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Commentaires écrits par
Penny Essex "Penny Essex" (Toronto)

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L'Intelligence émotionnelle
L'Intelligence émotionnelle
par Daniel Goleman
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

35 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Une fumisterie sans le moindre fondement scientifique., 20 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Intelligence émotionnelle (Poche)
Ceux qui accordent 5 étoiles à ce bouquin auraient tout intérêt à se renseigner un peu mieux sur son origine véritable. Ils apprendraient ainsi que Goleman n'est nullement le père du concept de l'intelligence émotionnelle. Ce sont plutôt les psychologues américains John Mayer et Peter Salovey qui, les premiers, publièrent un article purement spéculatif et théorique sur cette idée, en 1990. Bien que ce texte et un second, publié en 1993, attira très peu l'attention de la communauté scientifique, il frappa vivement l'imagination de Goleman, qui contacta ses auteurs en leur demandant la permission d'emprunter leur concept et son nom pour un bouquin qu'il écrivait alors sur les émotions.

On connait la suite et le succès mondial du livre. Toutefois, dans un article publié en 1999 (Promotional Intelligence), la journaliste américaine Annie Murphy Paul révélait le peu de ressemblance entre l'hypothétique concept initial de Mayer et Salovey et celui, fantaisiste et scientifiquement infondé, exposé dans le livre de Goleman:

« Si l’auteur s’étonna du succès de L’intelligence émotionnelle, les premiers chercheurs, eux, furent stupéfaits. Mais leur plaisir initial devant le succès du livre se mua rapidement en consternation. Goleman avait dénaturé leur modèle théorique de manière inquiétante. Il dépeignait la personne intelligente-émotionnelle comme celle possédant toutes les qualités du type bien — gentil, chaleureux et sympathique — alors que les chercheurs s’étaient plutôt davantage concentrés sur l’interaction fluide entre les émotions et l’intelligence. Goleman avait grandement repoussé les limites de l’intelligence émotionnelle, en lui ajoutant un éventail de qualités, telles le zèle et la persévérance, habituellement étrangères aux émotions. Il mit sur un pied d’égalité “intelligence émotionnelle”, “maturité” et “avoir du caractère”, une adéquation que s’étaient catégoriquement refusés de faire Salovey et Mayer. Il ajoutait des déclarations à l’emporte-­pièce concernant cette idée, incluant celle de la page couverture qui affirmait que l’intelligence émotionnelle prédit le succès mieux que le QI. En voyant le livre, et en constatant particulièrement la comparaison avec le QI, la première réaction de Mayer fut: « Ce n’est pas le cas, ce n’est pas vrai ». Puis il se dit: « Oh­‐oh, j’espère que ce n’est pas de notre faute ». Lui et son collègue révisèrent la littérature sur l’intelligence émotionnelle, incluant leurs propres articles, et conclurent que Goleman avait traité la recherche à la légère ».

Bref, le livre brouillon et mystificateur de Goleman est ainsi responsable de la propagation d'un nouveau mythe social, celui de l'intelligence émotionnelle. Concept qui, sous le processus de dénaturation opérant tout au long du livre, n'a pas le moindre fondement scientifique:

« Mais en accentuant les traits de la personnalité plutôt que les interactions spécifiques entre les émotions et l’intelligence, Goleman mine la prétention du livre à l’exactitude scientifique. Les scientifiques n’ont pas encore prouvé que l’intelligence émotionnelle prédit quoi que ce soit, ou même que ce soit une quantité discrète, qui se distingue de l’intelligence générale; le concept est trop nouveau. Mais ils ont étudié en profondeur les traits de la personnalité, dont l’amabilité et l’extroversion, et c’est aujourd’hui un fait confirmé que de telles qualités, bien qu’il soit extrêmement agréable de les retrouver chez un employé ou un collègue, n’ont aucun lien avec le succès en carrière — même dans un domaine comme la vente, où on s’attendrait à ce que ce soit le cas.

Le message optimiste du livre, que l’hérédité l’emporte sur l’intelligence pure, n’ajoute rien de vraiment nouveau. De là découle une autre raison à sa popularité: il possède la saveur traditonnelle de la sagesse populaire, ou du moins de la pensée magique conventionnelle. Et bien que certains puissent lire L’intelligence émotionnelle en pensant développer leur potentiel émotionnel, il ne fait aucun doute que plusieurs l’ont acheté pour justifier l’importance de leur propre profil émotif. Dans les deux cas, la notoriété du livre ne s’est pas développée en s’appuyant sur le concept de la “gentillesse”, mais en affirmant que c’est « c’est la gentillesse qui compte le plus » — l’affirmation même que Salovey et Mayer contestent le plus vigoureusement.

« Les affirmations faîtes à propos de l’intelligence émotionnelle n’ont plus rien à voir avec quoi que ce soit que nous ayons dit », clame carrément Mayer. Particulièrement, « vous ne retrouvez nulle part, dans tout ce que nous avons écrit » l’affirmation selon laquelle l’intelligence émotionnelle a plus de valeur que le QI pour prédire le succès. Goleman est parvenu à cette conclusion lui­‐même — et les méthodes qu’il utilise pour le faire n’ont clairement aucune valeur scientifique ».

Bref, voici une autre bouillie pour les naïfs sans logique, qui ont promu au rang de percée “scientifique” une absurdité indigne même du conte de fée. Conclusion de Murphy Paul:

« La conception populaire de l’intelligence émotionnelle a presque complètement éclipsé le concept académique et Goleman en est le flamboyant responsable. Président directeur général du Emotional Intelligence Services et co­‐président du Consortium for Research on Emotional Intelligence in Organizations, l’auteur Goleman s’est métamorphosé en une industrie artisanale. Quand on lui demande s’il écrira un troisième livre sur l’intelligence émotionnelle, il pousse un soupir. « Je ne sais pas, je suis trop occupé », dit­‐il. « On me sollicite partout dans le monde à titre de conférencier ».

Et pourquoi devrions-­nous nous en étonner? Goleman parle le jargon fade, chatié des affaires. [...] Il assure sa promotion avec facilité et efficacité. « Le monde des affaires utilise une phrase que je n’avais jamais vraiment entendu auparavant: apparemment, je suis un “leader d’opinion” », dit Goleman. « Le gars qui explique le concept et invite les gens à y prêter attention—voilà mon rôle ».

Salovey et Mayer, de l’autre côté, tiennent un discours moins assuré et plus complexe, plein de réserves et de conditionnels, « lorsque j’écris avec Peter et quand Peter écrit avec moi », mentionne Mayer, qui ne désire prendre le crédit d’aucune part de leur collaboration. Après une longue explication sur sa recherche, il prend une grande respiration et conclut, « j’aurais dû écrire, dans la préface de tout ceci, si seulement l’intelligence émotionnelle existe vraiment ».

Et vlan!


Manufacturing Victims: What the Psychology Industry is Doing to People
Manufacturing Victims: What the Psychology Industry is Doing to People
par Tana Dineen
Edition : Impression à la demande
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Lecture nécessaire, 28 septembre 2013
Pour ceux qui peuvent lire en anglais, voici un livre qui dessille les yeux, en dévoilant le peu de fondement scientifique d'une grande partie de la psychologie clinique. Cette discipline s'est aujourd'hui introduite dans presque toutes les sphères de la société (tribunaux, écoles, système de santé, entreprises, média, etc.), alors que cette croissance ne se justifie pas et ne repose sur aucune base de connaissance scientifique.

Quelles sont ainsi les faussetés véhiculées par l'industrie de la psychologie:
1) que les psychologues soient des spécialistes du comportement humain;
2) qu'ils soient meilleurs thérapeutes qu'une personne ayant une formation minimale;
3) qu'ils aient une compétence pour livrer une “opinion d'expert” au tribunal;
4) qu'ils savent mieux que le commun des mortels ce qu'il nous faudrait “corriger” de nos pensées et de notre comportement pour se sentir plus heureux;
5) qu'ils savent mieux comprendre le comportement humain parce qu'ils développeraient une compétence basée sur leur expérience clinique (en dépit des nombreuses études démontrant aujourd'hui qu'il est impossible de faire un tel apprentissage dans le contexte de la clinique en psychologie).

« La psychologie n'est pas la profession qu'elle prétend être, ni n'est-elle qu'une entreprise semblables aux autres. Elle est trop importante et trop puissante pour ne pas être vue et considérée comme une industrie à part entière, avec ses slogans publicitaires, ses programmes de ventes et de marketing, son secteur de recherche et développement, ses lignes de production et d'assemblage et ses syndicats. Nous voici à l'ère des psychologues accrédités, certifiés, proclamés et auto-proclamés. Armée de ses diplômes en psychologie, en médecine, en travail social et en soins infirmiers ou même dépourvue de toute compétence académique, la main-d'oeuvre croissante de l'Industrie de la psychologie se fie, pour sa survie et sa croissance, sur son habileté à créer des marchés et à fabriquer des victimes. Se spécialisant dans le traumatisme, le stress, l'abus et la dépendance, un nombre croissant de psychologues se concurrencent pour les “frais des victimes”. Peu d'entre eux se questionnent ou affichent la moindre réserve sur leurs activités. La majorité fait correspondre son statut d'expert à ses croyances inflexibles, qu'elle présente, sans l'ombre d'une pensée critique ou d'une réflexion responsable, comme des “découvertes” et des “faits” ». p. 23.

À lire absolument.


Freud sous coke
Freud sous coke
par David Cohen
Edition : Broché
Prix : EUR 24,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Évitez ce livre à tout prix, 28 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Freud sous coke (Broché)
Sous un titre laissant croire à une oeuvre critique du freudisme, ce livre redore plutôt l'image ternie du père de la psychanalyse grâce à un scandaleux procédé de désinformation. Par exemple, parlant de la consommation de cocaïne de Freud, l'auteur écrit, p. 127:

« Peut-être Freud s'est-il abusé lui-même, mais il importe de souligner une différence essentielle entre Freud et les usagers contemporains. Le père de la psychanalyse ne sniffait pas de poudre ni ne fumait du crack, il ingérait la drogue oralement. Cette méthode, pour utiliser le jargon des usagers, fait nettement moins “planer”: la drogue ainsi prise est métabolisée à un taux bien inférieur que quand elle ingérée (sic) par voie intranasale et ses effets se prolongent beaucoup plus longtemps ».

S'il est vrai que Freud consomma au départ la drogue oralement, nous savons toutefois, depuis la publication intégrale des lettres à Fliess par Jeffrey Masson, en 1985, qu'il se badigeonnait allègrement les narines de cocaïne, depuis l'été 1892, pour soulager ses migraines (voir par exemple la lettre du 30 mai 1893). Bien que cette information soit écrite de la propre main de Freud, Cohen ne se gêne aucunement pour nous balancer son incroyable fausseté en prenant le lecteur pour un véritable cornichon.

Et le livre abuse de ce procédé de la première à la dernière page, affirmant par exemple que Freud développa la méthode d'analyse des rêves suite à son auto-analyse, alors qu'il est notoirement connu que depuis l’adolescence, il entretenait une passion, voire une superstition, pour les rêves et la rêverie. Dans une lettre à Martha datée du 19 juillet 1883, il parlait du rêve d’un paysage divin qui, « selon mon carnet sur les rêves que j’ai composé à partir de mes expériences, présage un voyage ».

La production d'un tel navet par Cohen ne lui mérite que des huées. Évitez ce livre à tout prix.


Le dossier Freud : Enquête sur l'histoire de la psychanalyse
Le dossier Freud : Enquête sur l'histoire de la psychanalyse
par Mikkel Borch-Jacobsen
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage incontournable, 31 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le dossier Freud : Enquête sur l'histoire de la psychanalyse (Broché)
Une lecture essentielle pour comprendre toute l'ineptie du freudisme.

Bouquin solidement appuyé sur une recherche documentaire minutieuse et sur une logique discursive impitoyable.

Le seul reproche que je peux lui faire, c'est de ne pas insister autant qu'il eût fallu, à mon avis, sur l'influence de la cocaïne dans la genèse de cette incroyable fumisterie qu'aura été la psychanalyse.


Les patients de Freud : Destins
Les patients de Freud : Destins
par Mikkel Borch-Jacobsen
Edition : Broché
Prix : EUR 14,20

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lecture essentielle, 9 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les patients de Freud : Destins (Broché)
Livre abondant de renseignements sur ces illustres patients, dont on croit connaître l'histoire, comme celle des célébrités en général, mais que finalement l'on connait si mal. Nous fait prendre conscience de la piètre compétence médicale de Freud, qui ne doit sa renommée qu'aux mensonges, les siens comme ceux de ses disciples.

Livre également nécessaire à l'exercice laborieux de la démythification, aidant la société à enfin comprendre l'égarement vers lequel la fumisterie psychanalytique l'a conduite.


La Disparue de Deauville
La Disparue de Deauville
DVD ~ Christophe Lambert
Proposé par Neobang
Prix : EUR 11,99

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bon film, 20 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Disparue de Deauville (DVD)
Sublime Sophie Marceau, qui excelle dans ces rôles de beauté sûre d'elle et un peu distante (rôle similaire dans Anthony Zimmer et Les femmes de l'ombre).

Le scénario manque de raccord par moment, mais dans l'ensemble captivant.

Note Globale: 3/5
Sophie Marceau: 3.5/5


Le crépuscule d'une idole
Le crépuscule d'une idole
par Michel Onfray
Edition : Broché
Prix : EUR 22,40

24 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Ouvrage surprenant, 18 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le crépuscule d'une idole (Broché)
Voilà un ouvrage surprenant de la part de Onfray, car pas plus tard qu'en 2005, dans son Traité d'athéologie, voici ce que l'auteur avait à dire de Freud, p. 123: « Au pied de son divan, vers 1900, un médecin viennois découvre l'inconscient, les mécanismes du refoulement et de la sublimation, l'existence de la pulsion de mort, le rôle du rêve et mille autres trouvailles qui révolutionnent la psychologie alors à son stade préhistorique; il met au point une méthode qui soigne, apaise, guérit les névroses, les affections mentales, les psychoses; il est vrai qu'en passant, dans L'avenir d'une illusion, il prouve aussi que toute religion procède d'une 'névrose obsessionnelle' qui entretient également des rapports avec la 'psychose hallucinatoire' ».

La conversion de Onfray apparaît donc assez soudaine. Ce n'est pas un reproche que je lui adresse, mais l'expression d'un étonnement face à ce revirement.

Quant à ceux qui reprochent à Onfray d'écrire sur un sujet déjà connu et qui l'accusent donc de nous servir du réchauffé, ma parole, n'est-ce pas là un blâme qui pourrait viser 10 millions d'auteurs??!! À cet égard, ceux qui évoquent le Livre noir de la psychanalyse dans leur commentaire ne devraient pas oublier Mensonges freudiens de Bénesteau, injustement oublié en raison du procès avorté contre la psychanalyste et vieille sorcière Elisabeth Roudinesco, une manipulatrice de haut niveau qui, dans sa critique du livre de Bénesteau, 'citait' des propos pourtant absents du bouquin!!

Je dis au contraire bravo pour ce nouveau pavé dans la mare freudienne, s'il peut aider la société française à enfin se sortir de la scandaleuse supercherie de la psychanalyse.


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