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fawnes (France)

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Le crépuscule d'une idole
Le crépuscule d'une idole
par Michel Onfray
Edition : Broché
Prix : EUR 21,28

54 internautes sur 145 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Narcisse manipulé, 29 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le crépuscule d'une idole (Broché)
Depuis qu'elle existe; la psychanalyse est l'objet de nombreuses attaques. Elle fut pourchassée par les nazis, parce qu'elle donnait de quoi comprendre ce dont les mythes sont faits. Elle fut invectivée par les catholiques, parce qu'elle fournissait une théorie psychologique de la religiosité et mettait au centre de l'humain le rapport à la sexualité.

Michel Onfray cherche à ouvrir un nouveau front. Se réclamant de Nietzsche (dont il semble ignorer les anticipations de la découverte freudienne; p. ex. dans "Aurore") il se croit fidèle à son maitre en pratiquant systématiquement l'attaque ad hominem, l'injure et l'outrance. On remarquera qu'il se pose comme détenteur de "la" vérité sur toute chose, mais qu'il est plus à l'aise avec les petits ragots qu'avec les textes, les concepts, les faits et l'histoire elle-même.

Et c'est là le nœud de l'affaire: Onfray, comme tous les narcissiques, évolue dans la toute-puissance. Ce qu'il dit doit être vrai puisque c'est lui, Onfray, qui le dit. Parole de roi fait loi. On n'est pas au niveau de la pensée rationnelle, mais à celui de la parole magique, nouvel avatar du religieux. Nietzsche a de quoi se retourner dans sa tombe!

La haine d'Onfray pour la psychanalyse est celle de tous ces "postmodernes" qui érigent en valeur suprême la jouissance individuelle, non le partage, la vie en commun, la citoyenneté.

Pas étonnant que les tenants du "chacun pour soi", de la concurrence généralisée et de l'égoïsme aient fait honneur à ce bavard autosatisfait!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (33) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 31, 2011 11:41 AM MEST


Critique de la faculté de juger
Critique de la faculté de juger
par Emmanuel Kant
Edition : Poche
Prix : EUR 8,55

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 ... parachève toute l'oeuvre de Kant, 27 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Critique de la faculté de juger (Poche)
Le problème fondamental de Kant est peut-être de dégager ce qui extirpe chaque individu de sa solitude et lui permet de se retrouver avec les autres dans un espace commun. Espace de la connaissance objective (Critique de la raison pure), espace de la loi morale assumée en droit par tous et par chacun (Critique de la raison pratique), et ici, espace intersubjectif du jugement de goût 'qui porte sur la beauté et non sur l'agrément) et espace semi-objectif de la nature organisée. La deuxième partie, trop souvent délaissée, expose comment le spectacle de la nature féconde en nous le désir de connaître et nous donne dans la variété de ses incarnations des symboles matériels et physiques de la moralité. On ne dit jamais assez que Kant est l'un des très grands penseurs du symbolisme. Sa théorie de la beauté "libre" anticipe étonnamment sur l'esthétique actuelle. Peu instruit en histoire de l'art, il a su transformer cette faiblesse en obligation de rigueur dépouillée. On a presque envie de dire que c'est là du grand art...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2011 2:02 PM MEST


Une maison de poupée
Une maison de poupée
par Henrik Ibsen
Edition : Broché

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "L'Ecole des femmes" version 1879, 17 avril 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Une maison de poupée (Broché)
Dans un schéma qui n'est pas sans rappeler celui de Molière, Ibsen nous donne à voir l'émancipation d'une femme. Ici, il ne s'agit pas d'une jeune fille sortant des griffes d'un barbon, mais d'une jeune épouse et mère s'affranchissant de la tutelle de son mari et plus encore de la société, sans qu'il y ait intervention d'un amant. C'est beau et c'est fort.
Pourtant, Ibsen ne pouvait qu'être de son époque, et les ressorts du drame bourgeois comme ceux du vaudeville sont bien visibles: reconnaissance de dette, réconciliations amoureuses, lettres recommandées remplissant la fonction jadis dévolue au "deus ex machina", tout cela a terriblement vieilli et pose de sacrés problèmes aux metteurs en scène d'aujourd'hui. Il n'empêche que, s'il fait des concessions au mélodrame, Ibsen s'en dégage plus qu"à(demi, et, sans retomber dans le romantisme, fait entendre la voix douloureuse, mais digne et inflexible, d'une liberté qui se cherche et en fait s'est déjà trouvée.
Au fait, où est-il, le Ibsen de notre époque? Il en aurait des choses à nous dire, pourtant...

Tony Duvert: L'enfant silencieux
Tony Duvert: L'enfant silencieux
par Gilles Sebhan
Edition : Broché
Prix : EUR 13,49

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 de la nuit totale au brouillard épais, 12 avril 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tony Duvert: L'enfant silencieux (Broché)
Tony Duvert est un des plus grands écrivains de ces dernières années, autant dire qu'on attendait avec impatience des explications sur la vie de cet auteur, sa mort et surtout son terrible silence de plus de vingt ans. Et avec le libre de Gilles Sebhan, on est quand même un peu déçu.

Certes, c'est bien le moins, l'auteur nous donne un certain nombre de renseignements biographiques, assortis d'une courte mais intéressante iconographie. Certes, il nous confirme que le décor du "Journal d'un innocent" est bien le Maroc, que "Quand mourut Jonathan" relève de l'autobiographie, que Tony n'a jamais été dans le monde du travail, qu'il avait un enracinement en Touraine, et beaucoup d'autres choses intéressantes.

Pour autant, l'essentiel se dérobe. Des renseignements ne font pas une clé. Rien sur la formation intellectuelle de Tony, sur ses lectures, ses idées politiques, ses voyages, son emploi du temps, s'il avait des goûts musicaux, que sais-je? Rien de bien concret sur son enfance ni en fait sur ses attachements. Rien sur ses prises de position en matière littéraire. Presque rien sur la genèse et la publication de ses derniers écrits. L'auteur bascule très vite dans l'hypothétique, "Je crois que", 'Je suis sûr que"...

Et c'est là que cela ne va plus du tout. Soucieux de ne pas produire un travail froid et désincarné, Gilles Sebhan se donne une unité narrative qu'il croit sans doute être un hommage à son auteur: le cadavre de Tony qui, pourrissant dans sa petite maison de Thoré près de Tours, dévide sa pelote de mots. Ce n'est pas très ragoûtant, pas très probant et pour tout dire un peu ridicule. Du sous-Duvert en somme.

Et le plus grave à mes yeux, c'est que la figure de Tony, telle qu'elle émerge de ce livre, est vraiment peu flatteuse: un gros benêt immature et ronchon, désarmé devant la vraie vie, totalement asocial et dépressif, régressant au final vers cette sujétion à la mère qu'il avait tant raillée chez les autres... Il se peut que cela soit vrai. Mais j'attendrai un constat autrement étayé avant de conclure que Tony était un pauvre type.

Après, c'est sûr qu'il fallait commencer quelque part et que, grâce à cette enquête un peu bâclée, on est tout de même plus informé après qu'avant. Mais l'eessentiel du travail de critique littéraire et de biographie reste à faire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 19, 2011 11:35 AM MEST


L'ile atlantique
L'ile atlantique
par Tony Duvert
Edition : Poche
Prix : EUR 8,60

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 de l'intérêt de fuguer en île, 10 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ile atlantique (Poche)
Ce livre est à bien des égards l'accomplissement de l'œuvre de Tony Duvert. Prosateur d'exception, celui-ci s'était heurté souvent au risque de l'éparpillement, du patchwork, de la collection de morceaux de bravoure savoureux mais disparates. Il surmonte ici le problème et parvient à unifier fortement son roman. Trois thèmes sont employés à cet effet: (1) d'abord, et c'est peut-être le plus important, celui de la dénonciation sociale, et pas seulement littéraire, d'une bourgeoisie dont l'hypocrisie est un pilier, où l'on bat les enfants pour oublier ses propres turpitudes,, où l'on boit, où l'on ment...Cet échec des valeurs familiales, même mâtinées d'idéologie libérale-libertaire, en annonce un autre, plus massif et plus général: celui du monde soi-disant apaisé et consensuel où nous avons à vivre... et de ses valeurs. (2) Celui de la fugue, qui, couplé à l'évocation de la délinquance juvénile, vient renforcer l'accroche sociale précédemment évoquée, mais sans s'y réduire. On sait bien qu'une fugue est toujours , au fond, fuite devant soi-même et en même temps recherche de soi. Les enfants, et notamment Julien, se métamorphosent et de victimes se font explorateurs. (3)Celui de l'insularité. Dans cette île où les adultes reproduisent le continent (usines entrevues, travail, fêtes calendaires, valeurs et mœurs) les enfants vivent dans une sorte de cercle enchanté, magique et irréductible qui ne touche que tangentiellement (et violemment) le monde normé par le droit et la morale. Tourner en rond ne leur fait pas peur, eux qui ont décidé de ne pas marcher droit.La circularité de l'île est un défi à la linéarité du monde.

Par ce lyrisme et cette indifférence à l'égard d'un discours explicatif et réducteur, par cette métamorphose d'un vécu (ici l'univers enfantin) en quelque chose d'absolument signifiant, par l'écriture employée aussi, fluide et suggestive, aussi musicale qu'il est possible en français, Tony se rapproche étonnamment de Joyce, à qui il envoie d'ailleurs ("le square Léon Bloom"!) quelques œillades malicieuses. Un très grand livre en vérité!

De la guerre en philosophie
De la guerre en philosophie
par Bernard-Henri Lévy
Edition : Broché
Prix : EUR 12,07

36 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 La ferme des célébrités, ou plaidoyer narcissique pour la paresse d'esprit, 14 février 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : De la guerre en philosophie (Broché)
Encore plus mégalomane qu'à l'ordinaire, BHL convoque le ban et l'arrière-ban des célébrités médiatiques pour appuyer ses propos fumeux sur la guerre, la paix, la religion, la Shoah, la France, etc. Rien n'échappe à ses affirmations péremptoires, terroristes et auto-satisfaites. Ce salonnard se veut "un pirate" en philosophie. Ilest plus facile parler des "concepts froids" que d'en produire. Un déluge de sophismes et de caricatures qui,'a d'autre fonction que de lui permettre de prendre la pose. Que le narcissisme s'exerce aux dépens de la plus élémentaire rigueur intellectuelle pose tout de même question; comment peut-on encore diffuser de telles sottises, auxquelles je ne suis pas sûr que l'auteur croit lui-même ?? Notons au passage qu'il s'est bien fait avoir, BHL, en prenant pour argent comptant un canular sur la vie sexuelle de Kant, oeuvre en fait d'un journaliste du Canard Enchaîné !

Loulou [Import anglais]
Loulou [Import anglais]
DVD ~ Gerard Depardieu
Prix : EUR 14,54

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 le naturalisme est un art exigeant..., 6 février 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loulou [Import anglais] (DVD)
Cette fois-ci, Pialat ne s'enferme pas dans le glauque, mais esquisse une critique sociale lourde de vérité, épaisse et noire. Si les performances d'acteurs sont saisissantes (Depardieu est à son zénith) c'est vraiment l'aspect "tranche de vie" qui est inoubliable: ainsi les dialogues avec la gardienne, ainsi surtout l'extraordinaire repas de famille en plein air gâché par le gendre schizo parano, pauvre type mais ô combien dangereux, symbole d'un quart-monde rien moins que romantique... Tout cela est si vrai dans un réalisme un poil popu... le cinéma français s'est rarement approché avec tant de justesse de la vie des gens. Par contraste et quel que soit le talent des acteurs, l'histoire triangulaire manque un peu de crédibilité et pour tout dire d'intérêt. Elle sert d'écrin au décor. Tout arrive.

Nouvelles
Nouvelles
par J.D. Salinger
Edition : Broché
Prix : EUR 18,53

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 récits acides à peine jaunis par le temps, 28 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nouvelles (Broché)
C'est le témoignage d'une génération perturbée par la guerre, dont la difficulté à communiquer avec les plus âgés ne fait qu'illustrer avec acuité les difficultés de la communication entre tous les humains, fussent-ils du pays des vainqueurs. Une tendresse diffuse et désespérée rôde dans ces pages baroques et drolatiques. L'essentiel n'est pas dit, mais intensément suggéré. Du très grand art.

Simon and Garfunkel's Greatest Hits
Simon and Garfunkel's Greatest Hits
Prix : EUR 8,93

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 envoûtant, 20 janvier 2010
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Simon and Garfunkel's Greatest Hits (CD)
Un vieux compagnon, ce disque vinyle devenu CD... Prodigieuse complémentarité de ces deux voix, fraîcheur de Garfunkel, causticité de Simon... mais surtout, ce rythme on ne sait d'où venu, tantôt auoritaire, tantôt évanescent: derrière, un travail impressionant qui a l'élégance de s'effacer... beaucoup de malice aussi... un moment d'une densité inégalable.

Bienvenue chez les Ch'tis : La BD adaptée du film de Dany Boon
Bienvenue chez les Ch'tis : La BD adaptée du film de Dany Boon
par Pierre Veys
Edition : Comic

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 plaisant, 15 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bienvenue chez les Ch'tis : La BD adaptée du film de Dany Boon (Comic)
On comprend mal les passions que ce film a pu susciter. L'intrigue est mince et dépourvue de vraisemblance, restent donc les gags, parfois savoureux, le plus souvent indigents et lourds. Surtout, c'est l'aspect d'inachevé qui agace: qu'est-ce qu'il y a dans ce couple? Pourquoi le monsieur réussit-il si bien professionnellement? et surtout, qu'est-ce qu'ils ont de si beau, de si attirant, ces paysages du nord,, que même la dépressive provençale tombe sous le charme? Moi je le sais...

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