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Contenu rédigé par N. François
Classement des meilleurs critiques: 2.372
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Commentaires écrits par
N. François "Joe Strummer 94" (Paris, France)
(VRAI NOM)   

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Un sport et un passe temps
Un sport et un passe temps
par James Salter
Edition : Broché
Prix : EUR 8,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Talentueux..., 25 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un sport et un passe temps (Broché)
Il s'agit d'un auteur que je ne connaissais pas. A la faveur de son dernier ouvrage récemment sorti, je m'y suis intéressé et ai commencé par celui-ci. Il met en scène deux protagonistes dans la France provinciale des années 60, lui (Philippe DEAN) américain, elle (Anne Marie) française. C'est l'histoire d'une passion amoureuse dévorante qui comme toutes les histoires d'amour finissent mal (en général).

Les descriptions des scènes de sexe sont d'un réalisme souvent saisissant, mais ne lorgnent jamais vers une certaine complaisance gratuite, voire une vulgarité crasse. Tout le talent de James SALTER réside dans l'adoption d'une écriture sans fioritures, laquelle n'est pas empreinte de fariboles forcément nuisibles au récit. Bien au contraire, elle est précise, limpide et d'une incroyable sobriété. Voilà un auteur qui ne se perd pas dans des dédales de descriptions alambiquées qui auraient pour corollaire de rendre des passages lourds et d'un intérêt limité. En effet, il parvient, grâce à ses (immenses) talents de conteur, à procéder par litotes, lesquelles révèlent une écriture dynamique, soucieuse du mot juste. Serait-il également convenable de rendre hommage au traducteur qui a fait un travail remarquable à telle enseigne qu'on jurerait que SALTER est français !

C'est un livre court qui se lit aisément. Certains lecteurs, il est vrai, pourraient y trouver quelques passages ennuyeux (voir les autres avis)… Cependant, la dextérité littéraire de SALTER finit par convaincre au-delà de cette impression passagère d'ennui que la brièveté du récit ne saurait attester.

Je le conseille.


No.10 Upping Street
No.10 Upping Street
Prix : EUR 13,23

5.0 étoiles sur 5 Le souffle du CLASH, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : No.10 Upping Street (CD)
La paire STRUMMER/JONES a encore frappé : le second LP de BAD est le meilleur de la discographie du groupe et surtout celui qui a le mieux vieilli car il ne sonne pas daté comme le précédent, pourtant le très bon THIS IS BIG AUDIO DYNAMITE. En novembre 1986, le vendeur de la FNAC des Halles à PARIS me l'avait affirmé sans l'once d'une hésitation : il est bien meilleur que le premier ! En effet, la moitié des titres comportent la signature mythique STRUMMER/JONES et la production est réalisée par ces deux lascars… Lesquels apportent enfin une coloration rock à ces morceaux qui puisent leur inspiration dans le creuset des différents styles musicaux alors en vogue : RAP, FUNK, REGGAE, DANCE HALL, ELECTRO, ROCK. Et il y a même une madeleine, non pas de PROUST, mais PUNK à l'adresse des fans du quatuor magique (SIGHTSEE MC). Certains y ont même vu à l'époque une réincarnation de THE CLASH, c'est dire...

La médiocrité ne fait définitivement pas partie de leur mode d'expression et cela s'entend. INCONTOURNABLE.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2014 3:33 PM CET


Station To Station
Station To Station
Prix : EUR 9,98

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un train lancé à toute allure..., 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Station To Station (CD)
Lp sorti en 1976, juste après YOUNG AMERICAN de mon point de vue seulement qu'à moitié réussi, malgré les excellents FAME et le titre éponyme. Autant le dire de suite, ce n'est pas le cas de ce somptueux STATION TOT STATION. Il ne comprend que 6 titres, mais quels titres ! STAY peut être considéré parmi ceux dont BOWIE peut être le plus fier. La rythmique de Carlos ALOMAR n'a jamais sonné avec autant de sauvagerie revendiquée, sa guitare distille des riffs aussi tranchants qu'une lame de coutelas, la mélodie le dispute à une énergie phénoménale qu'un garage band n'aurait pas renié. Earl SLICK gratte comme un possédé et la voix du maître réalise des prouesses renversantes. En effet, son funk blanc est empreint d'une passion sans pareil et beaucoup tenteront de le copier sans y parvenir. Que ce soit TV15 (repris par les excellents COMATEENS) ou GOLDEN YEARS, les DJ's New Yorkais n'auront de cesse de les diffuser dans les boîtes branchées et les radios de la bande FM en feront un de leurs mets préférés. Normal, ce disque est pétri de classe, les morceaux qui le composent sont nitescents et constituent la dernière charge homérique avant le calme apaisant et diaphane de la trilogie berlinoise à venir que furent LOW, HEROES et LODGER, ces trois là frappés, dans un genre différent, d'une classe époustouflante. Alors, réécoutez, outre les titres déjà cités, le bouleversant WILD IS THE WIND recelant une rythmique stupéfiante, auréolé d'une mélancolie intrusive et durable. STATION TO STATION, pépite géniale - et c'est un euphémisme - dont la structure renferme plusieurs ariettes et changements de tempos ahurissants propres à laisser l'auditeur incrédule : tant de classe en si peu de morceaux, seulement 6 au total dans sa version originale. La production est remarquable, l'ingénieur du son a fait un boulot exemplaire. Il se dégage de celle-ci une richesse de détails, ainsi qu'un relief absolument démentiel. En effet, les basses claquent, les coups de boutoir du batteur - remarquable - font trembler les murs et les aiguës sont cristallins et limpides.

Pour la petite histoire, c'est en rendant visite à un ami en juin 1983 dont l'immeuble est situé dans le 11° arrondissement de Paris que je suis tombé sur cette merveille. Non pas que je ne connaissais pas BOWIE, bien sûr, mais j'étais loin d'imaginer qu'il avait pondu un tel disque d'exception. Sitôt arrivé, l'ami en question me faisait part que son voisin du dessus partait vivre aux USA et qu'il revendait de ce fait l'entièreté de sa discothèque très fournie (plus de 2000 références). Mon budget d'alors était modeste car j'étais lycéen, bien que le prix des 33 tours n'était que de 20,00 francs pièce, soit à peine 3 euros. Je lui ai pris 8 références dont ce bijou éternel. Depuis, il ne me quitte plus et demeure mon favori des opus de BOWIE et l'un de mes préférés de tout ce que j'ai pu entendre depuis que je m'intéresse sérieusement à la musique. Visiblement, ce train ne s'est toujours pas arrêté… et je n'ai pas encore repris mon souffle.

P.S : ma chronique correspond à la version originale du LP français. Il est d'ailleurs tellement exceptionnel qu'il se suffit à lui-même et n'a pas besoin de titres supplémentaires ! Cependant, le LIVE de 1976 qui figure à l'intérieur de ce coffret est splendide. Earl SLICK, alors à peine âgé de 23 ans, officie à la lead guitare pour un résultat époustouflant. Comme quoi, BOWIE avait bel et bien l'art et la manière de dénicher les jeunes talents.
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The Clash (1er album)
The Clash (1er album)
Prix : EUR 9,98

5.0 étoiles sur 5 Pistols ? Plutôt le premier CLASH !, 26 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Clash (1er album) (CD)
Il s'agit en fait du premier disque PUNK que j'ai apprécié. Nous étions alors en 1982 et je l'avais acheté à la FNAC après avoir laissé infuser plusieurs mois durant SANDINISTA et LONDON CALLING que je venais de découvrir avec une délectation non feinte, j'en étais même tombé en pâmoison, c'est dire.

De plus, j'ignorais tout de ce 33 tours. Etait-il bon ou était-ce un LP dispensable, voire mauvais ? Toutefois, la photo réussie de la pochette laissait augurer qu'il était le reflet de la première hypothèse. En effet, je fus bien inspiré et pour cause !

Le premier CLASH a constitué pour moi une claque magistrale. Truffé d'hymnes et de paroles politiques dévastatrices qui ont encore du sens aujourd'hui, il révélait l'incroyable talent de compositeur de la paire STRUMMER/JONES, laquelle enfilait comme un collier de perles classique sur classique. Au delà de l'aspect musical, il aura été un véritable détonateur pour la jeunesse anglaise d'alors dont les perspectives d'avenir étaient au moins aussi étroites qu'un vagin de pucelle.

Il existe deux versions : l'européenne comprenant 14 titres et l'US 15 titres. En effet, à sa sortie, cet opus fut banni du marché américain, l'oncle Sam ayant peu goûté au titre "I'm so bored with the USA". De fait, il n'était disponible qu'en import et s'est écoulé quand même à plus de 100000 exemplaires, ce qui était énorme pour un groupe comme CLASH. Il est apparu officiellement sur ce marché en 1979 avec une setlist différente. Certains titres sont passés à la trappe tels 48 hours, Cheat, Protex blue, Denny au profit des remarquables singles parus entre 1977 et 1979 : Complete control, White man in Hammersmith palais, Clash city rockers, I fought the law, Jail guitar doors… Une single était offert avec le LP, doté de deux morceaux époustouflants, Gates of the West et Groovy times !

Peu de temps avant son achat, j'avais vu le film RUDE BOY consacré à CLASH et j'avais été singulièrement secoué par l'énergie démentielle que dégageait le groupe sur scène, de son intransigeance qui le faisait être proche de ses fans et nourrir avec une connivence que bon nombre de groupes n'avaient plus, faute de ne plus être ancrés dans la réalité.

Musicalement parlant, j'avais été subjugué par la reprise émérite entreprise au profit du sublime POLICE AND THIEVES de Junior MURVIN, véritable brûlot qui scellait la rébellion PUNK aux jeunes noirs emplis de culture jamaïcaine et souvent victimes de discrimination raciale. Je crois que le grand Bob MARLEY a été suffisamment impressionné par cette version à telle enseigne qui leur a dédié (ainsi qu'aux JAM, DAMNED, DR FEELGOOD) une super composition s'intitulant PUNKY REGGAE PARTY…

Pour reparler de la pochette, notez que sur la photo qui compose son verso, on y voit Don LETTS, vidéaste et ami du groupe, plus tard membre de BIG AUDIO DYNAMITE, la formation de MicK JONES, prise lors d'une émeute ponctuant le carnaval antillais de Nothing Hill à Londres en 1976 et qui fait face à un cordon de flics. C'est à cette occasion que Joe STRUMMER aurait composé le fameux WHITE RIOT dont tenta de s'emparer opportunément le NATIONAL FRONT anglais, alors que le texte de cette chanson exprime sa volonté de voir les jeunes blancs se révolter contre une société aux fondamentaux injustes à l'instar des jeunes noirs, eux qui n'hésitaient pas à se castagner avec les flics, ce afin d'exprimer leur désarroi ourdi par une société égoïste qui laissait sur le bas côté de la route les plus fragiles… ce qui est toujours malheureusement d'actualité.

Je serais dans l'incapacité de dégager un tiercé des meilleurs morceaux de cet opus tant il est remarquablement cohérent et harmonieux. D'ailleurs la rédaction de BEST (mensuel ROCK et concurrent de ROCK AND FOLK à l'époque), dans son numéro de Janvier 1978, l'avait consacré meilleur disque de l'année 1977, nonobstant toutes les bonnes galettes sorties durant cet exercice, je pense notamment à MARQUEE MOON de Television, NEVER MIND THE BOLLOCKS des Pistols entre autres, excusez du peu...

Je trouve, pour ma part, qu'il a très bien vieilli, en dépit d'une production un brin "artisanale"... Reste les titres, lesquels n'ont pas pris une ride et constituent toujours une source d'inspiration que certains revendiquent encore ! Mon préféré ? Allez, je me lance : Janie Jones, mais les autres sont aussi tellement bons...


Singles Going Steady
Singles Going Steady

5.0 étoiles sur 5 erection immédiate..., 23 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Singles Going Steady (Album vinyle)
J'aurais très bien pu chroniquer le premier ou le deuxième album du groupe sorti coup sur coup en 1978. Voire leur chef d'oeuvre incontournable de 1979 à mon avis," A Different Kind of Tension", LP que je vénère.

Finalement, j'ai choisi cette compilation qui, dans le genre, est parmi ce qui s'est fait de mieux. En effet, tous leurs singles parus entre 1977 et 1979 y figurent et quels singles ! Rien n'est à jeter et l'harmonie parfaite qui s'en dégage est telle qu'on a l'impression d'écouter un album de rêve, ciselé de fulgurances renversantes à la beauté diamantaire. Le groupe est passé maître dans l'art de concocter des pépites courtes, cinglantes et tellement jouissives qu'on y revient s'abreuver encore et encore en constatant qu'une grande partie de la concurrence fait pâle figure en comparaison de ces mancuniens doués et inspirés.

Signe qui ne trompe pas, ils furent l'inspirateur de nombreux groupes qui se sont dit influencés par ce quatuor de Mantchester, à commencer par les PIXIES qui avaient exigé qu'ils fassent la première partie de leur tournée il y a quelques années. C'était en somme pour eux une façon de les remercier avec déférence, tant ils furent leur modèle et principaux instigateurs, excusez du peu.

Comme quelques autres grands groupes, ils ont la chance de posséder en leur sein deux compositeurs hors pair que sont Pete SHELEY et Steve DIGLE qui excellent dans la fourniture de morceaux tellement accrocheurs qu'il suffit de les écouter une seule fois pour les retenir naturellement, sans l'once d'un effort. Et que dire des faces B ? Elles correspondent tout simplement à un standard de qualité que certains groupes seraient fiers d'offrir en face A de leurs singles ! Les BUZZCOCKS se contentent quant à eux de les diffuser en complément de leurs titres phare… Eloquent !

Sur scène, les BUZZCOCKS sont excellents et ils distillent leur rock and roll incandescent avec classe et brutalité, rappelant qu'ils ont émergé à la faveur de la vague punk de 1977, alors qu'ils étaient encore ado et comprenaient dans leur formation Howard DEVOTO, parti ensuite former MAGAZINE, autre grand groupe de légende…

Cette chronique est dédiée à mon ami BIPS qui se reconnaîtra sûrement...


La petite communiste qui ne souriait jamais
La petite communiste qui ne souriait jamais
par Lola Lafon
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

3.0 étoiles sur 5 Malgré le talent de Lola, 20 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La petite communiste qui ne souriait jamais (Broché)
C'est un ouvrage qui est très bien documenté. On y découvre des épisodes dont on n'aurait pu soupçonner la véracité sans l'apport de ce livre. Par exemple la rivalité exacerbée existante et entretenue entre les gymnastes des pays du bloc de l'est supposées être frère, voire l'acrimonie existante entre les délégations roumaines et soviétiques notamment... Le rôle d'homme de paix que tentait de revêtir le Conducator sur la scène internationale, visant même (interdiction de rire) l'obtention du prix Nobel y afférent, maître absolu d'une Roumanie repliée sur elle-même du fait de sa volonté et de son intransigeance éhontée, l'importance écrasante de sa police secrète, la fameuse et tristement célèbre SECURITATE… Mais pas seulement puisque la vie en Roumanie y est décrite avec force détails, tranches de vie coagulées lors de la période qui se situe entre le mitant des années 70 et la chute du Ceausescu en décembre 1989, soit de l'éclosion sportive et miraculeuse de Nadia Comaneci aux JO de Montréal en 1976 à son départ précipité pour les USA. On découvre aussi l'âpreté des entraînements des très jeunes sportives de haut niveau guère ménagées par des entraîneurs peu enclins à la compassion et guidés par la sentence de la dictature du résultat, étant eux-mêmes soumis à une obligation de réussite à tout prix.

De plus, Lola LAFON se distingue par un style d'écriture flamboyant et se révèle être un bon conteur. Incontestablement, nous sommes en présence d'une auteure qui a de la verve et une patte particulière quant à sa façon d'écrire, de mettre en situation des personnages ainsi que des scènes absconses. Pourtant, ce roman est parfois ennuyeux, hélas. En effet, on a du mal à trouver un fil conducteur entre les différents paragraphes qui composent ce volume - furent-ils même laconiques - et l'ensemble s'en tient à des séquences mises les unes à la suite des autres sans lien établi entre elles, même s'il s'agit certainement d'un parti pris, celui de mélanger fiction et factuel… De ce fait, j'admets avoir eu du mal à aller jusqu'au bout de certains passages. Toutefois, il eut été dommage de ne pas achever intégralement la lecture de ce livre qui distille quand même des moments de grâce, par alternance seulement.

C'est d'autant plus dommage que Lola LAFON donne le sentiment d'être talentueuse, mais cet atout incontestable ne suffit pas à sauver totalement cette oeuvre trop empreinte de mon point de vue d'un ennui certes partiel, mais qui finit par la plomber.

Dommage...


Too-Rye-Ay
Too-Rye-Ay
Prix : EUR 11,02

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Entre les POGUES et VAN MORISSON, 5 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Too-Rye-Ay (CD)
Enorme disque sorti en 1982 et qui vînt nous consoler de cet été déclinant, suivi d'un automne naissant et pour le moins maussade. Sur cet opus, rien n'est à jeter et Kevin ROWLAND confirme qu'il est un remarquable song writing, après l'essai réussi et transformé du premier LP paru en 1980. Tous les morceaux qui le composent mériteraient d'être cités de par leur qualité inaliénable et leur intemporalité. La reprise de Van MORISSON est sublime (JAKIE WILSON SAID) car elle est bien plus qu'un simple copier/coller et procure un plaisir instantané et durable.

De plus, c'est le genre de disque qui peut vous accompagner dans toutes les étapes de votre vie : qu'elle soit joyeuse ou mélancolique et c'est sa grande force. En effet, il vous touche, vous stimule, vous encanaille et vous fait vibrer. Oui, tout ça à la fois. Il est un remarquable déversoir d'excellentes chansons dont il est difficile d'en extraire ne serait-ce que quelques unes, tant l'ensemble est remarquablement homogène. N'est-ce pas le plus beau des compliments qu'on puisse lui adresser ? Entre rock, Northern soul, balades celtiques et passion communicative, il ne peut que susciter l'adhésion, votre adhésion.

Allez, j'ose : c'est le type de LP qui devrait être remboursé par la sécu, il rend la vie plus douce, plus supportable. Incontournable.
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Pogues With Joe..
Pogues With Joe..
Prix : EUR 39,07

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 When a punk rocker meets The POGUES, 4 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pogues With Joe.. (Album vinyle)
Lors de la tournée de 1991 qu'effectuèrent les POGUES, Shane MACGOWAN, leur chanteur, n'était pas en capacité d'assurer sa fonction. Il était out car il avait commis trop d'excès, le bougre et génial poète urbain. Le reste du gang fit alors appel à Joe STRUMMER, leur pote, lui qui avait si magistralement assuré l'intérim à la guitare lors de l'indisponibilité de Phil CHEVRON, lequel était souffrant. Ainsi, ce dernier ne pouvait-il participer à la tournée qui avait suivi le sublime "If I Should Fall from Grace with God", sorti début 1988.

Donc pour Joe STRUMMER, c'était un simple retour parmi la bande de déjantés que furent les POGUES, cela après avoir produit leur album studio en 1990, HELL'S DITCH. Et quel retour ! Je fais partie de ceux qui considèrent qu'il est souvent décevant de remplacer un leader naturel d'un groupe légendaire, ce que sont les POGUES. Pour ma part, je pense que Hugh CORNWELL des STRANGLERS ne l'a jamais été de façon convaincante et la magie des hommes en noir s'est quelque peu évaporée après son remplacement. Moralité : impossible de remplacer un mec irremplaçable ! Que dire aussi des DOORS, sans Jim MORRISON… Même si les musiciens sont d'excellente facture, une âme reste viscéralement et éternellement attachée au nom d'une sommité qu'elle incarne sans pareil, et tenter de la substituer par un tiers relève de l'exploit impossible à réaliser ! Et Shane MACGOWAN fait sans contredit partie de ceux qu'il n'est pas possible de remplacer !

Cela dit, s'agissant de ce live, il faut bien admettre que c'est l'exception qui confirme la règle. Ce n'est pas un disque des POGUES et de Joe STRUMMER et encore moins de Joe STRUMMER et des POGUES. Cependant, c'est un opus des POGUES avec Joe STRUMMER et ça fonctionne comme une évidence. Cet enregistrement au forum de Londres en décembre 1991 est de toute beauté. La légende punk ne cherche pas à s'attirer le vedettariat, ni le halo scintillant de la célébrité qui va avec. Pour avoir assisté à cette fameuse tournée lors de son passage à l'Elysée Montmartre de Paris un soir de novembre 1991, je peux témoigner qu'il se fondait incognito dans le collectif de ces sublimes Irlandais. Je l'ai même vu battre en retraite à plusieurs reprises et disparaître du devant de la scène afin de jouer des percussions quand sa voix n'était pas utilisée sur certains morceaux et cela force le respect. Et quelle gouaille, quelle tessiture, quelle voix... Du reste, les POGUES ne s'y sont pas trompés dans la mesure où ils lui rendent un vibrant hommage dans un texte qui figure sur la pochette de l'album. Celui-ci relate notamment son engagement, sa rigueur morale, le rôle déterminant qu'il eût sur le groupe. On apprend également qu'il exerçait un véritable magnétisme sur le public et que sa seule présence suffisait à le galvaniser car il se donnait toujours à fond. Est-ce une pathétique hagiographie ? Je ne le pense pas car ces mecs étaient à l'opposé du politiquement correct et s'exprimaient avec honnêteté et sans tabou...

Ces 22 titres sont d'une intensité phénoménale. Parmi ceux-ci, 4 ont été extraits du répertoire des CLASH dont un "STRAIGHT TO HELL" apocalyptique, émouvant et un "LONDON CALLING" mâtiné de folk Irlandais du plus bel effet dont le public reprend en choeur le refrain "AND I LIVE BY THE RIVER". Les hymnes des gars des POGUES s'enchaînent à un rythme soutenu et sans temps mort. Ecoutez "DIRTY OLD TOWN" repris formidablement à l'unisson par la foule et chialez dans votre bière, mais pas seulement. En effet, l'émotion contenue dans les sillons de ces plages est telle qu'il me semble incertain de rester de marbre sans être parcouru de frissons de bonheur qui viennent chatouiller de plaisir l'épine dorsale de votre colonne vertébrale. On assiste à un télescopage inouï et improbable entre une énergie punk débridée et un folk celtique éructé par des choeurs, des voix et une conviction qui balayent tout sur son passage. Et ces musiciens, quel talent ! J'ai rarement entendu un enregistrement public si passionnant, si abouti, si jouissif ! Et dire qu'il aura fallu attendre près de 23 ans pour qu'un tel truc soit enfin édité ! Alors, réjouissez-vous car on le tient enfin et il ne cesse de tourner sur ma platine depuis plus d'une semaine. Je redécouvre des morceaux aussi impeccables que "THOUSANDS ARE SAILING" composé par Phil CHEVRON dont la mélodie poignante ne vous quitte plus. De plus, l'actualité dramatique de la situation des migrants rêvant d'une vie meilleure ne fait que souligner le sens et l'intelligence du texte. Tendez l'oreille sur "Turkish Song of the Damned" et son souffle renversant, teinté d'arabesques orientales, sans parler des standards éternels que sont "FIESTA", "MEDLEY" etc… Du reste, je pourrais tous les citer tant ce disque en est parcouru. Il est un résumé fidèle de la discographie des POGUES.

J'ai opté pour la version vinyle qui est dans une superbe livrée rouge et comprend deux LP également de couleur rouge. Elle est dotée d'une bonne qualité sonore. Magnifique !

Cette chronique mal fichue est dédiée à la mémoire de mon grand frère, mon inspirateur Joe STRUMMER. J'y associe également le grand Phil CHEVRON disparu naguère. Vous me manquez cruellement. RIP
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Rattlesnakes
Rattlesnakes
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Commotion cérébrale, 18 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rattlesnakes (CD)
Que dire de plus s'agissant du premier LP de Lloyd Cole flanqué de ses commotions paru en 1984 ? D'autres l'ont tellement bien chroniqué qu'il me paraît difficile d'en rajouter une louche.

Alors, faut-il encore dire que ce disque est venu ensoleiller l'automne naissant de cet exercice 1984 si cher à George ORNWELL par l'inventivité de ses mélodies, sa noirceur enluminée de raies de lumière qui fait de lui une sorte de vade-mecum dont on a du mal à se passer. Remarqué et adulé par l'ensemble des critiques à sa sortie, il constitua un pavé lancé dans la marre de la médiocrité ambiante en raison de sa cohérence qualitative et de ses morceaux relevant d'un classicisme qui en firent immédiatement des incontournables indiscutables. Je pense notamment à FOREST FIRE, 2CV, PATIENCE, ARE YOU READY TO BE HEARTBROKEN etc…

LLOYD COLE était accompagné par un vrai groupe composé d'excellents musiciens dont notamment le guitariste, Neil CLARK, qui en fit saliver plus d'un par ses arpèges cristallines et son style unique qui pimente la tonalité de ce LP. Deux autres albums suivront ce remarquable disque, marqués également du sceau de la qualité, surtout le second, EASY PIECES, sans toutefois atteindre un tel niveau d'excellence.

Depuis, le bonhomme sort de temps à autre des disques plus ou moins confidentiels avec dignité et intégrité. Il faut le souligner car il n'a jamais cherché à surfer sur la vague, que dis-je, sur le tsunami de cet opus immacerscible. Son problème toutefois réside dans le fait qu'il serait particulièrement difficile de récidiver après l'éclosion d'un tel coup de maître. Et malheureusement, il n'y parviendra pas. Merci M. COLE !
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Las Vegas Story [Green Vinyl]
Las Vegas Story [Green Vinyl]
Prix : EUR 20,89

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sauvagerie maîtrisée, 12 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Las Vegas Story [Green Vinyl] (Album vinyle)
Après avoir sorti deux LP's foudroyants et définitifs, ainsi qu'un EP 5 titres de toute beauté (DEATH PARTY en 1983), le GUN CLUB remet le couvert avec ce troisième effort paru en 1984. Et autant le dire, ce disque est remarquable. Il synthétise l'énergie déployée par le groupe à sa capacité à écrire des chansons presque pop qui s'insinuent dans le vortex de votre mémoire et n'en sortent plus. Je pense notamment à MY DREAMS ou THE STRANGER IN OUR TOWN qui constituent des petites perles délicieuses, à l'allant rock and roll éprouvé. Par surcroît, elles peuvent convenir aussi bien à des amateurs de pop léchée qu'à des rockeurs purs et durs, ce qui en l'espèce est un réel tour de force.

Les musiciens qui accompagnent JL PIERCE ont un ADN rock qui a fait ses preuves, je pense notamment à KID CONGO POWERS et Patricia MORRISON dont la participation à cet opus le rend particulièrement attractif. Certes, il n'a pas la sauvagerie incantatoire de MIAMI (second effort produit en 1982), mais il constitue néanmoins une oeuvre qui peut prétendre au statut d'incontournable. En effet, cet album peut être considéré comme un disque phare qui s'inscrit dans le paysage des meilleures productions du genre ayant émergé dans les années 80. Cela m'amène à démonétiser la cabale selon laquelle ces années furent synonyme de néant ou de nullité pour le ROCK. Ce LP en est un formidable démenti à l'instar d'autres opus, lesquels se signalèrent à l'attention d'un public soucieux de qualité et d'intégrité qui ne siéront pas forcément à une presse "spécialisée" ou radiophonique dont l'impératif était plutôt de révéler des artistes à l'oeuvre formatée, encouragée par les maisons de disque désireuses d'engendrer des bénéfices rapides et confortables… Le rock devenait malheureusement un consommable comme n'importe quel produit et l'émergence de MTV faisait le reste ! En fait, il se domestiquait, les grandes surfaces se mettaient à les vendre, ce qui allait précipiter la perte des petits disquaires indépendants. La fin d'une époque, d'un modèle culturel ! Pourtant, certains résistèrent avec les moyens du bord, mais combien durent mettre la clé sous la porte ? Depuis l'avènement du vinyle, nous assistons à une nouvelle émergence de ces boutiques qui tendent à (re) fleurir un peu partout sur le territoire. Certes, ce n'est pas un tsunami, mais le frémissement est réel et c'est tant mieux !

Toujours est-il, pour en revenir à ce disque, qu'il s'agrège au firmament des albums parus durant cette décade et dont le socle en termes d'attractivité n'est pas si répulsif que beaucoup, à tort, auront bien voulu le marteler sans nuance aucune. Il n'y a qu'à citer JESUS AND MARY CHAIN, les POGUES, les BARRACUDAS, les FLESHSTONES, Chris ISAAK, les STRAY CATS, les CRAMPS, THAT PETROL EMOTION et tant d'autres que je ne peux nommer tant la liste serait longue !

Les 10 morceaux qui le composent sont bien mis en valeur grâce à la production de Jeff EYRICH qui a su capter avec à propos le caractère bestial du gang lié à une richesse de détails qui permet à cet album d'être pavé d'or. Chaque plage recèle sa partie de guitare qui remue et saisit, sa rythmique qui enfonce le clou et cette voix somptueuse, prélude à une expression chargée à l'OPEO d'émotion rarement entendue.

JEFF s'en est allé un jour de 1996 dans une indifférence quasi générale. La vie est cruelle. RIP JEFF !


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