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Lauraylauro (france)
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Sings Verdi/Mozart/Tchaikovsky
Sings Verdi/Mozart/Tchaikovsky
Prix : EUR 19,02

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Insurpassable Battistini, 7 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sings Verdi/Mozart/Tchaikovsky (CD)
On l'a surnommé le Roi des Barytons. Le baryton italien Mattia Battistini (1856-1928), est encore pour longtemps un modèle, un himalaya, auquel ont rêvé et rêvent maints barytons.

Le disque commenté nous le présente dans un répertoire varié et international:
L'opéra italien:
Mozart: Don Giovanni "La ci darem la mano"
Donizetti: La Favorite: "A tanto amor" et "Vien Leonora", Linda di Chamonix, Maria di Rohan,
Verdi: Macbeth "Pieta, rispetto, amore", La Traviata "Pura siccome un angelo", Le Bal masqué: "Alla vita che t'arride" et "Eri tu",
L'opéra français:
Thomas: Hamlet "O vin discaccia la tristezza" et "Come il romito fior",
Hérold: Zampa.
L'opéra russe:
Tchaikovsky: Eugène Onéguine,
Rubinstein: Le Démon.
A cela s'ajoute un extrait de Martha de Flotow, des romances de Tosti: Ancora et Ideale, une chanson espagnole, La Partida d'Alvarez et le célèbre "Caro mio ben" attribué à Giuseppe Giordani, un compositeur du XVIIIème.

Summum du bel-canto romantique issu du XIXème siècle, Battistini possédait tout: un voix d'une grande beauté et d'une grande puissance, extrêmement flexible, une technique parfaite, une santé à tout épreuve ( il pouvait chanter tous les jours sans dégâts) et un dynamisme extraordinaire, une grande puissance d'émotion, des dons incontestables de musicien et de comédien, un physique majestueux et impressionnant et était d'une grande élégance en scène, comme à la ville.
Propulsé en scène, à vingt-deux ans, suite à une défection, dans le rôle du roi Alfonso de la Favorite, il devint immédiatement la coqueluche du public, atteignant rapidement une gloire et une popularité dont on peut difficilement se faire une idée.
Il fut également fêté et sollicité par les plus grands compositeurs du moment.
A l'âge de vingt-quatre ans, il fut engagé à la demande de Wagner pour chanter Telramund dans Lohengrin. Le compositeur l'auditionna également dans le Hollandais.
Verdi ne fut pas en reste, qui, enchanté de sa prestation dans Iago, où il succédait au créateur, le Marseillais Victor Maurel, lui proposa Falstaff, ce qui ne se fit pas. Battistini, à trente-six ans, était trop jeune et fringant pour incarner le personnage bouffe du vieux chevalier!
Massenet ne fut pas en reste qui écrivit pour lui une version pour baryton de Werther.
Ambroise Thomas, quant à lui, trouva dans Battistini, l'incarnation idéale de son Hamlet.
De même Leoncavallo, Ponchielli et Giordano bénéficièrent, avec reconnaissance, de son Tonio , de son Barnaba et de son Gérard.

Il fut acclamé partout de l'Amérique à Saint-Petersbourg où il était reçu par le Tsar, en passant par les plus grands théâtres du monde. Donc, une carrière glorieuse et aussi très longue.
Son répertoire était immense.
L'italien, bien sûr, il était à son aise dans le bel canto romantique, mais il aima chanter surtout, comme cela se faisait à l'époque les compositeurs contemporains Verdi, Puccini, il fut un grand Scarpia, et les véristes.
Les répertoires français, avec Hamlet, Werther, le Henri VIII de Saint-Saens et russe, avec Eugène Onéguine qu'il chantait en russe, et aussi la Dame de Pique, Rouslan et Ludmilla furent également siens.
De même, il aborda le répertoire classique avec Don Giovanni, baroque avec Castor et Pollux et l'Orfeo de Monteverdi.

Le disque présenté nous donne un aperçu de ce talent hors normes dans des conditions d'audition tout à fait acceptables. Les morceaux interprétés le sont en italien, comme cela se faisait à cette époque, même quand le chanteur possédait la langue originale. Evidemment, ce n'est qu'une petite partie du legs de Battistini au disque, mais la variété des morceaux présentés est suffisante pour donner une idée de ce talent.

On retrouve ici toute la perfection technique de l'école belcantiste: soutien du souffle et parfait legato, possibilité de nuancer à l'infini du piano inaudible au forte le plus puissant, souplesse et ductilité, colorations, colorature ne dénotant aucun effort, expressivité n'utilisant que des procédés purement musicaux, avec cette liberté, coexistant avec une parfaite construction de la phrase, qui permet les rubati et les ornements que dictent l'émotion et l'imagination du chanteur.

Dans les morceaux que Donizetti a composé pour la voix de baryton, cet art du chant semble inégalé. Il suffit, par exemple de comparer son incarnation du Roi Alphonse, superbe de ligne et de phrasé, de noblesse et d'autorité, mais également lyrique et tendre, à l'interprétation de tel ou tel de ses successeurs.

Chez Verdi comme dans l'opéra français, il nous présente toute un galerie de personnages bien caractérisés:
Un Renato du Bal masqué, ami attentif, puis époux déchiré, où Battistini nous émeut tant par la beauté de son chant que par une expression d'une grande sensibilité.
Un Germont qui alterne dureté et tendresse paternelle.
Un Macbeth à la diction mordante et aux nuances infinies nous font vivre la rage de même que l'abattement du roi à la fois féroce et faible, prêt à se battre avec l'énergie du désespoir.

Dans l'air étonnant de Zampa d'Hérold, alternant avec maîtrise sons caverneux et voix mixte, il crée un personnage de caractère, carrément inquiétant.
Son Hamlet est sombre et dépressif, plein de rage et de défi dans sa chanson à boire, tendre et douloureux quand il s'émeut du sort d'Ophélie, dans une interprétation magistrale où des nuances piani en voix mixte évoquent toute la fragilité du personnage.

Ailleurs, par le jeu des couleurs, des accents, de la dynamique, il dessine le plus charmeur, le plus sensuel, le plus féroce, le plus dangereusement insinuant des Don Giovanni.
Tel est également son Démon de Rubinstein en sa perfide et diabolique douceur.
Son Onéguine, malheureusement en italien, devait être remarquable, car la sensibilité slave et la mélancolie qui sont ici présentes sont d'une belle authenticité.

Qui peut le plus peut le moins, Battistini excelle également dans la mélodie quoique sa voix y puisse paraître un peu lourde. Nous y préférons les ténors, ceux qui savent chanter...

Si vous vous désirez acquérir un disque de Mattia Battistini, je vous suggère plutôt le disque Nimbus que j'ai commenté par ailleurs. Un disque, à mon avis, au programme plus intéressant avec une partie verdienne plus importante, le Méphisto de Berlioz et le Werther, version baryton. Un disque, de plus, beaucoup moins cher! Comme la plupart des disques Nimbus, ce disque est remarquable par la belle qualité de sa restitution sonore.

Sinon, les deux albums de la collection dont le premier fait l'objet de ce commentaire (le second comprenant des extraits de Don Giovanni et de beaux Verdi dont le fameux Charles-Quint d'Ernani) me semblent être une option très valable.

On peut lire, également, au sujet de Battistini:
En anglais: de Jacques Chuilon, "Battistini, King of barytones and barytone of Kings" avec une préface de Thomas Hampson, ainsi que les commentaires qui lui ont été consacrés par John Steane dans divers ouvrages, notamment "The Great Tradition".
En français: "Le dernier Divo", du même auteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (29) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 22, 2014 8:54 PM MEST


Les plus belles compositions de Henry Purcell
Les plus belles compositions de Henry Purcell
Prix : EUR 10,92

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Orpheus britannicus, 26 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les plus belles compositions de Henry Purcell (CD)
"Mr Henry Purcell most admirable composures". James Bowman, contreténor, The King's Consort, sous la direction de Robert King. Hyperion. 1988.

Après la mort du grand compositeur britannique Henry Purcell (1659-1695), sa veuve fit publier, en 1698, puis en 1702, une anthologie d'airs de Purcell: l"Orpheus britannicus".

Nous retrouvons dans ce disque dix-sept de ces compositions extraites d'œuvres diverses interprétées par le contreténor britannique James Bowman (né en 1941).

Purcell adorait la voix de contreténor pour laquelle il a énormément composé et chantait lui-même dans cette tessiture. Ainsi, à la différence de ce qui fait de manière habituelle le répertoire des contreténors, des airs composés pour des castrats, ce nous entendons ici sont des pièces chantées en toute authenticité pour la voix pour laquelle elles ont été conçues.

Les titres de cet album:
We sing to Him, Musica sacra, 1688.
What shall I do to show how much I love her? de The Prophetess, 1690.
How long, Great God? 1688.
Not all my torments can your pity move?
Music for a while, d'Oedipus, 1692.
Fairest isle, de King Arthur, 1691.
The knotting song, 1695.
The Plaint, de la Fairy Queen, 1692.
With him he brings, de Ye tunefull Muses, 1686.
Ah, how sweet is to love, de Tyrannic Love, 1694.
Celia has a thousand charms, de The rival Sisters, 1695.
The fatal Hour comes on apace,
If Music be the food of love, 1692.
One charming Night, de The fairy Queen, 1692.
Since from my dear Astrea's sight, de The Prophetess, 1690.
Here the Deities approve, de Welcome to all the Pleasures. 1683.
An evening Hymn. 1688.

Un très beau disque plein d'un charme souvent mélancolique où la plainte comme la joie sont toujours retenues, spiritualisées. La voix de Bowman est d'une grande beauté. Large et ronde, avec des sonorités de hautbois dans l'aigu et un grave moelleux, elle parcourt toute son étendue avec la même aisance nous offrant de superbes sonorités et une ligne de chant accomplie ornée de discrètes vocalises, souples et fluides, toujours parfaitement intégrées à la ligne mélodique.

L'accompagnement du King's consort (violons, viole, basse de viole, archiluth, théorbe, orgue de chambre et clavecin) sait combiner ses diverses voix et varier de couleurs et de force selon l'atmosphère du morceau, ce qui crée un agrément supplémentaire, l'orchestre se montrant tantôt léger, presque évanescent, pour laisser la primauté à la voix, tantôt plein, vigoureux, enveloppant cette voix de riches harmoniques.

Une beauté sereine et intemporelle.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (12) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 22, 2014 8:51 PM MEST


Sergyi Lemeshev. Opera arias 1937-1940
Sergyi Lemeshev. Opera arias 1937-1940
Proposé par AAA-CLASSIQUE
Prix : EUR 13,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Sergeï Lemeshev, 26 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sergyi Lemeshev. Opera arias 1937-1940 (CD)
Sergeï Lemeshev. The great performers. 1937-1940. Disques Aquarius.

A ceux qui seraient intéressés par l'art du grand ténor soviétique Sergeï Lemeshev, je serais tentée de conseiller cette collection Aquarius de cinq disques, disponibles séparément ou en coffret.
Evidemment, comme cette collection couvre pratiquement toute la carrière de Lemeshev, il y aura forcément des doublons.

Le volume en question est particulièrement intéressant pour l'auditeur occidental, amateur d'opéra et de belles voix, puisqu'il offre un beau panachage d'airs célèbres des répertoires français et italiens (chantés en russe) et d'airs d'opéras russes, certains très connus, avec le grand air de Lensky au troisième acte d'Eugène Onéguine, une interprétation incontournable, un rôle deux fois enregistré dans son intégralité, les airs de la Nuit de Mai de Rimsky-Korsakov qui figurent souvent dans les récitals des ténors russophones, mais aussi des airs d'opéras peu fréquentés qu'on aura plaisir à découvrir et qui seront peut-être une introduction à l'opéra russe pour les non-spécialistes, dont je suis.

La notice est en russe et les airs présentés sont les suivants, dans l'ordre des numéros de plage:

1- Flotow: Martha, air de Lionel,
2- Meyerbeer: L'Africaine, air de Vasco de Gama,
3- Gretchaninov: Dobrynya Nikitich, air d'Alyosha Popovitch,
4- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte un, air de Levko ,
5- Tchaikovsky: Les Souliers de la Reine, acte un, air de Vakoula,
6- Tchaikovsky: Les Souliers de la Reine, acte trois, air de Vakoula
7- Tchaikovsky: Eugène Onéguine, acte trois, air de Lensky, "Kuda, kuda...",
8- Massenet: Werther, lied d'Ossian,
9- Bizet: Les Pêcheurs de Perles, romance de Nadir,
10- Flotow: Martha, variante de l'air de Lionel,
11- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte un, air de Levko ,
12- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte trois, air de Levko ,
13- Dargomjinsky: Roussalka, acte trois, air du prince,
14- Napravnik: Doubrovsky: Romance du héros à l'acte un,
15- Gretchaninov: Dobrynya Nikitich, air d'Alyosha Popovitch, variante,
16- Serov: Judith, air hindou,
17- Rimsky-Korsakov: Snegourotchka, air du tsar Berendeï, à l'acte deux,
18- Thomas: Mignon, romance de Wilhem Meister, "Elle ne croyait pas...",
19- Ponchielli: La Gioconda, l'air d'Enzo, "Cielo e mar",
20- Verdi: Rigoletto: Ballade du duc, "Questa o quella",
21- Verdi: Rigoletto: air du duc, "Parmi veder le lagrime".

Une voix exceptionnelle de beauté, de moelleux et de douceur, un timbre mélancolique mais riche et lumineux, un chant complétement maîtrisé avec un legato exemplaire, une grande ductilité, de fines, délicieuses et expressives nuances, des ornements parfaitement exécutés, une homogénéité sur tout la longueur de la voix qui passe d'un registre à l'autre sans rupture aucune, une facilité et une simplicité d'émission avec ce fameux chant "au bord des lèvres", une vaillance, quand il faut, avec des aigus pharamineux, larges, épanouis.

L'interprétation est d'un lyrisme extraordinaire. Nous entendons ici son célèbre Lensky, bouleversant, plein de nostalgie et de passion dans cet air tout imprégné du pressentiment de la mort prochaine. Mais la palette expressive est variée quoique moins théâtralement originale et engagée que celle son "rival et néanmoins ami", Ivan Kozlovsky.
Lemeshev, qui avait travaillé avec Stanislavski, était cependant un excellent comédien à la scène, avec beaucoup de grâce en même temps que de sobriété.
Ainsi, avec un bon sens du style, élan et mesure, il se montre au disque à même d'exprimer l'enthousiasme exubérant et la tendresse des airs de Levko de la Nuit de Mai aussi bien que la désinvolture et le cynisme du duc de Mantoue ou la souffrance et le désespoir de Werther, même si ce qui domine l'ensemble de ses prestations est une espèce de charme envoûtant, quasi hypnotique, qu'il déploie à loisir dans les airs les plus lyriques, nostalgiques ou amoureux, que sa maîtrise et sa voix exceptionnelles nous donnent comme allant de soi, simples, évidents, coulant de source en un chant aussi raffiné que spontané.

NB: Le ténor soviétique Sergei Lemeshev (1902-1977) est un des ténors majeurs de la discographie et, sans doute, un des plus grands artistes lyriques de tous les temps.

D'une origine paysanne extrêmement modeste Lemeshev, d'abord initié à la musique et aux langues étrangères par une famille voisine cultivée, fit ses premières études dans une école de cavalerie, puis au conservatoire de Moscou et à l'opéra théâtre sous la direction de Stanislavsky.
Il devint rapidement, avec l'appui d'abord de la grande basse Alexandre Pirogov, le ténor vedette du Bolshoï et ce jusqu'à la fin de sa carrière. Il y assumera aussi des mises en scène et la fonction de directeur.

Il fut couvert d'honneurs et sa popularité était aussi immense que celle des grandes vedettes pop contemporaines. Il faut dire qu'il possédait tout: voix extraordinaire, technique hors pair, musicalité, présence et talent scénique, grâce et charme physique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 1, 2014 2:17 PM MEST


Opera Arias (Recordings 1937-1940) - Sergei Lemeshev / Arii iz oper (zapisi 1937-1940) - Sergej Lemeshev
Opera Arias (Recordings 1937-1940) - Sergei Lemeshev / Arii iz oper (zapisi 1937-1940) - Sergej Lemeshev
Proposé par AAA-CLASSIQUE
Prix : EUR 13,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Envoûtant Lemeshev, 14 juin 2014
Sergeï Lemeshev. The great performers. 1937-1940. Disques Aquarius.

A ceux qui seraient intéressés par l'art du grand ténor soviétique Sergeï Lemeshev, je serais tentée de conseiller cette collection Aquarius de cinq disques, disponibles séparément ou en coffret.
Evidemment, comme cette collection couvre pratiquement toute la carrière de Lemeshev, il y aura forcément des doublons.

Le volume en question est particulièrement intéressant pour l'auditeur occidental, amateur d'opéra et de belles voix, puisqu'il offre un beau panachage d'airs célèbres des répertoires français et italiens (chantés en russe) et d'airs d'opéras russes, certains très connus, avec le grand air de Lensky au troisième acte d'Eugène Onéguine, une interprétation incontournable, un rôle deux fois enregistré dans son intégralité, les airs de la Nuit de Mai de Rimsky-Korsakov qui figurent souvent dans les récitals des ténors russophones, mais aussi des airs d'opéras peu fréquentés qu'on aura plaisir à découvrir et qui seront peut-être une introduction à l'opéra russe pour les non-spécialistes, dont je suis.

La notice est en russe et les airs présentés sont les suivants, dans l'ordre des numéros de plage:

1- Flotow: Martha, air de Lionel,
2- Meyerbeer: L'Africaine, air de Vasco de Gama,
3- Gretchaninov: Dobrynya Nikitich, air d'Alyosha Popovitch,
4- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte un, air de Levko ,
5- Tchaikovsky: Les Souliers de la Reine, acte un, air de Vakoula,
6- Tchaikovsky: Les Souliers de la Reine, acte trois, air de Vakoula
7- Tchaikovsky: Eugène Onéguine, acte trois, air de Lensky, "Kuda, kuda...",
8- Massenet: Werther, lied d'Ossian,
9- Bizet: Les Pêcheurs de Perles, romance de Nadir,
10- Flotow: Martha, variante de l'air de Lionel,
11- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte un, air de Levko ,
12- Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, acte trois, air de Levko ,
13- Dargomjinsky: Roussalka, acte trois, air du prince,
14- Napravnik: Doubrovsky: Romance du héros à l'acte un,
15- Gretchaninov: Dobrynya Nikitich, air d'Alyosha Popovitch, variante,
16- Serov: Judith, air hindou,
17- Rimsky-Korsakov: Snegourotchka, air du tsar Berendeï, à l'acte deux,
18- Thomas: Mignon, romance de Wilhem Meister, "Elle ne croyait pas...",
19- Ponchielli: La Gioconda, l'air d'Enzo, "Cielo e mar",
20- Verdi: Rigoletto: Ballade du duc, "Questa o quella",
21- Verdi: Rigoletto: air du duc, "Parmi veder le lagrime".

Une voix exceptionnelle de beauté, de moelleux et de douceur, un timbre mélancolique mais riche et lumineux, un chant complétement maîtrisé avec un legato exemplaire, une grande ductilité, une homogénéité sur tout la longueur de la voix qui passe d'un registre à l'autre sans rupture aucune, une facilité et une simplicité d'émission avec ce fameux chant "au bord des lèvres", une vaillance, quand il faut, avec des aigus pharamineux, larges, épanouis.

L'interprétation est d'un lyrisme extraordinaire. Nous entendons ici son célèbre Lensky, bouleversant, plein de nostalgie et de passion dans cet air tout imprégné du pressentiment de la mort prochaine. Mais la palette expressive est variée. Lemeshev qui avait travaillé avec Stanislavski était un excellent comédien à la scène, avec beaucoup de grâce en même temps que de sobriété. De même, il se montre au disque à même d'exprimer tour à tour l'enthousiasme exubérant et la tendresse dans les airs de Levko de la Nuit de Mai aussi bien que la désinvolture et le cynisme du duc ou la souffrance et le désespoir de Werther, même si ce qui domine l'ensemble de ses prestations est une espèce de charme envoûtant, quasi hypnotique, qu'il déploie à loisir dans les airs les plus lyriques, nostalgiques ou amoureux, que sa maîtrise et sa voix exceptionnelles nous donnent comme allant de soi, simples, évidents, coulant de source.

NB: Le ténor soviétique Sergei Lemeshev (1902-1977) est un des ténors majeurs de la discographie et, sans doute, un des plus grands artistes lyriques de tous les temps.

D'une origine paysanne extrêmement modeste Lemeshev, d'abord initié à la musique et aux langues étrangères par une famille voisine cultivée, fit ses premières études dans une école de cavalerie, puis au conservatoire de Moscou et à l'opéra théâtre sous la direction de Stanislavsky.
Il devint rapidement, avec l'appui d'abord de la grande basse Alexandre Pirogov, le ténor vedette du Bolshoï et ce jusqu'à la fin de sa carrière. Il y assumera aussi des mises en scène et la fonction de directeur.

Il fut couvert d'honneurs et sa popularité était aussi immense que celle des grandes vedettes pop contemporaines. Il faut dire qu'il possédait tout: voix extraordinaire, technique hors pair, musicalité, présence et talent scénique, grâce et charme physique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 16, 2014 11:54 AM MEST


Peter Paul Rubens (1577-1640) : L'Homère de la peinture
Peter Paul Rubens (1577-1640) : L'Homère de la peinture
par Gilles Néret
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour apprendre à connaître Rubens, 12 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Peter Paul Rubens (1577-1640) : L'Homère de la peinture (Broché)
Rubens. Collection Taschen, quatre-vingt seize pages. Présentation Gilles Néret.

Un très bon numéro de cette petite collection qui permet de bien faire connaissance avec Pierre-Paul Rubens, le grand peintre flamand de l'art baroque (1577-1640).

La notice fort bien faite évoque d'abord l'homme Rubens: Homme de culture, suprêmement intelligent et plein d'humour, époux et père attentif, diplomate subtil, chef d'atelier et homme d'affaires honnête et avisé.

Puis, avant de nous présenter quelques unes des œuvres les plus représentatives du peintre, Gilles Néret s'interroge sur son art, certes baroque par son exubérance, son goût pour les lignes et les compositions tourbillonnantes, mais également classique par la force de ces mêmes compositions où souvent la pyramide classique se devine sous l'apparent foisonnement du baroque.

Les illustrations sont suffisantes en nombre, diversité et qualité pour permettre de se faire une juste idée du génie pictural de Rubens en toutes ses facettes: Tableaux religieux, dont la sublime "Descente de croix", oeuvres évoquant des séquences historiques, antiques, ou actuelles comme la savoureuse suite consacrée à Marie de Médicis, portraits et autoportraits, paysages, scènes villageoises, jardins d'amour, tableaux mythologiques comme le magistral "Enlévement des Filles de Leucippe" ou tous ces "Jugements de Pâris" et autres fables vénusiennes éclairés par la beauté plantureuse de la lumineuse Hélène Fourment, seconde femme du peintre, mais aussi, tableaux intimistes, simples et pleins de tendresse consacrés à ses enfants, à Hélène Fourment et à sa première épouse Isabelle Brant...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 13, 2014 3:13 PM MEST


Les Huguenots
Les Huguenots

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Unique, Sergeï Lemeshev., 12 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Huguenots (CD)
Suite à des erreurs et imprécisions du site, ce récital du ténor russe Sergeï Lemeshev n'apparaît pas sous "Sergeï Lemeshev", mais
1) Sous un disque consacré à la soprano italienne Mafalda Favero.
2) Sous "Les Huguenots".
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Sergeï Lemeshev. Compilation d'airs d'opéra, accompagnés par divers orchestres, dans la collection "Lebendige Vergangenheit".

Le ténor soviétique Sergei Lemeshev (1902-1977) est un des ténors majeurs de la discographie et sans doute un des plus grands artistes lyriques de tous les temps.

D'une origine paysanne extrêmement modeste Lemeshev, d'abord initié à la musique et aux langues étrangères par une famille voisine cultivée, fit ses premières études dans une école de cavalerie, puis au conservatoire de Moscou et à l'opéra théâtre sous la direction de Stanislavsky.
Il devint rapidement, avec l'appui d'abord de la grande basse Alexandre Pirogov, le ténor vedette du Bolshoï et ce jusqu'à la fin de sa carrière. Il y assumera aussi des mises en scène et la fonction de directeur.

Il fut couvert d'honneurs et sa popularité était aussi immense que celle des grandes vedettes pop contemporaines. Il faut dire qu'il possédait tout: voix extraordinaire, technique hors pair, musicalité, présence et talent scénique, grâce et charme physique.

Le disque présenté nous donne un aperçu de ce talent, mais frustration, ne nous le présente pas dans l'air qui précède le duel Lensky-Onéguine "Où vous êtes vous enfuis, jours dorés de mon printemps...".
C'est pourtant dans ce rôle de Lensky qu'il est le plus connu dans le monde. Il était Lensky. Il a d'ailleurs enregistré deux fois ce rôle pour des intégrales de cet opéra. Nous nous contenterons ici de l'arioso "Je vous aime, Olga".

Les autres titres proposés, tous chantés en russe, sont les suivants:
Auber: Fra Diavolo "J'ai revu nos amis",
Meyerbeer: Les Huguenots " Plus blanche que la blanche hermine",
Flotow: l'air de Lionel de Martha,
Verdi: Luisa Miller "Quando le sere al placido",
Wagner: Le récit du Graal, "In fernem Land",
Faust: "Salut demeure chaste et pure",
Thomas: Mignon "Elle ne croyait pas",
Dargomijsky: Roussalka, d'après Pouchkine, air du prince,
Rubinstein: Le Démon, air du fiancé, Sinodal,
Rimsky-Korsakov: La Nuit de Mai, les deux airs de Levko, Snegourotchka, air du tsar Berendeï, Sadko, air le l'hôte hindou,
Arensky: Raphaël, air folklorique, chanté en coulisses,
Napravnik: Dubrovsky, air de Dubrovsky.

La voix de Lemeshev était une voix de ténor lyrique d'une grande beauté: étendue et vaillante, riche en harmoniques, juvénile et un peu mélancolique, pleine de douceur, d'une clarté et d'une luminosité de timbre rares.

De plus sa technique fabuleuse non seulement donnait à cette voix argentée une grande homogénéité et une grande ductilité, des facultés à alléger et à amenuiser à loisir ce timbre si riche qui parfois devenait ainsi presqu'androgyne, mais lui permettait également de s'épanouir dans de surprenants aigus, superbes, ronds et puissants, virils, ou d'utiliser, au contraire, pour certains effets et ornements la voix de tête la plus transparente sans créer de rupture dans la qualité du timbre ou de la ligne.
De plus, par le miracle de cette technique, cette voix lyrique était à même d'assumer aussi bien des rôles relativement lourds comme Cavaradossi ou Hermann dans la Dame de Pique, que les rôles légers ou suraigus.

Le soutien du souffle, le legato étaient parfaits, même si pendant six ans Lemeshev ne chanta qu'avec un seul poumon. (Il avait subi en effet un pneumothorax suite à la tuberculose contactée au cours de la guerre de quarante). Ce chant "la voix au bord des lèvres", sur le souffle, paraît de plus, charme supplémentaire, aussi naturel que la voix parlée.

Cette magnifique ligne de chant, de fines, délicieuses et expressives nuances, des ornements parfaitement exécutés, doublés d'un bon sens du style, contribuaient à un chant aussi raffiné que spontané, à la fois simple, émouvant, enchanteur.

Lumineux Lohengrin, malicieux Fra Diavolo, mélancolique Sinodal, tendre Wilhem Meister... toutes ses incarnations sont d'un lyrisme et d'un charme confondants. De la vaillance extasiée de Raoul de Nangis au chant quasi hypnotique de la berceuse de Levko ou de l'air de l'hôte hindou, laissons nous donc ensorceler par cette présence si chaleureuse, cette générosité, cette humanité touchantes, et l'évidente beauté de cet art et cette voix uniques, malheureusement mal connus sous nos cieux.৤
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (20) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 22, 2014 3:23 PM MEST


Airs d'Opéras Français
Airs d'Opéras Français

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rockwell Blake et le renouveau du bel-canto, version ténor., 3 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Airs d'Opéras Français (CD)
Rockwell Blake. Airs d'opéras français. Orchestre philarmonique de l'Opéra de Monte-Carlo dirigé par Patrick Fournillier.

En 1994, le grand ténor américain Rockwell Blake enregistrait ce récital consacré à deux siècles d'opéra français de Lully (1632-1687) à Léo Delibes (1836-1891).
Relativement peu de "tubes", mais une grande variété de style et d'inspiration, de la tragédie lyrique à l'opéra comique français tout de légèreté de François-Esprit Auber et aux opéras français de Rossini et Donizetti, en passant par la tragédie renouvelée de Gluck.

Rockwell Blake a été pour la voix de ténor ce qu'ont été une Marilyn Horne, une Joan Sutherland, une Montserrat Caballé pour la voix féminine.

S'inspirant de documents anciens, il a essayé de recréer le ténor belcantiste capable de chanter Rossini, Donizetti et le répertoire romantique français dans un style authentique. Loin des ténorinos bêlants, des chanteurs incapables de vocalises et d'aigus piano autres qu'en voix de tête, il a recréé cette voix perdue, dont il nous reste peu de témoignages au disque, qui unissait vaillance et virtuosité, médium consistant et aigus puissants, acrobatiques, noblesse et sensibilité.

Ainsi, on put à nouveau entendre, stimulés par cet exemple, des Almaviva pleins d'autorité, de véritables héros, héros antiques, ou chevaliers Renaud, Roland et autres, tels qu'ils furent conçus par des Tasse ou des Arioste, et revus par nos chers compositeurs, en même temps que les amoureux romantiques et délicats de l'opéra-comique français, ou les très humoristiques Comte Ory, ou (je ne sais pas s'il l'a fait lui-même) Fra Diavolo.

Dans ce récital, où alternent, pour notre plus grande joie, grands airs pleins de panache et miniatures délicates, Blake se montre passionnant d'un bout à l'autre nous faisant passer par toutes sortes d'état d'âme et d'émotions, de l'exaltation des vocalises virtuoses, des airs de vaillance, des notes suraigües en série, à l'humour et à l'émoi que suscite la douceur la plus tendre, la poésie la plus rêveuse.

D'abord, Piccinni (1728-1800) avec le Médor de Roland dans l'air "En butte aux fureurs de l'orage". Tout est dans le titre! Vocalises orageuses et magnifiques, finale apaisé.

Puis l'air de Mercure du Persée de Lully: "O tranquille sommeil", où par l'utilisation de la voix mixte, il sait créer ces sons aigus et brumeux et cette ligne sans faille d'une douceur infinie que des piani savamment amenés portent peu à peu vers le silence et l'engourdissement du sommeil.

Ensuite le grand air d'Orphée "L'espoir renaît dans mon âme", écrit par Gluck et rajouté pour les représentations de la version parisienne et française de l'œuvre à l'attention du ténor Legros: Un air de vaillance, extrêmement brillant, avec des aigus sonores, par lequel le héros affirme sa détermination.
De Gluck, également "Plus j'observe ces lieux et plus je les admire", air d'Armide, où le héros Renaud charmé, oubliant la chevalerie et ses impératifs, se laisse aller à un agréable amollissement. On admire ici le sens du rythme et le travail sur le timbre du ténor qui crée peu à peu une douce et invincible torpeur.

De François Boieldieu (1775-1834) ensuite, une air plein de verve des Voitures versées, puis le célèbre "Viens, gentille dame" de La Dame blanche, d'abord poétique et rêveur à souhait avec ce legato et ces superbes allégements de la voix qui ne sont jamais passages brusques de la voix de poitrine à la voix de tête, mais un savant mixage selon les principes de l'école de Garcia, qui en créant ces sonorités aériennes conserve au timbre et à la ligne une homogénéité superbe, puis dans la partie rapide, un retour magnifique à la vaillance avant une reprise rêveuse, quasi arachnéenne.

Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) est connu pour son drame "La Muette de Portici" et le pétillant "Fra Diavolo". Ici, c'est un air très amoureux et touchant, tendrement nuancé de piani impalpables, du " Premier Jour de Bonheur", production tardive du compositeur.

On ne présente pas la "Fille du Régiment" de Donizetti, et les airs de Tonio, le premier, feu d'artifice avec contre-uts en voici en voilà, et le second dans la veine sentimentale. Ici Blake passe de la joyeuse explosion de joie et de notes aigües à la tendresse émue qu'expriment force nuances délicates et une magnifique ligne de chant ponctuée de quelques éclats de vaillance pour corser le plaisir.

Même virtuosité, même vaillance et même charme dans l'air hypocrite du Comte Ory, où le français parfaitement maîtrisé du chanteur le rend à même de délivrer toutes les nuances malicieuses souhaitables.

Avec Adolphe Adam (1803-1856) toujours cette alternance de tendresse et de délicatesse avec un extrait de " Si j'étais Roi" et de vaillance, et aussi de fantaisie et d'humour, avec le célèbre "Postillon de Longjumeau" qui était si beau et dont le charme était quelque peu alpiniste! Un entrain communicatif, on a vraiment envie de prendre la diligence de Longjumeau.

Tendresse à nouveau avec Bizet et la Jeune Fille de Perth: "A la voix d'un amant fidèle" et Léo Delibes avec l'extrait de Lakmé "Fantaisie aux divins mensonges", airs lyriques et gracieux mais sans mièvrerie, sans ces passages abrupts en voix de tête souvent entendus, efféminés et désolants, qui de plus rompent et abîment sensiblement la ligne mélodique .

Le français de Rockwell Blake et sa diction sont impeccables et on voit qu'il comprend parfaitement ce qu'il dit. Les récitatifs sont parfaits, expressifs et nuancés, bien accentués.

Un disque merveilleux où les plaisirs sont multiples. On regrettera seulement que le ténor américain n'ait pas enregistré tous ces rôles où il était inimitable. Probablement pas commercial et rentable le Rockwell Blake et sa voix bizarre, pas toujours très "jolie"?
Heureusement, pour étoffer la maigre liste de ses enregistrements d'opéras en intégrales, il nous reste quelques beaux récitals et des vidéos.

J'allais, emportée par l'enthousiasme suscitée par Blake, oublier la partie orchestrale, très à la hauteur et dans le même esprit, conduite par Patrick Fournillier dont il convient de souligner la participation à de nombreuses actions de résurrections d'œuvres oubliées du répertoire français du XIXème siècle.
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John McCormack
John McCormack
Prix : EUR 12,47

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La perfection s'appelle John McCormack, 31 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : John McCormack (CD)
John McCormack in Opera. Nimbus "Prima Voice". Accompagné par des orchestres anonymes, sauf pour Atlanta (au piano, Edward Schneider).

Le ténor irlandais John McCormack (1884-1945) est sans conteste un des plus grands ténors du XXème siècle.

Une grande partie de son répertoire était consacrée à des chants populaires de son pays pour lesquels il avait une tendresse particulière, des chansons, des lieder et des mélodies, et nombreux sont les enregistrements qui nous le présentent dans ce répertoire, généralement chanté en anglais.

Le disque commenté est, par contre, réservé en majorité à l'opéra dont il fut un des fleurons les plus illustres notamment en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Australie, à Monte-Carlo.

Son répertoire était essentiellement celui d'un ténor lyrique plutôt léger avec Don Giovanni, Le Barbier de Séville, La Somnambule, La Fille du Régiment, Lucia di Lamermoor, Faust, Roméo et Juliette, Lakmé, Rigoletto, Traviata, La Bohème, Madame Butterfly, Tosca, Cavalleria, Otello (Cassio), Martha.

Vingt-et-une plages, sur ce disque Nimbus, d'airs enregistrés entre 1910 et 1924 et un son remarquable qui nous permet de jouir de toute la beauté de ce timbre et de ce chant proche de la perfection.

Les oeuvres présentées ici nous donnent un bel échantillon du répertoire lyrique de McCormack.

En italien:
Lucia de Lamermoor: "Fra poco a me ricovero" et "Tu che a Dio spiegasti l'ali",
La Traviata: "De' miei bollenti spirti" et "Parigi o cara" avec la délicieuse et délicate Lucrezia Bori,
La Bohême: "Che gelida manine",
Carmen: "Il fior",
Faust "Salve dimora",
La Figlia del Reggimento: "Per viver vicino",
La Gioconda: "O grido di quest' anima", avec l'illustre et solide baryton Mario Sammarco,
Mefistofele:"Dai campi, dai prati", et "Giuto sul passo estremo",
I pescatore di Perle: "Mi par d'udir ancora",
Manon: "Il sogno",
Rigoletto: "Questa o quella",
Don Giovanni: "Il mio tesoro",
En anglais:
Les Maîtres-chanteurs: "Prize song",
Natomah de Herber: "Paul's address",
Semele de Haendel: "O sleep, why dost thou leave me?"
Atalanta de Haendel: "Come, my beloved".

McCormack n'était pas un grand acteur et l'avouait avec humour. Mais, si ses interprétations ne sont pas celles d'un homme de théâtre, elles sont, quoique pleines de retenue, d'un beau lyrisme et d'une touchante sensibilité

La voix est d'une grande beauté, claire, pure, douce, homogène et souple avec très peu de vibrato, juste ce qu'il faut pour que la voix reste chaleureuse.
La technique pourtant remarquable ne s'expose jamais, tout semble facile, tout semble couler de source.
Le style est empreint de noblesse et de simplicité. Les nuances, le rubato, toujours modéré, sont toujours justifiés par une nécessité expressive, jamais pour "épater la galerie".

Mais ce chant immaculé n'est jamais mièvre, jamais d'effet "tenorino", un magnifique legato, un médium suffisamment large et timbré donne à ses héros chair et âme. Il est toujours expressif et engagé sans jamais perdre de sa distinction, de sa discrétion et de son élégance.

Tout au plus, peut-on reprocher de parfois au ténor, certain manque de précision note-syllabe quand il chante en italien. Pour l'anglais, qui donne une couleur inattendue aux Maîtres-Chanteurs, je ne me prononcerai pas...

McCormack est certes moins puissant et dramatique que Caruso, et son timbre est moins chatoyant que celui de Gigli, mais il a pour lui une perfection technique et un raffinement stylistique qui n'excluent pas la spontanéité, ce chant d'une fluidité et d'une limpidité sans rivales, qui émeut par sa noblesse, sa pure beauté et par un engagement émotionnel sobre, sans cabotinage, mais que l'on sent correspondre à un authentique ressenti.
Sur un Schipa, autre ténor sensible, stylé et raffiné, il a l'avantage de la beauté du timbre, et ceci sur toute l'étendue de la voix, alors que les belles notes de Schipa sont assez limitées. Il possède aussi une plus grande puissance qui lui permet davantage d'effets dynamiques et lui donne la possibilité d'aborder une plus grande diversité de rôles.

Chacun à son goût. Caruso, Gigli et Schipa sont aussi de très grands artistes. Seulement, il est assez injuste que de très grands chanteurs tels McCormack soient presque complétement oubliés, alors qu'artistiquement, ils sont tout à fait exceptionnels.
Rayon ténors, j'ai déjà maintes fois évoqué le fascinant et génial Giuseppe Anselmi. Mais bien d'autres de ces artistes oubliés possédaient beaucoup plus qu'une belle voix.
Le prochain numéro sera essentiellement russe avec Leonid Sobinov, Dmitri Smirnov et Sergeï Lemeshev.
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Trilogie new-yorkaise, tome 1 : Cité de verre
Trilogie new-yorkaise, tome 1 : Cité de verre
par Paul Auster
Edition : Poche
Prix : EUR 4,10

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Qui est Paul Auster?, 15 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trilogie new-yorkaise, tome 1 : Cité de verre (Poche)
Cette narration, qui ignore l'ellipse et le raccourci, a paru souvent bien pesante par ses redites, ses passages exhaustifs, à mon esprit épris de vivacité. Peut être est-ce l'atmosphère que cherche à créer l'auteur?
Puis le côté absurde, dont en général je raffole, ne m'a pas semblé porteur d'une cohérence interne, une fois cette absurdité admise comme règle.

Quoi qu'il en soit, c'est une oeuvre qui marque les esprits et qui interroge.

On se souvient longtemps de cette histoire, où le héros saute d'une identité à l'autre. Ecrivain classique au départ, il devient auteur de romans policiers, puis endosse la personnalité du policier qu'il a inventé et qui lui paraît le modèle à imiter, avant de se faire passer pour un détective privé qui n'existe pas et s'appelle Paul Auster, et sous l'identité duquel il va entreprendre une enquête surréaliste sur un homme supposé dangereux et porteur de projets criminels qu'il suit à travers New-York dans toutes ses divagations.

Il va s'investir totalement dans cette enquête, essayant de comprendre de l'intérieur l'étrange personnage en proie à des délires mystico-linguistiques.
Ce faisant, entièrement consacré à cette tâche, il s'oublie complètement, négligeant le sommeil, le boire et le manger, s'abritant dans une poubelle quand il pleut, au point de devenir un véritable clochard, dépossédé de tout statut social et du peu de biens qu'il a.

A ce stade, il est miraculeusement logé et mystérieusement nourri...Paul Auster, le vrai, l'écrivain, qu'il rencontre en cours d'histoire, mêne une vie bourgeoise et confortable.

Fable sur la dépossession de soi-même nécessaire au créateur qui ne vit que pour l'oeuvre? sur le romancier qui essaie de s'identifier à ses créatures au point d'en oublier sa propre identité?

Un peu d'exagération ne peut pas faire de mal à Paul Auster, à qui, l'Oeuvre offre sans doute de mystérieuses et miraculeuses nourritures, en compensation d'un petit voyage au pays de la folie.
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Trilogie New-yorkaise. Tome 1: Cité De Verre
Trilogie New-yorkaise. Tome 1: Cité De Verre
par Paul Auster
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Qui est Paul Auster?, 15 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trilogie New-yorkaise. Tome 1: Cité De Verre (Broché)
La Cité de Verre de Paul Auster.

Cette narration, qui ignore l'ellipse et le raccourci, a paru souvent bien pesante par ses redites, ses passages exhaustifs, à mon esprit épris de vivacité. Peut être est-ce l'atmosphère que cherche à créer l'auteur?
Puis le côté absurde, dont en général je raffole, ne m'a pas semblé porteur d'une cohérence interne, une fois cette absurdité admise comme règle.

Quoi qu'il en soit, c'est une oeuvre qui marque les esprits et qui interroge.

On se souvient longtemps de cette histoire, où le héros saute d'une identité à l'autre. Ecrivain classique au départ, il devient auteur de romans policiers, puis endosse la personnalité du policier qu'il a inventé et qui lui paraît le modèle à imiter, avant de se faire passer pour un détective privé qui n'existe pas et s'appelle Paul Auster, et sous l'identité duquel il va entreprendre une enquête surréaliste sur un homme supposé dangereux et porteur de projets criminels qu'il suit à travers New-York dans toutes ses divagations.

Il va s'investir totalement dans cette enquête, essayant de comprendre de l'intérieur l'étrange personnage en proie à des délires mystico-linguistiques.
Ce faisant, entièrement consacré à cette tâche, il s'oublie complètement, négligeant le sommeil, le boire et le manger, s'abritant dans une poubelle quand il pleut, au point de devenir un véritable clochard, dépossédé de tout statut social et du peu de biens qu'il a.

A ce stade, il est miraculeusement logé et mystérieusement nourri...Paul Auster, le vrai, l'écrivain, qu'il rencontre en cours d'histoire, mêne une vie bourgeoise et confortable.

Fable sur la dépossession de soi-même nécessaire au créateur qui ne vit que pour l'oeuvre? sur le romancier qui essaie de s'identifier à ses créatures au point d'en oublier sa propre identité?

Un peu d'exagération ne peut pas faire de mal à Paul Auster, à qui, l'Oeuvre offre sans doute de mystérieuses et miraculeuses nourritures, en compensation d'un petit voyage au pays de la folie.
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