Profil de fawnes > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par fawnes
Classement des meilleurs critiques: 1.133
Votes utiles : 1513

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
fawnes (France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Portrait de l'artiste en jeune homme
Portrait de l'artiste en jeune homme
par Jacques Aubert
Edition : Poche
Prix : EUR 8,64

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La possibilité d'un exil, 18 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Portrait de l'artiste en jeune homme (Poche)
Ce livre peut se lire à trois niveaux: comme un récit de formation, comme un témoignage réaliste sur l'éducation en pays catholique, comme un manifeste.Évidemment,le premier niveau est le plus important. Le regard de l'enfant, déjà mal-voyant, déchiffre mal la réalité morale, politique, économique, historique du monde qui l'entoure, les inhibitions et les déficiences de son entourage familial, et il les pallie en suscitant un monde imaginaire, parade et refuge qui au fond vaut bien mieux que les balivernes religieuses et politiques dont tant d'autres se contentent. Le projet d'un exil effectif prolongeant l'exil intérieur prend forme dans tout ce récit, pour aboutir à une formulation exceptionnellement explicite et sans ambiguïté - ce qui n'est pas si fréquent chez Joyce. Des figures essentielles apparaissent: Hermès, Dédale et Icare. Bouleversé par la chute (politique) du courageux Parnell, Joyce n'aura plus qu'un souci: s'échapper à tire d'ailes à une société sans espoir, en la recréant artistiquement.

Les Royaumes de Borée
Les Royaumes de Borée
par Jean Raspail
Edition : Poche

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 plus lyrique que romanesque, 7 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Royaumes de Borée (Poche)
Jean Raspail a parfaitement capté la fascination que peut exercer la notion de frontière, surtout quand il s'agit de frontière extrême, à la fois présente et invisible. Quelques pages et notations, notamment au début, sont de ce point de vue proprement jubilatoires. Dommage que l'on embraie sur un ensemble qui tient à la fois de la chronique et du roman d'aventures, qui prend trop de distances avec la vie réelle des hommes pour lesquels l'auteur semble éprouver de moins en moins d'empathie au fil des pages. Une exception toutefois, le récit des exactions de l'armée napoléonienne à Moscou. Mais je crois que Jean Raspail, conteur plutôt que romancier, gère mal le roman au long cours. Cela dit, quel thème excitant!

Truismes
Truismes
par Marie Darrieussecq
Edition : Poche
Prix : EUR 5,65

10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 répugnant, 6 août 2011
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Truismes (Poche)
Si un homme avait commis ce sinistre récit, aucun éditeur n'en aurait voulu. Le fait qu'il s'agisse d'une femme peut laisser augurer d'une mise en abîme, d'un second degré, d'une allégorie porteuse de quelque chose de très intime sur la féminité. Mais non! Avec la surdité qui caractérise certains petits vieux qui ont de la suite dans les idées de façon pénible, l'auteure dévide sa colossale finesse sans nous faire grâce d'une étape. On est au niveau du "comment vas-tu yau de poêle", etc. Au fond de tout cela, le mépris d'une intellectuelle bourgeoise pour les femmes auxquelles elle se croit supérieure. Mais l'incapacité à créer mal dissimulée sous le parti-pris d'user un procédé jusqu'à la corde m'amène à penser, après d'autres, que cette auteure a quelques difficultés avec la chose littéraire. Elle a cherché à faire un coup plutôt qu'une oeuvre. Je ne rentrerai pas dans son jeu en disant qu'il s'agit d'un coup de groin, mais j'ai mon idée...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 19, 2012 2:03 AM MEST


Bérénice
Bérénice
par Jean Racine
Edition : Poche
Prix : EUR 2,81

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quelque chose d'essentiel dans cette élégie, 1 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bérénice (Poche)
D'accord, Racine était un bonhomme odieux et la pièce concurrente de Corneille "Tite et Bérénice" (!) possédait des qualités dramaturgiques incontestables. D'accord, il y a là-dessous comme un vilain parfum de jansénisme et de prédestination. D'accord, c'est moins une pièce de théâtre rythmée et musclée qu'un long lamento élégiaque. Eh bien justement: dans cette pièce que certains auraient ambitionné de jouer "dans une grange", ce qui s'écrit, au-delà de la médiocre réflexion politique, c'est la condition de la passion face au temps des hommes d'abord, puis face au langage, puis enfin face au temps métaphysique: "Dans un mois, dans un an..." Racine est le seul avant Aragon, qui lui a d'ailleurs rendu hommage, à avoir su tirer de ce très modeste instrument qu'est la langue française, des accent à ce point harmonieux. Qu'il en soit remercié.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 12, 2012 10:14 PM CET


Hombres
Hombres
par Paul Verlaine
Edition : Poche
Prix : EUR 4,65

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hombre!, 25 juillet 2011
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hombres (Poche)
Ah, là c'est sûr, ce ne sont plus les "Fêtes galantes" ni les "Romances sans paroles"... le langage est cru, direct, et l'ensemble enregistre finalement beaucoup plus qu'il n'évoque. Avec un courage étonnant pour l'époque, Verlaine provoque, brave les interdits et les idées reçues. Il le fait avec plus d'arrogance à vrai dire que d'humour et de poésie. Mais il nous met aussi en présence d'une source trop souvent occultée de son inspiration, et qui innerve, pour peu qu'on sache y prêter attention, le reste de son oeuvre.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 5, 2011 11:45 AM MEST


Les Contemplations
Les Contemplations
par Victor Hugo
Edition : Poche
Prix : EUR 5,03

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 des mémoires sous forme d'anthologie, 25 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Contemplations (Poche)
Au milieu du recueil, une scansion: la date de la mort de sa fille, juste précédée d'un petit poème écrit dans l'église, pendant la cérémonie du mariage... Il y a un avant, celui de l'enfance rieuse, de la jeunesse austère, celui des polémiques (ah, cette "réponse à un acte d'accusation", comme elle est drôle!) et des expériences stylistiques (remarquables exercices de virtuosité...) et il y a un après: le désespoir, l'exil, le travail de deuil, qui donne tout son sens au titre: contempler, chez ce visuel qu'est Hugo, c'est d'abord prendre de la hauteur, de la distance, du temps, passer de l'action à la description... On lira le dernier livre comme on voudra: formulation particulièrement emphatique d'une métaphysique au fond pas pire qu'une autre, confirmation du principe de Peter (voilà ce qui arrive quand un poète se prend pour un prophète), contre-coup bien excusable de toutes les souffrances endurées, ... mais une chose est certaine, il y a de la grandeur sous cette enflure, de la raison dans cette folie...

Toi qui pâlis au nom de Vancouver : Oeuvres poétiques, 1924-1974
Toi qui pâlis au nom de Vancouver : Oeuvres poétiques, 1924-1974
par Marcel Thiry
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "... d'une Allemande aux mains savamment nues", 16 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Toi qui pâlis au nom de Vancouver : Oeuvres poétiques, 1924-1974 (Broché)
Il est étrange que ce grand poète ait autant de mal à passer la frontière de l'hexagone. Et ce n'est vraiment pas à notre honneur. Le souffle lyrique, ample, coloré, inspiré de Marcel Thiry a passé avec succès le cap du XXI° siècle où tant de hautains fanfarons sombrèrent corps et bien... Je suis heureux de voir que Renaud Camus lui a fait l'hommage d'un titre. Une publication en édition de poche permettrait à un grand nombre de lui faire celui d'une lecture. Entre parenthèses, n'aurait-il écrit que ce premier poème, un tel hapax mériterait à lui seul l'immortalité.

De l'esprit des lois, tome 1
De l'esprit des lois, tome 1
par Montesquieu
Edition : Poche
Prix : EUR 6,65

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "L'amour de la démocratie est encore l'amour de la frugalité" (livre V ch.3), 13 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : De l'esprit des lois, tome 1 (Poche)
Livre fondamental et même fondateur: avec Montesquieu, la question de la législation devient à la fois absolue et relative: absolue, car la loi dans sa généralité est référée à la nature des choses - donc il n'y a rien dans l'ordre de ce qui est qui soit "sans lois", rien de magique, de mystique ou d'inexplicable; relative aussi, car tirant sa valeur et sa validité non pas d'un arbitraire absolu ou d'une rationalité posée comme immuable, mais d'une contextualité géographique (les climats) et secondairement de choix politiques sur lesquels le jugement critique du citoyen peut et doit s'exercer. Ce monument d'érudition, c'est aussi de la dynamite contre l'absolutisme monarchique et au-delà, contre tous les obscurantismes. Contre une tradition multiséculaire, Montesquieu introduit l'historicité Montesquieu introduit la mobilité et l'historicité dans le temps long des institutions. Aux facilités du droit naturel et du droit positif, il oppose la prise au sérieux du particulier, en quoi il est novateur. La préface de Victor Goldschmidt, écrite quelques semaines avant sa mort, situe parfaitement l'entreprise de Montesquieu dans l'histoire de la pensée juridique, tout en soulignant ce que, par son intermédiaire, celle-ci doit à la pensée stoïcienne.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 6, 2011 12:13 AM MEST


You Are Not Alone [Import USA Zone 1]
You Are Not Alone [Import USA Zone 1]
DVD ~ Anders Agensø
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 11,77

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un grand classique gay jubilatoire, quelque part entre François Truffaut et Tony Duvert, 11 juillet 2011
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : You Are Not Alone [Import USA Zone 1] (DVD)
Bon, d'accord, il faut pouvoir visionner un dvd zone 1, et si l'on ne comprend pas le danois, mieux vaut prévoir pas mal d'arrêts sur image pour déchiffrer les sous-titres anglais. Il faudra aussi dépasser un certain agacement devant une grosse impression de déjà-vu: l'un des moteurs de l'intrigue, la révolte des élèves d'un collège de province contre un directeur caricatural de puritanisme psychorigide, cela a été fait mille fois avant et depuis.De fait, on perçoit l'influence de "If" (Ramsqy Anderson) et le poids d'un contexte "sixties" qui date sérieusement. Ajoutons à cela que la naïveté candide du petit Kim (fils du directeur, il lui sera beaucoup pardonné) frôle parfois de très près la niaiserie pure et simple, et l'on conviendra que ce film exige de notre part plus d'un effort.
Oui, mais... il y a aussi des influences plus subtiles: celle de l'écrivain français Tony Duvert, celle du Blow-Up d'Antonioni, et celle de Truffaut... Et surtout, une véritable originalité dans ce film dont l'audace ne vaut pas que pour son temps, et conserve un potentiel d'incitation à la révolte bien perceptible et bien utile. L'extraordinaire qualité d'image, à la fois réaliste et poétique, qui capte à merveille la luminosité nordique, une excellente direction d'acteurs (le personnage de Bo, l'amoureux de Kim, est un alliage étonnant de sensualité et de détermination), la maîtrise consommée des effets de groupe,un thème musical envoûtant, drôle et élégant, tout cela est mis au service d'une idée simple et forte: à la raideur des dogmes et des tabous, tout comme à celle des préjugés haineux, s'oppose la rectitude de l'amitié, de l'amour et de la solidarité.Confronté aux structures familiales, sociales et religieuses qui voudraient lui faire croire le contraire, chacun de nous devrait se dire "tu n'es pas seul", parce que c'est vrai, et que le désir est ce vecteur qui nous ouvre à toutes les solidarités. La scène finale, où l'espoir d'un compromis boiteux proposé par les adultes se fracasse au son de la porcelaine brisée dans la joie sérieuse d'une prise de pouvoir par les forces (non-fumeuses!) du désir et de la dignité, est dans son outrance même un moment libératoire comme on en connait peu. Un très grand film.

Sainte misère
Sainte misère
par Frans Emil Sillanpää
Edition : Cartonné

5.0 étoiles sur 5 est-ce ainsi que les hommes vivent?, 10 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sainte misère (Cartonné)
Ce qui frappe d'emblée chez Silanpää, c'est le ton: une attention extrême liée à un détachement non moins extrême. Tout le monde l'a dit: il a été chimiste et biologiste avant d'être écrivain. Pour lui, l'individu est inséré dans un réseau de déterminations sociales, économiques, et physiques en dernière instance, celles du vivant dans son milieu. Cela posé, son ressenti est prévisible, sa marge de liberté à peu près nulle. Le fait que le pauvre Juha, héros délibérément terne de ce roman, change à plusieurs reprises de nom, est hautement symbolique: le vrai sujet de l''histoire humaine, c'est la "Vie", et toutes ces forces si bien décrites par Schopenhauer, Freud voire peut-être Marx, qui travaillent sourdement, à l'arrière-plan des consciences humaines. Juha ne pénétrera dans l'histoire réelle que par effraction, à la suite d'un malentendu, et en paiera cruellement les conséquences.
La force de Silanpää, ce qui fait son immense humanité, c'est que s'il prend l'homme le plus humble pour objet, et le décrit avec une minutie d'entomologiste exempte de toute complaisance, il ne le traite jamais comme un objet, objet de dérision par exemple. Cela, la "vie" s'en charge. Attitude profondément spinoziste. Et il conduit ceux qui le lisent à se poser la question: cette humanité vouée à un temps cyclique et répétitif, où les enfants meurent pour le plus grand soulagement de leurs parents, où la propriété privée des moyens de production est la donnée première de l'économie, où le déterminisme social et l'hérédité règnent en maîtres, quelle est sa valeur? En Finlande même, pendant ces années, des consciences cheminaient, des groupes sociaux se mettaient en place, et commençaient à fabriquer, dans les pires confusions et difficultés, d'autres formes de subjectivité, commençaient à parler de droits collectifs et pas seulement de devoirs.
Autant dire que la prose sereine de Silanpää témoigne d'un recul nécessaire, et met le lecteur devant ses responsabilités de citoyen. L'essentiel ici n'est pas de plaire, mais de faire penser.

Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20