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Commentaires écrits par
STEFAN (Paris, France)
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   

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Egon Bondy's Happy Hearts Club
Egon Bondy's Happy Hearts Club
Proposé par ZOverstocksFR
Prix : EUR 14,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Musique psychédélique historique (Tchécoslovaquie), 17 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Egon Bondy's Happy Hearts Club (CD)
En plus d'être un Objet Musical Non-Identifié de première bourre, Egon Bondy's Happy Hearts Club Banned (ce titre !) est un authentique morceau d'histoire.
Resituons, nous sommes dans la Tchécoslovaquie des années 70. Gouvernée par les pions de Moscou la soviétique, ce n'est pas exactement l'environnement idéal pour une bande de zozos épris de liberté. C'est pourtant bien ce que sont ces Plastic People of the Universe, formation pragoise formée quelques années plus tôt par quelques jeunes gens suivant difficilement l'actualité des développements musicaux du "Monde libre" via quelques copies refourguées sous le manteau, sous le manteau parce que, évidemment, tout ceci n'est pas particulièrement dans la ligne officielle, pas du tout même ! D'où un parcours, c'est le moins qu'on puisse dire, périlleux et chaotique.
Prenez Egon Bondy's Happy Hearts Club Banned (ce titre !), enregistré en 1974 il ne connut de véritable sortie qu'en 1978, en France !, sur l'éphémère label Scopa Invisible Production. Avant ça, glissé de main en main via d'innombrables générations de cassettes de plus ou moins bonne qualité, l'album n'eut pas vraiment d'existence officielle. Ca n'empêcha pas ses auteurs de subir les foudres d'un régime soucieux de faire taire toute idée contestataire ou individualiste que ce soit et, entre 1974 et le desserrement de la poigne de fer du parti dans la seconde moitié des années 80, de voir ses suiveurs et ses musiciens régulièrement arrêtés, voire condamnés à de courtes peine de prisons, pour avoir osé défier l'ordre établi.
Pourtant les Plastic People of the Universe n'ont jamais été un groupe politique. Présentement, sur la base de poésies d'Egon Bondy (d'où le titre, quel titre !), ils naviguent entre les Mothers of Invention de Frank Zappa et le Velvet Underground dans un psychédélisme foutraque souvent décousu mais éminemment sympathique. Rien qui ne devrait faire frémir d'indignation quelque courant bien-pensant en vérité sauf à être symptomatique d'une volonté libertaire ô combien, sournoisement, dangereuse. Cela fait-il un bon album pour autant ? Oui. Et plus particulièrement quand, savamment remasterisé, il est enfin disponible pour qui veut l'entendre dans une version à la qualité audio si ce n'est assimilable à la haute-fidélité, pas loin de ses équivalents occidentaux de la même période.
Recommandé au-delà de toute perspective historique, Egon Bondy's Happy Hearts Club Banned (ce titre !) est typique de son époque et ravira, par conséquent, les amateurs d'une musique d'un hier aujourd'hui révolu et pourtant si proche.

1. Dvacet 1:56
2. Zácpa 7:56
3. Toxika 3:57
4. Magické noci 6:12
5. M.G.M. 0:23
6. Okolo okna 5:54
7. Elegie 1:18
8. Podivuhodný mandarin 5:37
9. Nikdo 3:34
10. Jó-to se ti to spí 3:28
11. Já a Mike 1:07
12. Ranní ptáče 1:25
13. Francovka 3:02
14. Jednou nohou 4:13
15. Spofa blues 2:50

Milan Hlavsa – bass guitar, vocals
Josef Janíček – claviphone, guitar, vibraphone, vocals
Jiří Kabeš – violin, vocals
Vratislav Brabenec – alt saxophone
Jiří Šula – drums
Jaroslav Vožniak – drums
Vasil Šnajdr – flute
Zdeněk Fišer – theremin


Eldorado
Eldorado
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Po(m)p Music !, 14 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eldorado (CD)
Pompeux, excessif, chichiteux, ampoulé, putassier, lourdaud... Qu'on a pu dire de mal sur l'Electric Light Orchestra de Jeff Lynne ! Et pourtant...
Bon, d'entrée, il y a le handicap d'une pochette à l'hideur indéniable, il faut passer outre parce que c'est là, en 1974, avec leur quatrième album, qu'ELO trouve réellement son son qu'on pourrait décrire comme la continuation logique de la pop la plus orchestrale des Beatles, dont Jeff Lynne est grand fan, c'est évident.
Alors oui, c'est pompeux, ça fait rarement dans la nuance, mais c'est aussi pour ça que c'est bon ! Parce que l'ELO n'y va pas de mainmorte dans les arrangements magistraux, ce qui sied particulièrement à l'écriture d'un Jeff Lynne, une écriture qui, avec celle de Justin Hayward et des autres Moody Blues compositeurs, donnera longtemps du grain à moudre aux amateurs de pop symphonique de qualité. Mais chez ELO, ce qu'on ne trouve pas forcément chez leurs quelques équivalents, il y a en plus une théâtralité, Eldorado est un concept après tout, qui fait la différence, nous transporte dans une sorte de Wizard of Oz's Lonely Heart Club Band (les mains de la méchante sorcière sont elles celles de la pochette ?) d'où on ne sort pas totalement intact.
Et donc, si vous aimez ce genre de choses, c'est parfait. Si, par contre, vous y préférez l'art de la nuance, passez votre chemin, c'est aussi simple que ça ! Une chose est sûre, cependant, dans le canon de l'Electric Light Orchestra, Eldorado fait figure de premier grand-aeuvre, et d'album donc incontournable pour tous ceux qui sont clients de pompe réussie.

1. Eldorado Overture 2:12
2. Can't Get It Out of My Head 4:21
3. Boy Blue 5:18
4. Laredo Tornado 5:29
5. Poor Boy (The Greenwood) 2:57
6. Mister Kingdom 5:50
7. Nobody's Child 3:40
8. Illusions in G Major 2:36
9. Eldorado 5:20
10. Eldorado Finale 1:20
Bonus
11. Eldorado Instrumental Medley 7:56
12. Dark City 0:46

Jeff Lynne - lead & backing vocals, electric, acoustic, & bass guitars, keyboards, production, orchestra and choral arrangements
Bev Bevan - drums, percussion
Richard Tandy - piano, Moog synthesizer, clavinet, electric piano, guitar, backing vocals, orchestra and choral arrangements
Mike de Albuquerque - bass, backing vocals (credited, but only fleetingly appearing on the album)
Mik Kaminski - violin
Hugh McDowell - cello
Mike Edwards - cello
Louis Clark - orchestra and choral arrangements and conducting
&
Peter Forbes-Robertson - spoken word


Feats Don'T Fail Me Now
Feats Don'T Fail Me Now
Prix : EUR 11,05

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un grand disque de rock américain, 14 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Feats Don'T Fail Me Now (CD)
Dans la touffeur aoutienne de 1974, Lowell George et les siens défouraillent un bien bel album de rock américain, américain n'est pas péjoratif, une musique de son temps encore branchée sur le passé, le chaînon manquant entre tradition et actualité, de sacré lascars ces Little Feat !
La tradition, c'est ce mélange de blues, de rock et de funk et soul qu'on qualifierait volontiers de rock sudiste si le genre n'était si constamment relié à une "plouquitude" absente chez Little Feat. Allons pour une des plus belles, des plus implacablement addictives du rock américain. Parce que menée par un Lowell George aux cordes vocales chaudement râpeuses, et guitariste s'y entendant pour vous trousser du petit solo qui va bien ou de la rythmique qui groove en diable, la formation a déjà un étendard de qualité supérieure. Rajoutez-y un ensemble de musiciens se connaissant dorénavant par cœur, et ayant déjà fait le succès (le premier pour le groupe !) d'un Dixie Chicken paru l'année d'avant, quelques invités pas inutiles (de choristes stars telles que Bonnie Raitt et Emmylou Harris ou les irrésistibles cuivres de Tower of Power) et vous obtenez le casting idéal pour un habiter d'excellentes chansons rock desquelles on aurait bien du mal à extraire quelque favorite que ce soit. Parce que tout est bon sur ce quatrième long-jeu de Little Feat, carrément.
Si vous aimez votre rock chaud et distrayant, efficace et multiple, ne cherchez pas plus loin, Little Feat est pour vous et pouquoi pas l'excellent cru 74, Feats Don't Fail Me Now. Soyez en assurés, vous ne serez pas déçus !

1. Rock & Roll Doctor 2:57
2. Oh, Atlanta 3:26
3. Skin it Back 4:11
4. Down the Road 3:46
5. Spanish Moon 3:01
6. Feats Don't Fail Me Now 2:27
7. The Fan 4:30
8. Medley: Cold Cold Cold/Tripe Face Boogie 10:00

Paul Barrère - guitar, vocals
Sam Clayton - percussion, vocals
Lowell George - vocals, guitar
Kenny Gradney - bass
Richie Hayward - drums, backing vocals
Bill Payne - keyboards, vocals
&
Gordon DeWitty - clavinet (track 5)
Fred White - drums (track 5)
Emmylou Harris - backing vocals
Bonnie Raitt - backing vocals
Fran Tate - backing vocals
Tower Of Power - horns


Autobahn
Autobahn
Prix : EUR 18,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Musique électronique essentielle, 14 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Autobahn (CD)
Il s'en passe des choses sur l'autoroute. Et dans l'Allemagne des années 70 où une bande de zigotos nippés de costards rétrogrades ou de tenues futuristes inventent leur propre monde musical.
Kraftwerk , toujours solidement mené par Ralf Hütter et Florian Schneider, n'en est d'ailleurs pas à son coup d'éclat, trois albums embryonnaires de leur "signature sound" sont déjà parus, mais c'est là, en novembre 1974 que le monde découvre le groupe tel qu'en lui-même établi, une formation qui s'est totalement affranchie des tentations électriques et progressives qui peuplaient encore ses précédentes aeuvres, une formation qui assume son "industrialité" et la transforme en art.
On ne pérorera pas sur l'importance, l'influence capitale qu'auront Autobahn et ses créateurs sur le monde de la musique, le développement d'une musique électronique aujourd'hui omniprésente, l'évidence s'impose à l'écoute de ces 5 plages, de ces constructions sonores à la fois avant-gardistes et abordables, de ces climats synthétiques suffisants pour créer de dépaysants panoramas qui viennent durablement s'imprimer dans le cortex de l'auditeur, aucun doute, on tient là un album essentiel, une pierre fondamentale à l'édifice musical inventé depuis. A commencer, évidemment, par le morceau-titre qui connaitra même les charts dans une version violemment éditée ne rendant pas tout à fait justice aux 23 minutes de sa version intégrale.
Si vous vous intéressez de près ou de loin à la chose électronique, Autobahn est plus qu'une galette importante, un essentiel absolu.

1. Autobahn 22:47
2. Kometenmelodie 1 6:26
3. Kometenmelodie 2 5:48
4. Mitternacht 3:43
5. Morgenspaziergang 4:04

Ralf Hütter - voice, electronics, synthesizer, organ, piano, guitar, electronic drums, artwork reconstruction.
Florian Schneider - voice, vocoder, electronics, synthesizer, flute, electronic drums.
Wolfgang Flür - electronic drums "Kometenmelodie 1-2".
Klaus Röder - electric violin "Mitternacht".


Malicorne
Malicorne
Prix : EUR 11,44

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 folk héritage, 13 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Malicorne (CD)
Voici la salve originelle d'un des tous meilleurs groupe français tous styles et toutes époques confondues : Malicorne 1, surnommé Colin, création de multi-instrumentistes désireux d'accommoder de lointaines racines.
Malicorne est avant tout la création d'un couple, Gabriel et Marie, monsieur et madame Yacoub, un couple bien complété de deux autres partenaires en la personne d'Hugues de Courson (désormais plus connu dans l'imaginaire populaire pour ses relectures orientalisantes de Wolfgang Amadeus Mozart) et de Laurent Vercambre.
Musicalement, si Malicorne est souvent assimilé à la vague progressive, c'est de fait d'évolutions qui ne touchent pas encore leur musique en ces jeunes années où la transmission de traditions anciennes prédomine totalement quelque volonté prospective que ce soit (que certains veulent sans doute tellement entendre qu'ils y parviennent). C'est donc de folk music dans le sens séculaire du terme dont il s'agit, par de jeunes gens redécouvrant en même temps que leurs auditeurs le bénéfice d'une tradition orale pluri-centennale. Evidemment, ça joue, ca vibre, ça balance du solo, rien que de très normal, rien que de très classique dans un genre ayant servi précédemment à raconter des histoires (drôles, gaies, nostalgiques, dramatiques) mais aussi à danser. Dans les deux domaines, Malicorne , habillant sa musique des sonorités d'instruments anciens telle que la vielle à roue ou l'épinette des Vosges, s'y entend à merveille, pas vraiment une surprise considérant l'implication du couple leader dans le très réussi Pierre De Grenoble un an plus tôt (1973).
Ce Colin, premier album, n'est pas parfait, ce qui participe d'ailleurs à son charme un poil suranné. Un charme qu'on ne peut que conseiller à celles et ceux appréciant les musiques héritées du moyen-âge, de traditions locales autant auvergnates que celtes (françaises, quoi !).

1. Colin 0:56
2. Dame Lombarde 3:04
3. La Pernette 7:01
4. Les Filles Sont Volages/Ronde 3:16
5. La Fille Soldat 3:58
6. Landry 4:01
7. Le Chant des Livrées 2:59
8. Bourrée 2:20
9. Réveillez-Vous Belle Endormie/Branle Poitevin 3:43
10. Le Deuil d'Amour 5:38
11. Colin 0:53

Gabriel Yacoub - guitars, vocals, épinette des vosges
Marie Yacoub - electric dulcimer, bouzouki, vielle, vocals
Hughes de Courson - drums, electric guitar, bass, krummhorn
Laurent Vercambre - violin, bouzouki, psaltery, harmonium, vocals, mandolin


Rock Bottom
Rock Bottom

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toucher le fond, trouver la grâce..., 13 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rock Bottom (CD)
Rock Bottom, littéralement toucher le fond. C'est ce qu'a fit Robert Wyatt, génial batteur des essentiels Soft Machine et Matching Mole (au passage, appréciez le jeu de mot du nom du second groupe) quand, le 1er juin 1973, suite à une cuite ayant particulièrement mal tourné, il perdit l'usage de ses jambes.
Mais, artiste un jour, artiste toujours, incessamment bouillonnant de créativité, désireux de ne pas être qu'un homme en fauteuil, Wyatt se réinvente avec le soutien moral et matériel des nombreux amis qu'il s'est fait dans la scène musicale anglaise progressive et psychédélique alors en plein boum. Et ça commence par un chef d'aeuvre ! Pas son premier album (The End Of An Ear l'a précédé de 4 années), mais le premier d'une carrière proprement dite, le fameux Rock Bottom.
Bien produit par Nick Mason de Pink Floyd, Rock Bottom est un chef d'aeuvre parce qu'il parvient à trouver ce difficile équilibre entre création prospective, expérimentation libre et beauté harmonique, grâce mélodique. Rêveur et pourtant si fondamentalement terrien, entre la terre et l'éther, Rock Bottom est un vrai trip dans lequel l'auditeur doit s'abandonner complètement, se laisser simplement bercer par ce savant, et pourtant si instinctif, mélange d'un jazz hérité de révolutionnaires années 60 et d'une anglicité tellement traditionnelle. Evidemment, il fallut les talents combinés de moult musiciens aujourd'hui encore justement révérés (de Mike Oldfield à Fred Frith, de Mongezi Fezza à Hugh Hopper... excusez du peu !), et la vision constructrice d'un Robert Wyatt dont l'amoindrissement physique a, semble-t-il, participé à l'expansion créative pour que se synthétise cet indubitable moment de magie, cet elfique élan, cette sublime rose d'inspiration poussée dans le fumier de l'adversité.
On ne rentrera pas dans le détail de l'album même préférant laisser aux chanceux qui ne l'auraient pas encore exploré le bénéfice d'une totale découverte, on dira simplement que, tous styles et époques confondus, on tient là un obligatoire, un essentiel pour tout amateur de musique intelligente et belle.

1. Sea Song 6:31
2. A Last Straw 5:46
3. Little Red Riding Hood Hit the Road 7:40
4. Alifib 6:55
5. Alifie 6:31
6. Little Red Robin Hood Hit the Road 6:08

Robert Wyatt - vocals, keyboards, percussion, slide guitar (2)
Mike Oldfield - guitar (6)
Gary Windo - bass clarinet, tenor sax (5)
Ivor Cutler - voice (3 and 6), baritone concertina, harmonium (6)
Alfreda Benge - voice (5)
Mongezi Feza - trumpets (3)
Fred Frith - viola (6)
Hugh Hopper - bass guitar (2, 4 and 5)
Richard Sinclair - bass guitar (1, 3 and 6)
Laurie Allan - drums (2 and 6)


Bbh 75
Bbh 75
Prix : EUR 4,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La première renaissance de Jacques Higelin, 13 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bbh 75 (CD)
Attention, transformation !
Parce qu'il y a un avant et un après BBH 75, c'est évident ! Avant, un Higelin post-Saint-Germain-des-Prés, hippie cool grand ami d'Areski et de Brigitte Fontaine (est folle !). Après, un rocker, un vrai !, et un des albums les plus convaincants dans le genre en France, toutes époques confondues.
C'est évident dès la pochette où le regard intense d'un nouveau Jacques cerclé de la crudité d'un néon bleu tranche largement avec les Crabouif et autres Higelin & Areski. Forcément, la musique suit et la musique, présentement, ben c'est du rock évidemment ! Avec une formation renouvelée et salement resserrée pour seoir à la nouvelle esthétique voulue par l'artiste se réinventant. Et ça dépote plus souvent qu'à son tour même si pas que. Parce qu'il y a de petites pauses savamment intercalées (le blues acoustique nicotiné de Cigarette, la résurgence folk fleurie d'Une Mouche sur Ma Bouche), juste ce qu'il faut pour mettre en valeur le reste de la galette, et de bonne chansons ce qui ne nuit pas. Le reste ? Du classique aujourd'hui ! Paris-New York, N.Y. Paris, Mona Lisa Klaxon, Est-ce que ma guitare est un fusil ?, Œsophage Boogie Cardiac Blues, Boxon, j'en passe et des pas pires. Que du rock, avec de l'âme parce que Jacques en a à revendre, rien d'exceptionnel ou de révolutionnaire mais un abattage, une conviction, une énergie qu'on attendait pas forcément de leur auteur et qui séduisent d'autant plus immédiatement qu'ils s'inscrivent dans le marasme électrique qu'était alors la France.
Et le titre énigmatique ? Rien de plus simple en fait : Bennaroch, Boissezon et Higelin soit les trois musiciens qui ont enregistré la bête suivi de l'année (75) pour marquer l'actualité d'un album sorti à la toute fin 74. Pour la petite histoire, précisons qu'il existât une édition promotionnelle titrée BBH 74 finalement re-titré pour ne pas être daté dès sa sortie.
Résultat ? Un classique de Jacques Higelin, le début d'un succès qui ne se démentit toujours pas, aussi, et un album qui se verra bientôt doré, c'est mérité. En bref, un grand album de rock de chez nous recommandé à toutes et à tous.

1. Paris-New York, N.Y.-Paris 4:20
2. Cigarette 4:29
3. Mona Lisa Klaxon 3:15
4. Chaud, chaud, bizness-show 4:15
5. Est-ce que ma guitare est un fusil ? 5:40
6. Une mouche sur ma bouche 4:20
7. Œesophage boogie, cardiac' blues 4:24
8. Boxon 3:30

Charles Bennaroch - batterie, percussions, harmonica
Simon Boissezon - basse, guitares
Jacques Higelin - voix


PERFECT ANGEL [LTD.RE-ISSUE]
PERFECT ANGEL [LTD.RE-ISSUE]

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Wonder Minnie, 7 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : PERFECT ANGEL [LTD.RE-ISSUE] (CD)
Perfect Angel, c'est le début de la seconde carrière de Minnie Riperton après des débuts en groupe (The Rotary Connection) et un premier album solo bien troussé (Come To My Garden) suivi d'un silence et d'une retraite provisoire en Floride, bonne mère de famille de deux bambins. Et puis une démo, et l'intérêt d'une grosse maison (Epic)... Et puis Perfect Angel.
Perfect Angel c'est aussi le fruit d'une rencontre, celle d'un Stevie Wonder sous le charme de la voix exceptionnelle de la jeune femme et du duo qu'elle forme avec son époux, co-compositeur et coproducteur, Richard Rudolph. Mais Perfect Angel c'est surtout un délicieux album qu'on qualifierait aujourd'hui de crossover soul puisque, sous l'influence d'un Wonder toujours les oreilles grandes ouvertes sur les possibles du moment, et qui plus est compositeur de deux titres (Take a Little Trip et celui qui donne son nom à l'opus) et coproducteur artistique de l'affaire (c'est dire si on le reconnaît, forcément !), on entend présentement bien d'autres choses qu'un simple album de black music avec un peu de rock (Reasons), des inflexions presque country (It's So Nice (To See Old Friends)), ou folk (Lovin' You) qui ne contredisent pas l'excellente cohérence d'une galette douce comme une caresse, ceux qui connaissent la voix de Minnie savent qu'il ne pouvait pas en être autrement.
Avec son long-jeu suivant, Adventures in Paradise, enregistré sans Stevie Wonder cette fois mais également recommandable, Perfect Angel constitue l'opus le plus recommandé de l'hélas trop courte carrière d'une vocaliste d'exception. Un rare plaisir qu'on se doit de ne pas refuser.

1. Reasons 3:25
2. It's So Nice (To See Old Friends) 4:47
3. Take a Little Trip 4:11
4. Seeing You This Way 2:51
5. The Edge of a Dream 4:20
6. Perfect Angel 3:41
7. Every Time He Comes Around 3:55
8. Lovin' You 3:44
9. Our Lives 5:42

Minnie Riperton - lead vocals
Stevie Wonder (as El Toro Negro) - piano, drums, cymbals, bass drum, harmonica
Michael Sembello - lead guitar
Marlo Henderson - guitar
Reggie McBride - bass
Ollie E. Brown - drums
Rocki Dzidzornu - congas
Deniece Williams, Yvonne Wright, Shirley Brewer, Lani Groves - backing vocals


Au-délà du délire
Au-délà du délire
Prix : EUR 9,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Prog' camembert dorée sur tranche, 7 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au-délà du délire (CD)
Avec Magma, c'est la grosse valeur du rock progressif hexagonal, c'est d'ailleurs (outre une volonté prospective) tout ce qui rapproche ces deux "mamelles" de la France progressive.
Parce que là où Magma produit un cabaret jazzé post-apocalyptique, Ange déploie des valeurs comparables à celle d'un Yes ou d'un Genesis. C'est particulièrement évident sur ce qui demeure, encore aujourd'hui malgré la longue et riche carrière de la formation de Christian Décamps, l'album de référence d'Ange : Au delà du Délire. En plus d'être un concept-album, pas franchement une rareté à l'époque, et donc une aeuvre de rock progressif symphonique, comme on en fait tellement outre-Manche, c'est bien l'identité profondément française qui en fait le particularisme et l'intérêt. Et il faut donc, comme de bien entendu, louer la personnalité atypique (que ce soit vocalement ou dans sa prose) d'un Christian Décamps tellement important dans le développement du style Ange. Mais ne pas oublier non plus que les musiciens qui l'accompagnent, l'expérience désormais acquise par le groupe de l'objet studio aussi (Au delà du Délire est leur troisième), et en particulier l'excellent guitariste Jean-Michel Brezovar (pas tout à fait l'égal d'un Fripp, d'un Hackett ou d'un Howe mais pas loin) qui ont rendu possible, su donner toute la substance à l'historiette moyenâgeuse de leur bon leader.
Au delà du Délire est désormais considéré comme un classique, et pas qu'en France !, ce qui est parfaitement mérité. En vérité, c'est même l'album qu'on conseillerait à quelqu'un se pensant imperméable à l'art du quintet (ce fut mon cas), c'est dire ! Et ce ne sont pas les cent-mille acheteurs de l'album à l'époque, un énorme succès !, ni tous ceux qui se le sont procuré depuis qui me contrediront, Au delà du Délire, c'est l'Album majuscule d'Ange, tout simplement.

Jean Michel Brezovar - guitar, vocals, flute
Christian Décamps - Hammond organ, piano, harpsichord, vocals
Francis Decamps - keyboards, vocals
Daniel Haas - bass, guitar
Gerald Jelsch - drums, percussion
&
Eric Bibonne - voice of the child on "La Bataille du sucre"
Michel Lefloch - voice of Bernhard l'Hermite on "Au-delà du délire"
Henry Loustau - violin on "Godevin le vilain"


Court And Spark
Court And Spark
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La nouvelle Joni !, 7 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Court And Spark (CD)
Si Court and Spark est le troisième triomphe commercial et artistique de Joni Mitchell, c'est aussi l'album d'une artiste en volonté de renouvellement, en recherche de nouveaux possibles, un album mûrement réfléchi, aussi.
Parce que Joni n'est pas femme à se lancer à l'aveugle, elle a pris son temps, pour digérer le succès de ses deux opus précédents (For the Roses et Blue) déjà, pour pleinement développer le nouveau son et les nouvelles compositions qui devaient constituer l'étape suivante d'une musicienne à part. Résultat ? Excellent, forcément. Parce qu'il y a moult compositions réjouissantes de nuance, de sensibilité et d'intelligence (toutes en fait mais un peu plus Help Me, Free Man in Paris, Down to You et la doublette Trouble Child/Twisted mais juste un peu plus parce que le niveau d'ensemble, quoi), une production impeccable ensuite où rien n'est laissé au hasard, où chaque performance de chaque musicien est captée avec savoir-faire et goût, et des musiciens, ha ! les musiciens !, avec, pour commencer l'impeccable section rythmique qui l'accompagne sur tout l'album (John Guerin et Wilton Felder) mais aussi de nombreux, et parfois prestigieux, invités de Tom Scott à Larry Carlton en passant par David Crosby et Graham Nash ou Robbie Robertson, s'intégrant avec délicatesse dans un casting où nul ne cherche autre chose qu'à servir les merveilles de la dame. Un casting qui sert à merveille les ambitions fusionnantes de Joni qui à sa folk, ajoute ici une bonne dose de jazz, sans perdre une once de sa personnalité, c'est fort !
Dans le petit palmarès personnel des fans de Mme Mitchell, ils sont nombreux ! j'en suis !, Court and Spark continue d'avoir une place à part, celle d'un album d'ouverture qui permit, dans les décennies qui suivirent, la poursuite d'une des plus belles carrières de toute l'histoire de la musique du 20ème siècle, pas moins.

Joni Mitchell - vocals, including background; acoustic guitar; piano; clavinet on "Down to You"
John Guerin - drums and percussion
Wilton Felder - bass
&
Max Bennett - bass on "Trouble Child"
Jim Hughart - bass on "People's Parties" and "Free Man in Paris"
Milt Holland - chimes on "Court and Spark"
Tom Scott - woodwinds and reeds
Chuck Findley - trumpet on "Twisted" and "Trouble Child"
Joe Sample - electric piano, clavinet on "Raised on Robbery"
David Crosby - background vocals on "Free Man in Paris" and "Down to You"
Graham Nash - background vocals on "Free Man in Paris"
Susan Webb - background vocals on "Down to You"
Larry Carlton - electric guitar
Wayne Perkins - electric guitar on "Car on a Hill"
Dennis Budimir - electric guitar on "Trouble Child"
Robbie Robertson - electric guitar on "Raised on Robbery"
José Feliciano - electric guitar on "Free Man in Paris"
Cheech Marin - background voice on "Twisted"
Tommy Chong - background voice on "Twisted"


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