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YN

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Vanina vanini
Vanina vanini
par Stendhal
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

5.0 étoiles sur 5 Petit chef-d'œuvre romanesque et moderne, 25 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vanina vanini (Poche)
Dans le contexte politico-historique des débuts du carbonarisme en Italie, l'histoire d'amour entre Vanina, une jeune aristocrate romanesque et orgueilleuse, et Pietro, un jeune carbonaro modeste et patriote. Petit concentré de l'œuvre de Stendhal (on pense au Rouge et le Noir et à la Chartreuse de Parme, sur le fond comme sur la forme), c'est une nouvelle exemplaire sur la jalousie d'une femme pour une idée, celle qui meut avant tout Pietro. En quelques dizaines de pages, Stendhal traite des thèmes du culte de l'individu et de la passion, de l'exaltation d'une nation et du patriotisme, de la révolution, de la liberté, de la trahison, du mystère, de la transgression, de l'orgueil et de la souffrance. Un texte court qui peut être rapproché des grandes nouvelles du XIXe siècle que sont "La Vénus d'Ille", "Colomba" et "Carmen" de Prosper Mérimée, "Boule de suif" et "La maison Tellier" de Guy de Maupassant, et "Claude Gueux" de Victor Hugo.


The Curmudgeon's Guide to Getting Ahead: Dos and Don'ts of Right Behavior, Tough Thinking, Clear Writing, and Living a Good Life
The Curmudgeon's Guide to Getting Ahead: Dos and Don'ts of Right Behavior, Tough Thinking, Clear Writing, and Living a Good Life
Prix : EUR 7,49

4.0 étoiles sur 5 Conseils d'un septuagénaire à des vingtenaires, 27 avril 2014
Charles Murray, politologue libéral âgé de 70 ans au moment de la rédaction de l'introduction de ce livre, propose à son lecteur un ensemble de conseils. Bien que le livre puisse être lu par quiconque, le lecteur visé principalement est un étudiant plutôt brillant, bien informé et mature qui termine bientôt ou vient de terminer ses études supérieures et qui s'apprête à travailler prochainement dans une entreprise privée tout en entrant pleinement dans la vie adulte. Un lecteur qui, par ailleurs, désire faire carrière tout en souhaitant être, disons, quelqu'un de bien dans la vie ("a good person") et quelqu'un d'heureux. Murray déroule sa liste autour de quatre thèmes principaux : la manière (définie au sens large) de se présenter au travail, la manière de bien réfléchir et (spécialement pour les anglophones) de bien rédiger, la formation de qui l'on est, et la poursuite du bonheur. Si vous avez parmi vos proches une personne ayant le profil du lecteur visé, n'hésitez pas. Cette dernière lèvera probablement les yeux au ciel plus d'une fois à la lecture de ces conseils en partie traditionnels voire surannés mais ils sont bien plus profonds qu'ils ne paraissent à première vue.


Prohibitions
Prohibitions
par François Monti
Edition : Broché
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sur les méfaits de la prohibition d'alcools, 6 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prohibitions (Broché)
Si vous appréciez de boire du vin, de la bière, des spiritueux ou d'autres alcools et si vous êtes par ailleurs plus ou moins atterré(e) par le degré actuel d'intervention des pouvoirs publics dans les marchés de ces produits -- ou autrement, et si vous n'avez cure de ce degré d'intervention --, ce petit livre est pour vous. Dans un cas comme dans l'autre, il vous permettra d'apprendre que, dans ce domaine, l'immixtion des pouvoirs publics et ses effets pervers -- avec toute la panoplie (taxes, lois spécifiques, interdictions, faillites d'entreprises, quotas, licences obligatoires, protectionnisme, répression, délation, lobbying, corruption, marché parallèle, marché noir, produits de moindre qualité et conséquences sanitaires, crime organisé, etc.) -- ne datent pas d'hier, avec la présentation de trois cas historiques de prohibition : le gin au Royaume-Uni au XVIIIe siècle, l'absinthe en France à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, et l'alcool aux États-Unis au début du XXe siècle. La méthode de l'auteur est plutôt unilatérale ("one-sided"), vise clairement à dénoncer les méfaits de l'intervention publique en la matière et traite peu des effets positifs éventuels de cette intervention. Ce n'est pas forcément regrettable.


Philly '76
Philly '76
Proposé par inandout_france
Prix : EUR 65,69

4.0 étoiles sur 5 Concert de 1976, inédit et remarquable, avec une formation atypique, 17 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Philly '76 (CD)
Le singulier Frank Zappa (voix et guitare) en concert à Philadelphie fin octobre 1976, entouré de Terry Bozzio (batterie et voix, impressionnant aux baguettes...), Patrick O’Hearn (basse et voix), Eddie Jobson (claviers et violon), Ray White (voix, guitare et quelques percussions) et -- chose rare -- Lady Bianca (Odin) (voix et claviers). Avec un son plutôt bon, c’est un concert inédit remarquable sorti en décembre 2009, après le décès du compositeur américain (le titre "Wind Up Workin’ In A Gas Station" était sorti en 1992 dans le sixième volume de la série des albums You Can’t Do That On Stage Anymore et je me demande si le titre "Tryin’ To Grow A Chin" n’a pas été repris dans l’album Sheik Yerbouti sorti en 1979). L’un des intérêts de ce concert enregistré est la présence de la chanteuse Lady Bianca, une rareté dans les nombreux ensembles musicaux qui ont tourné avec Zappa. Elle apporte une couleur musicale clairement appréciable à l’écoute (en outre, est-ce elle qui hurle et gémit pendant le solo de guitare de "The Torture Never Stops" ou bien une bande qui tourne ?!). Parmi les autres intérêts, on trouve un Zappa en grande forme, une "Poodle Lecture", une version première et originale du titre "Titties & Beer" au titre différent et avec quelques paroles supplémentaires (disparues par la suite), une version excellente de "Black Napkins" avec solos de Lady Bianca (voix sans texte), Jobson (violon), White puis Zappa (guitare), une panne de courant pour le bassiste en plein solo, une petite série enthousiaste et enthousiasmante de compositions de Zappa sorties au début des années 1970, une reprise du titre "Stranded In The Jungle" sorti aux États-Unis en 1956, et une courte "audience participation". (Pour information, ce double CD vous coûtera moins de 35 €, tout compris, en passant par le site Zappa.com.)


Hayek's The Road to Serfdom: A Brief Introduction
Hayek's The Road to Serfdom: A Brief Introduction
Prix : EUR 2,26

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une bonne introduction à la Route de la servitude, 18 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hayek's The Road to Serfdom: A Brief Introduction (Format Kindle)
C'est une introduction courte remarquable à la Route de la servitude, rédigée par l'un des meilleurs spécialistes des travaux de Friedrich Hayek. Il s'agit d'une reproduction de l'introduction qu'on trouve dans le deuxième volume édité en 2007 par Bruce Caldwell des Collected Works of F. A. Hayek (presses universitaires de Chicago). Pour des raisons qu'on devine dans cet essai, Caldwell n'offre pas un résumé ou une synthèse du livre le plus connu de Hayek, qualifié de "grand livre" par John Maynard Keynes. Caldwell propose d'abord, et avec à-propos, des éléments de contexte historique des années antérieures à la publication en 1944 du livre (situation britannique, socialisme, nazisme, effort de guerre...) puis il explique les difficultés rencontrées par Hayek pour trouver un éditeur américain avant de décrire la montée progressive en notoriété du livre devenu une icône culturelle. Caldwell termine sur des éléments de réponse bien vus aux principales critiques faites à la Route de la servitude avant de traiter de sa pertinence continue. On appréciera en particulier les éléments de réponse proposés par Caldwell à la critique, erronée précisément, selon laquelle Hayek affirme dans son livre qu'une fois qu'une société a commencé à s'engager sur la voie du planisme, elle est condamnée inévitablement à finir dans un état totalitaire. La lecture de ce petit livre est recommandée à toute personne sérieuse qui étudie la société.


L'économie du spectacle vivant
L'économie du spectacle vivant
par Isabelle Barbéris
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Des non-économistes qui parlent d'économie ?, 5 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'économie du spectacle vivant (Poche)
Malgré ses éléments instructifs (du moins, pour moi), la lecture de cet ouvrage laisse sceptique et frustré à différents endroits. Pour un "Que sais-je ?" publié par un éditeur universitaire dont la première page titre "Économie du spectacle vivant", on se demande en particulier si les deux auteurs sont bien économistes de formation et chercheurs sous cette casquette.

Cela commence avec l'avant-propos dans lequel les auteurs essaient d'expliquer pourquoi le spectacle vivant est, soi-disant, difficile à "intégrer [...] au champ de l'économie". Ils prennent ici comme référence Adam Smith et son ouvrage célèbre sur la richesse des nations. Pourtant, ce que les économistes appellent les "compensating wage differentials", et dont bénéficiaient, à ce qu'en dit Smith, les artistes de spectacle en raison du discrédit qui pesait apparemment sur eux à la fin du XVIIIe siècle, n'ont aucune difficulté à s'"intégrer [...] au champ de l'économie". C'est simplement une manière de rémunérer l'offre de travail. De même, la représentation d'un spectacle sur scène, lorsqu'elle est considérée comme un "bien intangible", un "service immatériel" ou un "travail improductif", n'a aucune difficulté à être analysée avec la boîte à outils des économistes. Du moment qu'elle produit de l'utilité pour au moins un agent économique, elle a une valeur économique et peut dès lors, et contrairement à ce que dit la page 5 de l'ouvrage, être "rentable" ou "profitable". De plus, contrairement à ce que dit toujours la page 5, c'est parce que cette représentation apporte de l'utilité à au moins un agent économique national qu'elle contribue "à la richesse de la nation". Pour finir sur l'avant-propos, les externalités attribuables aux spectacles produits sur scène n'ont, là encore, aucune difficulté à s'"intégrer [...] au champ de l'économie", même pour les économistes libéraux. Bien entendu, parler de telles externalités ne prouve pas leur existence concrète ni surtout leur ampleur réelle relativement aux nombreuses sources d'externalités potentielles des économies de marché (où sont cités les nombreux articles académiques de qualité qui en feraient un fait stylisé peu discutable ?). Bref, ça démarre assez mal et, contrairement à ce que dit la page 9 de l'introduction, le spectacle vivant -- qui n'est pas la seule industrie à production fortement différentiée et risquée, avec une telle structure de coûts et connaissant une demande élastique -- n'a rien de "hautement problématique pour la théorie économique". Et notons bien que l'épineux régime d'indemnisation chômage des "intermittents du spectacle" ainsi que le (trop ?) "haut niveau d'offre culturelle" "frappant la France" (car trop subventionnée ?) trouvent d'abord leur source dans l'intervention publique, pas dans le fonctionnement économique de l'industrie en question. Du coup, on ne partage pas l'avis des auteurs lorsqu'ils affirment dans leur introduction que le spectacle vivant est, économiquement, exceptionnel ou spécifique.

Passant au chapitre I, on reste sceptique sur la maîtrise par les auteurs d'un autre outil de l'analyse économique. Page 35, on apprend que, après la Seconde Guerre mondiale, en France, le "spectacle apparaît [...] sous les traits d'un "bien collectif", dont nul ne doit être écarté (non-exclusion) et auquel chacun doit pouvoir avoir accès sans léser quiconque (non-rivalité) : il relève d'une régulation et d'une réglementation étatique". Le doute porte ici sur la compréhension de l'outil. Un bien économique ne devient pas un bien collectif, en raison d'une intervention publique à un moment donné -- sous-entendu, il ne l'était pas avant, il l'est maintenant. Il l'est intrinsèquement, en soi, avant toute intervention publique, et n'a d'ailleurs bien souvent pas besoin de cette dernière pour être produit et financé par le marché ou par le don privé. En soi, la représentation sur scène d'un spectacle à cette époque, et comme aujourd'hui, correspond d'ailleurs assez mal à un bien collectif car il est tout à fait possible d'en exclure l'accès (il n'y a donc pas non-exclusion) et la rivalité en consommation apparaît dès que la jauge est dépassée (à partir de là, il n'y a donc pas non-rivalité en consommation). On se demande ainsi si les auteurs ont compris ce qu'est un "bien collectif" et surtout s'ils utilisent l'outil adroitement, sans induire le lecteur en erreur. Utiliser ici de manière normative (plutôt que positive, comme il le faudrait au départ) la caractéristique de bien collectif en usant des expressions "nul ne doit être écarté" et "chacun doit pouvoir avoir accès sans léser quiconque" envoie, en tout cas, un mauvais signal.

Pour continuer, le chapitre II décrit l'infrastructure française et parle de "monopoles quasi naturels", mais sans faire référence à ce qu'entendent les économistes par "monopole naturel" (voir aussi la page 89 du chapitre IV), ce qui peut tromper le lecteur. Malgré un regret sur la disparition du réseau théâtral qui a pu révéler Samuel Beckett ou Eugène Ionesco, on attend en vain une analyse économique sur les raisons pour lesquelles l'ancien "théâtre indépendant" qu'est aujourd'hui le "théâtre privé" n'a pas connu en France au cours des dernières décennies un degré satisfaisant de développement et de diffusion sur tout le territoire national. Pourtant, la dernière ligne du tableau 1, où sont mis côte à côte, en matière de subventions publiques annuelles, 2,1 milliards d'euros (et non 21, coquille probable) contre 16,5 millions euros, offre un indice : celui d'une domination particulièrement confortable des "théâtres publics" en France (car largement dégagés de la sanction du marché grâce au contribuable) face à une concurrence plutôt dérisoire et vaine des autres théâtres. Indice conforté par la deuxième ligne du même tableau qui indique au lecteur possiblement stupéfait que les recettes de billetterie des "théâtres publics" ne couvrent environ que "20 % du coût global" de production, ainsi que par l'avant-dernière phrase de l'encadré 4 (qui ne sait d'ailleurs pas à quoi correspond une "grande" élasticité de la "fréquentation") qui indique qu'en 2001-2002, pour les "théâtres nationaux", "la contribution de l'État par spectateur s'élève à 85 [euros] en moyenne". Un tel contexte, pour décrire l'infrastructure française, pousse à préférer le qualificatif d'"économie publique" ou d'"économie subventionnée" (par ailleurs, et paradoxalement, caractérisée par un degré fort de concurrence dû, précisément, au contexte de forte intervention publique) au qualificatif utilisé plus haut dans l'ouvrage d'"économie mixte".

Pour poursuivre, le chapitre III débute avec la "loi de Wagner" et on se demande à quoi sert la section qui lui est consacrée. Puis il parle de "croissance inégale" au lieu de parler de croissance déséquilibrée. Puis, dans le cadre du modèle de la "maladie des coûts", une "croissance économique globale" "nulle" est évoquée en bout de processus alors que l'économiste William Baumol, dans ses publications sur le sujet, a proposé des raisons à la fois théoriques et empiriques assez convaincantes au fait de rester optimiste sur les conséquences de son modèle avec, sur longue période, un développement continu de gains de productivité dans les secteurs dits productifs qui bénéficie à celui des secteurs dits non productifs et ce, sans "menacer la croissance" ou sans "processus de dégradation progressive de la croissance". Puis, page 69, toujours sur la maladie des coûts, "dans un modèle de concurrence pure et parfaite", il est affirmé que "le spectacle vivant n'est en mesure de capter ni le surplus des producteurs", "ni le surplus des consommateurs". Qui capte le premier alors ?! Ensuite, page 75 (et aussi page 82), le chapitre parle, pour "l'économie festivalière", d'"externalités positives du spectacle vivant en termes de retombées touristiques" alors que ces retombées ne correspondent pas à ce qu'entendent les économistes publics par externalités (défaillances de marché). Puis, page 77, le modèle de la maladie des coûts est qualifié de "réducteur" pour plusieurs raisons alors que, par définition, un modèle économique -- qui isole seulement les facteurs et relations les plus essentiels de manière à étudier le point crucial d'un problème, libre des nombreuses complications qui existent dans le monde réel -- est délibérément réducteur. Et la page suivante parle de "zones d'ombre" (pour un modèle théorique qui, justement, précise toutes ses hypothèses, comment est-ce possible ?!) et de "points aveugles" alors que les exemples donnés (artisanat, coiffure, etc.) suffisent à comprendre que le modèle de Baumol ne fournit tout simplement pas de justification économique à la subvention publique -- comme, d'ailleurs, Baumol l'a dit lui-même. La page 79 parle enfin d'"oligopole à frange" mais, semble-t-il, négativement alors que cette structure de marché caractérise toutes les industries dites culturelles et ce, économiquement, de manière naturelle (elles ne se structurent pas ainsi de manière "malveillante") et au bénéfice du consommateur (il est heureux pour lui que l'innovation créative soit, précisément, laissée à la frange concurrentielle, au bénéfice d'un renouvellement créatif satisfaisant).

Pour accroître le scepticisme et la frustration, on regrette aussi que le chapitre IV n'offre pas une analyse économique explicative un peu développée de l'évolution du marché du travail concerné (intermittents du spectacle). Pourtant, dans le contexte d'un important soutien public local, national et supranational, les outils standards de la théorie des contrats (information imparfaite, aléa moral, antisélection, etc.) -- plus globalement de l'économie du travail -- peuvent clairement être mobilisés ici. Et l'on n'est pas convaincu par les questions posées pages 97-98 en réponse à l'argument présenté comme "idéologiquement" non "neutre" associant le régime (unique au monde) d'assurance-chômage des intermittents du spectacle à une "subvention cachée", notamment parce que ces questions n'apparaissent pas très neutres "idéologiquement", en plus de ne pas rappeler que la solidarité interprofessionnelle est telle que les cotisations chômage des non-intermittents du spectacle financent aujourd'hui les sept huitièmes (plus de 87 %) des allocations chômage des intermittents du spectacle.

Quant au chapitre V et la conclusion, dont le contenu est bien éloigné d'une analyse économique standard (voir la question posée dans le titre du commentaire client que vous lisez), on ne comprend pas bien l'utilisation du concept de "destruction créatrice", associé à l'économiste Joseph Schumpeter, pour qualifier l'innovation dans le spectacle vivant. Au-delà de l'unicité intrinsèque de chaque représentation ou interprétation devant un public chaque fois différent, les anciens produits -- riches des indications d'interprétation précisées par l'auteur ou le compositeur pour les partitions, les textes dramatiques et chorégraphiques ou encore les numéros de cirque ou de magie -- ne sont pas détruits par les nouveaux produits ; ils sont plutôt conservés par accumulation et par transmission au cours des années de formation et d'apprentissage des artistes interprètes. De même, dans la conclusion, on ne comprend pas ce que sont des "indicateurs économétriques [qui] sont dans le rouge" (sic).

Globalement, et curieusement, le contenu de cet ouvrage est éloigné d'une analyse économique de l'industrie du spectacle vivant, une analyse qui, comme c'est le cas pour toute autre industrie, mobiliserait principalement les outils standards de la boîte à outils des économistes, en produisant et en renvoyant à des résultats fondés sur des modélisations théoriques et des tests empiriques. On pense plus particulièrement aux outils de la microéconomie, de l'économie du travail, de la théorie des contrats, de l'analyse économique du droit, de l'économie du bien-être ainsi qu'aux outils de l'économie publique, étant donnée l'importance de l'intervention publique dans cette industrie en France. C'est dommage.


L'été avec Montaigne
L'été avec Montaigne
par Antoine Compagnon
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

13 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Montaigne, un libéral, semble-t-il..., 25 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'été avec Montaigne (Broché)
Bien que je n'aie jamais lu les Essais de Montaigne, c'est, malgré des chapitres trop courts et insuffisamment approfondis à mon goût, une petite introduction agréable à lire et accessible à son célèbre ouvrage, à son originalité, sa "richesse", sa "diversité", son "épaisseur historique" et sa "portée actuelle". Je l'ai lu pour voir si l'on y trouve quelques indices confortant l'affirmation lue ailleurs que Montaigne était un libéral (à ce sujet, Antoine Compagnon qualifie Montaigne, extérieurement à tout le moins, de "libéral", au chapitre 2, et parle explicitement au chapitre 22 du "libéralisme de Montaigne" en matière d'enseignement, concernant le "débat sur la mission de l'école"). On trouve quelques indices. À partir de l'interprétation des Essais que propose Compagnon, on apprend en effet :
- que Montaigne ne s'est jamais résolu au machiavélisme '"qui autorise à mentir, à trahir sa parole, à tuer, au nom de l'intérêt de l'État, pour assurer sa stabilité, conçue comme le bien suprême" ; pour Montaigne, "la fin ne justifie pas les moyens, et il n'est jamais prêt à sacrifier la morale privée à la raison d'État" ; et, en tant qu'homme public, comme il l'a été, "la fidélité à sa parole" "est une conduite bien plus payante" que celle consistant à tromper et être hypocrite (rappelons que, pour la tradition libérale, honorer ou tenir ses promesses est l'un des devoirs principaux que les individus ont les uns envers les autres) ;
- que Montaigne fut sensible à l'"absurdité", bien observée par les trois "Indiens" venus à Rouen pour être présentés à Charles IX, qu'est la "servitude volontaire" dénoncée par Étienne de La Boétie dans son fameux "plaidoyer pour la liberté contre les tyrans", plaidoyer pour lequel La Boétie est considéré comme l'un des premiers philosophes politiques libéraux et que Montaigne voulait placer au "plus bel endroit" du premier livre de ses Essais, celui conçu comme un "monument à l'ami disparu" ;
- que pour Montaigne, la "colonisation de l'Amérique ne présage rien de bon, car le Vieux Monde corrompra le Nouveau Monde", Montaigne pouvant ici être considéré comme "l'un des premiers censeurs du colonialisme" (historiquement, la plupart des libéraux ont été de farouches opposants au colonialisme) ;
- que pour Montaigne, "il n'y a pas de bien supérieur à la liberté" ;
- que "Montaigne hait l'autorité", ce qui peut caractériser, plus ou moins, nombre de libéraux ;
- qu'en matière religieuse, "tôt dans le XVIIe siècle, on vit en [Montaigne] un précurseurs des libertins, les libres penseurs qui annoncèrent les Lumières" ;
- que Montaigne, enfin, à lire d'autres passages du petit livre de Compagnon, défendait, semble-t-il, le primat de l'individu, s'élevait contre toute forme de cruauté (dont la torture) et prônait la tolérance, d'autres valeurs chères aux libéraux.


Mosaic
Mosaic
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 12,64

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Intemporel, 23 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mosaic (CD)
Le batteur Art Blakey s'est entouré de cinq messagers du jazz illustres (J. Merritt à la contrebasse, C. Walton au piano, Fr. Hubbard à la trompette, W. Shorter au saxophone ténor et C. Fuller au trombone) pour produire ce superbe album de jazz version "hard bop" ou "straight-ahead jazz", enregistré fin 1960 et sorti en 1961 chez Blue Note. C'est un ensemble particulièrement varié de belles compositions toutes plus ou moins devenues des standards, d'arrangements remarquables (les deux cuivres en fond pendant que le troisième fait son solo, comme une sorte de petit big band !), de solos inspirés, avec un Art Blakey tout en swing, puissance et relance. Impossible de ne pas taper du pied ou de claquer des doigts à l'écoute ! Une perle.


Hypocrites & Half-Wits: A Daily Dose of Sanity from Cafe Hayek (English Edition)
Hypocrites & Half-Wits: A Daily Dose of Sanity from Cafe Hayek (English Edition)
Prix : EUR 8,19

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pénétrant, 1 septembre 2012
L'économiste libéral américain Donald J. Boudreaux propose un florilège des très nombreuses lettres qu'il a envoyées depuis des années (et qu'il envoie encore) aux éditeurs de publications telles que le New York Times, USA Today, le Wall Street Journal, le New Yorker, le Washington Post, le Boston Globe, le Los Angeles Times et The Economist, parmi d'autres médias et destinataires. Ce sont des réactions concises, bien souvent fines et pertinentes, parfois drôles ou provocatrices, qui visent, entre autres, à répliquer de manière lucide à une erreur ou une absurdité économique, à une affirmation erronée ou irréfléchie ou à une proposition d'intervention des pouvoirs publics discutable, formulée, entre autres, dans le média concerné par un journaliste, un éditorialiste, un politique, un expert, etc.
Faciles et agréables à lire, portant naturellement, mais sans que cela soit trop gênant, sur des sujets qui concernent surtout les États-Unis, ces lettres courtes (parfois trop) et instructives sont toutes accompagnées d'une petite illustration complémentaire sur la page de gauche (voir le site internet du livre pour quelques extraits : [...] Cette anthologie originale et remarquable intéresse aussi bien le lecteur libéral que le lecteur non libéral.
La liste non exhaustive des nombreux sujets abordés dans le livre est la suivante : adaptation humaine aux phénomènes climatiques ; analyse économique ; arrogance journalistique ; arrogance politique ; capitalisme et libre-échange ; commerce ; communisme ; compassion ; concurrence ; corruption politique ; coûts de l'"Obamacare" ; déficit budgétaire ; déficit commercial ; distinction occidentale ; drogues ; droit de propriété privée ; échanges volontaires entre personnes ; école publique ; écologie ; économie de marché et biens et services accessibles aux pauvres ; enrichissement dans les économies de marché ; financement public des campagnes électorales ; hommes politiques et groupes de pression ; hypocrisie politique ; immigration ; impôts et taxes ; incitations ; délit d'initié ; libéralisme ; libéralité charitable privée et bénévolat ; "make-work bias" ; mécénat d'entreprise ; mondialisation ; parrainage publicitaire ; paternalisme ; politique agricole ; primat ou souveraineté du consommateur ; protectionnisme ; réglementation anticoncurrentielle ; réserves pétrolières ; Rockefeller ; rôle des pouvoirs publics, leur intervention et les conséquences de celle-ci ; salaire minimum ; santé publique ; service militaire ; sophisme de la vitre cassée ; système de financement des retraites par répartition ; surpopulation.


Beethoven : Symphonie n° 6 (live 1983)
Beethoven : Symphonie n° 6 (live 1983)
Prix : EUR 15,70

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une perle, 23 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Symphonie n° 6 (live 1983) (CD)
Cette exécution-interprétation "live" de la très célèbre "Symphonie pastorale" de Beethoven est considérée par beaucoup comme l'une des meilleures voire la meilleure et ce, malgré une qualité sonore relative. Vivacité, maîtrise, fraîcheur, respect de l'œuvre, intensité, unicité, précision, émotion. C'est un ravissement.


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