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Contenu rédigé par Francisco
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Francisco
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Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale]
Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Joaquin Phoenix
Prix : EUR 24,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A Paul Thomas Anderson Joint, 21 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
J'ai pris un pied monumental à fumer ce long polar déviant, ressuscitant les sauvages et poétiques années 70, à l'intrigue suffisamment obscure et improbable pour que l'on s'en foute un peu, dans les pas d'un privé conduisant son enquête avec une paranoïaque mais californienne décontraction hippie, le tout parfumé au chanvre indien.
L'atmosphère de défonce y est apaisée mais permanente, l'humour soigneusement décalé avec de brusques saillies absurdes, les personnages savoureux et le charme omniprésent. La tristesse affleure, mais je m'y suis glissé comme dans une de ces douces soirées d'été, ou, tout grillé de soleil, du sable encore dans les sandales, on s'ouvre un bon petit rosé. Dans le genre radieux millésime descendu des collines de Provence. Le talent est clair, les saveurs complexes mais la note fruitée, voir exotique...
Welcome back in the sweet seventies! Quand la raison se promenait parfois sans laisse et que la loi et l'ordre se diluaient gentiment dans le sillage de généreuses muses, sans profils facebook mais aux jupes éprises de liberté et d'absolu. Ca y est, je pars un peu en live mais c'est parce que les images et sensations sont encore toutes fraîches. Inherent Vice n'est pas un énième polar, encore moins un hommage bourré de clin d'oeils. C'est d'abord le film d'un poète. Un vrai. On y cultive l'art de la fugue. La narration se tord dans tous les sens, claque au vent, mais dans une totale maitrise de l'Art.
Et puis il y a Joaquin Phoenix. Son regard unique le couronne définitivement comme le trash mais digne descendant du Nicholson de Chinatown. Un Big Lebowski se sortant comme par enchantement d'une histoire aussi mystérieuse que celle du Faucon Maltais. Et puis il y a la blonde révélation, Katherine Waterston! ou plutôt, Katherine Waterston... l'actrice irradie dans le rôle de Shasta Fay. Celle par qui tout arrive. Fille de Sam à la ville, petite Emma de Boardwalk Empire, cette adorable fée clochette cultive les extrêmes. Petit oiseau perdu ou magnétique ensorceleuse. Impossible de trancher. Elle vous abandonnera, ivre et ravi, au terme d'une séquence à déboiser plusieurs centaines d'hectares de forêts.
Vous y croiserez également un Josh Brolin au bord du nervous breakdown, un Benicio Del Toro amoureux des vieux gréements, Owen Wilson, bien flippé, chuchote tous ses dialogues et Martin Short, nez dans la poudre et pantalon sur les genoux, y surgit totalement Phil-Spectorisé. Autant de participations irrésistibles. Chouette brochette d'acteurs, visiblement ravis comme tout de trouver un place de choix dans cette joyeuse sarabande de cinglés.
Impossible de parler de ce film sans évoquer la forme.
Du travail d'orfèvre ! Pellicule 35 et 70 ont couché une image "seventies" à fumer le reste de sa moquette avec les poils du chien. Une photographie signée Robert Elswit (fidèle au poste depuis Boogie Nights) baignée dans les teintes et le grain subtil d'une époque d'avant le Botox et les régimes détox. Toutes ces teintes et matières dans l'image palpitent et vibrent désormais sur un disque Blu-ray exemplaire que l'on voudrait presque entendre craquer à la lecture, comme un bon vienx vinyle.
La B.O est forcément divine. C'est Folk, psychédélique, avec quelques touches de variétoche. De belles compos de jonny Greenwood (fidèle de la "famille-Anderson" )accompagnent Neil Young, Jack Scott, the Marketts ou The Tornadoes, et j'en passe... Anderson est un génie donc il fait comme les autres, de Welles à Scorsese, créer un univers qui tient de bout tout seul, se regarde et s'écoute.
Parce que, ne vous y trompez pas, dans ce magnifique et miraculeux bordel qu'est Inherent Vice, adapté de l'invisible et mystérieux auteur Thomas Pynchon, rien n'arrive par hasard...

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Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray]
Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray]
DVD ~ Michael Keaton
Prix : EUR 16,70

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Aigle et méduse, 11 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray] (Blu-ray)
Birdman n'est pas un film. C'est un prodige. Après une série d'oeuvres-chorale filmées autour du monde, Innaritu rassemble tous ses démons dans un même lieu. Les entrailles d'un théâtre. La vie, l'amour et la mort embrassés dans un seul mouvement de caméra. Oui, vous avez bien lu. Birdman est un monstre cinématographique. Une valse barzingue aux raccords invisibles. Gigantesque plan-séquence conduit de main de maître par le directeur photo Emmanuel Lubezki le magicien de The Tree of Life, Gravity, Les Fils de l'Homme... Si j'étais chef-op je ferais une énorme dépression en sortant de ce film. J'irais garder des chèvres dans le Larzac ou tenter un concours d'entrée dans la fonction public. Un choix de mise en scène indissociable du propos. Birdman c'est la vie. Tout droit et sans interruption, jusqu'à la fin.
Le désespoir virtuose et poli, Birdman maîtrise. On se marre un instant avant d'encaisser une ligne de dialogue à se tirer une balle. Barré, loufoque mais toujours bouleversant. À l'image du plan d'ouverture : un acteur vieillissant, lévitant en slip, au milieu de sa loge. Riggan, star has-been au bord du point de rupture, dont l'increvable célébrité ne repose que sur des succès qu'il voudrait balayer. Ce mec reste "Birdman" mais il est seul et fauché. Depuis déjà bien longtemps. Michael Keaton se livre ici corps et âme au génie d'Innaritu. Grotesque et sublime de l'ouverture au dernier plan du film. Difficile de ne pas saisir la petite part d'autobiographie dans celui qui fut le premier Batman digne de ce nom avant de finir sa carrière au générique de films comme Need for Speed ou le pâle remake de Robocop. Le voici de retour, totalement électrisant, dans le rôle de l'ex super-héros de cinéma, tentant un dernier come-back sur les planches de Broadway.
Un come back sur les ailes de l'auteur Raymond Carver. Le personnage de Riggan a donc adapté pour la scène le recueil de nouvelles " What we talk about when we talk about love"( Parlez-moi d'amour) Précisons aussitôt que l'auteur des Vitamines du bonheur, mort à la fin des années 80, reste aujourd'hui encore le pape du naturalisme à l'américaine. Une plume sèche et brutale, ayant dessiné, toute sa carrière, les brèves et pathétiques destinées de types ordinaires. Ici, à l'image de l'univers de l'écrivain, les gloires sont fanées et l'aigreur parfume les couloirs du théâtre.
- How pathetic we are...
- It's not important. You're not important. Get used to it.
Le personnage de Keaton a beau être doué de pouvoirs télékinésiques impressionnants, envoyer valdinguer tous les objets à distance, il reste désespérément impuissant et vulnérable. Hanté par le fantôme de sa gloire passée. Riggan ressemble au cinéma d'aujourd'hui. Tentant de se racheter une conduite et de retrouver le fil de l'art après s'être vendu à la Marvelisation du spectacle et des esprits. Ce virus extrêmement contagieux qui mine aujourd'hui le cinéma populaire, accouchant d'oeuvres aussi pyrotechniques que ternes et prévisibles comme des dimanches de pluie.
- They love this s***. They love blood. They love action. Not this talky, depressing, philosophical bulls***. Yes. And the next time you screech, it'll explode into millions of eardrums. You'll glimmer on thousands of screens around the globe. Another blockbuster. You are a god. See?
Rage et colère et alimentent en permanence la quête artistique de Riggan. Alimentées par les profils névrotiques de ses compagnons de scène. Quel bonheur de retrouver le grand et sous-employé Edward Norton (Fight club, 25th Hour) dans un rôle d'égomaniaque à la hauteur de son talent. Surprenante Emma Stone en jeune fille perdue, fraichement sortie de désintox. Intense et fragile Naomi Watts, ici actrice en mal de reconnaissance. Tous, interprètent à la perfection cette drôle, renversante, déprimante et nihiliste partition. Miroir tendu à un système à bout de souffle. Et plus largement, grande leçon d'humilité face à cette irrépressible soif d'amour et de reconnaissance qui nous carbonise comme des aigles de feu avant de nous abandonner au bord du rivage, acide et infréquentables, comme des méduses échouées.

Le Blu-ray : Le top de l'image numérique couchée sur 35mm. Des entrailles du théâtre au envolées urbaines le prodige s'accomplit en HD. Top démo d'une image de caractère.

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Kingsman : Services secrets [Blu-ray]
Kingsman : Services secrets [Blu-ray]
DVD ~ Colin Firth
Prix : EUR 19,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Let me teach you a lesson !, 10 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Kingsman : Services secrets [Blu-ray] (Blu-ray)
- Manners make the man. Do you know what that means? then, let me teach you a lesson.
Et quelle leçon!
2h10 d'un blockbuster délibérément régressif, totalement jouissif, et joyeusement transgressif. Kingsman, pour vous servir! James Bond au biberon. L'éducation d'un jeune bleu à casquette aux arcanes de l'espionnage musclé par un redoutable gentleman-fighter. La Sixtine du dérouillage de malfaisants.
Distribution de pains, flingages opératiques et vols en chute libre. Ou comment l'art de bien choisir son parapluie et ses pompes est essentiel lorsqu'il s'agit d'endosser le nom d'un Chevalier de la Table Ronde pour aller, flingue au clair, affronter Samuel L Jackson en milliardaire se rêvant maître du monde. Tous les fondamentaux sont en place mais la chanson, elle, est un pur moment de rock'n roll.
Marcher dans les pas d'un Colin Firth furieusement british, parer les coups d'une brune incandescente montée sur prothèses d'acier, découvrir le jeune et épatant Taron Egerton, se régaler d'une mise en scène virtuose aux couleurs éclatantes. Kingsman est un gigantesque cartoon, revisitant James Bond avec une chaleureuse insolence.
Les moments de bravoure s'enchaînent dans un climat de saine fraicheur vous offrant l'occasion de jouir pleinement de votre temps de cerveau disponible. Car, autant être prévenu: Matthew Vaughn, génial réalisateur du premier Kick-Ass, n'a absolument aucune intention de vous filer une méningite. Ici, s'agit seulement d'flanquer une bonne correction aux malpolis, dessouder une pleine église de radicaux fidèles racistes et homophobes (cultissime pétage de plombs d'un Colin Firth en mode téléguidé, ayant à elle seule nécessité une semaine de tournage, 130 acteurs et 20 cascadeurs!) puis essayer le sauver le monde d'une générale et planétaire baston. Faut juste se détendre un peu et se laisser aller. C'est bon et c'est pas compliqué.
- Pretty dog, what's his name?
- JB.
- As in James Bond?
- No.
- Jason Bourne?
- No. Jack Bauer
- Oh.
Les temps changent. la télévision à flingué les idoles du grand écran. Les bonnes manières se perdent, mais Matthew Vaughn s'amuse comme un dingue. Et, quelque part, dans la consensuelle indigence blockbusterisante actuelle, l'acrobatique, violente, assumée, royale et rageuse imbécilité de Kingsman a décidément quelque chose de deeply réconfortant. Enjoy !!!!!!

LE BLU-RAY : On s'agenouille, on joint les mains bien devant son visage, on croise nos petits doigts, et on dit merci !

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American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Bradley Cooper
Prix : EUR 19,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 patriote mais presque, 9 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
Voici une scène qui résume bien la démarche de Mister Clint :
L'instant où le personnage de Chris Kyle neutralise le "boucher" (abominable tueur à la perceuse). Cela ne dure qu'un instant et en coin de plan. Le véhicule explose bord cadre et retour sur l'évacuation de l'unité. Aucune complaisance sur la mise à mort du tortionnaire qui nous a vrillé les tripes auparavent. Une séquence d'action sèche et sans emphase ni envolée musicale triomphante. Le sniper à fait le job. Point barre.
Raconter la vie du Sniper le plus redoutable de l'histoire? On peut le prendre dans tous les sens, le sujet reste casse-gueule. Clint, lui, ne s'embarrasse d'aucune posture. Ni faiseur, ni auteur. Il va faire le job. Sobrement. Avec une implacable simplicité. Dans la totale maitrise de son art et le classicisme royal de sa photographie. Un boulot sur l'image signé du fidèle Tom Stern. Eastwood ne se contente pas d'imprimer la"légende"il va nous raconter l'histoire d'un soldat d'élite. Ni plus beau, ni plus intelligent qu'un autre mais d'une efficacité redoutable. Bradley Cooper, excellent acteur et indiscutable belle gueule et charmeur absolu du nouveau paysage hollywoodien, ne fera d'ailleurs rêver personne dans sa texane composition du patriote, élevé au grain et à l'humour bas de plafond. 15kg de plus et menton en avant. Mais le dévouement absolu du personnage à ses missions sera d'un bout l'autre du film traité avec respect par le cinéaste. Le regard n'est pas glorifiant, juste à hauteur d'homme.
L'hommage est indéniable mais le patriotisme n'éclabousse pas pour autant l'écran. Si le générique de fin célèbre Chris Kyle comme un héros national sur la base d'images d'archives impressionnantes, ce qui a précédé et qui n'appartient qu'au regard d'Eastwood, n'a pas éludé la face sombre de son engagement. Seul concession "hollywoodienne", l'affrontement entre les deux snipers adverses qui s'achève dans une mise en scène clairement "spectaculaire". Mais on ne devient pas "une légende" par hasard. Très vite Eastwood va faire atterrir son personnage. Cet homme que tout le monde surnomme "la légende"quittera l'armée, hanté, dépressif et ne s'en sortira qu'en retournant à la seule chose qu'il maitrise. Le tir. Tout l'amour de sa femme et de sa famille ne suffiront pas à le sortir de sa prostration. C'est auprès de ses "frères d'armes" et en tant qu'instructeur que sa vie retrouvera du sens. C'est aussi cet engagement qui causera sa perte. Un sort évoqué indirectement mais d'une manière absolument admirable et encore sous le signe d'un regard "à distance".
Pour moi la mission est accomplie. Eastwood a évité les deux principaux pièges du sujet. Signer un film ouvertement patriotique qui aurait montré Kris Kyle en nouveau Rambo dans une succession de séquences héroïques ou se laisser aller à un pamphlet rageur qui aurait montré Chris Kyle en bête de guerre, totalement lobotomisée. Les deux axes auraient été à mon avis des contre-sens et n'auraient pas respecté la mémoire du soldat. Le rêve américain, Eastwood n'en a cure. Il suffit de revoir Honkytonk Man, Bird, Mystic River ou Million Dollar Baby pour s'en convaincre. American Sniper est un film de guerre pur et dur. Douloureux, violent et sans illusions.

LE BLU-RAY: On commence à être habitué. Tous les transferts HD des derniers Eastwood sont des modèles du support. Définition et précision au taquet. Respect absolu de la photographie d'origine. Noirs solides et traitement des couleurs admirable. Encore un top démo!

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Keep On Keepin' On
Keep On Keepin' On
DVD ~ Clark Terry
Proposé par __The_Best_on_DVD__
Prix : EUR 18,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Love Supreme, 28 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Keep On Keepin' On (DVD)
60 ans de carrière ! Adulé par tous les grands du jazz comme un dieu de la trompette,"Peut-être le plus grand", Clark Terry, 90 ans, est alité, le diabète gangrène ses jambes, mais son scat est toujours juste et l'oeil pétille en entendant Justin laisser courir ses doigts le long du clavier. Justin Kauflin est alors âgé de 23 ans, il est aveugle depuis ses 11 ans et, depuis, le piano est toute sa vie. Clark est son mentor mais d'abord son ami. Leur amitié bouleverse dès l'ouverture du film. Elle irrigue l'ensemble de ce formidable documentaire de la première à la dernière séquence. Récit d'une vie consacrée au Jazz et à la manière de transmettre l'esprit du jazz, autant que le fabuleuse éclosion d'un jeune prodige.
- "La différence entre les amateurs et les maitres, c'est le désir. Le désir d'atteindre l'excellence" insiste le maître
Et Justin y travaille. Sans relâche. Alan Hicks va accompagner durant près de quatre ans ces deux amoureux du Jazz. L'apprentissage du jeune surdoué permet au maître de garder la flamme. Jusqu'aux pires moments de la maladie. Toujours main dans la main, ils échangent et s'encouragent mutuellement. Sans cesse. Clark doit "se sortir de là" et Justin "trouver son propre son". Il vivront ensemble leurs peurs, leurs échecs et leurs victoires. Avec au bout, la musique. L'amour. L'amour de la musique.
Justin est à bonne école. Comme lui glisse Quincy Jones à la fin d'un repas "Clark, c'est la crème de la crème... C'est formidable, à ton âge de pouvoir côtoyer un homme pareil" Après avoir démarré sa carrière dans les orchestres de Count Basie et Charlie Barnet dans les années quarante, Clark Terry alignera huit ans durant des solos de légende dans la glorieuse formation de Duke Ellington. Le plus grand trompettiste des années 50 devient à son tour une référence pour les géants à venir. Miles Davis dira de lui qu'il fut sa première source d'inspiration.
Aux cotés de Clark et Justin, la mère du jeune homme et l'épouse du vieux Jazzman veillent également sur leurs amours. C'est tout cela Keep on Keepin'on. L'amour comme seule loi. Filmé avec passion, baigné de morceaux hautement consolateurs, vous ressortirez de là le coeur tendre et remplit de musique.
C'est la marque des grands documentaires. Faire d'une histoire vraie un conte pour grandir et garder le sourire. To Keep on Keepin'on!


Hippocrate [Blu-ray]
Hippocrate [Blu-ray]
DVD ~ Vincent Lacoste
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La belle équipe, 22 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hippocrate [Blu-ray] (Blu-ray)
Enfin du cinoche Français qui s'attaque à un bon petit problème de société plutôt qu'aux ternes atermoiements d'egos parisiens surdimensionnés, en pleine dérives amoureuses, existentielles voir les deux (Honnêtement aujourd'hui plus personne n'en a rien à foutre de ce genre de vain pignolage. C'est un terrain où n'excellent d'ailleurs que les génies) Ici, le réalisateur Thomas Litli s'attaque au naufrage actuel de notre système de santé. On le sait, les hôpitaux publics aujourd'hui ne tiennent plus que grâce aux dévouement (voir sacerdoce) du personnel. Restriction budgétaires incessantes, suppression de postes, le travail des aides-soignantes, infirmières, internes et médecins ressemble aujourd'hui à une mission impossible sans Tom Cruise pour venir aider. Bienvenue en enfer! Mais un enfer ou la solidarité joue son rôle. Les soignants ont la vocation chevillée au corps et Hippocrate leur rend un humble et bel hommage.
Chaque personnage est traité avec densité grâce à des dialogues sonnant vrai. Le travail d'un réal et d'une équipe de scénariste sachant de quoi ils parlent. Étoile de cette belle équipe d'acteurs, Reda Kateb. Il compose un magnifique personnage de soignant rassurant, à l'écoute et attentif à la douleur des patients. À ses cotés, dans le rôle du jeune bleu grâce auquel le spectateur entre de plein pied dans cette belle tranche de cinéma social, le jeune Vincent Lacoste est instantanément attachant, même si son personnage se trouve dans la délicate position de "fils à papa" avec les petites failles et lâchetées qui vont avec. Le tout pour lui sera de mûrir et le film s'en chargera très bien. Le papa, c'est le grand manitou du service. Jacques Gamblin, présence fugace mais immédiatement crédible. Tout comme les sourires et la profonde humanité qui émane du regard de Marianne Denicourt offrent au rôle de la responsable de service beaucoup plus qu'une schématique figure d'autorité. Seule bémol, une des scènes finales où le personnel s'adresse au directeur de l'hôpital. Leurs doléances subtilement suggérées tout au long du film sont brusquement placardées comme un tract syndical. Une scène totalement artificielle qui tranche avec le reste du film. Un accident scénaristique largement excusable compte tenu de la situation aujourd'hui alarmante de cette profession.
Hippocrate remet au premier plan ces héros anonymes dont notre cinéma a si peu parlé jusqu'ici. Il était temps de saluer dignement ces hommes et ces femmes qui n'oublient personne et restent en première ligne sur le front de la détresse sociale. Une belle matière. "L'humain d'abord et avant tout" ne cesse de murmurer ce beau petit film à la mise en scène simple et efficace.
Une oeuvre sensible et profondément honnête.
LE BLU-RAY : Belle sensation ciné. La sensibilité de l'Arri Alexa offre des images finement détaillées. Un Blu-ray totalement respecteux de la photographie naturaliste du chef-op Nicolas Gaurin ( Les Beaux Jours, Happy Few)

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Wild [Blu-ray]
Wild [Blu-ray]
DVD ~ Reese Witherspoon
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Cheryl Blues, 13 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wild [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY :
Master de premier ordre. Niveau de détail, contrastes et couleurs en pleine floraison. Idéal pour pénétrer au coeur du "great open wild".
LE FILM :
Un deuil, une rupture amoureuse, une vie en pleine dérive... Cheryl Strayed, sac au dos, se lance alors à l'assaut des 1500 km de sentier du Pacific Crest Trail. Au fil de sa marche le puzzle du passé se rassemble doucement.
Histoire vraie, moins dramatique et flamboyante que le parcours Prométhéen de Christopher McCandless dans Into The Wild, le film de Jean-Marc Vallée ( Dallas Buyers Club) avance doucement et avec une certaine délicatesse. Plus proche d'un portrait que d'un carnet de voyage, le parcours de Cheryl est défendue avec un total abandon par Reese Witherspoon, l'adorable June Carter de Walk the Line. Toujours juste et vraie, elle accuse une petite baisse de crédibilité dans les scènes de son passé de "camée". Une présence discrète et immédiatement attachante qui souligne toute l'humanité et l'humilité du propos. Inutile de comparer cette oeuvre au film de Sean Penn. Nous sommes plus ici dans la chronique que dans le poème épique.
Au fil du chemin et des rencontres, les échos du passé prennent leur envol. Fantôme d'une mère aimante mais trop fragile, ombre d'un père violent, d'un amour qu'elle a trahit, le parcours de Wild n'évite pas certains clichés mais se rattrape souvent dans la place laissé aux personnages croisés au détour du périple. Car même si Laura Dern campe une maman inoubliable et bouleversante, les flash-back, souvent trop schématiques et explicatifs, entravent lourdement les authentiques "moments de grâce" qui ponctuent la balade de Cheryl. Comme si Jean-Marc Vallée et son scénariste Nick Hornby (High Fidelity) dans leur adaptation du récit, n'avaient pas osé se détacher du bouquin pour s'abandonner "totalement" au chemin.
Reste un agréable moment de cinéma, loin du bruit et de la fureur, et traversé de purs moments de poésie. L'humour pointe aussi le bout de nez ici et là. Séquence à la fois drôle et émouvante du "grand départ"où Cheryl, seule dans sa chambre d'hôtel, doit se relever après avoir accroché pour la première fois son sac à dos... 45kg toute mouillée et le poids d'une première vie qui l'écrase. Tout est dit. (On peut décidément évoquer le passé sans recours au flash-back)
Les cadres somptueux et la photographie aux couleurs profondes signée Yves Bélanger ( Dallas Buyers... Laurence Anyways) bénéficient d'un traitement HD de premier ordre. Au final, Wild est un "beau petit film" et une revigorante leçon de vie qui aurait mérité un peu plus de "lacher-prise" pour atteindre les sommets.
"Si ta volonté lâche, dépasse là."
Emily Dickinson & Cheryl Strayed.

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La Légende de Beowulf [Director's Cut]
La Légende de Beowulf [Director's Cut]
DVD ~ Ray Winstone
Prix : EUR 6,87

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 À table !, 5 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Légende de Beowulf [Director's Cut] (Blu-ray)
LE BLU-RAY: Top-démo aux débuts du Blu-ray, la galette bleue affiche toujours un piqué de compétition et des contrastes puissants. The show must go on!
Question, que reste t'il de Beowulf, huit ans après sa sortie?
Tout.
Beowulf reste d'une seule pièce. Une tranche de cinoche barbare, radicale et viscéralement primaire. Beowulf c'est le conte des contes. La berceau de l'Heroic Fantasy. Livre de chevet de Tolkien et terreau premier du Seigneur des Anneaux. La matrice de Conan le Barbare. Sur le thème increvable et éternel du guerrier conquérant délivrant un peuple d'une oppression maléfique, Zemeckis retourne aux sources du Mythe. Sur les terres brumeuses d'un Danemark des origines. Raconté d'abord au coin du feu, par de scandinaves paladins ce récit aux auteurs multiples se transforma en poème épique, l'une des oeuvres les plus anciennes de la littérature anglo-saxonne. De cette légende d'un autre millénaire les scénaristes Roger Avary (Pulp Fiction, Les lois de l'attraction) et Neil Gaiman (Stardust, Coraline) ont tirés le muscle et la moelle. Un récit guerrier absolument dantesque stimulant au plus haut point le papa de Retour vers le Futur, toujours avide de nouveaux défis et territoires à explorer.
Beowulf surgit sur les écrans en 2007. Violent, éclaboussant le spectateur, et sans concession. 150 millions de dollars de budget, des mouvements de caméra vertigineux, embrassant d'un seul mouvement l'ensemble du paysage comme pour planter le décor sur la scène d'un gigantesque théâtre. Le tout servi par une 3D pré-Avatar et une B.O venue du fond des âges signée Alan Silvestri (Avengers, Flight)
Même revu en 2D dans un transfert Blu-ray impérial l'immersion reste pour moi totale et intense. Entre un massacre inaugural tétanisant et un final accroché sur le dos d'un dragon, le spectacle délicieusement bourrin se paye même le luxe de murmurer un drame shakespearien sur la maladie du pouvoir, l'ambition dévorante, l'âge et la mort. Angelina Jolie fait le reste, déroulant ses courbes affolantes dans l'ombre profonde de la caverne où dort le monstre Grendel.
Sur le fond comme sur la forme, Beowulf n'est ni pour les littéraires ni pour les enfants. Beowulf n'épargne personne.
Pire que cruel, l'accueil de ce film ahurissant sera tiède. L'horreur pour un chaudron. Box-officement parlant, Beowulf ne sera pas la révolution attendue. Déficitaire aux USA la production ne se remboursera que sur les recettes mondiales. Coté critiques, en France, seul la revue Mad Movies saluera la flamboyance et l'aspect dépoussiérant de la chose. Resitué dans son contexte, à l'heure ou la motion-capture en est encore à ses balbutiements, Beowulf reste un véritable tour de force cinématographique. Même si la technique montre parfois ses limites sur certains visages (quelques regards éteints ici et là j'ai embarqué comme un môme dans ce grand huit en images de synthèse et motion-capture. Une technologie adoptée par le réalisateur en 2004 sur le Pôle Express et qui trouvera son point final et son apothéose avec le drôle de Noël de Scrooge en 2009. Le bonus reste une jolie brassée de géants ayants prêtés leurs traits à cette galerie de vigoureux scandinaves. Ray Winston, Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Brendan Gleeson, Robin Wright, John Malkovitch ou Crispin Glover... Belle affiche, non?
Mais le plus grand mérite du film de Zemeckis est d'avoir balayé la précédente déclinaison du mythe signée Graham Baker en 1999, avec Christophe Lambert. Un désolant moment de cinéma pour rire entre potes.
Depuis 2007, L'honneur est sauf.
Basique, tripal, ardent, inclinez-vous devant Beowulf et prenez-en plein la poire!

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Foxcatcher [Blu-ray]
Foxcatcher [Blu-ray]
DVD ~ Steve Carell
Prix : EUR 22,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Here is Johnny !, 27 mai 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Foxcatcher [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY Une splendeur... Pour qui aime la bonne vieille péloche 35mm. Une gestion du grain admirable et une patine argentique que l'on savoure de la première à la dernière image. Un niveau de détail qui profite à cette dentelle de HD. La photographie "dans les limbes et la grisaille" et ses teintes délavées sont restituées à la perfection sur ce Blu-ray de compétition. Dans le genre image "avec de la matière" c'est un top démo.
LE FILM : L'American Dream, sur le ring et le divan.
L'histoire vraie de deux frères champions de lutte, Dave et Mark Schultz, enrôlés dans le team Foxcatcher. L'équipe de John du Pont, un milliardaire mégalomane. D'abord étrange, cette relation devient rapidement menaçante...
Étrange, ce mot vient immédiatement à l'esprit en entrant dans ce film à l'atmosphère totalement hypnotique. Steve Carell, Channing Tatum et Mark Ruffalo se fondent corps et âmes dans leurs rôles. Trois prestations magistrales. À l'image de la réalisation et du montage, leurs interprétations jouent régulièrement sur l'ellipse et la nuance. Tous semblent parfois s'effacer dans les limbes de l'univers désincarné du milliardaire. Portraits d'une amérique malade.
Sous la réussite insolente de John du Pont l'obsession et la névrose gouvernent. Une folie immédiatement perceptible derrière le visage impassible de Steve Carrel. L'acteur jouant à merveille de son "faux-visage". Des prothèses qui le rendent méconnaissable et nourrissent cette hallucinante interprétation. Un artifice qui profite pleinement au portrait de cet être double et paradoxal, capable de vanter les valeurs de courage et d'endurance d'une"Amérique Triomphante"dont il voudrait être l'emblème et n'hésitant pas à fournir son champion en cocaïne...
Son champion c'est Channing Tatum. Le bellâtre de Magic Mike et le John McLane new-age de White House Down, ici mâchoire en avant et regard buté, est saisissant. Lutteur surdoué mais enfant en mal de reconnaissance, ayant grandit sous l'aile protectrice de son grand frère. Une fragilité qui explique sa docilité face au coach et mentor John du Pont.
Troisième personnage charnière : Dave. Le grand frère de Mark. Incarné par un Mark Ruffalo totalement investi. Ayant construit son personnage autour d'une silhouette et d'une gestuelle quasi-primitive. À l'image de ce personnage entier, totalement fidèle à son frère et imperméable au manipulations du coach. Il devient le témoin et l'arbitre d'un match sans issue. Une oppression à laquelle personne n'échappe, John du Pont cherchant lui même à capter désespérément l'attention de sa mère. Prestation fugitive mais inoubliable de Vanessa Redgrave.
La réalisation de bennett Miller n'entrave jamais le jeu des acteurs. Une sobriété qui signait déjà ses deux précédentes réalisations, Truman Capote et Le Stratège. La maitrise du cadre, souvent fixe et sans effets, soutien le propos en permanence. Une mise en image totalement maitrisée et baignée par la photographie crépusculaire de Greig Fraser ( Zero Dark Thirty) Un travail sur la lumière et le cadre qui instaure d'emblée ce lourd climat d'oppression psychologique.
Terrible histoire de manipulation et d'aliénation, Foxcatcher, torpille ainsi en permanence l'idéal du rêve américain en construisant son récit autour d'un mariage raté. Rencontre illusoire du monde d'en haut à celui d'en bas. La perversité de l'homme de pouvoir souillant la rude solidarité qui liait depuis toujours les deux frères. Cette obsession du modèle gouverne chacun. Une société ou l'échec devient alors une notion totalement ingérable.
Avec Foxcatcher, le réalisateur Bennett Miller délivre ici son film le plus fascinant et le plus déroutant. Une oeuvre sombre mature et profonde, au bord de l'abîme. Un féroce détournement de tous les codes du "film de sport". Ténébreuse psychanalyse d'un fantasme increvable. Celui de ses "success story" qui font rêver et nourrissent l'image même de l'Amérique.

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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Jeu de guerre, 24 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Stratégie Ender [Combo Blu-ray + DVD] [Combo Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Quand on subit les lisses et consternants Divergente, Hunger Games et j'en passe on se demande bien pourquoi le public n'a pas offert un accueil digne de ce nom à ce film aux effets somptueux, formidablement joué par ce gamin charismatique en diable, au regard étrange (Hugo Cabret a bien grandit) et soutenu par le toujours très classe Harrison Ford. Sans doute parce qu'à défaut de nous balancer des supers-héros s'agitant vainement voici de la vraie SF. Un genre censé nous faire un minimum réfléchir. Questionner aussi bien le présent que l'avenir. En plus de m'être visuellement régalé (le Blu-ray est une tuerie) j'ai trouvé ici une habile réflexion sur le leadership et le pouvoir manipulateur du jeu. Une belle allégorie de nos nouvelles guerres ou les drones et les nouvelles technologies basculent de théâtre de la guerre sur un écran. La frontière entre outil de commande et console de jeu devient ténue.
Un bon film que l'on peut voir en famille. La preuve que l'on peut se divertir, en avoir plein les yeux et continuer d'utiliser son cerveau.
Quatre étoiles, mais j'en met une cinquième histoire de bien trancher.

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