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Commentaires écrits par
Abenaki "Livre et musique" (Gard et Paris)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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L'Aigle solitaire / Drum Beat ( Delmer Daves' Drum Beat ) [ Origine Espagnole, Sans Langue Francaise ]
L'Aigle solitaire / Drum Beat ( Delmer Daves' Drum Beat ) [ Origine Espagnole, Sans Langue Francaise ]
DVD ~ Charles Bronson
Proposé par DaaVeeDee-fr
Prix : EUR 26,98

5.0 étoiles sur 5 Un film, une oeuvre, un chef-d'oeuvre, 18 décembre 2014
L'un des meilleurs film de la carrière d'Alan Ladd et de Bronson.
Basé sur un épisode historique de l'invasion de la Californie (la révolte des Modocs conduits par le chef Keintpoos qui se fera connaître sous le nom de "Capitaine Jack"), nous bien là en présence d'un quasi chef-d'œuvre ou l'action, le suspens et la trahison sont très présent. Un quasi chef-d'œuvre en présence de Alan Ladd ("MONSIEUR western") et de Charles Bronson, ni plus ni moins.
La réalisation est très nerveuse, les batailles pleine d'action. La présence des Modocs, très rare au cinéma si ce n'est là un cas unique d'ailleurs, est merveilleusement exploité ici (même si la personne de Keintpoos est représentée de façon certainement caricaturale, autrement dit très hollywoodienne).
Mais alors que ce film a été très long à sortir en dvd, il n'y a encore aucun exploitant qui a l'intelligence de le sortir en VF/VO avec sous-titrage VF. LAMENTABLE, en particulier lorsque l'on constate le nombre de série B sans grand intérêt qui sortent. "L'aigle solitaire" qui m'a marqué quand j'étais gosse serait certainement un vrai succès commercial.
Et j'attends toujours la sortie d'autre western : "Le pistolero de la rivière Rouge".


Rivers
Rivers
Prix : EUR 20,99

4.0 étoiles sur 5 Carré d'étoiles, 3 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rivers (CD)
De nouveau un millésime.....et tant qu'à faire dans la plus grande discrétion télévisuelle et radiographique. Contre son grès bien sûr. Les chanteurs (euses) aux interprétations kleenex à chiotte étant aux yeux discographiques bien plus intéressant.

Donc voici le dernier né du grand artiste. La musique aux sonorité très country sur plusieurs morceaux et rock sur d'autres est génial. Que l'on veuille ou non l'admettre au son bien Cash. Le premier titre de grand intérêt est l'extraordinaire "Pas de vainqueur" que j'ai découvert par hasard sur youtube et qui m'a permis d'apprendre que Dick avait sorti un nouvel album (depuis plusieurs mois déjà, c'est dire la pub fait autour). Je vous le conseille vivement d'ailleurs, le clip est super.
Un autre titre est splendide : "Les rois serviles". De monsieur Moustaki. L'interprétation vocal tant que musical est formidable. Reste les morceaux rock ("le rôle du rock" à titre d'exemple, écrit par Cabrel et au rythme très entrainant), ou encore moins rock un morceau comme "Les hautes herbes", également très réussi.

Par contre un reproche à "Mister D", un défaut récurrent chez lui (mais pas seulement chez lui) : l'absence de liaison là où il devrait y en avoir et présence là où il n'y en a pas....c'est d'un désagréable aux oreilles.

En tout cas, un beau carré d'étoiles, comme un beau carré d'as.


Agua.
Agua.

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Voici SANTIAGO J. ROUX. ACHETEZ VITE LES DERNIERS, la collection est introuvable., 28 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Agua. (CD)
Comme à son habitude, c'est avec une musique épurée que Santiago nous emmène le long d'un voyage sonore clair et limpide comme une eau de source. Premier album d'un quatuor consacré aux quatre éléments, "AGUA" est une œuvre paisible et pure. Les harmonies sont fluides, les mélodies douces comme le chant d'une rivière.
D'inspiration aztèque, inca et maya, c'est une sensibilité qui nous enchante. La sérénité nous berce doucement le long de ce ruisseau musical.
Une merveille.
Après avoir découvert Santiago avec "ATZALCA" (voir mon commentaire), il me confirme mes premières impressions ici.

Contrairement à ce qui est écrit par Amazon, l'album date de 1999 et non 2011. Les erreurs sont nombreuses sur le site. Suivront en 2000 les albums "TERRA" et "ARIA" puis enfin en 2001 "FUEGO". Quatre albums, quatre chef-d'œuvre. Et je suis bien heureux de m'être précipité dessus à leur sortie vu qu'aujourd'hui ils sont devenu introuvable et c'est presque miraculeux que le premier de la collection soit encore disponible sur le site. En toute petite quantité toutefois.

Très injustement ignoré par un milieu professionnel qui préfère la variété "kleenex à chiotte" au véritable talent, voici Santiago J. Roux, où pour moi l'un des plus grand compositeur/interprète de notre temps.


Les Indiens d'amérique du nord
Les Indiens d'amérique du nord
par Edward-S Curtis
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'intégralité, 21 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Indiens d'amérique du nord (Broché)
L'intégralité des photos de Curtis, elle est là. Il ne doit en manquer aucune à mon avis. Le tout en plus de 700 pages.

L'authenticité qui ressort de chacune d'entre elle est d'une intensité sans aucune commune mesure avec aucun autre travail. Curtis et son œuvre sont une école pour tous les photographes du monde. Et les historiens aussi.
Ce ne sont plus des instantanés, ce sont des souvenirs....des moments de vie qui défilent sous nos yeux. Presque des sons. Ceux des rivières, du vent, des hautes herbes qui dansent, des battement d'ailes des oiseaux, des bourdonnements des insectes, des sabots des montures à travers les montagnes, du son feutré de la neige qui cède sous les pas....Ce sont aussi presque des voix....Celles des "modèles". Des témoins je devrai écrire. Des mémoires. Et pour les connaisseurs , des figures seront rapidement reconnaissables : Geronimo, Two Moons, Red Cloud...mais tant et tant d'inconnus.

Des visages assombris par la mémoire du temps et non plus seulement par le jeux d'ombre et de lumière. Des visages qui se sont effacés de la mémoire des hommes mais des silhouettes qui demeurent et témoignent qu'ils ont existés. L'on s'attend presque à les voir bouger tant la vivacité et la sincérité de l'œuvre inondent chaque page. Un visage qui vous fait face, un regard qui vous fixe, et vous avez du mal à le quitter. Vous ne parvenez pas à l'ignorer. Le témoin est là, devant nous. C'est presque l'Histoire qui nous fixe.

De nombreuses pages contiennent aussi un petit commentaire expliquant ce que nous voyons. En quelques lignes seulement. Parfois juste deux ou trois. Comme un intermédiaire entre nous et l'Histoire que nous regardons. Je le dis et le répète à nouveau sans exagération. Humainement. Simplement. L'authenticité submerge toute l'œuvre . Nous en oublions même qu'il y a derrière un homme, Curtis, pour moi le plus grand photographe de toute l'histoire de cette profession. Une authenticité qui n'a d'égale que l'émotion qui s'en dégage.
J'ai du mal à en douté. Un esprit, une âme habite chacune de ces images.


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Prix : EUR 12,54

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 A pleurer, 12 octobre 2014
Qualité des enregistrements EPOUVANTABLE!!!! Les films sont à peine visibles. Sans parler des images et du son constamment en train de se décaler. En somme, à peine utilisable. Je l'ai rendu, me suis fait remboursé et suis retourné vers la marque qui àc e jour me semble la meilleur : EMTEC.


Attila : La violence nomade
Attila : La violence nomade
par Michel Rouche
Edition : Broché
Prix : EUR 26,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Plus une violence nomade qu'une biographie, 19 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Attila : La violence nomade (Broché)
En effet, l'ouvrage est plus concerné par son sous-titre ("La violence nomade") que par le titre lui même ("Attila") qui peut faire croire comme ce fut mon cas que nous avons entre les mains une biographie complète sur le roi des Huns. Mais il est un fait que ces derniers ignorants l'écriture, et les écris concernant ce chef étant fortement sujet à caution pour un grand nombre, il n'est guère évident d'en faire une biographie précise. Aussi sa vie à proprement parlé ne concerne si j'ai bonne mémoire pas plus de 100 à 120 pages environ. Toutes les autres pages nous font découvrir l'univers nomades du IVème siècle jusqu'à sa quasi disparition avec les chute des Magyars.

Bien écris et riche, Michel Rouche, passionné par son sujet cela est évident, nous apprend énormément de choses. Nous découvrons notamment que bien avant les Huns, les peuplades Scythes, suivis des Sarmates et enfin des Alains avaient su terrifier une bonne partie de l'Europe et de l'orient. Mais personne, aucun de leur chef n'aura été l'égal d'Attila. Un Attila qui en vérité héritera déjà de l'œuvre de ses aïeux et saura en faire un terrifiant empire. Qui ne vivra pas longtemps. Le royaume des Huns fut en fin de compte ce qui est appelé une ethnogenèse (mélange de peuples absorbés par soumission par le vainqueur) et donc les Huns furent minoritaire en nombre.
Défilent ici au cours des siècles (ordre pas forcément chronologique, vous m'en excuserez) les Scythes, les Sarmates, les Alains, les Huns, les Romains bien sûr, les Amales (Ostrogoths), les Baltes (Wisigoths), les Burgondes, les Vandales, les Thuringiens, les Suèves, les Hongrois, les terribles Avares et les Magyars. Et à travers tous ces peuples, à titre personnel, j'ai enfin appris et compris comment l'Empire vieux de plusieurs siècles et sur lequel le soleil ne se couchait jamais (l'Empire romain) finit par disparaître.

L'auteur nous explique aussi avec clarté la différence de l'armement des différents armées (apparition de l'arc à double courbure, l'étrier pour la cavalerie, etc...) et tout en faisant une comparaison entre les civilisations nomades et sédentaires. En annexes, l'auteur nous gratifie d'extraits de textes de Strabon, TaciteMarcellin, Jordanès, Priscus auxquels il s'est beaucoup référé et il nous renvoi plusieurs fois au cours de la lecture. La fin de l'ouvrage est également enrichi d'une généalogie des différents règnes des différents peuples ainsi que d'un tableau chronologique entre les royaumes germaniques, les peuples des steppes et l'Empire romain d'Orient en commençant au VIIIème siècle avant J.-C. jusqu'à la fin du Xème siècle de notre ère.

Ce livre n'a pas été sans me rappeler par certains aspect le "Hannibal" de Serge Lancel et le "Spartacus" de Eric Teyssier. En plus il est agrémenté à intervalle régulier de quelques cartes dessinées (très bien) démontrant les mouvements durant les invasions. Pour qui s'intéresse au sujet, il est difficile de ne pas le conseiller, même si c'est le premier que je lis sur le roi des Huns et "la violence nomade".


attila, fleau de dieu un film de pietro francisci avec anthony quinn - sophia loren
attila, fleau de dieu un film de pietro francisci avec anthony quinn - sophia loren

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bon film bourré d'anachronisme, 17 septembre 2014
"Attila, le fléau de Dieu" n'est certainement pas un chef-d'œuvre. Malgré une affiche alléchante (Quinn et la très belle Loren) il souffre quand même d'un certains nombre de défauts. Je ne suis pas sûr que les acteurs soient tous à la hauteur par exemple. Et principalement, pour ceux qui s'intéressent à l'histoire, l'anachronisme.

D'un point de vue historique le film est bourré de fautes (comprenez d'"inventions") et d'erreurs (comprenez historique).
Le film situe le début de l'action en l'année 452 avec Attila qui partage l'empire hun avec son frère Bleda. Ors Bleda avait déjà été assassiné sur ordre d'Attila en 445. Les Huns et les Romains sont encore des alliés au début du film alors que l'alliance avait déjà éclaté depuis quelques années. L'envahisseur est en pleine gloire dans le film, en pleine monté de puissance et sur le point de culminer avec la prise de Rome. Ors en 452, Attila avait subit une sérieuse défaite à la bataille des champs Catalauniques en Gaule l'année précédente, mettant ainsi fin à son invasion du territoire gallo-romain. Aetius, qui demeure dans l'histoire comme "le dernier des Romains" meurt dans le film au cours d'une bataille imaginaire qui n'a jamais eu lieu. En vérité il sera assassiné en 453 sur ordre de l'Empereur Valentinien III. Attila arrive à proximité de Rome et rebrousse chemin après sa rencontre avec le Pape Léon qui prit l'initiative spontanée de lui barrer la route. Durant un entretien en tête à tête, le défenseur de la foie, selon le film, aurait trouvé des paroles bénies qui auraient touché le cœur du chef barbare-nomade mais qui ne restèrent pas, malheureusement pour l'humanité, dans la postérité. Belle fin de film c'est certain. Ors, s'il est vrai que le Pape Léon rencontra Attila, ce fut de manière tout à fait officielle et non seul du reste. Et Attila n'accepta la paix que dans des conditions forcées par la maladie qui faisaient des ravages dans son armée. L'Impératrice Placidia n'est pas morte à Ravennes comme dans le film mais à Rome. Quand à Honoria, son nom est resté dans l'histoire principalement pour la question de mariage avec le roi des Huns qui n'a jamais eu lieu mais qu'Attila ne repoussa pas en vérité (par intérêt bien sûr). En dehors de cette histoire d'union, elle disparait de l'histoire et l'on ne sait ce qu'elle advint. On nous parle aussi d'un chef/roi à la tête d'une armée invaincue. En 452, Attila n'avait connu que deux batailles rangées (dont celle de 451). une gagnée, l'autre perdue. Pour le reste, les guerres hunniques étaient principalement des attaques de villes et villages, des sièges aussi avec tout ce que cela impliquait (pillage, massacre, viols...) Et en 452, Attila fit certes des ravages en Italie du Nord mais ne s'approcha pas de Rome. Et les sièges ne furent pas systématiquement des victoires (ainsi Orléans résista victorieusement en 451, comme en prémices à sa résistance près de dix siècles plus tard face aux Anglais).

Bref voici quelques précisions pour démontrer que le cinéma, même avec des films dit "historiques", qu'il s'agisse de série B sympathique comme ici ou de chef-d'œuvre (Spartacus, les Cheyennes, la flèche brisée et bien d'autres...) ne sont certainement pas des cours d'Histoire avec un grand "H". Même les œuvres retraçant des autobiographies ne font pas exception bien souvent (Ed Wood).

Enfin pour finir, je ne peux juger la qualité de ce dvd au prix prohibitif du reste, surtout pour une série B. Mais seulement le film. Il possède bien sûr le charme désuet des films anciens de cette époque avec les couleurs vives. Et l'on sent aussi que, même si le film ne dure pas longtemps (à peine 1h30) on a voulu vraiment bien faire. Preuve en est que l'on y trouve en dehors de l'action, également de l'amour, de la trahison, la bravoure et la lâcheté aussi. Mais également un ton parfois moralisateur un peu lourd.
Un sympathique moment de cinéma de quartier à passé, et qui nous rappellera une époque nostalgique, celle des salles de cinéma avec les vendeuses qui circulaient le long des rangs avec leurs "bonbons, boisson, caramel et chocolat".


Fidele
Fidele
Prix : EUR 26,23

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Version de chez nos cousins., 9 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fidele (CD)
ATTENTION JE NE NOTE PAS L'ALBUM QUE JE NE CONNAIS QUE TRES PARTIELLEMENT. J'AIME LE PEU QUE J'EN CONNAIS MAIS NE PEUX PAS AVEC SINCERITE JUGE L'ENSEMBLE.
En vérité je voulais juste signalé, comme cela n'est pas précisé sur amazon, qu'il s'agit de la version canadienne de l'album "MISTER D" avec une pochette et un titre différent. Ni plus ni moins. Où presque....un petit plus quand même : ici pas besoin d'acheter une version luxe pour avoir les 4 titres bonus. Ils y sont déjà et le tout en un seul cd.
Je mets quand même 5 étoiles pour ne pas retirer d'étoile à une œuvre que ne mérite peut-être pas d'être sanctionné.
Vive Dick.


Spartacus
Spartacus
par Eric Teyssier
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une histiore travestie en légende., 31 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (Broché)
Bien écris et facile à lire, voici un ouvrage que je conseille sincèrement sur un personnage qui demeure assez énigmatique car n'étant le héros d'aucune nation, d'aucun peuple, pas même vraiment d'un mouvement.
SPARTACUS.. C'est un nom qui claque. Lire l'ouvrage de Teyssier, c'est aussi en coller une à la légende du personnage. Nous avons ici une belle preuve que le cinéma n'est pas un cours d'histoire. Et tous ceux qui pensent connaître l'histoire du révolté thrace grâce au film (chef-d'œuvre du reste) de Kubrick vont devoir réviser leurs fiches.

Tout d'abord, l'auteur nous présente l'époque et la société romaine. Puis nous donne un cours en quelques pages seulement sur l'histoire de la gladiature. Très intéressant. On s'aperçoit alors très vite que les gladiateurs au temps des faits (-73/-71 av. J.-C.), n'ont plus grand chose à voir avec ceux de la Rome du IIème ou IIIème siècle de notre ère.
La révolte de Spartacus n'avait certainement pas pour but de mener des dizaine de milliers d'esclaves et/ou de gladiateurs hors d'Italie. Teyssier nous explique clairement qu'à l'origine, ils n'étaient que quelques dizaines et que le Thrace aurait probablement préféré que cela reste ainsi. Ils seraient alors devenu un groupe de renégats parmi tant d'autres à travers tout l'Empire naissante, particulièrement redoutable certes du fait d'être tous des gladiateurs, mais avec le temps, le Sénat les auraient peut-être bien oublié.
Mais leurs premiers succès contre les toutes premières légions romaines, leur audace aussi et leur efficacité ont fait ameuter des dizaines, puis des centaines et enfin des milliers d'esclaves venant de partout. Et c'est sans le vouloir que Spartacus s'est retrouvé avec une armée improvisée.
Les gladiateurs étant la lie de la société chez les Romains, ils ne furent guère pris au sérieux et surtout, le Sénat ne voulut pas les considérer comme des ennemis digne d'intérêt. Ce fut la grosse erreur du Sénat et de Rome. Cela résultera sur presque deux ans de guerre.

L'aubaine des révoltés fut aussi l'époque. A ce moment là, Rome avait envoyé ses meilleurs généraux faire la guerre avec leurs meilleurs légions en Espagne d'une part (Pompée contre Sertorius) et de l'autre il y avait la guerre en Bythinie contre Mithridate VI, roi de Pont (Légions romaines commandées par Lucullus). A ceci s'ajouta les pirates qui harcelaient très efficacement les navires de ravitaillement pour Rome et les braises d'une guerre civile non encore complètement éteintes. Donc les conditions étaient idéalisées pour la révolte des esclaves.
Maintenant il faut bien voir les faits d'un point de vue historique. Loin d'être un combattant pour la liberté des esclaves, Spartacus étaient avant tout un gladiateur évadé d'une école de gladiateurs (à Capoue). Son armée probablement non désirée devenant un "pot pourri" multilingues, les ethnies très diverses, beaucoup d'entre eux n'étant attendu nul part, l'idée de quitter l'Italie s'est imposée plus qu'elle ne fut un but. Mais après la première désillusion (impossibilité de traverser le Pô) et l'illusion sicilienne, force est de reconnaître que l'exode des révoltés étaient sans but. Rien à voir donc avec le film de Kubrick. Il ne fut jamais question de marcher sur Rome (pas de machine de siège). Les chefs étaient nombreux, le seul moyen de se faire à peu près comprendre était des rudiments de latin. Bref, Spartacus n'était pas le chef suprême. Il fut même parfois contesté, perdit de nombreux alliés qui se détachèrent de lui (pour aller se faire massacrer ailleurs), et c'est visiblement contre son grès qu'il mena la dernière bataille qui semblait perdue d'avance.

Autre image d'Épinal écornée : il n'y avait probablement guère de femmes, d'enfants ou de vieillards dans l'armée de Spartacus. Trop handicapant, ils auraient considérablement ralenti une si importante troupe dont l'un des principaux moyens de survie était d'être constituée de personnes qui lui étaient utile. Encore un exemple? Les gladiateurs révoltés n'épargnaient pas leurs prisonniers romains. Ils furent des centaines (peut-être des milliers) à être exécutés ou immolés. Nous sommes très loin d'un guide "Moïsien" avec un immense mouvement de solidarité vers la liberté. Chacun se battait plus pour soit même plutôt que pour tous.
Enfin nous apprenons aussi que la mort par la crucifixion de masse que connurent les derniers survivants (estimés à 6000 sur...environ 80 000 à 100 000) était une peine réservée au rebut de l'humanité chez les Romains. Les révoltés savaient donc tout à fait ce que pouvait avoir comme conséquence une défaite et que la mort sur le champ de bataille était la meilleure fin qu'ils pouvaient espérer. Là-dessus l'auteur exagère à mon avis un peu sur les bilans des batailles. Ne dit il pas que si une armée de 10 000 Romains étaient vaincus, Rome perdaient 10 000 soldats? Il n'y avait donc jamais de survivant dans les batailles? Il en va de même pour chaque affrontement.

Tout au long de la lecture des comparaisons sont régulièrement faite entre Spartacus, qui en passant semblerait avoir eu des origines nobles, et l'ennemi qui 150 ans plutôt traumatisa Rome : Hannibal. Mais plus encore avec Vercingétorix. Je note que Teyssier un moment affirme que le Thrace et l'Arverne eurent comme point commun de connaître nombre de victoires avant la défaite. A ma connaissance la seule victoire de Vercingétorix fut Gergovie. mais passons (d'après le "Vercingétorix" de J. Harmand), je ne suis pas historien....
Au finale, cette guerre, appelée "la troisième guerre servile", aura eu pour conséquence que les Romains se seront d'avantage méfiés par la suite et des esclaves et des gladiateurs. Mais elle n'aura rien changé aux conditions des esclaves. 20 ans plus tard c'est avec des centaines de milliers d'esclaves que Jules césar reviendra de sa victoire sur les Gaulois. On peut, je pense, juste dire que la troisième guerre servile a accéléré des évènements politiques qui auraient probablement eu lieu de toute façon. Si ce n'est l'émergence de Jules César, qui ne joua aucun rôle lors des faits, mais dont l'accélération des conséquences politiques lui donna une occasion qu'il saisit, devenir le troisième homme du premier Triumvirat (avec Crassus et Pompée). Dire que la révolte de Spartacus fut un évènement historique majeure est une vérité en demi-teinte.

A la tête d'une armée aux origines et intérêts souvent très diverses, une armée qu'il ne parvint jamais à vraiment unifier, Spartacus ne fut à aucun moment un prophète, un guide ou un révolutionnaire (il n'a jamais cherché à changer la société romaine). L'auteur exprime brillamment cette erreur si courante de projeter sur des personnes ayant vécu en leur temps avec les idées et valeurs de leur temps, des idées et des valeurs de notre XXème-XXème siècle. Commettre cette erreur contribue systématiquement à ne rien comprendre ou fort peu l'histoire des hommes concernés.
La troisième guerre servile fut une irruption de violence soudaine et tout à fait imprévue, qui mit en lumière les faiblesse de la Rome d'alors mais aussi sa capacité d'adaptation,. Menée par une tacticien aux talents évidents, avec un coup d'œil certain, excellent organisateur aussi, sa révolte, si elle a eu quelques petites chances de mener à la victoire (il aurait suffit de traverser le Pô ou d'éviter la trahison des pirates) a peut-être, j'écris bien peut-être, plus été un conflit perdu d'avance.
Malheur aux vaincus.


Le chemin de la Montagne de pluie
Le chemin de la Montagne de pluie
par N. Scott Momaday
Edition : Broché
Prix : EUR 13,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Il est un chemin, une Montagne, et la pluie..., 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chemin de la Montagne de pluie (Broché)
Le chemin de la montagne de pluie...
Comme à son habitude, c'est avec une plume souvent légère et toujours de toute beauté que N. Scott Momaday nous fait voyager, par un chemin intime, très intime. Celui de son peuple et de son enfance.
Car en effet, c'est à travers trois époques, distantes l' une de autre de plusieurs siècles, que l'Auteur (et là, le "A" majuscule n'est pas superflu) nous évoque ses souvenirs. Ce sont les légendes d'abords. Celles de son peuple, les Kiowas. Légendes à travers lesquelles il nous permet de mieux connaître leur genèse. Puis l'Histoire. Leur Histoire. En fait, un passage qui, avec mystère pourrait-on penser, trouve un lien avec le mythe. Enfin ce sont les souvenirs personnels, avec une grand-mère très présente.

Mais attention, il ne s'agit ni d'un livre ethnologique, ni sur la mythologie, ni un livre d'histoire ou encore une biographie. Rien de celà, mais juste...comment dire...un ouvrage qui suit les empruntes invisibles tracées le long d'un santier à travers des fourrés denses, un chemin à travers le passé et le présent. Ce lien que l'on ne voit pas mais bien réel entre les générations, comme celles entre les racines d'un arbre et son faîte le plus élevé.
A travers ces souvenirs, c'est la poussière du temps. Ce sont des images vieillies. L'écho des sons anciens qui semble venir de très loin, comme un mot soufflé à notre oreille par un vent provenant d'une époque très ancienne. Des présences, des sons, des anecdtoes dont le ciel et la terre se souviennent.
Un ouvrage court, à peine une centaine de page, et qui pourtant ne se lit pas d'une traite, non. Ou alors c'est que le lecteur ne sait pas lire ni entendre. Ni voir.
Un livre qui nous transporte dans une nostalgie poétique intense.


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