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Contenu rédigé par Cetalir
Classement des meilleurs critiques: 50
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Commentaires écrits par
Cetalir "Cetalir" (France)
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Vivaldi: Concerti per violino, II - "Di Sfida" (Vivaldi Edition) by Vivaldi, A. (2007-09-25)
Vivaldi: Concerti per violino, II - "Di Sfida" (Vivaldi Edition) by Vivaldi, A. (2007-09-25)
Proposé par M&E Store-UK
Prix : EUR 59,20

5.0 étoiles sur 5 Aussi ébouriffant que la coiffure du mannequin de la jaquette !, 7 février 2016
Riche idée que de réunir sur un seul et même CD tous les concerti virtuoses pour violon et orchestre du prêtre roux. Attention : cela décoiffe et il faut un archet d'une agilité diabolique, un poignet aux articulations inhumaines et des doigts de géant pur venir à bout de six partitions particulièrement redoutables...

On a longtemps pensé que l'inventeur du genre fut Locatelli avec des concerti dont le principal défaut est de traîner un peu en longueur avant que le genre en question ne soit sublimé par Paganini. A la découverte des pages de Vivaldi, on réalise que c'est en fait le Vénitien qui créa ce type de pièces lui qui fut un virtuose hors pair à la tête d'une académie de musique qui forma des jeunes filles qui fournirent l'élite instrumentale de leur époque.

Tout ce qui est imaginable en matière de défi technique violonistique est rassemblé ici, et le plus souvent concentré, dans ces six concerti. Sauts de corde, jeu sur double corde, saut sur quatre octaves, jeu en neuvième position, démarrage en dixième, condamnation de la chanterelle (la corde la plus aigüe) combinée à l'obligation de jouer en accordant un ton au-dessus comme par exemple dans le troisième mouvement du RV 232.

Et puis, le sommet de l'enregistrement avec le RV368 tellement redoutable qu'il n'avait jamais été enregistré jusqu'ici ! Une pure folie de virtuosité tout en conservant cette musicalité propre au génie de Vivaldi.

Dire qu'Anton Steck se tire admirablement de ces exercices est un euphémisme. Quelle technique, quel toucher, quelle musicalité !!!! Il confirme ici qu'il est assurément l'un des chefs de file du violon baroque actuel parfaitement assorti à une formation elle aussi reconnue (et couronnée régulièrement) pour son travail sur le répertoire baroque, tout particulièrement, vivaldien : Modo Antique sous la direction éclairée de Federico Maria Sardelli.

On regrettera seulement une prise de son un peu agressive, trop marquée dans le registre très aigu particulièrement sollicité ici.


Otages intimes
Otages intimes
par Jeanne Benameur
Edition : Broché
Prix : EUR 18,80

5.0 étoiles sur 5 Sublissime !, 6 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Otages intimes (Broché)
Etienne, reporter photographe de guerre, a été de tous les conflits, témoins de toutes les horreurs. Pourtant, un jour, en Afrique, son regard reste accroché par une scène presque banale mais intrigante alors que les vainqueurs du moment approchent dangereusement. Un moment de sidération qui va faire basculer sa vie. Resté immobile quand il aurait fallu courir à toutes jambes, le voilà brutalement attrapé et jeté dans une voiture, devenu la proie de ravisseurs dont il ne sait ni ne saura rien si ce n’est qu’il est désormais devenu leur monnaie d’échange. Une monnaie qui peut à tout moment se transformer en cadavre abandonné au néant.

Et puis, un jour, après que le décompte du temps se soit transformé en un amalgame confus de gestes infirmes quotidiens pour tenter de survivre, de ne pas sombrer dans la folie ou le désespoir, que les pensées aient été réduites au strict minimum, le voici embarqué dans un périple qui le ramène chez lui, en France.

Commence alors un lent et compliqué travail de reconstruction, une fois le debriefing obligatoire passé. Un travail souhaité dans le silence quelque part dans un village montagnard proche de la frontière italienne, dans son village natal et chez sa mère, Irène, qui a vécu depuis l’enlèvement de son fils dans l’espoir et l’attente de ce moment.

Un lent travail de reconstruction opéré autour de quatre personnages, tous otages intimes de leur passé, des relations qu’ils ont tissées entre eux, des choix de vie qu’ils ont faits pour fuir ou réparer une blessure intime. Un processus dans lequel la musique qu’Etienne, pianiste, n’a eu de cesse de jouer dans sa tête lorsqu’il était incarcéré et tenu reclus, joue un rôle essentiel. Car trois des protagonistes furent des amis d’enfance, inséparables, élevés ensemble par Irène. Tous trois pratiquèrent la musique en trio en même temps qu’ils cheminèrent douloureusement, nous le comprendrons peu à peu, vers l’âge adulte.

Enzo, le violoncelliste du trio, vit toujours au village. Ebéniste, il vit seul partageant son temps libre entre le parapente et la dégustation des bons vins. C’est un esthète qui vit dans la douleur résignée de la séparation d’avec Jofranka, son épouse, et amie d’enfance. Celle-ci est la flûtiste de ce trio. Depuis sa séparation, elle s’est installée à La Haye où, elle, l’ex-réfugiée adoptée, écoute et tente de convaincre les femmes victimes des violences propres à tous les conflits de témoigner contre leurs agresseurs.

Tous trois vont se retrouver pour accompagner Etienne dans un cheminement qui va rouvrir des plaies, esquisser des possibles, libérer de ces regrets ou blessures profondément enfouies, niées dont ils sont tous otages.

Autour de ce trio gravite Irène, elle aussi otage d’un mari volage, disparu en mer, détentrice de secrets qu’elle croit seule détenir. Mais Enzo, un jour suspendu à son parapente, a surpris l’un de ces secrets avec lequel il lui aura fallu apprendre à vivre à son tour.

Et puis, avant de partir, Etienne avait une compagne qu’il a laissée en France sur une scène signant une quasi-rupture. Du coup, le retour de l’amant ouvre la perspective d’une reconstruction personnelle dont la forme reste à inventer, par hésitations et essais successifs et que nous allons suivre à distance, en parallèle de celle qui occupe ces amis d’enfance perdus dans leur village isolé. Une autre victime, otage intime d’une relation qui l’a détruite.

Avec une infinie douceur, un sens de l’émotion intense, Jeanne Benameur nous fait progresser dans sa partition littéraire où les fils s’entrecroisent et les voix se superposent sans jamais agresser malgré la violence psychologique des situations. Une partition dont les pages s’ouvrent et progressent au fur et à mesure que la musique reprend ses droits, que les interprètes se remettent à jouer, seuls d’abord, avant de reformer le temps d’une soirée le trio, étape symbolique qui permet de tout effacer et de repartir d’une feuille blanche.

L’intelligence de l’auteur est aussi de laisser la partition comme inachevée, ouvrant tous les possibles, toutes les interprétations imaginables à ses lecteurs qui auront vécu un très très grand moment de littérature.

Voici un livre injustement oublié des sélections pour les Prix jusqu’ici et un de mes immenses coups de cœur de ces six derniers mois. Une splendeur !

Publié aux Editions Actes Sud – 2015 – 192 pages

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L'arbre du pays Toraja
L'arbre du pays Toraja
par Philippe Claudel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une longue méditation plutôt qu'un roman, 5 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'arbre du pays Toraja (Broché)
En Indonésie, il est une île, celle de Sulawesi située à 300 km de Bornéo où vit le peuple Toraja. Un peuple qui a pour tradition de confier à un arbre gigantesque, imposant et résistant au temps, les jeunes enfants décédés pour y être enfouis au cœur de ce titan végétal. Année après année, le cadavre sera absorbé, digéré et mêlé, contribuant à engendrer la vie, se déplaçant en se transformant avec la sève jusqu’à sa libération spirituelle une fois la cime atteinte.

Frappé par cette pratique qu’il découvrit lors d’un séjour sur place, Philippe Claudel décida d’en constituer le point de départ de son dernier roman. Un roman qui est en fait plutôt une lente et belle méditation qui, elle aussi, progresse au gré du temps, la vie n’en finissant pas de nous réserver des surprises. Une méditation aussi et surtout sur la mort, la place qu’elle occupe dans nos vies, la façon dont elle nous oblige à voir et vivre notre corps. Un roman sur l’amour, celui passé, celui se finissant, celui qui nous attend et nous prend souvent par surprise. Un roman enfin sur l’amitié, sa signification, la place essentielle ou non qu’elle tient dans nos vies.

C’est en ayant présent à l’esprit son ami l’éditeur Jean-Marc Roberts, décédé en 2013, que Philippe Claudel a imaginé le personnage d’Eugène, devenu ici producteur de cinéma. Un jouisseur, père de cinq enfants de cinq femmes différentes, amateur de bons vins et de bonne chère. Le fidèle compagnon de route du personnage principal qui laisse libre-cours à ses pensées. Comme Claudel, ce dernier est un quinquagénaire qui se voit vieillir. Comme l’auteur, il est homme de cinéma (mais aussi un peu écrivain). Comme lui, ses films ne rencontrent pas toujours le succès attendu, sans explication. Comme son géniteur littéraire, il sera bientôt frappé par la mort rapide, presque inattendue, de ce compagnon fidèle de toujours en amitié emporté par un cancer.

Encore un peu prisonnier d’une femme dont il a divorcé mais qu’il continue de voir une fois par mois et avec qui il fait l’amour avec la régularité d’une horloge, il tente de comprendre le sens d’une vie qui se racornit, privée de l’ami disparu, séparé de celle qu’il aima passionnément, non justement reconnu pour son art et prisonnier d’un corps qui se flétrit et s’empâte.
Et puis surviendra une jeune femme dans une troublante séquence tout droit inspirée de Fenêtre sur cour qui, peu à peu, saura le prendre par la main et lui montrer que la vie peut encore offrir ce en quoi on n’espérait plus.

Magnifiquement écrit, empreint de fréquentes références philosophiques mais sans la moindre lourdeur, Philippe Claudel signe un très beau mémoire – plus qu’un roman – sur la place que l’on accorde à la mort et aux morts dans nos vies, sur le regard qu’on leur porte comme sur celui qu’ils nous portent pour autant qu’on les y autorise ou que les y invite. Un roman très différent des trois précédents et qui montre que, tout en étant rare, sa production romanesque reste surprenante de renouvellement et excellente en qualité.

Publié aux Editions Stock – 2016 – 216 pages

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Les enfants de choeur de l'Amérique
Les enfants de choeur de l'Amérique
par Heloise Guay de bellissen
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

2.0 étoiles sur 5 Loufoque et déroutant., 28 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les enfants de choeur de l'Amérique (Broché)
Etrange objet littéraire que ce deuxième « roman » de l’ex-libraire passée de l’autre côté du comptoir depuis. Un objet tellement déroutant que, parvenu à la moitié de la prose aussi délirante que déjantée, j’ai enfin décidé de lire la quatrième de couverture afin de comprendre enfin le propos de l’auteur qui m’avait jusqu’alors totalement échappé… Or donc, ne commettez pas la même erreur avant de vous embarquer dans un bouquin qui secoue et que l’on croit souvent avoir été écrit sous l’emprise de drogues dures.

A l’aube des années quatre-vingt, l’Amérique s’apprêtait à vivre de nouveaux drames. Parmi les innombrables crimes que permet la circulation libre d’armes dans un pays où la violence est omniprésente, deux actes allaient frapper les esprits. L’assassinat de John Lennon, sous les yeux de Yokohama, par Mark David Chapman et, à quelques mois d’intervalles, la tentative d’assassinat de Ronald Reagan par John Hinckley.
Deux actes insensés dont Héloïse Guay de Bellissen fait le prétexte pour tisser une construction parallèle qui nous balance sans concession de la vie de Mark à celle de John, de leur enfance au passage à l’acte. Mark était un petit gros obnubilé par les Beatles. John, un jeune homme solitaire, amoureux obsessionnel de Jodie Foster découverte dans Taxi driver et devenue l’égérie de la presse people.

Deux hommes blancs, paumés qu’un intermédiaire imaginaire, l’écrivain Holden, coincé dans la tête de ces deux détraqués et servant donc de passe-muraille de l’un à l’autre nous raconte tout en étant lui-même à la poursuite désespérée de son successeur, l’homme de lettres Salinger à qui il tente de demander qu’il écrive une suite (sans que l’on ne sache trop bien de quelle suite il s’agisse là…). Vous me suivez toujours ?

De ce jeu de miroirs pour détraqués complets relevant de l’asile ou de la chaise électrique, Héloïse Guay de Bellissen fait un prétexte pour décrire dans une langue imagée et très libre les échecs d’une société qui laisse de plus en plus de gens de côté, vivant à toute allure, mélangeant une apparente tolérance décontractée avec une sélection farouche.

Saluons l’originalité d’un livre abrasif, cocasse et en marge. Un ouvrage qui pourra trouver son public mais qui risque d’en laisser en chemin un grand nombre tant suivre la pensée et le fil de l’auteur relève d’une épreuve.

Publié aux Editions Anne Carrière – 2015 – 236 pages

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Chausson : Le Roi Arthus
Chausson : Le Roi Arthus
Prix : EUR 17,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un choix par défaut, 25 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chausson : Le Roi Arthus (CD)
Certes, Chausson n'est pas le compositeur français post-romantique le plus emblématique et son opéra Le Roi Arthus, bien que remis en lumière après ses productions de 2015 à Strasbourg puis à La Bastille, reste globalement largement méconnu. Il s'agit pourtant d'une oeuvre parfaitement admirable, nécessitant un orchestre de premier plan tant le lacis de la partition en est dense et merveilleux de subtiles couleurs, ainsi que des chanteurs plus à l'aise avec une forme de prosodie que le chant à pleins poumons. Il faudra sans doute à ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre multiplier les écoutes pour en apprécier tout l'art de la composition et des équilibres, le souci constant qu'a Chausson de traduire les émotions et les climats en des ambiances constamment changeantes et glissantes, le regard tourné d'un côté vers l'éclat wagnérien (surtout dans la fosse), de l'autre vers le post-romantisme français pour le chant. D'où l'importance du phrasé et de la diction...

Or, c'est un peu là que le bât blesse dans cette version. Si la distribution, presque exclusivement non de langue maternelle française, s'en sort globalement avec les honneurs (à commencer par le très bon Arthus de Gino Quilico), le choix de Tereça Zylis-Gara laisse un peu songeur tant son français ne ressemble à rien d'autre qu'une bouillie incompréhensible et tant sa voix manque de transparence.

Heureusement, Armin Jordan fait briller son Philhar de mille feux rendant un hommage vibrant et merveilleux à l'ouvrage et au compositeur. Il règne ici un souffle que son fils n'a pas exactement retrouvé lors des exécutions données à La Bastille et que j'ai eu la chance de pouvoir suivre.

Version repiquée en CD oblige et histoire sans doute de grapiller quelques centimes d'euros, il faudra vous passer de livret et vous contenter d'un résumé de l'action réduit à sa portion congrue. Soit. C'est un peu pingre au prix demandé...

Mais à défaut de réels compétiteurs, cette version s'impose comme la référence par défaut et sans doute pour encore longtemps vu le manque d'empressement des maisons de disque à nous proposer de nouvelles alternatives.


Pascal Dusapin : 7 Solos pour orchestre
Pascal Dusapin : 7 Solos pour orchestre
Proposé par marvelio-france
Prix : EUR 17,42

5.0 étoiles sur 5 Une musique au sens d'une démarche, 24 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pascal Dusapin : 7 Solos pour orchestre (CD)
Rien, dans l'oeuvre et la démarche de Pascal Dusapin, n'est innocent. Sa musique est sans cesse porteuse de sens, d'un projet et le compositeur n'a de cesse que de parvenir à l'exacte mesure de ce qu'il cherche à exprimer. Il suffit de lire le passionnant livret rédigé par Dusapin pour s'en convaincre et comprendre plus précisément encore la façon dont il choisit de s'exprimer.

Laissons cela de côté car le propos n'est pas de se lancer dans une exégèse rapidement lassante. Constatons simplement que chaque solo, en soi, et plus encore lorsqu'ils se retrouvent ici mis en perspective, recèle un condensé d'énergie rare. Voici des pièces construites sur des effectifs non superlatifs d'un format le plus souvent assez court (une dizaine de minutes), d'une couleur plutôt sombre, d'une tension dramatique absolue et qui semble aller crescendo au point de se terminer, à l'exception du dernier de façon explosive. Dusapin n'a pas son pareil pour imaginer une infinité de dialogues entre les pupitres, pour donner le beau rôle à tour de rôle aux divers solistes sans jamais tomber dans la démonstration gratuite. C'est à un voyage aux confins de l'univers ou à l'origine du monde auquel j'ai eu, de bout en bout, le sentiment d'assister tant la musique semble disposer d'une puissance cosmique comme si nous voyions en direct des amas d'étoiles se former dans un concentré d'énergie et de matière infranchissable.

N'essayez pas d'écouter ce double CD d'un seul tenant. Vous risqueriez la saturation tant le discours musical est dense et tant l'attention demandée, que dire exigée, de l'auditeur (sans parler des instrumentistes mais cela est le propre de la musique contemporaine) est grande. Mais, au bout du compte, ces pages ne font que confirmer que Pascal Dusapin est actuellement l'un des plus grands représentants vivants de l'art de composer en France.

Superbe réalisation de l'orchestre de Liège Wallonie Bruxelles sous la direction de Pascal Rophé.


Pierne / Orchestral Works, Vol. 2
Pierne / Orchestral Works, Vol. 2
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 13,87

4.0 étoiles sur 5 Un immense compositeur un peu oublié, 24 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Pierne / Orchestral Works, Vol. 2 (CD)
On a tendance à oublier que, de son vivant, PIerné fut le grand rival - et vainqueur - de Debussy. Tous deux détenteurs du prestigieux Prix de Rome et pianistes virtuoses, leur personnalité respective différait cependant beaucoup. Beaucoup que Debussy se plaignait d'être laissé pour compte, Pierné raflait les prix, trustait les salons et, bientôt, se retrouva à la tête des concerts Pasdeloup dont il prit la suite à la mort de son fondateur.

Aujourd'hui, on a un peu tendance à délaisser Pierné au profit de Debussy, hommage posthume non démérité; mais ce serait faire un injuste cas de la magnifique musique de Pierné et, en particulier, de sa musique orchestrale dont un deuxième volume (après un premier fort réussi consacré au concerto pour piano et orchestre) nous permet d'apprécier la qualité.

Les deux premières pièces (Paysages franciscains de 1919 et Les Cathédrales de 1915) nous donnent à entendre un maître de l'orchestre possédant son art à l'image des plus grands français de son temps. Des petits bijoux absolument inconnus aujourd'hui. Les reste du disque est consacré à l'intégrale des pièces pour piano et orchestre (hormis celles du vol. 1) complétée par un Nocturne et une terrible étude que ni Lizst ni Rachmaninov n'auraient renié !

Tout cela prend corps et vie sous les doigts d'un excellent Jean-Efflam Bavouzet, Metzin d'origine comme Pierné. Le BBC sous la direction d'un excellent Juanjo Mena semble parfaitement à son aise dans ses partitions faites pour sublimer l'orchestre.

Un vrai bonheur superbement enregistré comme toujours chez Chandos !


Requiem pour solistes, choeur et orchestre
Requiem pour solistes, choeur et orchestre
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Attention : chef-d'oeuvre !, 24 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Requiem pour solistes, choeur et orchestre (CD)
De Maderna, on connaît principalement les oeuvres résultant de son implication dans l'école de Darmstadt. Laissez ceci de côté pour un moment et découvrez ici un opus dont on savait qu'il existait mais que l'on pensait perdu à jamais : son Requiem.

Commencé pendant qu'il était soldat appelé sous les drapeaux, il dut en interrompre l'écriture après avoir été fait prisonnier et interrogé par les Allemands à Dachau. Une fois libéré, il put se remettre à la composition qu'il acheva en 1946. Ce n'est qu'en 2009 que le manuscrit fut retrouvé et créé en 2013 à Chemnitz, prestation qui fait l'objet de ce premier enregistrement mondial (en live donc).

Traumatisé par les horreurs de la guerre, Maderna voulut ici une oeuvre à l'image du War Requiem de Britten : un hymne à la paix et à la concorde. D'où une musique globalement extrêmement apaisée dont les moments de tension dramatique sont curieusement presque absents. Tout juste celle-ci apparaît-elle en fait par le recours à trois pianos qui, régulièrement, font sonner des accords discordants et dont la frappe annonce un changement de ton.

Pour le reste, une place essentielle est laissée au choeur mixte (prestation remarquable du Choeur de la Radio de Leipzig) qui intervient fréquemment a capella où sous la forme d'un dialogue éthéré avec quelques solistes de l'orchestre. Mais on sent que Maderna a étudié avec attention ses grands prédécesseurs (Berlioz et Verdi tout particulièrement) pour concevoir ses espaces sonores dans lesquels quatre solistes (niveau correct malgré un tenor un peu en tension et une contralto au timbre pas toujours des plus agréables) interviennent pour de très courts moments (autre surprise quand on pense aux références...).

Au total, on ressort apaisé et conquis d'une partition et d'une exécution qui nous donne à entendre une facette absolument inconnue du grand compositeur italien.

Dommage que la prise de son soit parfois lointaine (sur le tenor en particulier) et manque de détails de bout en bout. Mais cela reste une découverte majeure à ne pas manquer. On espère disposer un jour d'une autre version enregistrée en studio avec un orchestre et des solistes de meilleur niveau sans que cela gâche la découverte néanmoins.


Piano Concertos
Piano Concertos
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Leçon de piano, 24 janvier 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Piano Concertos (CD)
Oubliez bien vite l'horrible jaquette qu'un graphiste fou a commis au terme d'un cauchemar éthylique pour ne vous concentrer que sur la substance : l'enregistrement en concert de deux rares concertos pour piano et orchestre parfaitement représentatifs du romantisme classique et qui n'ont pas grand-chose à envier aux meilleures réalisations des Brahms, Lizst ou Tchaïkovsky entre autres.

Paderewski reste un quasi-inconnu en dehors de sa Pologne natale. Pianiste virtuose demandé un peu partout entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, il fut aussi un compositeur dont la pièce maîtresse est précisément ce grand concerto. Un concerto où virtuosité et musicalité se conjuguent avec des passages solistes qui font parfois penser à une petite sonate ajoutant ainsi un degré de complexité à l'exécution d'une oeuvre que seuls les meilleurs peuvent prétendre affronter. Paderewski, sans doute éclipsé par l'ombre géante de Chopin, montre ici qu'il est un très grand compositeur en tous cas, dans ce genre.

Quant à Martucci, il est plus que probable que très peu d'entre nous (à commencer par moi, je l'avoue !) ait jamais entendu parler jusqu'ici de cet Italien dont la courte vie se déroula sur la fin du XIX et le tout début du XXème siècle. Martucci, enfant prodige, fut un virtuose du piano acclamé. Mais sa véritable ambition fut de tenter de devenir un compositeur comptant en un pays et un temps où seul l'opéra triomphait sous la férule de Verdi. Aussi, Martucci se spécialisa-t-il en musique instrumentale, laissant, entre autres, deux concerti pour piano dont le dernier opus nous est donné ici. Une pièce qui nécessite des doigts en acier trempé pour affronter, sans tarder, les premières mesures d'un allegro introductif des plus redoutables. Et le niveau ne variera guère tout le long des quarante minutes que dure cette oeuvre passionnante de bout en bout.

Nelson Goerner prouve à nouveau ici, après un magnifique disque Chopin, qu'il est l'un des plus grands pianistes actuels. Tout ce qu'il faut pour faire briller ces pièces qui ne demandent que cela est présent : une technique sans faille, le sens des nuances, la complicité avec un chef qui trouve le parfait équilibre avec l'orchestre, la prise de risque calculée et une musicalité qui fait sonner le Steinway comme rarement. Un bonheur total !

On regrettera tout juste une prise de son un tout petit trop réverbérée mais pour le reste, pour le plaisir apporté, c'est simplement PARFAIT.


Ce coeur changeant
Ce coeur changeant
par Agnès Desarthe
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Presque aussi ridicule qu'insupportable..., 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce coeur changeant (Broché)
Auréolé du Prix Littéraire du Monde 2015 et bien considéré par la critique, le dernier roman d’Agnès Desarthe (un genre auquel elle revient ici après s’être adonnée à des nouvelles et des essais) semble recéler bien des promesses.

Fiction romanesque et roman initiatique au féminin forment les deux piliers sur lesquels l’auteur construit une fresque qui est aussi celle de la vie mouvementée d’une femme que nous allons suivre du début du XXème siècle à l’aube de la deuxième guerre mondiale.

Puisant dans ses connaissances de la philosophie, du grand roman classique et de la poésie (à laquelle le titre est emprunté puisqu’il est tiré d’un vers d’Apollinaire), Agnès Desarthe se donne un mal fou pour nous convaincre de suivre l’existence de son héroïne. Quittant un château au Danemark où elle a mené, enfant, une vie de grande bourgeoise, coincée entre un père officier de carrière absent, ayant abdiqué toute forme de revendication et de volonté et qui est la risée de tous, une mère egocentrique et croqueuse d’hommes et une nourrice toute-puissante, voici une frêle jeune fille de moins de vingt ans qui débarque dans la capitale crasseuse et insalubre qu’est le Paris du début du XXème siècle.

Sans le sou car en rupture de ban, sans autre connaissance que trois langues et celle des sciences ménagères, elle va devenir la proie des exploiteurs en tous genres tout en connaissant, pour une période donnée, une vie de luxe une fois devenue la maîtresse d’une danseuse de l’Opéra Comique.

On pourra donc voir dans ce roman une sorte d’hommage au genre quelque peu misérabiliste de Zola tant la vie de l’anti-héroïne semble porter en soi de souffrances et de déconvenues. Certes. Mais, il n’y a ici ni le souffle de Zola, ni sa science de la construction.

Si certains passages parviennent à soulever un sourire, si les personnages sont bien troussés (à tous points de vue d’ailleurs…), si les références littéraires sont évidentes, il est extrêmement difficile d’adhérer à un récit qui nous impose parfois des séquences d’un grotesque consommé et où bien des traits semblent soulignés au gros marqueur. Nous voici revenus avec Cosette en quelque sorte ; du coup, la question est : pourquoi et pour quoi faire quand tout cela a déjà été écrit et en mille fois mieux ?

Bref, on risque de s’ennuyer ferme et, d’ailleurs, ce fut mon cas et c’est avec un immense soupir de soulagement que j’ai refermé ce roman …

Publié aux Editions de l’Olivier – 2015 – 338 pages

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