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Contenu rédigé par crocodile-duffy
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Commentaires écrits par
crocodile-duffy "crocodile-duffy" (paris, France)

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The Future Is Medieval
The Future Is Medieval
Prix : EUR 18,99

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Que c'est bon !, 27 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Future Is Medieval (CD)
Allez, on va commencer par évacuer rapidement les (mini) réserves que certains esprits mal intentionnés ne manqueront pas d'émettre quant à ce "The Future is Medieval". Oui les Kaiser Chiefs sont des voleurs, des pilleurs, oui leur quatrième album n'est en réalité qu'une sorte de condensé de 50 ans de pop anglaise (avec dedans de vrais bouts de Beatles, de Bowie, de Madness, de Blur, et de plein d'autres trucs moins prestigieux). Oui tout cela est vrai. Seulement voilà. L'argument doit, on s'en doute, être difficilement compréhensible pour tous les petits snobs qui font semblant de s'exciter (mollement) sur le vide intersidéral du dernier Arctic Monkeys, mais "The Future is Medieval" est un album jouissif. Imparable. Qui fout une pêche d'enfer quand on l'écoute le matin au réveil (ou à n'importe quelle autre heure de la journée d'ailleurs).

Clairement, les Kaiser Chiefs ont ici abandonné les finesses pop de leur album précédent (le très sous-estimé "Off With Their Heads") qui n'avaient visiblement pas convaincu le grand public et les avait vu reculer grandement dans les charts anglais, et sont revenus aux bons gros hymnes pour stades en délire de leurs deux premiers disques. Du coup, évidemment, la finesse n'est pas forcément la qualité principale de ce CD. Non, la qualité principale, ce serait plutôt, tout simplement, les chansons. Lesquelles sont au nombre de 13, aucune d'entre elles n'étant ne serait-ce que moyenne. Les Kaiser Chiefs, depuis leurs débuts, sont les petits rois de la compo qui tue, de la mélodie qui refuse de sortir de la tête une fois qu'on l'a entendue, du refrain massue qu'on chante toute la journée au bureau, des guitares triomphantes qui pètent de partout dans la stéréo. Et dans ce quatrième disque, ils offrent une nouvelle fois tout cela non-stop pendant une cinquantaine de minutes. Une cinquantaine de minutes pétaradantes, virevoltantes, mélodiques, imparables, et donc terriblement jouissives.

Un album à l'ancienne donc, anglais au possible, et qui n'a strictement aucune autre ambition que celle de donner du plaisir à ceux qui l'écouteront. Merci les Kaiser Chiefs. On n'attend plus maintenant que vous reveniez mettre le feu dans les salles de concert françaises.


Angles
Angles
Prix : EUR 6,99

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 C'est ça qui est bon, 26 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Angles (CD)
On a tendance à l'oublier dans le globalement affligeant monde du rock de ces dix dernières années, mais en musique tout est avant tout question de chansons. Pas de style, de son, de look, question de chansons. Aussi, après que la sortie de ce disque ait été repoussée une, puis deux, puis trois fois, lorsqu'on a lu que les musiciens du groupe se réunissaient en studio en l'absence de Julian Casablancas qui, excusons du peu, avait écrit 95% des chansons du groupe jusque-là, oui, franchement on a eu peur. D'abord parce que des tourneries de musicos qui enregistrent des rythmiques ça n'a jamais fait des chansons. Mais aussi et surtout parce que, après la sortie de l'excellentissime album solo de Julian Casablancas, qui de surcroît explorait plein de pistes nouvelles, un album simplement moyen des Strokes aurait pu signifier la fin pure et simple du groupe.

Mais heureusement. Heureusement pour tout le monde, Julian Casablancas est revenu. Et a aussitôt re-foutu sa merde, re-semé une ambiance épouvantable. Et re-proposé des idées de chansons. Résultats des courses, 95% de ce que les 4 autres avaient fait ensemble a été immédiatement jeté à la poubelle, Julian Casablancas a repris la main, et l'enregistrement du disque a pu reprendre un cours normal.

Le résultat est là et s'appelle "Angles". La première écoute, comme d'hab', est un peu décevante : "Oui bon ben ok, ils font du Strokes". Et puis à partir de la 2e écoute, il y a une rythmique par-ci qui accroche l'oreille, une mélodie par-là. Et puis après 3-4 écoutes c'est parti, on ne peut plus faire grand-chose d'autre que d'écouter cet album en boucle.

Placé en ouverture, "Machu Picchu" est un single quasiment aussi malin et irrésistible que "You only live once" qui ouvrait l'album précédent. Derrière, les redoutables "Under cover of darkness", "Taken for a fool" ou "Metabolism" maintiennent la pression, mais globalement c'est tout l'album qui est bon. Moins bon que le premier évidemment, mais meilleur que le deuxième, sans l'ombre d'un doute. Il n'y a pas vraiment de surprise, les Strokes déballent leur palette habituelle, bons rocks à guitares, touches électroniques, petites rythmiques limite reggae, mais justement c'est ça qui est bon. Les Strokes ne sont désormais plus les leaders du rock, ils ne mènent plus le moindre mouvement, mais ils continuent à faire de l'excellente musique, et c'est bien ça le principal.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 26, 2011 3:01 PM CET


Bone Of My Bones
Bone Of My Bones
Prix : EUR 11,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Grosse claque !, 24 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bone Of My Bones (CD)
Putain la claque ! D'autant plus énorme, d'autant plus cinglante qu'on n'avait mais alors rien de rien vu venir. Et pour cause d'ailleurs : Ebony Bones est à la base une célèbre actrice de soap (feuilletons sentimentaux gnan-gnan à la "Santa Barbara") en Angleterre. A des milliers de kilomètres du rock donc.

Cela fait deux ans qu'Ebony Bones travaillait dans son coin et peaufinait ses compositions en donnant des concerts à droite à gauche. Le résultat de tout cela est là, énorme. Comment décrire un album pareil ? Pas facile. Dans une chanson on jurerait les Red Hot Chili Peppers en train de jouer un vieux classique de T-Rex. Dans une autre, c'est Queen Latifah hurlant par dessus le boucan des Beastie Boys. Dans une troisième, c'est Kelis ou Macy Gray en plein gang bang avec la grosse dizaine de membres de Funkadelic.

Partout, des rythmiques et des percussions endiablées, des grosses basses sursaturées et des guitares très rock. Et surtout onze fantastiques chansons (sur un total de douze), ce qui est un immense exploit à l'heure actuelle. Ebony Bones emmène la soul, le funk et le rock dans l'ère atomique. Elle prend des bouts de chaque style, casse tout et ré-assemble les petits bouts dans le désordre.

Cela donne un drôle d'album qui vraiment ne ressemble pas à grand chose de ce qui se fait aujourd'hui, marqué d'un bout à l'autre par une patte, une personnalité, et bourré à ras le gueule de tubes potentiels, "W.A.R.R.I.O.R.", "The muzik", "I'm ur future X wife", "We know all about you", "Don't fart on my heart" (les guitares du groupe Suede jouées par-dessus des percussions africaines). Révélation de l'année pour l'instant, et de loin !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 8, 2009 10:18 AM MEST


Further Complications
Further Complications

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bien tenté, moyennement réussi..., 12 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Further Complications (CD)
Je suis un fan inconditionnel de Pulp depuis que j'ai entendu à la radio le glamissime single « Do you remember the first time ? » au début de l'année 94. J'ai beaucoup aimé également le premier album solo de l'ancien leader du groupe, Jarvis Cocker, sorti fin 2006. Mais là je dois bien avouer que je suis extrêmement perplexe devant ce deuxième CD en solitaire nommé « Further complications ». En fait Jarvis a tenté quelque chose. Il a fait appel, pour la production de ce disque, à son (à priori) exact opposé, l'Américain Steve Albini, spécialisé dans le rock à grosses guitares (même si les plus érudits se souviendront qu'Albini avait déjà produit un album de Britpop au milieu des années 90, en l'occurrence l'excellent « After murder park » de The Auteurs). Mais là où le maniaque leader de The Auteurs avait réussi à plier Albini à sa musique, la faisant simplement sonner plus sèche, plus brute, plus angulaire, ici c'est l'inverse qui se produit : c'est Albini qui a pris l'ascendant, « Further complications » EST un album de rock à grosses guitares.

Pour les fans de la pop intelligente, subtile et kitsch de Jarvis Cocker, le choc de la première écoute est donc violent : entre la grosse électricité du très surprenant single « Angela », la rythmique frénétique de « Pilchard » ou le riff quasi heavy metal de « Fuckingsong », il y a de quoi, pour le fan inconditionnel, ressortir le CD de la platine pour vérifier qu'Amazon ne s'est pas trompé dans son envoi ! En plus, la plupart de ces morceaux sont assez peu mélodiques, Jarvis y parlant beaucoup plus qu'il n'y chante. En fin de compte, seuls trois morceaux viennent vraiment rassasier la faim du fan : le magnifique « I never said I was deep », sur lequel Jarvis nous livre un magnifique numéro de crooner moderne, le long, atmosphérique et majestueux « Slush » (qui sonne comme du Pulp période « We love life »), et le encore plus long, plus beau et plus irrésistible « You're in my eyes » qui, avec sa petite rythmique disco, offre enfin (pendant près de 9 minutes) tout ce que l'on attendait désespérément depuis le début du disque.

Au final, le bilan est donc relativement mitigé : si l'on s'y habitue quand même au fur et à mesure des écoutes, les chansons de ce disque ne se révèlent jamais vraiment totalement, ce qui fait que le pari de Jarvis (prendre vraiment des risques artistiques en engageant un producteur totalement extérieur à son monde), ce pari donc, sans être totalement raté loin de là, n'est pas exactement réussi non plus. Un album à réserver par conséquent aux inconditionnels du bonhomme (il en reste quand même un certain nombre, heureusement). Quant aux autres, euh...


Walking On A Dream
Walking On A Dream
Prix : EUR 14,50

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le son de 2009... pour l'instant !, 9 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking On A Dream (CD)
Etonnant de voir à quel point les disques dansants ont toujours été considérés comme futiles par l'« Intelligentsia rock », comme si s'adresser au corps avant de s'adresser à l'esprit était une tare congénitale. Et moi-même je l'avoue, ayant acheté cet album en mars sur la foi du sensationnel single « Walking on a dream », je l'avais trouvé éminemment sympathique mais pas d'une importance capitale. Et puis au fur et à mesure que les mois passent et que je suis de plus en plus déçu par la production musicale très faible de cette année 2009, je m'aperçois que ce CD est, de très loin, celui vers lequel je reviens le plus souvent.

Déjà, tout groupe capable de sortir sur un même disque deux bombes électro-pop aussi imparables que « Walking on a dream » et « We are the people » ne saurait être balayé d'un simple revers de la main. Réussir à coller deux refrains mélancoliques au milieu de deux chansons par ailleurs plutôt sautillantes et joyeuses, c'est déjà balèze, mais le faire d'une manière aussi intelligente, avec juste ce qu'il faut de falsettos, de chœurs angéliques et de chantilly électro, là vraiment c'est extraordinaire. « Walking on a dream » et « We are the people » sont pour l'instant de très loin les deux singles pop de l'année, et au fond du fond de l'horizon, je ne vois pour l'instant toujours pas qui pourrait faire mieux.

Mais il n'y a pas que ces deux singles sur le disque. Dans le genre pop songs malignes et géniales, « Standing on the shore » et « Half mast » ne sont pas mal non plus. Il y a également quelques trucs plus purement électro (« Swordfish hotkiss night »), d'autres qui sont un peu planants (« Country », « The world »), ou une ballade typiquement 60's arrangée à la sauce des années 2000 (« Without you »). Evidemment, l'album (comme celui de MGMT) est un peu inégal, et (comme celui de MGMT), sa première partie est largement supérieure à sa seconde. Mais l'essentiel n'est pas là.

L'essentiel c'est que les Empire of the Sun sont ce que ne sont pas 99% des groupes rock des années 2000 : visuels, glamour, colorés, fun, modernes, kitsch, intelligents. Comme trop peu de formations actuelles, les Empire of the Sun ont un univers propre. Par leurs pochettes de disques sublimement kitsch. Par leurs looks improbables d'indiens futuristes. Par leurs clips merveilleux, toujours à la limite de l'esthétisme et du bon goût. Et par leurs chansons tellement actuelles bien entendu. Au niveau de leurs compositions, de leurs visuels et de leurs clips, ces gens essaient des choses, d'ailleurs pas forcément toujours réussies, mais que plus personne n'ose depuis très, très longtemps. Et c'est cela qui fait leur géniale singularité au milieu du rock tellement conformiste, révérencieux et frileux des années 2000. On peut parfaitement les trouver outranciers et « too much », mais au moins ils sont quelque chose, ce qui nous change de tous ces groupes anglais sans âme ni identité aux tristes looks de corbeaux qui débitent d'une voix monocorde leurs morceaux indigents.

Et puis très franchement, c'est peut-être là le plus important, dans 20 ans, quand on parlera du son de 2009, qui peut croire une seule seconde que l'on citera Animal Collective, Maxïmo Park, Pete(r) Doherty ou Grizzly Bear, tous ces chouchous de la critique branchouille actuelle ? Non franchement il faut être raisonnable : pour l'instant (et à d'autres de me faire mentir d'ici décembre) LE SON de 2009 c'est Empire of the Sun, le groupe qui fait danser les filles...


Years Of Refusal
Years Of Refusal
Prix : EUR 27,05

12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pas un grand Morrissey, mais un bon Morrissey, 20 février 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Years Of Refusal (CD)
Chroniquer un album de Morrissey est toujours un exercice compliqué en même temps que, très certainement, totalement inutile. Comme pour tous les « vieux » du rock (Rolling Stones, Bowie, U2, REM, etc), tout le monde s''est déjà fait depuis longtemps son opinion sur lui, et il est bien évident qu''aucune bonne critique ne saurait inciter quelqu''un qui ne l''aime pas à acheter son disque, de même qu''aucune mauvaise critique ne saurait dissuader un fan de le faire. Alors allons-y le plus objectivement possible : « Years of refusal » est un bon Morrissey. Pas un grand Morrissey, mais un bon Morrissey (voire un très bon).

« Something is squeezing my soul », placé en ouverture, plante d''emblée le décor : finis les fioritures, les violons et les minauderies du disque précédent, « Years of refusal » revient à un son beaucoup plus basique placé sous le signe quasi-unique de la Sainte Trinité du rock, basse, guitare, batterie. Et puis ce morceau est vraiment une surprise de taille : Morrissey n''avait plus autant « rocké » depuis l''excellentissime album « Your arsenal » de 1992. Tant mieux. Mais les choses redeviennent tout de suite beaucoup plus classiques avec « Mama lay softly on the riverbed » dont la mélodie est presque familière. Ensuite, pendant tout l''album, on oscille entre nouveaux rocks bien pêchus (« Black cloud », « Sorry doesn''t help », « I''m ok with myself »), pop songs aux mélodies mélancoliques (« I''m throwing my arms around Paris »), grands morceaux comme seul Morrissey est capable d''en composer (« One day goodbye will be farewell », « It''s not your birthday anymore »), obligatoire ballade crève-cœur (« You were good in your time ») et un peu de kitsch comme il y en a toujours chez Momo (« When last I spoke to Carol » et ses trompettes mexicaines). Là où notre homme ne s''est quand même pas trop foulé, c''est qu''il a inclus ici aussi les deux inédits parus sur sa compil'' de l''an dernier, « That''s how people grow up » et « All you need is me ». Mais bon, ce sont deux bons morceaux (surtout le premier), donc on lui pardonne'.

Alors évidemment, il n''y a absolument rien de révolutionnaire dans cet album : sonorité plus rock ou pas, Morrissey fait du Morrissey, point final. Maintenant, Momo est l''un des très rares artistes rock actuels à avoir vraiment son univers à lui, son propre style totalement inimitable qui ne ressemble vraiment pas à grand chose d''autre de connu, et c''est quand même avant tout pour ça qu''on l''aime (ou pas). Franchement, qui aurait envie d''un virage R''n''B ou country de Morrissey ? Personne, on s''en doute. Voilà, les fans achèteront donc ce disque et s''empresseront de placer l''enchaînement « That''s how people grow up » / « One day goodbye will be farewell » / « It''s not your birthday anymore » parmi ce que notre homme a fait de mieux en solo. Les autres continueront à l''ignorer comme d''habitude. Et le monde continuera de tourner.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 1, 2009 11:24 AM CET


Rockferry - Edition deluxe (Inclus CD bonus 9 titres)
Rockferry - Edition deluxe (Inclus CD bonus 9 titres)
Prix : EUR 21,66

30 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Immanquable !, 15 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rockferry - Edition deluxe (Inclus CD bonus 9 titres) (CD)
Pour commencer, il y aurait beaucoup à dire sur le phénomène des éditions Deluxe, qui semble être le dernier moyen trouvé par l'industrie du disque pour sauver sa peau, mais un moyen pour le moins contestable : plutôt que d'essayer d'inciter les "téléchargeurs fous" à revenir acheter des disques, on essaie de faire payer une deuxième fois les acheteurs honnêtes en leur proposant exactement le même produit, mais augmenté (suivant les cas) soit des clips de l'album, soit d'un live, soit d'inédits. En gros, comme d'habitude, ce sont les gens honnêtes qui payent (et deux fois en plus) pour les autres. Contestable...

Mais ne boudons pas notre plaisir : cette édition Deluxe du premier album de la Galloise Duffy est un bonheur. Je ne reviendrai pas sur l'excellent CD originel (que j'ai longuement chroniqué sur Amazon à l'époque) si ce n'est pour dire que neuf mois plus tard il tient toujours autant la route et que décidément, le faramineux "Distant dreamer" figure incontestablement dans le top 5 des morceaux de l'année. Passons donc aux sept (et non pas neuf !) inédits proposés ici sur le second CD :

- "Rain on your parade" est un morceau extraordinaire (qui aurait d'ailleurs fait une bien meilleure B.O. du dernier James Bond que le morceau de Jack White et Alicia Keys), un single énorme presque encore plus accrocheur que "Mercy", ce qui n'est pas peu dire.

- "Fool for you" démarre comme une photocopie de "Distant dreamer", mais évolue vers quelque chose de plus cool, plus doux, et en tout cas bien agréable.

- Retour des rythmes dansants, des gros accords de piano et des violons sur l'excellentissime "Stop" qui fera assurément un nouvel excellent single après "Rain on your parade".

- "Oh boy" est une ballade à la guitare comme "Syrup & honey" (sauf qu'il s'agit d'une guitare sèche). C'est joli, c'est mignon, mais c'est assurément le morceau le moins mémorable des sept.

- Beaucoup plus intéressante est la nouvelle ballade, alors là carrément sixties à mort, "Please stay". En première écoute, je me suis dit que ce morceau tout en violons sonnait plus que jamais comme du Dusty Springfield, mais il y a une explication à cela : il s'agit de la reprise d'un morceau du mythique Burt Bacharach (qui a notamment écrit pas mal de morceaux pour Dusty Springfield il y a bien longtemps).

- Toujours aussi sixties, voici l'excellent "Breaking my own heart", mid-tempo irrésistible avec une Duffy très vulnérable comme sur "I'm scared".

- Final en fanfare avec le mélancolique "Enough love" qui, s'il n'atteint certes pas le niveau de "Distant dreamer", n'en est pas moins un excellent morceau de clôture.

La conclusion est simple et implacable : si vous avez "Rockferry" et que vous adorez, vous allez malheureusement devoir acheter cette excellente version Deluxe qui prolonge le plaisir, exactement dans la même veine, et avec exactement le même niveau de qualité générale. Et si vous n'avez pas "Rockferry" mais que vous comptez l'acheter, c'est bien sûr cette version qu'il vous faut.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 26, 2009 11:29 PM MEST


Slipway Fires
Slipway Fires
Prix : EUR 11,52

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Beauté, simplicité, pureté, 21 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Slipway Fires (CD)
Johnny Borrel, ci-devant chanteur de Razorlight, est sans l'ombre d'un doute l'un des personnages les plus haïs par la presse rock en général. En cause dans cette histoire un ego surdimensionné et des déclarations de jeunesse ultra arrogantes qui, visiblement, quoi qu'il arrive, ne lui seront jamais pardonnées. C'est comme ça. Non, cette intro n'est pas superflue. Car cette défiance des journalistes envers Johnny Borrel est le seul élément tangible permettant d'expliquer pourquoi Razorlight n'est pas considéré, aujourd'hui, comme un groupe majeur, très certainement l'un des quatre ou cinq meilleurs des années 2000. Parce qu'une chose est sûre, si Johnny raconte parfois des conneries, dès qu'il s'agit de musique, avec son groupe, il défouraille sévère !

Après donc un premier album extrêmement prometteur (« Up all night »), qui contenait déjà un bon paquet de chansons majeures (« Golden touch », « Vice », « To the sea »...), après un second CD (simplement intitulé « Razorlight ») parfait, intégralement parfait de A à Z et qui contenait peut-être le plus grand morceau rock de la décennie, l'échevelé et dément « L.A. waltz », le groupe continue aujourd'hui sur sa lancée avec l'excellentissime « Slipway fires ». Etonnamment, malgré toutes ses qualités, certains ont reproché à l'album précédent d'être peut-être à peine assez rock. Le groupe semble donc avoir bien reçu le message : « Slipway fires » est un peu plus musclé que « Razorlight ». Mais un peu seulement : globalement, ce CD est la suite logique de son prédécesseur. On retrouve ici tout ce que l'on aime chez ce groupe, dans une version peut-être encore plus aboutie qu'avant : un talent mélodique très au-dessus de la moyenne, un sens de la dynamique absolument génial (les morceaux montent, descendent, remontent, et finissent par exploser dans tous les sens), un vrai style, très affirmé, la voix de Johnny Borrel, plus belle et plus puissante que jamais, et des guitares, des guitares grandioses dans tous les sens. Si l'on veut, on peut s'amuser à décortiquer l'album chanson par chanson, mais ce n'est même pas vraiment utile tellement ce CD est uniformément excellent. On pourrait parler de la mélancolie de « Wire to wire » et « The house », de l'évidence pop de « Burberry blue eyes » et « Hostage of love », des explosions formidables de « Tabloid lover », « Monster boots » et « Blood for wild blood », de l'intensité dramatique du sensationnel « Stinger », mais non, l'album a été conçu pour s'écouter d'un trait (en plus il est relativement court) et c'est comme ça qu'il prend toute sa force.

Evidemment, le ton du disque est assez grave. Comme on le sait, Johnny s'est fait plaquer par son actrice de fiancée, donc le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas vraiment d'humeur badine. On lui pardonne néanmoins tant cet album, encore une fois, est excellent. Pourtant, malgré l'ego surdimensionné de son auteur, il n'y a pas ici de concept à la mode, de son grandiose, de mélange de styles ou d'ambitions musicales démesurées. Les onze chansons réunies sur ce CD n'ont rien d'autre à offrir que leur beauté, leur simplicité et leur pureté. Mais avec un talent pareil, c'est énorme ! Alors évidemment, l'effet de surprise causé par le précédent disque est aujourd'hui évaporé, mais une telle constance dans la qualité ne peut qu'impressionner. Bravo les gars, vous venez de sortir l'un des disques de l'année 2008 !


Off With Their Heads
Off With Their Heads
Prix : EUR 14,00

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Poison, 20 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Off With Their Heads (CD)
Whaouh, le moins que l'on puisse dire c'est que la première écoute de ce troisième Kaiser Chiefs est déroutante. On tend l'oreille, on écarquille les yeux. Impossible : le groupe a donc interrompu prématurément sa tournée triomphale de l'an dernier tellement il était pressé d'entrer en studio pour donner une suite à l'excellent « Yours truly, agry mob », et tout cela pour commettre ça ? Ca, c'est-à-dire un CD dans lequel on ne retrouve grosso modo les Kaiser Chiefs que l'on aime que sur un seul morceau, l'imparable single (imparable single, c'est quasiment un pléonasme lorsque l'on parle de ce groupe) « Never miss a beat » ? Apparemment oui. Parce que pour le reste, c'est la douche froide : le son est plus policé (plus pop que pop-rock en quelque sorte) que d'habitude, les onze morceaux sont très courts (le plus long dure 3'54 et quatre d'entre eux durent moins de 3 minutes), mais aussi beaucoup plus simples qu'avant (mélodies épurées quasiment au maximum, pas de digressions instrumentales). Ouch.

Dans les faits, cela nous donne un surprenant morceau d'ouverture (« Spanish metal ») qui mélange une guitare menaçante, un riff de synthé à la B52's et une mélodie psychédélique à souhait. Ailleurs, on trouve carrément deux titres discoïdes, « You want history » et « Good days bad days », deux morceaux glam gentiment kitsh, « Like it too much » et « Always happen like that », une chanson pop au titre pour le moins énigmatique, « Tomato in the rain », deux hymnes punky, « Can't say what I mean » et « Half the truth » (ce dernier comportant l'intervention d'un... rappeur !), et le tout se termine sur une petite ritournelle très seventies chantée par le batteur du groupe. Encore une fois, ouch. On se dit vraiment que ce n'est pas possible : après deux albums aussi formidables qu' « Employment » et « Yours truly, angry mob », les Kaiser Chiefs n'ont pas pu se planter à ce point sur leur troisième disque... Eh bien non, rassurons tout de suite les fans : le groupe ne s'est absolument pas planté !

Si la première écoute est aussi décevante que déroutante, à partir de la troisième ou de la quatrième, tout commence à se mettre en place. En fait, le plus dur est d'accepter que les Kaiser Chiefs n'ont pas fait l'album que l'on attendait d'eux. Parce qu'une fois que ce « deuil » est fait, ça va tout seul, il n'y a plus qu'à se laisser aller : les accroches mélodiques et les refrains ont en effet été épurés et simplifiés, mais ils sont bel et bien là, prêts à accrocher votre oreille et à entrer dans votre cerveau pour ne plus jamais en sortir. En fait cet album est une sorte de poison : quand on le prend on ne ressent rien de particulier, et puis petit à petit les effets montent (les refrains s'imposent, chaque chanson diffère totalement de la précédente) et on est foutu. Définitivement.

Au final donc, « Off with their heads » est un disque qui réserve des surprises, qui au niveau du son est plus orienté post punk 1978-1980 que britpop 1994-1996, et qui, une fois que l'on est rentré dedans tourne et tourne et tourne encore dans la platine. Vivement que le groupe revienne faire une tournée en France...


I Dream of Black
I Dream of Black
Prix : EUR 17,01

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Expérimental, 7 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : I Dream of Black (CD)
Les pourtant excellentissimes Electric Soft Parade n'ayant jamais (à part brièvement au moment de la sortie de leur tout premier album en 2002) intéressé le public rock (et cela reste d'ailleurs un mystère tellement leurs disques sont formidables), on se demande bien qui va aujourd'hui porter la moindre minuscule attention à la sortie du premier album solo du leader des dits Electric Soft Parade, Mister Thomas White. Pas grand monde on s'en doute...

Et c'est bien dommage parce que Thomas White prouve ici encore une fois quel grand compositeur de chansons il est, que ce soit dans le domaine des petites ritournelles folk (« Is it wrong to lose faith in the person you used to love ? », « Starry nite #2 ») ou dans celui des grands morceaux pop psychédéliques qui ont toujours constitué, si ce n'est la renommée et la fortune, du moins la force de son groupe (le surprenant single « The runaround » - du Dandy Warhols britpop ! -, le splendide « The silence stops tonight » qui monte tout du long en crescendo).

Pour autant, ce « I dream of Black » n'est en rien un album d'Electric Soft Parade qui ne dirait pas son nom. On le sait depuis « The american adventure », l'exceptionnel deuxième album du groupe, Alex, le frère de Thomas qui co-compose la plupart des chansons d'ESP avec lui, est l'élément pop du duo, tandis que Thomas est l'élément expérimental. Privé de son élément pop, cet album solo de Thomas White est donc logiquement plus expérimental. En témoignent notamment le gros tiers de morceaux instrumentaux qui peuplent cet album. Et là on pense un peu à Todd Rundgren. Après avoir (selon lui) épuisé toutes les possibilités de la pop avec ses albums du début des années 70, le génial Todd s'était en effet soudain mis, à partir de 1974, à parsemer ses disques (les siens propres et ceux de son horrible groupe progressif Utopia) de morceaux instrumentaux souvent intrigants à défaut d'être géniaux, morceaux avec lesquels il s'amusait globalement à tester toutes les possibilités qu'offrait un studio d'enregistrement à l'époque.

Et c'est justement là aussi l'impression qui domine lorsque l'on entend les instrumentaux de cet album : Thomas White semble lui aussi tester, quasi en direct, les possibilités de son (mini) studio. Le problème, exactement comme dans le cas de Todd Rungren, c'est que même si ces morceaux ne sont pas inintéressants, loin de là, c'est quand même en compositeur pop qu'il est le plus génial. D'où cette impression un tout petit peu mitigée lorsqu'il s'agit de dresser le bilan de cet album : « I dream of black » est un album souvent plus intrigant et impressionnant que réellement jouissif. Cela dit, les (quelques) vraies chansons que Thomas nous lâche ici sont suffisamment excellentes pour que les (quelques) fans d'Electric Soft Parade souhaitent se précipiter dessus. Vivement le prochain disque du groupe quand même...


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