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Contenu rédigé par N. François
Classement des meilleurs critiques: 1.841
Votes utiles : 149

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Commentaires écrits par
N. François "Joe Strummer 94" (Paris, France)
(VRAI NOM)   

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Vu De L'Extérieur
Vu De L'Extérieur

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Oh, SERGE !!!, 4 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vu De L'Extérieur (Album vinyle)
Mon album préféré de GAINSBOURG sorti en 1973. Commercialement, à sa parution, il a fait un bide retentissant auprès du grand public. Conséquence, il a fréquenté scandaleusement les affaires soldées, comme le BERLIN de Lou REED, autre immense "perdant" de l'année ! A telle enseigne, que la maison de disque l'a débaptisé au mitant des années 70 pour le renommer JE SUIS VENU TE DIRE QUE JE M'EN VAIS alors qu'à l'origine son titre était VU DE L'EXTERIEUR, titre accrocheur s'il en est et qui est inclus dans cet album. En effet, elle pensait ainsi pouvoir doper les ventes... Les 10 chansons constitutives de cet opus sont toutes dignes d'intérêt. Elles parlent de solitude, de rupture amoureuse, d'aigreur, de désillusions et Serge en connaissait un rayon…

Il n'y a que GAINSBOURG capable de pondre une merveille telle que "la poupée qui fait" dont le thème un brin scatologique évoque le pipi/caca et toutes les turpitudes propres à un moutard, sans tomber dans le grotesque et la vulgarité gratuite ! Et c'est aussi un superbe hommage rendu à sa fille, Charlotte, qui venait de naître. Les musiciens sont excellents et la production tient superbement la route, n'étant guère datée. Un incontournable absolu aux relents de chef d'oeuvre ! A l'époque, qui s'en est rendu compte ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 14, 2015 9:03 PM CET


Let's Dance
Let's Dance
Prix : EUR 11,00

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 BOWIE, the come back, 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Let's Dance (CD)
Let's dance let's dance let's dance. Dansons, dansons, dansons !!!! Impossible de ne pas avoir entendu ce morceau à la radio lors du printemps/été 1983, à moins d'habiter sur la planète Mars (life on Mars, do you remember ?) Cet album a consacré le grand retour de David Bowie, après quasiment 3 ans d'éclipse et la sortie du remarquable SCARY MONSTERS (en 1980).

Il faut dire que BOWIE, une nouvelle fois, s'est remarquablement entouré. Stevie RAY VAUGHAN officie à la guitare solo et le reste des musiciens est composé d'une brochette de remarquables solistes dont l'excellent Carmine ROJAS à la basse. La production quant à elle a été confiée à Nile RODGERS qui lui aussi fait des gammes à la guitare. Le son est forcément typé années 80, mais curieusement cet album a plutôt bien vieilli et s'écoute encore de façon agréable plus de trente ans après sa parution. La magie du Maître ? Allez, savoir… Pour autant à y regarder de plus près, force est quand même de constater qu'il ne contient que 8 titres dont… 3 reprises. Léger, non ? Il y a d'abord le cultissime CHINA GIRLS, censuré à l'époque. En effet, le clip y afférent présentait quelques scènes de sexe considérées comme osées, donc bannies des ondes de MTV relatives à certaines séquences… De plus, il figurait déjà sur l'excellent LP d'Iggy POP (The IDIOT de 1977) dans une version sobre, dépouillée, voire étouffante bien qu'enthousiasmante, laquelle n'a rien à voir avec cette livraison taillée immanquablement pour la bande FM, même si le résultat, à bien des égards, est remarquable. Réécoutez le solo de RAY VAUGHAN qui, comme me le disait à l'époque mon ami de lycée Yann PECHIN (dernier brillant guitariste en date de BASHUNG, salut Yann), "prend littéralement aux tripes". Il y a eu également dans une version légèrement différente le très bon titre CAT PEOPLE, morceau utilisé pour une BO d'un film (la Féline en 1982) dans lequel jouait Nastassja KINSKI et paru seulement quelques mois auparavant, donc autant dire pas une nouveauté. Certains, dont votre fidèle serviteur, l'avaient acheté en single ou maxi… Enfin, la troisième reprise est excellente et s'intitule CRIMINAL WORLD que BOWIE magnifie par son interprétation classe et renversante… Et puis, parlons quand même des choses qui fâchent : le titre SHAKE IT est de mon point de vue complètement raté, en tout cas loin des critères de qualité propres à BOWIE et il fait tâche ! WHITOUT YOU est seulement moyen et même si la mélodie que ce morceau recèle n'est pas désagréable, il n'est certainement pas mémorable. Reste cependant les sublimes MODERN LOVE avec sa rythmique foudroyante, son phrasé immédiatement reconnaissable entre mille, LETS DANCE (si si si que certains dénigraient à l'époque) dont le sens du rythme chaloupé enivre et donne follement envie de bouger, RICOCHET et cette guitare qui fait des merveilles, chatoie les esgourdes, entrelacs de notes dont se disputent la paternité RODGERS et RAY VAUGHAN alors que l'interprétation de BOWIE décolle et capte inexorablement l'attention de l'auditeur…

Alors, pour autant, doit-on considérer que c'est un incontournable de BOWIE ? Je ne sais pas mon capitaine, vous me mettez dans l'embarras, mais quand on aime… Toujours est-il qu'en 1983, ce disque est énormément passé sur ma platine. J'ai apprécié sa production, certes par trop démonstrative, mais intelligente en ce qu'elle a de subtil et de précis, les singles qui en ont été extraits et ce come back (presque) inespéré d'un artiste majeur du rock. J'ai eu la chance de le voir à l'hippodrome d'Auteuil en live, flanqué de ses fidèles serviteurs aux guitares, Carlos ALOMAR et le génial Earl SLICK et j'en conserve un souvenir ému, même si insidieusement la démesure commençait à poindre au détriment des concerts donnés dans des salles de dimension humaine. C'était l'époque aussi durant laquelle les maisons de disques avaient décidé de faire racheter opportunément aux consommateurs leur catalogue : le passage du vinyle au CD et écoper des bénéfices incommensurables. L'ère du business sur le monde de la musique était déclarée.

La suite malheureusement sera triste et artistiquement l'état de grâce terminé. En effet, les années 80 à venir seront un véritable naufrage pour cet artiste réellement hors pair. Cependant, comme tous les grands, il aura l'occasion de se ressaisir et de quelle façon. Mais là, c'est assurément un autre débat !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2016 10:35 PM CET


Ramones
Ramones
Prix : EUR 6,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 spontané et efficace, 25 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ramones (CD)
Au risque d'en choquer plus d'un, je trouve que ce disque est d'une efficacité pop rarement atteinte. Oui, pour moi, cet opus est plus pop que punk ! Et cela n'est absolument pas une insulte car il résulte d'un savoir faire inouï et atteint largement sa cible de par son accessibilité et fraîcheur : faire admettre qu'entreprendre du rock and roll n'est pas la seule panacée de musiciens gradés et est à la portée du plus grand nombre. Fini les plages de 15/20 minutes empreintes de solos de batterie à n'en plus finir qui ornaient ces pistes d'un mortel ennui. Quand il est sorti en 1976, il a constitué un formidable parangon pour toute la scène punk londonienne en devenir. Les PISTOLS, le CLASH et bien d'autres s'en sont inspirés et ont commencé pour certains à accomplir leurs gammes à partir de cette oeuvre qui est MAJEURE, juste avant de produire leur propre matériel. Les morceaux qui le composent sont courts (of course !) et diablement efficaces, enfin la musique populaire retrouvait ses lettres de noblesse et le rock devenait urbain et adoubé par tous ces gosses des rues de NEW YORK, LONDRES, PARIS et de bien d'autres villes du monde. On ne remerciera jamais assez les RAMONES d'avoir été parmi les précurseurs de cet état d'esprit, prélude à enfanter d'autres formations essentielles. D'ailleurs, STRUMMER avec ses Mescaléros, lors de sa dernière tournée, reprenait sur scène BLITZKRIEG BOP en rappel à la mémoire de JOEY. Emouvant et forcément classieux. Merci les RAMONES pour votre immense contribution au rock and roll incandescent et éternel !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 15, 2016 9:18 PM CET


Rise & Fall of the Clash
Rise & Fall of the Clash
DVD ~ Rise & Fall of the Clash
Prix : EUR 17,00

2.0 étoiles sur 5 Fan, mais objectif, 24 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rise & Fall of the Clash (DVD)
Ce DVD sur les CLASH est à proscrire. En effet, la traduction est digne d'un élève médiocre de classe de seconde ! On a l'impression d'une juxtaposition du mot pour mot anglais/français et cela donne envie de détourner le regard pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue britannique ! Le contenu n'apporte rien qu'on ne sache pas. A ce propos, le documentaire de Don LETT (WESTWAY TO THE WORLD) est autrement plus intéressant (et mieux traduit) que celui-ci et plus complet. Cependant, il s'interrompt en 1983, soit au moment de l'éviction de Mick JONES. Pour en revenir à ce DVD, il évoque également la période 1983/1985 après les départs de Mick JONES et de Topper HEADON et de la fin inexorable du groupe, d'où une part de son intérêt. Le manager, Bernie RHODES, a pris le pouvoir et manipulé Strummer, lequel s'est incroyablement laissé délester de tout sens critique. Lorsqu'il recouvrera ses esprits et aura compris la perfidie éhontée mise en oeuvre par RHODES visant à parvenir à ce dessein, le groupe aura disparu corps et âme et le rendra perclus de remords jusqu'à la fin de ses jours, nonobstant un fabuleux come-back entrevu avec ses fameux mescaleros en 1999 ! Parmi tous les intervenants qui jalonnent ce documentaire, je retiendrais particulièrement les propos de la belle Viv ALBERTINE, membre émérite des SLITS, laquelle est particulièrement inspirée dans la tenue de ses analyses. Enfin, le moment le plus fort de celui-ci est incontestablement la saillie émouvante et très touchante de Vince WHITE (l'un des deux guitaristes avec Nick SHEPPARD qui a remplacé Mick JONES) qui, quasiment en larmes face à la caméra, évoque avec force le grand morceau que CLASH a produit à cette époque (1985), le sublime THIS IS ENGLAND que le temps a fini par considérer à sa juste valeur, c'est à dire tel un classique du groupe, alors qu'à sa sortie il a été moqué et étrillé ! On se demande encore bien pourquoi… Dernier sursaut marquant d'un groupe essentiel dans l'histoire du rock and roll !


Blazing Away
Blazing Away
Prix : EUR 7,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lettre à Marianne, 1 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blazing Away (CD)
Chère Marianne,

Je voudrais vous dire à quel point votre disque est étonnant et magnifique. Etonnant car il comporte un titre splendide - mine de rien - enregistré en studio (BLAZING AWAY le bien nommé) au milieu de ce set capturé LIVE dans une cathédrale à New York. Merveilleux car certaines des versions ici présentes dépassent en intensité et en émotion leur homologue studio, je pense notamment à WHY D'YA DO IT, tout simplement belle à pleurer comme l'est du reste votre voix si éprise de liberté et d'une sincérité que d'autres ne font qu'effleurer. J'écoute religieusement AS TEARS GOOD BY et je me dis que même les STONES ne sont pas parvenus à atteindre une telle intensité tragique, laquelle se dégage de votre interprétation frappée au coin d'une tendresse infinie ! Je ne parlerais pas des autres standards qui jalonnent cet opus tant, pour la plupart, ils sont devenus des classiques absolus que la jeune génération revendique comme héritage. Vous interprétez divinement bien "Les Prisons du Roy" dont les paroles élégiaques sont scandées dans la langue de Molière dans une diction qui force le respect et l'admiration. Comme certain(e)s, j'ai la faiblesse de vous avouer que je vous ai connue sur le tard, à la faveur de votre remarquable LP "A CHILD'S AVENTURE" sorti en 1983, nimbé d'une mélancolie à faire chavirer le cœur des potentats et fanatismes de tout poil qui mettent à mal notre existence. S'agit-il de propos ingénus ? Peut-être, mais la musique n'est-elle pas destinée à adoucir les mœurs ? Et la vôtre remplie à merveille cet office. Aussi, depuis, me suis-je toujours précipité sur les disques que vous n'avez cessé de sortir et dont le dénominateur commun est la persistance dans la qualité, à croire que la médiocrité vous est étrangère.

Pour en revenir à ce LIVE, vous êtes admirablement accompagnée notamment de votre fidèle acolyte qui vous suit depuis BROKEN ENGLISH, Barry REYNOLDS. Je pense également à Fernado SAUDNERS à la basse, instrument qu'il a tenu à la faveur des productions de Lou REED (voir BLUE MARK de 1982) ou bien encore à Marc RIBOT à la guitare. L'ensemble est compact, homogène, sans temps mort et séduisant. Il s'en dégage une impression de sérénité qui concourt à rendre ce LIVE bien plus qu'attractif, c'est à dire nécessaire et intemporel.

Vous êtes belle Marianne, authentique, aimant la vie et votre passion pour le rock and roll faite d'honnêteté et de profondeur reste intacte, autant de qualités intrinsèques qui m'incitent à vous révéler que je suis amoureux de vous.

Merci pour tout Marianne.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 10, 2015 4:51 PM CET


You Can'T Hide Your Love Forever
You Can'T Hide Your Love Forever
Prix : EUR 16,18

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Classe made in GLASGOW, 28 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : You Can'T Hide Your Love Forever (CD)
Année 1982. Certains esprits chagrins osent dire que c'était la bérézina pour le rock and roll. Pourtant, Dieu merci, mine de rien, il y'a eu le JAM, le STRANGLERS, le CLASH, le XTC, le GUN CLUB, le FLESHTONES, le VIOLENT FEMMES, le BIRTHDAY PARTY, le SPRINGSTEEN, le DAMNED, le DEXY'S, le CURE, les J & M JACKSON, le COSTELLO, le CHURCH, le GLADIATORS, le BASHUNG, le DOGS (TOO MUCH CLASS peut-être le meilleur d'entre eux cette année là), excusez du peu etc… Que certains me pardonnent si je n'ai pas cité ceux qui auraient mérité de l'être tant la liste est longue. Et évidemment, il y a eu ce bijou venu de GLASGOW dont peu s'en sont fait l'écho alors qu'il le mérite au centuple. Edwyn COLLINS, le chanteur et leader charismatique de ce combo, n'a peut-être jamais aussi bien chanté, y compris à l'aune de sa carrière solo fort bien maîtrisée et menée avec classe. Les compositions qui constellent ce joyau sont de toute beauté. Le style d'abord, il se situe à l'intersection du rock, du funk, de la soul et de la pop corrélé à une réussite qui confine au chef d'oeuvre. Comme tous les grands classiques (oui, oui c'en est un), il n'y a aucun titre ne serait-ce que moyens tant ils sont forts musicalement et super bien troussés. Ils s'immiscent dans un recoin de votre cerveau et n'en sortent plus, leur mélodie vous colle comme un sparadrap pour votre plus grand plaisir et flatte vos sens de manière profonde et durable ! La section rythmique est d'une redoutable efficacité et le bassiste sans avoir l'air d'y toucher accomplit des prodiges. Voilà un type qui sait ce que "slaper" veut dire, ce qui donne à cet opus une coloration très funk de bon aloi, aidé par un guitariste sobre, mais cependant efficace alors que le batteur maîtrise ses fûts avec maestria et finesse. Plus de 30 ans après, ce réceptacle de perles sonne non daté car il a été remarquablement produit. En effet, il est peu aisé d'imaginer qu'il s'agit d'une production des 80's.

Plusieurs singles auraient pu en être extraits et ce disque aurait mérité de rencontrer plus qu'un simple succès d'estime tant public que critique. Alors, est-ce dû à la défaillance de la maison de disque qui ne l'a pas assez promu ? L'atonie des radios qui ont été trop timides en matière de diffusion ? A la pusillanimité des "rocks critiques" trop engourdis qui n'ont pas su prêcher la bonne parole ? Je n'en sais rien, mais je vous recommande néanmoins de sauver cet opus du néant car il le mérite amplement. C'est une hérésie totale que ce type d'album demeure dans l'anonymat, pire c'est une injustice. Il est grand temps de la réparer et c'est la raison pour laquelle je lance un avis à la population : disque à re découvrir absolument à la faveur d'une fantastique réédition. Excellente Orange goûteuse, il va sans dire.

L'écouter, c'est l'adopter. Classe et intemporel. Merci Messieurs.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 22, 2015 12:26 PM CET


Nebraska
Nebraska
Proposé par westworld-
Prix : EUR 15,85

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le rock de la solitude, 4 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nebraska (CD)
Certains, sur ce site, l'ont déjà divinement chroniqué. Par conséquent, je m'attellerais à dire dans quelles conditions j'ai fait l'acquisition de ce manifeste et le contexte qui y a présidé. Au retour de vacances, en août 1982, je suis tombé sur une critique panégyrique publiée dans ROCK AND FOLK. Sous la plume pertinente de Laurent CHALUMEAU (merci de me corriger si je me trompe), il était dit que cet album était super, qu'il n'avait rien à voir avec le précédent que le chroniqueur considérait telle une flaque d'eau ! Interloqué, je ne comprenais pas d'autant que j'avais usé jusqu'à la corde THE RIVER, double album qui est passé certainement le plus sur ma platine (avec SANDINISTA ! de CLASH) à cette période. Ca tombait bien, puisque les deux avaient été désignés meilleur album rock de l'exercice 1981 par l'ensemble des critiques de l'hexagone, 1) SANDINISTA ! 2) THE RIVER ! Avais-je à ce point bon goût ? Alors, comment pouvait-on disqualifier un album du calibre de THE RIVER ? Je cherche encore, bien que les goûts et les couleurs...

NEBRASKA était décrit comme un LP recelant 10 vignettes sociales de l'Amérique des laissés pour compte, lesquels ne trouvaient pas grâce aux yeux de la politique libérale menée par R. REEGAN, tenant d'une politique fiscale favorisant les plus riches. De plus, il était acoustique et enregistré dans des conditions "artisanales" sur un simple magnétophone, SPRINGSTEEN ayant renoncé à l'électrifier. Remarquez, mon ami Alain, fan du Boss, ne l'appréciait pas et seul ATLANTIQUE CITY remportait son adhésion. CHALUMEAU parlait avec maestria de HIGHWAY PATROLMAN, morceau dont il faisait un parallèle avec le feuilleton TV américain débile aux relents patriotiques à deux balles diffusé sur les écrans français, le summum de l'héros populiste alors que dans son texte Bruce met en exergue la difficulté de la concorde familiale. Ce récit met en scène deux frères aux activités antagonistes : l'un déviant et délinquant, l'autre flic. Comment faire son boulot sans mêler les liens du sang qui ont forcément une influence sur les décisions prises par un représentant de la loi ? Les autres titres étaient mis également à l'honneur par ce journaliste talentueux qui a eu l'intelligence de les situer dans un contexte économique lourd et annonçant une ère nouvelle, celle du libéralisme à outrance ceint du rouleau compresseur du capitalisme. Nous étions au début des années 80.

J'ai donc été l'acheté à la FNAC et l'ai payé 40,00 francs, prix orange nouveauté, les plus anciens s'en souviendront : la FNAC ramenait la TVA à 7% au lieu de 33,33% sur les nouveautés. Posé sur la platine, les premiers passages m'ont dérouté, voire déçu. Pas de single potentiel, pas d'orchestration rock au sens classique du terme, tout le contraire de ce qu'avait fait Bruce jusqu'à présent. Néanmoins, après plusieurs écoutes, il ne m'a plus quitté. J'ai été ébranlé par cette oeuvre qui a constitué une révélation. JOHNNY 99 narre cette histoire improbable de ce type licencié de chez FORD. Criblé de dettes qu'il ne pouvait plus honorer, il a pété les plombs et flingué un veilleur de nuit. Conséquence, il a été condamné à 98 ans de prison et demande à subir la peine capitale. Ce titre eut un impact énorme, une dimension considérable sur mon état d'esprit alors que j'étais très jeune. STATE TROPPER n'a cessé de trotter dans ma tête et m'a bouleversé : cette histoire m'a hanté. Elle évoque un type qui conduit au petit matin sur une autoroute du NEW JERSEY blême, morne et déserte dont les reflets de la voûte du ciel sombre se réfléchissent sur le pare brise. Sa supplique est de ne pas se faire arrêter par les flics, lui qui file vers sa nana. Il tempête contre les émissions diffusées par la radio qui n'ont de cesse de causer et implore le bon Dieu que la marée chaussée du coin ne vienne pas lui chercher des carabistouilles... Il a cette saillie en fin de chanson : "Hiho Silver, délivre-moi de ce nulle part !" Elle est restée ancrée définitivement dans ma mémoire. Dans le film DE ROUILLE ET D'OS de Jacques AUDIARD, j'ai entendu ce titre électrifié pour la première fois et l'ai trouvé également sublime. Où pourrais-je le dégotter dans cette version ? OPEN ALL NIGHT m'a également touché. Pour cette chanson, BRUCE a utilisé une guitare électrique puisqu'il s'agit du morceau le plus enlevé de l'album. Il relate la relation conflictuelle d'un salarié lambda avec son employeur, lequel prend un malin plaisir à lui mettre des bâtons dans les roues, destiné à lui pourrir son quotidien. A telle enseigne qu'il n'hésite pas à le changer d'équipe et lui faire intégrer celle de nuit par pur sadisme. Je pourrais évidemment citer toutes les chansons tant elles sont fortes et distillent des textes sertis de ces histoires quotidiennes souvent vécues par les "déclassés" (quel mot ignoble), à la véracité ancrée dans la réalité, celle de l'ère REEGAN. Même la pochette est sublime. Elle est gatefold (version vinyle) et comporte la traduction française de tous les textes. Bon, s'il y a un reproche à faire à ce disque, ce serait de ne pouvoir l'écouter dans toutes les circonstances de la vie. C'est un opus fort, prenant et il demande une écoute quasi religieuse.

Ce LP prouve que la noirceur peut être empreinte d'une beauté similaire à une mine d'or éclairée à la bougie. IMMANQUABLE.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 15, 2015 7:16 PM CET


Trenchtown Mix Up
Trenchtown Mix Up
Prix : EUR 13,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 REGGAE POP ET TOP, 28 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trenchtown Mix Up (CD)
Franchement, ce disque sorti en 1976, soit durant le fameux âge d'or du reggae et ce n'est pas usurpé, est d'une beauté à couper le souffle. Ce trio insuffle une magie propre à rendre ces 11 morceaux indispensables, lesquels s'enchainent pour former un tout d'une qualité homogène et rarement entendue. On peut parler de 11 singles potentiels dont la reprise de MARLEY (REBEL) est tout simplement stratosphérique. C'est simple, vous l'écoutez et les mélodies qu'il recèle ne vous quittent plus. Il a contribué à me faire aimer le reggae et en ce sens je considère qu'il a été pour moi une oeuvre fondatrice à l'apport de mon appétence non seulement pour ce genre musical, mais également pour la musique de qualité. La section rythmique qui accompagne ce trio divin est de feu et ses compétences musicales ne souffrent aucune critique. Oui, vous l'aurez compris, je le considère comme un incontournable absolu de la musique en général car comme le chantait notre JJ GOLDMAN national, quand la musique est bonne...

Les LP's suivants seront également d'une excellente qualité, ce groupe n'étant par enclin à produire des disque de piètre consistance. Toutefois, celui-ci est d'une alacrité, d'une attractivité à nulle autre pareille et son acquisition est plus que recommandée, elle est obligatoire ! Je l'aime passionnément.


Un sport et un passe temps
Un sport et un passe temps
par James Salter
Edition : Poche
Prix : EUR 8,50

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Talentueux..., 25 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un sport et un passe temps (Poche)
Il s'agit d'un auteur que je ne connaissais pas. A la faveur de son dernier ouvrage récemment sorti, je m'y suis intéressé et ai commencé par celui-ci. Il met en scène deux protagonistes dans la France provinciale des années 60, lui (Philippe DEAN) américain, elle (Anne Marie) française. C'est l'histoire d'une passion amoureuse dévorante qui comme toutes les histoires d'amour finissent mal (en général).

Les descriptions des scènes de sexe sont d'un réalisme souvent saisissant, mais ne lorgnent jamais vers une certaine complaisance gratuite, voire une vulgarité crasse. Tout le talent de James SALTER réside dans l'adoption d'une écriture sans fioritures, laquelle n'est pas empreinte de fariboles forcément nuisibles au récit. Bien au contraire, elle est précise, limpide et d'une incroyable sobriété. Voilà un auteur qui ne se perd pas dans des dédales de descriptions alambiquées qui auraient pour corollaire de rendre des passages lourds et d'un intérêt limité. En effet, il parvient, grâce à ses (immenses) talents de conteur, à procéder par litotes, lesquelles révèlent une écriture dynamique, soucieuse du mot juste. Serait-il également convenable de rendre hommage au traducteur qui a fait un travail remarquable à telle enseigne qu'on jurerait que SALTER est français !

C'est un livre court qui se lit aisément. Certains lecteurs, il est vrai, pourraient y trouver quelques passages ennuyeux (voir les autres avis)… Cependant, la dextérité littéraire de SALTER finit par convaincre au-delà de cette impression passagère d'ennui que la brièveté du récit ne saurait attester.

Je le conseille.


No.10 Upping Street
No.10 Upping Street
Prix : EUR 13,92

5.0 étoiles sur 5 Le souffle du CLASH, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : No.10 Upping Street (CD)
La paire STRUMMER/JONES a encore frappé : le second LP de BAD est le meilleur de la discographie du groupe et surtout celui qui a le mieux vieilli car il ne sonne pas daté comme le précédent, pourtant le très bon THIS IS BIG AUDIO DYNAMITE. En novembre 1986, le vendeur de la FNAC des Halles à PARIS me l'avait affirmé sans l'once d'une hésitation : il est bien meilleur que le premier ! En effet, la moitié des titres comportent la signature mythique STRUMMER/JONES et la production est réalisée par ces deux lascars… Lesquels apportent enfin une coloration rock à ces morceaux qui puisent leur inspiration dans le creuset des différents styles musicaux alors en vogue : RAP, FUNK, REGGAE, DANCE HALL, ELECTRO, ROCK. Et il y a même une madeleine, non pas de PROUST, mais PUNK à l'adresse des fans du quatuor magique (SIGHTSEE MC). Certains y ont même vu à l'époque une réincarnation de THE CLASH, c'est dire...

La médiocrité ne fait définitivement pas partie de leur mode d'expression et cela s'entend. INCONTOURNABLE.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2014 3:33 PM CET


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