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Pèire Cotó (Occitània)
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Rusalka
Rusalka
Prix : EUR 17,46

5.0 étoiles sur 5 Pour le chef, mais pas seulement, 29 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rusalka (CD)
Rusalka, Zdenek Chalabala, Orchestre du Théâtre National de Prague, Studio Domovina, novembre-décembre 1961, ingénieur du son Frantisek Burda.
Précision : je connais cette interprétation dans l'édition Supraphon Rusalka, qui d'ailleurs a le livret. Ici, vous ne l'aurez pas. Le son ne sera peut-être pas aussi bon, même si je connais un disque Cantus réalisé en accord avec Supraphon, mais pour celui-ci, mystère... Mon commentaire ne vaut donc que pour l'interprétation.

Parmi les enregistrements de Rusalka, trois ou quatre sont particulièrement appréciés par la critique. Celui de Mackerras (1998) Rusalka avec Renée Fleming dans le rôle-titre est probablement le plus vendu à notre époque. Il a un peu éclipsé l'un des précédents, celui de Neumann (1984) Rusalka :Opéra En 3 Actes, Op. 114 avec Benacková. Ces deux enregistrements de studio sont complets, à la différence des plus anciens, avec lesquels il faut accepter quelques coupures, pas vraiment gênantes d'ailleurs : la présente version, déjà stéréo, excellemment enregistrée, et celle un peu plus ancienne de Jaroslav Krombholc (1952) Dvorák Antonin (Opera In 3 Acts-OP.114) : Rusalka avec Ludmila Cervinková, qui est en mono. Je ne connais pas la version Neumann et pour commenter j'ai comparé certaines plages de la version Chalabala avec celle de Mackerras et surtout avec celle de Krombholc, que j'aime particulièrement.

C'est d'abord le chef, qui devait mourir quelques mois après, qui fait la valeur de cet enregistrement. D'une autorité saisissante, d'une noblesse hautaine, plein d'élégance et aussi de clarté, il stylise et spiritualise l'œuvre bien davantage que le bouillant et concret Krombholc. Les nuances qu'il donne à certaines nuances orchestrales sont d'une poésie et d'un mystère qui n'appartiennent qu'à lui. Il y a souvent une certaine mélancolie qui apparaît dans sa direction, si bien qu'il peut garder une distance devant le caractère joyeux de certaines œuvres plus légères, comme la farce Le Diable Et Katia et que l'aspect rythmique n'est pas ce qui l'intéresse le plus. A qui le comparer ? A Karajan pour l'élégance et la précision, un peu à Bruno Walter pour la poésie, tout de même bien différente, à Furtwängler pour un au-delà de la lettre, presque mystique. Mais certainement pas à Abendroth ou à Karl Böhm, ni même à Reiner, à Clemens Krauss ou à Jochum.

Vocalement, cet enregistrement n'égale peut-être pas celui de Krombholc, mais n'en est pas loin. Il le dépasse probablement pour le rôle de Rusalka, ici tenu par Milada Subrtová, en tout cas pour ce qui est de la voix. Milada Subrtová donne tout de même quelque chose d'impérieux et de volontaire au personnage de Rusalka, cette victime de l'amour. Sur ce point de vraisemblance psychologique, Ludmila Cervinková l'emporte. Quant à Vodník, le Maître des Eaux, c'est le même qu'avec Krombholc, le grand Eduard Haken, d'une magnifique autorité. Mais 9 ans auparavant, il avait plus de puissance et de richesse vocale, il impressionnait davantage. Le Prince d'Ivo Zídek, très nuancé dans les détails, a idéalement le caractère juvénile du rôle et son élégance; m'est-il permis de préférer tout de même l'inégalable Beno Blachut dans l'enregistrement précédent, certes avec une voix moins légère, qui évoque davantage une certaine maturité, mais aussi avec sa chaleureuse noblesse, sa profondeur, son humanité riche d'expérience, dont l'impact ne s'explique pas, s'il s'impose ?

Dans le rôle de la sorcière Jezibaba, Marie Ovcaciková impressionne moins que la grande Marta Krásová (version Krombholc), mégère brutale et instinctive, d'ailleurs non dépourvue d'humour. Avec moins de puissance, un caractère un peu moins pittoresque, elle insinue pourtant dans son rôle une sorte de mystère maléfique. J'ai plus de peine pour comparer la Princesse étrangère, personnage sans doute venu de l'Enfer ou dominé par lui, dans l'une ou l'autre version. Alena Míková est excellente, comme l'était Marie Podvalová en 1952, et selon les moments je préfère l'une ou l'autre. Il me semble que Podvalová a plus de puissance et de violence, mais que Míková est plus nuancée, qu'elle dose mieux l'expression, calculatrice, séductrice, haineuse, venimeuse, fatale, à chaque moment. Avantage à Míková, me semble-t-il.

Comme dans la version Krombholc, les personnages secondaires sont excellemment tenus, que ce soit le garde-forestier (Hajny), le même qu'en 1952, Jirí Joran, dont la voix riche, veloutée et harmonieuse conviendrait à des rôles plus importants, l'adorable Ivana Mixová dans le rôle du Marmiton (Kuchtík), bien plus crédible dans ce rôle enfantin que Hanzaliková chez Krombholc, le très nuancé Václav Bednár qui est le chasseur, ou les trois Dryades. On a aussi l'impression que les nuances qu'on apprécie chez beaucoup de chanteurs sont en partie dues à l'influence de la direction. Je conclus en regrettant de n'avoir pu mettre les diacritiques si nécessaires à la prononciation; par exemple, Jirí, avec un caron, accent circonflexe inversé, sur le r, fait que ça se prononce "Jirgi" : c'est Georges... J'ai écrit ceux que j'utilise en occitan ou en catalan et je crois que le site peut les reproduire. Certains des autres, ce serait moins probable.


Rusalka
Rusalka
Prix : EUR 20,91

5.0 étoiles sur 5 Pour le chef, mais pas seulement, 29 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rusalka (CD)
Rusalka, Zdenek Chalabala, Orchestre du Théâtre National de Prague, Studio Domovina, novembre-décembre 1961, ingénieur du son Frantisek Burda. Il y a le livret.

Parmi les enregistrements de Rusalka, trois ou quatre sont particulièrement appréciés par la critique. Celui de Mackerras (1998) Rusalka avec Renée Fleming dans le rôle-titre est probablement le plus vendu à notre époque. Il a un peu éclipsé l'un des précédents, celui de Neumann (1984) Rusalka :Opéra En 3 Actes, Op. 114 avec Benacková. Ces deux enregistrements de studio sont complets, à la différence des plus anciens, avec lesquels il faut accepter quelques coupures, pas vraiment gênantes d'ailleurs : la présente version, déjà stéréo, excellemment enregistrée, et celle un peu plus ancienne de Jaroslav Krombholc (1952) Dvorák Antonin (Opera In 3 Acts-OP.114) : Rusalka avec Ludmila Cervinková, qui est en mono. Je ne connais pas la version Neumann et pour commenter j'ai comparé certaines plages de la version Chalabala avec celle de Mackerras et surtout avec celle de Krombholc, que j'aime particulièrement.

C'est d'abord le chef, qui devait mourir quelques mois après, qui fait la valeur de cet enregistrement. D'une autorité saisissante, d'une noblesse hautaine, plein d'élégance et aussi de clarté, il stylise et spiritualise l'œuvre bien davantage que le bouillant et concret Krombholc. Les nuances qu'il donne à certaines nuances orchestrales sont d'une poésie et d'un mystère qui n'appartiennent qu'à lui. Il y a souvent une certaine mélancolie qui apparaît dans sa direction, si bien qu'il peut garder une distance devant le caractère joyeux de certaines œuvres plus légères, comme la farce Le Diable Et Katia et que l'aspect rythmique n'est pas ce qui l'intéresse le plus. A qui le comparer ? A Karajan pour l'élégance et la précision, un peu à Bruno Walter pour la poésie, tout de même bien différente, à Furtwängler pour un au-delà de la lettre, presque mystique. Mais certainement pas à Abendroth ou à Karl Böhm, ni même à Reiner, à Clemens Krauss ou à Jochum.

Vocalement, cet enregistrement n'égale peut-être pas celui de Krombholc, mais n'en est pas loin. Il le dépasse probablement pour le rôle de Rusalka, ici tenu par Milada Subrtová, en tout cas pour ce qui est de la voix. Milada Subrtová donne tout de même quelque chose d'impérieux et de volontaire au personnage de Rusalka, cette victime de l'amour. Sur ce point de vraisemblance psychologique, Ludmila Cervinková l'emporte. Quant à Vodník, le Maître des Eaux, c'est le même qu'avec Krombholc, le grand Eduard Haken, d'une magnifique autorité. Mais 9 ans auparavant, il avait plus de puissance et de richesse vocale, il impressionnait davantage. Le Prince d'Ivo Zídek, très nuancé dans les détails, a idéalement le caractère juvénile du rôle et son élégance; m'est-il permis de préférer tout de même l'inégalable Beno Blachut dans l'enregistrement précédent, certes avec une voix moins légère, qui évoque davantage une certaine maturité, mais aussi avec sa chaleureuse noblesse, sa profondeur, son humanité riche d'expérience, dont l'impact ne s'explique pas, s'il s'impose ?

Dans le rôle de la sorcière Jezibaba, Marie Ovcaciková impressionne moins que la grande Marta Krásová (version Krombholc), mégère brutale et instinctive, d'ailleurs non dépourvue d'humour. Avec moins de puissance, un caractère un peu moins pittoresque, elle insinue pourtant dans son rôle une sorte de mystère maléfique. J'ai plus de peine pour comparer la Princesse étrangère, personnage sans doute venu de l'Enfer ou dominé par lui, dans l'une ou l'autre version. Alena Míková est excellente, comme l'était Marie Podvalová en 1952, et selon les moments je préfère l'une ou l'autre. Il me semble que Podvalová a plus de puissance et de violence, mais que Míková est plus nuancée, qu'elle dose mieux l'expression, calculatrice, séductrice, haineuse, venimeuse, fatale, à chaque moment. Avantage à Míková, me semble-t-il.

Comme dans la version Krombholc, les personnages secondaires sont excellemment tenus, que ce soit le garde-forestier (Hajny), le même qu'en 1952, Jirí Joran, dont la voix riche, veloutée et harmonieuse conviendrait à des rôles plus importants, l'adorable Ivana Mixová dans le rôle du Marmiton (Kuchtík), bien plus crédible dans ce rôle enfantin que Hanzaliková chez Krombholc, le très nuancé Václav Bednár qui est le chasseur, ou les trois Dryades. On a aussi l'impression que les nuances qu'on apprécie chez beaucoup de chanteurs sont en partie dues à l'influence de la direction. Je conclus en regrettant de n'avoir pu mettre les diacritiques si nécessaires à la prononciation; par exemple, Jirí, avec un caron, accent circonflexe inversé, sur le r, fait que ça se prononce "Jirgi" : c'est Georges... J'ai écrit ceux que j'utilise en occitan ou en catalan et je crois que le site peut les reproduire. Certains des autres, ce serait moins probable.


Dvorak:Rusalka [Opera]
Dvorak:Rusalka [Opera]
Prix : EUR 21,71

5.0 étoiles sur 5 Pour le chef, mais pas seulement, 29 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorak:Rusalka [Opera] (CD)
Rusalka, Zdenek Chalabala, Orchestre du Théâtre National de Prague, Studio Domovina, novembre-décembre 1961, ingénieur du son Frantisek Burda.
NB. Je ne sais pas s'il y a une différence avec l'édition Rusalka, que j'ai et qui contient le livret. Celle-ci aussi, j'imagine...

Parmi les enregistrements de Rusalka, trois ou quatre sont particulièrement appréciés par la critique. Celui de Mackerras (1998) Rusalka avec Renée Fleming dans le rôle-titre est probablement le plus vendu à notre époque. Il a un peu éclipsé l'un des précédents, celui de Neumann (1984) Rusalka :Opéra En 3 Actes, Op. 114 avec Benacková. Ces deux enregistrements de studio sont complets, à la différence des plus anciens, avec lesquels il faut accepter quelques coupures, pas vraiment gênantes d'ailleurs : la présente version, déjà stéréo, excellemment enregistrée, et celle un peu plus ancienne de Jaroslav Krombholc (1952) Dvorák Antonin (Opera In 3 Acts-OP.114) : Rusalka avec Ludmila Cervinková, qui est en mono. Je ne connais pas la version Neumann et pour commenter j'ai comparé certaines plages de la version Chalabala avec celle de Mackerras et surtout avec celle de Krombholc, que j'aime particulièrement.

C'est d'abord le chef, qui devait mourir quelques mois après, qui fait la valeur de cet enregistrement. D'une autorité saisissante, d'une noblesse hautaine, plein d'élégance et aussi de clarté, il stylise et spiritualise l'œuvre bien davantage que le bouillant et concret Krombholc. Les nuances qu'il donne à certaines nuances orchestrales sont d'une poésie et d'un mystère qui n'appartiennent qu'à lui. Il y a souvent une certaine mélancolie qui apparaît dans sa direction, si bien qu'il peut garder une distance devant le caractère joyeux de certaines œuvres plus légères, comme la farce Le Diable Et Katia et que l'aspect rythmique n'est pas ce qui l'intéresse le plus. A qui le comparer ? A Karajan pour l'élégance et la précision, un peu à Bruno Walter pour la poésie, tout de même bien différente, à Furtwängler pour un au-delà de la lettre, presque mystique. Mais certainement pas à Abendroth ou à Karl Böhm, ni même à Reiner, à Clemens Krauss ou à Jochum.

Vocalement, cet enregistrement n'égale peut-être pas celui de Krombholc, mais n'en est pas loin. Il le dépasse probablement pour le rôle de Rusalka, ici tenu par Milada Subrtová, en tout cas pour ce qui est de la voix. Milada Subrtová donne tout de même quelque chose d'impérieux et de volontaire au personnage de Rusalka, cette victime de l'amour. Sur ce point de vraisemblance psychologique, Ludmila Cervinková l'emporte. Quant à Vodník, le Maître des Eaux, c'est le même qu'avec Krombholc, le grand Eduard Haken, d'une magnifique autorité. Mais 9 ans auparavant, il avait plus de puissance et de richesse vocale, il impressionnait davantage. Le Prince d'Ivo Zídek, très nuancé dans les détails, a idéalement le caractère juvénile du rôle et son élégance; m'est-il permis de préférer tout de même l'inégalable Beno Blachut dans l'enregistrement précédent, certes avec une voix moins légère, qui évoque davantage une certaine maturité, mais aussi avec sa chaleureuse noblesse, sa profondeur, son humanité riche d'expérience, dont l'impact ne s'explique pas, s'il s'impose ?

Dans le rôle de la sorcière Jezibaba, Marie Ovcaciková impressionne moins que la grande Marta Krásová (version Krombholc), mégère brutale et instinctive, d'ailleurs non dépourvue d'humour. Avec moins de puissance, un caractère un peu moins pittoresque, elle insinue pourtant dans son rôle une sorte de mystère maléfique. J'ai plus de peine pour comparer la Princesse étrangère, personnage sans doute venu de l'Enfer ou dominé par lui, dans l'une ou l'autre version. Alena Míková est excellente, comme l'était Marie Podvalová en 1952, et selon les moments je préfère l'une ou l'autre. Il me semble que Podvalová a plus de puissance et de violence, mais que Míková est plus nuancée, qu'elle dose mieux l'expression, calculatrice, séductrice, haineuse, venimeuse, fatale, à chaque moment. Avantage à Míková, me semble-t-il.

Comme dans la version Krombholc, les personnages secondaires sont excellemment tenus, que ce soit le garde-forestier (Hajny), le même qu'en 1952, Jirí Joran, dont la voix riche, veloutée et harmonieuse conviendrait à des rôles plus importants, l'adorable Ivana Mixová dans le rôle du Marmiton (Kuchtík), bien plus crédible dans ce rôle enfantin que Hanzaliková chez Krombholc, le très nuancé Václav Bednár qui est le chasseur, ou les trois Dryades. On a aussi l'impression que les nuances qu'on apprécie chez beaucoup de chanteurs sont en partie dues à l'influence de la direction. Je conclus en regrettant de n'avoir pu mettre les diacritiques si nécessaires à la prononciation; par exemple, Jirí, avec un caron, accent circonflexe inversé, sur le r, fait que ça se prononce "Jirgi" : c'est Georges... J'ai écrit ceux que j'utilise en occitan ou en catalan et je crois que le site peut les reproduire. Certains des autres, ce serait moins probable.


Richard Strauss : Ariane à Naxos
Richard Strauss : Ariane à Naxos

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 1954 année magique, 15 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Richard Strauss : Ariane à Naxos (CD)
Ariadne auf Naxos, Karl Böhm, 1954. Si ce commentaire se trouvait sur une autre version, l'erreur ne serait pas de moi.

Cet enregistrement au Festival de Salzbourg date du 7 août 1954. Il existe donc trois versions de Ariadne auf Naxos pour cette seule année ! Mieux vaudrait oublier la 4e, celle de Kegel... Si la version Keilberth a la qualité technique d'un enregistrement radio, si celle de Karajan est en studio, un enregistrement en public est forcément moins confortable, en particulier quand il y a plusieurs chanteurs en même temps. Mais ça reste très audible. Selon un commentateur américain, il n'y aurait guère de différences entre le son de cette édition DGG et celui de l'édition Gala, que j'ai Ariadne auf Naxos. Gala offre cependant 25 minutes de complément, un extrait du Rosenkavalier (Karajan, Della Casa, Jurinac).

Dès l'introduction du Prologue, Böhm frappe par un entrain, une prestesse rationnelle et virile qu'on lui connaît dans d'autres enregistrements de l'œuvre. Il y a quelque chose de volontaire et de dramatique dans sa direction qui attise et maintient l'intérêt, alors que Karajan, dans un tempo moins rapide, fascine par une inexplicable magie. Styles évidemment complémentaires.

Et la distribution est exceptionnelle, en partie commune avec celle de Karajan, un peu moins avec celle de Keilberth, moins bien dotée. Faisons un petit résumé, ce sera plus clair.
- Ariadne, la Primadonna : Lisa Della Casa (Böhm), Schwarzkopf (Karajan), Hilde Zadek (Keilberth);
- le Compositeur : Irmgard Seefried (Böhm, Karajan), Sena Jurinac (Keilberth);
- Zerbinetta : Hilde Güden (Böhm), Rita Streich (Karajan, Keilberth); (Rita Streich est la Naïade dans Böhm);
- Bacchus, le Ténor : Rudolf Schock (Böhm, Karajan), Hans Hopf (Keilberth);
- Harlekin : Alfred Poell (Böhm), Hermann Prey (Karajan), Horst Günter (Keilberth);
- Musiklehrer : Paul Schöffler (Böhm), Karl Dönch (Karajan), Alfred Poell (Keilberth);
- der Haushofmeister : Alfred Neugebauer (Böhm, Karajan), Eduard Marks (Keilberth).

On devine déjà que Böhm a le meilleur Maître de Musique, mais que Alfred Poell convient mieux dans ce rôle (Keilberth) que dans celui de Harlekin (Böhm). Sa raideur autoritaire a peu à voir avec l'esprit aventureux, audacieux, et le charme viril du personnage.

ARIADNE. Lisa Della Casa peut être discutée. Elle n'a pas l'hébétude désespérée qu'on attend, trop volontaire pour cela, mais ses premières notes ont quelque chose de magnétique et de tellurique. Par la suite, le désespoir est bien là, mais il se teinte de rage, la volonté et la détermination ne se laissant pas oublier. Il n'empêche, cette Ariadne dominatrice captive, fascine et enthousiasme. On ne l'oubliera pas.

KOMPONIST. Je n'ai pas été capable de savoir si Irmgard Seefried avait plus ou moins de véhémence, de charme fruité et d'adolescence avec Karajan ou avec Böhm... Ecoutez.

ZERBINETTA. On préfèrerait sans doute Rita Streich à Hilde Güden dans ce rôle. La voix de Güden est un peu plus acide, moins riche, moins sensuellement tendre, elle suggère moins l'innocence, qui éloigne Zerbinetta du contresens d'une garce cynique et sans élégance. Mais, gracieuse, jeune, fine et souple, elle se rapproche tout de même de l'idéal du rôle, davantage que tant d'autres qui lui ont succédé (et forcément que Alda Noni dans la version de 1944). On se réjouit donc de l'entendre ici, puisqu'on peut entendre Rita Streich ailleurs.

BACCHUS. Rudolf Schock, malgré ses limites vocales, était tout à fait le personnage en studio avec Karajan. La différence est qu'ici, en public, il peine davantage.

LES TROIS NYMPHES sont Rita Streich, Hilde Rössel-Majdan et Lisa Otto. Le niveau est au moins égal, voire légèrement plus élevé qu'avec Karajan. Et elles forment vraiment un ensemble, bien mieux que celles de Keilberth. Dans leur premier trio, avant que Ariadne n'intervienne, produisent-elles un effet aussi magique et bouleversant qu'avec Karajan ? Sans doute pas.

Très léger avantage à Karajan pour les comédiens italiens, autres que Zerbinetta et Harlekin.

DER HAUSHOFMEISTER est Alfred Neugebauer comme avec Karajan. La componction dédaigneuse de ce comédien est unique. De tous les Majordomes que j'ai entendus, c'est à dire beaucoup, aucun n'est davantage le personnage. La différence avec Karajan n'est pas la précision ou la perfection (on est en public), mais quelque chose de sadique dont il teinte son autorité...

TANZMEISTER. Peter Klein est ici une sorte de lutin, électrique, malicieux et maléfique. Unique.

En conclusion, pour des raisons de son et aussi pour la magie unique de la version Karajan, et malgré la fièvre de la scène, cette interprétation ne peut pas être le premier choix (en stéréo, choisir sans doute Sinopoli, malgré une Ariadne bien rustaude, bovine et inexpressive). Il y a d'ailleurs d'autres versions Böhm, dont celle de 1976 n'est pas affectée par le grand âge du chef, et celle de 1944; il me semble que celle de 1954 indique que l'esprit de l'époque a changé en dix ans, du moins pour les chanteurs; ici on est dans la modernité, sauf pour la technique. Mais ceux qui aiment cet opéra doivent avoir une version Böhm (la seule en studio, avec Hillebrecht, n'est pas la plus passionnante, dit la critique) et celle de 1954, peut-être derrière celle de 1944, ne serait pas un mauvais choix, s'il fallait choisir.


Ariadne auf Naxos
Ariadne auf Naxos
Prix : EUR 18,04

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 1954 année magique, 15 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariadne auf Naxos (CD)
Ariadne auf Naxos, Karl Böhm, 1954. Si ce commentaire se trouvait sur une autre version, l'erreur ne serait pas de moi.

Cet enregistrement au Festival de Salzbourg date du 7 août 1954. Il existe donc trois versions de Ariadne auf Naxos pour cette seule année ! Mieux vaudrait oublier la 4e, celle de Kegel... Si la version Keilberth a la qualité technique d'un enregistrement radio, si celle de Karajan est en studio, un enregistrement en public est forcément moins confortable, en particulier quand il y a plusieurs chanteurs en même temps. Mais ça reste très audible. Selon un commentateur américain, il n'y aurait guère de différences entre le son de l'édition DGG Richard Strauss : Ariane à Naxos et celui de l'édition Gala (celle-ci, que j'ai).

Dès l'introduction du Prologue, Böhm frappe par un entrain, une prestesse rationnelle et virile qu'on lui connaît dans d'autres enregistrements de l'œuvre. Il y a quelque chose de volontaire et de dramatique dans sa direction qui attise et maintient l'intérêt, alors que Karajan, dans un tempo moins rapide, fascine par une inexplicable magie. Styles évidemment complémentaires.

Et la distribution est exceptionnelle, en partie commune avec celle de Karajan, un peu moins avec celle de Keilberth, moins bien dotée. Faisons un petit résumé, ce sera plus clair.
- Ariadne, la Primadonna : Lisa Della Casa (Böhm), Schwarzkopf (Karajan), Hilde Zadek (Keilberth);
- le Compositeur : Irmgard Seefried (Böhm, Karajan), Sena Jurinac (Keilberth);
- Zerbinetta : Hilde Güden (Böhm), Rita Streich (Karajan, Keilberth); (Rita Streich est la Naïade dans Böhm);
- Bacchus, le Ténor : Rudolf Schock (Böhm, Karajan), Hans Hopf (Keilberth);
- Harlekin : Alfred Poell (Böhm), Hermann Prey (Karajan), Horst Günter (Keilberth);
- Musiklehrer : Paul Schöffler (Böhm), Karl Dönch (Karajan), Alfred Poell (Keilberth);
- der Haushofmeister : Alfred Neugebauer (Böhm, Karajan), Eduard Marks (Keilberth).

On devine déjà que Böhm a le meilleur Maître de Musique, mais que Alfred Poell convient mieux dans ce rôle (Keilberth) que dans celui de Harlekin (Böhm). Sa raideur autoritaire a peu à voir avec l'esprit aventureux, audacieux, et le charme viril du personnage.

ARIADNE. Lisa Della Casa peut être discutée. Elle n'a pas l'hébétude désespérée qu'on attend, trop volontaire pour cela, mais ses premières notes ont quelque chose de magnétique et de tellurique. Par la suite, le désespoir est bien là, mais il se teinte de rage, la volonté et la détermination ne se laissant pas oublier. Il n'empêche, cette Ariadne dominatrice captive, fascine et enthousiasme. On ne l'oubliera pas.

KOMPONIST. Je n'ai pas été capable de savoir si Irmgard Seefried avait plus ou moins de véhémence, de charme fruité et d'adolescence avec Karajan ou avec Böhm... Ecoutez.

ZERBINETTA. On préfèrerait sans doute Rita Streich à Hilde Güden dans ce rôle. La voix de Güden est un peu plus acide, moins riche, moins sensuellement tendre, elle suggère moins l'innocence, qui éloigne Zerbinetta du contresens d'une garce cynique et sans élégance. Mais, gracieuse, jeune, fine et souple, elle se rapproche tout de même de l'idéal du rôle, davantage que tant d'autres qui lui ont succédé (et forcément que Alda Noni dans la version de 1944). On se réjouit donc de l'entendre ici, puisqu'on peut entendre Rita Streich ailleurs.

BACCHUS. Rudolf Schock, malgré ses limites vocales, était tout à fait le personnage en studio avec Karajan. La différence est qu'ici, en public, il peine davantage.

LES TROIS NYMPHES sont Rita Streich, Hilde Rössel-Majdan et Lisa Otto. Le niveau est au moins égal, voire légèrement plus élevé qu'avec Karajan. Et elles forment vraiment un ensemble, bien mieux que celles de Keilberth. Dans leur premier trio, avant que Ariadne n'intervienne, produisent-elles un effet aussi magique et bouleversant qu'avec Karajan ? Sans doute pas.

Très léger avantage à Karajan pour les comédiens italiens, autres que Zerbinetta et Harlekin.

DER HAUSHOFMEISTER est Alfred Neugebauer comme avec Karajan. La componction dédaigneuse de ce comédien est unique. De tous les Majordomes que j'ai entendus, c'est à dire beaucoup, aucun n'est davantage le personnage. La différence avec Karajan n'est pas la précision ou la perfection (on est en public), mais quelque chose de sadique dont il teinte son autorité...

TANZMEISTER. Peter Klein est ici une sorte de lutin, électrique, malicieux et maléfique. Unique.

En conclusion, pour des raisons de son et aussi pour la magie unique de la version Karajan, et malgré la fièvre de la scène, cette interprétation ne peut pas être le premier choix (en stéréo, choisir sans doute Sinopoli, malgré une Ariadne bien rustaude, bovine et inexpressive). Il y a d'ailleurs d'autres versions Böhm, dont celle de 1976 n'est pas affectée par le grand âge du chef, et celle de 1944; il me semble que celle de 1954 indique que l'esprit de l'époque a changé en dix ans, du moins pour les chanteurs; ici on est dans la modernité, sauf pour la technique. Mais ceux qui aiment cet opéra doivent avoir une version Böhm (la seule en studio, avec Hillebrecht, n'est pas la plus passionnante, dit la critique) et celle de 1954, peut-être derrière celle de 1944, ne serait pas un mauvais choix, s'il fallait choisir.

Gala fait profiter aussi d'un complément : 25 minutes du premier acte d'un Rosenkavalier de 1960, à Salzbourg aussi, avec la Feldmarschallin de Lisa Della Casa et Oktavian de Sena Jurinac, sous la direction de Karajan, probablement ce qui suit Richard Strauss : Der Rosenkavalier ("Le Chevalier à la rose").


ariane a naxos
ariane a naxos
Prix : EUR 17,68

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 1954 année magique, 13 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : ariane a naxos (CD)
Ariadne auf Naxos, Joseph Keilberth, 1954. Si ce commentaire se trouvait sur une autre version, l'erreur ne serait pas de moi.

Cet enregistrement radio date du 18 mai 1954. Il existe donc trois versions de Ariadne auf Naxos pour cette seule année ! Cette version Keilberth est d'ailleurs la première des trois dans l'ordre chronologique.

La qualité du son est comparable à celle d'un enregistrement en studio de l'époque. Cependant, je commente à partir de l'édition Capriccio et il est possible que le son obtenu par Walhall soit meilleur ou moins bon. A ce point près, il n'y aurait donc guère de différence de qualité sonore avec les disques Karajan, mais ceux de Böhm se ressentent d'un enregistrement en public (au Festival de Salzbourg).

Joseph Keilberth (1908-1968), chef dont la maturité n'a pas vérifié les espérances qu'on fondait sur lui pendant les années 30, à cause notamment de son dégoût des répétitions, est toujours crédible dans Richard Strauss, à mon avis plus que dans Wagner. Cet enregistrement ne déçoit pas mais se heurte à une forte concurrence, y compris en 1954, d'autant que l'excellent Kölner Rundfunk-Sinfonie-Orchester n'a tout de même pas le raffinement du Philharmonia (Karajan) ou des Wiener Philharmoniker (Karl Böhm). La direction n'a pas la finesse et la magie de celle de Karajan dans sa célèbre version ni l'incisivité virile de celle de Böhm. Elle est pacifique, souvent légère, chaleureuse plus que sensuelle (on remarque les vents, pleins d'images de nature). Plus portée vers une certaine joliesse que sur le drame et le rebondissement, elle ne mérite pas de critiques, parce que tout en elle respire la connaissance du langage de Richard Strauss. Elle ne marque donc pas, elle n'imprime pas, pour le dire de façon moderne, autant que celle de ses rivaux de la même année. Mais si une version de cette qualité sortait des studios maintenant, elle serait sans doute louée des critiques.

C'est aussi parce que la distribution contient de grands noms, la Zerbinetta de Rita Streich et le Compositeur de Sena Jurinac en tête. Le reste est des plus honorables, mais la radio n'a pu bénéficier des mêmes ressources qu'EMI ou le Festival de Salzburg. Entrons un peu dans les détails.

Sena Jurinac a surtout un défaut : c'est d'être contemporaine d'Irmgard Seefried. La différence est plus dans le charme et le sex-appeal vocal, le tempérament aussi, que dans l'imagination interprétative, bien qu'elle ait aussi davantage de stabilité et d'homogénéité vocale. Mais son Komponist a toutes les dimensions de son personnage idéaliste et cyclothymique. Et qui a pu l'égaler depuis ?

Pour Rita Streich, elle a les qualités qu'on lui connaît dans la version Karajan : la pyrotechnie vocale s'associe à la tendreté juvénile de la voix, la chaleur caressante et la noblesse. L'innocence de son Großmächtige Prinzessin est une gifle dans la face de tous ceux (et celles !) qui méprisent le désir féminin ou cherchent à le contrôler. Il reste qu'avec Karajan, parce que le soutien orchestral sera d'une finesse supérieure, elle ira encore plus loin. Mais il faut comparer pour s'en rendre compte.

On ne mettra pas l'Ariadne de Hilde Zadek au même niveau. La voix est magnifique dans son homogénéité, indiscutable, les nuances expressives sont soignées, mais la personnalité laisse peu de souvenirs. Cette Ariadne n'a pas assez de désespoir, d'abattement, elle n'a pas non plus tellement d'éloquence. Comparée à Schwarzkopf (qui n'aurait pas pu chanter le rôle à la scène, certes), à Della Casa, elle non plus n'imprime pas. Pourtant, elle reste supérieure à la plupart de celle qui lui ont succédé (voir les versions Masur et Sinopoli).

J'ai lu que le Bacchus de Hans Hopf est plus nuancé et moins entier que ce qu'il aurait pu faire plus tard. C'est bien certain. Mais ainsi il manque l'héroïsme un peu vain et bravache de son dieu adolescent, caractère qui l'oppose à Ariadne et qui contribue à renforcer l'incompréhension entre les deux personnages (je rappelle qu'Ariadne s'abandonne à lui parce qu'elle le prend pour Hermès, le dieu qui porte les âmes des morts). C'est un point qui contribue à rendre la scène finale moins réussie que le reste. Et le chant de Hans Hopf, s'il n'est pas tonitruant, est bien peu soigné.

On est heureux que Alfred Poell ne soit pas distribué en Harlekin, comme dans la version Böhm. Le rôle du Maître de Musique sied mieux à cette voix raide et autoritaire. Il lui donne au moins un entrain et une énergie pas désagréables, faute d'autres nuances. Le Maître de Danse, correct et soigné, n'est pas inoubliable. Quant à Harlekin, c'est Horst Günter, qui au début semble combiner le charme et la virilité aventureuse du personnage. Mais dans les forte, on s'aperçoit vite de ses limites (le débraillé dans le duo d'amour Hand und Lippe...).

Malgré la Dryade de Maria von Ilosvay, les trois nymphes n'ont pas le luxe vocal qu'on trouve chez Karajan et surtout chez Böhm. De plus, et là ça dépend du chef, elles forment moins un ensemble. Globalement, les personnages secondaires sont moins bien traités et ceux qui les tiennent sont plus anonymes que dans les prestigieuses versions de la même année. C'est ainsi que le Majordome rappelle au début, par sa componction, l'inoubliable Alfred Neugebauer; mais on s'aperçoit vite de son manque de nuances et de variété. Néanmoins personne n'est vraiment mauvais. Et l'ensemble de cette interprétation reste assez recommandable comme version de complément, mais après Karajan, Böhm 1944, 1954, 1976, peut-être Kempe (je ne l'ai pas entendu depuis longtemps) et Sinopoli. Devant Leinsdorf, me semble-t-il.


Ariadne auf Naxos-Comp Opera
Ariadne auf Naxos-Comp Opera
Prix : EUR 15,93

4.0 étoiles sur 5 1954 année magique, 13 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariadne auf Naxos-Comp Opera (CD)
Cet enregistrement radio date du 18 mai 1954. Il existe donc trois versions de Ariadne auf Naxos pour cette seule année ! Cette version Keilberth est d'ailleurs la première des trois dans l'ordre chronologique. En plus de Capriccio, on peut la trouver chez Walhall ariane a naxos.

Capriccio fournit un livret trilingue avec la vie de Richard Strauss, le résumé d'Ariadne auf Naxos, la distribution et la liste des plages. La qualité du son est comparable à celle d'un enregistrement en studio de l'époque et Capriccio, maison a priori sérieuse, ne semble responsable d'aucune manipulation audible. Il n'y a donc guère de différence de qualité sonore avec les disques Karajan, mais ceux de Böhm se ressentent d'un enregistrement en public (au Festival de Salzbourg).

Joseph Keilberth (1908-1968), chef dont la maturité n'a pas vérifié les espérances qu'on fondait sur lui pendant les années 30, à cause notamment de son dégoût des répétitions, est toujours crédible dans Richard Strauss, à mon avis plus que dans Wagner. Cet enregistrement ne déçoit pas mais se heurte à une forte concurrence, y compris en 1954, d'autant que l'excellent Kölner Rundfunk-Sinfonie-Orchester n'a tout de même pas le raffinement du Philharmonia (Karajan) ou des Wiener Philharmoniker (Karl Böhm). La direction n'a pas la finesse et la magie de celle de Karajan dans sa célèbre version ni l'incisivité virile de celle de Böhm. Elle est pacifique, souvent légère, chaleureuse plus que sensuelle (on remarque les vents, pleins d'images de nature). Plus portée vers une certaine joliesse que sur le drame et le rebondissement, elle ne mérite pas de critiques, parce que tout en elle respire la connaissance du langage de Richard Strauss. Elle ne marque donc pas, elle n'imprime pas, pour le dire de façon moderne, autant que celle de ses rivaux de la même année. Mais si une version de cette qualité sortait des studios maintenant, elle serait sans doute louée des critiques.

C'est aussi parce que la distribution contient de grands noms, la Zerbinetta de Rita Streich et le Compositeur de Sena Jurinac en tête. Le reste est des plus honorables, mais la radio n'a pu bénéficier des mêmes ressources qu'EMI ou le Festival de Salzburg. Entrons un peu dans les détails.

Sena Jurinac a surtout un défaut : c'est d'être contemporaine d'Irmgard Seefried. La différence est plus dans le charme et le sex-appeal vocal, le tempérament aussi, que dans l'imagination interprétative, bien qu'elle ait évidemment plus de stabilité et d'homogénéité vocale. Mais son Komponist a toutes les dimensions de son personnage idéaliste et cyclothymique. Et qui a pu l'égaler depuis ?

Pour Rita Streich, elle a les qualités qu'on lui connaît dans la version Karajan : la pyrotechnie vocale s'associe à la tendreté juvénile de la voix, la chaleur caressante et la noblesse. L'innocence de son Großmächtige Prinzessin est une gifle dans la face de tous ceux (et celles !) qui méprisent le désir féminin ou cherchent à le contrôler. Il reste qu'avec Karajan, parce que le soutien orchestral sera d'une finesse supérieure, elle ira encore plus loin. Mais il faut comparer pour s'en rendre compte.

On ne mettra pas l'Ariadne de Hilde Zadek au même niveau. La voix est magnifique dans son homogénéité, indiscutable, les nuances expressives sont soignées, mais la personnalité laisse peu de souvenirs. Cette Ariadne n'a pas assez de désespoir, d'abattement, elle n'a pas non plus tellement d'éloquence. Comparée à Schwarzkopf (qui n'aurait pas pu chanter le rôle à la scène, certes), à Della Casa, elle non plus n'imprime pas. Pourtant, elle reste supérieure à la plupart de celle qui lui ont succédé (voir les versions Masur et Sinopoli).

J'ai lu que le Bacchus de Hans Hopf est plus nuancé et moins entier que ce qu'il aurait pu faire plus tard. C'est bien certain. Mais ainsi il manque l'héroïsme un peu vain et bravache de son dieu adolescent, caractère qui l'oppose à Ariadne et qui contribue à renforcer l'incompréhension entre les deux personnages (je rappelle qu'Ariadne s'abandonne à lui parce qu'elle le prend pour Hermès, le dieu qui porte les âmes des morts). C'est un point qui contribue à rendre la scène finale moins réussie que le reste. Et le chant de Hans Hopf, s'il n'est pas tonitruant, est bien peu soigné.

On est heureux que Alfred Poell ne soit pas distribué en Harlekin, comme dans la version Böhm. Le rôle du Maître de Musique sied mieux à cette voix raide et autoritaire. Il lui donne au moins un entrain et une énergie pas désagréables, faute d'autres nuances. Le Maître de Danse, correct et soigné, n'est pas inoubliable. Quant à Harlekin, c'est Horst Günter, qui au début semble combiner le charme et la virilité aventureuse du personnage. Mais dans les forte, on s'aperçoit vite de ses limites (le débraillé dans le duo d'amour Hand und Lippe...).

Malgré la Dryade de Maria von Ilosvay, les trois nymphes n'ont pas le luxe vocal qu'on trouve chez Karajan et surtout chez Böhm. De plus, et là ça dépend du chef, elles forment moins un ensemble. Globalement, les personnages secondaires sont moins bien traités et ceux qui les tiennent sont plus anonymes que dans les prestigieuses versions de la même année. C'est ainsi que le Majordome rappelle au début, par sa componction, l'inoubliable Alfred Neugebauer; mais on s'aperçoit vite de son manque de nuances et de variété. Néanmoins personne n'est vraiment mauvais. Et l'ensemble de cette interprétation reste assez recommandable comme version de complément, mais après Karajan, Böhm 1944, 1954, 1976, peut-être Kempe (je ne l'ai pas entendu depuis longtemps) et Sinopoli. Devant Leinsdorf, me semble-t-il.


Ariadne Auf Naxos
Ariadne Auf Naxos
Prix : EUR 12,72

5.0 étoiles sur 5 Pour un coup d'essai..., 12 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ariadne Auf Naxos (CD)
Antérieurement à cet enregistrement, il existe un document dirigé en 1935 par Clemens Krauss Strauss : Ariadne auf Naxos. Krauss, Ursuleac, Korjus, Ariane A Naxos, mais la partie Prologue est absente. C'est donc du 11 juin 1944, à Vienne, devant le compositeur et pour son 80e anniversaire que date le premier enregistrement intégral d'Ariadne auf Naxos de Richard Strauss. Il faut se demander en premier lieu quelle est la qualité du son. Elle est de son époque, mais meilleure que ce qu'on pourrait supposer. On n'entend guère le public avant les applaudissements de la fin, il est donc probable que le micro était quelque part sur la scène, l'objectif étant la radiodiffusion. L'inconvénient est que l'orchestre est défavorisé par rapport aux voix. Il y a de fréquentes saturations, mais c'est un son remarquablement aéré et presque spatialisé quand on l'écoute au casque.

Dès les premières notes de l'ouverture, prestement articulées, un enfant reconnaîtrait Böhm, pour paraphraser quelqu'un, même si ses tempi se sont ralentis à la fin de sa vie. Il y a dans tout ce Prologue une vigueur, une allégresse et quelque chose d'affirmatif qui tranche avec la direction plus suave, l'ambiguïté sensuelle et ironique de Karajan dans son enregistrement célèbre de 1954 (plusieurs éditions). On n'entend pas tout, bien sûr, des timbres des instruments, mais l'orchestre retient toujours l'attention par la précision de ses interventions et sa vitalité, ses fulgurances même. La rapidité initiale ne dessert pas l'apparition affolée du Maître de Musique ("Mein Herr Haushofmeister !"), mais empêche l'Intendant de faire tellement plus que réciter. Le tempo s'apaisera un peu et les interventions suivantes de l'Intendant lui permettront de composer son personnage.

La distribution est presque sans défauts dans ce Prologue, avec un Maître de Musique qui est Paul Schöffler, doté d'une santé vocale qu'il conservera plus ou moins dans les années 50 et jusqu'à un film tardif des années 60, toujours avec Böhm et dans Ariadne auf Naxos Ariane A Naxos. On trouve aussi un ensemble de seconds rôles excellemment tenus. Bien sûr, il y a Zerbinetta, mais j'en reparlerai. Surtout, le Compositeur est déjà Irmgard Seefried, sa voix déjà unique, son lyrisme succédant à ses véhémences, plus spontanée sans doute que dix ans après, qui se livre sans prudence à ses emportements. Il y a peut-être, peut-être, moins de nuances de détail qu'il y en aura plus tard, mais je n'ai même pas envie d'approfondir la question, je prends tout.

La direction garde son caractère viril et net dans l'Opéra, même si Böhm se garde d'unifier les deux parties si dissemblables. Pour la magie, il y en a davantage avec Karajan, mais on aurait tort de faire la fine bouche, on est dans l'excellence, seulement d'une autre manière. Quant à la distribution, elle est de haut niveau, sans être homogène. Les nymphes, dont la plus connue est Emmy Loose, les chanteurs bouffe sont sans défauts. On remarque surtout le Harlekin d'Erich Kunz, qui a toute la virilité et la séduction du rôle, avec moins de sensualité mais plus de noblesse que Hermann Prey, presque trop de noblesse pour le rôle. On le verrait digne de séduire Ariane si on ne savait pas qu'un ténor attend la fin pour cela.

Hélas, Zerbinetta est au dessous. Alda Noni, choisie par Strauss, est capable de toute la virtuosité vocale d'un rôle que peu, à chaque époque, peuvent chanter, mais l'aisance technique ne suffit pas complétement. Cette voix pointue, avec parfois un arrière-goût raide et vindicatif, n'est que d'une soubrette. Or "l'incomparable Zerbinetta" est plus que cela, elle doit séduire, charmer, éblouir. Peu de charme chez Noni, mais son extraction étrangère l'incite à soigner sa diction, à la différence d'Ariadne. Maria Reining est charmante, musicalement parfaite, mais sa superficialité conformiste et souriante (je veux bien assumer ma subjectivité...) ne fait pas d'elle une princesse abandonnée. Ce tragique aristocratique lui est étranger. Ce n'est pas gênant pour la Primadonna du Prologue, ça convient mieux à l'extase amoureuse de la fin, si ce n'est que rien ne suggère qu'elle croit mourir emportée par Hermès. On reste dans le premier degré, du moins à nos oreilles modernes (qui ont entendu Schwarzkopf). Enfin, souvenons-nous que bien peu d'Ariane ont su nous combler, nous faire décoller.

Bacchus est Max Lorenz, probablement le plus grand de tous dans ce rôle glorieux et teinté de vanité, affichant sa virilité et sa vigueur. Max Lorenz était fait pour le rôle, mais il en recrée l'expression, nuance savamment son volume vocal, charge son chant d'une émotion amoureuse, d'une passion torrentielle dans l'apothéose des dernières minutes. Comme Reining et comme d'habitude, son articulation est un peu relâchée, l'auditeur qui suit le livret doit être attentif. Oui, pour Max Lorenz, Irmgard Seefried, Paul Schöffler, Erich Kunz, Vienne et Karl Böhm, cette Ariane à Naxos de la première moitié du XXe siècle garde sa place, une des toutes premières.


Don Juan
Don Juan

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pour Karl Hammes et quelques autres, 30 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Don Juan (CD)
Don Giovanni, Joseph Keilberth, 27 mars 1936, enregistrement radio. Cette version a été publiée également par Cantus Don Giovanni et par Walhall Don Giovanni (Keilberth, Webber, Ducrue, Reining). Je n'y suis pour rien si ce commentaire échoue par erreur sur une autre interprétation.

27 mars 1936, c'est sans doute un peu avant la fameuse version de Fritz Busch à Glyndebourne. Ce n'est pas le seul mérite de cette version. Au passif, il s'agit d'un enregistrement en allemand ! On s'y habitue d'ailleurs très vite, même si on ne comprend pas le texte. Autre inconvénient, il s'agit de la version de la création à Prague du 28 octobre 1787. Ce n'est pas que la version de Vienne du 7 mai 1788 soit préférable, au contraire, mais il faut savoir que la majorité des représentations et enregistrements modernes combinent l'entière version de Prague avec la majorité des ajouts de Vienne. Ici, vous n'aurez pas Dalla sua pace (Don Ottavio, Acte I), ni In quali excessi... Mi tradi quell'alma ingrate (Acte II). Malheureusement, qu'il s'agisse d'un choix de Joseph Keilberth (je n'y crois guère), de la radio allemande (le plus probable), ou d'une perte accidentelle, on passe directement de "O statua gentilissima" au Finale, sans "Calmatevi, idol mio" - "Crudele ? Ah ! no ! mio bene !" - "Non mi dir" - "Ah si segua il suo passo".

Que nous offre ce qui reste ? le plus rare et précieux est d'abord la présence de Karl Hammes, mort en septembre 1939 au dessus de Varsovie et qu'on connaît heureusement aussi dans l'Ariane à Naxos de Clemens Krauss (1936). Voix virile et en même temps veloutée, présence aristocratique, c'est un Don Giovanni idéal, que peu ont sans doute dépassé, la question de la langue restant à part. Le reste de la distribution contient quelques merveilles : le Commandeur du grand Ludwig Weber à l'apogée de sa voix, le Leporello de Georg Hann, le Don Ottavio de Julius Patzak, la Donna Anna de Maria Reining... on ne peut rêver mieux. Hedwig Jungkurth était surtout une actrice, mais elle se sort très bien du rôle de Donna Elvira, même si... elle miaule un peu. Le Masetto de Hans Ducrue manque peut-être un peu de la bonhomie populaire qu'on attend, mais vocalement il est excellent. Et puis, il faut se souvenir qu'à l'époque des deux créations, c'était la même basse qui chantait les deux rôles de Masetto et du Commandeur. Au début, dans Giovinette..., on se dit que certaines Zerline ont eu davantage de charme piquant que Gertrude Callam, mais ça s'améliore bien vite.

Oui, mais, le chef, me direz-vous ? On se souvient d'interprétations routinières ou à la forme négligée, car Joseph Keilberth (1908-1968), sans doute par indolence, n'acceptait pas les répétitions nécessaires une fois sa réputation acquise. Oui, mais pendant les années 30, il était considéré en Allemagne comme un jeune génie. Pas aussi rude et dramatique que Fritz Busch, mais déjà d'une légèreté printanière, il est capable d'une rare vitalité, que son tempo rapide ne contredit pas. Son Don Giovanni avance avec autorité, entrain, puissance et surtout tension. J'en oublierais presque les autres, Giulini, Krips, Mitropoulos, Rosbaud, Furtwängler ou Fricsay, c'est dire.

Voici maintenant la correspondance de plusieurs plages en allemand avec l'original en italien :
- Keine Ruh bei Tag und Nacht = Notte e giorno faticar;
- Welch grausige Tat = Ma qual mai s'offre, o Dei;
- Wer kann die Spur mir zeigen = Ah ! chi mi dice mai
- Liebe Mädchen, zur Liebe geboren = Giovinette che fatte all'amore;
- Hab verstanden, ja, ich geh = Ho capito, signor si;
- Dort sollst du mir gehören = La ci darem la mano;
- Laß ab von ihm und flieh = Ah ! fuggi il traditor;
- Don Ottavio, entsetzlich ! = Don Ottavio, son morta;
- Schlag nur, schlage, mein Masetto = Batti, batti, o bel Masetto;
- Hurtig, hurtig, eh er hier ist = Presto, presto, pria ch'ei venga;
(CD II, acte II)
- Ein Teil von euch geht da hinaus = Metà di voi qua vadano;
- So allein in diesem Dunkel = Sola, sola in buio loco;
- O hochverehrte Statue = O statua gentilissima;
- Ah, gedeckt ist schon die Tafel = Già la mensa è preparata.


Don Giovanni
Don Giovanni
Prix : EUR 13,07

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pour Karl Hammes et quelques autres, 29 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Don Giovanni (CD)
Don Giovanni, Joseph Keilberth, 27 mars 1936, enregistrement radio.

AVIS IMPORTANT. Les commentaires de ces disques Cantus se retrouvent sur d'autres versions, Karl Böhm 1954 et 1955, Pritchard 1960, Gielen 1960, Bruno Walter 1942, Szell 1944, Swarowsky 1950, Furtwängler 1950 et 1953, Libor Pesek 1981, Molinari-Pradelli, pour en rester aux CD édités par Cantus, et aussi des versions éditées par d'autres éditeurs, Walhall notamment.
Vous avez le droit de manifester votre mauvaise humeur, mais souvenez-vous que je n'y suis pour rien.

27 mars 1936, c'est sans doute un peu avant la fameuse version de Fritz Busch à Glyndebourne. Ce n'est pas le seul mérite de cette version. Au passif, il s'agit d'un enregistrement en allemand ! On s'y habitue d'ailleurs très vite, même si on ne comprend pas le texte. Autre inconvénient, il s'agit de la version de la création à Prague du 28 octobre 1787. Ce n'est pas que la version de Vienne du 7 mai 1788 soit préférable, au contraire, mais il faut savoir que la majorité des représentations et enregistrements modernes combinent l'entière version de Prague avec la majorité des ajouts de Vienne. Ici, vous n'aurez pas Dalla sua pace (Don Ottavio, Acte I), ni In quali excessi... Mi tradi quell'alma ingrate (Acte II). Malheureusement, qu'il s'agisse d'un choix de Joseph Keilberth (je n'y crois guère), de la radio allemande (le plus probable), ou d'une perte accidentelle, on passe directement de "O statua gentilissima" au Finale, sans "Calmatevi, idol mio" - "Crudele ? Ah ! no ! mio bene !" - "Non mi dir" - "Ah si segua il suo passo".

Que nous offre ce qui reste ? le plus rare et précieux est d'abord la présence de Karl Hammes, mort en septembre 1939 au dessus de Varsovie et qu'on connaît heureusement aussi dans l'Ariane à Naxos de Clemens Krauss (1936). Voix virile et en même temps veloutée, présence aristocratique, c'est un Don Giovanni idéal, que peu ont sans doute dépassé, la question de la langue restant à part. Le reste de la distribution contient quelques merveilles : le Commandeur du grand Ludwig Weber à l'apogée de sa voix, le Leporello de Georg Hann, le Don Ottavio de Julius Patzak, la Donna Anna de Maria Reining... on ne peut rêver mieux. Hedwig Jungkurth était surtout une actrice, mais elle se sort très bien du rôle de Donna Elvira, même si... elle miaule un peu. Le Masetto de Hans Ducrue manque peut-être un peu de la bonhomie populaire qu'on attend, mais vocalement il est excellent. Et puis, il faut se souvenir qu'à l'époque des deux créations, c'était la même basse qui chantait les deux rôles de Masetto et du Commandeur. Au début, dans Giovinette..., on se dit que certaines Zerline ont eu davantage de charme piquant que Gertrude Callam, mais ça s'améliore bien vite.

Oui, mais, le chef, me direz-vous ? On se souvient d'interprétations routinières ou à la forme négligée, car Joseph Keilberth (1908-1968), sans doute par indolence, n'acceptait pas les répétitions nécessaires une fois sa réputation acquise. Oui, mais pendant les années 30, il était considéré en Allemagne comme un jeune génie. Pas aussi rude et dramatique que Fritz Busch, mais déjà d'une légèreté printanière, il est capable d'une rare vitalité, que son tempo rapide ne contredit pas. Son Don Giovanni avance avec autorité, entrain, puissance et surtout tension. J'en oublierais presque les autres, Giulini, Krips, Mitropoulos, Rosbaud, Furtwängler ou Fricsay, c'est dire.

Voici maintenant la correspondance des plages en allemand avec l'original en italien :

- 2) Keine Ruh bei Tag und Nacht = Notte e giorno faticar;
- 3) Welch grausige Tat = Ma qual mai s'offre, o Dei;
- 4) Wer kann die Spur mir zeigen = Ah ! chi mi dice mai
- 5) Schöne Dame, sehn Sie hier das Register = Madamina, il catalogo è questo;
- 6) Liebe Mädchen, zur Liebe geboren = Giovinette che fatte all'amore;
- 7) Hab verstanden, ja, ich geh = Ho capito, signor si;
- 8) Dort sollst du mir gehören = La ci darem la mano;
- 9) Laß ab von ihm und flieh = Ah ! fuggi il traditor;
- 10) Don Ottavio, entsetzlich ! = Don Ottavio, son morta;
- 11) Das die Köpfe glühen vom Weine = Fin ch'han dal vino calda la testa;
- 12) Schlag nur, schlage, mein Masetto = Batti, batti, o bel Masetto;
(CD II)
- 1) Hurtig, hurtig, eh er hier ist = Presto, presto, pria ch'ei venga;
(Acte II)
- 2) Sei doch vernünftig = Eh via buffone;
- 3) Ach Herz, ich will nichts hören = Ah taci, ingiusto core;
- 4) Am Fenster laß dich sehen = Deh, vieni alla finestra;
- 5) Ein Teil von euch geht da hinaus = Metà di voi qua vadano;
- 6) Höre, mein Liebling, wenn du ganz brav bist = Vedrai, carino;
- 7) So allein in diesem Dunkel = Sola, sola in buio loco;
- 8) Sagt ihr, daß ich sie liebe = Il mio tesoro intanto;
- 9) O hochverehrte Statue = O statua gentilissima;
- 10) Ah, gedeckt ist schon die Tafel = Già la mensa è preparata.

En espérant que je n'aie pas fait trop d'erreurs ! Le découpage bizarre entre l'Acte I, qui aurait pu contenir entier sur le CD I et l'Acte II, tient sans doute au fait que Cantus a dû vouloir dissimuler le changement de face d'un 33 tours. Car cette maison, qui fait peu d'efforts de présentation, utilise en général des enregistrements du domaine public. Mais à la différence d'autres, elle accorde certains soins à la qualité musicale. La source étant globalement convenable malgré quelques craquements et l'enregistrement à la pointe du progrès pour l'époque, on ne sera pas déçu du son de ce Don Giovanni des années 30.


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