Profil de Cetalir > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Cetalir
Classement des meilleurs critiques: 57
Votes utiles : 2244

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Cetalir "Cetalir" (France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises
Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises
par Scholastique Mukasonga
Edition : Broché
Prix : EUR 15,90

3.0 étoiles sur 5 Entre traditions et explications, 24 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce que murmurent les collines: Nouvelles rwandaises (Broché)
Dans ce court recueil de nouvelles, Scholastique Mukasonga décrit avec pudeur et sensibilité la douleur de devoir s’exiler pour échapper aux massacres ethniques qui ont frappé le Rwanda.

Elle donne à voir aussi et surtout comment le Rwanda en est arrivé à une telle situation à travers de courtes histoires qui illustrent à traits plus ou moins esquissés, de façon plus suggérée et voilée qu’explicite comme s’il s’agissait encore de n’offenser personne, la responsabilité de la puissance belge occupante.

On y comprend le jeu des alliances qui se sont noués sur un fond de racisme aussi bien des blancs envers les noirs que des ethnies entre elles. On en perçoit la fragilité extrême que le moindre changement d’orientation ne manquera pas de précipiter à bas pour semer alors sa suite de malheurs et de chaos.

En remontant aux décennies qui ont précédé le drame et son million de morts, elle nous suggère que tout était déjà en place, que la nouvelle religion imposée par la puissance occupante portait en soi, par sa négation des traditions, des cultes ancestraux et des croyances vernaculaires, un terrible revers, un effet boomerang prêt à frapper sans discernement.

Une fois encore, ce qui fait le charme de ces nouvelles c’est que tout ceci est abordé par le biais, suggéré au travers une série de sorte de petits contes africains qui nous font mieux connaître le pays dont elle vient. On peut les lire pour ce qu’ils sont mais ils portent bien plus que ce qu’ils racontent au premier degré.

Publié aux Editions Gallimard – 2014 – 140 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com


Modern Art Orchestra Plays the Music of Kristof Bacso
Modern Art Orchestra Plays the Music of Kristof Bacso
Prix : EUR 11,99

3.0 étoiles sur 5 Original., 24 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Modern Art Orchestra Plays the Music of Kristof Bacso (CD)
Kristof Bacso est saxophoniste et cela s'entend dans ses compositions dont est tiré l'album "Circular" interprété par le Modern Art Orchestra. D'origine hongroise, il a vécu et travaillé en France pendant de nombreuses années.

Du coup, son style de musique est cosmopolite, colorée, très cuivrée (la section brass y est omniprésente), fait d'un mélange de tradition slave, de musique contemporaine, de jazz moderne assez électrique. Cela donne un résultat vraiment original, très différent de ce que l'on peut entendre par ailleurs (et c'est un compliment), pas inintéressant. La meilleure façon d'entrer dans l'univers de Bacso est sans doute d'écouter cet album en plusieurs fois et plusieurs fois pour en apprécier la subtilité tout en évitant un effet overdose dû à une musique assez puissante et très présente.

A découvrir.


Dawn
Dawn
Prix : EUR 20,03

3.0 étoiles sur 5 Original et sympathique, 24 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dawn (CD)
Quand le jazz rencontre la tradition flamenco, cela peut donner du jazz manouche. Mais quand, comme ici, les deux interprètes sont d'origine sud-américaine, se sont rencontrés par hasard pour former un couple musical et à la ville, alors on obtient quelque chose d'original et sympathique.

Javier Limon n'est pas seulement un guitariste accompli. C'est aussi un compositeur et un producteur reconnu dans le monde du jazz. Magos Herrera est quant à elle l'icône du jazz vocal mexicain, usant d'une voix d'alto sensuelle et profonde.

Chantant en anglais, espagnol et portugais, le duo revisite certains standards du genre complétés de compositions du crû de Limon. Tout cela sonne fort bien, s'écoute avec plaisir même si, à la fin, le style semble par finir sembler assez répétitif.

Bref, sympathique mais pas indispensable.


Gabriel Pierné - Louis Vierne
Gabriel Pierné - Louis Vierne
Prix : EUR 21,00

5.0 étoiles sur 5 Magique, 24 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gabriel Pierné - Louis Vierne (CD)
Il n'est pas fréquent d'entendre la musique de chambre de ces deux compositeurs français qu'on commence à redécouvrir (on connaît surtout Vierne pour sa gigantesque oeuvre pour orgue). Ce disque répare un oubli ingrat d'autant que les deux opus proposés ici sont absolument superbes, dans deux registres très différents.

L'interprétation en tous points irréprochable et une prise de son exceptionnelle font de ce disque une magnifique surprise que l'on vous recommande chaudement.


Les Troyens
Les Troyens
DVD ~ Deborah Polaski
Prix : EUR 26,98

5.0 étoiles sur 5 Une référence, 24 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Troyens (DVD)
Réussir l'opéra homérique - c'est le cas de le dire - qu'est "Les Troyens" est en soi une gageure. Il faut en effet réunir un orchestre excellent dans tous les registres et capable de tenir la durée wagnérienne de l'ouvre, réunir un plateau de chanteurs de tout premier plan alliant lyrisme, puissance, souffle et diction française parfaite, un metteur en scène inspiré et, enfin, un chef de premier ordre galvanisant son monde et à même de faire sonner les moindres subtilités d'une partition dantesque... Gergiev avec la Fura del Baus s'y était quelque peu cassé les dents récemment du fait d'une mise en scène tout droit sortie d'un mauvais film de SF et d'une distribution principalement slave chantant une bouillabaisse de français...

Quatorze ans après, ce DVD capté lors du Festival de Salzbourg en août 2000 tient toujours la corde.

A cela, une mise en scène à la fois épurée et moderne, très inspirée et esthétique de Herbert Wernicke. Sur un décor unique d'un mur blanc en demi-cercle percée d'une ouverture en briques rouges qui donne sur la mer, Wernicke parvient à greffer les cinq actes du drame usant d'un décor minimal mais explicite, campant les personnages dans des uniformes codifiés permettant de les identifier immédiatement, jouant sur les lumières et les postures des chanteurs pour faire passer les sentiments et laisser toute la place à la musique. C'est très réussi.

Il faut des choeurs solides car ils jouent un rôle essentiel de bout en bout. C'est assurément le cas avec les Choeurs du Philharmonique Slovaque même si la prononciation du français sonne un peu bizarrement par moment. Pour le reste, tout est en place et fort bien nuancé.

La distribution est électrisée par la super-performance de Deborah Polaski qui cumule les rôles de Cassandre et de Didon. Quelle diction parfaite ! Quelle puissance, quel phrasé ! Quel charme et quelle présence sur scène ! Rarement une cantatrice m'aura autant impressionné que Deborah Polaski dans cette captation, c'est dire ! Tenir le rôle d'Enée n'est pas non plus donné à tout le monde et Jon Villars s'en sort avec tous les honneurs. Toutes les notes sont là, rien n'est crié ou hurlé, comme parfois tant se sortir de la ligne de chant horriblement difficile qu'exige le rôle pousse bien des chanteurs au bout de leurs moyens. La diction , sans être parfaite, est de très bon niveau, tout juste peut-on regretter une attitude assez stéréotypée qui rend Didon peu sympathique. Russel Braun en Chorèbe (malgré les incessants regards vers le chef très visibles avec les plans serrés sur lui) et Robert Lloyd en Narbal sont également très impressionnants. Seule la Iopas d'Ilya Levinsky déçoit un peu car elle semble constamment rester au bord de son rôle. Il faut dire qu'elle est dominée de la tête et des épaules par la présence écrasante de D. Polaski...

Côté fosse, l'orchestre de Paris s'était sorti les tripes sous la baguette très inspirée de Sylvain Cambreling. On n'a pas l'habitude de l'entendre sonner à ce niveau et cela fait plaisir.

La captation vidéo est de bonne qualité sans être exceptionnelle (un peu trop de plans fixes et serrés) tandis que la captation audio est de fort bonne qualité.

Une vraie référence encore aujourd'hui !


Sagan 1954
Sagan 1954
par Anne Berest
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un vrai coup de coeur !, 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sagan 1954 (Broché)
Au moment où elle est contactée par le fils de Françoise Sagan pour écrire un livre sur sa mère, dix ans après sa mort, Anne Berest traverse une difficile – mais désormais banale – épreuve, celle de se voir quittée par le père de sa fille et de se trouver confrontée à un divorce douloureux.

Elle accepte très vite, lâche le roman qui était en cours et se plonge dans ce qui va devenir Sagan 1954. Il ne faut surtout pas voir dans ce livre une énième biographie de celle qui devint un phénomène littéraire mondial et la femme française sans doute la plus connue à l’étranger de son temps.

Sagan 1954 est bien sûr, entre autres, la narration des quelques mois qui précédèrent et suivirent la parution de « Bonjour tristesse », avant que Sagan ne devienne Sagan, que les fêtes, la vie mondaine, les voitures et les excès en tous genres ne l’emportent. Mais c’est aussi l’histoire d’une amitié entre une femme morte et une jeune femme du début du vingt-et-unième siècle, une amitié qui se construit à distance, à travers les découvertes, les rencontres de celles et ceux qui ont connu Sagan et parce que le sujet de son livre finit par parler à son auteur.

C’est grâce à Sagan qu’Anne Berest réapprend progressivement à vivre, qu’elle ose à nouveau sortir, flirter, séduire, aborder par hasard un jour Jean Echenoz dont elle vient de lire la biographie sur Ravel. C’est ce mélange de biographie, d’autofiction, de confessions intimes, de réflexions sur la vie, ses mystères, ses surprises, ses peines et ses joies qui font le charme indéniable d’un livre qui vous enveloppe, vous prend dans ses bras.

On y contemple un tableau forcément partial, mais juste, de la vie de la société française dans les années cinquante, on assiste dans les coulisses de l’édition aux étapes qui précèdent la sortie d’un premier livre en même temps qu’on y suit les tribulations d’une jeune provinciale moderne qui tente de s’accommoder d’un monde parisien alors qu’elle cherche un nouveau sens à sa vie. Il y a là comme une grande douceur, une sincérité qui m’ont particulièrement touché et ont fait que je n’ai pas pu abandonner ce beau livre avant que de l’avoir lu d’une traite.

Publié aux Editions Stock – 2014 – 195 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com


Rimski-Korsakov : La Légende de la ville invisible de Kitège. Ignatovitch, Daszak, Vaneev, Albrecht.
Rimski-Korsakov : La Légende de la ville invisible de Kitège. Ignatovitch, Daszak, Vaneev, Albrecht.
DVD ~ Rimsky-Korsakov
Prix : EUR 28,03

3.0 étoiles sur 5 Pour l'interprétation avant tout., 17 août 2014
La légende de Kitège est sans doute le plus grand opéra de Rimsky-Korsakov. Celui où il réussit une synthèse sublime entre la tradition russe dans laquelle il s'inscrivait tout en y ayant apporté un immense lot de novations, l'influence wagnérienne (on a souvent fait la parallèle, à juste titre, entre Parsifal et Kitège) avec des développements orchestraux fournis et un opéra dont les récitatifs sont totalement absents au profit d'une suite d'arias et enfin, une vision mystique des choses, fait surprenant pour lui qui combattit la religion mais rendit ici des pages de caractère très nettement religieux absolument superbes.

Monter Kitège est un défi. Pour sa longueur lorsqu'il est joué de façon intégrale (ce qui n'est pas le cas ici, rendant au passage la compréhension du livret déjà assez absconse, encore plus difficile). Pour la qualité des chanteurs qu'il requiert et tout particulièrement dans le rôle principal de Fevroniya. Pour la difficulté d'exécution instrumentale qui demande un orchestre de premier plan. Et puis, parce qu'il faut trouver une mise en scène capable de soutenir le rythme, de passer d'une vision quasi écologique du monde à la brutalité totale de la guerre, de la vilénie des âmes à la contemplation mystique des portes du paradis. Une gageure difficile à relever.

Or, la mise en scène de l'enfant terrible russe qu'est Dimitri Tcherniakov ne fait pas dans la demi-mesure. Le parti-pris est délibérément celui de la noirceur du monde extérieur opposée à l'angélisme et à la naïveté des populations de Kitège. Tcherniakov se focalise sur la volonté de nous détailler les réactions humaines dans les minutes qui précèdent la mort pressentie, celle donnée par les barbares pour quelque motif que ce soit comme l'humanité en connaît depuis la nuit des temps.

Pour cela, il choisit de transposer Kitège dans notre mode contemporain. Les Tartares venus de l'Est y sont devenus une bande de ramassis en tout genre mêlant débiles aux crapules, sorte d'une fusion odieuse entre le monde de la mafia et celui de la violence pour la violence. Une façon de nous dire que ce qui est narré ici est à nos portes (il suffit d'écouter les actualités de plus en plus sinistres et annonciatrices de grands désordres à venir...). Mais pourquoi alors avoir choisi des costumes d'une laideur absolue ? Fallait-il souligner à outrance cette laideur en y ajoutant celle des décors et des costumes faisant des foules une horde d'énergumènes déguisés pour d'étranges surprise parties (on y voit des pères Noël, des racailles de banlieue, des gens du peuple vêtus de fringues ramassées auprès de toutes les oeuvres caritatives du monde qui finissent de ridiculiser le propos...). Pourquoi nous infliger des personnages muets déguisés n'importe comment et censés symboliser les gentils êtres de la forêt ? Pourquoi une scénographie ridicule en particulier au dernier acte où Tcherniakov, totalement à cours d'idées, fait se balancer son monde comme une tablée de teutons à la fête de la bière à Munich ? Tout cela est grotesque...

La façon de filmer n'est pas non plus libre de critique, bien au contraire. L'une des caméras semble filmer à travers un voile, projetant un quadrillage d'autant plus visible qu'il y a abus de gros plans. Tout est filmé en plan fixe, souvent dans l'ombre donnant encore moins de relief à une mise en scène qui en manque nativement cruellement. La prise de son est moyenne, loin de ce que l'on trouve aujourd'hui en DVD.

Heureusement, on pourra se concentrer sur la musique, merveilleuse. Deux artistes sortent du lot et de très loin. Svetlana Ignatovitch signe une éblouissante Fevronyia tant vocalement qu'esthétiquement. Quel rôle écrasant ! On lui pardonnera les très légers décalages de son air d'entrée car, ensuite, c'est absolument parfait. John Daszak campe un Grishka sordide à souhait mêlant un jeu d'acteur extraordinaire à une tenue vocale remarquable. Les deux plus petits rôles finaux de Sirin et Alkonost tenus respectivement par Jennifer Check et Margarita Nekrasova sont également excellemment exécutés. On restera un peu sur sa faim avec Validimir Vaneev moyennement convaincant en Prince Yuri (manque de puissance totale) de même avec Maxim Aksenov en Prince Vsevolod qui peine dans le registre aigu et ne dégage aucune émotion.

Côté direction et orchestre, c'est la grande classe. Rien d'étonnant avec ce grand chef d'opéra qu'est Marc Albrecht, que nous apprécions particulièrement.

Bref, côté réalisation plutôt une étoile. Côté interprétation, entre trois et quatre. Mettre deux à l'ensemble serait sans doute exagéré mais la mise en scène est une véritable punition...


univers, univers
univers, univers
par Régis Jauffret
Edition : Poche
Prix : EUR 10,00

1.0 étoiles sur 5 L e néant de la littérature..., 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : univers, univers (Poche)
Il semble que le fait de se voir décerner le « Prix Décembre » soit décidément conditionné par l’engagement de l’auteur à délivrer une littérature d’avant-garde. Et comme toute activité d’avant-garde, cela ne signifie pas pour autant nécessairement la garantie d’un récit excitant ou gardant, à tout le moins, l’attention du lecteur plus ou moins victime de novations pas toujours heureuses.

En tous cas, je ne peux pas dire avoir été une « fashion victim » de cet « Univers, Univers » de Mr Jauffret. Bien au contraire. J’avoue même m’en être heureusement débarrassé largement avant une fin qui aurait tout aussi bien pu intervenir quelques centaines de pages plus tôt.

L’approche proposée était pourtant intéressante. Une femme entre deux âges se trouve dans l’obligation de faire cuire un gigot dans son four peu de temps avant de recevoir un couple de vagues amis plus ou moins barbants. Comme elle est franchement dépressive, Régis Jauffret saisit ce prétexte futile pour donner libre cours à une variation intelligente sur les multiples vies que ladite épouse et ménagère fait défiler, ou que l’auteur décide de faire décider, dans la tête de son personnage. Or, comme l’auteur a une imagination débridée, le récit coule un peu comme de l’écriture automatique, une idée en chassant une autre, un détail appelant une nouvelle interprétation.

De ce fait, le personnage change de nom souvent plusieurs fois par ligne, toujours plusieurs fois par page, épouse des hommes imaginaires ou fantasmés, meurt de mille et une façons pour toujours ressusciter plus dépressive encore qu’elle ne l’était quelques lignes auparavant. C’est brillant, au début du moins.

Bien sûr, Jauffret nous avait prévenu dès le départ que ce livre n’avait d’autres vocations que « d’exister à la place de rien, l’espace d’un instant perdu au milieu de l’éternité ».

Le problème cependant est qu’à force de tourner en rond, la force de l’effet se dilue au point d’en devenir insipide. Il est louable de vouloir surprendre son lecteur, condamnable que de s’acharner à le perdre. Au bout du compte, ne subsiste que le rien, le quasi-néant de la littérature.

Publié aux Editions Verticales – 2003 – Prix Décembre 2003 - 609 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com


Un quinze août à Paris : Histoire d'une dépression
Un quinze août à Paris : Histoire d'une dépression
par Céline Curiol
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

3.0 étoiles sur 5 Un livre exigeant, 14 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un quinze août à Paris : Histoire d'une dépression (Broché)
Il faut du courage pour traverser une dépression, l’affronter, y survivre, s’en sortir. Et au moins autant de courage, ensuite, pour accepter d’en parler ouvertement alors que, trop souvent, ce qui est une véritable maladie, un effondrement complet de la personnalité engendré par un déséquilibre profond de la chimie du cerveau est socialement mal accepté. Combien de fois, n’entend-on pas dire au sujet de dépressifs qu’ils pourraient s’en sortir avec un peu de volonté…

Céline Curiol est passée par là. A l’été 2009, elle fut victime d’une grave dépression dont elle ne dit pas vraiment l’origine si ce n’est que l’on comprend que le décès d’un père et une rupture amoureuse figurent certainement parmi les multiples causes d’un mal-être profond.

Cinq ans plus tard, elle se décide à témoigner à la fois par souci de permettre à ses lecteurs de comprendre que cela peut arriver à n’importe qui n’importe quand mais aussi comme une forme d’ultime catharsis, comme l’expulsion symbolique finale, verbalisée de façon très structurée, d’un mal qu’il convient d’exterminer.

Chercher dans ce livre une auto-confession serait une erreur. Derrière, autour devrais-je dire surtout, des courts passages véritablement personnels et où l’auteur se livre se trouvent surtout de très nombreuses réflexions et citations sur l’histoire et la place de la dépression dans notre société occidentale et la façon dont elle a été comprise, adressée et traitée au fil du temps. Du coup, le livre demande une véritable attention de son lecteur d’autant que la femme de lettres s’y révèle d’une fulgurance intelligence, d’une culture pantagruélique traduisant la volonté farouche de comprendre ce qui lui est arrivé pour l’accepter et le combattre à jamais.

Un très beau livre pour un public prévenu par l’exigence qu’il requiert.

Publié aux Editions Actes Sud – 2014 – 221 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur [...]


York Bowen
York Bowen
Prix : EUR 12,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un grand disque de piano, 10 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : York Bowen (CD)
York Bowen fut surnommé de son temps "Le Rachmaninov Anglais". Pianiste international émérite, professeur à la Royal Academy of Music pendant cinquante années consécutives, York Bowen a laissé une oeuvre prolifique (plus de cent soixante opus) et variée, particulièrement riche en pièces pour et/ou avec piano.

Le disque proposé ici réunit quelques unes des plus belles pages pianistiques qu'il écrivit et tout particulièrement ses vingt-quatre préludes à inscrire dans la tradition directe d'un Bach (dont il suit l'ordre pour ce qui est des tonalités), d'un Chopin ou d'un Alkan pour n'en citer que quelques uns. Chacun de ces préludes possède sa personnalité propre et constitue un subtil équilibre entre virtuosité, expressivité et inventivité.

La berceuse, ainsi que les deux suites pour piano qui complètent l'enregistrement donnent un éclairage particulièrement bien choisi des multiples ressorts dont Bowen était capable pour donner libre cours à une sensibilité jamais mise à mal.

La pianiste brésilienne Cristina Ortiz est ici particulièrement à l'aise et fait chanter ces partitions avec naturel et une aisance confondante permettant à l'auditeur de se glisser dans une découverte musicale passionnante. La belle prise de son, naturelle et aérée, finit de faire ce disque un must de la série "Grand Piano".


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20