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Werlings (France)
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The Ultimate Collection
The Ultimate Collection
Prix : EUR 15,99

5.0 étoiles sur 5 Un coffret si précieux !, 18 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Ultimate Collection (Téléchargement MP3)
Ronnie Hilton a été un chanteur à succès en Grande-Bretagne dans les années 1950-1960, et certains de ses disques ont été parmi les meilleures ventes en concurrence de grandes stars internationales de l'époque. Il a repris des chansons défendues par d'autres, par exemple "No other love" (Perry Como). Ce coffret propose 50 chansons qui couvrent l'essentiel de son répertoire, des grands tubes des années 1950 jusqu'à ses derniers enregistrements du milieu des années 1970, avant que de graves soucis de santé ne marquent l'arrêt de sa carrière.

Quel immense artiste ! Voici une chanteur qui rappelle que chanter, c'est d'abord avoir une voix. Et quelle voix, avec un timbre chaleureux, et une belle tessiture, avec des aigus sobres et des graves profonds. Ajoutons à cela une prononciation claire et un sens si britannique de l'humour, et voici qui donne vie et sens aux textes. Oserons-nous comparer "No other love" avec la version de Perry Como... et préférer nettement la version de Ronnie Hilton ?

Ronnie Hilton est sans doute à son meilleur dans les ballades amoureuses des années 1950, mais il est aussi à son aise dans le rock ("The wonder of you", à comparer avec Elvis Presley) et même dans la pop des années 1970, où il esquisse une évolution vers le chanteur à voix ("One life", où la voix n'a rien perdu de sa puissance et de sa profondeur, et "Good, bad but beautiful" où il ne démérite pas face à Shirley Baissey). Il nous offre bien des "magic moments", des "moments to remember".
La stéréo, discrète, met en valeur cette voix chaleureuse, et les orchestrations ont un charme suranné irrésistible.

Voici donc un très beau coffret, qui offre des interprétations vivantes et agréables de belles chansons. Ronnie Hilton était un grand chanteur, il mérite d'être reconnu comme tel.


Piano concerto No. 2 ; Momento Musicale ; Noveletta ; Serenata ; Colore orientale
Piano concerto No. 2 ; Momento Musicale ; Noveletta ; Serenata ; Colore orientale
Prix : EUR 7,19

5.0 étoiles sur 5 Martucci, original et inclassable, 18 avril 2015
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Ce disque forme le quatrième et dernier volume d'une intégrale de la musique orchestrale de Guiseppe Martucci ; à l'image des autres disques, celui-ci laisse entendre une musique originale, soignée, ambitieuse et surprenante.

Quatre petites pièces pour orchestre ou pour cordes sont des orchestrations de partitions pour piano. Elles témoignent de la qualité du travail d'orchestration de Martucci, de son sens des couleurs et des ambiances. Le moment musical est tout en douceur, comme la très belle sérénade. La "novoletta" pourrait passer pour un ballet de Tchaïkovski... La dernière pièce, "colore orientale", est beaucoup plus extravertie et glisserait vers la turquerie.
Mais l'essentiel se trouve dans un concerto pour piano n° 2 encore plus original que le premier. Le premier mouvement, largement développé (c'est le mouvement le plus long, qui dépasse même la durée des deux autres mouvements), débute ex-abrupto et repose sur une partition de piano riche et virtuose. Une écoute en aveugle ne permettrait pas de deviner quel en est l'auteur, car le style en est original. L'orchestration est subtile et raffinée, toujours efficace : ce n'est pas une oeuvre mineure. Le romantisme évident semble plonger ses racines dans l'école germanique, mais le mouvement lent pourrait ressembler à du Chopin. Romantique, sans doute, mais italien malgré tout, Martucci propose une oeuvre éclectique, vaste synthèse personnelle du romantisme de la première moitié du XIXe siècle mais qu'il opère à la fin de ce siècle. Le final laisse le piano exposer le thème principal, et le respect des formes conventionnelles (exposition, réexposition) évite les audaces trop modernes. On est loin de Rachmaninov ! La notice nous apprend que les plus grands chefs de l'époque ont dirigé ce concerto, et on comprend pourquoi, car tout y est à la fois singulier et familier. C'est une oeuvre très agréable, originale sans être déroutante.

Ce disque mérite donc le détour en proposant une musique à la fois originale et fort belle. La prise de son, l'engagement du jeune soliste, la direction nerveuse mettent en valeur ces oeuvres, rares au disque, qui s'écoutent et se réécoutent avec plaisir.


Intégrale Des Symphonies Vol. 3
Intégrale Des Symphonies Vol. 3
Prix : EUR 11,32

4.0 étoiles sur 5 Gade : le romantique danois, 18 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale Des Symphonies Vol. 3 (CD)
Les symphonies de Niels Gade sont disponibles dans plusieurs intégrales, sous la baguette de différents chefs et avec des orchestres plus ou moins fournis. Ce disque est le troisième de l'intégrale de Christopher Hogwood avec l'orchestre national du Danemark. Mais il faut être prudent dans son écoute, car ce disque comporte trois œuvres d'ampleur inégale : l'ouverture Echos d'Ossian, la troisième et la sixième symphonie. Les écouter dans cet ordre, c'est prendre le risque d'être déçu : cette ouverture est un tel chef d'oeuvre que tout ce qui vient ensuite est plat et triste.

Commençons donc par la sixième symphonie, très honnête et qui présente le dynamisme germanique que Gade a acquis lors de sa formation à Leipzig. Le premier mouvement commence par une introduction lente inquiète, avant que les tourments romantiques, aux effets un peu outrés, ne s'imposent. La deuxième partie de ce mouvement, après une transition très inspirée par Schumann, est plus intéressante. Le mouvement lent est particulièrement réussi, c'est peut-être le mouvement le plus cohérent, le plus réussi de la symphonie. La danse du troisième mouvement est un peu lourde et laborieuse. Enfin, le final adopte, comme toujours chez Gade, la forme triomphal d'une symphonie à final romantique. L'orchestration est solide, mais il manque une mélodie, un thème porteur. Gade applique des recettes connues, mais il manque un souffle, une inspiration. Il fera nettement mieux avec une 7e symphonie autrement plus éloquente.
Continuons avec la troisième symphonie. Le premier mouvement se dispense d'introduction lente. Comme dans ses autres symphonies, Gade développe un thème énergique, et l'orchestration est plus contrastée, plus riche que dans la sixième symphonie. Le mouvement lent est nettement plus réussi que la version écartée par l'auteur et enregistrée en plage 6. Voici un romantisme musical solide, mais sans surprise. Le troisième mouvement est une transition honnête mais qui ne retient pas l'attention. En revanche, le final triomphal est réussi et s'écoute avec plaisir. Il invite à poursuivre par la quatrième symphonie (volume 2 de l'intégrale), un petit chef d'oeuvre.
Ce sont donc deux honnêtes symphonies romantiques, agréables, solides, mais sans relief particulier par rapport à d'autres symphonies du même compositeur, autrement percutantes.
On finira donc par l'ouverture d'Ossian, qui est l'oeuvre la plus réussie de ce volume, et qui est un véritable bijou. Cette ouverture de concert est l'opus 1 de Niels Gade, et ce coup d'essai est un coup de maître. Tout est là : l'inspiration, la mélodie, l'orchestration brillante, subtile, raffinée, la construction cyclique. Tout Gade est là aussi : la force, la puissance, l'allant. D'ailleurs, Christopher Hogwood adopte un tempo vif et allègre, qui exacerbe les contrastes. Cette interprétation survoltée mérite à elle-seule l'acquisition de ce disque.


Symphonies, Vol. 4
Symphonies, Vol. 4
Prix : EUR 11,10

5.0 étoiles sur 5 Des symphonies originales et brillantes, 18 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies, Vol. 4 (CD)
Niels Wilhelm Gade est Danois, mais il reçut une solide formation au conservatoire de Leipzig et il faut l'ami de Schumann ; les deux symphonies portées sur ce disque clôturent l'intégrale enregistrée avec l'orchestre de la radio danoise sous la direction de Christopher Hogwood, et ce sont deux œuvres brillantes et originales.

La première symphonie porte le numéro d'opus 5 ; oeuvre de jeunesse, sans doute, mais chef d'oeuvre prometteur, cette symphonie dégage un sentiment de puissance qui ne se dément jamais. Le premier mouvement s'ouvre sur un crescendo ample et imposant, avant d'énoncer un thème majestueux. Schubert n'est pas loin, mais l'introduction lente se détourne déjà de l'héritage classique pour déboucher sur une fanfare triomphale. Le scherzo est endiablé et conserve le même élan. Le mouvement lent, reporté en troisième position, laisse le hautbois énoncer le thème principal, dans une forme presque concertante qui permet de gagner en poésie et en lyrisme. L'importance accordée aux vents n'est pas sans rappeler la symphonie concertante de Mozart ; Gade connait ses classiques, et ce mouvement est peut-être le moins romantique des trois. Le final correspond au contraire au type romantique de la symphonie à final, avec une orchestration martiale, un thème triomphal, et une énergie qui le placent dans la droite ligne de Schumann. Cette symphonie mérite de s'imposer comme l'une des plus réussies de la première moitié du XIXe siècle européen.

Gade n'a pas laissé de concerto pour piano ; sa 5e symphonie est une symphonie pour piano,plus qu'un concert symphonique. En effet, le piano est intégré à l'orchestre sans jamais prendre la place prépondérante qu'il pourrait occuper dans un concerto. L'énergie, le mouvement restent comparables aux autres œuvres de Gade. L'introduction du piano apporte une aération bienvenue. Le premier mouvement s'affranchit de l'introduction lente, le mouvement lent est délicatement élégant. Le scherzo marque une rupture évidente. Le final débute par une introduction lente, surprenante après le scherzo, et la transition vers le thème triomphal attendu est subtile.

Ce disque propose donc à l'écoute des symphonies originales, qui rappellent les grands maîtres contemporains (Mendelssohn, Schumann), sans être celles d'un simple épigone. Gade a un dynamisme, une sensibilité nordique qui lui sont propres. Ce dernier volume de l'intégrale est peut-être celui qui témoigne au mieux des qualités de Gade, et de l'intérêt que l'on mérite de lui porter.


Elgar: Symphonies Nos. 1& 2; Symphony No. 3 [elaborated by Anthony Payne]
Elgar: Symphonies Nos. 1& 2; Symphony No. 3 [elaborated by Anthony Payne]
Prix : EUR 20,05

2.0 étoiles sur 5 Une intégrale trahie par la technique, 17 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elgar: Symphonies Nos. 1& 2; Symphony No. 3 [elaborated by Anthony Payne] (CD)
Les trois symphonies d'Elgar (en intégrant dans l'ensemble l'énorme travail d'Anthony Payne) sont des œuvres difficiles, exigeantes, complexes. Ce ne sont sans doute pas des œuvres mineures, et si le caractère majestueux de la première symphonie peut sembler plus abordable que les tourments de la deuxième, aucune de ces œuvres ne supporte une écoute négligée. Construction, orchestration, tout mérite un soin particulier.
Sir Colin Davis aborde ces œuvres après d'autres ; les grands aînés, Boult et Barbirolli, ont laissé des versions mémorables. Son souci de la construction dans la première symphonie (surtout dans le premier et le dernier mouvements) est louable ; il apporte de la profondeur au larghetto de la deuxième symphonie, et un souffle allègre au rondo et au final de cette symphonie plus intériorisée.
Pourtant, l'écoute de ces enregistrement est pénible. Cette intégrale est gravée en octobre et décembre 2001, en public, au Barbican Center de Londres ; là où on devrait avoir souffle et passion, on entend une lourdeur pachydermique. La prise de son est épouvantable, c'est un massacre. Les micros semblent posés en coulisse, les cordes sont noyées dans un magma sonore épais, cuivres et percussions rugissent avec fureur alors que les nuances sont étouffées, il n'y a aucun espace sonore. C'est plat, pour ne pas dire morne. Le public semble en délire (d'où des applaudissements frénétiques), mais nous nous inquiétons plutôt de la bonne santé de notre matériel, qui semble en panne.
L'intérêt de cette intégrale ne sera donc pas dans son caractère public ; on est très loin d'entendre l'orchestre dans toute sa richesse. au mieux trouvera-t-on donc ici les trois symphonies d'Elgar, ou des enregistrements de Sir Colin Davis. Sinon, pour des versions audibles, on ira voir ailleurs.


Elgar - Symphonie n° 2
Elgar - Symphonie n° 2
Prix : EUR 9,87

2.0 étoiles sur 5 Une interprétation massacrée par la prise de son, 17 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Elgar - Symphonie n° 2 (CD)
La deuxième symphonie d'Elgar est une oeuvre riche, complexe, plus émouvante que sa première symphonie. L'orchestration y est encore plus travaillée, et l'intensité culmine dans un larghetto tourmenté. On pouvait donc attendre le meilleur d'une version du London Symphony Orchestra enregistrée en public sous la baguette de Sir Colin Davis.
Hélas ! Deux jours après la captation de la première symphonie, épouvantablement mal enregistrée, on ne peut que constater la même catastrophe sonore : une prise de son matte et étouffée, une absence totale d'espace sonore, un son creux... et les grognements du chef. De fait, les nuances s'effacent au point qu'on se demande si nous n'entendons pas l'oeuvre à travers une cloison.

Pourtant, derrière cet enregistrement bien plus plat et mat qu'une bonne mono des années 1940 ou 1950, on pourrait trouver une version, presqu'une vision, pour le moins intéressante. Colin Davis donne en effet au larghetto une ampleur toute particulièrement, plus ralentie que ses concurrents, plus intériorisée, et particulièrement attachante. Au contraire, le preso est bondissant, plus allègre que chez Barbirolli. Le final chante à merveille et nous entraîne dans sa danse. Il y avait là tout pour une grande version de cette oeuvre restée dans l'ombre de sa grande sœur. Malheureusement, une prise de son bâclée laisse une impression pénible de lourdeur, qui contredit la vivacité, l'articulation de la direction. Quel dommage !


Symphonie n°1
Symphonie n°1
Prix : EUR 9,87

2.0 étoiles sur 5 Une version pénalisée par une prise de son catastrophique, 17 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonie n°1 (CD)
Le label LSO Live "témoigne de concerts d'exception... restitués grâce aux techniques les plus modernes de l'enregistrement haute-définition" : d'ailleurs, ce disque a été couronné en son temps d'un "diapason d'or". Voici donc une version de référence. En théorie...
Pourtant, il suffit d'à peine une minute d'écoute pour se rendre compte du naufrage technique : cette haute-définition supposée en donne moins à entendre que la mono des années 1950. On ne parlera pas de la stéréo des débuts, lorsque la prise de son était un vrai métier, la comparaison serait trop cruelle... Vos enceintes sont-elles mortes ? L'amplificateur a-t-il rendu l'âme ? S'agit-il d'un enregistrement historique des années 1930 ? C'est un enregistrement public de fin septembre-début octobre 2001.
La prise de son est totalement ratée : le son est écrasé, il n'y a aucun espace sonore (on ne cherchera aucune stéréophonie), aucune profondeur. Les micros sont manifestement installés derrière l'orchestre (les graves ronflent !), dans les coulisses... quoiqu'on semble entendre le chef grommeler de temps en temps.

Le résultat est donc pachydermique. Le premier thème du premier mouvement, noblement majestueux, est imposant ; l'allegro inquiet et tourmenté qui suit ronfle et rugit, puis s'endort. Le deuxième mouvement serait sans doute plus intéressant sans cette prise de son épouvantable. L'adagio, moins tempétueux, souffre moins, mais manque de relief, donc de poésie. La harpe est étouffée, les cordes sont noyées. Le final replonge dans une lourdeur épouvantable. Ce ne sera sans doute la faute ni à la direction engagée de Sir Colin Davis, ni à l’acoustique du Barbican Center, résidence de l'orchestre. Même les applaudissements finaux sont étouffés : la foule semble en délire, et on aimerait les rejoindre dans leur enthousiasme...

Où donc les micros étaient-ils posés ?


Songs of Love
Songs of Love
Prix : EUR 6,95

5.0 étoiles sur 5 Matt Monro chante 54 chansons d'amour, 15 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Songs of Love (CD)
"From Russia with love" : ce titre qui ouvre la longue série des chansons populaires liées directement aux James Bond, c'est à Matt Monro qu'on le doit ; à côté de certains groupes ou de chanteuses à voix (du Golfinger de Shirley Baissey à Skyfall d'Adèle), les chanteurs sont pourtant moins nombreux. Cette carte de visite musicale, on la retrouve sur le premier des trois disques de ce beau coffret (plage 4). Beau, ce coffret ne l'est pas par son boitier en plastique commun ; mais trois disques de 18 pistes forment un bel ensemble de 54 chansons. Et quel programme !
On retrouve de grands succès, des standards : "Strangers in the night", "Love is a many splendored thing", mais aussi "Somewhere" ou "Maria" de West Side Story. Les versions anglaises des grands succès français, "Autumn Leaves" (les feuilles mortes) ou "If you go away" (ne me quitte pas) ne déméritent pas face aux versions originales d'Yves Montand ou Jacques Brel. Ce coffret consacré aux chansons d'amour est une magnifique compilation, parfois un peu datée (l'orchestration de "On days like these" nous ramène en 1969), toujours de bon goût.
Ajoutons à cela le timbre et le charme de la voix de Matt Monro, sa prononciation exemplaire (n'est-il pas londonien ?), des orchestrations élégantes, et une stéréophonie réussie : voici un très beau coffret, une "valeur sûre" à écouter sans modération et à acheter les yeux fermés.


Musique Orchestrale (Intégrale /Vol.2)
Musique Orchestrale (Intégrale /Vol.2)
Prix : EUR 7,09

5.0 étoiles sur 5 Une surprise venue d'Italie, 9 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Musique Orchestrale (Intégrale /Vol.2) (CD)
Si l'on devait trouver un exemple que la musique est un langage universel, Guiseppe Martucci devrait arriver en bonne place : car cet Italien du Sud de la deuxième moitié du XIXe siècle compose une musique qui ne doit rien à l'opéra et semble plutôt de facture "germanique".
Ce disque, interprété avec ferveur par un chef et un orchestre attentionnés, et enregistrés avec une prise de son réussie, comporte la symphonie n°2, une pièce orchestrale pour piano, et deux petites pièces pour orchestre (en fait l'orchestration par le compositeur lui-même de pièces pour piano).
On pourra commencer par les deux petites pièces : "gavotte" et "tarentelle", vivantes (ce sont des danses), orchestrées avec talent quoique sans originalité. La tarentelle glisserait même vers un galop diabolique comme on peut en trouver dans la musique légère anglaise.

Autrement plus ambitieux, les thèmes et variations pour piano et orchestre illustrent les talents de concertiste de Martucci (ses deux concertos pour piano méritent le détour) et forment une sorte de démonstration de virtuosité et de style. En un quart d'heure, Martucci propose un programme varié, libéré des contraintes de la forme concertante, mais dans lequel on peut retrouver une introduction lente (introduction orchestrale et présentation du thème), un allegro (premières variations), un mouvement plus calme "alla Chopin", et un final triomphal et post-romantique. Voici une musique originale, très bien écrite, qui s'écoute avec plaisir.

Enfin, la seconde symphonie demande une écoute attentive et aussi une certaine accoutumance. C'est incontestablement une oeuvre ambitieuse ; contrairement à certains compositeurs qui produisent une première symphonie démonstrative et virtuose, puis une seconde symphonie plus classique, Martucci semble vouloir poursuivre le chemin entamé dans la première symphonie ; ni vraiment germanique, ni vraiment italienne, sa musique n'est-elle pas plus largement "européenne" ?
Le premier mouvement, inquiet, s'ouvre par un long crescendo, et énonce un thème majestueux ; l'orchestration privilégie les cuivres, alors que l'écriture repose plus sur une savante architecture que sur une ligne mélodique. Le scherzo, avec ses cuivres, semble renvoyer à la peinture de quelque scène de chasse ; l'usage du cor, si caractéristique du romantisme "pastoral" allemand, guide tout le mouvement. Le mouvement lent respecte les codes du genre, avec un lyrisme appuyé, de belles envolées. Enfin, le final rompt avec l'adagio et se développe avec une énergie vigoureuse mais sans être triomphale.

Ce disque propose donc une musique originale, assez inclassable. Loin d'être un épigone, Martucci semble s'efforcer de réaliser une synthèse d'univers musicaux desquels il se sent proche. Cet éclectisme raffiné fait son charme et s'écoute avec plaisir, sinon intérêt.


Provocative Piano I & II
Provocative Piano I & II
Prix : EUR 10,85

4.0 étoiles sur 5 Presque parfait, 8 avril 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Provocative Piano I & II (CD)
Des rythmes entraînants, des orchestrations réussies qui font une excellente musique d'ambiance, un piano jazzy virtuose à souhait : Dick Hyman réussit un fort beau programme, avantageusement enregistré avec une stéréophonie largement spatialisée. Mais pourquoi donc s'aventure-t-il dans un répertoire classique où le meilleur côtoie le pire ?
Ce disque contient 6 pistes classiques, très inégales :
- une polonaise très sobrement orchestrée,
- un concerto de Tchaikovsky tronqué, massacré, totalement hors de propos : pourquoi réorchestrer un compositeur si doué, pourquoi couper la partition pour juxtaposer trois lambeaux de la partition ? Il faut éviter cette catastrophique plage 5, ou alors la prendre pour exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire...
- de même, un concerto de Varsovie enlaidi, épaissi, tronqué lui aussi : ce petit bijou de la musique de film mérite bien mieux
- plus inspiré chez Chopin, Hyman propose une version intéressante du nocturne en mi bémol majeur,
- la transposition pour piano de la danse du sabre s'écoute avec intérêt,
- l'orchestration du célèbre troisième rêve d'amour de Liszt est assez heureuse (on en trouve une autre, elle aussi pour piano et orchestre, par Wal-Berg)
Une fois la piste 5 écartée, on entend un disque fort plaisant et réussi, aux ambiances variées, tantôt latinos, tantôt romantiques, qui s'écoute avec beaucoup de plaisir. Sépia Records restaure ces disques anciens pour notre plus grand bonheur. Le temps qui passe semble ne pas avoir de prise sur la technique. Cela permet de profiter, malgré les réserves énoncées ci-dessus, de moments fort agréables, qui culminent avec le thème de "la garçonnière", lyrique à souhait, "heart and soul", ou encore "deep purple".
Tant pis pour le massacre de la plage 5, ce disque mérite le détour !


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