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Contenu rédigé par JMV
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JMV
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Debord : Le naufrageur
Debord : Le naufrageur
par Jean-Marie Apostolidès
Edition : Broché
Prix : EUR 28,00

5.0 étoiles sur 5 Les nouveaux barbares., 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Debord : Le naufrageur (Broché)
Le travail de Jean-Marie Apostolidès est tout à fait honnête. Les faits démontrent que Debord ne s'intéressait strictement à rien, hormis l'argent, le sexe et le pouvoir : une sorte de DSK d'extrême gauche. Pourquoi pas, et tant mieux pour eux si ça marche, personnellement je ne me sens pas l'âme d'un censeur. D'autres si, qui prétendent qu'il est interdit d'écrire la moindre biographie de leur gourou, qui tranche un peu avec l'hagiographie officielle...Les chiens de garde sont de sortie.

Un exemple désopilant du mode de défense des debordolâtres est le papier d'un nommé Sanguinetti sur le site mediapart. Exemple : à Apostodilès qui raconte que Debord couchait avec sa soeur, ce que tout le monde savait mais ne disait pas, il rétorque :
"c'est tout à fait faux que Debord ait jamais violé sa soeur : ils s'aimaient, et basta ! Voilà le crime !".
En effet, mon petit Sangui, y a pas crime puisque personne n'a porté plainte. Mais rappelons quand même que l'interdit de l'inceste est la condition même de possibilité de l'avènement de la civilisation...et de son maintien.
Merci Jean-Marie Apostodilès pour votre courage !


La Véritable Histoire de Spirou - tome 2 - La Véritable Histoire de Spirou (1947-1955)
La Véritable Histoire de Spirou - tome 2 - La Véritable Histoire de Spirou (1947-1955)
par Christelle Pissavy-Yvernault
Edition : Album
Prix : EUR 55,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bienvenue à Champignac., 20 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault forment un couple de passionnés : rien de ce qui concerne le beau journal de Spirou ne leur est étranger. Après nous avoir régalés avec l'histoire des origines, de 1938 à 1946, de l'immortel groom, il remettent ça avec un volume 2 encore meilleur.

Encore meilleur, forcément, puisqu'en 1946/47 la série est reprise au vol par le formidable André Franquin, qui succède au pied levé à son maître, le génial Jijé. C'est à une seconde préhistoire de la série que nous assistons : tout, ou presque, reste à inventer, au niveau de la forme comme du fond.

La forme : on ne peut pas dire que Spirou ait été mal dessiné par Jijé, comme en témoigne la formidable réédition de l'ensemble des planches par le même couple P/Y :

http://www.amazon.fr/gp/product/2800163712?keywords=spirou%20jij%C3%A9&qid=1453272477&ref_=sr_1_1&sr=8-1

Jijé est un génie du dessin (peintre aussi) qui, à l'instar des grands maîtres japonais, était capable de dessiner sans regarder ni le papier ni sa main. Il est aussi l'un des dessinateurs de BD les plus sous estimés du siècle, alors qu'il a formé tout le monde; de Franquin à Will, en passant par Morris ou Gir. C'est qu'il fut toujours bohème et fantasque, incapable de se fixer sur un seul personnage.
Un des rares avec Uderzo à exceller aussi bien dans le dessin réaliste qu'humoristique, il finit par choisir le réalisme. Le personnage de Spirou ne lui plaisant guère, il lui a adjoint le farfelu Fantasio pour le rendre moins fade. Son dessin est d'un dynamisme exceptionnel, mais on sent bien que le cœur n'y est pas vraiment. Il cède donc le personnage en plein milieu de l'épisode "Les Maisons préfabriquées" à son disciple et ami Franquin.

Le fond : très faible. Le seul côté merveilleux de Spirou, c'est que c'est à la fois un enfant et un adulte, et qu'il restera ainsi tant que Franquin présidera à ses destinées. Le personnage de Fantasio est lui à l'état de brouillon. Pas vraiment matière à écrire des scenarii géniaux.

Le dessin : Franquin va mettre plusieurs années à s'affirmer, dans la douleur, puisque, doutant de lui et dépressif, il alla jusqu'à demander à Jijé de reprendre le personnage ("Comme une mouche au plafond"). Le déclic se produisit à l'occasion d'un changement de présentation de la couverture du journal. Jusque là, Franquin était contraint de dessiner des vignettes au format rikiki, jusqu'à 15 par planche, la nouvelle présentation aérée lui permet de n'en dessiner que 8 en moyenne par planche. Dans ce format plus grand, son merveilleux graphisme s'épanouit.

Le fond : Franquin comprend peu à peu la nécessité d'avoir un scénario solide. Il demande l'aide du frère de Jijé, Henri Gillain, qui lui fournit les idées de départ de "Il y a un sorcier à Champignac". Et là, miracle, à partir de pas grand-chose, Franquin va se mettre à créer un univers. Car ce sont les personnages secondaires qui importent : le héros, bon et courageux, n'est pas très intéressant.

Le comte de Champignac tout d'abord, puis dans "Spirou et les héritiers", le sensationnel Marsupilami.

L'univers de Champignac est particulièrement intéressant : le château et le comte fournissent un ancrage, un rapport au passé à Spirou et Fantasio qui jusque là semblaient sortir de nulle part.

Un château : on ne peut que faire le parallèle avec Moulinsart.

Champignac est délabré, et nul ne se posera jamais la question de le rénover. Pas le moindre domestique, le comte, un vieux gamin génial, s'occupe seul de l'intendance.

Moulinsart : copié sur Cheverny, on ne peut dire que ça respire la misère. Nestor y assure les tâches matérielles en domestique styléHergé s'est empressé d'embourgeoiser le sympathique capitaine. Sympathique à mes yeux tant qu'il reste un véritable alcoolique et un véritable capitaine (c'est la raison pour laquelle je n'aime que la première moitié de l'oeuvre de Hergé)...

A propos de Hergé, on apprend dans le livre que l'éditeur Dupuis comptait bien le recruter pour le journal de Spirou à la Libération. C'est le rédacteur en chef et une partie des dessinateurs (par exemple Sirius, le créateur de "L'Epervier bleu") qui s'insurgèrent contre le projet : "si ce salaud vient à Spirou, nous, on part"...
Il faut dire que la famille Dupuis, catholique pratiquante, avait recruté un rédacteur en chef, Jean Doisy, communiste et authentique résistant, alors que Hergé avait collaboré au journal "Le Soir", pas vraiment hostile à l'occupant...Comme quoi, rien n'est jamais simple.

Pour revenir à Franquin, il a le trait de génie de créer le Marsupilami dans "Spirou et les héritiers". Comme il avait gardé les droits du personnage, on comprend que les reprises ultérieures de la série sans le marsu aient rencontré quelques difficultés, pas seulement dues au manque de talent des repreneurs (Dupuis a racheté les droits il y a 2 ans...).

Dernier point : "Il y a un sorcier à Champignac" est un album parfaitement anti-raciste : le rom que les villageois veulent lyncher est innocent. C'est d'autant plus méritoire que le père de Franquin (en fait, un brave type qui dans la réalité ne fit jamais de mal à une mouche) était plutôt Action française et antijudaïque (certainement pas antisémite).

L'atavisme n'existe pas, et, là encore, rien n'est simple....


Les couvertures de Moustique - tome 1 - Franquin, Morris, Jijé, Sempé... 200 couvertures inédites pour le journal Le Moustique
Les couvertures de Moustique - tome 1 - Franquin, Morris, Jijé, Sempé... 200 couvertures inédites pour le journal Le Moustique
par Christelle Pissavy-Yvernault
Edition : Relié
Prix : EUR 55,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage vraiment piquant., 17 décembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Le couple Pissavy-Yvernault a encore frappé : après ses formidables ouvrages sur Yvan Delporte ou la véritable histoire de Spirou, il nous livre une merveilleuse rétrospective des couvertures du Moustique, où débutèrent Franquin, Jijé ou Sempé...La restauration de l'image est parfaite, les commentaires passionnants comme d'habitude, le prix raisonnable eu égard à la qualité...Alors, bien sûr, les gags ont un peu vieilli et ont un peu perdu de leur drôlerie, mais quel document pour les aficionados...


2084: La fin du monde - Rentrée littéraire Gallimard
2084: La fin du monde - Rentrée littéraire Gallimard
par Boualem Sansal
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

17 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les non-dupes errent., 17 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : 2084: La fin du monde - Rentrée littéraire Gallimard (Broché)
"La religion fait peut être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité." (phrase mise en exergue de "2084")
Sansal parle de religion, de "Dieu", donc de monothéisme, jamais d'islam dans son roman.

C'est que la religion qui régit le monde post-guerre sainte de l'Abistan n'est tout simplement pas l'Islam, même si elle emprunte certains de ses traits. Il s'agit plutôt d'une forme de syncrétisme, à savoir d'un montage de rites et d'idées prises à droite à gauche dans les innombrables sectes (à l'exception du catholicisme dont on ne sait s'il s'est suicidé ou s'il a été éradiqué lors de la Guerre Sainte) qu'engendra la bêtise et la crédulité humaine au cours de l'Histoire.

Ce syncrétisme est assez proche de celui de la franc-maçonnerie : la "Juste Fraternité", institution toute puissante en Abistan, ferait un excellent nom de Loge, l’œil unique d'Abi renvoie à l’œil du Grand Architecte qui nous surveille tous, symbole piqué aux rites égyptiens, les bureaucrates sont nommés "vénérables maîtres" etc.

Un micmac aussi grotesque qu'hilarant : Sansal est aussi, comme Kafka, un humoriste.

On comprend que, si l'islam n'est pas la religion de 2084, les islamistes ont été l'un des bras armés qui permirent la prise du pouvoir par Abi. Ce dernier les a certainement utilisés, comme Lénine utilisa les Soviets, puis liquidés, les jugeant trop stupides pour gouverner. Le Guide suprême est toujours entouré de clercs, à savoir de gens qui se croient "cultivés".Sansal cible bien sûr l'islamisme (inutile de parler "d'islamisme radical", c'est un pléonasme), de même qu'Orwell ciblait le marxisme-léninisme (inutile de parler de "stalinisme"). Mais pas seulement : tous deux parviennent à une universalité dans l'analyse qui fait que leurs livres, admirables, resteront. Au moins jusqu'au prochain autodafé.

Cet Abistan, c'est quoi au juste ? Sans doute la réalisation concrète de ce que les utopistes religieux, de Marx à Fukuyama, de Hegel à Arendt, nomment la fin de l'Histoire. Un monde qui se veut parfait, où il ne se passe rien, où tout est organisé par les Elus au nom du Bien. Une Jérusalem terrestre. Et cette utopie réalisée est bien sûr un enfer.

Il est frappant de constater que lorsqu'il décrit la vie des gens, Sansal utilise toujours l'imparfait. L'imparfait, temps de l'habitude, de la répétition. La répétition inlassable du même (on prie Dieu obligatoirement 9 fois par jours en Abistan) procure l'illusion d'échapper au Temps et à la Mort. Un monde comme pétrifié (l'architecture est le seul art utilisé et respecté par les dictateurs : musique et poésie sont méprisées quand elles ne sont pas interdites).
Et le passé simple là-dedans ? Il surgit bien vite, pour exprimer la geste d'un nommé Ati, qui présente une particularité au sein de la population : celle d'exister. D'exister, c'est-à-dire de souffrir, mais aussi de connaitre la joie d'être au monde, même au monde d'Abi.

Ati souffre physiquement. Il est tuberculeux, on l'a relégué au fin fond des montagnes, dans un mouroir qu'il parviendra à quitter. Comme d'autres grands romans, "2084" débute dans un sanatorium.

Ati souffre moralement, de ne rien comprendre au monde dans lequel il vit, les clercs ayant tout organisé pour qu'on ne puisse pas comprendre. La dictature maintient la population dans une sorte de schizophrénie ( dans la Novlang contemporaine, qui n'est pas encore parvenue au degré de perfection de l'Abilang, tout individu qui tente de réfléchir un peu est aussitôt taxé de "phobique" : à quand l'internement psychiatrique de ces dangereux subversifs, comme au bon vieux temps de Brejnev ?).

L'abilang ressemble à la novlangue, en plus efficace. La novlangue est administrative, donc terne; l'abilang est sacrée : comme l'hébreu moderne, elle fut créée de toutes pièces à partir de textes anciens que seuls les clercs peuvent lire et interpréter. L'abilang déchaîne l'enthousiasme populaire, permettant au système de perdurer.

L'Abistan est un monde amnésique, sans passé. Même cette date "2084", vénérée comme fondatrice, on ne sait à quoi elle correspond. Un univers mondialisé, sans histoire, ni collective ni individuelle. Nous y sommes presque, manque juste la guerre sainte pour tenter de liquider les récalcitrants.

Un monde machiste : les femmes sont tenus de marcher 40 pieds derrière les hommes, pour ne pas incommoder ce derniers de leurs odeurs corporelles insupportables.

La vie de l'homme ordinaire consiste à : "espionner les voisins, talocher les enfants, cravacher les femmes, s'agglutiner en foules compactes pour donner en spectacle la ferveur populaire, assurer le service d'ordre des grandes cérémonies au stade et donner de la trique, donner la main aux bourreaux volontaires pour les exécutions de peine"(p.80) La routine, quoi...

Et pourtant, ce monde parfait ne fonctionne pas, le totalitarisme n'existe que dans l'imagination des dictateurs et des philosophes à deux balles. La vraie vie se maintient, comme elle peut.

A l'intérieur, ce sont des gens comme Ati qui parviennent à prendre conscience dans la douleur de ce qu'on leur impose : "Ati avait acquis la conscience de son état, la liberté était là, dans la perception que nous ne sommes pas libres, mais que nous possédons le pouvoir de nous battre jusqu'à la mort pour l'être."
Cette conscience confuse et malheureuse va amener Ati à errer, jusqu'à franchir la Frontière, celle qui sépare les gens normalisés des réprouvés, de ceux qui parviennent à vivre sans les secours de la religion, dans des conditions misérables, mais libres.Car ce monde qui voulait être tout ("nous n'étions rien soyons tout"), a quand même un extérieur, un autre qu'il ne peut comprendre, qu'il désigne comme l'Ennemi, comme la Grande Mécréance. Dans le ghetto, la vie redevient digne d'être vécue.
Ce monde qui croyait abolir toute frontière en a pourtant une, gardée militairement.
Qu'y a-t-il au-delà de la limite ? C'est toute l'interrogation du livre. Disons, pour ne pas trop déflorer le sujet, qu'au-delà de la Frontière, les femmes sont encore séduisantes, même dans leurs oripeaux.

Sansal n'est pas un donneur de leçons : il se borne à constater. Comme Ati, il cherche. Il doute. Ce doute qu'Abi a cru pouvoir éradiquer.

Sansal a choisi de rester en Algérie, où il est menacé tant par le pouvoir en place que par les islamistes (ses livres sont censurés, on l'a chassé de son travail). Pourtant il n'a pas envie de s'installer en France. On le comprend : même pouvoir corrompu, mêmes islamistes, mais en prime, des "intellectuels" parfaitement débiles, des écrivains à trois mots de vocabulaire...

Sansal manie une langue admirable.

C'est donc un algérien qui nous aura rappelé, à nous français, peuple exténué, ce qu'est la littérature, ce qu'est la pensée, ce qu'est le débat politique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 2, 2015 3:09 PM MEST


Brassens   - tome 1 - Brassens ou la liberté (1)
Brassens - tome 1 - Brassens ou la liberté (1)
par Joann Sfar
Edition : Relié
Prix : EUR 39,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Pauvre Brassens, 3 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brassens - tome 1 - Brassens ou la liberté (1) (Relié)
Que dire de ce torchon : Sfar ne sachant ni lire ni écrire et encore moins dessiner, comment est-il possible qu'on ait pu choisir ce personnage pour un ouvrage censé rendre hommage au génial tonton Georges. Misérable...


Cantor
Cantor
par Jean-Pierre Belna
Edition : Broché
Prix : EUR 19,30

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le cantor de Halle., 11 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cantor (Broché)
Le grand Blaise Pascal était pris d'un vertige métaphysique bien légitime face aux deux infinis que l'on pouvait imaginer à son époque : l'infiniment grand et l'infiniment petit. "Qu'est-ce que l'Homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes." Qu'eût pu ressentir le grand penseur et grand mathématicien face aux découvertes vertigineuses de Georg Cantor (St Petersburg 1845, Halle 1918), qui montra qu'il existe non pas deux infinis mais plusieurs, voire une infinité d'infinis. Découvertes qui amenèrent leur auteur aux portes de la folie : si, avec Cantor, l'infini cesse d'être impensable, il n'en demeure pas moins irreprésentable, et toucher à l'irreprésentable c'est s'approcher des limites où se dissout la raison. Cantor l'apprit à ses dépends, qui côtoya si souvent la folie et mourut interné en 1918.

Cette approche de la folie rend particulièrement émouvants des écrits a priori d'une aridité extrême. Pour simplifier de façon éhontée, Cantor distingue pour commencer deux sortes d'infinis : l'infini dénombrable, et l'infini non-dénombrable, donc continu. L'ensemble des entiers naturels est dénombrable, je peux toujours ajouter un élément supplémentaire (1, 2, 3, 4, 5...). En revanche, l'ensemble des nombres réels, à savoir les nombres rationnels (quotients d'entiers) plus les nombres irrationnels comme pi (qui ont un nombre infini de décimales non-périodiques), est continu : il n'y a pas de trous entre les éléments, on peut toujours en intercaler un qui diffère des deux autres de façon infinitésimale. Le tout débouchant sur des interrogations et des paradoxes mathématiques et logiques que je me garderai bien d'aborder, n'en ayant ni la place ni surtout la compétence. Disons simplement que, de même que dans la société certains sont plus égaux que d'autres, certains infinis sont plus infinis que d'autres, d'où l'introduction de la notion de puissance...

Cantor est un aventurier de l'esprit, qui choisit de partir vers des rivages inconnus où il se perdit corps et biens. Le beau livre de Jean-Pierre Belna rend parfaitement compte de la beauté de cet itinéraire hors du commun, nul besoin d'être féru de maths pour le comprendre, tout est très accessible.

La pensée de Cantor, comme celle de Nietzsche, est "intempestive", totalement déplacée dans son époque, ainsi que dans la nôtre. Le stupide XIX° siècle, scientiste avant d'être de "droite" ou de "gauche", avait déjà réussi à tout instrumentaliser, faisant des mathématiques l'arme absolue pour réduire l'être humain à sa fonction économique : nous sommes en train de vivre les conséquences ultimes de cette aberration. Nietzsche et Cantor vinrent, qui surent redonner à la pensée sa puissance d'interrogation métaphysique et son déchirement tragique.

Oui la philosophie et les mathématiques posent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses...

"L'infini ! Törless avait souvent entendu ce terme au cours de mathématiques. Tout à coup, comprenant que quelque chose de terriblement inquiétant était lié à ce terme, il tressaillit. Il crut voir une notion que l'on avait domptée, se déchaîner brusquement; une force irrationnelle, sauvage, destructrice, endormie seulement par les passes de quelque inventeur, se réveiller soudain et retrouver sa fécondité. Elle était là, vivante, menaçante, ironique, dans le ciel qui le dominait." Robert Musil.

P.S. A en croire Eric Rohmer, les maths ça sert aussi à séduire les jolies femmes :

[...]

A vérifier toutefois...


Triumph of the Will [Import anglais]
Triumph of the Will [Import anglais]
DVD ~ Adolf Hitler
Proposé par DVD_EN_STOCK
Prix : EUR 29,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Si à 50 ans t'as pas une Eszeha, c'est que t'as raté ta vie !, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Triumph of the Will [Import anglais] (DVD)
Quelques mois avant le déclenchement de la deuxième guerre mondiale, le dirigeant allemand Adolf Hitler offrit à la dame de ses pensées Eva Braun une magnifique montre de la marque suisse Eszeha, ce qui se faisait de mieux. La Rollex de l'époque quoi !

Sensible au charme d'Eva, ce leader aussi coquin que populaire ne l'était pas moins à celui de Leni Riefensthal, photographe et cinéaste de son état, qui sut mettre son immense talent au service de son ami, réalisant quelques petits films publicitaires sans prétention, mais bien utiles pour convaincre les quelques égarés qui résistaient encore au(x) charme(s) du moustachu garanti non casher.

Prenons "Triumph des Willens", documentaire sur une petite réunion entre amis du NSDAP qui s'était tenue à Nüremberg en septembre 1934.
Une réussite totale : une photographie avec un piqué sublime des noirs et blancs digne du meilleur Eisenstein (autre génie de la publicité, qui avait commencé sa carrière un peu plus tôt, ses commanditaires ayant pris de l'avance, en même temps que le pouvoir). Des vues splendides sur "das alte Nüremberg", son château si romantique, ses églises, photographiées depuis un Junkers Ju 52, merveille technologique de l'époque.

Et enfin, descendu du Walhalla, le nouveau dieu, Adolf" in person", certes pas très grand, mais photographié en contre-plongée ça s'arrange...

Première demi-heure : film muet, pas un mot plus haut que l'autre, rien qui fâche. De la musique avant toute chose, et quelle musique : le "Horst Wessel Lied", composé par un sympathique membre de la SA, ce qui montre d'emblée la tolérance d'Adolf qui vient de liquider Roehm et ses petits amis, chefs de la dite section d'assaut, mais tient à se concilier la base. Pas rancunier, le nouvel Odin.

Et puis foin de la musique populaire et entrainante, place à la grande musique, les "Maîtres Chanteurs" de l'ami Richard, à Nüremberg, ça s'impose. Et le sentiment océanique de la "mélodie continue" livré avec, écologique déjà, face à cette Nature, qui vaut tellement mieux que l'Homme, misérable cloporte.

L'Homme : un pas grand chose. Mais les hommes, surtout jeunes, blonds et originaires de Prusse ou de Poméranie, y sont quand même pas mal, courageux et tout, et leurs mamans les contemplent d'un œil attendri en train de se faire des papouilles, viriles bien sûr.

Après cet intermède bucolique, venons-en aux choses sérieuses : les discours. Quelle distribution : un véritable "all stars", Goebbels, Bormann, Himmler, Göring, j'en passe et des meilleurs. Mention spéciale à Alfred Rosenberg, remarquable spécialiste du paganisme, qui eût pu donner un coup de main aux scénaristes de la série "Vikings" s'il n'avait pas été exécuté en '46, sûrement à la suite d'un malentendu.

Des discours, oui, des idées, non. Que du consensuel. Pas la moindre petite attaque contre quiconque, même pas contre les méchants juifs. Comme Leni le déclara plus tard : on ne pouvait vraiment pas se douter de ce qui allait se passer et que le pire était à venir. Ben pardi...

Apparemment, cette brave dame avait raison : par exemple, en France, aucun de nos courageux dirigeants ne voulut rien voir venir, hormis quelques illuminés comme Jean Galtier-Boissière, qui dès 1933 sortait un numéro spécial du Crapouillot décrivant presque toutes les horreurs à venir (la réalité devait dépasser hélas ses prévisions les plus noires).

Rien de particulièrement raciste dans les propos tenus à la tribune. Juste un des comédiens qui appelle à la pureté du sang. Mais rien d'alarmant, la société germanique étant fondée depuis toujours sur le droit du sang et non du sol...

Un clip formidable (bien qu'un peu long, j'ai failli m'endormir), et qui a compris le fin du fin de l'art publicitaire contemporain : une bonne publicité doit être conçue dès le départ pour être détournée (par exemple Toniglandyl par les Nuls
[...]
tout le monde la connait, je mets le lien juste histoire de détendre l'atmosphère).

Et là, c'est stupéfiant : en contemplant Adolf incapable de tendre le bras pour saluer, d'articuler une phrase compréhensible, émettant quelques petits rictus nerveux, ayant constamment l'air de se foutre du monde, on se demande si on est pas en train de regarder "To be or not to be" du grand Lubitsch plutôt que 'Le triomphe de la Volonté" de la minable propagandiste Riefenstahl.
On ne distingue plus le vrai du faux...

Quel déconneur, cet Adolf
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Jijé - tome 1 - Quand Gillain raconte Jijé
Jijé - tome 1 - Quand Gillain raconte Jijé
par Jijé
Edition : Relié
Prix : EUR 45,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un hommage à la hauteur., 15 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jijé - tome 1 - Quand Gillain raconte Jijé (Relié)
Je comprends bien les bémols qu'apportent les autres commentateurs, mais à mes yeux ce livre reste un superbe hommage à ce génie de la BD que fut Jijé. Pas de commentaires superflus, juste des déclarations du maître, et surtout des fac-simile impeccablement reproduits, dont de nombreux inédits. L'un des plus beaux ouvrages jamais publiés par Dupuis...


LUXE, CALME ET VOLUPTE
LUXE, CALME ET VOLUPTE
par Giardino
Edition : Broché
Prix : EUR 18,30

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ordre et beauté., 18 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : LUXE, CALME ET VOLUPTE (Broché)
Ce joli livre édité par Mosquito n'est pas un album de BD. Il reprend de nombreuses illustrations, affiches et esquisses que le grand Vittorio Giardino produisit çà-et-là au cours des années. Son nom est souvent associé en France à la BD dite "érotique", souvent facile et vulgaire. Rien n'est plus faux : Giardino est un amoureux des femmes et des livres et son dessin sait traduire admirablement ses deux passions, avec pudeur et retenue.
Toute son œuvre est recommandable, par exemple :
Vacances fatales


L'intégrale Barbe-Rouge, tome 2 : Le Capitaine sans nom
L'intégrale Barbe-Rouge, tome 2 : Le Capitaine sans nom
par Jean-Michel Charlier
Edition : Relié
Prix : EUR 19,99

5.0 étoiles sur 5 Père et fils., 20 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'intégrale Barbe-Rouge, tome 2 : Le Capitaine sans nom (Relié)
Le véritable héros de la série Barbe Rouge est en fait son fils adoptif Eric, qui refuse de mener la vie de pirate qu'on lui avait destinée. Cette nouvelle intégrale respecte scrupuleusement l'ordre chronologique de publication des aventures, ce qui n'était pas le cas des albums séparés. Les couleurs de "Le Fils de Barbe Rouge" ont été très bien refaites. Seul défaut : l'éditeur, économies obligent, a cru bon d'amputer (comme pour le tome 1 L'intégrale Barbe Rouge, tome 1 : Le démon des Caraïbes) la présentation remarquable de Gilles Ratier d'un grand nombre de documents et d'analyses passionnantes. Espérons que tout rentrera dans l'ordre pour le tome 3.


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