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Commentaires écrits par
damien (Avignon, France)

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The Man Who Sold The World
The Man Who Sold The World
Prix : EUR 6,99

48 internautes sur 50 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'Homme Qui Se Vendit Au Monde., 8 mars 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Man Who Sold The World (CD)
« The Man Who Sold The World »* est la deuxième collaboration avec le producteur Tony Visconti (qui produit également Tyrannosaurus Rex**) ; le travail de Visconti s'avèrera considérable sur ce troisième opus de David Bowie : en plus de ses fonctions de production, il y contribuera d'une part en tant que bassiste (son instrument de prédilection), d'autre part en tant qu'arrangeur en compagnie de Mick Ronson*** à partir des mélodies et grilles d'accords fournis par David qui ne se rend aux studios que par intermittence (en partie pour des raisons personnelles dont une d'importance : son récent mariage avec Angie).
Mais si David travaille « à l'arrache » sur l'album, dont il écrit les paroles assis dans un coin du local (à l'inspiration du moment comme il le fera souvent) et enregistre les parties vocales en une seule journée, cela ne s'en ressent nullement sur la qualité générale des différents titres.
Pour ce qui est des textes, dont nombres sont parmi les plus inspirés de David, Bowie puise tout autant dans sa vie privée dans ce qu'elle a de plus tourmentée (père décédé, mère sévère, frère interné****, séparation d'avec son ancien manager Ken Pitt, abus de haschisch,...) que dans ses diverses lectures (« Le Prophète » de Khalil Gibran, « Also Spratch Zarathustra de Nietzsche, divers écrivains de Science-Fiction dont peut-être Robert Heinlein auteur de « The Man Who Sold The Moon » et Murray Leinster auteur de la nouvelle « A Logic Named Joe »). David nous fait ainsi évoluer dans un monde angoissé et violent : voyage intérieur et rencontre avec « un monstre qui n'est autre que moi-même » dans « The Width Of A Circle », internement dans « une maison froide et grise » dans « All The Madmen », l'insaisissable et optimiste ( ?) « Black Country Rock » au son très Bolan ne semble pas vraiment à sa place sur cet album, thème existentialiste désabusé avec « After All », histoire d'un soldat victime du « Running Gun Blues » qui revient de la guerre (du Vietnam ?) et qui a l'intention de faire un carton sur tout ce qui bouge car on « lui a laissé sa carabine », « Saviour Machine » nous parle du rêve de President Joe sur une machine à la panacée universelle qui en donnant le bonheur total à l'humanité transformerait cette dernière en troupeau asservi et méprisable, dans « She Shook Me Cold » Bowie nous parle d'une entité féminine qui l'a subjugué et annihilé sa volonté (une/sa femme, la drogue ?), le grand classique « The Man Who Sold The World » nous permet de rencontrer le solitaire « homme qui vendît le Monde », l'album se terminant avec la chanson « The Supermen »***** qui narre la vie triste et éternelle de créatures supérieures ne rêvant que d'une seule et unique chose : la mortalité.
Quant au son, hormis « After All » et «The Man Who Sold The World » (singles potentiels), la production de Tony Visconti est très marquée « heavy » (style musical datant fin 60 début 70 popularisé par des groupes tels que Black Sabbath, Blue Cheer, Hawkwind et Uriah Heep, pour ne citer qu'eux), Mick Ronson ayant demandé à Visconti « d'emprunter » le jeu de basse de Jack Bruce du groupe Cream (guitariste : Eric Clapton, batteur : Ginger Baker), pendant anglais du « son » Hendrix. L'ajout de l'étrangeté du synthétiseur, très rare à l'époque, et d'un maniérisme volontiers grandiloquent et « wagnérien » donneront une touche progressive et futuriste à l'ensemble qui fait de « The Man Who Sold The World » l'un des albums les plus S-F de David Bowie et de toute l'histoire de la Rock Music.
Poussé par son nouveau management très ambitieux (peut-être plus que leur poulain) qui organise un « plan communication » surtout tourné vers les U.S.A., Bowie se rend donc principalement en Amérique à sa plus grande joie car il est fasciné par ce pays et certains de ses artistes (Dylan, Kazan, Kerouac, Sinatra, Stooges, Velvet Underground, Warhol...). Voilà les diverses influences d'un David Bowie qui commence à goûter au plaisir du succès et dont on retrouvera la quintessence sur l'album suivant intitulé « Hunky Dory », expression signifiant « tout va bien », en somme.
Le Coin du Collector :
*L'édition originale chez Mercury existe en 3 pochettes : la célèbre « drag cover » pour l'Angleterre où l'on voit Bowie habillé en femme nonchalamment allongé sur un canapé, la pochette US est un dessin style B.D. sur lequel figure le personnage de la chanson « Running Gun Blues » se tenant devant « Cane Hill » (lieu de séjour psychiatrique de son frère Terry ) et pour l'Allemagne de l'Ouest ce fut aussi un dessin S-F avec une pochette ronde qui s'ouvre pour faire un poster. RCA rééditera l'album en 1972 avec une pochette en noir et blanc époque « Ziggy ».
**groupe avec Marc Bolan, ami et « concurrent » de Bowie, qui deviendra par la suite T-Rex toujours produit par Visconti.
***futur « Spider From Mars », membre fondateur de « The rats », qui entrera dans la légende comme guitariste de « Ziggy Stardust » et arrangeur émérite de Bowie sur la période « glam ».
****Terry Jones, frère aîné de David, qui se donnera la mort en se jetant sous les roues d'un train. Terry a fait découvrir la lecture et la musique venant d'Amérique a son petit frère qui lui consacrera au moins trois chansons : « All The Madmen », "The Bewlay Brothers », « Jump (They Say) ».
*****une version alternative de « The Supermen » a été enregistrée pour l'album commémoratif du festival de Glastonbury de 1971. « Memory Of A Free Festival » (de l'album « David Bowie », 1969) est réenregistrée avec Ronson dans une version « heavy » et sortira deux parties sur un single paru en 1970.


Space Oddity
Space Oddity
Prix : EUR 9,98

42 internautes sur 43 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 1969 : OK !, 18 février 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Space Oddity (CD)
Lorsque arrive dans les bacs des disquaires en 1969 l’album que nous connaissons sous le titre* de « Space Oddity », David Bowie a 22 ans et déjà cinq années de métier. Mais s’il s’est créé un nom (il a changé « Jones » en « Bowie » en 1966) il ne s’en est pas encore fait un auprès de la critique et surtout du grand public.
Cet enregistrement (qui est le deuxième** de Bowie) est donc important dans sa carrière à deux titres :
D’abord avec le morceau « Space Oddity » qui ouvre le CD, Bowie connaît là son premier grand succès et, « petit coup de pouce » d’importance, la chanson est utilisée en Angleterre comme générique aux émissions T.V. consacrées à l’alunissage d’ Apollo XI ;
Ensuite avec son disque Bowie s’affirme en tant qu’auteur dont l’univers oscille entre fiction—voire S.F. (« Space Oddity », « Wild-Eyed Boy…», An Occasionnal Dream ») et expériences vécues (« Letter To Hermione », « Memory Of…»), entre mythologies personnelles (« Cygnet Commitee ») et influences majeures (« Unwashed And… » très dylanesque).
Si les arrangements et la tonalités des morceaux différent selon les ambiances imposées par les sujets (blues rock pour « Unwashed and… », ballade folk pour « Letter To… », psyché pour « Space Oddity » et « Memory Of… »), l’instrument se distinguant le plus est la guitare sèche ; d’ailleurs les démos originales*** ont été enregistrées à deux guitares (Bowie jouant avec son ami Hutch). Quant à la voix de Bowie, elle se place souvent dans les médiums, flirtant tout de même de temps en temps avec les hautes : le maniérisme dandy à la « Ziggy » n’existe pas encore.
Bowie ne joue pas encore dans la provocation et ses textes sont sensibles et touchants, parfois naïfs dans le sens noble du terme, « Letter To Hermione » en étant le parfait exemple ; il s’agit de la plus belle chanson d’amour écrite par lui où il met à nu son désespoir amoureux derrière un mince voile de poésie réaliste en décrivant avec justesse les moindres soupirs de tristesse de l’amant délaissé.
Les années d’ effort et de galères commence à payer avec « Space Oddity » mais David Bowie ne va pas s’arrêter en si bon chemin ; la célébrité ne se gagne pas, elle s’achète : mais à quel prix ? Le prochain album de Bowie sort l’année d’après, en 1970. Son titre ? « The Man Who Sold The World ».
Le Coin du Collector :
*cet album est paru à l’origine sous trois titres et pochettes différentes : « David Bowie » (chez Philips en Angleterre, 69), « Man Of Words/Man Of Music » (chez Mercury aux USA, 69) puis « Space Oddity » (chez RCA pour l’international en 1972).
**Le premier album de David Bowie est paru en 1967 sous un titre éponyme sur le label Decca/Deram.
***Trois chansons figurants sur la démo originale ne sont jamais sorties : « Lover To The Dawn », « Life Is A Circus » et «Love Song ». On peut trouver la version « originelle » de « Space Oddity » sur les compilations suivantes : « London Boy » (version longue non remasterisée) et « The Deram Anthology 66-68 » (version courte mais remasterisée ).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 30, 2014 2:52 AM CET


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