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Contenu rédigé par Feron Béatrice
Classement des meilleurs critiques: 351
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Commentaires écrits par
Feron Béatrice (Marbais, Belgique)
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Le voyage de Luca
Le voyage de Luca
par Jean-Luc Outers
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

5.0 étoiles sur 5 Comment traverser l'Amérique avec une femme et un bébé., 27 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le voyage de Luca (Poche)
« Et toi, où pars-tu en vacances ? »
Il n'est pas rare de s'entendre répondre : « Je vais parcourir la route 66 » ou « visiter les Montagnes Rocheuses (le Canada , la Floride, la Côte Est...) »
Mais, dans les années 80 ?
Traverser le Nouveau Monde, c'est le projet de Marian. Il embarque Julie, sa femme enceinte et Luca, leur bébé. Arrivés à New York, ils font l'acquisition d'une camionnette Volkswagen et partent à l'aventure.
Leur route traverse le Mexique, le Guatemala, le Grand Canyon et Las Vegas. Ils atteindront Vancouver et Montréal en passant par le Yosemite et San Francisco.
Les rencontres sont multiples et étonnantes. De pauvres planteurs de café leur proposent généreusement l'hospitalité. Un ours veut visiter le véhicule. Un chien errant leur offre un brin de conduite.
Les aventures se succèdent : perte de clefs, panne de freins sur un chemin en pente, voisins qui les prennent pour des bourreaux d'enfant.
Luca grandit. Ses parents affrontent bien des épreuves.
Jean-Luc Outers nous emmène sur les routes avec humour, tendresse et poésie.
On rit, on sourit, on pleure, parfois et on sort de ce voyage des étoiles plein les yeux.
J'ai adoré ce roman.


La Dernière Fugitive
La Dernière Fugitive
par Tracy Chevalier
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

5.0 étoiles sur 5 Une femme d'honneur, 14 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Dernière Fugitive (Broché)
Honor Bright, une jeune quaker virtuose dans l'art du quilt, décide d'embarquer pour l'Amérique aux côtés de sa sœur qui va rejoindre son fiancé. La traversée est une telle épreuve qu'il est exclu qu'Honor la refasse un jour dans l'autre sens. Pourtant, à peine a-t-elle posé le pied sur le Nouveau Monde qu'elle se retrouve livrée à elle-même et harcelée par un inquiétant chasseur d'esclaves.
Le roman est divisé en chapitres assez longs qui portent un titre en rapport avec un événement clef. Par exemple « Appliqué » oppose deux techniques de fabrication des quilts, l'appliqué, qu'on pratique en Amérique, et le patchwork, bien plus élaboré, dans lequel Honor excelle. « Maïs » la montre découvrant des joies simples dans son nouveau pays : la dégustation du jeune maïs aux grains croquants et sucrés ou du pop corn dont elle raffole.
Chaque chapitre se clôt par une lettre qui nous donne la vision intérieure de l'un des protagonistes. Le courrier étant très lent, il faut plusieurs mois pour que les lettres d'Honor arrivent à ses parents. A ce moment, beaucoup d'eau a déjà coulé sous les ponts.
Honor est très silencieuse. Nous apprenons que les offices religieux des quakers sont des rassemblements où aucun prêtre ne prononce de sermon. Chaque membre de l'assemblée doit rentrer en lui-même et méditer pendant deux heures en espérant pouvoir entrer en communication avec Dieu. Honor est rompue à cet exercice. Elle peut rester parfaitement immobile et muette pendant très longtemps.
Cela ne l'empêche pas d'avoir une pensée personnelle. Alors que ses coreligionnaires proclament tous les hommes égaux, ils réservent un banc séparé pour les Noirs, acceptent l'esclavage, qu'ils réprouvent, cependant, et ne lèvent pas le petit doigt pour venir en aide aux esclaves fugitifs.
Honor ne se contente pas d'avoir des idées. Elle agit et, même si elle se met en danger, elle va au bout de sa logique.
Tracy Chevalier a peint de beaux portraits de femmes fortes et engagées, comme dans « La jeune fille à la perle » ou « Prodigieuses créatures ».
Honor et Belle, pourtant tout à fait différentes, s'entendent et m'ont beaucoup plu.
J'ai trouvée intéressante la reconstitution d'une société (celle des quakers) dont je ne connaissais rien, et d'une époque.
J'ai donc beaucoup aimé ce roman.


Le collier rouge
Le collier rouge
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Broché
Prix : EUR 15,90

5.0 étoiles sur 5 Fidèle, 14 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le collier rouge (Broché)
Été 1919. Un petit village écrasé de soleil. Dans la prison, un seul détenu. Un héros de la guerre, pourtant. Et sur la place, un chien. Son chien. Qui aboie lamentablement. Sans discontinuer. Depuis des jours.
Le juge militaire arrivera-t-il à le faire taire ? Comprendra-t-il comment et pourquoi Morlac est arrivé derrière les barreaux
Le roman est court. Ils se passe juste après la guerre de 14-18, par un été caniculaire, dans un petit village rural en bordure de la forêt.
Les personnages sont peu nombreux. Il y a d'abord le prisonnier, Jacques Morlac, un paysan taiseux et bourru dont on connaît peu de choses. Il a été envoyé sur le front d'Orient, il a été décoré, mais pourquoi a-t-il été interné ? Mystère.
Malheureusement pour moi, alors que l'auteur maintient soigneusement le secret jusqu'aux dernières pages du livre, la première critique que j'en ai entendue à la radio le révélait d'emblée, gâchant ainsi une bonne partie du plaisir de lecture.
J'ai survolé quelques commentaires sur Amazon et Babelio, et des lecteurs commettent la même faute. Dommage !
Morlac ne fait rien pour attirer notre sympathie. A la première visite du juge militaire, il ne daigne ni bouger, ni répondre. Il se montre agressif, hautain, brutal.
Ensuite, il y a le juge, Hugues Lantier du Grez. Étant donné que l'acte commis par le prévenu pourrait lui valoir le peloton d'exécution ou la déportation, le juge a le mauvais rôle.
Mais il ne fait pas partie de ces officiers pleins de morgue pour lesquels la vie des hommes n'a aucune valeur (comme Aulnay-Pradelle, dans « Au revoir là-haut »).
Il tente de comprendre. Toutes les astuces sont bonnes pour amener Morlac à lui parler, à baisser sa garde, à dévoiler ses motivations. Il ne se contente pas de son dossier militaire. Il discute avec les gens, observe, écoute.
Il y a Valentine. C'est une rude paysanne qui vit seule dans une petite masure perdue au milieu de la forêt. Elle a un petit garçon dont le père est Morlac. Pourtant, Valentine n'est pas une rustaude. Dans sa maison, la bibliothèque tient une place de choix. Elle est la fille d'un révolutionnaire et a fait découvrir à son amant les œuvres de Marx, Proudhon et d'autres.
Enfin, surtout, je dirais, il y a Guillaume. « De près l'animal faisait peine à voir. Il avait vraiment l'allure d'un vieux guerrier. Plusieurs cicatrices sur le dos et les flancs témoignaient de blessures par balles ou d'éclats d'obus. On sentait qu'elle n'avaient pas été soignées et que les chairs s'étaient débrouillées pour se rejoindre tant bien que mal, en formant des bourrelets, des plaques dures et des cals. Il avait une patte arrière déformée et, quand il se tenait assis, il devait la poser en oblique pour ne pas tomber sur le côté. » C'était d'abord le chien de Valentine, mais, quand Morlac avait dû partir à la guerre, il l'avait suivi et depuis, lui montrait une fidélité à toute épreuve. Il s'était débrouillé pour sauter dans le train quand son maître avait été envoyé à Salonique.. Depuis que Morlac a été incarcéré, il reste sur la place du village, sans manger et sans boire, en plein soleil, et il aboie.
Malgré cette preuve d'attachement indéfectible, Morlac ne se soucie pas de lui : « je n'ai jamais eu beaucoup de sentiment pour les chiens (…). Un chien, je l'emmène à la chasse ou dans les champs pour garder les vaches. Mais le caresser, tout ça, ce n'est pas trop mon genre. »
Je n'ai pas aimé Morlac, trop intransigeant, trop dur. En revanche, Hugues Lantier du Grez est un très beau personnage. J'ai particulièrement apprécié ce qu'il nous raconte de son enfance et la manière dont il agit tout au long du roman, surtout à la fin.
Le style, bien que simple, est très soigné et l’œuvre captive immédiatement le lecteur. C'est ce qui m'est arrivé, en tout cas.
Le thème de la fidélité est très finement analysé.
J'ai donc beaucoup aimé ce livre.


La faiseuse d'anges
La faiseuse d'anges
par Camilla Läckberg
Edition : Broché
Prix : EUR 23,50

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un paradis nommé Valö, 23 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La faiseuse d'anges (Broché)
En 1908, la sinistre « faiseuse d'anges » est arrêtée et condamnée à mort. C'est chez elle que les mères célibataires et honteuses abandonnent des enfants non désirés qu'elle prétend accueillir, mais qu'elle se charge bien vite de faire disparaître.
Quel rapport ce tragique fait-divers vieux de plus d'un siècle a-t-il avec les événements étranges qui bousculent la paix de l'île de Valö ?
Ebba revient dans cet endroit paisible pour y convertir en maison d'hôte la propriété familiale. C'est comme si elle avait réveillé de vieux démons.
Le jour de Pâques 1974, en plein déjeuner de fête, toute la famille d'Ebba a disparu sans laisser de traces. Seule restait la petite fille à peine âgée d'un an.
Patrick va se lancer à la recherche du passé, secondé par son épouse Erica. Ils vont déterrer de terribles secrets.
Beaucoup d'histoires se croisent dans ce récit palpitant. On y rencontre l'inquiétante faiseuse d'anges, une amoureuse monomaniaque, un bel aviateur du nom de Göring, un pensionnat pour garçons fortunés et indisciplinés, le charismatique leader d'un nauséabond parti d'extrême droite. Et bien d'autres personnes dont les destins vont se télescoper.
Gösta y apparaît sous un jour nouveau. Il n'est plus seulement ce tire-au-flanc uniquement passionné par le golf, mais un homme meurtri par une triste expérience et doté d'un cœur plein d'amour et d'affection.
Le roman est gros (435 pages) mais se lit très vite car les chapitres sont découpés en courts paragraphes où l'on passe sans cesse de l'enquête principale à différentes époques du passé, aux aventures et mésaventures d'Erica, de sa sœur Anna, des garçons qui étaient sur l'île de Valö au moment des terribles événements.
On voit se construire petit à petit l'histoire de chacun. C'est trépidant et on a toujours envie de connaître la suite.
J'ai dévoré ce livre et je l'ai adoré.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 29, 2014 3:57 PM MEST


La nuit du Vojd
La nuit du Vojd
par Hervé Bel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,30

4.0 étoiles sur 5 Le chef a toujours raison., 15 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La nuit du Vojd (Broché)
« Pour parler de son patron, mon père utilisait un curieux surnom. Il disait « Le Vojd », un mot russe qui signifie le chef ou le guide. » Ivan écoute les récits de son père. Il est fasciné. Lui aussi, il va entrer à « l'Organisation ». Plein de fougue et d'enthousiasme, Ivan est avide de briller aux yeux de V, son mentor. Aussi est-il heureux de pouvoir mener une enquête avec lui.
A vrai dire, le coupable est déjà connu. Il ne s'agit plus que de trouver des preuves tangibles qui l'accablent et de rédiger un rapport.
Sans le savoir, Ivan a mis le doigt dans un engrenage qui avance de façon implacable. Est-il sûr de ne pas y être broyé ?
Le roman comporte deux parties. « Histoire d'Ivan Zamiatine occupe presque la totalité du livre. Narrée par Ivan, elle retrace son évolution depuis qu'il entre à « l'Organisation » jusqu'au drame final. Lieu et époque sont flous. On sait seulement qu'on se trouve dans la ville de X*** à trois cents kilomètres de la capitale.
La seconde partie, « Suite et fin de l'histoire d'Ivan Zamiatine » compte une quinzaine de pages. Elle nous entraîne à Prague d'abord, à Paris ensuite.
Les repères temporels qui nous sont donnés laissent perplexe. Affairés, les gens se croisent sans se voir et discutent avec leur portable. L'action semble donc se dérouler de nos jours. Pourtant, quelqu'un évoque la récente chute du Mur ou l'accession au pouvoir de Vaclav Havel.
Dans cette partie nous sont données les clefs du roman ainsi qu'un épilogue de quelques lignes.
L'atmosphère du récit est noire, oppressante. Elle m'a fait penser à « l'Enquête » de Philippe Claudel ou à « 1984 ». J'étais désorientée, déstabilisée.
Le rôle de l'enquêteur n'est pas de trouver le coupable, mais bien de récolter, au besoin, fabriquer, les preuves qui serviront à l'incriminer.
Bien que le narrateur soit Ivan, je ne pouvais pas éprouver de sympathie à son égard. Entièrement focalisé sur son travail, il est prêt à toutes les bassesses, toutes les compromissions. Sans cesse, il scrute les traits de V. Le moindre froncement de sourcils le met en transes, le plus pâle des sourires le transporte aux nues.
Il consacre ses jours et ses nuits à la rédaction d'un rapport qui n'est en rien conforme à la réalité, mais colle aux désirs de V, ou du moins à ce qu'Ivan imagine devoir lui plaire. Il soigne son style, peaufine ses phrases. Quelle joie si V y est sensible. Quelle dégringolade pour un lettré qui rêvait de gloire littéraire !
Ivan n'a plus une minute pour ses parents qu'il toise d'un regard méprisant. Quoi, ce vieux débris en chaussons, c'était un des intimes du Vojd ?
Quand son meilleur ami vient le rejoindre lors d'une réunion de « l'Organisation », celui-ci en raille les outrances et les ridicules. Ivan le foudroie : « Où te crois-tu ? A la foire, dans ton épicerie ? » Il déverse sur lui la rancœur de son orgueil blessé : V l'a ignoré.
Et tous les idéaux de sa jeunesse ? Balayés. « Que savait-il du monde du travail, des réalités sociales, du comportement des travailleurs ? Je me rendis compte que depuis longtemps déjà, je ne l'aimais plus, que je ne l'avais gardé que par souvenir. »
L'amour ? Certes, la belle Nathalie a touché son cœur, mais, de rendez-vous manqué en retard, en oubli, la jeune femme s'éloigne. Sans regret de la part d'Ivan ? Pas tout à fait. Mais que sont les sentiments face à « l'Organisation » qui « ne s'attaque jamais sans raison à quelqu'un. »
Ivan est devenu un « chasseur ». Sa traque est « à la fois un travail et un jeu. Les enquêteurs font des paris entre eux sur la capacité de la personne à tenir » et quand on ne trouve rien, « cela prouvait, en négatif, (sa) culpabilité ».
« Pour survivre, il faut être terne en toutes choses, sauf pour le travail, la passion unique de (la) vie. (…) Le spécialiste, le professeur, tout ce qui, de près ou de loin ressemble à de l'érudition, sont moqués, tandis que les charlatans et les hypocrites sont portés au pinacle. (…) En détruisant la valeur du livre, en niant qu'il pût être à la fois plaisant et difficile, nous avons oublié la réalité au profit du mot. On n'a jamais autant parlé du bien, de la culture, et jamais on ne les a autant méprisés. »
Imagination de l'auteur, cette vision infernale ? Pas si sûr ! Rappelez-vous ce président français pour qui « La Princesse de Clèves » était tout juste bon à caler un pied de son bureau !
Et ce monde où honnêteté, respect, solidarité sont des mots creux, obsolètes face à ce « besoin de reconnaissance qui anime les hommes, plus que l'argent qui n'est qu'un moyen de cette reconnaissance, plus que les privilèges ! Des plus médiocres aux plus brillants, ce que l'on veut, c'est être reconnu, exister un moment, être admiré, aimé, estimé ! », fiction, lui aussi ?
Dans le nôtre, ne supprime-t-on pas allègrement les émissions culturelles au profit d'une exhibition sportive, d'un concours de « chant » où le gagnant est désigné par les votes du public, autrement dit, par copinage, ou d'une prestation qui mettra à l'honneur le toc et le choc ?
De même, ces hommes qui n'ont pas de nom (Dog, Dirgé, V, C, W...) sont indispensables au Vojd aujourd'hui, mais demain, sans qu'on sache pourquoi, ils tombent en disgrâce.
Tout cela m'a vraiment mise mal à l'aise, oppressée. Au moment de ma lecture, j'ai vu le film de Marc Dugain « Une exécution ordinaire ». Staline y bouleverse la vie d'une jeune femme médecin magnétiseuse qui doit le soigner. Quand il a besoin d'elle il la fait venir d'un claquement de doigts, quand elle ne lui sert plus à rien, il signe l'ordre de son exécution.
J'ai donc trouvé ce roman intéressant et efficace, dans la mesure où il m'a fait ressentir toute la tension qui y régnait, mais je ne peux pas dire que je l'ai aimé.


L'armée furieuse
L'armée furieuse
par Fred Vargas
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Bizarre, vous avez dit bizarre?, 7 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'armée furieuse (Poche)
Est-il possible de commettre un meurtre à la mie de pain ?
Un pigeon blessé ne mérite-t-il pas qu'on recherche son tortionnaire ?
Est-ce une petite frappe de banlieue qui a mis le feu à une voiture dans laquelle dormait un vieil homme ?
Mais surtout, est-il possible qu'une troupe de fantômes qu'on nomme « l'Armée furieuse » vienne se saisir d'hommes coupables de crimes impunis ?
Toutes ces questions titillent la curiosité du commissaire Adamsberg, un flic vraiment décalé.
Y a-t-il un lien entre ces affaires bizarres ? Le flegmatique enquêteur va tenter de le découvrir et, là où le lecteur est mené en bateau, Adamsberg dénoue les fils des intrigues les plus tortueuses avec une facilité déconcertante.
Bien sûr, il existe une réponse rationnelle aux énigmes apparemment totalement ésotériques. Mais ne cherchez pas la méthode Adamsberg : il fonctionne au flair et à l'instinct!
J'ai beaucoup aimé ce roman, comme tous les autres du même auteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 23, 2014 10:38 AM MEST


Le Jeu des ombres
Le Jeu des ombres
par Louise Erdrich
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

3.0 étoiles sur 5 Amour et manipulations, 29 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Jeu des ombres (Poche)
Quand Irene découvre que son mari lit son journal intime, elle décide d'en tenir deux. L'agenda rouge qu'il a découvert, lui servira à le manipuler. Le carnet bleu, elle l'enferme dans un coffre à la banque.
Un terrible jeu du chat et de la souris commence entre ces deux amants-ennemis, dont personne ne peut sortir indemne.
Louise Erdrich, je l'ai découverte avec « La chorale des maîtres bouchers » que j'avais beaucoup aimé. Puis, j'ai lu « Ce qui a dévoré nos cœurs » qui m'avait passablement ennuyée.
J'étais donc curieuse de découvrir un autre roman de cette auteur.
Le résumé de ce « Jeu des ombres » m'attirait : j'ai toujours été outrée par les gens qui se permettent de lire journaux intimes et correspondance personnelle en faisant fi de la vie privée de leurs propriétaires (ce que faisait ma mère).
Ce roman compte cinq parties plus une, qui nous en livre la clé.
La première couvre près de la moitié de l'ouvrage, la deuxième est assez longue, les autres n'occupent plus que quelques pages.
La narration est en général prise en charge par un narrateur extérieur, mais certaines pages sont celle écrites par Irene, soit dans l'agenda rouge où, feignant de rédiger pour elle-même, elle s'adresse en fait à Gil, puisqu'elle sait qu'il la lit, soit dans le carnet bleu, où l'on peut supposer qu'elle est sincère, puisque celui-ci est protégé de tout regard indiscret.
Les dialogues sont très confus. Présentés sans guillemets ni tirets, ils s'enchevêtrent de telle sorte qu'on ne sait plus qui parle, finalement. C'est du moins ce que j'ai ressenti. J'ai dû plusieurs fois relire ces passages en me concentrant : « Je n'ai pas arrêté de travailler, dit Gil. Je n'en peux plus. Qu'est-ce qu'il y a aux nouvelles ? Je vais voir . Allons nous asseoir. Attends. J'allume le four. J'y ai mis le dîner. Oh, parfait, dit Irene. »
C'est peut-être courant dans la vie quotidienne de sauter ainsi du coq à l'âne . Dans un roman, c'est assez déstabilisant.
Les enfants, par exemple, ont un échange surréaliste qui m'échappe un peu : « Allez, dit Florian. Parle-moi. Riel n'arrivait toujours pas à parler. Excuse-moi, finit par dire Florian. S'il te plaît, murmura Riel. Ne refais jamais ça. On est si seul sur cette terre, Smuon. Florian lui tapota le bras. D'accord, je ne suis peut-être pas un smuon, c'est trop dingue. Le boson W a un super partenaire inobservé qu'on appelle un Wino. Je suis juste un Wino. Wino comme poivrot. C'est pas marrant, là. D'accord, je sais. Je serai un WIMP. C'est une particule massive peu interactive. Wimp comme mauviette. »
Ces termes (Puon, Smuon, Wimp...) me sont étrangers. Je ne sais pas s'ils existent réellement ou non.
L'atmosphère du roman m'oppresse. Il fait tout le temps froid, il y a des mètres de neige, le lac gèle presque à vue d’œil. L'hiver me stresse. Ce temps est donc angoissant pour moi. Il correspond bien au huis clos décrit dans ce récit.
Les personnages ne me paraissent pas sympathiques. Irene fait tout ce qu'elle peut pour pousser Gil à bout. Elle veut qu'il la laisse partir. Pourtant, elle ne part pas et revient toujours vers lui, quoi qu'il fasse.
Gil est odieux. Il rabâche sans arrêt que c'est lui qui a payé la maison. Or, sans Irene, il n'aurait pas eu le succès qu'il connaît. Il peint des images avilissantes de sa femme « à quatre pattes, l'air vaincu, une autre fois montrant les dents comme un chien et perdant son sang, son sang menstruel. »
Il est brutal et violent : « As-tu une petite idée de ce que c'est ? Gil, à l'autre bout de la pièce agita un bout de papier dans sa direction. A ton avis ?
Florian, la tête basse, était assis à la table de la salle à manger. Ses mains étaient réunies derrière son crâne et ses épaules tremblaient.
Stoney, dit Irene, monte dans ta chambre.Tout de suite. Riel était à son cours d'espagnol, tant mieux. (…) Quoi que cela puisse être, dit Irene, ce n'est pas un drame. Ah bon ? C'est un mot, Irene, un mot.
Très bien, dit Irene en s'approchant de Florian. Fais voir. Oh, pour ça tu vas le voir, oui, tu vas le voir ! Gil froissa le mot et l'écrasa violemment sur le crâne de Florian. Le front de celui-ci heurta la table dans un grand craquement. »
Souvent, Riel assiste en cachette aux disputes de ses parents. Elle imagine qu'elle va devoir sauver sa famille d'une apocalypse. Elle stocke de la nourriture, cherche un endroit où ils pourraient être à l'abri.
Cette tension permanente est difficile à supporter. Les personnages sont exaltés. Ils me mettent mal à l'aise.
Bien sûr, c'est cette âpreté, cette violence que voulait rendre l'auteur. Elle y a parfaitement réussi. Mais cela me perturbe.
C 'est pourquoi mon avis est mitigé. J'ai trouvé ce livre intéressant, bien réussi, mais j'étais contente de le terminer.


Le confident
Le confident
par Hélène Grémillon
Edition : Poche
Prix : EUR 7,40

5.0 étoiles sur 5 Et l'amour?, 20 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le confident (Poche)
Camille Werner est une jeune éditrice déstabilisée par la mort de sa mère et l'annonce de sa grossesse.
C'est alors qu'au milieu du courrier, elle découvre une étrange lettre non signée. Ce qu'elle y lit la laisse perplexe. L'auteur y raconte l'amour de deux enfants en 1933, Annie et Louis.
Qui peut lui avoir envoyé cette missive ? Et pourquoi ?
Et voici un deuxième envoi. Puis un autre.
Quel rapport peut-elle bien avoir avec cette histoire sortie du passé ?
Au fil de sa lecture, la jeune femme se sent de plus en plus troublée par les lourds secrets qu'elle découvre.
C'est à travers différents points de vue que le récit se construit peu à peu.
Au début, les chapitres actuels (nous sommes en 1975) dont Camille est la narratrice, alternent avec les lettres de Louis, présentés dans une autre police de caractères.
Quand la jeune femme se met à envisager des hypothèses pour comprendre pourquoi Louis lui adresse ces mystérieux plis, elle se heurte à des impasses. Il lui manque des pièces du puzzle.
Ce n'est qu'à la fin qu'elle complétera le tableau avec la lecture des cahiers relatant la confession d'un autre personnage.
Nous aurons donc deux visions de la même histoire. Celle-ci s'éclaire d'un jour nouveau. Le lecteur ne peut s'empêcher de frémir en découvrant une machination diabolique élaborée par un protagoniste qu'il avait cru triste et désemparé et qui, au contraire, s'avère froid, calculateur, manipulateur.
Comment peut-on penser obliger quelqu'un à aimer ?
En refermant le livre, j'ai éprouvé un sentiment de grande admiration.
Comment ? Il s'agit là d'un premier roman ?
Quelle maîtrise dans la construction et dans l'écriture !
J'ai adoré cette lecture. C'était pour moi un vrai coup de cœur .


Les choix secrets
Les choix secrets
par Hervé Bel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La loméchuse., 18 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les choix secrets (Broché)
A plus de quatre-vingts ans, Marie vit quasi-recluse dans la maison de son enfance avec un mari malade.
Chaque jour, elle accomplit avec minutie tout un rituel pour s'assurer que chaque porte, chaque fenêtre est bien fermée, qu'aucune lampe ne reste allumée.
Une nuit, le bruit d'une tuile qui dégringole la plonge dans les affres des suppositions : la pluie qui s'infiltre, la charpente qui pourrit, la toiture qui s'effondre... C'est sûr, demain, il faudra que Roger vienne réparer.
Peu à peu, Marie s'immerge dans les souvenirs. L'amertume l'envahit. Existe-t-il sur terre un seul être dont le destin fut aussi tragique ?
En une journée unique, Hervé Bel fait se dérouler tout le film d'une vie. L'histoire nous est racontée par le biais d'une vision unique : celle de Marie. Tantôt, le narrateur est extérieur, tantôt, Marie prend le relais, toujours, c'est son point de vue qui nous est exposé.
Mais, à la fin du roman, brutalement, la vision change. Michel et Christine, le fils et la belle-fille, alertés par Roger, pénètrent dans la maison En même temps que leur regard, le lecteur balaie la pièce avec stupéfaction. Il découvre l'horreur. Il sent l'odeur. Elle lui pique le nez. Il ne peut s'en débarrasser.
Repliée exclusivement sur elle-même, Marie a endossé le costume du tyran domestique. Tout et tous doivent se plier à sa volonté de fer : « - Jure-le ! Dit-elle. - Je te le jure, ma Ririe. - Sur la tête de Pierre ? - Oui ! - Qu'il meure en Algérie si tu mens. - Oui. - Répète ! - Qu'il meure en Algérie si je mens. »
Quand Michel, son deuxième fils, lui annonce qu'il aime Christine : « C'est une fille, une fille ! Elle prononçait le mot « fille » comme elle eût parlé d'une matière fécale. »
Marie ne sait pas que l'amour est un trésor qui s'accroît quand on en donne. Pour elle, il n'y en a qu'une portion finie. En le partageant avec quelqu'un d'autre, ses proches lui en prennent.
« Elle a toujours vécu dans cette illusion que le monde était un parterre et qu'elle était sur la scène, aimée de son public et elle, la vedette, tantôt indifférente, tantôt gentille, tantôt méchante, mais toujours pardonnée. »
Un magistral portrait de femme, un monstre, une « loméchuse », cet insecte qui s'arrange pour que les fourmis abandonnent leurs propres larves afin de s'occuper de celles de l'intruse, faisant le vide autour d'elle, réduisant la fourmilière à l'état de cimetière.
Une construction maîtrisée avec un effet final saisissant. Un style limpide, raffiné, poétique, parfois : « le vent se lève, légèrement, comme une expiration humaine ». Et la capacité magistrale de fixer des images, des sons, des odeurs surtout.
J'ai tout aimé dans ce roman splendide, en dépit de son âpreté, de sa cruauté, même, parfois. Je l'ai adoré et je le recommande chaudement.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 20, 2014 2:49 PM MEST


Les notes de Jimi H.
Les notes de Jimi H.
par Thilde Barboni
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

3.0 étoiles sur 5 C'est chouette, un ado!, 15 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les notes de Jimi H. (Broché)
Roxane est sans cesse en conflit avec Neil, son fils. Il lui rappelle trop le souvenir idéalisé de son cousin Manu, un musicien de génie disparu en 1969.
Un jour, après une violente dispute, Neil déchire en mille morceaux une photo dédicacée de Jimi Hendrix à laquelle sa mère tenait comme à la prunelle de ses yeux.
Et quelques jours plus tard, l'adolescent disparaît en laissant à sa mère un message qui lui rappelle le mot laissé par Manu avant son départ.
Pour Roxane, le monde s'écroule. Va-t-elle revivre le cauchemar qui l'a détruite voilà plus de quarante ans ?
Le roman est composé de chapitres assez longs dont Roxane est la narratrice. On est plongé tour à tour dans le présent et dans les années soixante. On a la sensation qu'elle est restée bloquée à cette époque et n'a jamais pu évoluer. La disparition de Neil est le moment où le temps va se remettre en route et reprendre son cours.
Roxane a gardé des rêves de préadolescente. Elle n'a vu que le beau côté des choses.
Pour elle, Manu était un héros, une idole, un être idéal. Ne se rendait-elle pas compte qu'il la coupait du monde et des autres, empêchant quiconque de l'approcher comme si elle était son bien ? A présent, en parlant avec Mark, un des musiciens du groupe, elle va petit à petit découvrir une autre facette de celui qu'elle adulait.
Mais, pour que cette évolution soit possible, il faut un drame. Neil, son fils, qui ressemble tellement à Manu, part sans crier gare. Il reproduit presque mot à mot le message d'adieu de Manu. Il savait pourtant bien à quel point cela blesserait et terroriserait sa mère.
Il se croit très fort et très mûr, mais agit comme un enfant. Perdu dans un monde virtuel, il ne fait pas bien la différence entre rêve et réalité. Il joue non stop à des jeux de combat en ligne. Dans ce monde, on a plusieurs vies, mais en réalité, on n'en a qu'une, et elle est précieuse !
Thilde Barboni a bien rendu les atmosphères des années 60 et du monde de la toile.
Les dialogues avec l'adolescent sont assez comiques, vus de l'extérieur s'entend, car gérer un enfant tel que Neil ne doit pas être rose tous les jours !
Malgré quelques invraisemblances, j'ai bien aimé cette lecture.
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