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Contenu rédigé par Feron Béatrice
Classement des meilleurs critiques: 395
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Commentaires écrits par
Feron Béatrice (Marbais, Belgique)
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

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Eh bien dansons maintenant !
Eh bien dansons maintenant !
par Karine Lambert
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

4.0 étoiles sur 5 Une deuxième chance., 21 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eh bien dansons maintenant ! (Broché)
Marguerite, septante-huit ans, enterre son mari, Me Delorme, le notaire de Maisons-Laffitte. Sa vie s'arrête là. Elle erre dans sa belle maison trop bien rangée. C'est qu'Henri lui avait aménagé une vie réglée comme du papier à musique. Tout était prévu. Orchestré. Millimétré. Pas question de faire un pas de côté. En voyant sa patiente s'étioler, le Dr Dubois lui prescrit une cure thermale à Bagnère-de-Bigorre.
Marcel Guedj a septante-trois ans. Le voilà veuf après des années de bonheur sans nuage. En le voyant si malheureux, sa fille lui offre une cure thermale à Bagnère-de-Bigorre.
Marguerite tape des mains d'enthousiasme, comme une enfant . Tout lui paraît magnifique.
Marcel grogne comme un vieil ours mal léché. Tout lui paraît un fardeau.
Comment deux êtres aussi dissemblables vont-ils lier connaissance ?
Le roman démarre avec la mort de Me Delorme et nous peint la vie austère de Marguerite, que son mari, sévère et autoritaire, avait dépossédée de tout même de son prénom. « Le premier jour de leur vie commune, il avait énoncé ses directives. Marguerite, c'était trop long, trop floral, et Maguy s'accorderait mieux avec Henri. Son nom de baptême ne fut plus prononcé qu'à de rares occasion et jamais en présence de son mari. Elle ne travaillerait pas. Unique concession : le bénévolat à la bibliothèque municipale deux fois par semaine. Elle porterait exclusivement des robes et un chignon, comme la première fois qu'il l'avait vue. Ils n'auraient pas d'animal de compagnie. Un seul enfant, de préférence un garçon. Et, sur un ton qui n'encourageait pas la contradiction, il avait conclu : « Il serait souhaitable que nous continuions à nous vouvoyer. »
La passion ? On peut dire que c'est un mot qui ne fait pas partie de son vocabulaire. « Un whisky écossais posé sur la table, il passait d'un débat politique à une émission économique. Elle plongeait dans un livre. Sans un regard, sans un mot d'amour, sans un mot plus haut que l'autre non plus. Un homme et une femme. Deux corps et deux âmes. Lui : raide comme un acte notarié. Elle : la flamme d'une bougie qui tremble, mais ne s'éteint pas. » C'est dire que Marguerite, qui avait connu une enfance heureuse aux côtés de sa sœur Hélène, drôle, fantasque, libérée, avait pu ranger sa joie de vivre dans le fond d'un tiroir. D'ailleurs, un jour, surprise de voir sourire Henri, elle avait pensé qu'il était heureux. « C'est le soleil qui me gêne », rétorque-t-il. Pas étonnant que sa vie ait été un éteignoir. Alors, quand enfin elle se croit libre, elle est... vieille ?!
Enfin, libre, libre... C'est un grand mot. Son fils, Frédéric, est le digne rejeton de son père. Il ne lui adresse que des « je t'avais dit que », « je t'avais interdit de... » Il décide unilatéralement de faire placer, dans sa maison, une caméra de surveillance. Pour éviter les rôdeurs ? Ou pour avoir sa mère à l’œil ?
Dès le deuxième chapitre, on nous présente un autre personnage, Marcel Guedj, le parfait opposé de Marguerite. Âgé de dix ans, il a été obligé de quitter son Algérie natale et aussi sa petite voisine, Nora Ben Soussan. Heureusement, cette famille aussi prend le chemin de l'exil, Marcel et Nora connaissent « le vert paradis des amours enfantines », jusqu'à ce que la vie les sépare à nouveau. Quand Marcel reçoit une carte : « Je reviens. Vincennes me manque et pas seulement Vincennes », il sait que la chance a frappé à sa porte.
Et maintenant, soixante ans plus tard, les voilà tous les deux veufs et désemparés. Bien que très dissemblables, ils découvrent le plaisir de bavarder ensemble, de se promener, de faire des découvertes, et même, de rire.
Le roman s'attache à nous montrer que, malgré une vie bien ratée pour l'une, et un drame, à première vue insurmontable, pour l'autre, rien n'est jamais perdu. Même à leur âge, ils peuvent rêver d'un avenir.
Une leçon positive se dégage donc : il n'est jamais trop tard pour être heureux et rien n'est jamais perdu.
Karine Lambert croque, en Marguerite et Marcel, deux personnages attachants et attendrissants, qui ont su tourner le dos à l'adversité et, malgré leur âge, dire oui à la vie.
Malheureusement, la fin m'a attristée. Pourtant, on pouvait s'y attendre. Je suis peut-être trop « midinette » ? Mais, malgré cela, j'ai bien aimé.


Défaite des maîtres et possesseurs
Défaite des maîtres et possesseurs
par Vincent Message
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Science fiction? Pas tellement!, 21 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Défaite des maîtres et possesseurs (Broché)
La terre est occupée par des êtres venus de l'espace. Ils sont d'abord restés prudemment en observation avant de prendre la direction des opérations. Les humains sont ravalés au rang d'animaux comme les autres. Ils sont répartis en trois catégories : de compagnie, de travail, d'élevage pour la boucherie.
Malo Claeys est l'un des ces « démons », comme il dit. Et il rêve d'un monde meilleur.
En terminant ce terrible roman, je reste perplexe et tout à fait décontenancée.
La problématique qu'il soulève a tout pour me toucher. Elle m'intéresse et me parle, car, moi aussi, je me soucie de l'avenir de notre planète et du sort réservé aux animaux. Quand on m'a présenté ce livre, le peu qu'on m'en a dit m'a tout de suite fait penser à « Sous la peau » de Michel Faber. On y voyait des extraterrestres capturer des humains pour les engraisser et les manger. Dans le récit de Vincent Message, ce n'est pas tout à fait la même chose. D'abord, nos ne saurons jamais à quoi ressemblent les nouveaux maîtres de la terre. A aucun moment, ils ne sont décrits. On sait seulement qu'ils ont des habitudes aquatiques, puisque, à plusieurs reprises, Malo nous parle de ses nuits, qu'il passe dans une baignoire. Quand il évoque les premiers arrivants, ceux-ci se groupaient dans des endroits isolés où ils pouvaient bénéficier d'un étang ou d'une étendue liquide, dans lesquels ils vivaient. Ils sont arrivés un jour, on ne sait ni d'où ni pourquoi, afin d' observer la terre et voir s'ils pourraient s'y établir. Et, bien que l'univers soit, selon eux, rempli de planètes habitables, ils ont jeté leur dévolu sur la nôtre, justement parce qu'elle est, en majorité, composée d'eau.
Après une sérieuse observation, ils remarquent que les « maîtres et possesseurs » n'en prennent pas soin et passent leur temps à la détruire. Ils décident de les protéger d'eux-mêmes. Pourtant, on les verra tomber dans les mêmes travers. A plusieurs reprises, Malo fait allusion aux oiseaux qui ont disparu, qu'ils ont exterminés. Des descriptions terriblement dures nous font pénétrer au sein d'un élevage d'humains de boucherie. Elles sont choquantes, oui, mais elles n'ont rien d'imaginaire. Elles dépeignent, trait pour trait, le sort que nous réservons aux animaux que nous mangeons : petits arrachés à leurs mères, mâles castrés à la chaîne, réticence des éleveurs à respecter certaines règles de « bien être », telles un espace suffisant pour pouvoir bouger, ou possibilité de vivre en plein air. Le roman nous présente quand même un utopiste, qui développe une « ferme du bonheur ». Hélas, son bétail se révolte et le met en pièces.
Au centre du livre, l'attachement ambigu qu'éprouve Malo pour Iris. N'est-elle, pour lui, qu'une « humaine de compagnie » ou ressent-il un véritable amour à son égard ? En tout cas, sa femme, Saskia est jalouse d'Iris. Mais nous ne savons rien de ce que pense celle-ci, étant donné que le récit est pris en charge par Malo. Nous ne disposons que de son unique point de vue.
Un dilemme se pose à lui : il a sauvé Iris de l'abattoir, mais n'a pas le droit de la garder. C'est exactement ce qui se passe lorsque, dans notre monde, des gens prennent soin d'animaux sauvages, cerfs, sangliers, arrachés aux griffes des chasseurs. Le plus souvent, on leur brandit sous le nez un papier précisant que la loi leur interdit de les détenir. On les leur enlève. On les abat. Que doit faire Malo ? Garder Iris enfermée pour la préserver ? Alors, il la prive de liberté et elle ne sera pas beaucoup plus heureuse que dans son étable. Doit-il la laisser sortir au risque de la voir capturée ou accidentée ?
Malo refuse de manger de la viande. Il est stigmatisé par ses congénères. Ce n'est pas très différent de notre société, dans laquelle se déclarer végétarien est presque considéré comme une maladie.
Malo se donne beaucoup de mal pour défendre une loi visant à protéger les humains et à améliorer leur sort. Il se heurte à des opposants qui, bien qu'ils se présentent comme des défenseurs de la planète, s'acharnent, en fait, à l'épuiser et à la détruire. Est-ce si éloigné de ce que nous connaissons ?
Donc, me voilà déconcertée. Les thèmes abordés me tiennent vraiment à cœur. Mais le roman est dur, noir, totalement désespérant. Il s'acharne à tuer toute lueur d'espoir. En le refermant, on est bon pour un gros cafard. En outre, de nombreux passages m'ont paru longs et ennuyeux. De telle sorte que je ne sais que dire. Ce livre est d'une terrible actualité et il aurait dû me plaire. Je pense qu'il mériterait d'être découvert par le plus de monde possible, surtout par ceux qui se cachent les yeux et refusent de regarder la réalité en face. Et pourtant, je n'ai pas réussi à accrocher.


Kilissa
Kilissa
par MARS MARIE BERNADETTE
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

2.0 étoiles sur 5 La parole est à Clytemnestre., 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kilissa (Broché)
Un jour, une jeune esclave est amenée au palais d'Agamemnon. Elle est originaire d'Anatolie, près de Troie et, personne ne se donnant la peine de connaître son prénom, on la nomme simplement Kilissa, la Cilicienne. Très vite, la jeune femme devient la suivante et l'ombre de la reine Clytemnestre. Elle s'occupe de ses trois enfants, les soigne, leur raconte des histoires.
Quand les princes grecs décident d'aller guerroyer à Troie pour ramener Hélène, le vent refusant de souffler, les prêtres prétextent une colère divine et exigent un sacrifice humain. Celui de la princesse Iphigénie. Mais on fait croire à la reine que l'on fait venir sa fille pour la marier. Ce drame va bouleverser son existence.
Marie-Bernadette Mars revisite la légende des Atrides en se plaçant du côté de Clytemnestre, que les récits mythologiques ou les textes qui en sont inspirés, nous ont toujours présentée comme une femme sans cœur, qui devient la meurtrière de son mari afin de garder le pouvoir et de porter sur le trône Egisthe, son amant. Au contraire, Marie-Bernadette Mars nous la fait voir comme une épouse solitaire et bafouée, une mère meurtrie.
Dans des chapitres très courts (pas plus de deux ou trois pages, et, le plus souvent, simplement une demi-page), elle donne la parole, tantôt à un narrateur externe, tantôt à Clytemnestre elle-même, pour nous faire pénétrer dans l'âme de cette femme. La voilà peinte comme une jeune fille heureuse, élevée avec sa sœur Hélène, rêvant de bonheur et d'amour. Leur père, qui les aime beaucoup, « ne voulait pas que nous ayons une existence banale et nous cherchait des maris cultivés, audacieux, entreprenants. Il avait persévéré, il avait attendu qu'une famille suffisamment prestigieuse le séduisît. Et nous avons épousé les deux frères, Ménélas, trop heureux d'avoir enfin Hélène, que l'on disait belle comme une déesse, Agamemnon qui m'impressionnait par ses connaissances, ses histoires, ses récits, ses défis. Et peut-être aussi son ambition. »
Mais, malheureusement, aucune des deux n'est heureuse en ménage. Elle doivent se contenter de miettes et se persuader que « l'habitude pouvait remplacer un amour inexistant ».
Ce n'est donc pas étonnant si Hélène suit Pâris. Ménélas se sent humilié dans son honneur. « Il a trouvé de nombreuses raisons pour partir vers Troie mais la seule que j'aurais comprise, l'amour, n'a jamais été invoquée. »
L'auteur aborde de nombreux thèmes. La guerre d'abord, bien évidemment, puisque Ménélas entraîne à sa suite tous les princes grecs. Avant même de commencer, la guerre sépare ceux qui s'aiment. Thétis et Pélée vont chercher un moyen d'en préserver leur fils Achille. Ulysse feint la démence pour ne pas abandonner son épouse et leur bébé.
La religion joue un rôle funeste. Pour asseoir leur pouvoir, les prêtres interprètent en leur faveur, des éléments purement aléatoires, telle une météo capricieuse. Attribuer le manque de vent à une colère divine, leur permet de rabattre l'orgueil de ce chef arrogant qu'est Agamemnon en exigeant le sacrifice de sa propre fille.
L'auteur met en avant crédulité et superstition qui poussent la foule à exiger cette barbarie. Elle analyse l'amour maternel. Clytemnestre, naïvement, amène elle-même sa fille adorée sous la lame du bourreau, pensant la conduire à ses noces. On la lui arrache. La séparation brutale d'Iphigénie. Les cris d'Iphigénie. Les larmes. Les supplications. Son désespoir. Et elle, Clytemnestre, enfermée dans une tente, avec des soldats qui la repoussaient lorsqu'elle s'élançait, se battait pour rejoindre Iphigénie, pour empêcher le sacrifice. »
Elle oppose l'indifférence de mari et de père d'Agamemnon avec le tourment enduré à la fois par Clytemnestre et par Kilissa, qui a élevé Iphigénie. « Elle basculait, gémissait, abrutie de pleurer. » « Lorsque j'évoque Iphigénie, c'est un marais qui se referme, c'est un gouffre, c'est une étendue à jamais sombre et silencieuse, c'est un plus jamais, c'est une immense désolation. »
Elle nous présent Egisthe, non comme un ambitieux, avide de pouvoir, mais comme un être sensible, tendre, empathique, qui, lui aussi, a connu une perte douloureuse.
Tout est donc original et intéressant. Et, malgré cela, j'ai dû m'accrocher pour terminer ce livre, que j'ai souvent trouvé très ennuyeux.
Donc, malheureusement, je ne l'ai pas aimé, bien que, sans doute, il le mérite.


L'homme qui ne voulait plus être roi
L'homme qui ne voulait plus être roi
par Joan Condijts
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1.0 étoiles sur 5 Une bouffonnerie à la belge., 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui ne voulait plus être roi (Broché)
Un beau matin, le roi Florimont annonce à la reine Clothilde qu'il part. Non, il ne souhaite pas abdiquer, car cela voudrait dire qu'il dépose, sur les épaules de son aînée, un fardeau que lui-même ne supporte plus. Il enfourche sa moto et met le cap sur le Luxembourg. Mais sa majesté est un peu désorganisée ! Où est situé exactement le Luxembourg ? Ah tiens, un réservoir de moto, ça se remplit ? Et, pour ce faire, il faut... de l'argent ? Voilà Florimont en panne sur une aire d'autoroute. Et, par chance, il y a une voiture de police. On va l'aider. Il est le roi, tout de même ! Sauf que... Et, pendant ce temps, le pays est en ébullition.
Ce roman est une pochade, une critique acerbe de notre petit pays. L'idée m'amusait. On ne refuse pas une bonne tranche de rire.
Dès les premières pages, on s'aperçoit qu'il s'agit d'un roman à clefs, dans lequel on s'essaie à reconnaître les figures de la monarchie et de la politique belges, qui se prennent une fameuse volée de bois vert.
Par exemple, quand le roi disparaît, le premier ministre, Yvan Lefin, ne comprend rien au message que lui envoie son ami, Louis van Londerzeel du Zoute. Le roi des Belges est parti au Luxembourg ? Ce doit être le patron de son bistrot favori qui est allé planquer ses économies. Et cela lui donne envie d'aller écluser une bonne pinte à Ypres, dans l'estaminet susnommé. C'est assez navrant (et, malheureusement, pas si loin de la réalité). Le voilà complètement dépassé par les événements. Il n'est au courant de rien d'important, il se demande avec étonnement comment il se fait que le chef de la sécurité ait une royale doublure sous le coude et gobe naïvement sa plaisanterie à propos de l'arme nucléaire. Chacun est croqué avec férocité et les souverains sont un joyeux mélange de toute notre dynastie, dans ses aspects les moins glorieux.
Au bout d'un moment, j'en ai eu assez. « Trop is te veel », comme on dit chez nous. Le procédé s'essouffle rapidement, il me paraît lourd et poussif. Quelques notations politiques, probablement judicieuses et bien observées, m'ennuient au plus haut point. L'auteur s'égare dans des passages loufoques au baroque outré qui, pour moi, sont vraiment « too much ». Ainsi, le personnage de la folle au racisme bas du plafond, qui vient, tous les jours, porter plainte contre ses voisins, de braves restaurateurs chinois, et les accuse de tous les maux, dont le dernier en date est d'avoir mangé son chat. La mise en scène qu'elle imagine pour se faire entendre est d'un grotesque fini et là, je crie « stop ». Je n'en peux plus.
Le texte regorge de tournures ampoulées : « une large baie constituant le quatrième pan, véritable aquarium de terres qui éclataient en un kladaradatsch de tons qu'un Matisse ou un Vlaminck aurait sublimés », « L'air contamine et, à moins d'être immunisé par un matérialisme sans failles convertit l'âme à l'insignifiance poussiéreuse de la condition humaine devant ces absolus qui engloutissent l'espace et le temps ». Au secours !
Il peint des scènes torrides de façon vraiment ridicule, comme : « il écarta un horrible string de léopard qui tranchait avec sa face de Sainte-nitouche, et l'empala comme une poule reçoit une broche. »
Enfin, les fautes d'orthographe sont légion, et pas des moindres (« holibrius », ou « inmanquablement »).
Donc, non, je n'ai pas du tout aimé. Les critiques que j'avais lues étaient très élogieuses, mais je me demande s'il ne s'agit pas d'articles de complaisance, l'auteur ayant, tout de même, un nom connu dans les médias. Pour moi, il s'agit d'une œuvre dispensable, et j'estime avoir perdu mon temps à la lire.


Belle-Ile en père
Belle-Ile en père
par Patrick Weber
Edition : Album
Prix : EUR 18,50

4.0 étoiles sur 5 Papa où t'es?, 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Belle-Ile en père (Album)
On boucle le tournage de la série très populaire « Au premier regard ». Vanessa quitte Kevin sur les mots : « J'ai besoin de faire le point sur ma vie et sur mon cœur. ». C'est là que la réalité rejoint la fiction, puisque la vedette, Vanessa Blue, abandonne le tournage. Elle part sur Belle-Ile, où sa mère avait vécu, lorsqu'elle était jeune. Elle veut essayer de donner un nouveau tournant à sa carrière, mais aussi de recueillir des informations à propos de son père, qu'elle n'a pas connu.
La composition et la trame de ce roman graphique sont assez proches du précédent, « Ouessantines ». Il y a, comme dans celui-ci, de vieilles dames aigries et menaçantes, une histoire ancienne qui refait surface, une jeune femme qui veut oublier une déception amoureuse et vivre une nouvelle vie, une chute de la falaise, un fantôme.
Pourtant, il y a, dans « Belle-Ile en père », quelque chose d'original. Plusieurs chapitres sont consacrés à Sarah Bernhardt, qui fut un monstre sacré, adulée à son époque et vint s'installer sur Belle-Ile, dont elle s'était éprise. Elle était connue pour ses caprices de star, comme se promener avec un singe ou un serpent, faire creuser une mare et y placer des grenouilles, pour être bercée par leur coassements, organiser des fêtes somptueuses, avec des invités prestigieux, tels que le roi d'Angleterre. Comme elle, Vanessa Blue est une vedette adorée du grand public, comme pour elle, un comité d'accueil l'attend pour organiser une fête en son honneur. Mais, comme elle, Vanessa/Rozenn (c'est son vrai nom) veut seulement la paix et la tranquillité.
Ce roman nous montre plus de décors que dans « Ouessantines », surtout dans les chapitres consacrés à Sarah. On nous raconte quelques légendes, comme celle des menhirs Jean et Jeanne, transformés en pierre par une sorcière. Le traitement des visages s'est amélioré. Le découpage est traditionnel, mais parfois, des dessins sont sans cadre, comme l'épisode de l'arrivée d'Aymeric à la fête de Vanessa. Peut-être parce qu'il ne sait pas se contrôler ? Quelques passages sont uniquement dans des tons de gris, avec des silhouettes pour figurer un épisode nocturne, et la plupart des chapitres se terminent par un élément inattendu : la couverture d'un magazine people, le chapeau de Sarah, un papier plié mentionnant une adresse ou un vieil article découpé dans un journal.
Le volume se referme sur un beau dossier qui donne envie de visiter l'île et nous en apprend certaines particularités : l'origine du nom, de quoi vivaient les habitants, pourquoi il ne reste pratiquement aucun mégalithe.
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée. J'avais vu une émission consacrée à Sarah Bernhardt (« Sarah Bernhardt, la dame blanche de Belle-Ile », une maison, un artiste) qui réservait une large place à sa demeure de la Pointe des Poulains. J'aime beaucoup la Divine et j'ai lu plusieurs ouvrages qui lui étaient consacrés. Malgré cela, ce roman m'a permis de découvrir des choses que je ne connaissais pas, notamment son étonnante ménagerie, dont le serpent et le crocodile effrayaient les autochtones, ou les bienfaits dont elle avait comblé l'île chère à son cœur, en permettant de créer une boulangerie coopérative, par exemple.
Ce récit m'a donné envie d'aller voir cet endroit de mes propres yeux.
J'espère que les auteurs ne s'arrêteront pas en si bon chemin et qu'ils nous régaleront de nouveaux volumes consacrés à d'autres îles françaises.


Dans la chaleur de l'été
Dans la chaleur de l'été
par Vanessa LAFAYE
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le jour de la fin du monde., 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la chaleur de l'été (Broché)
Missy Douglas travaille comme bonne chez les Kincaid. Elle s'occupe avec amour de Nathan, leur bébé. Un grand barbecue est prévu sur la plage pour fêter le 4 juillet et le cœur de Missy bat plus fort à l'espoir de revoir Henry Roberts, qu'elle aime en secret depuis son enfance. Henry est parti faire la guerre en France et il n'a plus donné de nouvelles depuis dix-huit ans.
Hélas, cette journée, qui devait être une fête, est marquée par des drames. On retrouve le corps de Hilda, vivante, mais défigurée. Le coupable est désigné d'office ! Et pourtant, que représente ce petit orage à côté de la catastrophe planétaire qui les menace ?
Pour écrire son roman, Vanessa Lafaye s'est servie d'éléments qu'elle a puisés dans la vie réelle et mélangés avec des personnages et des lieux sortis tout droit de son imagination. Elle a voulu mettre en scène trois aspects particulièrement dramatiques de la Floride. D'abord, la cruelle ségrégation raciale dont étaient victimes les Noirs dans les années 30. Elle explique, dans une postface, avoir découvert, « dans le « St Petersburg Times », l'horrible histoire du lynchage de Claude Neal en 1934, à Greenwood, crime pour lequel personne n'a jamais été poursuivi. »
Elle a donc campé, dans son livre, des personnages tels que Ronald LeJeune, qui n'ont aucun souci de vérité ni de justice. Pour eux, dès qu'un événement désagréable se produit, c'est un Noir qui en est responsable. On ne s'embarrasse pas des formes et on va immédiatement chercher à le tuer, qu'il ait ou non quelque chose à voir avec l'affaire.
Un terrible ouragan a bien dévasté la Floride, mais le village de Heron Key, qui est, ici, au centre de la catastrophe, a été créé par l'auteur.
Son attention avait été attirée par les mauvaises conditions dans lesquelles on faisait vivre les vétérans de la Première Guerre mondiale et « comment, lors du passage d'un ouragan majeur, on les avait laissés mourir par un mélange d'apathie et d'incompétence », alors que, à part un article rédigé par Hemingway, qui avait fait partie des gens venus aider au nettoyage, et « une note en bas de page dans les livres d'Histoire », nul ne semble se soucier de ces personnes. Vanessa Lafaye a donc aussi voulu honorer leur mémoire.
L'histoire se déroule en quelques jours à Heron Key, un village de Floride en bord de mer. L'action se situe en 1935 et, dès le départ, le suspense est lancé par un événement hallucinant et terrifiant : l'enlèvement du petit Nathan dans son couffin par un alligator qui veut l'entraîner dans la mangrove pour le noyer et le dévorer.
Par quelques habiles rétrospectives, l'auteur nous donne des détails sur la vie de ses personnages.
Missy Douglas a vécu, dans son enfance, une tragédie vraiment traumatisante. Pour échapper à ses cauchemars, Missy se réfugie dans la lecture de « l'Encyclopaedia Britannica », grâce à laquelle elle va acquérir une solide culture qui lui fait concevoir le rêve d'une école où elle pourrait instruire des enfants noirs.
Henry Roberts est parti faire la guerre en France, en 1917. Il a vécu tellement d'horreurs lors de cette boucherie, qu'il lui faudra dix-huit ans pour revenir à Heron Key, où Missy l'attend. Elle était une petite fille à son départ et il n'avait pas pris conscience de l'attachement qu'elle éprouvait pour lui. Il est entouré d'un groupe de bras cassés, comme lui, dont il se sent responsable, puisqu'il était leur officier, et auxquels il tente de conserver leur fierté de soldats.
Hilda était une fille gâtée de bonne famille. Très jolie, elle avait remporté des concours de beauté. Pourquoi s'était-elle entichée de Nelson Kincaid, un séducteur au petit pied, qui paradait dans sa belle voiture et gagnait sa vie en jouant au gigolo ? Hilda l'avait attiré un moment, mais bien vite, il s'était lassé et avait voulu la quitter. Prête à tout pour le garder, Hilda avait imaginé un piège dans lequel elle l'avait entraîné. A présent, amère, bouffie, enlaidie par les kilos accumulés pendant sa grossesse, Hilda est délaissée par cet époux volage. Les mauvaises langues du club de tennis ne se privent pas de lancer ragots et moqueries. La malheureuse trouve refuge dans l'alcool.
Autour d'eux gravite une foule de personnages, dont certains sont particulièrement insolites : Zeke passe son temps à insulter les vagues, un perroquet sur l'épaule. Selma a hérité des pouvoirs magiques de sa mère, et veut les utiliser pour rapprocher Henry et Missy. Doc Williams était un médecin militaire qui vit seul depuis que sa femme l'a quitté en emmenant leur fille. Noreen, la frêle épouse du shérif adjoint a donné naissance à un bébé métis, mais, en dépit des coups, refuse de révéler le nom du père. Dwayne fait des efforts pour mener à bien son enquête, malgré les contretemps et ne baisse pas les bras, même en plein cœur de l'ouragan.
Jamais l'auteur ne mentionne qui, parmi eux, est noir ou blanc. Au lecteur de se faire son opinion.
Plusieurs événements intenses ponctuent le récit : une bagarre éclate lors du barbecue, Hilda est retrouvée quasi-morte, Henry est arrêté. Tous nous maintiennent en haleine avant que nous ne soyons entraînés, au sens propre, dans le tourbillon du cyclone. L'auteur lui a donné vie avec brio. Ici et là, quelques petites zones de calme nous permettent de souffler avant de nous embarquer de plus belle dans la furie des éléments. On se sent emporté dans la lecture comme des personnages qui sont enlevés dans les airs tels des fétus de paille.
J'avais été terriblement frappée par la scène d'ouverture du film « Hereafter » de Clint Eastwood. A mon avis, Vanessa Lafaye réussit parfaitement à rendre en mots les sensations que procurent les images.
A certains moments, des passages en italiques nous projettent dans les rêves que fait Hilda pendant son coma. Parfois, à la fin de la tirade d'un des protagonistes, quelques phrases en italiques nous permettent de pénétrer dans ses pensées. De temps à autre, quelqu'un cite ou lit un passage de la Bible. Missy chante pour calmer Nathan.
J'ai donc beaucoup aimé ce roman que j'ai trouvé passionnant et qui nous fait parcourir toute la gamme des sentiments.
Heureusement, il y a un épilogue, où l'on retrouve, deux ans après le drame, quelques personnages qui ont survécu, et, malgré des blessures, parfois terribles, réussissent à trouver une certaine paix et un peu de bonheur. Je ne suis donc pas du tout d'accord avec certains lecteurs qui stigmatisent cette forme de « happy end ». Sans lui, pour moi, l'histoire aurait été trop décourageante.
J'ai été très contente de ma lecture, qui ne m'a pas du tout déçue.


Ouessantines
Ouessantines
par Patrick Weber
Edition : Album
Prix : EUR 18,25

4.0 étoiles sur 5 Un terrible secret., 9 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ouessantines (Album)
Soizic a décidé de changer de vie. Elle va ouvrir une maison d'hôtes sur l’Île d'Ouessant. Le départ est un peu agité : ciel plombé, pluie et mer démontée. A l'arrivée, personne pour l'accueillir ni pour l'aider. Malgré tout, elle ne se décourage pas et aménage deux chambres qu'elle loue.
Mais Marie, une vieille dame avec laquelle Soizic a sympathisé, est retrouvée pendue après une visite chez elle.
La jeune femme décide de découvrir le secret de Marie et va reconstituer une ancienne histoire particulièrement ténébreuse.
Les îles m'ont toujours fascinée et je rêve de passer des vacances sur l'une d'elles. Aussi, quand Thierry Bellefroid a parlé de ce roman graphique, j'ai décidé de l'acheter. Je ne le regrette pas. Pourtant, les paysages sont peu nombreux. Il y a peu de plans larges et le décor se réduit à quelques éléments seulement : une maison, un intérieur, un phare, un calvaire. Les visages des personnages sont assez maladroits. Malgré cela, l'histoire est passionnante. Elle est présentée sous forme de chapitres d'une dizaine de pages et mêle la vie de Soizic : son établissement sur l'île, ses efforts pour se faire accepter, son aménagement de la maison d'hôtes, les difficultés engendrées par les clients et l'enquête qu'elle mène pour percer le secret de Marie.
Au fil des planches, on trouve, incorporés aux vignettes narratives, une lettre, des photos, les dessins des enfants. De temps en temps apparaît le fantôme de Marie.
La majeure partie de l'album est très colorée, mais quelques passages sont dans des tons gris et noir. Ce sont ceux qui montrent des tempêtes : celle qui a fait rage à l'arrivée de Soizic, celle qui est relatée à la fin du récit.
L'histoire est prenante et bien menée, les personnages intéressants. Certains sont très attachants : Soizic est têtue, courageuse, fidèle.
A la fin du volume, un dossier rassemble des photos de divers endroits de l'île, sur lesquelles Nicoby a parfois ajouté la silhouette de son héroïne. Elles permettent de constater leur utilisation pour réaliser les décors de la bande dessinée.
Des petits textes informatifs nous en apprennent plus sur Ouessant et ses particularités : les naufrages, l'utilisation du goémon comme combustible pour le chauffage, le caractère âpre de cette terre, forçant les habitants à vivre en autarcie ou encore les coutumes particulières de mariage, où ce sont les femmes qui prennent toutes les initiatives.
J'ai adoré cet album.


Les Courses
Les Courses
Prix : EUR 12,99

3.0 étoiles sur 5 Ses envies de listes., 1 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Courses (Format Kindle)
Walt a l'air complètement transparent. Qui ferait attention à ce modeste cinquantenaire un peu bedonnant, qui travaille comme agent d'entretien au supermarché ? Son hobby ? Ramasser les listes de courses jetées par les clients et s'imaginer leurs vies d'après leurs achats. Il vit seul depuis que sa femme l'a quitté et son unique délassement, c'est la pêche dans des coins déserts.
Alors, pourquoi ce type terne et effacé attire-t-il l'attention de deux enquêteurs de seconde zone ?
C'est sur foi d'une critique dans la presse que j'ai acheté ce roman. L'idée de quelqu'un qui construit des vies à partir de listes de courses me plaisait. Cela me faisait penser à « Matins bleus » de Jean-Marie Laclavetine. Son personnage bâtit des existences imaginaires aux passagers du métro qu'il croise. Et puis, qui n'a jamais trouvé dans son caddie, une liste de courses abandonnée ? On y jette un œil. On compare avec la sienne. On se figure le client. Bref, ce livre m'attirait.
Et pourtant, il m'a fallu une bonne semaine pour terminer ma lecture !
La plupart des chapitres commencent, on s'en doute, par une liste de courses. C'est Walt qui prend la parole. Jusqu'à la fin du roman, nous n'aurons, pratiquement, que sa vision. Il se lance dans une interprétation d'un univers qu'il recrée, non seulement à partir des produits mentionnés sur la liste, mais aussi d'une foule de petits détails : l'écriture, l'encre utilisée, les fautes d'orthographe (Alisha écrit « banannes » avec deux N), voire le support, la plupart des listes étant rédigées sur du papier de récupération : enveloppes, virements, talons de chèques, publicités... ce qui lui fournit des éléments bien utiles, comme des adresses.
Mais soudain, le monologue est interrompu. Voici qu'apparaissent des pages écrites en italiques par une autre personne Il s'agit d'un journal intime. D'autres chapitres, chapeautés d'un texte en petits caractères et apparemment administratifs, sont pris en charge par un narrateur externe. Ils nous entraînent dans un commissariat de la GRT, la gendarmerie royale de Terre Neuve. Nous y faisons la connaissance de deux flics paumés, l'inspecteur Dean Hill et le sergent Jim Scoville, qu'on a relégués dans un placard et auxquels on refile des enquêtes pourries. Hill et Scoville traînent leur désœuvrement dans des virées en voiture sans but précis et déterrent de vieilles affaires classées, telles des disparitions non élucidées. Comme celle de Mary Carter, la femme de Walt, qui, un beau jour, s'est volatilisée sans laisser de traces.
Le duo va perquisitionner chez le mari qui, contrairement à la plupart des suspects, n'émet pas une protestation, leur laisse le champ libre et va se promener. Évidemment, rien n'accuse Walt. Mais tout de même, quelque chose est bizarre. Alors que sa maison est propre et méticuleusement rangée, toutes les plantes sont séchées. On ne les a ni arrosées ni jetées . Pourquoi ?
De son côté, Walt nous livre des bribes de sa morne existence, comme son enfance, où son oncle les emmenait pêcher dans un cabanon au bord de la rivière, ou son mariage avec Mary, qui, pourtant, n'avait aucun point commun avec lui. Il aime se cacher pour observer des femmes seules chez elles. Il pénètre dans des maisons en l'absence de leurs propriétaires. Il fouille dans les penderies. Il s'assied sur leurs divans.
Le roman est mystérieux. La majeure partie de l'histoire nous est narrée par Walt qui est manifestement un malade mental. Il met le lecteur mal à l'aise. Par exemple, certaines personnes lui paraissent si parfaites qu'il a « envie d'aller mettre le bazar là-dedans ». Enfant, il détestait un condisciple, « ce gamin avec qui vous étiez en classe de troisième, aux cheveux toujours bien peignés et au sourire ultra-bright, qui affichait une telle perfection que vous deviez trouver le moyen de l'abîmer en le décoiffant au passage ou en le poussant dans l'escalier au moment opportun. Ce gamin dont le seul tort était d'exister et de porter haut la tête en vous parlant, comme s'il vous regardait, d'accord, mais qu'il était en même temps en contact direct et intime avec les cieux. »
Je m'imagine donc ce type passe-partout comme l'abominable « magicien » de Jean-Marc Souvira ou pire, comme dans « Robe de marié » de Pierre Lemaître, un homme qui arrive à s'introduire chez les gens et à chambouler leur existence. Et cela me fait peur.
Finalement, le roman me laisse une impression mitigée : difficile de comprendre un être aussi malsain. Mais en même temps, puisque c'est lui le narrateur, il nous force à voir le monde à travers son regard. L'histoire fait penser à un puzzle qu'il faut reconstituer avec patience. Et je ne suis pas sûre d'avoir trouvé la bonne solution.
Peut-être que ce n'était pas un livre pour moi ou que je ne l'ai pas lu dans les bonnes conditions ou au bon moment ?


Châteaux Bordeaux - Tome 02 : L'oenologue
Châteaux Bordeaux - Tome 02 : L'oenologue
par Eric Corbeyran
Edition : Album
Prix : EUR 13,90

4.0 étoiles sur 5 A la découverte du "Chêne courbe", 1 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Châteaux Bordeaux - Tome 02 : L'oenologue (Album)
Alexandra Baudricourt se plonge dans le notes de son père pour connaître l'histoire du « Chêne courbe ». Si elle veut faire revivre ce vignoble, il faut d'abord qu'elle en connaisse l'histoire. Afin de maîtriser les arcanes de la viticulture, la jeune femme s'adresse à un œnologue réputé. Il doit d'abord l'initier à la dégustation. « Le vin présente une gamme infinie de saveurs et d'arômes (...)Comme un tableau ou une musique, un vin s'apprécie d'autant mieux lorsqu'on a acquis la capacité de mettre des mots sur ses propres hésitations. » Mais, savoir « faire la distinction entre un Graves et un Bordeaux supérieur » n'est qu'un jeu d'enfant à côté des autres difficultés qui attendent Alexandra. : il faut trouver des collaborateurs fiables, des acheteurs et surtout faire face aux actes de malveillance destinés à la faire renoncer.
Ce deuxième tome est beaucoup plus réussi que le premier. J'ai beaucoup aimé voir Alexandra plongée dans le manuscrit de son père. L'histoire du domaine est illustrée de vignettes reproduisant des gravures qui évoquent les périodes de l'histoire auxquelles on fait allusion.
Le scénariste fait un clin d’œil à son dessinateur, puisque, au XVIIIe siècle, le « Chêne courbe » est acheté par le baron Sébastien d'Espé.
Les dessins représentant les châteaux et les villes sont extraordinaires. D'un coup de baguette magique, je pouvais croire me retrouver dans les endroits que j'avais visités avec plaisir.
Quant aux personnages, que je trouvais un peu ratés dans le premier épisode, ils sont tout à fait réussis dans celui-ci. Les rétrospectives en sépia font penser à des photos anciennes. Quelques gros plans insistent sur des détails et contrastent avec des vues d'ensemble qui nous projettent dans les beaux paysages du Bordelais.
J'ai particulièrement apprécié les évocations poétiques propres au langage du vin. Moi qui n'y connais rien, j'avais presque l'impression de goûter les « notes de fruits rouges bien mûrs et de violette... bouquet fumé d'amandes grillées et de résine » ou encore les « arômes complexes de fruits comme la framboise, le cerise et la groseille, mais aussi d'épices et de fleurs comme la rose poivrée et la jacinthe ».
Ce deuxième tome m'a beaucoup plu et j'attends avec impatience de me lancer dans la suite.


La Présidente
La Présidente
par François Durpaire
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Fiction, vraiment?, 14 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Présidente (Broché)
Le 7 mai 2017, les Français vont voter. Antoinette Giraud, une vieille dame de nonante-quatre ans, est anxieuse. Elle, une ancienne résistante, redoute de voir Marine Le Pen devenir la première femme présidente de la République. Et ses craintes sont bientôt avérées. L'élection de « la Présidente » n'est qu'un premier pas vers l'horreur.
François Durpaire s'explique dans son avant-propos : « jamais la victoire d'une candidate incarnant le repli monoculturel n'a été aussi proche ». Il a poussé le jeu du « et si... » un peu plus loin, mais à peine Et voilà Marine Le Pen les deux pieds sur le bureau de l’Élysée.
Farid Boudjellal met cette politique-fiction en images. Le traitement en noir et blanc baigne les propos dans une atmosphère saisissante et glaçante. De nombreuses planches sont des illustrations de lieux ou d'événements, traités en double page, avec des vignettes en incrustations montrant soit des figures politiques proches de la présidente ou opposées à son action (mais si démunies). D'autres suivent un petit groupe d'inébranlables militants rebelles à ce pouvoir totalitaire, proches d'Antoinette, qui, quoi qu'il arrive, resteront fermes face à la menace. Et pourtant, c'est difficile : Fati n'a qu'une simple carte de séjour. Elle risque à tout moment de se la voir refusée. Stéphane est au chômage et Antoinette est âgée. Elle a vu la police française déporter ses amis pendant la guerre. Comment revivre une aussi terrible situation, encore si vivace dans sa mémoire ?
Il fallait que je lise cet ouvrage qui met en scène mes pires craintes. Pourtant, je déteste la politique. Il m'a donc fallu très longtemps pour en venir à bout. Quand je l'ai refermé, j'étais vraiment déprimée. La situation évoquée est tellement proche de la réalité ! Les discours les plus odieux sont, hélas, authentiques, puisque « tous les extraits du programme du Front national, présents dans l'album, ont été reproduits à l'identique. » C'est désespérant. Il est donc impossible de prendre du recul. De telles ignominies ne sortent pas de l'imagination de l'auteur. Il y des gens, et nombreux, autour de nous, qui les pensent vraiment.Que peut-on faire ? Cela me glace.
Cela dit, je n'ai pas du tout aimé cette bande dessinée, non seulement pour le fond qui me terrifie, mais aussi pour la forme. J'ai trouvé que les dessins des personnages étaient relativement ratés. Beaucoup représentent des hommes politiques français que je ne connais pas, ou mal. Il m'est difficile de les identifier. Mais surtout, la ressemblance n'est pas très réussie.
L'usage du noir est omniprésent, envahissant, exagéré. Quand on repose le volume, on n'a plus qu'une envie : se jeter dans le premier canal venu.
Je dirais que, bien que je n'aie pas aimé, je trouve que le plus de gens possible devraient lire cet ouvrage. Quand on entend certains discours, certaines réflexions, on se dit que, si on n'y prend pas garde, on arrivera à la situation décrite ici. Et il y a vraiment de quoi avoir peur.


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