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Contenu rédigé par Cetalir
Classement des meilleurs critiques: 62
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Commentaires écrits par
Cetalir "Cetalir" (France)
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Works for Alto
Works for Alto
Prix : EUR 16,51

5.0 étoiles sur 5 Oeuvres au féminin, 22 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Works for Alto (CD)
Rebecca Clarke reste méconnue en-dehors des altistes qui prisent sa superbe sonate pour alto et violon. Une sonate qui la révéla puisque l'oeuvre, composée dans le cadre d'un concours, arriva première devant celle d'Ernest Bloch. Au grand dam du jury (masculin bien sûr) dont la misogynie de ce début de vingtième siècle les força à douter de la possibilité qu'une femme en fût l'auteur au point de donner, in fine, la préférence à Bloch. Ce dernier n'en tira pas gloire, au contraire, et manifesta le plus grand respect et son soutien à Rebecca Clarke.

Ceci n'empêcha pas cette dernière de rester dans l'ombre, reconnue comme altiste internationale puis, comme épouse de James Friskin pianiste et compositeur; mais pas comme compositrice malgré l'évidente qualité de ses oeuvres.

Son catalogue est, outre la fameuse sonate de toute beauté, constitué pour l'essentiel de petites pièces dont un florilège nous est proposé ici. Quoi de mieux que deux soeurs pour se constituer en duo et enregistrer leur premier disque en hommage à une autre femme de musique ? Et c'est réussi au plus haut point tant le jeu d'alto de Diana Bonatesta séduit par sa profondeur de son, sa chaleur et sa subtilité tandis que sa soeur cadette, Arianna, délivre un tapis de piano d'une délicatesse à se pâmer.

Voici une heure de musique d'une beauté totale et qui vous rendra heureux pour des heures tout en provoquant l'irrépressible envie de remettre le disque sur la platine. Que demander de plus ?


Brahms;Complete Motets
Brahms;Complete Motets
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 28,22

5.0 étoiles sur 5 Collector, 22 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms;Complete Motets (CD)
Brahms fut un admirateur de Bach qui venait tout juste d'être redécouvert, rejoué et analysé grâce au travail de Mendelssohn peu de temps auparavant. Grâce à Clara Schumann qui possédait une bibliothèque unique des partitions du Kantor, il eut tout le loisir d'étudier les techniques de composition de son glorieux prédécesseur et de se familiariser avec l'art complexe de la fugue et des canons. Un art qu'il mit ensuite, sa vie durant, en pratique dans la composition régulière de motets et pièces chorales, en particulier durant les quelques années où il fut le chef du choeur féminin de Hambourg.

Le cycle complet des motets montre ce respect pointilleux des formes, une maîtrise technique absolue cherchant un équilibre constant entre la tradition de Bach et la modernité d'une fin de XIXème siècle s'essayant à de nouveaux espaces et faisant exploser de nombreux codes. Brahms était un chrétien convaincu et engagé, presque mystique par certains côtés et il trouva dans le genre des motets un moyen d'expression idéal de sa foi et de ses valeurs, produisant une musique parfois un peu austère qui s'inscrivit clairement en marge du reste de son oeuvre et des tendances de son époque. C'est sans doute ce qui fait qu'aujourd'hui encore, ses motets restent peu connus.

En 1989, Richard Mallow avec le Trinity College de Cambridge en grava une version qui reste la référence par sa ferveur, la précision de son interprétation et la qualité d'un enregistrement permettant d'entre presque chaque voix tout en donnant un équilibre global des masses. Un must pour les amateurs du genre.


Lieder
Lieder
Prix : EUR 19,00

4.0 étoiles sur 5 Un plaisir trop rare pour être boudé, 22 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lieder (CD)
Les enregistrements consacrés à Braunfels sont encore assez rares et ceux de ses Lieder quasiment inexistants en-dehors de quelques apparitions dans des cycles comme, par exemple, dans le très beau disque de Marlis Petersen dédié à des Lieder sur des poèmes de Goethe rarement joués.

Braunfels, victime comme tant d'autres de l'ostracisme racial des Nazis, lui le demi-juif converti au catholicisme, disparut du répertoire jusqu'à très récemment alors qu'il fut l'une de ces gloires d'avant-guerre dont les opéras faisaient courir tout Vienne. Ce sont précisément ses oeuvres lyriques, redécouvertes et rejouées, puis préenregistrées depuis quatre ou cinq ans (voir Les Oiseaux, l'Annonciation ou Jeanne d'Arc en particulier) qui ont permis de remettre le projecteur sur un compositeur majeur du vingtième siècle.

Une fois ses fonctions officielles quittées, Braunfels se réfugia dans un petit village d'Allemagne où il continua d'écrire en majorité des petites pièces qui restèrent dans ses tiroirs, parmi lesquelles se trouve la majorité de la sélection de Lieder donnés ici.

C'est un trio d'interprètes férus et spécialistes de ce genre qui ravit nos oreilles dans une sélection qui fait intelligemment alterner des cycles pour baryton et pour soprano. Konrad Jarnot et Marlis Petersen (encore une fois ardente défenseur du compositeur) nous donnent une interprétation très inspirée, magnifiant des textes qui vont du presque grivois au très sombre, démontrant leur infinie capacité à rendre tout genre de climat avec une possession de la langue (qui leur est natale) absolument indispensable. L'accompagnement d'Eric Schneider, dont ce fut l'un des tout derniers enregistrements puisqu'il décéda peu de temps après, est à l'avenant par son élégance au service des voix.

Capriccio s'est donné pour mission, entre autres, de soutenir le répertoire allemand méconnu par des interprétations de talent et des enregistrements irréprochables. Mission accomplie avec ce très beau disque d'un répertoire trop rare !


Elias -Cr- Ger
Elias -Cr- Ger
Prix : EUR 13,35

5.0 étoiles sur 5 Toujours au sommet, 22 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Elias -Cr- Ger (CD)
Près de cinquante ans après avoir été enregistré (en 1968), la version dirigée par Sawallisch pour DECCA reste au sommet d'une discographie abondante. A cela quelques raisons simples et d'une évidence totale parce que durable.

Tout d'abord, une distribution en béton armé avec, entre autres, Peter Schreiber et Theo Adam alors au climax de leur art et le reste de la distribution à l'avenant (en dehors d'un ange à la voix pas toujours très agréable); l'orchestre du Gewandhaus de Leipzig qui faisait déjà partie des meilleures formations symphoniques et qui jouait là un répertoire caractéristique de leur savoir-faire. Le tout dirigé avec cet équilibre parfait entre inspiration, ce qu'il fallait d'emphase mais sans en faire trop et une énergie perceptible de bout en bout. Enfin, une prise de son idéale et bien que retranscrite en CD en ADD qui continue d'imposer le respect par son naturel et sa transparence. On pardonnera l'absence totale de livret réduit à la simple mention du minutage et de la distribution (et encore, incomplètement...).

Bref, un bijou à compter dans sa discographie de référence.


Seul, invaincu
Seul, invaincu
par Loïc Merle
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

2.0 étoiles sur 5 Lecteur vaincu, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seul, invaincu (Broché)
Seuls, les personnages de ce deuxième roman de Loïc Merle le sont. Invaincus, cela reste à démontrer tant ils sont abîmés, voire détruits par des vies dont ils ne savent que faire ou qu’ils mésemploient. C’est un bien étrange roman rédigé dans une écriture souvent emphatique au point de manquer de lisibilité qu’on nous propose là.

Charles a tout quitté il y a sept ans pour s’engager dans l’armée, pour combattre la haine dans le monde comme il dit. Parce qu’il reçoit un jour une lettre lui annonçant que son ami d’enfance Kérim est atteint d’une leucémie, il largue à nouveau tout, laisse le désert et sa tenue de camouflage derrière lui avec le dégoût d’un métier qui ne lui aura apporté aucune joie.

Revenu dans sa ville natale de C, étroite, entourée de collines, morne et sans espoir, il retrouve une mère vivant seule exactement comme il l’a laissée, son ex qui se prostitue pour vivre et son ami en soins en hématologie. Ce dernier, qui a toujours eu une vie un peu louche, est devenu une sorte de chef de bande vivant de divers trafics et extorsions.

Après sept ans d’absence sans qu’aucune correspondance, qu’aucun mot n’aient été échangés, alors que Kérim lutte pour sa survie et que Charles erre sans but, sans repères autres que la plongée régulière dans l’alcool, il leur faut retrouver une amitié abîmée par les circonstances. Un parcours semé d’embûches au fur et à mesure que la santé de Kérim, un temps rétablie, ne se dégrade à nouveau.

Vivre normalement dans ce roman, c’est vivre en marge, caché dans une communauté fondée un moment par Kérim, en ayant peur de ceux qui pourraient vous traquer, la gendarmerie comme déserteur ou cet ancien sous-off lyrique et alcoolique qui n’a de cesse que de remettre la main sur la compagne de Charles sans que l’on sache si c’est pour la renvoyer au tapin ou pour son propre usage. C’est voir son horizon se rétrécir de plus en plus, sombrer inexorablement dans la violence, vivre avec la mort omniprésente, tenter de rester invaincu (d’où peut-être ce titre énigmatique) malgré les circonstances, malgré une vie de chien qui s’amuse à vous rouer de coups. C’est vivre dans la solitude de ses angoisses, dans l’impossibilité de se construire un futur stable parce que tout fuit, que rien ne tient pas même les sentiments qu’on aurait pu croire sincères.

Loîc Merle signe ici un roman profondément noir, dérangeant au point d’en devenir déplaisant. Il m’aura laissé seul et vaincu par un style et un fond finissant par me laisser sur le bord de la route.

Publié aux Editions Actes Sud – 2015 – 204 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com


La garçonnière
La garçonnière
par Hélène Grémillon
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

4.0 étoiles sur 5 Haletant et fort bien construit !, 14 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La garçonnière (Poche)
Les histoires d’amour finissent toujours mal ont chanté les Rita Mitsuko. Un thème que reprend, à sa façon, haletante et superbement menée, Hélène Grémillon dans son deuxième roman. Célibataire plus ou moins résigné à se contenter d’histoires sentimentales brèves, un psychiatre argentin Vittorio Puig reçoit une patiente, Lisandra, qui le foudroie par sa beauté et l’interpelle par son comportement, claquant la porte avant même la fin de sa première séance d’analyse. Menant son enquête sur la base de maigres indices, il la retrouve dans un club de tango. Très vite, le couple s’établit puis se marie. Et puis, le temps passe et, un soir, c’est le drame. On retrouve Lisandra défénestrée, la fenêtre de son appartement grande ouverte après qu’une violente dispute ait été entendue.

La police, convaincue de la culpabilité du mari que de nombreux témoignages et indices accablent, procède rapidement à son interpellation qui le conduit à son incarcération préventive. Vittorio n’a d’autres moyens pour assurer sa défense que de faire appel à une de ses patientes, Eva Maria, qui vient le visiter, pour qu’elle mène à son tour une enquête sur la base des informations et suggestions qu’il lui fournira.

A partir de cette trame inspirée d’un fait divers réel, Hélène Grémillon élabore un thriller plein de surprises et qui sait maintenir l’attention fébrile de ses lecteurs. Il faut dire que plane sans cesse l’ombre de la junte militaire, tout juste évincée du pouvoir et dont la plupart des membres, ex-tortionnaires et autres exécuteurs, ont fait l’objet d’un pardon et d’une réhabilitation collective. Une junte qui a arrêté un beau matin la fille d’Eva Maria, disparue depuis sans laisser de traces. Un traumatisme que la mère tente d’adoucir dans l’alcoolisme. Une junte qui semble continuer de sévir, beaucoup de ses officiers s’étant recasés dans des postes clé de l’administration.

Plus la contre-enquête avance, plus les personnages qui surgissent paraissent jouer des rôles différents de ceux qu’ils seraient censés tenir, plus le mystère et le doute s’épaississent. Dans ce brouillard se dessine peu à peu la complexité des personnalités du couple Vittorio/Lisandra ainsi qu’une réalité de plus en plus différente de la façade initialement affichée, jusqu’à l’inévitable coup de théâtre final, véritablement totalement inattendu.
Tout cela est, en outre, fort bien écrit et composé sur un canevas d’une grande sophistication. Un vrai coup de cœur !

Publié aux Editions Flammarion – 2013 – 356 pages

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L'Enfant Des Iles - L'Anneau De Salomon
L'Enfant Des Iles - L'Anneau De Salomon
Prix : EUR 16,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quel beau disque !, 23 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Enfant Des Iles - L'Anneau De Salomon (CD)
Il est à peine croyable que la musique de Jean-Louis Florentz reste encore à ce point méconnue, y compris du public averti. Florentz, décédé en 2004, fut un de ces personnages à l'intelligence quasi universelle. Spécialiste au départ de l'écho-écologie des communications animales, il étudia tout particulièrement la polyphonie des oiseaux en milieu équatorial. Il fut ensuite élève au CNSM suivant l'enseignement d'Olivier Messiaen et de Pierre Schaeffer. Il passa de nombreuses années à bourlinguer en Afrique, étudiant les musiques locales et leur tradition orale, s'intéressant aux langues rares éthiopiennes. Sa carrière musicale, jonchée de pièces de chambre ou symphoniques, fut récompensée de nombreux prix et lui valut d'entrer à l'Académie des Beaux Arts.

L'Enfant des îles lui fut inspiré d'une scène, qu'il raconte dans le livret, surprise par hasard tôt un matin à Madagascar. C'est ensuite en étudiant la poésie de Jean-Joseph Rabearivelo qu'il composa sa partition, très descriptive, pleine de couleurs, de mélanges, superposant tout en légèreté d'infinies nuances qui vous enchantent. Il n'y a là rien d'agressif. C'est un voyage vers une certaine sérénité qui est offert.

L'Anneau de Salomon est une commande de l'Orchestre National de Lyon réalisée à partir de nombreux textes plus ou moins ésotériques. D'où douze scènes qui s'enchaînent dans une succession d'ambiances, un agencement de l'orchestre, une combinaison de rythmes qui ne cessent de se modifier. On y retrouve ce goût de l'exotisme et l'omniprésence des percussions qui font l'unité des deux oeuvres.

L'Orchestre National des pays de la Loire sous la direction de son chef d'alors, Hubert Soudant, s'en tire avec les honneurs. On pourrait rêver meilleure trompette solo à laquelle est réservée une entrée sublime dans l'Enfant des îles ainsi qu'une rondeur plus marquée des cordes mais, au global, ceci n'entache pas vraiment le plaisir d'une découverte et d'une écoute merveilleuse.


Sensemaya-Music of Silvestre
Sensemaya-Music of Silvestre
Prix : EUR 11,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'autre grand compositeur mexicain, 23 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sensemaya-Music of Silvestre (CD)
Même s'il reste encore injustement méconnu de nos jours, Silvestre Revueltas fut, avec Carlos Chavez, l'un des deux compositeurs majeurs du siècle dernier au Mexique. D'ailleurs, au départ ami et protégé de Chavez, Revueltas finit par devenir son ennemi juré, Chavez voyant en lui un dangereux rival lui faisant de l'ombre.

Enregistré en 1998 et sorti en 1999, ce disque superbement capté et magnifiquement interprété, reste une véritable aubaine pour découvrir l'univers coloré, souvent fantasque voire caustique de Revueltas. L'un des intérêts de cet enregistrement est par ailleurs d'alterner des pièces symphoniques où explosent les rythmes mexicains, où fusent des traits brillants et exaltants donnant à écouter une musique enthousiasmante avec des pièces pour petit orchestre de chambre du plus grand intérêt.

Ces dernières sont principalement écrites pour les vents et réservent une place prépondérante aux cuivres. On y découvre un art de la combinaison, une subtilité d'écriture absolument remarquable et qui n'est pas sans rappeler tantôt Stravinsky, en plus immédiat, tantôt Poulenc voire Chostakovitch comme dans la valse finale de la deuxième petite pièce sérieuse.

La proximité de Los Angeles avec la frontière mexicaine semble inspirer au plus haut point le Philharmonique de LA et son New Music Group que conduit un Esa-Pekka Salonen toujours aussi précis, énergique et très à l'aise dans des partitions qui lui conviennent à la perfection. Un très beau disque à ne pas manquer.


Hans Abrahamsen : Let me tell you. Hannigan, Nelsons.
Hans Abrahamsen : Let me tell you. Hannigan, Nelsons.
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Hannigan dans ses oeuvres, 22 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hans Abrahamsen : Let me tell you. Hannigan, Nelsons. (CD)
Barbara Hannigan aime les défis. On l'a vue récemment à Paris dans La Voix Humaine de Poulenc et dans une mise en scène très physique. On se souvient de sa prestation époustouflante dans Le Grand Macabre de La Fura Del Baus et l'été dernier, dans le sublime Written on skin de George Benjamin.

La voici de nouveau créatrice cette fois-ci d'une courte pièce de trente-trois minutes du compositeur et chef d'orchestre Hans Abrahamsen. Un rôle où la diction (l'une des forces d'Hannigan) est absolument clé car il s'agit de rendre chaque nuance du texte concocté par Paul Griffiths sur la base d'extraits de vers dits par l'Ophélie du Hamlet de Shakespeare. Un texte au final très flottant dont on ne sait pas très bien s'il dit un rêve, une angoisse, mais d'une évocation puissamment poétique et hypnotique.

Une trame idéale pour être habillée d'une orfèvrerie musicale, Abrahamsen ne cessant de se réinventer dans des pages qui passent sans arrêt de la microtonalité aux clusters et où la voix d'Hannigan doit passer brutalement du chuchotement à l'explosion juste voire osciller autour d'une note comme un balbutiement entre rêve et perception distanciée de la réalité.

Tout cela requiert une maîtrise technique absolue, une mise en place millimétrée faute de sombrer dans le grotesque. On reste admiratif de la performance et du rendu obtenu du chef Andris Nelsons à la tête de l'orchestre symphonique de la radio bavaroise. Barbara Hannigan nous montre ici encore qu'elle fait vraiment partie des plus grandes tout particulièrement dans ce registre contemporain qu'elle affectionne plus que tout.


Symphonies n° 1 et n° 2
Symphonies n° 1 et n° 2
Prix : EUR 7,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Les pièces majeures de Chagrin, 22 avril 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies n° 1 et n° 2 (CD)
Roumain de naissance, de son vrai nom Alexander Paucker, Francis Chagrin quitta son pays natal pour fuir à la fois un mariage malheureux, victime d'une femme adultère qui en profita pour faire prononcer le divorce au tort de son époux pour abandon du domicile conjugal (une garce !), et fuir une famille qui ne lui pardonnait pas d'avoir tourné le dos à une carrière d'ingénieur dans l'entreprise familiale pour se consacrer à la fortune hasardeuse de musicien et de compositeur.

Parce que la musique était viscéralement ancrée en lui, il fuit la Roumanie pour aller s'installer à Paris suivre les cours de Paul Dukas et de Nadia Boulanger et prend alors le nom sous lequel il passera le reste de sa vie, exprimant ainsi le profond chagrin que lui provoquait sa situation. Sentant la guerre venir, il partit découvrir l'Angleterre dont il tomba amoureux et s'y installa définitivement en 1936.

Pour subvenir aux besoins de sa nouvelle épouse et des deux enfants qu'elle amenait dans son sillage, il se lança très vite dans la composition de musique de film où il connut un grand succès jusqu'à la fin de sa vie. C'est donc avant tout pour ses bandes musicales que l'on connaît - modérément néanmoins de nos jours - ce compositeur qui pourtant composa par ailleurs un certain nombre de pièces "nobles" dont les deux symphonies proposées ici constituent les opus majeurs.

La 1ere symphonie fut composée sur une longue période allant de 1946 à 1959 et fit même l'objet d'une révision en 1965, donnée ici. Le caractère en est assez sombre, d'un style formant une sorte de compromis entre un modernisme assumé et une tradition plus classique. Les quatre mouvements fonctionnent à partir de thèmes qui donnent lieu à diverses modulations et rappels tout au long de l'oeuvre. Chaque mouvement est fortement contrasté tant par rapport à ceux qui l'entourent qu'en soi-même, maintenant l'attention et la curiosité de l'auditeur.

La 2eme symphonie fut écrite entre 1965 et 1971. Elle aussi en quatre mouvements, elle est d'une durée strictement identique à la 1ère. La tonalité générale est très contemporaine, assez rude parfois, extrêmement sombre voire pessimiste. Elle fonctionne largement par série d'accords au-dessus desquels interviennent les vents jouant des thèmes donnant lieu à diverses variations.

Sans être des oeuvres majeures, ces deux symphonies rares au disque et encore plus au concert valent la peine de s'y arrêter. Martyn Brabbins, très à l'aise dans ce genre de répertoire, en donne ici une interprétation convaincante à la tête d'un BBC Orchestra irréprochable, le tout fort bien capté.


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