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Contenu rédigé par Barkilphedro
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Commentaires écrits par
Barkilphedro

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Pnine
Pnine
par Vladimir Vladimirovich Nabokov
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un remède indispensable à la morosité, 28 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pnine (Poche)
Il vous faut rencontrer le professeur Timofei Pnine.

Ses collègues à l'université de Waindell n'en finissent plus de rire de ses déboires cocasses. Ce pauvre russe au crâne idéalement chauve, large de buste mais court sur pattes, aux chemises voyantes de mauvais garçon ouvertes sur un torse bronzé et à l'anglais approximatif n'est pas seulement involontairement drôle, il est aussi attendrissant dans son incapacité à s'adapter au Nouveau Continent sur lequel il a échoué bravement.

Nabokov offre ici son plus remarquable personnage et son roman le plus chaleureux. La drôlerie s'efface parfois quelques instants pour un pincement au coeur. Mais Pnine est un bonhomme résolument positif et quoiqu'il échoue souvent dans ses entreprises, sa constance et sa persévérance est un baume dans les moments de morosité. Un remède indispendable à l'ennui.


Oeuvres romanesques complètes, tome 1 : 1926-1938
Oeuvres romanesques complètes, tome 1 : 1926-1938
par Vladimir Vladimirovich Nabokov
Edition : Cuir/luxe
Prix : EUR 77,00

18 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 conseil pour lire un roman de Nabokov (2), 15 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres romanesques complètes, tome 1 : 1926-1938 (Cuir/luxe)
Je voudrais juste expliquer en quelques mots pourquoi chacun des romans de Nabokov peut provoquer des frissons de délices qui échappent malheureusement à beaucoup de lecteur. Ce texte s'ajoute à celui que j'ai écrit sur ce site pour Roi, Dame, Valet (en Folio).

Beaucoup du plaisir que l'on retire de ces romans vient de son art de l'allusion.
Je vous donne deux exemples de ces petits jeux d'allusions auxquels se livre Nabokov dans ses romans.
Le premier est extrait de Roi, Dame, Valet. Lorsque Franz, Dreyer et Martha (les valet, roi et dame du titre) se rendent à l'hôtel Miramar, le narrateur nous fait en passant une petite description du réceptionniste. Sans qu'aucun rapprochement ne soit fait de la part du narrateur, le lecteur peut lui trouver un petit air de famille avec Franz. Or, quelques pages plus loin, lorsque Franz sort de l'hôtel en passant devant lui, il se fait une remarque qui est entre parenthèse dans le texte nous faisant savoir que l'oncle Dreyer lui a fait part de cette ressemblance. Et le lecteur, s'il se souvient à ce moment de la description du réceptionniste faite plus haut, d'approuver avec complicité.
Deuxième exemple, dans Lolita. Cette dernière a été envoyée dans un camp de vacances et écrit une lettre dans laquelle elle informe au passage sa mère et son beau-père ( !) qu'elle a perdu son nouveau pull dans les bois. Bien plus tard dans le roman, elle apprend à Humbert qu'en réalité ce n'est pas lui qui lui a fait perdre sa virginité. Elle l'a perdu lors de ce camp de vacances pendant une promenade dans les bois ( !). Si le lecteur songe alors rétrospectivement à cette lettre, il ne peut s'empêcher de sourire.
Voilà, je pense qu'il y a de meilleurs exemples. J'ai pris les premiers qui me venaient à l'esprit.
Le lecteur de Nabokov comprend rapidement que, s'il lit attentivement, une multitude d'allusions, de petits trésors cachés, lui apparaitront.
Belle invitation à ne sauter aucune ligne et à peser chaque mot.


Roi, Dame, Valet
Roi, Dame, Valet
par Vladimir Vladimirovich Nabokov
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 conseil pour lire un roman de Nabokov, 14 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Roi, Dame, Valet (Poche)
Roi, Dame, Valet est le deuxième roman de Nabokov (bien avant celui qui le rendra célèbre sur un autre continent), écrit en russe mais largement revisité dans sa version anglaise qu'il a faite lui-même avec son fils (la version française s'appuie sur cette dernière).

C'est un roman d'une beauté et d'une drôlerie irrésistibles, et je m'étonne toujours d'entendre des amis trouver cet écrivain superficiel et prétentieux. Je voudrais prendre la défense de cet auteur que j'admire. Chacun de ses romans est pour moi l'équivalent d'un tour de prestidigitation, et j'en ressors à chaque fois ébahi et ravi.

Nabokov, qui fut aussi professeur de littérature aux Etats-Unis, expliquait à ses élèves qu'un bon lecteur devait avoir de l'imagination, de la mémoire et quelque sens artistique.
Or, ce qui échappe souvent aux lecteurs pressés et agacés de Nabokov c'est justement l'usage de la mémoire.
Une grande partie du plaisir que l'on tire de la lecture d'un roman de Nabokov vient de là: une allusion mystérieuse s'explique trois pages plus loin (si on veut bien être attentif). Il faut toujours garder à l'esprit que rien n'est laissé au hasard dans ces romans. Un journal laissé ouvert, la balle perdue dans un buisson, l'apparition fugitive d'un personnage, toutes ces choses vont trouver un écho quelques pages plus loin et prendre du sens. Mais bien sûr, l'auteur n'en dira rien (il fait trop confiance à l'intelligence du lecteur... et d'ailleurs ces petites astuces, une fois dévoilées perdraient de leur charme, comme si un magicien expliquait ses tours).

Nabokov fut aussi un éminent lépidoptérologiste et il a écrit avec la même méticulosité extraordinaire qu'il devait nécessairement avoir pour étudier ses papillons (un soin du détail juste qui lui fait détester Malraux pour la raison que celui-ci fait "s'éveiller des grillons au début du printemps" dans son roman "La Condition humaine"... maladroit effort pour donner un effet de couleur locale).

Il faudrait ajouter que Nabokov n'a pas son pareil pour inventer des personnages fantasques (ici, le truculent Dreyer) et des situations hilarantes. Mais cela saute aux yeux.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 9, 2014 11:09 AM MEST


Anna Karénine
Anna Karénine
par Léon Tolstoï
Edition : Poche
Prix : EUR 11,90

73 internautes sur 74 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un roman à l'abri du temps, 15 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anna Karénine (Poche)
Tout le monde n'a pas le temps de lire des romans de plus de 700 pages. Il faut beaucoup de temps et la promesse d'un roman formidable. Or, si un roman de l'époque de Maupassant ou de Zola, peut encore plaire, il parait parfois un peu désuet. Les personnages ont des émois ou des préoccupations qui ne nous touchent plus vraiment.

Ce n'est pas le cas pour Anna Karénine. Sans aller jusqu'à dire que ce roman aurait pu être écrit aujourd'hui, on rentre (moi en tout cas) parfaitement dans les préoccupations des personnages de ce roman.
Rarement une naissance, un mariage, l'agonie d'un mourant n'auront été racontés avec autant de force.
Chaque personnage a une présence incomparable. C'est la première fois qu'après avoir lu un livre, je parle à mes amis de personnages de romans comme si ils avaient vraiment vécu. Il y a Oblonski, Dolly, Lévine, Kitty, Vronski... On a envi de tous les nommer, tellement ils sont devenus vivants en nous. Pas seulement des silhouettes de papier.
Et comme Vronski le fait à la fin du roman, je ne peux m'empêcher de songer longtemps après la lecture du livre, à la vision d'Anna Karénine sur le quai de gare...Immanquablement, me vient un serrement de coeur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 16, 2012 12:59 PM CET


Sans états d'âme
Sans états d'âme
par Bill James
Edition : Poche
Prix : EUR 9,65

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bill James: un dialoguiste exceptionnel, 19 juin 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sans états d'âme (Poche)
Je viens de découvrir cet auteur et je trouve que j'ai fait une excellente découverte. Ce roman est passionnant. En particulier les personnages et les dialogues. D'abord les personnages: ils sont très fouillés, ils font vrais parce qu'ils sont complexes, contradictoires parfois, et toujours intelligents. Les dialogues ensuite: il est rare que les dialogues des personnages d'un roman nous donnent autant l'impression de nous apprendre des choses sur l'art de mener une conversation (convaincre son interlocuteur, le rassurer ou introduire insidieusement le doute).
Enfin, le suspens dure d'un bout à l'autre. Tous les personnages sont rusés et tous agissent avec prudence et méfiance. Aucun braqueur n'a tout à fait confiance dans ses associés. De même du côté des policiers, beaucoup de choses ne sont pas dites. Ce qui accentue le climat de suspicion. Et donc, le plaisir du lecteur, qui se demande bien comment tout cela va finir.


Mr. Arkadin [Import USA Zone 1]
Mr. Arkadin [Import USA Zone 1]
DVD ~ Orson Welles

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un chef d'ouvre expressionniste, 7 juin 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mr. Arkadin [Import USA Zone 1] (DVD)
Je connaissais le formidable "la soif du mal" mais pas celui-ci qui est tout aussi impressionnant même si on le sent un peu boiteux. C'est encore un film plein de bruit et de fureur, d'astuce et d'audace. Une galerie de personnages étrange et impressionnante comme sortie d'un songe. Tout, d'ailleurs, dans ce film fait penser à un rêve éveillé. Le héros court après l'identité mystérieuse de Mr. Arkadin que l'on ne voit qu'à travers des plans en contre-plongée vertigineux et des cadrages de guingois.Des ombres s'allongent sur les murs. Des personnages mystérieux et burlesques croisent la route du héros.

On ne peut qu'être impressionné par le talent de Welles qui est capable de transformer une histoire un peu tortueuse en chef-d'oeuvre obsédant, truffé de pepites de mise en scène.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 21, 2012 4:03 PM MEST


O'brother
O'brother
DVD ~ George Clooney
Proposé par Funkingdom
Prix : EUR 67,00

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Des frères talentueux, 2 juin 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : O'brother (DVD)
Une image et des mouvements de caméra toujours très soignés, un scénario méticuleux, soucieux du détail pittoresque ou insolite, des acteurs toujours hauts en couleur, des dialogues ciselés, des manières de parler, des accents typiques pour chaque film (les frères Coen font une sorte de parcours des régions de l'Amérique, du Texas aux régions du sud en passant par le Minnesota et San Francisco), des situations cocasses, un humour certain. Les frères Coen ont un vrai talent pour toutes ces choses là et aucun de leur film ne déçoit jamais totalement.

Pourtant, si on n'en sort jamais déçu et souvent ravi, aucun de leur film n'est un pur chef d'oeuvre. Leurs films reposent trop sur leur savoir-faire et cela ressemble à une sorte de routine. Routine talentueuse, mais routine quand même.


Critique de la critique. Un roman d'apprentissage
Critique de la critique. Un roman d'apprentissage
par Tzvetan Todorov
Edition : Broché
Prix : EUR 22,30

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la critique dialogique, 2 juin 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Critique de la critique. Un roman d'apprentissage (Broché)
C'est le livre de Todorov que je préfère. Il a été une véritable révélation pour moi. Tout d'un coup quelqu'un mettait en mots ce que je ne faisais que désirer intuitivement.
Cet essai est sous-titré: "un roman d'apprentissage". C'est que Todorov est un essayiste d'un style particulier. Il refuse le jargon des savants, il se veut accessible au plus grand nombre. Il écrit aussi comme un romancier puisqu'il montre non pas une réflexion déjà entièrement constituée mais un parcours. La vérité sur un sujet est à la fin, il n'adoptera jamais l'attitude prétentieuse du savant qui, après des années de recherches présentera le résultat de ses recherches comme s'il l'avait toujours su.
La méthode est simple mais passionnante. Pour en savoir plus sur le sujet qui le préoccupe Todorov "interroge" quelques critiques célèbres avec qui il peut être en désaccord mais dont la pensée lui parait suffisamment forte pour être soumise à une "discussion". Le sujet de son livre est: comment dépasser les deux pôles qui occupent la critique littéraire: le dogmatisme (attitude classique où l'on prétend détenir la vérité sur le sujet dont on parle) et le relativisme (attitude plus moderne où l'on se refuse d'établir une échelle de valeurs: tout se vaut). Todorov va étudier plusieurs écrivains sur un sujet précis: comment dépasser la conception romantique de l'esthétique.
Todorov parle toujours avec beaucoup de simplicité et de clarté. On ne retrouve chez aucun autre essayiste le charme de son écriture: un mélange de rigueur scientifique et d'organisation romanesque, saupoudré d'un peu d'humour.


Heat
Heat
DVD ~ Al Pacino
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 8,23

1 internaute sur 4 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 rencontre au sommet, 1 juin 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Heat (DVD)
C'est un vrai bonheur de voir Al Pacino et Robert de Niro jouer les pros l'un de l'arrestation des gangsters et l'autre du bracage à main armée. Le cinéaste a voulu nous donner l'impression d'assister à une sorte de partie de jeu d'échecs.

La scène centrale du film, la grande fusillade dans les rues en est l'illustration parfaite: l'un avance, l'autre recule, l'un marque un point, l'autre esquive.

L'un et l'autre semblent d'une efficacité sans faille. Mais la fin montre qu'à force d'être trop sûr de son art l'un des deux va finir par commettre une dernière erreur.


Léon [Edition courte]
Léon [Edition courte]
DVD ~ Jean Reno
Proposé par S-PION
Prix : EUR 9,49

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un film virtuose et émouvant, 1 juin 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Léon [Edition courte] (DVD)
Film français aux US, Léon réussit le pari de concurrencer les blockbusters américains sur un terrain où ils sont pratiquement imbattables: le film d'action spectaculaire.

Et s'il réussit cette performance (bien mieux encore qu'avec Nikita)c'est que le style de Luc besson a atteint son sommet.

Il y a dans ce film plusieurs morceaux d'anthologie.

Tout d'abord, la première scène. Dans un film d'action, il est indispensable de mettre le spectateur en condition (du genre: "attention! vous allez voir ce que vous allez voir!). Et le début y réussit impeccablement avec un brio qui laisse pantois. Le spectateur ne peut manquer d'être impressionné par l'efficacité avec laquelle le tueur à gage Léon abat un à un des gangsters armés jusqu'aux dents.

Deuxième étape. Maintenant que le spectateur a compris que le héros dont il allait suivre les aventures est une sorte de surhomme quasi imbattable, Luc Besson ajoute un ingrédient qui est la bonne idée du film: dans l'armure de cette machine à tuer il va introduire une fragilité: il va être contraint de prendre sous son aile une petite fille. Pas de mièvrerie dans cela: la scène qui les fait se rencontrer est tellement bouleversante et spectaculaire qu'on en oublie que c'est une ficelle scénaristique grosse comme une maison.

Troisième étape: le tueur à gage risque de s'attacher à la fillette et le film de tomber dans le sentimentalisme. Qu'à cela ne tienne. Dans une scène d'anthologie, Léon redevient le virtuose de l'attaque éclair en ayant le culot de venir chercher la fillette au beau milieu du commissariat de police où elle a été arrêtée.

Dernière étape: Toute la dernière partie résonne comme une tragédie. La virtuosité du héros doit affronter, dans un ballet final hallucinant, la force brutale: des camions entiers de policiers des forces spéciales qui encerclent inéluctablement son appartement.

Le film est émouvant et bluffant.

C'est ce que Luc Besson a fait de mieux.


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