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Contenu rédigé par méditos
Classement des meilleurs critiques: 4.376
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méditos (Toulouse)

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Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l'orientalisme
Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l'orientalisme
par Nathalie Bondil
Edition : Belle reliure
Prix : EUR 49,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Orient spectaculaire en technicolor !, 4 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l'orientalisme (Belle reliure)
Publié en cet automne 2014, à l’occasion des expositions que les Musées de Toulouse et de Montréal consacrent au peintre Benjamin-Constant (1845-1902), ce superbe ouvrage est bien plus qu’un catalogue. Bien mieux édité que les publications jadis parues chez ACR, ce n’est rien d’autre que la somme des connaissances sur un des artistes les plus en vue de la 3ème République et dont le succès public s’est répandu tant au Canada qu’aux Etats-Unis.

Né à Paris, Benjamin-Constant fut élevé à Toulouse où il reçut sa formation à l’Ecole des Beaux-Arts. Très proche d’Henri Regnault, Benjamin-Constant fut avant tout un peintre d’histoire dont plusieurs compositions grandioses décorent la Sorbonne, l’Hôtel de Ville de Paris, le plafond de l’Opéra-Comique et la Salle des Illustres au Capitole de Toulouse. Découvrant l’Orient lors d’un séjour à Grenade et à Tanger, mais jonglant aussi avec les sortilèges byzantins, Benjamin-Constant se fit surtout remarquer par des compositions gigantesques où la couleur explose toutes les contraintes du dessin, entre le rejet de l’impressionnisme et un hommage à Delacroix que ce livre met opportunément en exergue.

Ce livre souhaite ainsi réhabiliter une œuvre qui ne fit pourtant pas l’unanimité de la critique de son temps (« un orientaliste des Batignolles », disait-on de lui…), d’autant que l’orientalisme, aujourd’hui très à la mode, est aussi très critiqué pour ses conventions stéréotypés (le harem ! ) et les trahisons qu'un alibi ethnographique, à force de pittoresque à tout prix, ne parvient qu'assez rarement à cacher. « Merveilles et mensonges de l’orientalisme », peut-on lire dans le livre. Plus timidement, le titre du livre -et de l'exposition- ne parle que de « Merveilles » et de « Mirages ». Une contribution fort intéressante montre enfin comment le peintre organisa le succès de sa carrière, tandis que des portraits mondains parfois prestigieux (la reine Victoria, le pape Léon XIII) terminent une trajectoire artistique interrompue en 1902.

Il n’empêche : l’illustration, la documentation et l’appareil critique de cette publication scientifique sont remarquables, d’autant que la préparation des expositions a permis de restaurer plusieurs toiles qui dormaient enroulées dans les réserves et même d’acheter des œuvres qui sont ainsi présentées pour la 1ère fois au public, et donc au lecteur.

Le prix inférieur à 50 euros ajoute évidemment au plaisir d’un livre qui devrait donc connaitre un beau succès, à l’approche des fêtes de fin d’année…


Mantegna
Mantegna
par Mauro Lucco
Edition : Broché
Prix : EUR 140,00

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un Mantegna pour l'honnête homme, 13 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mantegna (Broché)
Commençons par la tâche qui fâche. En double page 156-157, la reproduction d’une des deux grandes fresques de la fameuse « Chambre des Epoux » du château ducal de Mantoue est un ratage total. Saturation de bleu et couleurs assombries, la comparaison avec les détails que l’on trouve en pages suivantes est sans appel. Vraiment moche…

Pour un ouvrage de luxe qui fait par ailleurs le choix d’un papier satiné des plus agréables au toucher (mais est-ce aussi le meilleur choix pour rendre compte des aspérités de l’art de la fresque ?), ce vilain gros défaut a de quoi faire enrager, car Mantegna trouve avec Mauro Lucco un de ses biographes les plus attentionnés.

Familier des fresques de Padoue depuis ses années d’études, l’auteur -grand spécialiste de la peinture italienne, et déjà biographe de Giorgione, Antonello da Messina etc.- revient sur sa jeunesse et s’adresse au grand public en évitant les discussions philologiques les attributions ou la chronologie. Un texte brillant, alerte et personnel, une mise en images passionnante avec des citations iconographiques antiques, les correspondances avec Bellini et quelques autres artistes, un joli choix de dessins toujours en relation avec les peintures, de très utiles photographies antérieures à 1944 pour les fresques aujourd’hui endommagée : bref, rien de révolutionnaire comme le reconnait l'auteur lui-même, mais une magnifique leçon d’humanisme appliquée au « peintre-philosophe » par excellence.

Publiée en 2013 en Italie, cet ouvrage est très judicieusement mis à la portée du public français dans une collection où Actes Sud a déjà livré de mémorables contributions à la connaissance de la peinture italienne : Cimabue et Simone Martini, notamment, pour ne citer que deux noms très mal servis par l’édition.

Si vous aimez l’érudition sans emphase de « l’honnête homme » -et le satin ?- ce livre est fait pour vous. Concurrent plus que redoutable de l’ouvrage paru chez Citadelles-Mazenod, il n’est quand même pas donné, ce qui rend d’autant plus regrettable "la tâche qui fâche" et qui m'empêche, à grands regrets, de donner les 5 étoiles.


Les invisibles
Les invisibles
par Sébastien Lifshitz
Edition : Relié
Prix : EUR 20,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les Invisibles : après le film, l'album !, 15 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les invisibles (Relié)
Pour celles et ceux qui ont aimé le film de Sebastien Lifshitz, voici une part majeure de son "making of".

Pendant plus de 20 ans, l'auteur avait en effet collectionné des photographies d'amateurs où la thèse d'une homosexualité forcément malheureuse était mise à mal. Ainsi naquit et fut acceptée par un producteur l'idée du film multi-primé et voici désormais les photographies d'un XXème siècle où l'on pouvait donc au moins se montrer devant un appareil photographique.

Scènes de bonheur et parfois d'impertinence, codes déjoués ou renversés, les années d'avant-guerre sont ludiques et décomplexées, tandis que l'après-guerre est plus discrète et notablement envahie par des objets de consommation plus normatifs. Certains regretteront peut-être l'absence de légendes ou de datation, mais il s'agit bien ici de moments de vie aussi intimes qu'anonymes : alors pourquoi vouloir en savoir davantage, d'autant que l’ambiguïté ou la complicité font si bon voisinage avec l'homosexualité qui marie si bien la tendresse, l'humour et ce pied de nez à une société où la vie quotidienne se vit alors en marge d'une quelconque égalité des droits...

On connaissait déjà les bals homos du Gay Paris photographiés par Brassai et quelques autres témoignages professionnels d'une homosexualité mondaine ou interlope : voici désormais un album de photographies d'amateurs qui en disent bien plus sur la vie quotidienne de ces "Invisibles" qui nous reviennent.

Enfin, et merci !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 26, 2013 9:14 AM MEST


Bellini: Norma
Bellini: Norma
Prix : EUR 33,51

29 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Déception, 8 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bellini: Norma (CD)
J’ai beau être un fan de Cecilia Bartoli, savoir qu’elle vient d’être ovationnée à Salzbourg dans ce rôle et m’intéresser par principe aux recherches musicologiques innovantes, voire décoiffantes, ce coffret est pour moi une réelle déception.

Je passe sur ce qui me semble le moins important : ce que l’on nous présente comme une « révolution romantique » qui ferait passer la Norma de Maria Callas pour une interprétation gâchée par le « vérisme » (quand même !) n’est en effet qu’une synthèse d’avancées déjà explorées par d’autres.

Les « nouveautés » de cette version qui veut revenir à « la » Norma authentique ont presque toutes déjà été explorées : quoique Cecilia Bartoli en dise, avec une témérité qui ne lui ressemble guère, Maria Callas disposait à son apogée d’une virtuosité et d’une aisance dans le grave qui correspondait déjà à l’esprit que Bellini se faisait de son héroïne et Richard Bonynge avait déjà fort justement attribué le rôle d’Adalgisa à une soprano (rien de moins que la Caballé) tout en allégeant celui de Pollione –grâce à John Alexander (dès 1964) puis encore à Pavarotti (à réécouter d'urgence !)

Cette nouvelle version Decca reste cependant unique en ce qu’elle additionne tous les réajustements nécessaires : une mezzo coloratura en Norma, une soprano en Adalgise, un ténor rossinien en Pollione et un ensemble baroque pour l’orchestre. Diapason abaissé.

Le début fonctionne plutôt bien : on est séduit par les couleurs et la transparence du tissu orchestral dans l’ouverture ; l’entrée de John Osborn dans « Meco all’altar » donne au rôle ingrat de Pollione une allure beaucoup plus intéressante de jeune amoureux volage, Osborn est pour moi le grand triomphateur de cette version, et le « Casta Diva » de Cecilia Bartoli sonne comme une prière murmurée très convaincante en son genre. Les recherches sur les rythmes et les reprises vocales avec ornementations attirent l’attention : on voudrait se laisser aller au seul plaisir de l’écoute et de la (re) découverte mais si on ne s’inquiète pas trop du manque d’autorité du grand prêtre, un Pertusi un peu en retrait par rapport à mes attentes, hélas, très vite, on se lasse et on finit même par s’ennuyer : le comble pour « le » chef d’œuvre du bel canto romantique !

Cela commence par les effets d’accélérations et de ralentissement systématiques que Giovanni Antonini impose à l’orchestre avec une brutalité qui ne laisse aucune place au clair-obscur et aux nuances. Crescendos et diminuendos inconnus au bataillon ! Les duos entre Norma et Adalgise déçoivent vraiment (où sont les grands moments lyriques d’antan ?) et le grand final s’étire incompréhensiblement dans un « non-sens » et un immobilisme où finalement plus rien ne se passe : où sont passés l’émotion et le grand frisson du sacrifice ???

Dans cette construction trop intellectuelle qui voudrait faire table rase du passé et nous proposer une Norma nouvelle vague alla "Magnani" grâce au retour aux sources du bel canto romantique, le pari de nous émouvoir n’est gagné qu’au moment où Cécilia-Norma renonce à tuer ses enfants, le sommet de l’opéra où l’introduction orchestrale est une vraie merveille avant un récitatif « Dormomo entrabi » d’anthologie. OK, Norma est une mère, mais n’est-elle vraiment que cela ? Renoncer à ce point à l’héroïsme et à la grandeur lyrique du sacrifice conduit à cette fin quasi-anecdotique ! L’absolu contraire du romantisme !!!

Bref, ni révolutionnaire, ni romantique, ce nouvel enregistrement n’est qu’une expérience qui méritera sans doute une écoute, peut-être même un nouvel essai. Et une étoile de plus s'il parvient à imposer définitivement sur la scène des distributions qui respectent enfin les tessitures originales, notamment pour Adalgise (à quand Juan Diego Florez en Pollione ?). Sans aucune hésitation, je n’en reste pas moins reste fidèle à mes vieilles cires, fussent-elles imparfaites (car il n'y a pas de version "idéale") et non « historically informed ».
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 7, 2014 4:22 PM MEST


L'Epopée orientale
L'Epopée orientale
par Jean Lepage
Edition : Relié

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Une épopée largement dépassée !, 24 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Epopée orientale (Relié)
Non seulement ce livre est proposé à des prix déraisonnables, mais il est désormais inutile, remplacé depuis 2011 par une version remise à jour et beaucoup plus complète. Pour qui voudra donc découvrir les remarquables collections de peinture orientaliste du musée de Narbonne, toujours présentées par le conservateur Jean Lepage qui en a été l'artisan inlassable, précipitez-vous donc vers L'Orient fantasmé et si vous y tenez vraiment découvrez plutôt cette épopée dans les bibliothèques si vous souhaitez comparer textes et notices de l'auteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 10, 2013 7:00 PM CET


Arias for Marietta Marcolini
Arias for Marietta Marcolini
Proposé par ZOverstocksFR
Prix : EUR 10,34

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Recherche désespérément contralto rossinien..., 19 février 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Arias for Marietta Marcolini (CD)
Bien que n’ayant pas connu le même succès public que les programmes proposés au même moment par les sars Bartoli ou Simone Kermés, cet hommage à la première muse de Rossini, la contralto Marietta Marcolini, a été salué par une grande partie de la critique comme une contribution majeure à la redécouverte du répertoire lyrique du début des années 1800.

Ce répertoire fut jadis défendu avec ardeur par le label britannique Opéra Rara, dont on se souvient des précieux -et onéreux- coffrets chronologiques sur l’histoire de l'opéra italien au début du XIXème siècle. Dans cette double décennie 1800-1820, une des stars s’appelait donc Marietta Marcolini et interprétait les œuvres encore trop mal connues de Johann Simon Mayr et Ferdinando Paer, jalons pourtant essentiels entre Mozart et Rossini. De 1800 à 1810, la Marcolini chanta également de nombreux ouvrages créés à Naples jusqu’au moment où, délaissant la couche de Julien Bonaparte, elle entra dans celle d’un jeune compositeur âgé de 19 ans, Gioacchino Rossini. Elle créa alors pas moins de cinq opéras de Rossini dont on retrouve ici les moins connus (L’equivoco stravagante, Ciro in Babilonia) mais aussi la fameuse Italienne à Alger.

En lieu et place d’un récital de jeunesse de Rossini, Fabio Biondi et Damien Colas (qui signe les cadences et variations) nous proposent de replacer ces premiers Rossini au côté de cinq autres opéras créés par la même chanteuse. On y retrouve bien sur Mayr et Paer, mais aussi Mosca et Coccia, déjà repérés chez Opera Rara, et un Joseph Weingl dont nous découvrons ici et le nom et la musique. Au total, quatre créations mondiales ajoutent à l’excitation de la 1ere écoute de ce disque.

Hélas, il faudra beaucoup d’imagination pour croire que la mezzo -soprano suédoise Ann Hallenberg, dont les prestations baroques dans Vivaldi et Haendel sont régulièrement acclamées, puisse incarner au disque « une ligne de chant digne des plus grandes tragédiennes alliées à la rouerie d’une excellente actrice comique », portrait que Damien Colas dresse pourtant de la Marcolini. Musicienne probe mais incapable de donner vie et relief à ses multiples personnages –travesti ou femme de caractère, sorcière ridicule ou femme injustement accusée- Ann Hallenberg n’a ni le grave ni l’abattage d’une contralto rossinienne, ce dont des extraits avec le même Fabio Biondi d’une Semiramide vue sur you tube nous avait déjà convaincu. Bref, aucune réelle incarnation...

Au-delà de cette absence totale d’incarnation théâtrale, le fautif pourrait bien être maître Biondi lui-même, lequel dirige tout d’un même trait aussi froid qu’un hiver scandinave. Que l’on s’attarde par exemple sur l’air de Paer où l’on cherchera en vain le moindre contraste entre le lamento initial et « les réjouissances » induites par le happy end ! Et pourtant, quelle magnifique page musicale que l’air de Weingl, annonçant déjà la mélancolie si troublante de la Cenerentola. Que de séductions mélodiques dans ces soli pour instruments obligés, dont l’étonnante et rare version pour violoncelle du « Per lui che adoro,» qui, avec un « Pensa alla Patria » de belle facture, est la page la mieux réussie du récital. Car c’est bien là le paradoxe de ce disque : trouver dans ce rôle de l’Italienne marqué par de si prestigieuses concurrentes (Horne, Valentini-Terrani, Baltsa), le meilleur de la contribution d'une Hallenbeg qui a déjà chanté le rôle sur scène, mais sans vraiment enflammer les planches d’un théâtre décidément ici bien trop nordique...

Malgré un programme qui vaut largement cinq étoiles, trois étoiles, pour ceux qui aiment les découvertes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 31, 2013 2:36 PM CET


Mission (Deluxe Edition)
Mission (Deluxe Edition)
Prix : EUR 11,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Viva Bartoli !, 12 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mission (Deluxe Edition) (Téléchargement MP3)
Allez, je me lance moi aussi dans un commentaire sur l’album qui est aujourd’hui au sommet des ventes, tout simplement pour que l’on ne s’arrête pas à la déferlante marketing très discutée qui accompagne son lancement : un roman historique signé Donna Léone (sic), un reportage photographique qui ne fait pas l’unanimité –c’est peu de le dire !-et même un jeu, « Mission », annoncé sur Ipad : trop cool ! Et signe des temps… Du moins, la musique y sera de Stefanni et non d’Ennio Moriccone ...

J’avoue d’abord ne pas être si agacé que cela par les photos et notamment par celle de la couverture: c’est un clin d’œil que l’on peut effectivement trouver du plus mauvais goût, mais Cécilia Bartoli s’amuse à jouer le double rôle du compositeur-ecclésiastique, cet Agostino Steffani qui eut quand même pour « mission » de convertir l’Allemagne du Nord au catholicisme, excusez-du peu, et celui du reporter dont la mission est de reconstituer sa vie –et donc son œuvre. Une réelle réserve : nous faite croire que Steffani était un complet inconnu, ces sonates de chambres ayant été enregistrées à de nombreuses reprises, notamment par le fameux « duo » René Jacobs et Jennifer Smith. Idem pour quelques opéras déjà ressuscités, come mentionné dans un autre commentaire très bien informé...

Reste que le marketing fera connaître Steffani à un public beaucoup plus large, que la quasi-totalité des airs sont des inédits, que le programme est conçu au millimètre (fureur, vivacité, mélancolie, tendresse) et que ces airs au minutage assez court -trés radiophonique tout çà !- et un orchestre qui s’efface souvent pour un duo à nu entre la voix et une trompette ou une flute… sont d’une séduction infinie dont on ne se lasse pas. Kaléidoscope des émotions pour une chanteuse à l'apogée de ses moyens servant un "médiateur" entre l’époque des Monteverdi, Caldara et autres Scarlati et celle des Haendel, Bach et Telemann, sans oublier la formation lullyste très grand siècle français reçue à Paris par cet italien qui fit carrière en Allemagne !

Enfin, et peut-être surtout, après un album « Maria » bel cantiste très maniéré, quelle joie de retrouver Cecilia à son meilleur : sans rien perdre de son exceptionnelle virtuosité de mezzo colorature, sa ligne de chant est (re ?)devenue beaucoup plus naturelle, sans exagération aucune des affects : pas de soupirs ou d’effets inutiles sur chaque mot. Et donc les 4 duos si attendus avec Phillipe Jarousky ne sont en rien un duel entre divas-divos concurrents, mais bien l'expression d'une complicité musicale dont on est heureux d‘apprendre qu’elle aura une suite dans l’album Jaroussky cuvée 2013.

Depuis son Vivaldi historique, et un Gluck hélas bien oublié, va falloir que je vous en parle un de ces jours..., probablement un des meilleurs disques de l’indispensable Bartoli.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 3, 2013 6:35 PM CET


Mission
Mission
Prix : EUR 17,58

16 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Brava Cecilia !, 12 octobre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mission (CD)
Allez, je me lance moi aussi dans un commentaire sur l’album qui est aujourd’hui au sommet des ventes, tout simplement pour que l’on ne s’arrête pas à la déferlante marketing très discutée qui accompagne son lancement : un roman historique signé Donna Léone (sic), un reportage photographique qui ne fait pas l’unanimité –c’est peu de le dire !-et même un jeu, « Mission », annoncé sur Ipad : trop cool ! Et signe des temps… Du moins, la musique y sera de Stefanni et non d’Ennio Moriccone ...

J’avoue d’abord ne pas être si agacé que cela par les photos et notamment par celle de la couverture: c’est un clin d’œil que l’on peut effectivement trouver du plus mauvais goût, mais Cécilia Bartoli s’amuse à jouer le double rôle du compositeur-ecclésiastique, cet Agostino Steffani qui eut quand même pour « mission » de convertir l’Allemagne du Nord au catholicisme, excusez-du peu, et celui du reporter dont la mission est de reconstituer sa vie –et donc son œuvre. Une réelle réserve : nous faite croire que Steffani était un complet inconnu, ces sonates de chambres ayant été enregistrées à de nombreuses reprises, notamment par le fameux « duo » René Jacobs et Jennifer Smith. Idem pour quelques opéras déjà ressuscités, come mentionné dans un autre commentaire très bien informé...

Reste que le marketing fera connaître Steffani à un public beaucoup plus large, que la quasi-totalité des airs sont des inédits, que le programme est conçu au millimètre (fureur, vivacité, mélancolie, tendresse) et que ces airs au minutage assez court -trés radiophonique tout çà !- et un orchestre qui s’efface souvent pour un duo à nu entre la voix et une trompette ou une flute… sont d’une séduction infinie dont on ne se lasse pas. Kaléidoscope des émotions pour une chanteuse à l'apogée de ses moyens servant un "médiateur" entre l’époque des Monteverdi, Caldara et autres Scarlati et celle des Haendel, Bach et Telemann, sans oublier la formation lullyste très grand siècle français reçue à Paris par cet italien qui fit carrière en Allemagne !

Enfin, et peut-être surtout, après un album « Maria » bel cantiste très maniéré, quelle joie de retrouver Cecilia à son meilleur : sans rien perdre de son exceptionnelle virtuosité de mezzo colorature, sa ligne de chant est (re ?)devenue beaucoup plus naturelle, sans exagération aucune des affects : pas de soupirs ou d’effets inutiles sur chaque mot. Et donc les 4 duos si attendus avec Phillipe Jarousky ne sont en rien un duel entre divas-divos concurrents, mais bien l'expression d'une complicité musicale dont on est heureux d‘apprendre qu’elle aura une suite dans l’album Jaroussky cuvée 2013.

Depuis son Vivaldi historique, et un Gluck hélas bien oublié, va falloir que je vous en parle un de ces jours..., probablement un des meilleurs disques de l’indispensable Bartoli.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 21, 2012 4:51 PM MEST


Rodin : La Passion du mouvement
Rodin : La Passion du mouvement
par Dominique Jarrassé
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Redécouvrez Rodin et la collection Terrail, 24 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rodin : La Passion du mouvement (Broché)
En cette année 2012 où le musée Rodin a présenté une belle exposition sur « la chair et le marbre » de son grand homme, pourquoi ne pas redécouvrir cet ouvrage publié par Terrail en 1995 (réédité en 2001) et qui reste peut-être encore la meilleure introduction à l’œuvre du plus grand sculpteur français ?

La collection Terrail, aujourd’hui un peu oubliée, essaya, en son temps, de chasser sur les terres de Taschen en proposant des livres d’art de bonne qualité (mais brochés) et à un prix abordable.

Le texte de Dominique Jarassé -qui a aussi écrit sur Toulouse-Lautrec- est aussi plaisant à lire que bien informé. Il est surtout très supérieur à celui du livre plus récent paru chez Parkstone (Rodin, 2010). En revanche, la qualité des illustrations date un peu, notamment les photographies en noir et blanc qui virent trop souvent à la grisaille.

On y trouvera le chapitre attendu sur Camile Claudel, Victor Hugo, et autres Balzac, sans oublier les incontournables Penseur et Portes de l’Enfer. Celui sur les dessins incitera le lecteur à en savoir davantage et à se procurer un des deux livres qui leur ont été consacrés (Auguste Rodin : Dessins et aquarelles et surtout Rodin dessinateur).

La note de ce livre dépendra donc finalement du prix auquel vous le trouverez. Autour de 10 euros, le prix auquel je l’ai trouvé, évidemment d’occasion, c’est un 4 étoiles sans discussion possible ! Au-delà, çà se discute davantage, car le petit Auguste Rodin de Gilles Néret devient alors un concurrent imbattable pour beaucoup moins cher et le superbe livre de Masson chez Flammarion Rodin (2009) reste le 1er choix pour un beau livre d’art à un peu moins de 40 euros.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 16, 2012 10:32 AM CET


Jeanne d'Arc : Batailles & Prisons
Jeanne d'Arc : Batailles & Prisons
Proposé par Englishpostbox
Prix : EUR 25,24

14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le mystère des "Voix"..., 24 juillet 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jeanne d'Arc : Batailles & Prisons (CD)
Jamais, peut-être, Jordi Savall n'est allé aussi loin dans l'exploration du couple « Histoire et Musique », sous-titre parfaitement assumé du Festival de l'abbaye de Fontfroide où le programme de ce livre-disque a été donné le 19 juillet dernier dans une fastueuse mise en scène sonore (processions des choeurs et des fanfares...) que l'on ne retrouvera qu'imparfaitement avec cet enregistrement, un 1ère "représentation" ayant eu lieu à la Cité de la Musique fin 2011.

Après « la Tragédie des Cathares », Savall revient donc à l'histoire de France, à l'occasion du 600ème anniversaire de la naissance de « Jeanne ». Cet intérêt de Savall pour « la Pucelle » n'est pas nouveau. En 1993, Savall composait la bande son du film fleuve que Jacques Rivette réalisait avec Sandrine Bonnaire autour des « Batailles et Prisons » de Jeanne. Savall reprend donc dans ce livre-disque ses musiques de fanfares et de batailles « reconstituées » ainsi que « Les Voix » célestes de Montserrat Figuerras, M-C Kiehr et Kai Wesel, notammnent le "Veni Sancte Spiritus" de Guillaume Dufay: « autre temps, autre espace » et l'émotion de retrouver Montserrat parmi les anges*... d'autant que les musiciens ont enregistré l'autre partie du programme quelques semaines à peine après la mort de la chanteuse catalane.

Le musicologue pur et dur s'offusquera de ces « reconstitutions » musicales, le plus souvent inspirées par des motifs ou thèmes de l'époque, jouant sur les tons (selon la nationalité française ou anglaise des fanfares) et les rythmes (binaires ou ternaires). Dufay y tient une place centrale, avec l'utilisation de motifs ou la reprise de la messe de l'Homme Armé pour le Sacre de Reims, morceau trop court mais anthologique qui clôture fastueusement la 1ere partie d'un programme jusqu'alors un peu répétitif dans le genre "bataille-fanfare". Les musiques du sacre combinent ainsi des œuvres existantes avec des créations « dans l'esprit de l'époque ». Au-delà de ces musiques fonctionnelles, Savall propose une « caractérisation musicale » de Jeanne : son origine villageoise (mélodies populaires de l'époque), le mystère des Voix qu'elle entend et, bien sûr, sa vocation guerrière. L'évocation du procès est un autre grand moment du programme, avec un équilibre parfaitement dosé entre les évocations narratives et les grands moments de musique où le flutiste Pedro Memelsdorff se couvre de gloire.

Le mélomane pourra cependant être dérouté par de longues séquences narratives avec René Zosso -déjà présent pour les Cathares- dans le rôle des différents « inquisiteurs » et une remarquable Louise Moaty dans celui de Jeanne. Les deux sont d'ailleurs déjà annoncés dans un programme à venir en 2013 autour d'Erasmus et de son Eloge de la Folie. Savall explique et assume : « les différences entre la mise en scène cinématographique et notre mise en scène Livre-/Cd ne sont en définitive pas si différentes ». A savoir impérativement avant d'acheter, mais le procédé -qui flirte surtout avec le théâtre- n'est pas nouveau pour qui connait cette série d'Alia Vox: voir les programmes autour de Don Quijote, par exemple...

Tel quel, ce programme ne trahit donc nullement sa forme : c'est bien un livre disque qui donne autant de place à la musique qu'à l'histoire : chroniques, minutes des procès sur le CD et dans le livre : textes historiques sur la Guerre de Cent Ans -remarquable contribution de Philippe Contamine, spécialiste incontesté de l'art militaire au moyen Age- la vie et le procès de Jeanne, sa postérité notamment dans le cinéma, et un texte passionnant sur Jeanne d'Arc et la droite française.

« Sans renoncer à la pureté, la parole et la musique portées par l'émotion et la grâce prennent une dimension sacrée et deviennent partie intégrante d'un spectacle global vivant, et nous permettent d'atteindre ainsi cette dimension magique qui se situe entre la réalité et le mythe ». Selon que le mythe vous inspire ou pas, et que vous accepterez les limites de l'entendre, à défaut du voir - mais n'est-ce pas là tout le mystère des « Voix » ?- ce « spectacle global vivant » vous éblouira ou vous laissera sur votre faim de musique, tant les interprètes, Hespérion XXI et la Capella real de Catalunya rayonnent de splendeur à chacune de leurs interventions. Un conseil ? Précipitez-vous dès que ce programme très rare sera redonné- le 6 avril 2013, ce sera dans la cathédrale de Reims !

Alors 5 étoiles ? Oui dans la mesure ou personne d'autre que Savall ne propose aujourd'hui de tels "produits" culturels. Après moult hésitations, j'en reste cependant à 4, moins à cause des réserves déjà décrites pour qui, mal informé, penserait "acheter" 2 heures et demies de musique du XVème siècle, que parce que le spectacle ne décolle vraiment qu'avec le sacre et aussi pour souligner que l'image manque souvent pour donner réellement vie à ce "spectacle global".

* Contrairement à ce qu'écrit trop rapidement Roger Tellart dans Classica de septembre 2012, "Les Voix" ne sont pas les "ultimes enregistrements de Montserrat Figueras", mais bien la reprise de la bande-son du film de 1993.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 16, 2012 10:32 AM CET


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