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Contenu rédigé par Stefan
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Commentaires écrits par
Stefan (Paris, France)
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White Light / White Heat
White Light / White Heat
Prix : EUR 20,36

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Noir c'est noir, 19 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Light / White Heat (CD)
Au cas où on ne l'aurait pas compris avec leur premier album, White Light White Heat nous rappelle que le Velvet Underground n'est pas un groupe de rigolos. Mais là où l'album à la banane nous berçait encore doucement de quelques délicates mélopées, le présent brûlot, nous lamine de son radicalisme sans compromis.

Out Nico et Andy Warhol, les ventes désastreuses de The Velvet Underground & Nico ont détérioré les rapports entre le groupe et leur mentor. Et puis après tout, White Light/White Heat, conçu à partir d'improvisations de tournée est leur album à eux, un animal dangereux, urgent comme les courtes sessions qui l'enfanteront : 2 jours !
Présentement, captés par Tom Wilson (qui a travaillé avec Sun Ra, les Animals d'Eric Burdon, Zappa et ses Mothers of Invention ou Bob Dylan), ils laissent libre cours à leurs pulsions électriques les plus ravageuses pour un résultat qui ne l'est pas moins. Parce qu'il faut d'abord dompter la bête pour ensuite vraiment l'apprécier. Parce que cette déconstruction de rock'n'roll post-moderne ne se livre pas facilement, plus beauté cachée que cover girl.
Pourtant, le morceau d'ouverture, qui donne son titre à l'album, ne paye pas de mine, petit rock'n'roll juste un peu "garageux" sur les bords mais finalement digne héritier d'un Jerry Lee Lewis ou d'un Chuck Berry. The Gift, errance improvisée et psychédélique, propose un Cale récitant un texte de Lou Reed sur une histoire d'amant destroy décidant de s'envoyer par la poste à sa bien aimée (Lou y es-tu ?), c'est aussi le début du grand largage d'amarres avec le commun de la pop musique et une exemplaire réussite d'avant-gardisme distrayant, bravo ! Au moins aussi étrange, Lady Godiva's Operation est une sorte de droning psyche pop post-apocalyptique avec Cale au chant et le groupe tournant sur le même thème ne s'autorisant que de rares variations, et c'est étrange et étrangement attirant même quand les voix se mélangent, la musique décline et la bizarrerie augment. Une drôle de chanson. Here She Comes Now c'est un peu la version garage, lo-fi du gentil Velvet Underground du premier album, sauf que le chant de Lou Reed, la souplesse instrumentale et l'ambiance beatnik électrique l'entraîne vers d'autres terres, et nous avec.
On sait que le groupe fut mécontent de I Heard Her Call My Name où il essayèrent, sans succès selon eux, de capturer l'énergie live du morceau. C'est pourtant un beau déluge électrique avec les badaboums primaires et énervés de Maureen Tucker et la voix et la guitare de Lou Reed en mode pas content, et ce ne sont pas les quelques chaeurs qui viennent alléger l'ensemble... Une vraie furie ce titre ! Et puis vient le Gros Morceau, Sister Ray. 17 minutes captées live en studio en une seule et unique prise, qu'importent les maladresses et les fausses notes, un peu l'équivalent musical de l'écriture automatique chère à Kerouac, une folie ! Qui fonctionne parce qu'elle a la beauté de ces arts primitifs, parce qu'elle sait s'envoler en d'improbables crescendos, qui fonctionne aussi parce que le son du groupe y est si crument organique, y repousse, confond si radicalement les limites de la jam et du n'importe-quoi qu'on ne peut que fondre devant tant d'ingénuité et de cran. Marquant.
Et c'est fini. Et on en sort un peu rincé, parce que White Light/White Heat, ce n'est pas de l'easy listenning, mais définitivement content, certain d'avoir assisté à quelque chose d'unique, à une nouvelle définition, une nouvelle conception de la musique populaire pour jeunes gens de bon gout. Un quelque chose qui connaîtra des répliques, et des répliques (demandez voir au punks et à leurs descendants !), bref, important.

Deluxe Edition oblige, il y a du bonus à foison dans la présente édition, à commencer par deux outtakes des fameuses sessions, une version alternative de I Heard Her Call My Name et un inédit instrumental déjà croisé sur la compilation Another View (Guess I'm Falling in Love), toutes deux accessoires mais pas désagréable. On y retrouve aussi les extraits de deux sessions de février et mai 1968, les dernières de John Cale avec le VU, d'où ressortent Stéphanie Says et Temptation dans leurs mixes originaux et une early version vraiment inédite, la seule ici, de Beginning to See the Light de fort belle facture qui nous laisse songeur quand à ce que la suite de la carrière des new yorkais aurait pu donner avec leur ténébreux gallois.
Mais la fête n'est pas finie, loin de là, un live, enregistré le 30 avril 1967 au Gymnasium de New York, vient compléter la fête. Et quel live ! Déjà parce qu'il sonne diablement bien, mieux que tous les bootlegs et enregistrements plus ou moins officiels du Velvet Underground avec John Cale croisés de-ci de-là, ensuite parce que le groupe y délivre une prestation faite d'intensité et de talent à couper le souffle. C'est bien simple, à lui-seul, ce live justifie l'acquisition du coffret pourtant fort riche sinon avec, notamment, un texte fort intéressant narrant la genèse de l'aeuvre.

White/Light White Heat était déjà un album dont, fondamentalement, aucun amateur de rock intelligent ne pouvait se passer, c'est encore plus vrai avec cette édition anniversaire totalement renversante.

Disc 1 (Stereo Version)
1. White Light/White Heat 2:48
2. The Gift 8:20
3. Lady Godiva's Operation 4:57
4. Here She Comes Now 2:05
5. I Heard Her Call My Name 4:38
6. Sister Ray 17:32
Bonus
7. I Heard Her Call My Name (Alternate Take) 4:39
8. Guess I'm Falling In Love (Instrumental Version) 3:34
9. Temptation Inside Your Heart (Original Mix) 2:33
10. Stephanie Says (Original Mix) 2:50
11. Hey Mr. Rain (Version One) 4:40
12. Hey Mr. Rain (Version Two) 5:24
13. Beginning To See The Light (Previously Unreleased Early Version) 3:39

Disc 2 (Live At The Gymnasium, New York City, April 30, 1967)
1.Booker T. 6:46
2. I'm Not A Young Man Anymore 6:17
3. Guess I'm Falling In Love 4:10
4. I'm Waiting For My Man 5:28
5. Run Run Run 6:58
6. Sister Ray 19:03
7. The Gift 10:25

John Cale - vocals, electric viola, organ, bass guitar, medical sound effects on "Lady Godiva's Operation"
Sterling Morrison - vocals, guitar, bass guitar, medical sound effects on "Lady Godiva's Operation"
Lou Reed - vocals, guitar, piano
Maureen Tucker - drums, percussion


Franky Knight
Franky Knight
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Oui, mais..., 19 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Franky Knight (CD)
En préambule, un coming out : j'aime Emilie Simon. Je l'aime depuis presque 10 ans déjà que j'ai découvert avec ravissement son premier et éponyme album, je l'aime malgré les quelques facilités stylistiques venu poindre le bout de leur nez sur sa `Grosse Machine', je l'aime pour son inventivité sonique malgré des tics d'écriture maintenant évidents, je l'aime - enfin - pour l'infini charme de son caressant organe...

C'est dire si Franky Knight a été chaudement accueilli. Un album de deuil ? Après tout, pourquoi pas. Verser son caeur et son âme à la mémoire d'un amour trop vite fauché, sans exhibitionnisme ou indécence... Belle idée, bel hommage. Et, de fait, c'est un charmant album que la belle montpelliéraine délivre. Oui mais... Juste charmant. Remarquez, pour un Prince Charmant, c'est plutôt `spot on'... N'empêche - et peut-être en attendais-je trop, après tout - j'en attends plus d'Emilie. Attention, on est loin du mauvais album... Très loin même. Et quelques plages nous emportent irrémédiablement (Mon Chevalier, Something More), mais le souffle épique qui habitait ses trois précédentes offrandes studio est ici - au moins partiellement - envolé. Et ce n'est pas la sugar-pop de I Call It Love ou la Busherie kraftwerkienne de Franky's Princess ou le juste pas très inspiré Walking With You qui viendront me démentir Reste qu'un album d'Emilie Simon, même légèrement moins convaincant, reste un rare plaisir qu'on se doit de ne pas bouder... En attendant la suite.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 19, 2014 3:21 PM CET


The Beatles (White Album)(Enregistrement original remasterisé)
The Beatles (White Album)(Enregistrement original remasterisé)
Prix : EUR 22,74

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Blanc de Blanc, 19 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Beatles (White Album)(Enregistrement original remasterisé) (CD)
1968, les Beatles, après avoir été un phénomène de société et un phénomène musical n'ont plus rien à prouver au monde. Plus rien à se prouver ?

C'est moins sûr à l'écoute de ce double album fourre-tout où ils explorent, individuellement comme collectivement, tous leurs possibles et passent même parfois la mesure.
On sait que les sessions sont chaotiques avec Ringo qui quitte, revient, requitte, re-revient dans le groupe au gré de ses états d'âmes et décroche quand même deux chansons à lui, avec la présence de Yoko Ono, première petite amie à s'incruster dans les sessions du groupe ce qui ne va pas sans heurts, parce que chacune des deux têtes pensantes semble faire son petit album de son côté alors que cool Georgie ronge son frein et continue de se battre pour imposer quelques chansons... Bref, les Beatles, groupe qui ne fait plus de scène n'est presque plus un groupe du tout.
Dans de telles conditions, la catastrophe devrait être au rendez-vous, mais le groupe est si bouillonnant de créativité, de compétition aussi entre Lennon et McCartney qui semblent se tirer la bourre, que les deux fois quarante-cinq minutes sont un quasi sans faute. Et on en vient au dépassements de la mesure et donc, en premier lieu, à Ob-La-Di, Ob-La-Da, pop song supportable à (très) petites doses, horripilante sinon. Et puis il y a le cas Revolution 9, plus longue "chanson" des Beatles, en fait collage bruitiste et nonsensique dont on se serait volontiers passé. Il y a aussi quelques pistes accessoires, d'un Honey Pie seulement rigolo, d'un Bungalow Bill à l'énervant refrain, d'un Why Don't We Do It in the Road qui ressemble plus à une chute de studio qu'à autre chose, à un Long Long Long d'Harrison pas franchement affolant. Ca nous fait donc 6 chansons accessoires... En restent 24, toutes différentes, toutes d'une si franche qualité que les petites défaillances précitées ne sont qu'un détail de l'histoire.
Et quelle histoire, et que de merveilles ! Certes ces sessions furent longues (de mai à octobre 1968, entre le légendaire Abbey Road et le Trident qui le suit de près) et inclurent moult intervenants (desquels Eric Clapton, sur While My Guitar Gently Weeps, est le plus fameux), conséquence de l'éclatement du groupe en quasiment quatre unités séparées, mais le résultat est là, preuve implacable que la formule magique développée depuis Rubber Soul n'a pas été perdue dans l'ambiance fraiche qui règne alors. Vous voulez du rock qui rentre dedans ? Back in the U.S.S.R., Birthday, Yer Blues, et évidemment Helter Skelter sont là pour ça. De douces mélopées acoustiques ? Blackbird, I Will, Julia et Mother's Nature Son vous raviront. De la pop (rock) "qui cherche et trouve" sans jamais perdre de son incroyable efficacité mélodique ? Dear Prudence, Glass Onion, Happiness Is a Warm Gun, Sexy Sadie et Savoy Truffle c'est pas fait pour les chiens. De la pop baroque ? Martha My Dear et Piggies cochent la case. Ou simplement de bonnes chansons ? While My Guitar Gently Weeps, le crincrin brinquebalant Don't Pass Me By (première composition de Starr chez les Fab Four), Revolution 1 ou Goodnight font excellemment l'affaire.
Comme la mise en son et une bonne partie des arrangements (conjointement avec chaque auteur, capitaine de sa propre petite chaloupe tractée par le paquebot liverpuldien) est encore une fois confiée à l'irremplaçable George Martin (alias le 5ème Beatle), l'affaire garde une étonnante cohérence ne souffrant ni de son éclatement stylistique, ni des conditions de son enregistrement, et sonne merveilleusement, particulièrement en sa réédition mono sur la récente Mono Box.

The Beatles, le Double Blanc, the White Album, qu'importe le nom qu'on choisisse de lui coller, est, à raison, une galette monumentale. Le premier double album studio de rock aussi, et le premier à être enregistré en 8 pistes (une révolution pour l'époque)... Une aeuvre essentielle.

The Beatles
John Lennon - lead, harmony and background vocals; acoustic, lead, bass and rhythm guitars; keyboards (electric and acoustic pianos, Hammond organ, harmonium and mellotron); extra drums and assorted percussion (tambourine, maracas, cymbals, thumping on the back of an acoustic guitar, handclaps and vocal percussion); harmonica, whistling and saxophone; tapes, tape loops and sound effects (electronic and home-made)
Paul McCartney - lead, harmony and background vocals; acoustic, lead, rhythm and bass guitars; keyboards (electric and acoustic pianos and Hammond organ); assorted percussion (timpani, tambourine, cowbell, hand shake bell, handclaps, foot taps and vocal percussion); drums (on "Back in the U.S.S.R.","Dear Prudence", "Wild Honey Pie", and "Martha My Dear"); recorder and flugelhorn; sound effects
George Harrison - lead, harmony and background vocals; acoustic, rhythm, bass and lead guitars; Hammond organ; extra drums and assorted percussion (tambourine, handclaps and vocal percussion) and sound effects
Ringo Starr - drums and assorted percussion (tambourine, bongos, cymbals, maracas and vocal percussion); electric piano and sleigh bell (on "Don't Pass Me By"), lead vocals (on "Don't Pass Me By" and "Good Night") and backing vocals ("The Continuing Story of Bungalow Bill")

Guest musicians
Eric Clapton - lead guitar on "While My Guitar Gently Weeps"
Mal Evans - backing vocals and handclaps on "Dear Prudence", handclaps on "Birthday", trumpet on "Helter Skelter""
Jack Fallon - violin on "Don't Pass Me By"
Grant Mansell - drums on "Martha My Dear"
Pattie Harrison - backing vocals on "Birthday"
Jackie Lomax - backing vocals and handclaps on "Dear Prudence"
Maureen Starkey - backing vocals on "The Continuing Story of Bungalow Bill"
Yoko Ono - backing vocals, brief lead vocals and handclaps on "The Continuing Story of Bungalow Bill", backing vocals on "Birthday", speech, tapes and sound effects on "Revolution 9"

Session musicians
Ted Barker - trombone on "Martha My Dear"
Leon Calvert - trumpet and flugelhorn on "Martha My Dear"
Henry Datyner, Eric Bowie, Norman Lederman, and Ronald Thomas - violin on "Glass Onion"
Bernard Miller, Dennis McConnell, Lou Soufier and Les Maddox - violin on "Martha My Dear"
Reginald Kilby - cello on "Glass Onion" and "Martha My Dear"
Eldon Fox - cello on "Glass Onion"
Frederick Alexander - cello on "Martha My Dear"
Harry Klein - saxophone on "Savoy Truffle" and "Honey Pie"
Dennis Walton, Ronald Chamberlain, Jim Chest, and Rex Morris - saxophone on "Honey Pie"
Raymond Newman and David Smith - clarinet on "Honey Pie"
Art Ellefson, Danny Moss, and Derek Collins - tenor sax on "Savoy Truffle"
Ronnie Ross and Bernard George - baritone sax on "Savoy Truffle"
Alf Reece - tuba on "Martha My Dear"
The Mike Sammes Singers - backing vocals on "Good Night"
Stanley Reynolds and Ronnie Hughes - trumpet on "Martha My Dear"
Tony Tunstall - French horn on "Martha My Dear"
John Underwood and Keith Cummings - viola on "Glass Onion"
Leo Birnbaum and Henry Myerscough - viola on "Martha My Dear"


Double Time
Double Time
Prix : EUR 10,31

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Second album, seconde réussite, 18 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Double Time (CD)
Sur la couverture de son second album, c'est un double Redbone qui affiche sa bobine de Groucho cool-swing accoudé à un dromadaire sur fond de pyramides... Il n'est pourtant aucunement question d'un quelconque virage exotica/orientaliste swing the casbah et tout le tralala, Redbone reste Redbone, un ponte du swing/blues d'hier pour les masses d'aujourd'hui.

Et donc, musicalement, Leon ne devie pas, creuse, tel le bon paysan appliqué à son champ, son même sillon d'archéologue musical. Le même filon, oui ! Parce qu'il y déniche moult merveilles et les habite avec la même flegmatique classe que sur l'impeccable On The Track. Cette fois-ci, cependant, même si on n'est toujours pas dans le déluge instrumental, on note un très net épanouissement de la formule musicale avec, notamment, l'adjonction de chaeurs jazz venus supporter la baryton nasillard de l'ineffable Redbone. Et ça sonne du feu de dieu même si ça perd, forcément, un poil en intimité, en qualité photo sépia aussi, mais pas trop, on reste bien ancré dans un temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître.
Côté chansons, Leon Redbone continue donc de puiser dans l'énorme vivier entre classiques immortels (Mississippi Delta Blues et Mississipi River Blues de Jimmie Rodgers, Diddy Wah Diddle fameux ragtime de Blind Boy Blake ou Winin' Boy Blues de Jelly Roll Morton) et bidules miraculeusement sauvés des eaux (dont le déjanté Sheik of Araby digne d'un Screamin' Jay Hawkins), il surprend même en balançant sa première composition "à lui" avec le très réussi, et s'intégrant parfaitement à l'ensemble, Crazy Blues.
Double Time en résumé ? Pas un temps faible, même si on reste tranquilou, pas un faux-pas, c'est du bon de A jusqu'à Z.

D'ailleurs, Leon, qui se fait vraiment trop rare n'ayant plus rien sorti depuis 8 longues années et plus visité un studio depuis 2001 (et le très réussi Any Time), n'a jamais vraiment manqué le moindre rendez-vous avec un auditoire certes pas très nombreux mais qui, fidèle, sait que la si Leon va avec déception, ce n'est que pour la rime.

Leon Redbone - vocals, guitar, throat tromnet, background whistling on "Crazy Blues"
Milt Hinton - bass guitar
Jo Jones - drums
Bob Greene - piano
Don McLean - banjo on "Mississippi Delta Blues"
Eric Weissberg - banjo on "Shine On Harvest Moon"
Dominic Cortese - accordion
Jonathan Dorn - tuba
Yusef Lateef - soprano saxophone on "Mississippi River Blues"
Ed Polcer - trumpet
Ed Barefield - clarinet
Vic Dickenson - trombone
Dick Rath - trombone
Joe Wilder - trumpet on "Nobody's Sweetheart"
Kermit Moore - cello
Selwart Clarke - viola
Lewis Elgy - violin
Sanford Allen - violin
Captain Billy's Whiz Bang (William Kruse, Frederick Mount III, Andrew Smith, Mark S. Bently) - backing vocals on "Shine On Harvest Moon"
The Dixie Hummingbirds (Ira Tucker sr., James Walker, James Davis, Beachy Thompson) - backing vocals on "If We Never Meet Again This Side of Heaven"
Jerry Teifer - background whistling on "Shine On Harvest Moon"
Beachy Thompson - background whistling on "If We Never Meet Again This Side of Heaven"
Al Cohn - horn arrangements on "Crazy Blues", "Mr. Jelly Roll Baker" and "Diddy Wah Diddy"
William S. Fischer - string arrangements on "Mississippi Delta Blues", "Melancholy Baby" and "Shine On Harvest Moon"


On The Track
On The Track
Prix : EUR 10,31

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 cool swing et jolie moustache, 18 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : On The Track (CD)
Toujours à la coole, ce bon Leon n'est pas du genre qu'il faille brusquer. Pas qu'il vous refile une bonne paire de mornifles, juste que gentleman Redbone, un homme d'un autre temps enfermé dans une époque trop pressée pour lui, a la paresse chevillée au corps. C'est si évident musicalement que ça ne peut être autrement "in vivo".

Commençons par nous méfier du cartoonesque artwork de sa première galette, On the Tracks. Outre le fait que l'image de Michigan J. Frog appartienne à son label, Warner Bros., et que les chants dudit batracien évoquent les mêmes temps que ceux auquel Leon s'intéresse, et que Mister Redbone ne manque ni du flegme ni de l'humour attribué par les animateurs au vert personnage... Hé, c'est que ça commence à faire beaucoup, du coup elle est peut-être très bien vue cette pochette !
Musicalement Leon est resté bloqué vers les débuts du siècle d'avant, le 20ème, dont il a fait son fond de commerce. Et qu'il traite avec un immense respect et une absolue dévotion.
Au programme, quelques classiques tels qu'Ain't Misbehavin' de Fats waller, Desert Blues de Jimmie Rodgers, deux composition d'Irving Berlin (My Walking Stick et Marie) et pas mal d'obscures petites merveilles mises en musique avec une digne économie d'effets et un détachement sarcastique tout à fait réjouissant du vocaliste moustachu. Et un swing d'hier toujours aussi gouteux aujourd'hui d'autant que les musiciens, on citera au hasard le batteur Steve Gadd, qui, pour tenus qu'ils soient par des arrangements minimalistes et voulus comme tels, n'oublie pas d'exprimer leur talent de performers sans toutefois trop en rajouter puisque ce ne serait pas, présentement, de bon gout.

Considéré par beaucoup comme son album le plus essentiel, ce qu'il est probablement rangé à côté d'un Sugar et d'un Double Time, On the Track est une tonitruante entrée en matière. Tonitruante par sa qualité puisque, vous l'aurez compris, il est cool, Leon.

Leon Redbone - vocals, guitar, harmonica
Phil Bodner - saxophone
Patti Bown - piano
Garnett Brown - trombone
Jonathan Dorn - tuba
Steve Gadd - drums
Emanuel Green - violin
Milt Hinton - bass guitar
Leo Kahn - violin
Ralph MacDonald - percussion, castanets
Charles Macey - guitar
Don McLean - banjo
Gene Orloff - violin
Seldon Powell - saxophone
Billy Slapin - clarinet
Joe Venuti - violin
Joe Wilder - trumpet, cornet


Appalachian Incantation
Appalachian Incantation
Prix : EUR 20,75

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'usine à riff du stoner rock, 18 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Appalachian Incantation (CD)
S'il y a un style musical qui se prête au randonnées motorisées dans les grands espaces nord-américains, c'est bien le stoner rock, hybride psychédélique de rifferies hard rock early-seventisantes et d'énergie contemporaine. Trop souvent, hélas, il y a un chanteur qui vient parasiter le cocktail électriques de ses insupportables éructations, problème qui ne se pose pas avec les excellents ouest-virginiens de Karma to Burn.

Le choix du (presque) tout artistique n'est pas chez eux un pis-aller mais bien une décision artistique mûrement réfléchie qui leur occasionna d'ailleurs de se voir remercier par le label américano-batavo-nippon Roadrunner Records, non sans s'être d'abord laissés convaincre d'engager un vocaliste avant de bientôt le remercier pour revenir à leur formule originelle. Grand bien leur en prit tant l'art du "riff à rouler" est hardiment maîtrisé par ces trois preux chevaliers gavés d'électricité et de poussière. C'est particulièrement évident sur ce 4ème album, le troisième dans la présente formule donc, et encore plus dans la présente édition supplémentée du délicieux EP, Cat Got Our Tongue.
Comme à leur habitude, Mecum, Mullins et Oswald ne se prennent pas le chou à chercher des titres à leurs pièces, ils les numérotent ! Ca permet, l'air de rien, de juger de l'âge de ladite composition et d'ainsi définir que si Appalachian Incantation se constitue de matériau récent (outre un Twenty-Four qui doit tourner depuis longtemps dans les doigts), le EP propose un retour sur des temps plus anciens quoique les enregistrements soient modernes (de 2009 comme l'album). Musicalement, si l'immense majorité des titre est instrumentale, ce n'est pas pour autant qu'il ne s'agisse pas de vraies chansons parce qu'ici la guitare, soutenue par une solidissime section rythmique, a autant le rôle d'usine à riff (ce qu'elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'enthousiasme) mais aussi celui de créateur mélodique qu'aurait habituellement le chant. Comme William Mecum, guitariste du trio, est un inventeur, adaptateur, recycleur hors pair de riffs et un soliste pas manchot, comme en plus le dynamisme général d'une musique parfaitement produite contribue à écarter tout risque de manque d'expression vocale, on est facilement emporté, dodelinant du chef et s'imaginant, cheveux au vent (pour ceux qui en ont encore !) chevauchant fièrement une grosse cylindrée à deux roues, une jolie blonde aux formes généreuses en croupe.
Comme si ça ne suffisait pas, En cerise sur un gâteau pourtant déjà fort alléchant, nous avons le droit à deux "vraies" chansons. Une sur l'album, avec le vocaliste de Year Long Disaster, le possédé Daniel Davies, l'autre sur Cat Got Our Tongue avec le légendaire John Garcia (Kyuss, Hermano, Slo-Burn, etc.), toutes les deux très bonnes et, pour le coup, bienvenues en variatrices d'ambiances de première bourre.

Depuis leur mue instrumentale, chaque album de Karma to Burn mérite l'attention des amateurs de rock gras, costaud mais pas sans finesse, Appalachian Incantations ne fait en aucun cas exception et, même, dans cette version si glorieusement bonussée, mérite la priorité parce que, au risque de me répéter, si vous aimez la guitare qui riffe d'aise, les experts sont bel et bien là.

1. Forty-Four 5:11
2. Forty-Two 3:58
3. Forty-One 4:57
4. Forty-Six 3:13
5. Waiting on the Western World 5:42
6. Forty-Three 4:43
7. Forty-Five 6:36
8. Twenty-Four 3:44

Cat Got Our Tongue EP,
Limited Edition bonus disc
1. Two Times (featuring John Garcia) 4:53
2. Fourteen 5:05
3. Ten 2:55
4. Thirteen 4:16
5. Six 3:51
6. Twenty (2009 Re-recording) 3:33
7. Thirty (2009 Re-recording) 3:36

William Mecum - guitar
Rich Mullins - bass
Rob Oswald - drums
&
Daniel Davies - vocals (Waiting on the Western World)
John Garcia - vocals (Two Times)


Against The Grain
Against The Grain
Prix : EUR 9,43

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bon grain !, 17 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Against The Grain (CD)
Vous roulez peinard sur une large route rectiligne cernée de paysages désertiques, Rory Gallagher tonne dans le sound system et c'est bon.

Oui, il y a comme une errance, comme une pulsion nomadique dans le blues rock de l'irlandais. Ca sent la route, la sueur, le sang, la galère et les petits triomphes, tout ce qu'à connu Rory en fait.
Ca donne un paquet de chansons succulentes à commencer par le boogie plein d'allant d'ouverture, Let Me In, parsemé des performances guitaristiques pleines d'âme du lumineux père Gallagher pour qui même Hendrix ne tarissait pas de louanges. Passé le morceau d'ouverture, une bombe soit dit en passant, il y a d'excellentes choses et pas mal de variété sur Against the Grain. Du beat blues (Cross Me Off Your List), de la belle ballade électroacoustique (Ain't Too Good), du furieux shufflin' blues (Souped-Up Ford), de l'up-tempo "badaboumant" plein de sève (I Take What I Want), du gros blues binaire au piano western (All Around Man), de la splendeur folk acoustique (Out on the Western Plain), au country-blues final de l'album d'origine (At the Bottom), et à deux bonus absolument essentiels, une fois n'est pas coutume, Rory fait le métier, déroule tout le spectre de ses capacités instrumentales et compositionnelles, avec une classe folle évidemment !
Parce qu'en 1975, Gallagher est certes un professionnel roué, quelques années en leader du power trio Taste et quatre précédents albums solo studio ayant fait leur aeuvre, mais toujours aussi inspiré et investi qu'en ses premières heures. Il aime ça le bougre, et il faut dire que, secondé par un quatuor désormais bien installé, celui-là même qui ravage tout sur le fameux Irish Tour de 1974, il a l'écrin idéal pour poser sa voix, faire pleurer ou frétiller les six cordes de sa vieille Stratocaster élimée.

Certains vous diront que Rory est déjà en phase d'essoufflement sur Against the Grain, que ses plus belles années sont derrière lui. Ne les croyez surtout pas ! Car on tient ici un fameux album de blues rock d'un fameux interprète de la chose. Garanti sur facture, satisfait ou remboursé !

Rory Gallagher - guitars, vocals
Gerry McAvoy - bass guitar
Lou Martin - keyboards
Rod de'Ath - drums, percussion


Granicus + (Digipak)
Granicus + (Digipak)
Proposé par music-discount
Prix : EUR 14,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Trésor caché, 17 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Granicus + (Digipak) (CD)
Pour cette escapade dans les méandres de la musique perdue mais pas pour tout le monde, nous reviendrons jusqu'en 1973 pour savourer l'unique album des Américains de Granicus.

Au programme, du hard rock racé et fin qui n'est pas sans rappeler Led Zeppelin tout en gardant, et c'est heureux, sa propre personnalité. Une pincée de psychedelisme et un brin de heavy prog sont venus s'ajouter à la sauce pour épicer convenablement le plat et, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auditeur se régale !

Alors, qu'a-t'il manqué à Granicus pour décrocher le jackpot qui leur semblait tout promis ? De chance sans aucun doute. Car, enfin, quand on voit le nombre de groupes plus ou moins patauds qui ont réussi, bon-an mal-an, à se faire un nom et qu'on écoute, en 2014, d'illustres inconnus perdus dans les limbes du plus complet anonymat leur damer le pion avec une telle facilité... C'est surprenant.

Et donc, vous qui aimez Uriah Heep, Mountain, Deep Purple, Black Sabbath, Led Zeppelin, etc.; n'hésitez plus, ruez vous sur cet éponyme chef d'oeuvre !

Line-up:
Woody Leffel: acoustic guitars, vocals
Wayne Anderson: lead guitar
Al Pinelli: rhythm guitar
Dale Bedford: bass
Joe Battaglia: drums

Track List:
1. You're in America 4:07
2. Bad Talk 2:49
3. Twilight 3:25
4. Prayer 11:06
5. Cleveland Ohio 3:30
6. Nightmare 8:21
7. When You're Movin 3:19
8. Paradise 7:14


Love & Desperation
Love & Desperation
Proposé par Skyvo Direct
Prix : EUR 15,86

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Rockin' apple, 16 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Love & Desperation (CD)
Si la pochette est un évident hommage au Country Life de Roxy Music, la musique de ce side-project comprenant le Dinosaur Jr. en chef, J Mascis, n'a pas grand chose à voir avec le tour de force Art Glam de Bryan Ferry & Co

Comprenant J Mascis, de Sweet Apple, ce n'est pas lui le leader, la tâche incombant à John Petkovic connu, dans l'underground, pour sa participation à deux formations de qualité, Cobra Verde et Death of Samantha).
Musicalement, c'est de bon gros rock bien gras dont il s'agit, avec des riffs un poil sudistes, des rythmes lourds mais entraînants, des vocaux mâles et pas affectés pour deux sous, du bon boulot qu'on s'imagine bien écouter en roulant sur une highway poussiéreuse en dodelinant joyeusement du chef. Ben oui, quoi, Sweet Apple ne se complique pas la tâche, pratique les choses simples pour un bonheur qui l'est autant.
Evidemment, comme on est tout de même chez Tee Pee Records (maison des excellentissimes Ancestors), c'est le versant musclé, (light) stoner-compatible, de la chose qui est exposé ici avec tout de même quelques jolis apaisements. En effeuillant le catalogue, on remarquera Do You Remember qui rappellera les exactions électriques des sympathiques Foo Fighters, Flying Up a Mountain et ses atours Hendrixiens pas désagréables, It's Over Now qui est une jolie power ballad bluesy à l'ancienne, Somebody Else's Problems recyclant sans vergogne les Rolling Stones du début des 70s... Dérivatif ? Certes mais bien troussé. Et il y a même de vraies surprises comme un Dead Moon planant, entre Eels et feu-Grandaddy ou Hold Me I'm Dying, un shuffle-rocker vraiment très réussi et réellement entraînant.
Et tout ça tient en 39 petites minutes, sans vrai temps mort, sans grosse faute de gout... Mais avec, reconnaissons-le, un enthousiasme généralement modéré, sauf pour les deux hightlights précités.

Evidemment, ceux qui auront approché l'album à cause de sa pochette devront faire preuve d'ouverture d'esprit pour gouter ce rock'n'roll costaud. On est très loin des élans de génie de Country Life et du style de Roxy Music, aussi. Reste que ce premier Sweet Apple, un nouveau est en préparation, s'ingère facilement et, s'il ne laisse que peu de traces (mais des belles !), il ne laisse pas non plus de mauvais souvenir. Un bon album, donc, à défaut de plus, en attendant la suite.

John Petkovic - Guitar, Percussion, Synthesizer, Vocals
J Mascis - Drums, Guitar, Vocals
Tim Parnin - Guitar, Percussion, Vocals
Michael Seifert - Bass, Drums, Guitar, Percussion, Piano, Synthesizer
Dave Sweetapple - Bass, Percussion, Vocals
Chuck Mosley - Handclapping

3,5/5


Country Life
Country Life
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 3,77

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 So much Art in the Glam, 16 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Country Life (CD)
Roxy Music, Country Life. Bien sûr, il y a la pochette controversée et, dans certains pays, censurée, elle n'est pourtant pas plus choquante que la majorité des pubs de sous-vêtements régulièrement affichées dans les abribus ou qu'un paquet de spots pour yaourt où il semble toujours devoir y avoir une demoiselle en tenue légère dégustant goulument la claire et crémeuse substance (...n'est-ce pas ?!) Il y a surtout la musique du second album du groupe de Glam Prog sans Eno, parti sans laisser d'adresse.

Glam Prog donc. Drôle d'alliance vous me direz et vous n'aurez pas tout à fait tort. Eno parti, Ferry, Manzanera & Co se laissent aller à leurs élans naturels et glamourisent l'art rock originel du combo. C'était déjà le cas sur leur précédent, Stranded, mais le fruit n'en était pas encore arrivé à maturation. C'est, cette fois, chose faite avec, qui plus est, une sélection de chansons assez implacable dans son genre.
Ca commence par The Thrill of It All où on a l'impression de retrouver Ziggy et ses Spiders from Mars passés au philtre soul d'un Phil Spector. Ca continue avec le cabaret pop de Three and Nine, le rock presque frontal de All I Want Is You, le glam rock emphatique d'Out of the Blue, le rock blues fiftisant d'If It Takes All Night, l'arty et schizophrène Bitter-Sweet et son teuton décrochage Weilien, et le reste !, bref, aucun faux pas même si j'aime un poil moins le dernier titre, Prairie Rose qui fait à mon avis un peu trop figure d'un All I Want Is You sans en avoir le souffle, un tout petit coup de mou en fin de course, ça arrive.
Donc, sur Country Life, il y a de la variété, de l'art dans la manière aussi parce que Phil Manzanera est un guitariste rare, discret mais, à l'écoute attentive, précieux et omniprésent enluminant de moult licks, riffs et soli cette musique à la fois prospective et efficace. Il y a aussi Edwin Jobson qui, aux claviers et aux cordes, habille les climats, enrichit les ambiances de ses trouvailles mélodiques et formelles. Il y a, bien sûr, Bryan Ferry, vocaliste au spectre limité mais à la théâtralité et la faconde mélodique joliment développées. Et on n'oubliera pas les autres, Andy Mackay au hautbois et au saxophone, John Gustafson et Phil Thompson, respectivement bassiste et batteur du présent exercice parce que tous, TOUS !, font un excellent boulot et contribuent à la superbe d'une galette suprêmement inspirée, bénie des dieux.
Et puis la production est bonne, un petit peu étriquée, serrée, on aimerait plus de largeur pour mettre encore mieux en valeur la portée épique des compositions. Assumée conjointement par le groupe et John Punter (qui collaborera régulièrement avec Slade au début des 80s) elle est typique de son époque et des méthodes d'alors où il n'y avait pas de temps à perdre mais des artisans talentueux tout de même. Donc, fondamentalement, rien à dire, ça sonne comme ça (même si ça aurait pu, donc, sonner encore mieux).

Pour beaucoup, la période la plus intouchable, celle approchant la perfection de Roxy Music est celle avec Brian Eno, une assertion devant laquelle je m'inscris en faux parce que, si les deux albums de l'ère en question sont en effet de belle qualité et ne sauraient en aucun cas être démis d'un revers de main, c'est la période qui suit, et plus particulièrement ce Country Life en état de grâce, compromis réussi de recherche musicale et d'efficacité compositionnelle, qui constitue leur plus belle réussite. Essentiel, donc. Eternel, aussi. Immanquable !

Bryan Ferry - vocals, keyboards, harmonica
John Gustafson - bass
Edwin Jobson - strings, synthesiser, keyboards
Andrew Mackay - oboe, saxophone
Phil Manzanera - guitar
Paul Thompson - drums


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