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Pèire Cotó (Occitània)
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Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD)
Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD)
Prix : EUR 28,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Extraordinaire travail d'orchestre, 23 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD) (CD)
Ce coffret Brahms-Haitink- Concertgebouw de 7 CD succède à plusieurs CD isolés et à un ancien coffret de 4 CD comprenant seulement les Symphonies, les Sérénades, les Ouvertures, les Variations Haydn et 3 Danses hongroises (1, 3 et 10, dont l'orchestration est de Brahms lui-même) BRAHMS : Les 4 Symphonies ; Variations sur un thème de Haydn op. 56 ; Sérénades n° 1 op. 11 et n° 2 op. 16 ; Ouverture Tragique op. 81 etc. La différence est qu'ici nous avons les Concertos et les 10 premières Danses hongroises au lieu de 3. Les enregistrements vont de 1970 à 1980, mais à part les sérénades et les danses, se concentrent particulièrement sur la période 1970-1974.

Pour pouvoir donner quelques détails tout en évitant de donner à ce commentaire des proportions démesurées, je vous renvoie à mes commentaires de chacune des composantes du coffret :
- Concertos pour piano, ouvertures, variations Haydn Brahms - Piano Concerto in Dm No1 Op15 - Piano Concerto in Bf N°2 Op83;
- Concerto pour violon, Double Concerto Concerto Pour Violon - Double Concerto;
- Symphonie n°1, Ouvertures Tragic Overture;
- Symphonies 2 et 3 Brahms : Symphonies Nos 2 & 3;
- Symphonie 4, Variations Haydn Brahms : Symphonie n° 4 - Variations sur un thème de Haydn - Danses hongroises;
- Sérénades Brahms : Sérénades op.11 & op.16.

Globalement, le mérite de ces interprétations tient en l'exactitude textuelle et un extraordinaire travail d'orchestre, qui fait percevoir avec clarté les détails de l'orchestration, ceci malgré la réverbération naturelle de la salle et le caractère plantureux de l'orchestre. L'enregistrement Philips est très bon, comme d'habitude avec cette marque, et il résulte de tout cela un son très reconnaissable, à la fois riche et d'une grande finesse de textures. Le contraste est frappant avec la fusion des timbres et le legato très poussé que recherchait et obtenait Karajan (avec le concours du mixage) à la fin des mêmes années 1970. Pour les deux sérénades, enregistrées en 1976 et 1980, la réverbération est accentuée et la musique peut tendre à un certain empâtement (voir mon commentaire en suivant le lien ci-dessus).

Chef précis, Haitink est aussi un chef modéré, pudique et réservé, ce qui n'est pas sans danger. Il peut en résulter des interprétations très techniques, mais neutres, pacifiques à l'excès, voire placides, exemptes d'élan ou de flamme et où tous les contrastes sont gommés. De manière générale, ces défauts se retrouvent notamment dans les symphonies 3 et 4, enregistrées un peu avant les autres, mais ce fait n'a pas d'importance, sauf pour indiquer qu'il n'y a pas eu de déclin. Un assez bon exemple est l'Andante de la 3e Symphonie, monotone, où les oppositions d'épisodes semblent amorties et dissimulées, à tel point qu'on a l'impression de ne pas les reconnaître et de ne pas les avoir entendues si on écoute ensuite un autre interprète. Mais ces deux dernières symphonies restent admirables, surtout si l'attention se déplace vers les détails instrumentaux. Le début du concerto pour violon est hésitant, il arrive à tous les chefs d'avoir des faiblesses passagères, mais on ne peut en tirer aucun enseignement sur les choix de Haitink.

Pour les Symphonies, le meilleur est donc dans les deux premières symphonies. La plus homogène est la Première, très équilibrée, une des meilleures de la discographie, alors que la Seconde brille surtout de son premier mouvement, d'un ton unique. Pour les Concertos, les deux pour piano, avec Claudio Arrau, et le Double Concerto, bénéficiant notamment de la présence de l'extraordinaire brahmsien qu'était János Starker, font partie des grandes versions de ces œuvres. Szeryng me paraît d'une séduction superficielle dans l'opus 77, mais un de mes correspondants indique que son jeu met en valeur la modernité de Brahms, ce en quoi Brahms annonce Schönberg et le XXe siècle.

Faute d'éléments de comparaison, je n'ai rien dit de l'interprétation des Danses hongroises, dont je rappelle que l'orchestration n'est pas toujours de Brahms.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 23, 2014 11:40 AM MEST


Symphony 4
Symphony 4

4.0 étoiles sur 5 Réserve et précision, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphony 4 (CD)
Le contenu de ce CD publié il y a longtemps se retrouve dans un ancien coffret de 4 CD qui comprend notamment l'intégrale des symphonies de Brahms par le Concertgebouw BRAHMS : Les 4 Symphonies ; Variations sur un thème de Haydn op. 56 ; Sérénades n° 1 op. 11 et n° 2 op. 16 ; Ouverture Tragique op. 81 etc, et surtout dans un coffret plus large encore de 7 CD, contenant aussi les concertos et vendu actuellement à un prix très avantageux Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD). Une autre édition de ce CD isolé avait en supplément quelques Danses hongroises Brahms : Symphonie n° 4 - Variations sur un thème de Haydn - Danses hongroises.

La Quatrième Symphonie, enregistrée en juin 1972, n'est pas l'élément le plus passionnant d'une intégrale qui est peut-être, pour l'ère de la stéréo, la plus indispensable de toutes. Elle manque d'élan et de flamme. Cependant, le niveau technique en fait tout l'intérêt. A ce propos, je n'ai mis que quatre étoiles pour indiquer que dans le remarquable ensemble d'œuvres symphoniques enregistrées par Haitink, tout n'est pas au même niveau.

QUATRIEME SYMPHONIE
Le premier mouvement montre donc une certaine réserve, un manque de flamme, mais il y a beaucoup de précision dans les attaques et les gradations. C'est passionnant si on s'intéresse en priorité au travail d'orchestre, mais seulement si. L'Andante est un peu plus riche émotionnellement. Haitink atténue l'énergie bruyante de l'Allegro giocoso et aussi sa joie. Le Finale a les mêmes caractères que les autres mouvements.

Les VARIATIONS HAYDN (septembre 1974) sont prises lentement mais ça ne gêne pas vraiment, car la richesse des détails et des nuances, la mise en valeur des timbres mobilisent l'intérêt. Cependant, on peut trouver cette version trop pacifique et préférer d'autres dont l'énergie n'est pas autant tenue en bride.


Brahms - Piano Concerto in Dm No1 Op15 - Piano Concerto in Bf N°2 Op83
Brahms - Piano Concerto in Dm No1 Op15 - Piano Concerto in Bf N°2 Op83

5.0 étoiles sur 5 Equilibre, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms - Piano Concerto in Dm No1 Op15 - Piano Concerto in Bf N°2 Op83 (CD)
BRAHMS, CONCERTOS POUR PIANO N°1 ET 2, OUVERTURES, VARIATIONS SUR UN THÈME DE HAYDN, Claudio ARRAU, CONCERTGEBOUW, Bernard HAITINK. Si ce commentaire est adjoint à une autre interprétation, l'erreur ne viendra pas de moi.
Cette édition assez ancienne est remplacée par un coffret qui rassemble tout ce que Haitink a enregistré dans Brahms avec le Concertgebouw Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

CONCERTO N°1 EN RE MINEUR, OPUS 15.
Cette interprétation d'octobre 1969 est bien différente de celle plus célèbre d'Arrau avec Giulini. Haitink met bien davantage l'architecture en valeur que Giulini et cette solidité, qui ne manque pas de puissance, est également assez loin de la violence acérée et de l'exaltation de Szell avec Curzon. Les contrastes sont assumés et les moments calmes du premier mouvement ont une certaine tendresse. Les premières minutes montrent une tension intériorisée, un sentiment d'attente et de mystère, idéal pour préparer l'arrivée du pianiste. Tout le concerto est riche de nuances très travaillées de la part de l'orchestre et les timbres de l'orchestre apparaissent en détail, d'autant mieux que la prise de son, réverbérée par la salle, semble très honnête.

Il y a donc un certain équilibre entre des options contraires, qui s'accompagne de beauté formelle et de sûreté. Claudio Arrau rejoint les qualités esthétiques de l'orchestre et du chef dans un piano remarquable de netteté. Réflexif et austère, peu amène comme on l'imagine, il se montre aussi volontaire, davantage qu'avec Giulini, encore que ça dépende des moments. L'opposition entre le piano et l'orchestre, caractéristique du concerto romantique, est également plus nette que dans la précédente version, où les discours du pianiste et du chef tendaient ensemble vers l'introversion. Mais le piano et l'orchestre ne sont tout de même pas opposés autant qu'avec Curzon et Szell (un orchestre dominateur, un piano presque victime); le cas de Serkin avec Szell est assez différent.

J'avais lu que cette version n'était pas très accessible. C'est en partie vrai, mais la version Arrau-Giulini l'était bien moins encore. Si le pianiste n'est guère dionysiaque, il ne cultive pas une tendance dépressive comme avec Giulini et l'écoute est donc moins éprouvante, ne suscitera pas autant de réactions de défense. Brendel, Ashkenazy, Fleisher, Kovacevich,, Gilels et même Serkin sont sans doute moins austères. En tout cas, le classicisme certes sobre de Haitink, le luxe confortable et immédiatement séduisant de son magnifique orchestre n'ont rien qui puisse rendre son discours difficile.

CONCERTO N°2 EN SI BÉMOL MAJEUR, OPUS 83, également enregistré en octobre 1969.
Les caractères de l'interprétation sont globalement semblables et il en est de même pour l'enregistrement, qui en sert bien la clarté et la précision des nuances et qui use de la stéréophonie avec intelligence. Etrangement, les tempi sont presque ceux de la version Arrau-Giulini (avec quelques secondes en moins...). D'autres versions peuvent avoir un Andante plus lent (elles n'ont pas forcément raison) et des mouvements rapides pris dans un tempo plus alerte.

C'est justement l'Andante qui me semble le mouvement le plus admirable, notamment par son tempo, par un discours de l'orchestre délié, qui au début semble aller tout droit, mais du coup le passage "nostalgique" et douloureux, vers 1'50'', n'a que plus de force et d'émotion. On doit beaucoup au violoncelle solo, à sa clarté, à sa pureté, à son émotion qui sait ne pas aller trop loin. Arrau pénètre dans ce mouvement sur la pointe des pieds, il est encore plus mystérieux qu'avec Giulini.

Mais globalement Arrau et Haitink sont peut-être légèrement meilleurs, avoir davantage de caractère, dans l'opus 15 que dans l'opus 83 (ou bien ce que j'ai écouté de la concurrence valait-il davantage ?). Il n'y a rien de bien net et il est possible que ça provienne du ressenti du moment. L'opposition attendue avec la précédente version d'Arrau est ici moins pertinente, car Giulini ne pousse pas ses options à l'extrême autant que dans le concerto en ré mineur, qu'il interprétait de manière doloriste et peu architecturée.

L' OUVERTURE TRAGIQUE (mai 1970) est moins rugueuse, violente ou tragique, surtout moins contrastée, que d'autres, mais l'attention se déplace sur la perfection du travail d'orchestre. Par moments, elle dégage une certaine tendresse. Grande version, dans le style modéré qui est celui de Haitink, et qui gagne en poésie et en mystère ce qu'elle perd en vigueur.

Dans l'OUVERTURE ACADEMIQUE (juin 1972), l'admirable jeu sur les timbres se développe aux dépens de la dimension rhétorique et de la gaieté. L'amortissement des contrastes unifie le morceau peut-être à l'excès.

Les VARIATIONS SUR UN THÈME DE HAYDN (septembre 1974) sont prises lentement mais ça ne gêne pas vraiment, car la richesse des détails et des nuances, la mise en valeur des timbres mobilisent l'intérêt. Cependant, on peut trouver cette version trop pacifique et préférer d'autres dont l'énergie n'est pas autant tenue en bride.


Brahms, J.
Brahms, J.

5.0 étoiles sur 5 Equilibre, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms, J. (CD)
BRAHMS, CONCERTOS POUR PIANO N°1 ET 2, OUVERTURES, VARIATIONS SUR UN THÈME DE HAYDN, Claudio ARRAU, CONCERTGEBOUW, Bernard HAITINK. Si ce commentaire est adjoint à une autre interprétation, l'erreur ne viendra pas de moi.
Cette édition assez ancienne est remplacée par un coffret qui rassemble tout ce que Haitink a enregistré dans Brahms avec le Concertgebouw Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

CONCERTO N°1 EN RE MINEUR, OPUS 15.
Cette interprétation d'octobre 1969 est bien différente de celle plus célèbre d'Arrau avec Giulini. Haitink met bien davantage l'architecture en valeur que Giulini et cette solidité, qui ne manque pas de puissance, est également assez loin de la violence acérée et de l'exaltation de Szell avec Curzon. Les contrastes sont assumés et les moments calmes du premier mouvement ont une certaine tendresse. Les premières minutes montrent une tension intériorisée, un sentiment d'attente et de mystère, idéal pour préparer l'arrivée du pianiste. Tout le concerto est riche de nuances très travaillées de la part de l'orchestre et les timbres de l'orchestre apparaissent en détail, d'autant mieux que la prise de son, réverbérée par la salle, semble très honnête.

Il y a donc un certain équilibre entre des options contraires, qui s'accompagne de beauté formelle et de sûreté. Claudio Arrau rejoint les qualités esthétiques de l'orchestre et du chef dans un piano remarquable de netteté. Réflexif et austère, peu amène comme on l'imagine, il se montre aussi volontaire, davantage qu'avec Giulini, encore que ça dépende des moments. L'opposition entre le piano et l'orchestre, caractéristique du concerto romantique, est également plus nette que dans la précédente version, où les discours du pianiste et du chef tendaient ensemble vers l'introversion. Mais le piano et l'orchestre ne sont tout de même pas opposés autant qu'avec Curzon et Szell (un orchestre dominateur, un piano presque victime); le cas de Serkin avec Szell est assez différent.

J'avais lu que cette version n'était pas très accessible. C'est en partie vrai, mais la version Arrau-Giulini l'était bien moins encore. Si le pianiste n'est guère dionysiaque, il ne cultive pas une tendance dépressive comme avec Giulini et l'écoute est donc moins éprouvante, ne suscitera pas autant de réactions de défense. Brendel, Ashkenazy, Fleisher, Kovacevich,, Gilels et même Serkin sont sans doute moins austères. En tout cas, le classicisme certes sobre de Haitink, le luxe confortable et immédiatement séduisant de son magnifique orchestre n'ont rien qui puisse rendre son discours difficile.

CONCERTO N°2 EN SI BÉMOL MAJEUR, OPUS 83, également enregistré en octobre 1969.
Les caractères de l'interprétation sont globalement les mêmes et il en est de même pour l'enregistrement, qui en sert bien la clarté et la précision des nuances et qui use de la stéréophonie avec intelligence. Etrangement, les tempi sont presque ceux de la version Arrau-Giulini (avec quelques secondes en moins...). D'autres versions peuvent avoir un Andante plus lent (elles n'ont pas forcément raison) et des mouvements rapides pris dans un tempo plus alerte.

C'est justement l'Andante qui me semble le mouvement le plus admirable, notamment par son tempo, par un discours de l'orchestre délié, qui au début semble aller tout droit, mais du coup le passage "nostalgique" et douloureux, vers 1'50'', n'a que plus de force et d'émotion. On doit beaucoup au violoncelle solo, à sa clarté, à sa pureté, à son émotion qui sait ne pas aller trop loin. Arrau pénètre dans ce mouvement sur la pointe des pieds, il est encore plus mystérieux qu'avec Giulini.

Mais globalement Arrau et Haitink sont peut-être légèrement meilleurs, avoir davantage de caractère, dans l'opus 15 que dans l'opus 83 (ou bien ce que j'ai écouté de la concurrence valait-il davantage ?). Il n'y a rien de bien net et il est possible que ça provienne du ressenti du moment. L'opposition attendue avec la précédente version d'Arrau est ici moins pertinente, car Giulini ne pousse pas ses options à l'extrême autant que dans le concerto en ré mineur, qu'il interprétait de manière doloriste et peu architecturée.

L' OUVERTURE TRAGIQUE (mai 1970) est moins rugueuse, violente ou tragique, surtout moins contrastée, que d'autres, mais l'attention se déplace sur la perfection du travail d'orchestre. Par moments, elle dégage une certaine tendresse. Grande version, dans le style modéré qui est celui de Haitink, et qui gagne en poésie et en mystère ce qu'elle perd en vigueur.

Dans l'OUVERTURE ACADEMIQUE (juin 1972), l'admirable jeu sur les timbres se développe aux dépens de la dimension rhétorique et de la gaieté. L'amortissement des contrastes unifie le morceau peut-être à l'excès.

Les VARIATIONS SUR UN THÈME DE HAYDN (septembre 1974) sont prises lentement mais ça ne gêne pas vraiment, car la richesse des détails et des nuances, la mise en valeur des timbres mobilisent l'intérêt. Cependant, on peut trouver cette version trop pacifique et préférer d'autres dont l'énergie n'est pas autant tenue en bride.


Piano Concerto 1
Piano Concerto 1

5.0 étoiles sur 5 Equilibre, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Piano Concerto 1 (CD)
BRAHMS, CONCERTO POUR PIANO N°1 EN RÉ MINEUR, OPUS 15, Claudio ARRAU, CONCERTGEBOUW, Bernard HAITINK. Si ce commentaire est adjoint à une autre interprétation, l'erreur ne viendra pas de moi.
Cette édition ancienne est remplacée par une autre qui présente les deux concertos avec des compléments et par un coffret réunissant tout ce que Haitink a enregistré dans Brahms avec le Concertgebouw Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

Cette interprétation d'octobre 1969 est bien différente de celle plus célèbre d'Arrau avec Giulini. Haitink met bien davantage l'architecture en valeur que Giulini et cette solidité, qui ne manque pas de puissance, est également assez loin de la violence acérée et de l'exaltation de Szell avec Curzon. Les contrastes sont assumés et les moments calmes du premier mouvement ont une certaine tendresse. Les premières minutes montrent une tension intériorisée, un sentiment d'attente et de mystère, idéal pour préparer l'arrivée du pianiste. Tout le concerto est riche de nuances très travaillées de la part de l'orchestre et les timbres de l'orchestre apparaissent en détail, d'autant mieux que la prise de son, réverbérée par la salle, semble très honnête.

Il y a donc un certain équilibre entre des options contraires, qui s'accompagne de beauté formelle et de sûreté. Claudio Arrau rejoint les qualités esthétiques de l'orchestre et du chef dans un piano remarquable de netteté. Réflexif et austère, peu amène comme on l'imagine, il se montre aussi volontaire, davantage qu'avec Giulini, encore que ça dépende des moments. L'opposition entre le piano et l'orchestre, caractéristique du concerto romantique, est également plus nette que dans la précédente version, où les discours du pianiste et du chef tendaient ensemble vers l'introversion. Mais le piano et l'orchestre ne sont tout de même pas opposés autant qu'avec Curzon et Szell (un orchestre dominateur, un piano presque victime); le cas de Serkin avec Szell est assez différent.

J'avais lu que cette version n'était pas très accessible. C'est en partie vrai, mais la version Arrau-Giulini l'était bien moins encore. Si le pianiste n'est guère dionysiaque, il ne cultive pas une tendance dépressive comme avec Giulini et l'écoute est donc moins éprouvante, ne suscitera pas autant de réactions de défense. Brendel, Ashkenazy, Fleisher, Kovacevich,, Gilels et même Serkin sont sans doute moins austères. En tout cas, le classicisme certes sobre de Haitink, le luxe confortable et immédiatement séduisant de son magnifique orchestre n'ont rien qui puisse rendre son discours difficile.


Concerto Pour Violon - Double Concerto
Concerto Pour Violon - Double Concerto

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Surtout pour le double concerto, 21 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto Pour Violon - Double Concerto (CD)
Brahms, Concerto pour Violon, Henryk Szeryng, avril 1973; Double Concerto, Henryk Szeryng, János Starker (septembre 1970), Concertgebouw, Bernard Haitink (l'ensemble).
Le concerto pour violon peut se trouver couplé à celui de Mendelssohn, avec les mêmes interprètes, les deux œuvres semblent exister aussi avec des concertos pour piano de Brahms joués par Brendel et dirigés respectivement par Schmidt-Isserstedt (considérée à l'époque comme une très grande version, un peu oubliée aujourd'hui) et Haitink Brahms: Complete Concertos, Ouvertures (Coffret 3 CD); mais il y a un coffret Haitink-Concertgebouw pour l'instant très intéressant Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

CONCERT POUR VIOLON EN RE, OPUS 77
J'ai écouté plusieurs versions différentes, pas forcément les mêmes pour chaque mouvement. Globalement cette interprétation ne vaut ni Milstein-Jochum, ni Grumiaux-Van Beinum, ni Oistrakh-Klemperer, ni Perlman-Giulini. Si j'ai mis 5 étoiles, c'est pour le Double Concerto.

D'abord, et c'est surprenant de la part d'Haitink, l'introduction orchestrale commence fort mal, hésitante, précautionneuse, elle fait penser que Haitink cherche où il doit aller. L'ambiance est cassée... Les tempi sont malheureusement très larges, mais contrairement à ce que fait Giulini avec Perlman, ce n'est pas habité, pour la raison que j'ai dite, et donc la lenteur pèse. Le climat s'améliore très progressivement. Quant à Szeryng, son jeu intéresse moins que celui de tous ses collègues que j'ai cités.

L'Adagio n'a évidemment pas l'intériorité de celui d'Oistrakh et Klemperer, mais ce deuxième mouvement est un peu préférable au premier. Le violon de Szerying séduit peut être, mais guère plus. L'Allegro giocoso est le mouvement qui convient le mieux au violoniste et la partie orchestrale est ici bien plus intéressante et décidée que dans le premier mouvement, d'autant plus que la sonorité est magnifique (avec une nuance de luxe, de confort et de puissance).

CONCERTO POUR VIOLON ET VIOLONCELLE EN LA MINEUR, OPUS 102
C'est la meilleure partie du disque. L'interprétation supporte la comparaison avec Szell-Oistrakh-Rostropovitch, avec Ancerl-Suk-Navarra, avec Fricsay-Schneiderhan-Starker, c'est dire qu'elle fait partie des meilleures. Pour être précis, je mettrai Szell en tête, suivi de Fricsay, ensuite Haitink (mais le complément du disque de Ancerl, n°4 dans ma petite confrontation, est une exceptionnelle Deuxième Symphonie).

La prestation du Concertgebouw est une fois de plus splendide de puissance confortable et de perfection du jeu, avec la réverbération naturelle de la salle, bien entendu. Haitink, évidemment moins exalté que Szell, est tout de même moins modéré que ce qu'on imagine (la suite de l'exposition orchestrale, qu'on ne peut appeler introduction parce que les solistes se sont déjà exprimés, est pleine de vigueur, vers 3'-4'). Et l'Andante, mystérieux, semble raconter une histoire lointaine : c'est ce qu'on entend souvent avec Brahms (Adagio non troppo de la 2e Symphonie), mais à la condition que l'interprétation aille dans ce sens.

Quant aux solistes... Szeryng n'est pas plus passionnant, mais il n'est pas aussi exposé que dans l'opus 77. J'apprécie tout de même une certaine douceur dans le Finale. Si on le compare avec Schneiderhan (version Fricsay), c'est probablement Szeryng le plus virtuose, mais ce n'est pas lui qui en dit le plus. Heureusement, il y a Starker, peut-être moins intense qu'avec Fricsay, mais sa présence est toujours comme celle de Brahms lui-même.


Concerto Pour Violon - Double Concerto
Concerto Pour Violon - Double Concerto
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 26,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Surtout pour le double concerto, 21 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto Pour Violon - Double Concerto (CD)
Brahms, Concerto pour Violon, Henryk Szeryng, avril 1973; Double Concerto, Henryk Szeryng, János Starker (septembre 1970), Concertgebouw, Bernard Haitink (l'ensemble).
Le concerto pour violon peut se trouver couplé à celui de Mendelssohn, avec les mêmes interprètes, les deux œuvres semblent exister aussi avec des concertos pour piano de Brahms joués par Brendel et dirigés respectivement par Schmidt-Isserstedt (considérée à l'époque comme une très grande version, un peu oubliée aujourd'hui) et Haitink Brahms: Complete Concertos, Ouvertures (Coffret 3 CD); mais il y a un coffret Haitink-Concertgebouw pour l'instant très intéressant Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

CONCERT POUR VIOLON EN RE, OPUS 77
J'ai écouté plusieurs versions différentes, pas forcément les mêmes pour chaque mouvement. Globalement cette interprétation ne vaut ni Milstein-Jochum, ni Grumiaux-Van Beinum, ni Oistrakh-Klemperer, ni Perlman-Giulini. Si j'ai mis 5 étoiles, c'est pour le Double Concerto.

D'abord, et c'est surprenant de la part d'Haitink, l'introduction orchestrale commence fort mal, hésitante, précautionneuse, elle fait penser que Haitink cherche où il doit aller. L'ambiance est cassée... Les tempi sont malheureusement très larges, mais contrairement à ce que fait Giulini avec Perlman, ce n'est pas habité, pour la raison que j'ai dite, et donc la lenteur pèse. Le climat s'améliore très progressivement. Quant à Szeryng, son jeu intéresse moins que celui de tous ses collègues que j'ai cités.

L'Adagio n'a évidemment pas l'intériorité de celui d'Oistrakh et Klemperer, mais ce deuxième mouvement est un peu préférable au premier. Le violon de Szerying séduit peut être, mais guère plus. L'Allegro giocoso est le mouvement qui convient le mieux au violoniste et la partie orchestrale est ici bien plus intéressante et décidée que dans le premier mouvement, d'autant plus que la sonorité est magnifique (avec une nuance de luxe, de confort et de puissance).

CONCERTO POUR VIOLON ET VIOLONCELLE EN LA MINEUR, OPUS 102
C'est la meilleure partie du disque. L'interprétation supporte la comparaison avec Szell-Oistrakh-Rostropovitch, avec Ancerl-Suk-Navarra, avec Fricsay-Schneiderhan-Starker, c'est dire qu'elle fait partie des meilleures. Pour être précis, je mettrai Szell en tête, suivi de Fricsay, ensuite Haitink (mais le complément du disque de Ancerl, n°4 dans ma petite confrontation, est une exceptionnelle Deuxième Symphonie).

La prestation du Concertgebouw est une fois de plus splendide de puissance confortable et de perfection du jeu, avec la réverbération naturelle de la salle, bien entendu. Haitink, évidemment moins exalté que Szell, est tout de même moins modéré que ce qu'on imagine (la suite de l'exposition orchestrale, qu'on ne peut appeler introduction parce que les solistes se sont déjà exprimés, est pleine de vigueur, vers 3'-4'). Et l'Andante, mystérieux, semble raconter une histoire lointaine : c'est ce qu'on entend souvent avec Brahms (Adagio non troppo de la 2e Symphonie), mais à la condition que l'interprétation aille dans ce sens.

Quant aux solistes... Szeryng n'est pas plus passionnant, mais il n'est pas aussi exposé que dans l'opus 77. J'apprécie tout de même une certaine douceur dans le Finale. Si on le compare avec Schneiderhan (version Fricsay), c'est probablement Szeryng le plus virtuose, mais ce n'est pas lui qui en dit le plus. Heureusement, il y a Starker, peut-être moins intense qu'avec Fricsay, mais sa présence est toujours comme celle de Brahms lui-même.


Brahms : Concerto pour violon - Double concerto pour violon et violoncelle
Brahms : Concerto pour violon - Double concerto pour violon et violoncelle
Proposé par Fulfillment Express
Prix : EUR 20,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Surtout pour le double concerto, 21 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms : Concerto pour violon - Double concerto pour violon et violoncelle (CD)
Brahms, Concerto pour Violon, Henryk Szeryng, avril 1973; Double Concerto, Henryk Szeryng, János Starker (septembre 1970), Concertgebouw, Bernard Haitink (l'ensemble).
Le concerto pour violon peut se trouver couplé à celui de Mendelssohn, avec les mêmes interprètes Concertos pour Violon, les deux œuvres semblent exister aussi avec des concertos pour piano de Brahms joués par Brendel et dirigés respectivement par Schmidt-Isserstedt (considérée à l'époque comme une très grande version, un peu oubliée aujourd'hui) et Haitink Brahms: Complete Concertos, Ouvertures (Coffret 3 CD); mais il y a un coffret Haitink-Concertgebouw pour l'instant très intéressant Brahms : Concertos et symphonies (Coffret 7 CD).

CONCERT POUR VIOLON EN RE, OPUS 77
J'ai écouté plusieurs versions différentes, pas forcément les mêmes pour chaque mouvement. Globalement cette interprétation ne vaut ni Milstein-Jochum, ni Grumiaux-Van Beinum, ni Oistrakh-Klemperer, ni Perlman-Giulini. Si j'ai mis 5 étoiles, c'est pour le Double Concerto.

D'abord, et c'est surprenant de la part d'Haitink, l'introduction orchestrale commence fort mal, hésitante, précautionneuse, elle fait penser que Haitink cherche où il doit aller. L'ambiance est cassée... Les tempi sont malheureusement très larges, mais contrairement à ce que fait Giulini avec Perlman, ce n'est pas habité, pour la raison que j'ai dite, et donc la lenteur pèse. Le climat s'améliore très progressivement. Quant à Szeryng, son jeu intéresse moins que celui de tous ses collègues que j'ai cités.

L'Adagio n'a évidemment pas l'intériorité de celui d'Oistrakh et Klemperer, mais ce deuxième mouvement est un peu préférable au premier. Le violon de Szerying a une séduction piquante, il a du chien, ça peut plaire, si c'était une soprano, ce serait une soubrette. Mais bon... L'Allegro giocoso est le mouvement qui convient le moins mal au violoniste et la partie orchestrale est ici bien plus intéressante et décidée que dans le premier mouvement, d'autant plus que la sonorité est magnifique (avec une nuance de luxe, de confort et de puissance).

CONCERTO POUR VIOLON ET VIOLONCELLE EN LA MINEUR, OPUS 102
C'est la meilleure partie du disque. L'interprétation supporte la comparaison avec Szell-Oistrakh-Rostropovitch, avec Ancerl-Suk-Navarra, avec Fricsay-Schneiderhan-Starker, c'est dire qu'elle fait partie des meilleures. Pour être précis, je mettrai Szell en tête, suivi de Fricsay, ensuite Haitink (mais le complément du disque de Ancerl, n°4 dans ma petite confrontation, est une exceptionnelle Deuxième Symphonie Ancerl gold edition vol.31 - Double concerto opus 102 - Symphonie n° 2).

La prestation du Concertgebouw est une fois de plus splendide de puissance confortable et de perfection du jeu, avec la réverbération naturelle de la salle, bien entendu. Haitink, évidemment moins exalté que Szell, est tout de même moins modéré que ce qu'on imagine (la suite de l'exposition orchestrale, qu'on ne peut appeler introduction parce que les solistes se sont déjà exprimés, est pleine de vigueur, vers 3'-4'). Et l'Andante, mystérieux, semble raconter une histoire lointaine : c'est ce qu'on entend souvent avec Brahms (Adagio non troppo de la 2e Symphonie), mais à la condition que l'interprétation aille dans ce sens.

Quant aux solistes... Szeryng n'est pas plus passionnant, mais il n'est pas aussi exposé que dans l'opus 77. J'apprécie tout de même une certaine douceur dans le Finale. Si on le compare avec Schneiderhan (version Fricsay), c'est probablement Szeryng le plus virtuose, mais ce n'est pas lui qui en dit le plus. Heureusement, il y a Starker, peut-être moins intense qu'avec Fricsay, mais sa présence est toujours comme celle de Brahms lui-même.


Brahms:Concerto Violin & Orche
Brahms:Concerto Violin & Orche
Proposé par samurai_media_JPN4FR
Prix : EUR 60,04

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Sobre et digne, 20 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms:Concerto Violin & Orche (CD)
Edition remastérisée, selon ce qui est indiqué, mais je l'ai écouté dans une édition plus ancienne, donc je n'en dirai rien. Ce concerto de Brahms peut se trouver maintenant en compagnie de la symphonie concertante de Mozart, ou dans un coffret de concertos dirigés par Otto Klemperer Concertos : Mozart, Beethoven, Schumann, Liszt, Brahms.

Klemperer sait ce qu'il fait. Il n'y a aucune exubérance, mais la construction est très solide et architecturée, d'une grande sûreté. Les moments stratégiques sont soulignés. On oublie que c'est l'Orchestre National de la Radiodiffusion Française, formation honorable certes, et on croirait que c'est le Philharmonia. Pour la partie orchestrale, peu de versions ont plus de tenue. Nous sommes en 1960, les tempi ne sont pas encore très lents. Et David Oistrakh est d'une noblesse, d'une précision dans les nuances, d'une pureté technique qui font qu'il n'a pas besoin d'esbroufe : c'est ample, c'est puissant, c'est conquérant, mais très sobre. Passionnant.

Le mouvement lent est peut-être le sommet. La plénitude, l'intériorité d'Oistrakh sont incomparables (j'ai précisément comparé : Milstein, Menuhin, Szeryng, Grumiaux, Perlman). Klemperer prend bien garde de ne pas bousculer cette noble méditation. Toujours aussi sobres, le violon et l'orchestre sont aussi à l'aise dans l'extraversion de l'Allegro giocoso que dans la qualité réflexive de l'Adagio. Aucune froide perfection dans les phrasés ciselés du violoniste : ce violon impérial et d'une virtuosité incomparable est avant tout humain et chaleureux. J'aurais pu écrire la même chose de la coda du premier mouvement.


Violinkonzert / Concerto Pour Violon / Violin Concerto
Violinkonzert / Concerto Pour Violon / Violin Concerto
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 62,95

5.0 étoiles sur 5 Noble, 20 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Violinkonzert / Concerto Pour Violon / Violin Concerto (CD)
Ce concerto de Brahms peut se trouver maintenant en compagnie de la symphonie concertante de Mozart Con Vn [d]/Sinf Concertante [E, Concerto pour violon op. 77 / Symphonie concertante, Brahms Concerto Klempere, ou dans un coffret de concertos dirigés par Otto Klemperer Concertos : Mozart, Beethoven, Schumann, Liszt, Brahms.

Klemperer sait ce qu'il fait. Il n'y a aucune exubérance, mais la construction est très solide et architecturée, d'une grande sûreté. Les moments stratégiques sont soulignés. On oublie que c'est l'Orchestre National de la Radiodiffusion Française, formation honorable certes, et on croirait que c'est le Philharmonia. Pour la partie orchestrale, peu de versions ont plus de tenue. Nous sommes en 1960, les tempi ne sont pas encore très lents. Et David Oistrakh est d'une noblesse, d'une précision dans les nuances, d'une pureté technique qui font qu'il n'a pas besoin d'esbroufe : c'est ample, c'est puissant, c'est conquérant, mais très sobre. Passionnant.

Le mouvement lent est peut-être le sommet. La plénitude, l'intériorité d'Oistrakh sont incomparables (j'ai précisément comparé : Milstein, Menuhin, Szeryng, Grumiaux, Perlman). Klemperer prend bien garde de ne pas bousculer cette noble méditation. Toujours aussi sobres, le violon et l'orchestre sont aussi à l'aise dans l'extraversion de l'Allegro giocoso que dans la qualité réflexive de l'Adagio. Aucune froide perfection dans les phrasés ciselés du violoniste : ce violon impérial et d'une virtuosité incomparable est avant tout humain et chaleureux. J'aurais pu écrire la même chose de la coda du premier mouvement.


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