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Commentaires écrits par
Pèire Cotó (Occitània)
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

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Schubert : Les quatuors à cordes
Schubert : Les quatuors à cordes
Prix : EUR 25,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Intégrale rigoureuse et architecturée, 24 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Les quatuors à cordes (CD)
Schubert, intégrale des quatuors à cordes, Melos Quartett (Wilhelm Melcher et Gerhard Voss, violons, Hermann Voss, alto, Peter Buck, violoncelle).

Cette intégrale publiée en 1975 a de grandes qualités : exactitude et précision, contrastes bien marqués, architecture mise en valeur, tension et rebondissement. Cela correspond bien au goût de cette époque pour l'objectivité, mais ici la réussite est totale. On pourrait dire, si on y tient, que le Wiener Konzerthaus Quartett (intégrale du début des années 50) et même les Amadeus dans les quatuors qu'ils ont enregistrés avaient plus de ce charme viennois, si utile en particulier dans les quatuors du début et du milieu, que les Busch avaient un génie plus fatal. Peut-on dire, en utilisant la symbolique des éléments, que l'eau, si présente dans la personnalité du compositeur, est un peu asséchée ? Objectera-t-on que la clarté souveraine des Melos nuit au mystère nocturne de Schubert ? Affaire de goût, mais l'avantage de cette conception transparente et rigoureuse est que si on écoute vraiment on peut y trouver tous les aspects des œuvres, même si certains y apparaissent avec plus d'évidence que d'autres, et tous les détails. Dans ses choix, qui sont aussi de ne pas trop choisir à la place de l'auditeur, cette intégrale est infaillible.

La prise de son sèche convient bien à la volonté de précision des interprètes. Mieux que d'autres plus modernes, elle permet de suivre chaque musicien, elle évite de traiter l'ensemble comme un tout indistinct, ce qui nuirait particulièrement à la musique de chambre. Bien sûr, il y a un inconvénient. Elle accentue l'austérité d'une interprétation déjà peu charmeuse, elle donne au son quelque chose d'osseux. On s'en rend compte notamment avec un matériel sans indulgence, qui n'arrondit pas. Vous avez le droit d'aimer quelque chose de plus épanoui, comme le dirait une publicité (qui utilise intelligemment la Marche de Radetzky...), mais moi je suis comblé, même si j'écoute aussi d'autres artistes.

Il y a beaucoup d'interprétations des quatuors les plus connus, en particulier les quatre derniers, mais relativement peu d'intégrales. Néanmoins, je ne saurais dire si c'est la meilleure, par manque de documentation. J'ai écouté plusieurs éléments de celle des Auryn et leur tranquillité atténue la perception des contrastes et de l'architecture, de sorte que je préfère les Melos.


Brahms: The Symphonies
Brahms: The Symphonies
Prix : EUR 25,77

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Alléger Brahms ?, 21 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms: The Symphonies (CD)
Il existe une édition un peu plus ancienne Brahms: The Symphonies et aussi une autre en Blu-ray Symphonies, pour laquelle je suggère de consulter les commentaires sur le site américain, afin d'éviter les mauvaises surprises.

J'ai attendu avant d'écrire un commentaire sur ces disques. Après avoir lu des commentaires très élogieux, je m'attendais à bien mieux. Or j'ai eu beaucoup de peine à trouver un intérêt à cette interprétation. J'exclus de cette indifférence le texte de présentation très éclairant et très instructif de Peter Korfmacher, qui semble avoir beaucoup collaboré avec le chef, qu'il cite souvent, afin de faire comprendre sa démarche. Utiles aussi pour le passionné sont les fragments ou mouvements alternatifs, finalement non conservés par Brahms, de la 1ère et de la 4e Symphonies (celui de la 1ère, l'Andante, est placé dans le CD 3, parce qu'il n'y avait pas assez de place pour le mettre à la suite de la symphonie).

Bref, après un sentiment d'ennui expliquant une première réaction de rejet, je suis passé à un jugement plus équilibré. Mais même après avoir assez attendu, je ne suis pas parvenu au stade de l'intérêt passionné pour cette interprétation, dont le fleuron me semble néanmoins être la 4e. Je n'approfondirai peut-être pas assez, parce que j'ai plutôt envie d'écouter d'autres versions que celle-ci.

D'autres chefs ont tenté d'alléger Brahms, Doráti par exemple. Celui-ci a surtout réussi à lui enlever son poids, à le rendre quelconque, joli et sans signification, avec une sorte de grâce falote. Lui aussi, comme Chailly, utilisait des tempi rapides. Je crois qu'il y a plus à écouter dans le Brahms de Chailly que dans celui de Doráti. En revanche, Van Beinum, hélas négligé par Universal, peut-être parce que l'intégrale Haitink avec le même orchestre l'avait fait oublier, associait rapidité, ardeur, passion et transparence instrumentale. Malgré une prise de son mono ou stéréo des années 50, les détails instrumentaux sont aussi lisibles chez le chef hollandais que chez l'Italien. Globalement, la comparaison est hélas écrasante pour ce dernier.

Malgré les efforts pour enlever à cette musique la graisse dont les traditions d'interprétation l'avait enduite, la complexité instrumentale reste, Brahms ne sera jamais Mendelssohn. Il faut bien accepter une certaine épaisseur, un certain liant nécessaire à la continuité. J'ai d'ailleurs l'impression que Chailly a ôté à la musique de Brahms plus de muscle et de densité que de graisse; mais c'est surtout vrai par comparaison avec Van Beinum. Par moments, je pense au jeu perlé "à la française" de Marguerite Long (au piano) : des efforts pour raccourcir les notes, et là ça nous mène aussi aux instruments anciens, qui ont le souffle court. Il est bien certain que ça favorise la perception des détails instrumentaux, d'autant plus que la technique n'a pas annihilé les efforts de clarté par une réverbération artificielle.

Le meilleur de cette intégrale est sans doute la grâce de certains phrasés, que l'on doit aussi aux solistes du Gewandhaus. Mais cette version vaut sans doute mieux pour certains de ses détails que pour l'ensemble. C'est en tout cas l'impression que j'en garde chaque fois que j'ai écouté une symphonie ou deux. Mais, pour conclure, alléger Brahms, c'est perdre son temps. Notez bien qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter de la Béchamel.


Brahms: The Symphonies
Brahms: The Symphonies
Prix : EUR 23,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Alléger Brahms ?, 21 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms: The Symphonies (CD)
Il existe une édition ou un tirage plus récent, j'ignore s'il y a une différence, le visuel étant le même (B00JX5DZOQ, le lien-produit ne fonctionne pas).

J'ai attendu afin d'écrire un commentaire sur ces disques. Après avoir lu des commentaires très élogieux, je m'attendais à bien mieux. Or j'ai eu beaucoup de peine à trouver un intérêt à cette interprétation. J'exclus de cette indifférence le texte de présentation très éclairant et très instructif de Peter Korfmacher, qui semble avoir beaucoup collaboré avec le chef, qu'il cite souvent, afin de faire comprendre sa démarche. Utiles aussi pour le passionné sont les fragments ou mouvements alternatifs, finalement non conservés par Brahms, de la 1ère et de la 4e Symphonies (celui de la 1ère, l'Andante, est placé dans le CD 3, parce qu'il n'y avait pas assez de place pour le mettre à la suite de la symphonie).

Bref, après un sentiment d'ennui expliquant une première réaction de rejet, je suis passé à un jugement plus équilibré. Mais même après avoir assez attendu, je ne suis pas parvenu au stade de l'intérêt passionné pour cette interprétation, dont le fleuron me semble néanmoins être la 4e. Je n'approfondirai peut-être pas assez, parce que j'ai plutôt envie d'écouter d'autres versions que celle-ci.

D'autres chefs ont tenté d'alléger Brahms, Doráti par exemple. Celui-ci a surtout réussi à lui enlever son poids, à le rendre quelconque, joli et sans signification, avec une sorte de grâce falote. Lui aussi, comme Chailly, utilisait des tempi rapides. Je crois qu'il y a plus à écouter dans le Brahms de Chailly que dans celui de Doráti. En revanche, Van Beinum, hélas négligé par Universal, peut-être parce que l'intégrale Haitink avec le même orchestre l'avait fait oublier, associait rapidité, ardeur, passion et transparence instrumentale. Malgré une prise de son mono ou stéréo des années 50, les détails instrumentaux sont aussi lisibles chez le chef hollandais que chez l'Italien. Globalement, la comparaison est hélas écrasante pour ce dernier.

Malgré les efforts pour enlever à cette musique la graisse dont les traditions d'interprétation l'avait enduite, la complexité instrumentale reste, Brahms ne sera jamais Mendelssohn. Il faut bien accepter une certaine épaisseur, un certain liant nécessaire à la continuité. J'ai d'ailleurs l'impression que Chailly a ôté à la musique de Brahms plus de muscle et de densité que de graisse; mais c'est surtout vrai par comparaison avec Van Beinum. Par moments, je pense au jeu perlé "à la française" de Marguerite Long (au piano) : des efforts pour raccourcir les notes, et là ça nous mène aussi aux instruments anciens, qui ont le souffle court. Il est bien certain que ça favorise la perception des détails instrumentaux, d'autant plus que la technique n'a pas annihilé les efforts de clarté par une réverbération artificielle.

Le meilleur de cette intégrale est sans doute la grâce de certains phrasés, que l'on doit aussi aux solistes du Gewandhaus. Mais cette version vaut sans doute mieux pour certains de ses détails que pour l'ensemble. C'est en tout cas l'impression que j'en garde chaque fois que j'ai écouté une symphonie ou deux. Mais, pour conclure, alléger Brahms, c'est perdre son temps. Notez bien qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter de la Béchamel.


Manon
Manon
DVD ~ Serge Reggiani
Proposé par Neobang
Prix : EUR 8,20

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tout de même un grand Clouzot, 4 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Manon (DVD)
Je ne place pas Manon tout à fait au même niveau que Le Corbeau ou Les Diaboliques, mais c'est tout de même un grand Clouzot. Je conseille évidemment de lire le chef-d'œuvre de l'abbé Prévost, cet objet littéraire non identifié pour un lecteur du XVIIIe siècle, mais même si on ne l'a pas lu, le film saura convaincre le spectateur moderne. Sa première réussite est d'avoir transposé sans artificialisme Manon Lescaut dans l'époque la plus récente (le film a été tourné en 1948), la Libération et l'immédiat après-guerre, en faisant oublier qu'il s'agit d'une adaptation et en même temps sans trahir le moins du monde l'esprit et beaucoup de détails de l'intrigue de l'original.

Le choix de Cécile Aubry, à peine vingt ans, sa sensualité, ses rondeurs un peu grasses dans le bas du visage, qui vont bien à un personnage amoral, une jeune insouciante, en même temps intéressée et calculatrice dans son appétit de jouissance et de luxe, son mélange de spontanéité, de sincérité dans son amour et de fausseté, le reste, évidemment, étant le maquillage et la façon de la filmer. Le jeune Michel Auclair, certes, dont on connaît le don pour les rôles cyniques, rend sans doute moins que dans le roman l'impression que ses erreurs de comportement s'expliquent par son fatal amour pour Manon. Excellente composition aussi de Serge Reggiani dans le rôle du frère, du massif et ambigu Raymond Souplex, de Gabrielle Dorziat en élégante "Madame", de Daniel Ivernel, plus américain que nature, et de bien d'autres. Henri Vilbert ne déçoit pas dans le rôle un peu convenu du capitaine provençal à la fois bourru et généreux.

Ce film vaut autant pour l'ensemble, le montage, le malaise dans lequel nous font vivre le comportement de Manon, ses conséquences pour son amant, l'idée que ça ne peut finir que mal, jusqu'à ce que vienne la fin bien connue, la rigueur du traitement de l'intrigue, que pour l'invention dans les détails, comme par exemple le geste du bras d'une statue de saint dans l'église récemment bombardée, semblant approuver en montrant le chemin, tout en désapprouvant par sa propre austérité, le premier baiser de Manon et de Desgrieux (le chevalier des Grieux du roman); il y a dans cette ambiguïté quelque chose de fatal. A peine a-t-on fini de voir le film qu'on a envie de recommencer pour mieux approfondir ces images si pleines de sens et de surprises, si parfaites aussi.
Bonne qualité technique de l'image et de son éventuelle restauration.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 18, 2015 5:36 PM CET


Petit dictionnaire français-occitan d'Auvergne : Selon les parlers d'Auvergne méridionale (pays de Massiac et Cézallier)
Petit dictionnaire français-occitan d'Auvergne : Selon les parlers d'Auvergne méridionale (pays de Massiac et Cézallier)
par Christian Omelhier
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Bon diccionari/ Bon dictionnaire, 21 décembre 2014
La traduction du texte en occitan est au-dessous.

Cristian Omelhièr a realizat un diccionari plan practic e plan fisable per una partida del naut auvernhat, a l'entorn del Sejalèir (Chasalèir ?), centrat sul parlars d'un ròdol Alancha-Massiac. Pr'aquò, e se vei dins sa bibliografia e dins las referéncias abreujadas que dona per un mot o un autre, a posat a la matèria auvernhata disponibla d'autras airals, mai que mai à l'èst, e quitament als parlars vivaro-alpencs de l'èst del Velai e del Vivarés. Çò que sembla mancar a sa documentacion es l'Auvèrnhe del ponent, la que vira a l'entorn de Mauriac. Probable que las fonts li an mancat. Me pensi çaquelà qu'es un diccionari utilisable per tota l'Auvèrnhe, que lo Sejalèir es pas luènh de la Bassa Auvèrnhe (que comença esquematicament a la devesa entre lo Cantal, o lo Chantal, e lo Puèi Dome).

Coma o ai dit, Cristian Omelhièr s'es pas contentat de relevar los mots de sos vesins del Bru, un vilatjòt plaçat à mèg camin sus la departementala que mena de Alancha a Massiac. A tanben aprofitat de diccionaris manuscrits, coma lo d'Alexis Delrieu, Lexique de l'Occitan parlé à Massiac, lo d'Eric Magne, sul parlar de la communa de "Laurie", o d'òbras literàrias coma las d'Albert Boudon-Lashermes. Es donc un trabalh de collectatge e tanben de sintèsi, que mòstra plan de rigor scientifica, çò qu'empacha pas qu'es de consultacion practica.

Lo diccionari se presenta coma pichon. Cristian Omelhièr a causit de presentar pas qu'ambe moderacion lo lexic sabent o lo de la tecnica modèrna. Caldrà donc completar en consultant un obratge pus espés, coma lo "Dictionnaire Français-Occitan" de Cristian Laus, basat sul lengadocian. Aquò rai, los mots sabents presentan normalament pas cap de diferéncias dialectalas. Mès d'expressions de la vida correnta de nòstra epòca, coma "garer sa voiture", i son. Aqueste diccionari es precis, que dona per exemple las traduccions condrèitas per "appeler, s'appeler" o per "chercher", diferentas segon lo sens, allòc que i a pas qu'un mot en francés. Una autra riquesa son los exemples e las frasas donadas a l'ocasion d'un mot, que permeton de dintrar dins lo foncionament vertadièr de la lenga. Es donc mai qu'un lexic.

TRADUCTION EN FRANÇAIS
Cristian Omelhièr a réalisé un dictionnaire bien pratique et fiable pour une partie du haut auvergnat, autour du Cézallier, centré sur les parlers d'une aire Allanche-Massiac. Pourtant, et ça se voit dans sa bibliographie et dans les références abrégées qu'il donne pour un mot ou un autre, il a puisé a la matière auvergnate disponible d'autres zones, particulièrement à l'est, et même aux parlers vivaro-alpins de l'est du Velay et du Vivarais. Ce qui semble manquer à sa documentation est l'Auvergne du couchant, celle qui est autour de Mauriac. Les sources lui ont probablement manqué. Je pense cependant que c'est un dictionnaire utilisable dans toute l'Auvergne, parce que le Cézallier n'est pas loin de la Basse Auvergne (qui commence schématiquement à la limite entre le Cantal et le Puy-de-Dôme).

Comme je l'ai dit, Cristian Omelhièr ne s'est pas contenté de relever les mots de ses voisins du Bru, un hameau placé à mi-chemin sur la départementale qui mène d'Allanche à Massiac. Il a utilisé des dictionnaires manuscrits, comme celui d'Alexis Delrieu, Lexique de l'Occitan parlé à Massiac, celui d'Eric Magne, sur le parler de la commune de Laurie, ou des œuvres littéraires coma celles d'Albert Boudon-Lashermes. C'est donc un travail de synthèse, qui montre beaucoup de rigueur scientifique, ce qui ne l'empêche pas d'être de consultation pratique.

Le dictionnaire se présente comme petit. Cristian Omelhièr a choisi de ne présenter qu'avec modération le lexique savant ou celui de la technique moderne. Il faudra donc compléter en consultant un ouvrage plus épais, comme le Dictionnaire Français-Occitan de Cristian Laus, basé sur le languedocien. Ce n'est pas un problème, les mots savants ne présentent normalement aucune différence dialectale. Mais des expressions de la vie courante de notre époque, comme "garer sa voiture", y sont. Ce dictionnaire est précis, c'est ainsi qu'il donne par exemple les traductions correctes pour "appeler, s'appeler" ou pour "chercher", différentes selon le sens, alors qu'il n'y a qu'un mot en français. Une autre richesse sont les exemples et les phrases données à l'occasion d'un mot, qui permettent d'entrer dans le fonctionnement véritable de la langue. C'est donc davantage qu'un lexique.


Haydn / String Quartets Op.33
Haydn / String Quartets Op.33
Prix : EUR 16,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Interprétations impétueuses, imaginatives et techniquement maîtrisées, 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haydn / String Quartets Op.33 (CD)
Ce disque est une nouvelle édition d'un autre paru en 2009. Le Cuarteto Casals a été fondé à Madrid, mais apparemment deux de ses membres sont catalans et l'altiste est américain. Son niveau est de toute façon international !

Je commence par le quatuor n°5, qui m'est le plus cher en raison de son premier mouvement. Après l'extraordinaire début de cet opus 33 n°5, avec sa "formule cadentielle", ici jouée avec le mystère qui lui donne tout son sens, qui suggère que la musique a déjà été jouée avant même de commencer, on saisit la qualité de cette interprétation et ses caractéristiques : forte violents, discours tranchant et tempo rapide, mais aussi passages dolce joués tout d'un coup avec chaleur et abandon, science du rubato et souplesse conservée quelque soit la vitesse, ornements finement ciselés, sens du rebondissement. On a donc des interprétations impétueuses et véhémentes, mais obtenues avec l'aide d'une maîtrise technique supérieure. Le deuxième mouvement, qui semble dérouler un conte mystérieux, témoigne de précieuses qualités d'imagination et le scherzo est saisissant.

Les autres quatuors montrent les mêmes qualités, avec des sonorités souvent très riches et séduisantes, mais aussi des accents qu'on peut selon son goût et le moment de l'écoute juger un peu brutaux, mais quelques uns sont joués dans des tempi un peu moins rapides. On remarque que le Cuarteto Casals pratique systématiquement la grande reprise (répétition du développement et de la réexposition) dans les formes sonate, ce qui ne gêne pas dans l'opus 33 dont les mouvements sont assez brefs. Bien entendu, il n'y a pas de grande reprise pour le premier mouvement du n°5, parce qu'après la surprise et la révélation que constitue le traitement en apothéose de la formule cadentielle, il n'y aurait vraiment plus rien à dire.

La comparaison s'impose avec le quatuor Buchberger, qui ajoute l'opus 42 à son double disque de l'opus 33 (voir mon évaluation), parce que les options stylistiques sont comparables, mais avec beaucoup plus de sobriété et moins de brio. Dans quelques cas, on se dit que la modestie des Buchberger vaut mieux que l'extraversion des Casals et leur volonté apparente de faire entendre du nouveau. La fin du quatuor n°2, dit "La Plaisanterie", suggère une expérience d'augmentation du temps jusqu'à l'infini, mais à condition de respecter un tempo rigoureusement stable. Les Casals, en pratiquant un rubato décoratif, manquent l'effet voulu. Dans le mouvement lent du n°4, Joseph Haydn propose un voyage aventureux et les Casals y superposent leur souplesse de traitement, ce qui brouille un peu le message; pour ces raisons, on pourrait penser que 4 étoiles auraient suffi, affaire de choix personnel.


The Auryn Series Vol. III : Joseph Haydn
The Auryn Series Vol. III : Joseph Haydn
Prix : EUR 18,79

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Haydn, avec douceur et nuances, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Auryn Series Vol. III : Joseph Haydn (CD)
Auryn Quartett, Haydn, opus 71, enregistrement Tacet, 1993. Si ce commentaire s'incruste sur une autre interprétation, je n'y suis pour rien... D'autre part, je ne sais pas si cette interprétation est la même que celle publiée plus tard Auryn'S Haydn : Op.71.

Auryn Quartett et pas Auryn Quartet, enfin un disque où rien n'est écrit en anglais ! La notice est d'ailleurs entièrement en allemand, ça ne m'arrange pas, mais j'apprécie la couleur locale, surtout pour un compositeur dont l'allemand (ou un dialecte allemand ?) était la langue et des interprètes dont trois sur quatre sont allemands. Il est vrai que le dos annonce une traduction en anglais et en français, mais comme j'ai acheté mon exemplaire en Allemagne... bref.

Le Quatuor Auryn a été fondé en 1981, avec des musiciens nés vers 1960. Comme ils ne sont pas encore arrivés tout à fait au premier rang dans leur catégorie, on peut craindre que ça n'arrive jamais. Il est vrai que se faire publier dans une maison de disques qui s'appelle Tacet, ça peut vous condamner à ne jamais faire beaucoup de bruit. Les commentaires sur leurs disques ne se bousculent pas sur ce site, pas plus en France qu'en Allemagne ou qu'aux Etats-Unis, ce n'est pas l'indice d'un succès très affirmé.

J'apprécie beaucoup l'enregistrement, légèrement réverbéré, mais très sobre et aéré, permettant d'entendre les instrumentistes de façon individualisée et pas globale, ce qui est idéal pour la musique de chambre. Le nom de l'éditeur signifie-t-il à la technique de se taire, afin que la musique se fasse mieux entendre ? Pour apprécier au mieux, il me semble qu'il vaut mieux écouter au casque. Et il y a une autre raison qui me fait préconiser ce type d'écoute.

Quand j'ai écouté pour la première fois ce disque, je n'ai été qu'à moitié satisfait. Encore maintenant, je trouve qu'on décroche facilement, c'est pourquoi aussi je conseille le casque, qui facilite la concentration. Mais après plusieurs écoutes, et une comparaison avec les Buchberger, les Amadeus et les Aeolian, j'apprécie bien davantage cette interprétation, si bien que j'ai décidé de monter à 5 étoiles; d'ailleurs plus je les écoute, plus je découvre de choses et plus je suis emballé. Des trois autres quatuors qui m'ont servi pour cette évaluation, leur style est plus proche de celui des Aeolian.

Les Auryn n'ont certainement pas autant d'abattage, d'éloquence, d'élan et de vigueur que les Amadeus, c'est pourquoi on peut ne pas être accroché au premier abord. Le rythme ne semble pas non plus leur souci majeur (encore que certains passages ne manquent pas de netteté, le finale de l'opus 71 n°1 par exemple), et c'est aussi le cas des Aeolian. Mais ils compensent par beaucoup de douceur, de grâce, de délicatesse, de suavité, d'élégance, d'intériorité, de souplesse et de nuances. C'est d'ailleurs dans les mouvements lents que je les apprécie le plus. On peut estimer qu'il leur manque un peu la virile rugosité de Haydn, mais les grandes œuvres supportent la variété des styles et des options. Je précise qu'ils ne semblent guère être influencés par les interprétations "historiquement informées". J'ai acheté ce disque pour les connaître, mais j'en achèterai probablement d'autres, en espérant que leurs qualités se seront conservées dans leurs enregistrements plus récents.


Gramàtica històrica catalana
Gramàtica històrica catalana
par F. BORJA MOLL CASASNOVAS
Edition : Broché
Prix : EUR 28,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Plan clara/ très claire, 1 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gramàtica històrica catalana (Broché)
La traduction en français est à la suite du texte en occitan.

Quand la Gramàtica històrica catalana sortiguèt en 1952, las condicions de la dictatura franquista faguèron que deviá èsser en castelhan. Francesc de Borja Moll (1903-1991) auriá desirat de ne far una version catalana corregida e augmentada, mès l'edat e la malautiá l'empachèron de far'l trabalh el-meteis. En 1991, una traduccion catalana, sense cap correccion ni apondi, trobèt lo succès malgrat l'evolucion de las coneissenças, que fasián vielhir lo manual. Se pòt encara trobar l'edicion de 1991 GRAMATICA HISTORICA CATALANA..

Çaquelà, èra necessari de far mai. Tres professors de l'Universitat de Valéncia an cambiat las representacions foneticas, en utilisant las de l'AFI, que las gents s'i son ara acostumadas, e an apondut en nòtas las criticas o descobèrtas faitas dempuèi 1952, òbras de Coromines, Rasico, Gulsoy e autres. Quand se podiá pas desvolopar per rasons de plaça, las nòtas fan referéncia als articles o libres que contradison o precison las interpretacions de Francesc de B. Moll. Atal, lo manual es estat actualisat sense que se modifique lo tèxte de l'autor.

La prefàcia fa conéisser la reputacion de clartat del manual, çò qu'ai poscut verificar personalament. Abans d'aver la Gramàtica històrica de Moll, trabalhavi mai que mai ambe la de Carles Duarte e Álex Alsina (1984-1986), plan mai dificila e qu'utilisa los metòdes de la gramatica generativa ambe d'equacions e formulas cabalisticas que jamai ai pas poscut comprene ! L'òrdre de las idèias e la moderacion de l'usatge del girgon de la disciplina me permeton ara d'avançar plan mai aisidament.

TRADUCTION EN FRANCÉS
Quand la Gramàtica històrica catalana parut en 1952, les conditions de la dictature franquiste firent que ça devait être en castillan. Francesc de Borja Moll (1903-1991) aurait souhaité en faire une version catalane corrigée et augmentée, mès l'âge et la maladie l'empêchèrent de faire ce travail lui-même. En 1991, une traduction catalane, sans aucune correction ni ajout, trouva le succès malgré l'évolution des connaissances, qui faisaient vieillir le manuel. On peut encore trouver l'édition de 1991 GRAMATICA HISTORICA CATALANA..

Cependant, il était nécessaire de faire davantage. Trois professeurs de l'Université de Valence ont changé les représentations phonétiques, en utilisant celles de l'API, auxquelles les gens se sont habituées maintenant, et ont ajouté en notes les critiques ou découvertes faites depuis 1952, œuvres de Coromines, Rasico, Gulsoy et autres. Quand on ne pouvait pas développer pour des raisons de place, les notes font référence aux articles ou livres qui contredisent ou précisent les interprétations de Francesc de B. Moll. Ainsi, le manuel est actualisé sans que le texte de l'auteur soit modifié.

La préface fait connaître la réputation de clarté du manuel, ce que j'ai pu vérifié personnellement. Avant d'avoir la Gramàtica històrica de Moll, je travaillais surtout avec celle de Carles Duarte et Álex Alsina (1984-1986), bien plus difficile et qui utilise les méthodes de la grammaire générative, avec des équations et des formules cabalistiques que je n'ai jamais pu comprendre ! L'ordre des idées et la modération de l'usage du jargon de la discipline me permettent maintenant d'avancer bien plus facilement.


Haydn : Symphonies n° 94 "La Surprise" & n° 96 "Miracle" & n° 97
Haydn : Symphonies n° 94 "La Surprise" & n° 96 "Miracle" & n° 97
Prix : EUR 7,07

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Objectif, mais plein de vie et d'enthousiasme, 27 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haydn : Symphonies n° 94 "La Surprise" & n° 96 "Miracle" & n° 97 (CD)
La 94e "Surprise" est de septembre 1951, la 96e "Miracle" de décembre 1952 et la 97e de mai 1953, mais la clarté de la direction, la réverbération très modérée malgré la nature de la salle du Concertgebouw contribuent beaucoup à donner une impression de relative modernité sonore. Néanmoins, le son est plus maigre pour les deux premières, avec des tutti assez durs et métalliques, alors qu'il y a plus de matière et de plénitude sonore pour la 97.

Succédant à Mengelberg à la tête du Concertgebouw, Eduard Van Beinum né en 1901 (on trouve aussi 1900, mais la notice en anglais indique la date traditionnellement connue de 1901) et mort d'une attaque en 1959, s'inscrit assez bien dans la réaction anti-romantique de l'après-guerre. Il dirigeait de façon bien plus objective et classique que son prédécesseur, quoique avec moins de réserve que Haitink. Par rapport aux deux intégrales des années 50, celle de Scherchen, puis celle de Beecham, le Haydn de Van Beinum paraît bien plus moderne et actuel (on se prend à rêver à une intégrale des Londoniennes par lui).

Objectivité n'est pourtant pas neutralité. Certes, on peut regretter parfois un certain manque d'humour (la "surprise" de l'Andante de la 94e passe inaperçue, comme si Van Beinum avait voulu effacer cette plaisanterie), mais à côté de ça, il n'y a aucun automatisme et rien d'attendu dans cette direction : il se passe toujours quelque chose d'imprévisible, ce qui attise l'intérêt des plus blasés dans ces œuvres très enregistrées, et on suit sans se lasser les inspirations du chef. Chaque phrasé est doté d'une vie propre, que chaque instant renouvelle.

Le classicisme du Haydn de Van Beinum se compare favorablement à celui de George Szell, plus rigide et froid, dont la sobriété et la réserve fournissent moins de variété. Chef bouillant et passionné, spécialiste des tempi rapides (il va parfois plus vite que Jochum), Van Beinum fait se ruer, se précipiter l'orchestre dans certains sforzandos (Allegro de la 96e, en particulier). Ensuite, l'Andante est pris avec fantaisie et tendresse et le trio du Menuetto, doté d'un charme chaleureux et souple, est un moment rare (un hautbois inoubliable). Parmi les heureuses inspirations de Van Beinum, il y a le choix d'un tempo très rapide dans le Finale de la 96e, qui fonctionne bien mieux ainsi (et c'était d'ailleurs ce que souhaitait Haydn, sans que l'indication Vivace ne l'indique nettement). Jochum fait à peu près de même, mais pas Szell, et le résultat est sans appel. La clarté de la direction met en pleine lumière les timbres des instruments solistes, dont la beauté sensuelle apparaît bien mieux que dans la plupart des enregistrements plus récents (il est vrai qu'on a le Concertgebouw); la réussite de la 97e tient beaucoup à la mise en valeur de certains instruments essentiels (basson, trompette) pour en rendre le fantastique et le mystère; mais Abendroth, plus emporté, plus fatal, est tout de même allé plus loin. Un point important est un certain choix du staccato, cohérent avec le goût pour le rythme et le rebondissement. Je n'ai guère cité la 94e, mais il n'y a aucun élément faible dans ce disque, l'introduction Adagio de cette symphonie devant suffire à en convaincre, sans parler du saisissant Finale.


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Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 61,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Netteté hautaine, 16 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qt Str 1/2 (CD)
En cherchant le même numéro ASIN sur le site américain, on constate que ce CD est le même que celui-ci Brahms: Janacek Quartet. Le commentaire ne changera donc pas.

Ce CD de 1988 reproduit une partie des quatuors de Brahms, enregistrés en 1966 par le Quatuor Janácek (Jirí Trávnícek, premier violon, Adolf Sykora, second violon, Jirí Kratochvíl, alto, Karel Krafka, violoncelle). Je n'ai pas écrit certains diacritiques, comme un caron (accent circonflexe inversé ou Hatschek) sur les c des noms Janácek et Trávnícek, ni un autre sur l'r de Jirí, pas plus qu'un accent aigu sur le y de Sykora, car je sais par expérience que le site, pourtant tolérant aux caractères spéciaux, n'est pas capable de tout inscrire (les caractères non reconnus seraient remplacés par des blancs). Il semble que Supraphon n'ait pas reproduit en CD le 3e quatuor, opus 67, en tout cas je n'en trouve pas de trace.

Ce disque se recommande d'abord par sa prise de son claire, peu réverbérée, équilibrée et aérée, qui permet d'entendre plus ou moins chaque instrument en un lieu différent. Ce n'est pas toujours le cas. Ainsi les qualités propres du quatuor sont mises en valeur.

C'est surtout dans les trois premiers mouvements de l'opus 51 n°1 et dans le 3e de l'opus 51 n°2 que les caractères de l'interprétation du Quatuor Janácek sont les plus évidents ; rapidité, légèreté d'articulation, absence d'emphase, netteté. Il y a quelque chose de hautain et d'aristocratique dans cet art de tout dire sans insister et dans cette sveltesse, qui proviennent sans doute en grande partie de la personnalité du premier violon (après la mort de Jirí Trávnícek en 1973, le Quatuor Janácek a décliné). C'est comme une épure. En même temps, la perfection du jeu et du dialogue des instrumentistes paraît difficile à dépasser. Le dernier mouvement de l'opus 51 n°1 est à la fois plus lent et davantage architecturé, mais toujours sans enrobage (on devine qu'une prise de son trop réverbérée aurait en partie gâché de telles qualités). Il en est de même dans une large mesure pour les mouvements 1, 2 et 4 de l'opus 51 n°2. Pour l'ensemble, la netteté et la clarté sont impeccables, ce qui peut être confus, ce qui peut se chercher ou rester dans l'ombre avec certains de leurs collègues apparaît avec évidence, c'est comme si on comprenait enfin ce qu'on n'avait pas encore saisi de ces œuvres.

J'ai comparé chaque mouvement avec plusieurs versions, dont les Amadeus et les Weller jusqu'à la fin. Le plus souvent, les Janácek sortent vainqueurs de la confrontation, même si les Amadeus (version Deutsche Grammophon, 1959) sont moins particuliers, plus universels. Dans l'Allegro initial de l'opus 51 n°1, les Janácek retrouvent la véhémence des Amadeus, mais sont peut-être plus complets. La Romance est pleine de dignité et d'intériorité et le troisième mouvement, un peu entre chien et loup dans son écriture, reçoit le maximum de clarté et de netteté de construction. Le moindre phrasé semble approfondi et personnel dans l'Allegro non troppo qui ouvre le deuxième quatuor. Même approfondissement dans l'Andante moderato qui suit, avec une clarté sans concessions, qu'on peut trouver austère à certains moments.


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