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Contenu rédigé par Cetalir
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Cetalir "Cetalir" (France)
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La Femme à venir
La Femme à venir
par Christian Bobin
Edition : Poche
Prix : EUR 5,80

4.0 étoiles sur 5 Un ovni littéraire, 26 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Femme à venir (Poche)
Dans un style poétique et chantant, fait de très courtes phrases aux résonnances parfois un brin baudelairiennes, faisant fi d’une narration traditionnelle pour faire voguer le lecteur de scénettes en scénettes, souvent espacées de nombreuses années, Christian Bobin pose une façon bien à lui de concevoir un récit romanesque.

De la vie de cette jeune fille, Albe, nous n’allons connaître que quelques moments cruciaux, ceux qui construiront sa personnalité, feront d’elle, vingt-sept ans plus tard, une femme enfin devenue adulte, cette « femme à venir ».

Tout commence avec la naissance d’Albe qui nous est dépeinte à petits traits destinés à rendre l’atmosphère partiellement sereine et un peu secrète de cette grande maisonnée dans laquelle le bébé dort. C’est par périphrases que l’on comprend car Bobin dédaigne nous donner à voir directement ce qui se passe. Il préfère de loin laisser le soin à ses lecteurs de puiser dans leur imaginaire pour décoder une prose souvent elliptique et très emprunte de poésie.

Albe est la fille d’un agent d’assurances peintre en secret et d’une femme fantasque dont la vie consiste, entre deux fugues sporadiques, à lire les manuscrits que des apprentis littérateurs envoient à la maison d’Edition pour laquelle elle travaille.

Quand viendra la reconnaissance, le père abandonnera le métier qu’il hait pour se consacrer entièrement à la peinture et devenir bientôt un peintre célèbre. Puis surviendra la mort brutale de la mère, conclusion inéluctable d’un couple qui ne s’aime plus, solution définitive au mal être qui oppresse Albe devenue grande.

Comme un tableau paternel qui se construit peu à peu, nous allons suivre à grands traits la vie d’Albe. Sa passion amoureuse à dix-sept ans pour un professeur de français hors norme, ancien séminariste et prêtre défroqué, ancien vagabond, éternel marginal qui ne se dérobe pas à une relation puissamment charnelle avec son élève d’autant qu’elle paraît encouragée par le père qui semble ainsi retrouver dans sa fille les traits de la mère qu’il a aimées.

Puis, lorsque la passion s’épuisera du fait d’un grave accident de santé de l’amant, Albe se réfugiera dans les études, le splendide isolement dans lequel s’enferme volontairement Albe, femme superbe et courtisée mis qui ne se livre pas, mythe inaccessible et incompréhensible. Car Albe est avant tout une solitaire, une fille qui vécut à côté d’un père mystérieux et inaccessible, coupée de toute relation extérieure.

Il faudra le hasard de nouvelles rencontres, le surgissement d’une amitié désintéressée puis d’une nouvelle passion aussitôt conclue par un nouvel abandon pour donner la clé, symbolique et physique, d’une existence de ce petit enfant qui fut « La femme à venir ».

Il faut accepter le parti-pris littéraire de Bobin et se laisser bercer par sa petite musique pour apprécier une sorte d’ovni littéraire.

Publié aux Editions Gallimard – 1990 – repris en Folio – 141 pages

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Point de rencontre à l'infini
Point de rencontre à l'infini
par Klaus Mann
Edition : Broché
Prix : EUR 23,35

2.0 étoiles sur 5 A découvrir sans être indispensable, 23 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Point de rencontre à l'infini (Broché)
Après la lecture de la très intéressante préface rédigée par pierre Assouline, on constate une fois encore combien il peut être difficile de se faire un prénom. Car, bien sûr, Klaus est le fils de Thomas, le géant de la littérature allemande et il souffrira toute sa vie de cet ombrage. Klaus tenta l’excentricité, la marginalisation et prit des positions extrêmes pour essayer d’exister. Avec l’établissement de la dictature hitlérienne, il émigra aux USA en 1933 après avoir été chassé de l’Allemagne aryenne, abandonna à jamais la langue allemande après avoir été déchu de sa nationalité et rédigea ses derniers écrits en Anglais. Toute sa vie, il fut chaviré par son homosexualité et la tentation permanente du suicide auquel il finit par se livrer à Cannes en 1949, souffrant d’être incompris et non reconnu pour son œuvre.

« Point de rencontre à l’infini » est le deuxième ouvrage publié sous son nom en France. Ce roman synthétise l’ensemble des tourments qui agitaient son auteur. Dans cette société de la haute bourgeoisie berlinoise de l’entre-deux guerres qui se relève tout juste d’une hyper-inflation qui faillit l’abattre, il faut trouver un sens à une vie qui a vu le lustre et le patriotisme teutons mis à mal.

En se noyant dans les fêtes, les adultères, les liaisons plus ou moins dangereuses, en consommant de la morphine plus que de raison, en brûlant sa vie sur les planches comme actrice, danseuse ou metteur en scène, en rédigeant de façon bouillonnante et brouillonne quantité d’essais, de romans ou de pièces musicales qui ne trouvent personne pour les éditer, la cohorte de personnages que nous observons tente de rendre compte de la déliquescence d’une nation qui ne sait plus très bien où elle en est.

Ballottés entre la montée vaguement inquiétante du nazisme auquel certains commencent à se rallier pour servir leurs carrières personnelles et le communisme qui semble, déjà, sans issue, épuisés par une économie mise à genoux, les personnages qui s’agitent fébrilement sous nos yeux sont le reflet d’un peuple qui noie son désarroi dans l’excès de tout et l’absence de perspective claire tant comme collectivité d’individus que comme entités individuelles en soi.

Alors, les histoires d’amour se font et se défont au gré des alliances et des combinaisons, de la nécessité de trouver un homme capable de vous financer si l’on est une belle femme avant que de l’abandonner sans regret pour un autre pour lequel on éprouve un sentiment plus sincère. Les plus faibles ne survivront déjà plus à ce maelström, épuisés par les excès et le dépit en tous genres, emportés par des suicides plus ou moins délibérés. Même lorsqu’ils sont ensemble, ces êtres semblent ne rien sincèrement partager et finiront peut-être, dans une autre vie, par se rencontrer à l’infini.

Le problème toutefois avec ce roman est double. Il est à la fois ancré dans son temps, ce qui en fait une intéressante chronique d’une autre facette de la société allemande au bord de plonger dans la folie nazie mais ce qui rend aussi le récit très daté, un compte-rendu devenu, quatre-vingts ans plus tard, anachronique. De plus, l’écriture y est souvent un peu pompeuse, ampoulée, manquant de naturel et de puissance. A un point tel qu’on risque, ce fut mon cas, d’éprouver un certain ennui relativement pardonné par les cinquante dernières pages assez sublimes.

A découvrir pour la curiosité mais pas indispensable.

Publié aux Editions Phébus – 2010 – 297 pages

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Semper Augustus
Semper Augustus
par Olivier Bleys
Edition : Poche
Prix : EUR 8,50

3.0 étoiles sur 5 Fanfan la tulipe, 18 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Semper Augustus (Poche)
En nous projetant au cœur de Haarlem, aux Pays-Bas qu’on appelait alors les Flandres, vers 1630, Olivier Bleys décide de nous conter une histoire d’une étonnante modernité. Car derrière une écriture tout en finesse, travaillée avec un soin du détail, des effets, du moiré dignes des peintres hollandais de l’époque se cachent des propos qui secouent notre monde moderne comme ils agitaient déjà ceux d’un monde tout juste sorti de la Renaissance et pas encore entré dans la modernité. Une époque en pleine transition, faite d’inquiétude et d’insécurité, mais, comme toute période transitoire, offrant de multiples opportunités aux audacieux.

Comprenant qu’une chance peut s’offrir à lui, le pater familias Cornelius Van Deruick décide de laisser ses quatre enfants, deux garçons et deux filles, à la charge de l’aîné pour partir tenter sa chance dans ces nouvelles colonies brésiliennes où le Royaume est en train d’établir divers comptoirs de commerce. Déjà, donc, les prémices d’une mondialisation, la volonté d’aller chercher toujours plus loin de nouvelles opportunités commerciales. Ici, c’est la canne à sucre qui attire les entreprenants. Une canne qui pousse avidement et dont les populations indigènes fournissent la main-d’œuvre corvéable à merci et à coût presque nul.

Pour superviser (on dirait de nos jours coacher) l’aîné à qui la morve coule encore du nez, Cornelis prend soin d’adresser une lettre de recommandation au recteur de l’Université de la ville à qui il a autrefois sauvé la vie lors d’une campagne militaire.

Derrière un recteur très peu préoccupé d’enseignement et de religion se cache en réalité un trafiquant cupide doublé d’un homosexuel répugnant qui n’hésite pas à obtenir les faveurs de jeunes gens contre de menus services ou quelques espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais le recteur est aussi l’un des plus gros trafiqueurs (on dirait grossistes de nos jours) de bulbes de tulipes en un lieu et un temps où un vent de folie semble s’être emparé de tous. De plus en plus de petites gens, d’honnêtes commerçants bazardent tout pour investir aveuglément dans un commerce dont ils ignorent l’essentiel. Seule compte une inextinguible spéculation qui fait monter les prix de ces promesses de fleurs à des niveaux de plus en plus stratosphériques.

C’est à cette double passion, l’homosexualité et la spéculation, que le recteur va initier le jeune Van Deruick. Un jeu qui englobe des vues sur la sœur à marier du jeunot et les biens d’une famille désargentée.

De fait, O. Bleys a l’intelligence de glisser derrière cette saga un entrelacs d’histoires de cœur qui nous donne à voir et à comprendre que la condition des femmes, leur liberté et leur libre arbitre étaient déjà un débat dans un pays où l’art, l’industrie, le commerce, la religion et la philosophie créaient une émulation intellectuelle de chaque instant.

Tout juste pourra-t-on s’interroger sur le dénouement d’un roman assez palpitant et mené à bon train. Intrigues et manipulations en tous genres ne cessent de faire des victimes. Aussi, la conclusion élaborée paraît-elle bien peu probable au vu de la cruauté et de la rapacité de ceux qui ont montré être prêts à tout pour parvenir à leurs fins… Cela mis à part, voici un roman intelligent, diablement documenté et sacrément mené.

Publié aux Editions Gallimard – 2007 – 337 pages

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Le bonheur illicite des autres
Le bonheur illicite des autres
par Manu Joseph
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

3.0 étoiles sur 5 Non indispensable, 16 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le bonheur illicite des autres (Broché)
Peut-on expliquer l’incompréhensible ? Existe-t-il une vérité ou autant de vérités que de témoins directs ou indirects ? Telles sont les deux questions centrales qui sous-tendent le deuxième roman de l’écrivain et journaliste indien Manu Joseph.

Unni est un adolescent de dix-sept ans qui semble promis au bonheur. Intelligent, charmeur, il réalise des BD’s étonnantes et puissantes qui font l’admiration de ses camarades comme de ses professeurs. « Vous n’échapperez pas au bonheur » est une formule qu’il utilise fréquemment. Et pourtant, un soir, sans crier gare, il saute depuis la terrasse de son immeuble et se tue. Aucun mot, aucun message pour expliquer son geste fou.

Depuis trois ans, Ousep, son père, mène une enquête pour tenter de comprendre l’inexplicable. Une enquête un temps abandonnée et qu’il relance de façon effrénée depuis qu’il a pris connaissance d’un nouvel élément. Mais une enquête qui se heurte à un mur, qui tourne en rond. Moins Ousep avance, plus il s’enfonce dans l’alcoolisme, délaissant son emploi de rédacteur en chef d’un petit journal. Une autre forme d’auto-destruction, de refuge pour la souffrance de la perte d’un fils aîné, d’une vie ratée, d’un mariage qui prend l’eau de toutes parts.

Pendant qu’Ousep enquête en vain, son épouse Mariamma tente vaguement de tenir un foyer où l’argent manque cruellement. Il lui faut mendier sans cesse auprès des voisins, obtenir l’aide du prêtre de la paroisse pour que de nouveaux crédits lui soient accordés. Survivre à un mari qui rentre ivre-mort et se livre immanquablement à un rituel de suicide simulé chaque soir. Mais, surtout, Mariamma reste murée dans un monde intérieur. Un monde où elle parle à ses murs, où elle s’absente fréquemment de conversations en cours. Un monde où la folie gagne d’autant que la mort d’Unni reste inexpliquée.

Entre ces deux parents terrifiants, Thoma, le fils cadet survivant de douze ans, tente de survivre. Son obsession est de connaître une vie normale où l’on cessera de le traiter comme un idiot que sa distraction lui vaut d’être perçu comme tel et où ses parents cesseront de se comporter comme des fous.

Sur cette trame qui pourrait être pesante, Manu Joseph bâtit un roman original et où l’humour et la puissance de formules imagées et étonnantes jouent un rôle essentiel. Pourtant, le roman peine à démarrer et il faudra une certaine patience de la part des lecteurs pour venir à bout du premier tiers du roman qui semble tourner en rond. Et puis, peu à peu, des zones d’ombre s’éclaircissent grâce à la rencontre de personnages aussi hauts en couleurs que bizarres. On y apprendra beaucoup sur ce qui fait la vraie souffrance d’Ousep et de Mariamma, sur les secrets qui, mal cadenassés, viennent perturber la psyché. La dernière partie du roman dérive peu à peu vers une sorte de conte philosophique dans lequel la vérité semble être révélée au seul lecteur tandis que parents et frère restent avec leurs propres interprétations d’un geste fatal.

Manu Joseph possède un talent certain pour décrire la vie de la petite-bourgeoisie de Chennai (anciennement Madras), les commérages incessants entre voisines dont l’oisiveté forcée (l’épouse reste au foyer pendant que Monsieur travaille) doit trouver de constants dérivatifs. Dans la chaleur étouffante de cette ville tentaculaire, des millions de destins se jouent, la normalité côtoie l’étrange, le réel sordide les rêves inexprimés et le désir lourd des hommes pour les femmes constitue une menace qui souvent s’exprime par des gestes grossiers.

Au total, un roman – non indispensable - qui permet de se familiariser avec une littérature indienne en plein renouveau.

Publié aux Editions Philippe Rey – 2014 – 333 pages

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Trente filles
Trente filles
par Susan Minot
Edition : Broché
Prix : EUR 25,50

5.0 étoiles sur 5 Un roman éblouissant et poignant, 6 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trente filles (Broché)
Après avoir amassé quantité de témoignages et d’informations, lu des rapports officiels, visionné des documents, Susan Minot s’est décidée à entreprendre le récit du martyr des enfants kidnappés par la tristement célèbre et redoutée Lord’s Revolutionary Army (LRA) placée sous les ordres d’un psychopathe, Joseph Kony.

Invoquant alternativement Jésus ou Mahomet, Kony, protégé par une armée de sbires, a mené quantité d’actions terroristes dans et autour de l’Ouganda, poursuivant un seul but, sous des couverts de vagues prétextes politiques : agrandir sa famille en capturant environ trente mille enfants et causant la perte de près de cent mille personnes. Une fois capturés, les enfants servaient aux objectifs du tyran : les garçons devenaient soldats, les filles esclaves sexuelles.

Parmi les atrocités commises par la LRA, il en est une qui a frappé l’opinion publique : l’enlèvement la nuit du 10 octobre 1996 de centre-trente-neuf jeunes filles dans une école religieuse située à Aboke dans le Nord de l’Ouganda. N’écoutant que son courage, la Mère directrice de l’établissement, Sœur Giulia, se mit immédiatement en chasse des kidnappeurs et parvint à les rejoindre. Une négociation avec le chef de la bande, après consultation de Kony, aboutit à la restitution de cent-neuf enfants. Mais, trente filles, les plus belles et les plus vigoureuses furent conservées par les terroristes. Un choix cornélien pour Sœur Giulia, une épreuve face aux familles dont les enfants ne leur furent par restitués.
Commençant son formidable roman par le récit de cet événement, usant d’une plume qui arrache des larmes au lecteur impuissant, Susan Minot choisit d’entremêler plusieurs histoires pour mieux nous faire toucher du doigt l’horreur de ce qui s’est passé et de ce qui continue de constituer un quasi-quotidien dans bien des régions du monde.

D’un côté, nous allons suivre la descente aux enfers de ces trente filles à travers les yeux de l’une d’entre elles, Esther. Rien ne nous sera épargné sur leur condition, ni la violence physique, ni les viols à répétition, ni les privations, ni les conditions de transport lorsque la troupe déplace ses campements. Un brusque passage de l’enfance à la vie adulte mais ramenée à celle d’esclaves dont l’existence compte au fond peu tant il est simple de les remplacer par d’autres victimes. Seules survivront les plus fortes et les plus chanceuses comme celles qui ne seront pas emportées par le sida, la malnutrition ou les tortures pour avoir tenté de s’enfuir.

De l’autre, Susan Minot nous fait voyager au côté d’une journaliste américaine qui, à la suite de divers déboires sentimentaux et professionnels, s’est donnée comme défi de venir enquêter sur ces filles enlevées. Quittant New-York, elle découvre pour la première fois l’Afrique au côté d’un jeune guide qui deviendra bientôt son amant et de quelques autres occidentaux tous en proie à une forme ou une autre de mal de vivre. Leur voyage commence comme une fête continue entre consommation d’alcool effrénée, ripailles diverses et coucheries continues. Mais, plus le groupe s’enfonce en Afrique, plus l’enquête avance, plus la réalité les rattrape. Tous finiront par y perdre leur insouciance, leur apparente carapace protectrice comme un inutile blindage face à la souffrance du monde jusqu’à un drame inattendu, symbole du fait qu’en Afrique la violence est omniprésente, que tout, le meilleur comme le pire, peut arriver, n’importe où, à n’importe qui et à n’importe quel moment.

Susan Minot signe ici un très grand roman, bouleversant, magnifiquement écrit. Un roman qui nous plonge au cœur des détresses humaines, quelles qu’elles soient. Un roman d’espoir aussi et malgré tout car il reste possible d’échapper à l’horreur et de se reconstruire, petit à petit, à force de patience, de soins et d’amour comme plusieurs des protagonistes de ce roman polyphonique en feront l’expérience.

Publié aux Editions Mercure de France – 2015 – 401 pages

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Un notaire peu ordinaire
Un notaire peu ordinaire
par Yves Ravey
Edition : Broché
Prix : EUR 7,00

5.0 étoiles sur 5 Ravey, le Chabrol littéraire, 3 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un notaire peu ordinaire (Broché)
Yves Ravey aime les histoires peu ordinaires. Celles où, derrière les apparences bourgeoises et provinciales se dissimule tout ce que l’humanité peut recéler de trivialité, de bestialité et de stupidité. Autant dire que le sujet est inépuisable…

Avec cette novella, Ravey nous donne une fois de plus la démonstration de son talent. Voici un village comme il en existe des centaines en France. Un bourg où tout se rythme autour du café, de l’Eglise et dans le respect un peu suspect et l’autorité vaguement féodale des notables comme le notaire, Maître Montussaint.

Dans cette concentration d’existences insipides et creuses, Madame Rebernak tente de faire face. Depuis la mort de son mari, elle doit subvenir par elle-même aux besoins de sa famille en faisant des ménages à l’école communale. Son souci principal est de protéger sa fille Clémence, la petite amie du fils du notaire depuis que le cousin Freddy fraîchement sorti de prison pour viol est venu s’installer à quelques encablures d’une maison où il n’est pas le bienvenu.

Mais le danger ne vient pas toujours de là où on l’attend. A la manière d’un Chabrol, Yves Ravey élabore un scénario et une composition où, derrière une intrigue qui paraît un temps linéaire, se matérialise un drame qui n’a rien d’ordinaire. Et, comme avec Chabrol, la conclusion a peu de chance de correspondre à ce que vous auriez pu imaginer.

C’est une fable sociale, une version caustique de la lutte des classes que nous conte avec mordant un auteur aussi inspiré que brillant. Voilà un livre parfaitement immoral et croustillant. Une de ces petites choses qui se dévorent et se lisent d’un trait en laissant un sourire vaguement cynique à un lecteur comblé.

Publié aux Editions de Minuit – 2014 – 109 pages

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L'eternel feminin, lieder sur des poemes de goethe ives, krenek, liszt, tchaikov
L'eternel feminin, lieder sur des poemes de goethe ives, krenek, liszt, tchaikov
Prix : EUR 14,19

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quand originalité rime avec qualité, 26 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Plutôt que de tenter une énième intégrale d'un cycle "quelconque" de Lieder de l'un des grands noms du genre au risque de passer plus ou moins inaperçus, Marlis Petersen et Hendrik Springer eurent la bonne idée de concocter un très original programme autour du thème de l'éternel féminin chez Goethe.

Dix-neuf Lieder de seize compositeurs différents nous sont ainsi proposés. Beaucoup d'Allemands majeurs (Wagner, Schumann, Lizst, Wolf), beaucoup d'autres nettement moins connus mais que les musicophiles ne manqueront pas de reconnaître (Krenek, Braunfels, Sommer, Diepenbrock etc...) ainsi que quelques curiosités (Tchaikovsky, Ives entre autres) forment un ensemble qui nous conduit sur deux siècles dans une unité de forme mais une variété de style et d'ambiance qui font une grande partie du charme de ce disque.

Marlis Petersen s'y révèle une fois de plus une soprano tout en nuances ne cherchant pas à en imposer autrement que par l'incarnation musicale de textes puissants du Dieu des poètes germaniques. L'accompagnement de son compère de longue date Hendrik Springer est à l'unisson.

Résultat, une heure de découvertes totales et de musique sublime. Un très beau disque.


GROHE Mitigeur Évier Eurostyle Cosmopolitan 32230002 (Import Allemagne)
GROHE Mitigeur Évier Eurostyle Cosmopolitan 32230002 (Import Allemagne)
Prix : EUR 158,64

5.0 étoiles sur 5 Du solide et du beau, 26 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
S'équiper en grosse en matière de robinetterie, c'est opter pour un gage de qualité et de sérieux. Ce modèle ne faillit aucunement aux gênes de la marque et embellira immédiatement votre cuisine. Il nécessite seulement de prévoir un dégagement suffisant vers l'arrière (3 cm idéalement) afin de pouvoir offrir un débit maximal. Un autre avantage est qu'il dispose d'un tube de fixation de grande longueur permettant la pose sur des plans de fore épaisseur tels que des plans en granit posés souvent en contrecollé.


Collet, Henri : Oeuvres pour Piano
Collet, Henri : Oeuvres pour Piano
Prix : EUR 20,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un beau moment de piano, 26 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Collet, Henri : Oeuvres pour Piano (CD)
Henri Collet (1885 - 1951) fut en son temps une relative sommité du monde musical. Homme éclairé et docte, il cumula diverses fonctions. Eminent critique musical, il donna le nom de "Groupe des Six" aux jeunes compositeurs qui allaient devenir des sommités. Docteur es Espagnol, il fut professeur et traducteur. Homme de lettres, il publia un roman qui reçut le Prix National de Littérature en 1929. Son véritable amour fut celui de l'Espagne qu'il sillonna sa vie durant à dos d'âne afin de s'imprégner de ses traditions, de sa diversité culturelle, de ses richesses linguistiques et de devenir l'un des promoteurs les plus actifs, avec l'homme de lettres Georges Jean-Aubry, de la musique de ce pays.

C'est cette passion absolue pour l'Espagne que l'on retrouve dans sa production musicale faite principalement d'oeuvres pour piano, de musique de chambre et de diverses pièces orchestrales.

Aussi, le programme concocté par l'excellent pianiste Pascal Gallet avec le concours et la bénédiction de la famille du compositeur, rend-il un hommage vibrant et brillant à un florilège d'opus qui tous démontrent combien Henri Collet eut une étonnante facilité à capter l'essence même des traditions hispaniques pour les faire siennes et en dériver une musique parfaitement écrite et sonnant typiquement vernaculaire sans jamais tomber dans une caricature de mauvais goût.

Capté en direct, cet enregistrement très bien réalisé et à l'acoustique irréprochable nous révèle des pièces merveilleuses, superbement interprétées, charmantes et qui invitent à en savoir plus sur un compositeur absolument méconnu.

Une très belle découverte, encore !


Christoph Willibald Gluck - Alceste / von Otter . Groves . Henschel . Beuron . Tézier . Gardiner (Théâtre Musicale de Paris - Châtelet 1999)
Christoph Willibald Gluck - Alceste / von Otter . Groves . Henschel . Beuron . Tézier . Gardiner (Théâtre Musicale de Paris - Châtelet 1999)
DVD ~ Anne Sofie von Otter
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Impression mitigée, 25 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Visionner ce DVD après avoir assisté à la production de l'Opéra de Paris dans la superbe mise en scène très imaginative d'Olivier Py qu'on a pu découvrir lors des saisons 2013-14 et 14-15 n'est sans doute pas le meilleur service que l'on puisse rendre à Robert Wilson.

En effet, à vouloir prendre un parti-pris purement esthétique et un brin intellectualisant, Robert Wilson sème l'ennui. Pourquoi maintenir au cours des trois actes une mise en scène statique devant des fonds uniformément bleus et sur lesquels glisse un vague cube en trois dimensions dont on peine à comprendre le sens ? Pourquoi imposer aux chanteurs des postures ridicules et figées au risque de vouloir faire de l'opéra de Glück un pastiche du théâtre de nô ? Pourquoi chasser de la scène des choeurs jouant un rôle crucial de bout en bout pour les remplacer par une troupe de "danseurs" qui se contentent de bouger les bras et de se déplacer, péniblement, comme des poupées mécaniques dans quelques manoeuvres qui paraissent plus hasardeuses que maîtrisées ? Pourquoi faire intervenir comme enfants du couple royal un garçon et une fille alors que le livret parle explicitement des fils d'Alceste ? Et l'on pourrait continuer ainsi une longue litanie de questions auxquelles je ne parviens pas à apporter de réponses convaincantes... Bref, cette mise en scène m'a paru à la fois détestable, inappropriée et d'un ennui mortel d'autant qu'elle ne bénéficie pas d'une mise en image irréprochable. Il est vrai qu'avec la fixité mortifère des chanteurs, il est difficile de rendre vivant un spectacle castré et mort...

Heureusement, la musique de Glück qui signait alors une de ses plus belles partitions est là. Anne Sofie Otter, à la diction irréprochable, incarne une Alceste à la fois tragique et humaine, profondément touchante. La voix était encore bien présente, avec son grain et un timbre parfaitement adapté. Paul Groves interprète un excellent Admète, puissant, colérique et révolté par le sort injuste que lui imposent les Dieux. Dietrich Henschel complète le haut du panier avec un Hercule et un Grand Prêtre de tout premier plan (malgré les gestes ridicules que lui impose R. Wilson dans son combat contre les enfers....). Ludovic Tézier n'était en revanche pas au meilleur de sa forme en Apollon avec quelques petits problèmes de justesse au troisième acte et Gladys Massenot notablement insuffisante en alter ego d'Alceste.

Côté fosse, l'English Baroque Orchestra complété du choeur Monteverdi sous la baguette de leur chef John Eliot Gardiner se sont montrés parfaitement à leur aise avec une partition de style français mâtiné par le plus français des compositeurs allemands...

Bref, un DVD qui vaut avant tout pour l'interprétation musicale et qui déçoit par sa mise-en-scène.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 7, 2015 7:45 PM MEST


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