas si ses précédents livres étaient faciles d'accès, néanmoins je pense que certaines connaissances sont requises pour une bonne compréhension de celui-ci (notamment en physique quantique).
Cependant un léger reproche (peut-être uniquement dû à la traduction): pourquoi choisir des noms de personnages si idiots pour un livre réservé à un public averti?


Le cantique des quantiques
Le cantique des quantiques
par Sven Ortoli
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un livre concis, à mettre à jour, 15 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le cantique des quantiques (Poche)
Ayant lu quelques ouvrages relevant de la physique quantique sans jamais parvenir à un véritable stade de compréhension, je m'étonne que ce petit livre ne soit pas plus connu. Relativement facile d'accès (il faut tout de même un minimum de concentration), j'ai aujourd'hui, grâce à ce livre, une meilleure compréhension des phénomènes quantiques. J'ai l'impression d'avoir lu le livre le plus clair sur le sujet le plus sibyllin.
Cependant le livre date un peu, et la postface de l'édition 2007 est un peu courte pour exposer clairement l'évolution de cette science (je pense notamment à la décohérence, traitée trop rapidement). Je suppose qu'il me faudra lire le second ouvrage de ces mêmes auteurs pour en savoir plus.


Ludwig Wittgenstein : Introduction au Tractatus logico-philosophicus
Ludwig Wittgenstein : Introduction au Tractatus logico-philosophicus
par Ludwig Marion
Edition : Poche
Prix : EUR 12,50

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un titre portant à confusion, 25 février 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ludwig Wittgenstein : Introduction au Tractatus logico-philosophicus (Poche)
J'ai acheté ce livre il y a quelques années alors que je commençais à m'intéresser au Tractatus Logico-Philosophicus. Le mot "Introduction" du titre me faisait alors penser que ce livre pourrait m'aider à m'immerger dans la complexité de l’œuvre originale. Hélas je ne sais qui de l'auteur ou de l'éditeur a choisi ce titre mais celui-ci porte gravement à confusion. J'ai trouvé un livre presque aussi compliqué que le texte à décrypter, d'où mon opinion que ce petit ouvrage devrait avoir pour titre "Etude du Tractatus" et non "Introduction".
Quelques années plus tard, ayant lu d'autres études portant sur le Tractatus et relu de nombreuses fois ce dernier, j'ai repris ce livre que je n'avais jamais terminé. J'ai enfin pu en comprendre la majeure partie, même s'il reste hors de portée, à mon sens, du novice.
Pour une véritable introduction, il me semble préférable de se tourner vers "Lire le Tractatus" aux éditions Vrin, ou "Wittgenstein et les limites du langage" de Pierre Hadot.


Le Printemps Islamiste. Démocratie & Charia
Le Printemps Islamiste. Démocratie & Charia
par Mathieu Guidère
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Pas le livre que j'attendais, 15 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Printemps Islamiste. Démocratie & Charia (Broché)
Le sous-titre "Démocratie et charia" pourrait faire penser à un tour d'horizon intellectuel des débats, dans les pays arabes, autour de l'intégration de la charia dans la démocratie. En fait il n'en est rien, puisque la première partie se contente d’égrainer une liste sans fin de noms, de partis, des frères musulmans et des différents salafistes à l’œuvre dans les pays post-révolutions. Aucune perspective n'est envisagée, alors que de nombreuses situations auraient pu faire office d'exemples (l'islamisme politique en Turquie depuis le début des années 2000, le cas saoudien, le cas d'Oman...) pour laisser entrevoir ce que seront ces pays dans le futur.
La deuxième partie, savante, est une analyse des concepts de la charia, mais, l'auteur précise, tels qu'ils sont pensés par les salafistes. Etrange d'offrir ce seul point de vue alors que l'auteur a lui-même démontré que ce sont plus les frères musulmans que les salafistes qui constituent les nouveaux pôles de pouvoir. Encore une fois, il n'y a pas d'étude comparative des préceptes démocratiques et de la charia, et comment l'ensemble pourrait être mêlé. Au final on en sait plus sur la charia "théorique" que sur son application concrète dans les pays qui la pratiquent.
Attention donc à ce que vous recherchez, la couverture me semble être trompeuse.


Iran Pluriel Regards Geopolitiques
Iran Pluriel Regards Geopolitiques
par David Rigoulet-Roze
Edition : Broché
Prix : EUR 38,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un grand ouvrage mais..., 28 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Iran Pluriel Regards Geopolitiques (Broché)
Comme le dit François Géré dans la préface de cet ouvrage, David Rigoulet-Roze ne prend dans son texte aucun parti-pris, et produit un travail extrêmement sérieux et documenté. Prenant ses sources de toute part, il est agréable de lire quelqu'un qui ne verse ni dans l'angélisme pro-iranien ni dans la diabolisation anti-iranienne. Ici, l'auteur se contente de compiler différentes sources, les confronter, ne pas tirer de conclusions hâtives, quitte à noyer le lecteur sous un déluge de détails.

L'angle d'étude (ou plutôt les angles d'études) de Rigoulet-Roze répond excellemment à son titre « L'Iran pluriel ». Les différents chapitres sont autant de facettes d'une mosaïque très complexe et fascinante qui prouve encore et encore que les jugements idéologiques rapides ne peuvent apporter aucune réponse au « problème iranien », bien qu'à la fin du livre on puisse se demander si problème il y a, tellement on entrevoit un état avant tout désireux de tirer son épingle du jeu régional et mondial, en proie à des adversaires tout aussi décidés à s'affirmer géopolitiquement.

L'emprise des Pasdarans sur la société, les minorités baloutches, azéris, kurdes et leurs liens avec des puissances hostiles à l'Iran, les relations de ce dernier avec le Hezbollah et les chiites du monde arabe, les liens tendues avec le Pakistan et l'Arabie saoudite' tout ici est intéressant et bien documenté. Un grand ouvrage de géopolitique, une lecture obligatoire pour le lecteur français désireux de s'informer au mieux de ce qui se joue dans la région.

Alors pourquoi seulement quatre étoiles ? Habituellement peu gêné par les coquilles qui peuvent parsemer le texte ça et là, l'édition du livre est ici un fiasco ; parfois trois fautes énormes par page, des mots oubliés, des répétitions, bref des fautes qui seraient sans importance si elles ne gênaient pas la lecture à certains moments. Pour un livre à près de 40 euros, c'est tout simplement honteux.


Journal 1947-1948 : Les secrets de la création de l'Etat d'Israël
Journal 1947-1948 : Les secrets de la création de l'Etat d'Israël
par David Ben Gourion
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Une publication idéologiquement biaisée, 6 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Journal 1947-1948 : Les secrets de la création de l'Etat d'Israël (Broché)
On peut légitimement questionner l'utilité de la traduction du journal de Ben-Gourion: matière brute pour les chercheurs, intéressés de voir les différences entre ce que consignait Ben-Gourion et la réalité de l'histoire? L'objectif aurait alors été louable; le problème qui se pose est qu'il ne semble pas que la publication aille dans ce sens.

J'ai entendu parlé pour la première fois de la publication de cet ouvrage dans une émission d'Europe 1, Au Cœur de l'Histoire, présentée par Franck Ferrand (dont voici le lien: [...])).
J'ai été surpris d'entendre, de la part de Denis Peschanski, qui préface le livre et le commente, la répétition d'une histoire officielle qui a presque été entièrement contredite ces dernières années (et qui est totalement évacuée lors de l'interview, cf. 39:58 du lien ci-dessus).
Surpris par ces divers contresens (répétés lors d'une autre interview à la Radio de la Communauté Juive, dont voici le lien : [...])), je me suis intéressé de plus prêt à l'ouvrage, et j'ai pu y noter quelques passages pour le moins intrigants.

Outre une sélection discutable des entrées du journal (pourquoi avoir supprimé les entrées des 6 et 7 février 1948, qui prouve le désir profond de Ben-Gourion de judéiser Jérusalem?), le fait de ne pas commenter certains passages du journal pourrait faire passer les écrits du vieil homme pour des vérités dernières. Et lorsque ceux-ci sont commentés (notamment dans les interviews ci-dessus), la parole de Ben-Gourion est prise pour argent comptant, sans l'ombre d'un commentaire critique (qu'on est en droit d'attendre d'un directeur de recherche du CNRS).

Ainsi des passages qui montrent un Ben-Gourion "ouvert" aux arabes (36:20 de l'interview d'Europe 1), qui désire que la création d'Israël se fasse dans la paix avec les Arabes (36:50, idem): on sait que Ben-Gourion était attentif à ne pas laisser filtrer des informations sur l'idée de transfert qui traversait le courant sioniste (Nur Mashala, Expulsion of the Palestinians, p.129) et on sait également que Ben-Gourion avait la fâcheuse tendance de s'autocensurer, et de tenir des propos différents de ceux consignés dans son journal.
Un exemple: lorsqu'un des experts israéliens sur le monde arabe (Gad Machnes) dit, lors d'une réunion en présence de Ben-Gourion en janvier 1948, que les palestiniens ne sont ni prêts pour la guerre, ni ne la veulent, Ben-Gourion, dans sa transcription, omet la deuxième partie de la phrase.
Tout comme il omet toute mention de la politique des assassinats ciblés contre les leaders de la communauté palestinienne qu'il appelle de ses voeux, et à laquelle Machnes répond par l'affirmative. (Benny Morris, 'Falsifying the Record: A Fresh Look at Zionist Documentation of 1948', p.50-51, Journal of Palestine Studies, XXIV, n°3, Printemps 1995, p.44-62).

On peut également citer un passage révélateur, sous la plume de Michael Bar-Zohar, dans sa biographie apologétique de Ben-Gourion: « Ben-Gourion n'a jamais cru à la possibilité d'une existence avec les Arabes. Moins il y aura d'Arabes dans les limites du futur Etat, mieux cela vaudra. Il ne le dit pas explicitement, mais l'impression qui se dégage de ses interventions et de ses remarques est nette : une grande offensive contre les Arabes ne briserait pas seulement leurs attaques mais aussi réduirait au maximum le pourcentage de la population arabe dans l'Etat qu'on prépare. On peut l'accuser de racisme, mais alors on devra faire le procès de tout le mouvement sioniste qui est basé sur le principe d'une entité purement juive en Palestine. Les appels qu'adressent alors diverses institutions sionistes aux Arabes de ne pas quitter le pays et de s'intégrer dans l'Etat juif comportent une forte part d'hypocrisie » (Michael Bar-Zohar, Ben-Gourion, p.146).

La traduction, pour la première fois en français me semble-t-il, des discussions du 16 juin 1948 sur le retour des Palestiniens met également en lumière le problème majeur de l'ouvrage, l'absence de tout commentaire. Ben-Gourion y affirme que les Arabes ayant choisis de partir, ils ne peuvent plus revenir, ils ont fait la guerre et doivent l'assumer. Cette ligne est reprise par Denis Peschanski lors de l'interview donné à la Radio de la Communauté Juive (12:18 : « Avec le départ massif des populations arabes, des populations palestiniennes »; 13:28 : « Ben-Gourion dit, ils sont partis, on peut pas les laisser revenir »; 13:33 : « Y'a eu la guerre, ils ont voulu partir, ils reviendront pas »). Le "départ massif" est, on le sait aujourd'hui, surtout une expulsion (dans une grande majorité des cas) et non pas un départ de plein gré.

De plus, on voit mal comment cette entrée pourrait faire le poids face à ce que nous connaissons aujourd'hui: comment est-il moralement légitime d'interdire le retour de 750 000 personnes alors qu'une très large minorité seulement s'est battue. On estime qu'entre 2000 (2500 est l'estimation de Walid Khalidi, Benny Morris la ramène à plus de 3000) et 10,000 Palestiniens (estimation la plus conservatrice dû à Ephraïm Karsh) formaient la quasi-totalité de l'embryon de l'armée (en fait des groupes para-militaires) palestinienne.

Enfin, on retrouve le mythe de David contre Goliath (Peschanski, lors de l'interview accordée à Europe 1, dit, à 39:45 : « Ils [les Arabes] étaient à deux doigts de gagner...le déséquilibre des forces était tel »). Dans son journal, Ben-Gourion affirme que 700 000 Juifs seulement se battent contre 27 millions d'Arabes autour. Outre le fait que 27 millions est le chiffre des populations militaire ET civile, même Winston Churchill savait que le combat aurait pour vainqueur le Yishouv, comme, par ailleurs, la plupart des officiels britanniques, ainsi que le comité technique de la Ligue Arabe (à travers l'irakien Ismail Safwat), et également Yisrael Galili, chef de la Haganah, et enfin l'administration américaine de l'époque (Simha Flapan, The Birth of Israel, Myths and Realities, p.190-191.

« En vérité, toutes les armées arabes étaient nettement plus petites que ce qu'imaginait la Haganah et, en tout cas, elles ne déployèrent en Palestine qu'une partie de leurs forces » (Benny Morris, Victimes, p.239). Effectivement, trois semaines seulement après avoir défendu le territoire, les israéliens passent dans la phase offensive, et restent dans cette position jusqu'à la fin de la guerre. Aujourd'hui on estime que les toutes les forces arabes réunies tournaient autour de 25 000 soldats, soit à peu près autant que les forces israéliennes.

La question est donc de savoir à quoi sert cette publication, puisqu'elle ne fait que reprendre encore et toujours des mythes, depuis longtemps contredits, et donne à lire une parole à laquelle n'est pas adjointe un appareil critique qui aurait été plus que nécessaire. Attention donc, une lecture de cet ouvrage peut s'avérer utile seulement en contrastant fortement ce témoignage avec d'autres sources.
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Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique
Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique
par Pierre Péan
Edition : Broché
Prix : EUR 24,90

6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Soyons sérieux un instant..., 23 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Broché)
J'avoue avoir du mal à comprendre les commentaires de cette page. "Très documenté", l'ouvrage de Péan? Une à deux notes par page... S'appuie sur Wayne Madsen, furieux conspirationniste... J'en passe et des meilleurs. Toujours les mêmes arguments: Kagame en marionnette américaine, de même que Museveni; contre-génocide etc...
Soyons sérieux, lisons un vrai livre de géopolitique, explicatif, "très documenté", cette fois-ci pour de vrai, qui ne verse pas dans la conspiration anti-américaine sans pour autant être tendre avec les acteurs en présence, un ouvrage malheureusement uniquement disponible en anglais : Africa's World War de Gérard Prunier, un vrai connaisseur de la région. En quelques pages, Prunier détruit tout l'argumentaire développé par Péan.
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A Little Matter of Genocide: Holocaust and Denial in the Americas, 1492 to the Present
A Little Matter of Genocide: Holocaust and Denial in the Americas, 1492 to the Present
par Ward Churchill
Edition : Broché
Prix : EUR 23,51

4.0 étoiles sur 5 Une excellente introduction aux problématiques "Indiennes", 17 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
En quelques essais percutants, Churchill remet en question toute un pan de l'histoire américaine, et appelle enfin les choses par leurs noms: oui le massacre systématique des Indiens d'Amérique a bien été un génocide, unique dans son ampleur et sa durée. Si les thèses de Churchill sont parfois très dures à avaler (la guerre bactériologique par exemple, sur laquelle il a été fortement attaqué; de ce côté là le livre est assez peu convaincant) la majorité du livre est d'une grande qualité (rarement j'ai vu autant de notes, de références etc...) et, malgré les accusations portées contre son travail, tout n'est pas à jeter. On lira avec autant d'intérêt les parties sur la conquête des Amériques que celles sur la portée du mot génocide, son utilisation moderne et son histoire.
Pour qui n'a jamais lu de livres sur l'histoire de ce peuple décimé, voici une occasion parfaite.


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