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Contenu rédigé par Stefan
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Commentaires écrits par
Stefan (Paris, France)
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La Vile
La Vile

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Chanson Industrielle, 26 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vile (CD)
Tout premier album solitaire du sideman préféré d'Arthur H, La Vile voit Nicolas Repac, guitariste et chanteur mais tellement plus encore, se tracer un improbable chemin...

Parce que la collision de la chanson rock et du rock industriel n'était pas vraiment un pari gagné d'avance. Un peu de Gainsbourg épicé au Nine Inch Nails ? Y a de quoi avoir peur, avouez.
De Gainsbourg, Repac retient un chant presque pas chanté mais surtout un goût des mots avec lesquels il joue avec une audible délectation si un maniérisme un peu systématique et parfois maladroit (comparé à son modèle), mais finalement charmant et tellement au-dessus de la mêlée qu'on aurait mauvaise grâce à faire la fine bouche.
De Nine Inch Nails, Repac reprend (ou cousine) un art de texturer la musique d'électricité et d'électronique, de concasser les sons jusqu'à les rendre méconnaissables et pourtant étrangement organiques, on notera aussi ce qui le différencie fondamentalement de la formation de Trent Reznor à savoir que musicalement, c'est tout de même nettement moins agressif, et beaucoup plus musical empruntant à de nombreux folklores sans en avoir jamais vraiment l'air, signe indéniable d'un vrai beau talent d'arrangeur et d'explorateur musical débridé. D'ailleurs, ce goût des mariages improbables se retrouvera dans ses deux excellents opus pour No Format, Swing-Swing et Black Box mais déjà, ici, on pouvait entrevoir le potentiel d'assembleur malin même si le contexte est éminemment différent. On y retrouve même la source africaine (via l'usage du balafon ou du sanza) mais aussi des approches rythmiques tribales qui lui seront si utiles dans sa double collaboration avec Mamani Keita.
Parce que c'est de chansons dont il s'agit ici, de bonnes chansons. Où la voix souffreteuse de Repac fait merveille, des chansons sales, urbaines, souvent désespérées, hantées. Clairement, il n'y a pas beaucoup de lumière dans ce brouet inhabituel et attirant non dénuée d'une certaine sensualité trip-hoppante. Globalement, la collection est très belle et forme un tout quasi-indissociable dont on ne retirerait rien si tout n'y est pas d'une égale réussite mais où les grands hauts (le ludique Madame Desastre, la beauté ambient blues de Le Ciel Aigri, le talking jazz indus de Le Fric, le tribalisme délicat et discret de Prier, etc.) compensent largement les petits bas (le passage difficile de deux titres mélodiquement mineurs que sont Le Moribond et Bordel à Queue avant le redémarrage gothique du Grand Corbeau Noir en final réussi).

Après un si beau succès, artistique parce que commercialement..., il fallut attendre 10 ans pour retrouver Repac chanteur sur le recommandé La Grande Roue. C'est long mais, évidemment, moult autres projets occupèrent le lascar dans l'intervalle. Et depuis ? Plus rien et c'est bien dommage parce que Repac compositeur et interprète de ses propres chansons est presque aussi savoureux que Repac monteur sonore de génie ou Repac accompagnateur et co-créateur de grande classe (voir L'Or Noir avec Arthur H). La Vile est, vous l'aurez compris, un album qu'il est chaudement conseillé d'écouter... Si vous parvenez à mettre la main (l'oreille) dessus !

Nicolas Repac - voix, guitares, flûte, balafon, sanza, programmation, samples, arrangements
Pierre Fruchard - guitares, illustrations, arrangements
Laurent Robin - batterie
David Coulter - violon, mandoline, didjeridoo
&
Najette - prières (8)
Stéphane Hervé - samples additionnels, prières (8), photos, coproduction artistique
Philippe Teissier du Cros - zen cymbales (11), production, enregistrement, mixage
Pierre Guinot - samples additionnels


La Belle Epoque
La Belle Epoque
Prix : EUR 20,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Hommage à Francis B., Grand Africain, 25 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Belle Epoque (CD)
Alors qu'il est disparu en 2001, il fallut attendre 2011 pour qu'enfin voit jour, en quatre rondelles argentées contenues dans un petit boîtier cartonné dûment supplémenté d'un livret dont sa fille est l'auteure, une anthologie du chanteur, compositeur et interprète camerounais Francis Bebey, un homme régulièrement taxé de Brassens africain ce qui fait sens si l'on considère son "revendicalisme" souvent rigolard et distancié, moins en prenant en compte un aventurisme musical que le natif de Sète n'a jamais même caressé.

Pour l'occasion, parce qu'il est si bien fait que je ne tenterai pas de m'y risquer, un très joli article paru sur le site de RFI à l'occasion de la sortie dudit coffret, La Belle Epoque:

« FRANCIS BEBEY, l'aîné des africains

Le chanteur, multi-instrumentiste et agitateur culturel camerounais Francis Bebey a disparu il y a tout juste dix ans. RFI musique revient sur le parcours de cet artiste exceptionnel.

Francis Bebey était un poète. Chanteur, compositeur, romancier, multi-instrumentiste, conteur, il avait des douceurs de vieux sage et des rêves de jeune homme, des élans émerveillés et des accès de réalisme dru. Il était le poète de la flûte pygmée chargée de mystères sylvestres et de senteurs nocturnes. Il était aussi poète de la sanza (le lamellophone de métal de l'Afrique noire) et de la guitare, avec dans son jeu du Baden Powell comme du Narciso Yepes, des usages qui évoquent le balafon comme de belles brusqueries rythmiques. Il chantait de légers sanglots, des nostalgies, des rires, des tendresses, des solitudes que la malice parfois allume, complice et attendrissante.

Né au Cameroun en 1929, il est le fils d'un pasteur baptiste qui joue à l'harmonium ou à l'accordéon des cantiques de Bach et de Haendel. Enfant d'un village à la périphérie de Douala, il est fasciné par un voisin qui, "la nuit, jouait d'instruments dont on disait qu'ils appelaient le diable, nous avait-il raconté. Alors il ne fallait pas écouter cet homme-là. Mais notre case était juste de l'autre côté de la rue. Comme il jouait tard la nuit et que les cases étaient ouvertes à tous les vents, je profitais du sommeil de mes parents pour aller l'écouter. Si je me faisais prendre, j'avais droit à une raclée, évidemment." Il découvre avec cet homme la sanza ou l'arc à bouche, instruments simples mais aux possibilités infinies.

"Je ne voulais pas devenir ingénieur, professeur ou médecin, mais je voulais être musicien. Or ce n'était pas perçu comme un métier. Beaucoup de gens faisaient de la musique et ce n'était le métier de personne. J'ai donc fait des études d'anglais pour devenir professeur. Et je me suis rendu compte que, puisque je n'avais jamais aimé l'école, je ne pourrais jamais être un bon professeur." Il fait mille détours : il étudie le journalisme et les métiers de la radio aux États-Unis, participe à la création d'une radio au Ghana (où on lui fait comprendre que l'on n'a pas besoin de journalistes trop libres), revient à Paris où il travaille à la Sorafom (Société de radiodiffusion de la France d'outre-mer, qui deviendra plus tard RFI) avant d'entrer à l'Unesco où il forme des cadres et des techniciens pour les radios de pays du Tiers Monde et dirige une collection de disques de musiques traditionnelles. En même temps, il écrit des romans, des essais sur la musique africaine et, "dès que je trouvais trois sous et un studio, même dans des conditions techniques difficiles, je faisais un disque".

Las de se battre contre la bureaucratie et l'inertie, avide de musique et de création, il quitte l'Unesco en 1974 pour se consacrer à plein temps à sa carrière de chanteur. Alors que, partout sur le continent africain et dans les diasporas installées en Europe, on se livre à la course aux armements dans l'instrumentation électrique et l'ampleur de l'effectif des orchestres, Francis Bebey aime les instruments simples et les enregistrements acoustiques. Il se passionne pour la flûte pygmée à une note alors que la plupart de ses pairs, au même moment, s'engouent des claviers électroniques.

Il est d'une étonnante prolixité, enregistrant au total plus d'une trentaine d'albums, qui lui apportent quelques très visibles succès sur le marché français et francophone comme Agatha ou La Condition Masculine. Mais, à l'aube du nouveau millénaire, il compose aussi pour le Kronos Quartet ou écrit une pièce pour violoncelle et sanza sur une commande de la violoncelliste française Sonia Wieder-Atherton. Ce faisant, il refuse de se poser en porte-drapeau du Cameroun ou de l'Afrique. Il nous avait ainsi confié, à la sortie de son remarquable album Lambaréné-Schweitzer, en 1993 : "Chez quelques-uns, je suis énervé par l'appropriation de musiques non africaines que l'on fait passer pour africaine. Qu'on ait l'humilité de dire 'c'est ma musique à moi', et non 'c'est de la musique africaine', uniquement parce qu'elle est jouée par un Africain. Les Africains d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'il y a cinq cents ans. Ils sont des hybrides, qu'ils le veuillent ou non. Je fais depuis des années une musique africaine qui n'est pas forcément celle que le commerce a retenue et qui cependant me représente le plus fidèlement possible - un homme né dans une ville, et qui a ses racines dans des villages d'Afrique."

Reconnu par ses cadets comme un pionnier, siégeant au Haut conseil de la francophonie, aussi souvent invité par des universités que par des festivals de world music, Francis Bebey ne cachait pas que ses chansons devaient parfois autant à Georges Brassens ou à la musique classique européenne qu'à ses racines africaines. En ce sens, il avait été un des premiers à définir une voie médiane entre l'assimilation culturelle et la référence à une sorte d'absolu identitaire africain. La musique née de ce chemin singulier est charmeuse, émouvante, diverse, souriante. Et elle reste une des plus singulières qui ait éclos depuis les décolonisations africaines.»

Une très très belle anthologie, chaudement recommandée.

Disque 1
1. Je vous aime zaime zaime 2:51
2. Easter 6:13
3. Kinshasa 3:21
4. Femme noire 13:06
5. E tit bu 3:41
6. Cries from the South 4:34
7. Cousin Assini 2:24
8. Ndolo 2:56
9. Black tears 8:34
10. Immigration amoureuse 4:11
11. Kitibanga 4:17

Disque 2
1. Idiba 3:24
2. Les poèmes égarés 2:54
3. La condition masculine 3:27
4. Malea 4:57
5. Ganvié 4:00
6. Mon amour pour toi 3:44
7. Tumu Pakara 4:48
8. La boîte magique 3:45
9. Roméo na Julietta 5:26
10. Tinanga 4:17
11. Crocodile crocodile crocodile 4:06
12. Sahel 5:17

Disque 3
1. Cameroun bikoutsi 4;25
2. Madona Verona 4:08
3. Danse des criquets pèlerins 7:20
4. Lettre à ma bien-aimée 3:26
5. Altona 1:58
6. Douala o mulema 3:40
7. Si les gaulois avaient su 3:37
8. Je pars maria 3:27
9. News Time 2:58
10. On les aime bien 3:20
11. Soufflés 4:58
12. Ave Maria Today 8:16

Disque 4
1. Moon's Smile 4:08
2. O bia 3:34
3. Bahia Congo 5:13
4. Agatha 4:16
5. Le chant d'Ibadan 8:41
6. Motema 3:14
7. Rwanda 5:12
8. L'amour malade petit-français 3:14
9. Stabat mater dolorosa 4:13
10. Pygmy divorce 5:35


50th Birthday Celebration Vol. 1
50th Birthday Celebration Vol. 1
Proposé par VTN-GmbH
Prix : EUR 9,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Happy Birthday, Beautiful Music, 24 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 50th Birthday Celebration Vol. 1 (CD)
A tout seigneur tout honneur, c'est à son String Trio chéri, indubitablement l'une des plus belles réussites de la galaxie Masada qui n'en manque pourtant pas, que revient l'honneur et l'avantage d'ouvrir la série commémorative des captations des concerts donnés, en 2003, en célébration du demi-siècle de celui qu'on peut, sans prendre trop de risque de se tromper, considérer comme le plus prolifique compositeur d'au moins ces 20 dernières années : John Zorn.

C'est aussi une bonne manière de fêter une tranche non négligeable du "body of work" zornien au travers d'une formation capable d'en saisir et de coller à toutes ses nuances. Parce que, force est de le constater, le Masada String Trio fait un peu figure de mètre étalon de la série avec sa capacité à enjôler sur les figures klezmer, à hérisser dans les saillies contemporaines et même, oui ! sans batterie, à swinguer quand le jazz prend le pas. Il faut dire que le trio, déjà à l'époque extrêmement expérimenté dans l'exercice et, donc, développant des automatismes, un instinct qui ne vient qu'aux musiciens se connaissant par cœur permet à l'ensemble de couler de source. Il faut dire, aussi, que le matériau proposé à ces trois instrumentistes d'exception est de très haute qualité. Globalement puisé à la dive source d'Acoustic Masada (le quatuor jazz "classique" de Zorn qui lança la série et où figure d'ailleurs le contrebassiste Greg Cohen), c'est une assurance tous risques de qualité. Et une captation parfaite, claire et précise, permettant de jouir des performances solistes de très haut vol de chaque musicien mais, surtout !, l'osmose de leur jeu en trio.

Pas besoin d'en dire plus. Comme les autres opus du Masada String Trio, de leur disque de Circle Maker (double partagé avec une autre très belle formation, Bar Kokhba) aux deux Book of Angels, ce premier volume de la célébration des cinquante ans de leur "patron" est une fête pour qui aime le jazz de chambre contemporain klezmerisé. Et même les autres, en fait !

1. Tahah 7:53
2. Abidan 5:25
3. Lachish 3:30
4. Sippur 3:27
5. Malkut 5:03
6. Meholalot 6:30
7. Kedushah 8:32
8. Ner Tamid 3:37
9. Karet 4:13
10. Moshav 8:08
11. Khebar 6:50

Greg Cohen - basse
Mark Feldman - violon
Erik Friedlander - violoncelle


Elvis Presley
Elvis Presley
Prix : EUR 7,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pelvis Premier ou la Naissance du Roi du Rock, 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elvis Presley (CD)
On dira ce qu'on voudra d'Elvis Presley et de son parcours, du jeune plouc du sud au déhanchement révolutionnaire à la grassouillette caricature de Las Vegas, le mec avait une Voix et un style qui devaient l'inscrire dans la légende.

Particulièrement sur ce premier long-jeu, compilation de trois sessions d'enregistrements, une pour Sun Records plutôt axée country & ballads, deux pour RCA comprenant quelques reprises bien senties de tubes de rythm'n'blues, marquant la volonté de son nouvel employeur, qui vient de racheter son contrat à prix d'or, de dynamiser le répertoire du pas encore King dont le potentiel est cependant pressenti par un Steve Sholes, découvreur émérite de pépites encore mal dégrossies ayant d'ailleurs également déniché le légendaire Chet Atkins, justement présent sur quelques pistes ici.
Musicalement, pas besoin de faire l'article, chacun connaît cette mixture de rythm'n'blues, de country/folk et d'énergie juvénile passée à la postérité sous le nom de Rock and Roll. Il faut, cependant, souligner l'incroyable nombre de titres passés depuis à la postérité parce que, c'est évident, leur lancement présentement les inscrit dans les annales. Forcément, son allure, dans une Amérique blanche et anglo-saxonne encore largement coincée dans un mode patriarcal triomphant, d'un jeune blanc de basse extraction ayant pas mal biberonné du côté de peaux plus sombres a son petit (euphémisme Inside) effet. Diable !, un "cadre Elvis" sera même imposé pour ses passages télévisés, évitant soigneusement d'afficher ce déhanché affolant les demoiselles et outrageant les bien-pensants. Parce qu'Elvis est indéniablement plus qu'un musicien, en tant qu'étincelle de l'explosion de la jeunesse américaine c'est même un phénomène de société dont on débat, sur lequel les plus violents désaccords se font jour, partie immergée d'un iceberg de changements qui secouera le navire aux cinquante états dans les deux décennies suivantes. Important, quoi.

Dûment remasterisée et bonussée, mais pas l'ordre chronologique qui aurait vu Heartbreak Hotel et I Was the One (premier single du King pour RCA) ouvrir la tracklist comme sur le pressage de 1999, la présente édition de 2005 suffira largement au bonheur de l'amateur point trop hardcore de l'idole de Memphis. Il est cependant à noter que d'autres ont depuis vu le jour et été plus richement dotées que la présente : une de 2006 avec quelques outtakes et une de 2011 (Legacy Edition) ne comptant pas moins 36 pistes, toutes finies. Mais donc, essentiellement, en objet de culte obligatoire à toute collection d'amateur de rock se respectant, celle-ci fera l'affaire démontrant que l'Elvis jeune était décidément une vraie bête de musique en plus d'un beau gosse à la voix d'or sachant bouger son corps. Immanquable, quoi.

1. Blue Suede Shoes (January 30, 1956) 2:00
2. I'm Counting On You (January 11, 1956) 2:25
3. I Got a Woman (January 10, 1956) 2:25
4. One-Sided Love Affair (January 30, 1956) 2:11
5. I Love You Because (July 5, 1954) 2:43
6. Just Because (September 10, 1954) 2:34
7. Tutti Frutti (January 31, 1956) 1:59
8. Tryin' to Get to You( (July 11, 1955) 2:31
9. I'm Gonna Sit Right Down and Cry (Over You) (January 31, 1956) 2:01
10. I'll Never Let You Go (Little Darlin') (September 10, 1954) 2:24
11. Blue Moon (August 19, 1954) 2:40
12. Money Honey (January 10, 1956) 2:36
Bonus tracks
13. Heartbreak Hotel (January 10, 1956) 2:08
14. I Was the One (January 11, 1956) 2:34
15. Lawdy Miss Clawdy (1956) 2:08
16. Shake, Rattle & Roll (1955) 2:37
17. My Baby Left Me (April 14, 1956) 2:12
18. I Want You, I Need You, I Love You (April 14, 1956) 2:40

Elvis Presley - vocals, acoustic guitar, piano
Scotty Moore - electric guitar
Chet Atkins - acoustic guitar on January 10-11 (except I Got a Woman)
Floyd Cramer - piano on January 10-11
Shorty Long - piano on January 30-31
Bill Black - bass
D. J. Fontana - drums
Johnny Bernero - drums (on Trying to Get to You)
Gordon Stoker - backing vocals
Ben Speer - backing vocals
Brock Speer - backing vocals


I am Mountain
I am Mountain
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 12,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'ouverture, 22 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : I am Mountain (CD)
On ne va pas se mentir, 99% de la scène musicale chrétienne américaine est d'une énorme nullité, de ses groupes de "metal" à côté de la plaque et généralement limité à un metalcore de toute manière passé de mode à un rock alternatif post-grunge à faire passer Stone Sour ou Nickelback pour les héritiers du savoir-faire le plus sophistiqué, c'est dire ! A croire qu'un chrétien qui fait de la musique "à (son) message" doive forcément tomber dans toutes les chausse-trappes du mauvais goût et dans le recyclage systématique d'icelui, qui plus est. Mais il y a des exceptions, des formations qui, sans une étude particulièrement rapprochée de leur contenu textuel, pourraient passer pour autre chose que des zélotes tellement préoccupés par l'amour de Jesus qu'ils en oublient que, fondamentalement, c'est de musique dont il s'agit...

Et donc, la bonne nouvelle avec Güngör, collectif mené par le couple Michael et Lisa Gungor, c'est que le prêchi-prêcha, relativement plus discret que chez pas mal de leurs condisciples, n'occulte pas les aspirations musicales réussies.
En l'occurrence, avec un opus nettement plus expérimental que leur précédente production (deux albums et un live) sans en devenir inabordable, Güngör poursuit son évolution autour d'un post-rock poppisé de belle facture. Indéniablement, le groupe est influencé par Sigur Ros mais sait ne pas cloner son modèle trouvant sa propre voix et voie dans une expression plus terrienne et américaine, Güngor ne refusant pas quelques emprunts à la folk et country de son pays, du même matériau de base. Force est de constater que, débarrassé des lourdeurs religieuses qui empesaient leur musique de relents difficilement supportables au laïque hexagonal de base, on marche facilement dans la combine parce que d'un I Am Mountain joliment troussé au crescendo salvateur, d'un Beat of Her Heart aux accroches flamencas et americanas, d'un Wandering en jazz processionnel électronique, d'un God and Country western et nerveux, d'un interlude ambient et habité (Hither and Yon) bien enchainé sur une ballade introspective en progression (Yesternite), c'est à de la musique recherchée et mélodique fonctionnant parfaitement à laquelle nous avons affaire. Le cocktail marche moins quand le parti-pris semble glisser vers des préoccupations dansantes que le groupe maîtrise moins, sonnant parfois presque comme un mauvais boys band autotuné (l'affreux Let It Go, par exemple), ce qui n'arrive heureusement que peu souvent sur un album globalement plutôt très réussi.

Avec I Am Mountain et en s'affranchissant apparemment de son lien clérical et misant sur l'ouverture, tant musicale que d'esprit, Güngör réussit son plus bel album. Pourvu que ça dure !

1. I Am Mountain 4:08
2. Beat of Her Heart 4:18
3. Long Way Off 4:37
4. Wandering 3:58
5. Let It Go 3:39
6. Wayward and Torn 2:03
7. God and Country 4:23
8. Hither and Yon 1:58
9. Yesternite 3:58
10. The Best Part 3:50
11. Finally 5:01
12. Upside Down 8:01

Michael Gungor - vocals, guitar, bass, banjo, mandolin, keys, percussion, programming
Lisa Gungor - vocals, keys, synth, percussion
John Arndt - piano, keys, synth, wurlitzer, organ, percussion
Robert Gungor - synth, keys, piano
Aaron Sterling - drums, percussion
Terence Clark - percussion, bgv
Chad Copelin - bass, synth bass, programming
David Gungor - bass
Cara Fox - cello, gang vocals
Isaac Roman - violin, gang vocals
Michael Rossback, Chara Bultman - gang vocals


Super Session + Bonus Track
Super Session + Bonus Track
Prix : EUR 11,13

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Super groupe !, 21 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Super Session + Bonus Track (CD)
Quand Mike Bloomfield (Paul Butterfield, Electric Flag), Al Kooper (comme Bloomfield, un des artificiers du passage à l'électricité de Bob Dylan) et Stephen "Steve" Stills (Buffalo Springfield, évidemment futur Crosby, Still, Nash & Young) se rencontrent (enfin, presque) pour faire de la musique ça donne ? De l'excellente musique, bien sûr !

Du coup on se dit que le nom de Super Session, qui franchement fait un peu "vente forcée", n'est en fait qu'un juste avertissement du festival qui attend l'auditeur. Parce qu'une super session, c'en est indéniablement une, avec trois fines lames encore pleines de la sève de leur jeunesse mais avec déjà suffisamment d'expérience pour savoir exactement ce qu'ils font et où ils souhaitent aller ou, du moins, en donne l'impression par leur incroyable sens de leur musique, instinctif ou pas. Parce qu'il faut de l'instinct, en plus de l'évident talent, pour boucler pareil tour de force en neuf petites heures (!).
Musicalement, c'est, en résumé, de blues électrique dont il s'agit, un genre qui doit beaucoup à quelques jeunes agités britanniques mais prend, ici comme dans quelques albums contemporains, un tout autre essor. Si c'est Kooper qui est à l'origine du projet et semble souvent tenir la baraque, la véritable star de la captation est indéniablement un Bloomfield jouant d'égal à égal avec les plus fines galettes de son temps (Hendrix en particulier), aisément reconnaissable et éblouissant du début à la fin de sa face, la première et, bonheur d'une réédition pour le coup brillamment bonussée, sur 3 titres supplémentaires pour encore plus de plaisir. Du coup, la performance de Stills, qui est de belle qualité à n'en pas douter, parait quelque peu pâlotte comparée à celle de son devancier. Il faut dire aussi que Stills débarqua en catastrophe, remplaçant dans un genre qui n'est pas sa prédilection et au pied levé un Bloomfield incapable de compléter la session pour des raisons de santé selon la version officielle. Bref, le style de Stills, plus aérien, plus ensoleillé, tranche forcément avec le bouillonnement parfois presque (free) jazz de Bloomfield (His Holy Modal Majesty et ses influences coltraniennes), l'album y gagne en variété ce qu'il y perd, obligatoire revers de la médaille, en concision... Mais pas en qualité, elle est bien là, de la première à la dernière note de ce "jammy" festin bleu et feu.

Plus de 45 ans après sa sortie, sans doute plus assez célébrée qu'elle le mériterait, la Super Session de Mike Bloomfield, Al Kooper et Stephen Stills demeure, en plus d'une étape essentielle dans le développement de la "pop" musique, un aeuvre blues essentielle à tout amateur du genre.

Al Kooper -- vocals, piano, organ, ondioline, electric guitar, twelve-string guitar
Mike Bloomfield -- guitars on side one, reissue tracks 10, 12, 13
Stephen Stills -- guitars on side two, reissue track 11
Barry Goldberg -- electric piano on "Albert's Shuffle" and "Stop"
Harvey Brooks -- bass
Eddie Hoh -- drums, percussion
autres musiciens (cuivres) inconnus.


Murat, Jean-Louis - Parfum d'acacia au jardin [Édition Limitée]
Murat, Jean-Louis - Parfum d'acacia au jardin [Édition Limitée]
DVD ~ Jean-Louis Murat

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Jean-Louis en toute intimité, 19 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Murat, Jean-Louis - Parfum d'acacia au jardin [Édition Limitée] (DVD)
Quelque part entre le massif et excellent Lilith et le petit, précieux, pop et recommandé aussi A Bird On A Poire (collaboration avec son bassiste également membre d'AS Dragon, Fred Jimenez compositeur, et la vocaliste d'Elysian Fields, Jennifer Charles), Jean-Louis Murat réunit une petite équipe habituelle et joue, live en studio le 3 décembre 2003, quelques compositions inédites de son cru sous l'aeil du réalisateur Don Kent.

Quant on le questionne à l'époque sur sa frénésie d'enregistrement, seulement six mois s'étant écoulés depuis son précédent opus et le suivant étant déjà annoncé, Jean-Louis Murat répond qu'il ne fait que son métier qui se trouve être aussi, surtout !, sa passion. De fait, on entend la passion du musicien dans ces interprétations brutes de décoffrages d'un projet vite bouclé puisque n'ayant pas, non plus, nécessité un énorme travail de répétition.
A l'instinct, cette équipe se trouve bien parce qu'elle se connaît parfaitement, et ce n'est pas l'addition d'une petite nouvelle, Camille qui a fait la carrière que l'on sait depuis mais n'avait alors qu'un album à son actif, qui viendra troubler cet état de fait, instinctive justement, la demoiselle s'intègre sans soucis et apporte même clairement sa pierre à un édifice de (fausse ?) simplicité qu'on qualifiera de chanson rock (base rock mais avec les paroles et la voix...) avec un Murat de plus en plus éloigné de son image de dandy désespéré un peu trop bellâtre pour être honnête, de plus en plus proche de quelques grands anciens dont on sait depuis longtemps qu'ils font partie de son panthéon musical (Springsteen ou Neil Young). C'est le meilleur Murat justement, ça tombe bien !
A l'image de la musique, le filmage choisi par Kent ne déploie pas d'effets de manche excessifs et se contente d'être là, au milieu de musiciens en plein exercice créatif, petit espion vite oublié témoignant de l'expérience. Pour le coup, c'est parfait. Et encore plus dans l'édition limitée avec CD audio bonus proposant quelques morceaux qui n'ont pas passé le "cut" tout en étant de belle qualité et inspiration ou des versions alternatives pas inutiles.

Parfum d'Acacia au Jardin ? C'est Jean-Louis Murat en toute intimité, l'expression d'un auteur, compositeur et interprète unique du PaMF (paysage musical français), artisan passionné et passionnant dont chaque apparition mérite le détour, ici aussi, évidemment.

DVD
1. Parfum d'acacia au jardin 6:01
2. La petite idée derrière la tête 6:59
3. Ce qui n'est pas donné est perdu 6:32
4. Au cabaret 4:15
5. Call baby call 4:11
6. Fille d'or sur le chemin 3:35
7. Ton pire ennemi 7:13
8. Elle avait le béguin pour moi 4:22
9. En souvenir de Jade 7:16
10. Dix mille (Jean) Louis d'or 5:05
11. Plus vu de femmes 5:56
12. On se découvre en regardant 2:35
13.Qu'entends-tu de moi que je n'entends pas 6:24

CD (bonus audio)
01. On se découvre en regardant 6:04
02. La petite idée derrière la tête (guiatre-voix) 3:36
03. En souvenir de Jade 8:07
04. Elle avait le béguin pour moi 5:55
05. Chappaquiddick 3:41
06. La petite idée derrière la tête 7:04
07. Marquis 5:02

Jean-Louis Murat - chant, guitare, piano, harmonica
Fred Jimenez - basse
Stéphane Reynaud - batterie
Camille - chaeurs
Christophe Pie - claviers, guitare


En scène au théatre Grévin 1986
En scène au théatre Grévin 1986
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La cire à l'acide, 18 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : En scène au théatre Grévin 1986 (CD)
Ultime spectacle, mais seulement second publiquement disponible, le Desproges en scène au Théâtre Grévin est aussi son sommet dans l'exercice.

Parce que si la formule, qui n'a fondamentalement pas vraiment changé, Desproges restant Desproges (c'est heureux), bénéficie d'une aise accrue sur les planches et d'une qualité de plume encore plus éblouissante, dont des élans humanistes encore plus touchants (Rachid) qui contribuent aux émotions, le rire en étant une et non des moindres, l'indignation (passagère) en étant une autre, le visionneur ou auditeur, tout support se valant avec des mots si bien sentis, en ressort avec des idées plein la tête, du rire plein le cœur et le seul désespoir qu'une si brillante carrière ait ainsi été fauchée par ce diable de crabe, sujet récurrent de la prose de Desproges, d'ailleurs, qui pourtant n'en savait rien jusqu'à la fin...

Si un bon quart de siècle après sa si prématurée disparition, Pierre Desproges reste un succès d'édition, pas de doute !, c'est qu'on tenait bien là un artiste et auteur supérieurement dotée par Mère Nature. C'est évident dans quasiment tout ce qu'il fit et éclatant présentement.


En scène au théatre Fontaine 1984
En scène au théatre Fontaine 1984
Prix : EUR 12,11

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 In Vivo Vachitas, 18 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : En scène au théatre Fontaine 1984 (CD)
C'est sur l'insistance, et avec le concours, de Guy Bedos (que l'on remercie bien bas) que Pierre Desproges reprendra la scène. Il s'était bien essayé à l'exercice dans la seconde moitié des années 70 avec, notamment Thierry Le Luron et Evelyne Grandjean mais aussi en one man show dans un quartier Mouffetard qu'il connaissait bien.

Et donc, 1984, Théâtre Fontaine, un vrai théâtre populaire, où se sont succédés ou se succèderont Jean-Marc Thibaut et Roger Pierre, Louis de Funès, Patachou ou Pierre Palmade, un comble pour un auteur et être humain ne goûtant que modérément au spectacle de masse typiquement nivelé par le bas. Mais la salle est bien pleine et le public réceptif à ses pitreries spirituelles où une profonde défiance envers tout ce qui cadre trop bien est joyeusement vilipendé au gré de sketches finement ciselés et interprétés avec tout l'art d'un être inhumain trop humain. Parce que Pierre en plus d'être supérieurement drôle dans son détachement faussement élitiste est un être sensible jouant de la provocation comme arme de destruction massives des zygomatiques tétanisés, et du désespoir et de l'auto-dépréciation, de l'autodérision comme une mise au pinacle.

Et s'il n'y a pas d'image dans cette captation audio (qui existe aussi en DVD), Desproges y est suffisamment expressif pour qu'on y goute avec un réel bonheur. Et dire qu'il fera encore mieux au Théâtre Grévin !


Les Réquisitoires Vol.6
Les Réquisitoires Vol.6
Prix : EUR 16,21

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pris en flagrant délire !, 18 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Réquisitoires Vol.6 (CD)
Enregistrés lors du Tribunal des Flagrants Délires de France Inter entre 1980 et 1983, l'opulente collection de 6 CDs bien garnis est évidemment extrêmement drôle, finement écrite mais un peu potache quand même parce qu'on est là pour divertir, et avec souvent du sens.

Parce que Desproges en procureur, attaquant de ses saillies drolatiques et de ses traits d'esprits irrésistibles un invité qui en redemande, c'est tout de même quelque chose ! Fleuron de l'humour français, parce qu'il est français et même limousin et francilien, ça fait beaucoup !, on se dit que Desproges aurait sans doute beaucoup de mal, aujourd'hui, à se glisser dans le costume de rigueur de l'amuseur bien-pensant lui qui était, avant tout, un esprit frondeur et un libre penseur ne choquant jamais que pour stimuler l'hilarité de l'auditeur et agiter les idées reçues. Evidemment toutes les qualités de l'homme se retrouvent dans ses réquisitoires pour de rire quoique, parfois... On peut rire de tout mais pas avec tout le monde, n'est-ce pas ? Ainsi, quant un mardi 28 septembre 1982 un certain borgne d'obédience racisto-nationale est reçu, Desproges s'interroge magistralement sur les limites de l'exercice humoristique radiophonique dans lequel il excelle.
L'autre limite de l'exercice, à laquelle Pierre ne pouvait pas grand chose, est sa temporalité et donc son grand risque d'obsolescence parce que si la notoriété de certains invités transcende les générations et les époques d'autres ne parleront que peu aux plus jeunes générations.

Reste que, puisque c'est d'un spectacle radiophonique enregistré en public dont il s'agit, de l'interprétation à, évidemment !, l'écriture qui, même dans le plus anecdotique de ses réquisitoires mérite votre vive attention Desproges déroule sa classe d'auteur hors norme et déclenchera, à n'en pas douter, moult "tétanisations crispées des zygomatiques", ce qui est l'essentiel, finalement.


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