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Contenu rédigé par Francisco
Classement des meilleurs critiques: 172
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Commentaires écrits par
Francisco
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Le garçon et la bête [Blu-ray]
Le garçon et la bête [Blu-ray]
DVD ~ Mamoru Hosoda
Prix : EUR 13,11

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'amour et la colère, 2 juin 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le garçon et la bête [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU RAY
Pas un trait de crayon, ni la moindre nuance de couleur, ni le moindre détail de ces somptueux décors peints à la main n'échapperont à votre oeil ébloui. Un Blu-ray à rugir de plaisir. Extase HD.
LE FILM
Je ne suis pas très pointu sur l'univers des mangas, ni même inconditionnel de japanimation, mais je suis sensible à la magie comme aux récits d'apprentissage. Et là-dessus, Le Garçon et la Bête m'a totalement embarqué.
Dans les pas de Ren, jeune orphelin errant dans les rues du quartier de Shibuya à Tokyo, nous glissons dans un univers dense et d'une richesse visuelle et narrative revigorante. À l'image des oeuvres du maître Miyazaki la frontière entre le monde réel et le monde fantastique est poreuse. Source d'espoir et de renaissance autant que de menaces, ce passage traduit également le douloureux passage de l'enfance à l'âge adulte. Un thème qui interroge ici avec poésie les notions de famille et de paternité, au delà même des liens du sang.
Ayant perdu sa mère et abandonné par son père, Ren sera recueilli et adopté par le rugissant et vociférant Kumatetsu. Ours mal-léché mais redoutable guerrier. La bête entrainera l'enfant dans son monde et le rebaptisera Kyuta. Une longue et difficile initiation commence, tant pour le maître que pour son jeune disciple, tout deux dévorés par leur colère et incapables de gérer leurs émotions. Parcours d'un enfant puis d'un jeune adulte se construisant sous la tutelle de deux figures paternelles "défaillantes" (il retrouvera son père naturel au cours du film) le nouveau film du réalisateur des Enfants Loups bouleverse par ce refus d'imposer au spectateur des personnages immédiatement séduisants.
La Bête est braillarde et les incessants affrontements entre lui et l'enfant peuvent même être éprouvants pour les nerfs durant la première partie du film mais, au terme de cette fable poignante, l'âme de ce très grand film d'animation n'en apparait que plus profonde. Le message "nous pouvons tous bien grandir quelles que soient nos figures parentales"en fait un film universel et précieux. À l'égal des plus grands classiques Disney avec lesquels nous avons grandi.
Autre motif d'admiration pour moi. Le travail d'animation. Il est ici littéralement prodigieux. Et je pèse mes mots. La reproduction du quartier de Shibuya, scotche dès l'ouverture du film par le soin hallucinant accordé à chaque élément de décor. Le passage du monde des humains à celui des bêtes n'est pas sans évoquer l'atmosphère onirique et la magnificence d'un chef-d'oeuvre comme Le Voyage de Chihiro du maître de l'animation cité plus haut. Mamoru Hosoda n'a pas souhaité se reposer uniquement sur le numérique.
La totalité des décors sont peint à la main sous les pinceaux des plus grands dessinateurs japonais. Le réalisateur a rassemblé autour de son projet une fabuleuse communauté d'animateurs. Tous fidèles collaborateurs de d'Hayao Miyazaki et Mamoru Oshii. Les meilleurs sur la place. Leurs tableaux et éléments de décor ont ensuite été animé grâce aux procédé les plus récents d'animation mais la matière même des illustrations dégagent à l'écran un charme inimitable. Finesse du trait, niveau de détail hallucinant, chant des couleurs. Le ravissement est permanent. Pour une séquence ou les fleurs de cerisiers tombent des arbres, Hosoda a souhaité un programme différent pour chaque chute de fleur. Un détail qui en dit long sur le perfectionnisme absolu de l'artiste.
Ce travail d'orfèvre couché ainsi sur support Blu-ray ne pourra que rendre extatiques les fans d'animation, car Le Garçon et la Bête est aussi un hommage rendu aux vrais artisans du rêve. Cette invocation à toute la poésie des arts, l'orchestration musicale de Masakatsu Takagi n'est pas en reste, est à l'image du chant humaniste qui traverse cette oeuvre somptueuse.

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Le Fils de Saul [Blu-ray]
Le Fils de Saul [Blu-ray]
DVD ~ Géza Röhrig
Proposé par moovizz
Prix : EUR 16,55

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Entre les vivants et les morts, 2 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Fils de Saul [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY
Même sans 5.1 c'est le travail sur le son qui s'impose d'emblée. Une sensation d'immersion absolue, proche même de la suffocation, portée par un transfert Blu-ray impérial rendant grâce à l'hallucinant travail sur la photographie de Matyas Erdely.
LE FILM
Saul.
Juif hongrois plongé au coeur de l'horreur d'Auschwitz.
Un visage éteint. Épuisé. Saisi dans la glace de la terreur et de la mort au travail.
Membre des Sonderkommando, l'homme est chargé quotidiennement de conduire les siens aux chambres à gaz de porter les corps à la crémation avant de disperser les cendres dans le fleuve voisin.
Assistant aux derniers râles d'un enfant qu'il reconnait comme le sien, l'homme n'aura de cesse d'offrir à cette figure de l'innocence massacrée une sépulture digne de ce nom. Voici un film terrible et résolument inconfortable. Presque sans mots, au terme de cette "expérience", je tâcherai de faire court.
Le Fils de Saul est d'abord une expérience. Une forme de "Cri" cinématographique, semblable au tableau de Munch où l'ensemble du tableau converge vers une seule figure de souffrance et d'horreur. Projeté au format carré 1.37 le récit ne quitte presque jamais la silhouette et le visage de Saul. De toute cette horreur ne se distinguera ainsi tout au long du film qu'un arrière plan flou enserrant le personnage principal. Une brume d'où les formes aperçues ne trompent jamais. Silhouettes de corps nus, empilés les uns sur les autres, ombres s'écroulant sous les rafales. Lueurs des brasiers, Faisceaux des projecteurs braqués des miradors et visages terrifiés des suppliciés surgissant de ces lieux de ténèbres aux côtés de Saul. Parfois un plan se substitue au regard du personnage principal. Vision subjective alors en recul. Cadre distant, impuissant. Celui d'une victime témoin de l'impensable.
Le son seul suggère la dimension de l'espace et la puissance terrifiante et écrasante de cette organisation vouée à l'anéantissement d'un peuple. Envahissant, terrifiant. Parfois assourdissant. Cognant sans cesse aux portes de l'enfer. Hurlements, ordres aboyés par les gardiens, coups, grondements des machines. Notre imagination met alors en image l'impensable, l'immontrable. La torture et la mise à mort de l'humain de la manière la plus méthodique jamais employée. Ce travail sur le cadre tout entier voué à la suggestion et ne quittant jamais son parti-pris est aussi virtuose que suffocant pour le spectateur. Insupportable sans doute, pour les plus sensibles. Une immersion radicale auquel ne le spectateur ne peut jamais se soustraire. Ce geste artistique totalitaire est peut être discutable mais il m'apparait totalement justifié. Le spectateur que nous sommes se retrouve en effet "piégé". L'oeuvre accomplit alors beaucoup plus qu'un sage devoir de mémoire.
Cette sensation de se retrouver prisonnier aux côtés de Saul rebute ou subjugue mais elle est tenue ici d'une manière admirable. Dans ce cadre étroit mais d'une puissance terrifiante, tous les acteurs apparaissent ici transfigurés. Leurs visages travaillés par une lumière d'apocalypse au coeur de tableaux de mise à mort et d'effroi. Tous, sont dirigés de main de maître. Celle de Laszlo Nemes. Ce réalisateur signe ici son premier long-métrage. Un tour de force, prix du jury au festival de Cannes 2015 et justement récompensé cette année par l'oscar du meilleur film étranger.

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The Visit [Blu-ray + Copie digitale]
The Visit [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Olivia DeJonge
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Shyamalan est de retour !, 2 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Visit [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
LE BLU-RAY
Les deux enfants du film ayant le bon goût de tourner "leur documentaire sur Papi et Mamie" avec le Canon EOS C300, le résultat garanti une finesse, un piqué et un niveau de détail dans l'image qui rend honneur au format Blu-ray. Même sur les plus grandes diagonales d'écran le résultat assure le show. Le cadrage, parfois clairement décentré, joue avec une intelligence rare sur l'amateurisme de nos apprentis metteur-en-scène (et limite, notamment, le recours à l'insupportable "shaky-cam") Le travail sur la lumière et le décor confirment que nous sommes bien là chez un grand cinéaste.
LE FILM
J'avais comme une légère réticence à acheter The Visit, le dernier Shyamalan, un peu flippé par ses derniers films étrangement ratés. Et finalement, j'en ai profité. Because, aussi, Shyamalan. Quant, à moins de trente-cinq ans, on a signé Sixième Sens, Incassable, Signes, Le Village c'est que l'on possède cet atout essentiel (aujourd'hui souvent négligé mais ô combien précieux) : L'intelligence. Voir même, une bonne dose de génie. Une aisance à jongler avec les codes du cinoche propres au grands maîtres comme Hitchcock ou Spielberg. Une façon de raconter une histoire qui marque son temps. Il y aura pour toujours un avant et un après Sixième Sens.
Alors certes, ses derniers films étaient moins convaincants mais tout le monde a droit à sa traversée du désert. Ici, Night est clairement revenu dans la lumière. Par la petite porte mais une petite porte que vous franchirez comme une Alice invitée au pays des cauchemars. The Visit c'est la visite définitive chez Papi et Mamie, catégorie "séjour à haut-risque". Je ne vais rien spoiler, ce serait immonde. Juste vous raconter qu'il s'agit d'un home-footage. Les jeunes Becca et Tyler se rendent chez leurs grands-parents qu'ils n'ont encore jamais vu, rapport aux rapports ultra-conflictuels de ceux-ci avec leur mère. Ils décident d'en faire un documentaire. Nous allons donc voir tout ce qu'ils filment en même temps qu'eux et ce procédé (pourtant éculé dans le cinéma d'horreur actuel) va fonctionner à plein régime pendant 1h30. Non seulement pour son côté totalement immersif mais également pour l'attachement particulier qu'il instaure entre le spectateur et les deux enfants du film. La fraîcheur et la spontanéité qui se dégagent de leur manière de filmer engagent une adhésion immédiate. Et puis il y a un gros effet spécial. Si Sixième Sens avait révélé le jeune Haley Joel Osment, vous allez faire connaissance ici avec un môme absolument irrésistible et délirant : Ed Oxenbould !
À quatorze ans, Ed crève l'écran. Bouille malicieuse et regard pétillant, il rappe, balance des vannes de première catégorie et illumine le film d'un bout à l'autre. Il est l'oxygène du film. Sa soeur fait très bien le job mais il reste la révélation. C'est la première fois qu'un film d'angoisse me fait passer aussi rapidement du rire aux frissons, et ce miracle repose non seulement sur un script à l'efficacité redoutable mais également sur l'hilarante prestation de cette future star.
Côté trouille on trouve face aux jeunes le grand-père, bien inquiétant, et surtout la grand-mère ! Là encore, deuxième gros effet spécial du film. Deanna Dunnagan ! À soixante-quinze ans cette grande actrice venue de la télévision va vous transformer en petit chaperon rouge. Elle va vous manger tout cru! Une de ses scènes culte : Une partie de cache-cache sous la maison qui (à mon avis) restera dans les annales...
Deux mots concernant la mise en scène. Les deux enfants du film ayant le bon goût de tourner "leur documentaire sur Papi et Mamie" avec le Canon EOS C300, le résultat garanti une finesse, un piqué et un niveau de détail dans l'image particulièrement saillants. Le cadrage, parfois clairement décentré, joue avec une intelligence rare sur l'amateurisme de nos apprentis metteur-en-scène (et limite, notamment, le recours à l'insupportable "shaky-cam") Même faussement "mal-cadré" aucun détail essentiel ne manque à l'appel. Toutes les informations dont le spectateur a besoin sont dans le plan. "Une approximation parfaitement composée" à laquelle s'ajoutent le travail exemplaire conduit sur la lumière et le décor. Nous sommes bien là chez un grand cinéaste. Un travail et un regard fascinants sur la vision subjective qui mériterait d'être étudié dans toute bonne école de cinoche tant ils résultent d'une totale maîtrise de l'art. Une démarche qui symbolise également ce retour à l'enfance de l'art dont avait tant besoin le grand M. Night Shyamalan.
En choisissant de faire son come-back via la catégorie la plus humble du genre horrifique (le Found ou le Home-Footage) Night vient de signer son meilleur film en 12 ans. Il s'apprête à tourner Labor of Love avec l'acteur de ses deux premiers chef-d'oeuvre : Bruce Willis ! Un retour sur le devant de la scène s'annonce ! L'orfèvre du film de trouille qu'il fut au début des années 2000 n'a pas disparu. The Visit le clame haut et fort.
Allez vite rendre visite à Papi et Mamie, c'est une bonne action que vous ne regretterez pas !

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Le Pont des espions [Blu-ray + Digital HD]
Le Pont des espions [Blu-ray + Digital HD]
DVD ~ Tom Hanks
Prix : EUR 22,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Standing Man, 8 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Pont des espions [Blu-ray + Digital HD] (Blu-ray)
LE BLU-RAY:
Pas le moindre détail des somptueux décors ni la moindres nuance de matière et de couleur n'échappent à ce somptueux transfert Blu-ray. Top-démo d'un raffinement exquis Le Pont des Espions en dit long sur la passion de Spielberg pour le format Blu-ray. Voici une édition dont la facture technique est à l'image de ses deux personnages principaux : irréprochable !
LE FILM :
À l'heure où ne circulent que des héros, bottés, casqués, cavalant dans tous les sens, distribuant des pains à tout-va, entre deux explosions gigantesques, et tout ça avant de décoller à fond vers des cieux en CGI en plaçant une punchline bien lourdingue à tous les spectateurs hébétés que nous sommes devenu, oui, à l'heure de tout ça, il est bon de rappeler qu'il a existé et existera toujours de vrais héros.
Ces types ressemblent à votre voisin ou à Tom Hanks. Mais vous les reconnaissez de loin puisqu'ils sont toujours les seuls à se relever quand tous les autres courbent l'échine ou renoncent. Ici, on parle de ceux qui n'envisageraient jamais de rendre justice autrement que de la plus équitable des manières. Une main sur le coeur, l'autre sur la Constitution. Voici l'histoire d'un juste. d'un homme droit. Et le film tout entier est à son image. Il avance avec confiance et maitrise de l'art, sans berner personne ni noyer son propos. Tranquillement, avec un savoir-faire impérial, Steven Spielberg en humaniste résolu, vient de m'offrir ici un très grand film sur un mec bien.
Dans le genre anti-James Bond ou Jason Bourne, j'ai savouré le portrait de Rudolf Abel, un espion tout freluquet, indifférent à l'agitation qui l'entoure, toujours la goutte au nez et un petit air dubitatif comme unique expression (irrésistible prestation de Mark Rylance). Jugé grand méchant, a électrocuter sans appel, par une nation toute entière, cet espion Russe est juste un type ordinaire faisant son job comme un pro et le plus fidèlement possible. Son sens inné de la loyauté imperméable à toute tractattion, il le partagera instantanément avec l'homme chargé de la défendre. James Donovan, formidable avocat campé par ce bloc d'humanité qu'est Tom magic Hanks. Leurs échanges donnent lieu à des scènes magnifiques. Sans tambours, ni trompettes, ils nous font toucher du doigt la vanité de toute idéologie comme le dérisoire de tout conflit. Une leçon de dignité universelle, au plus proche du coeur de l'homme, emballée ici avec une simplicité et une délicatesse bouleversantes. L'estime, ce sentiment souvent oublié, prend ici une dimension presque sacré. Il faut sans doute avoir signé un chef d'oeuvre comme La Liste de Schindler pour délivrer ainsi, en quelques phrases et regards, une telle leçon d'humanisme.
Voici donc une oeuvre qui nous rappelle avec élégance qu'il est bon de ne jamais aboyer avec la meute. Une oeuvre sur la conscience. Sur le respect absolu de la vie humaine. Spielberg n'oublie pas de faire allusion aux époux Rosenberg, passés sur la chaise électrique pour avoir été accusés d'être des espions au service de l'ex URSS. Spielberg réveille alors les terrifiantes années du Maccarthysme, chasse aux sorcières ou des milliers de vies et de carrières furent brisées sur la base de la pure délation. C'est dans ce contexte que cette histoire vraie prend tout son sens. Le Pont des Espions vante la diplomatie et la négociation contre la fureur et la violence. Un message d'une brûlante actualité, à l'heure où les pensées se radicalisent, oubliant le bon-sens et tuant chaque jour un peu plus ce qu'il y a de plus beau et noble dans l'intelligence humaine. C'est une oeuvre précieuse car n'aspirant qu'à la paix. Un film ou les personnages ayant menés à bien leur mission, sans tuer personne, ont enfin le droit de retrouver leur doux foyer.
Et tout cela dans une forme éclatante ! À 70 ans, Steven Spielberg, est ici en pleine maitrise de son art, brillamment secondé par son fidèle directeur photo Janusz Kaminski. Portés par un découpage et un montage d'une rigueur admirable, les plans s'enchainent sans jamais se heurter. Cadrages au cordeau et photographie d'un autre monde. Le récit peut s'envoler. Le scénario de Matt Sharman (Suite Française) et des frères Cohen se déroule tout seul. Honneur ici aux personnages. Même si les décors et le travail de reconstitution sont irréprochables nous restons avant tout dans les pas de James B. Donovan. Humour, simplicité et clarté de l'intrigue. Dialogues affutés, sans verbiage inutiles. Du cousu-main pour les acteurs. Sans épate, ni pétages de plomb à Oscar. De la gestuelle aux moindres intonations vous ne verrez jamais les coutures.
Du travail d'orfèvre.

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The Walk [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
The Walk [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Joseph Gordon-Levitt
Prix : EUR 19,77

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 This is Life, 25 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Walk [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook] (Blu-ray)
LE BLU-RAY :
Vertigineux.
LE FILM :
"Quand je vois trois oranges, je jongle, quand je vois deux tours, j'ai envie de passer de l'une à l'autre"
Cette déclaration de Philippe Petit lors de son arrestation, le 7 août 1974, résume tout l'esprit de ce film absolument merveilleux. Le plus célèbre funambule du monde venait de relier sur un fil, les deux tours jumelles du World Trade Center.
Un acte totalement illégal et surtout insensé mais au final un geste artistique d'une beauté fulgurante. C'est la passion et le courage de cette performance qui ont certainement séduit ce merveilleux conteur qu'est Robert Zemeckis. Le réalisateur de Forrest Gump et Retour vers le futur est ici sous le charme de son modèle. Un charme qui enveloppe le film du premier au dernier plan. Se dessine ici un véritable personnage de conte de fée, d'abord dans une France et un Paris de carte postale puis entre deux tours jumelles ressuscitées par la magie du septième art. Prouesse visuelle admirable autant qu'hommage. Instant de grâce pure où rien n'est réel mais tout est vrai.
Grâce à Philippe Petit, l'antre des traders, fut ainsi inaugurée sous le signe de la poésie. L'imagination prit alors le pouvoir et le World Trade Center illustra comme jamais la célèbre maxime des génies visionnaires : "Sky's the limit".
La fine silhouette et le regard malicieux de Joseph Gordon Levitt font ici merveille. Conteur, jongleur, funambule acrobate, ce Peter Pan, n'a aucun mal à nous embarquer sur son fil pour ne plus nous lâcher. Monomaniaque au sourire désarmant, planifiant six ans durant son "crime artistique". Construit dans son premier tiers comme un authentique récit de formation, où Ben Kingsley assure sans peine en "papa Rudy"son rôle de mentor, le film décolle littéralement en arrivant au pieds des tours, dans le New-York des années 70. Préparatifs et suspens digne d'un film de braquage. La joyeuse bande de complices apporte toute la dynamique nécessaire à une histoire dont on connait le déroulement mais dont l'art et la manière captivent en permanence. Il faudrait citer tous les acteurs et actrices tant The Walk déroule une belle galerie de personnages, aussi attachants les uns que les autres.
Coté mise en scène, Zemeckis est depuis pas mal de temps déjà, en totale maitrise de son art. Je ne l'ai pas dégusté en 3D mais même en 2D la permanente sensation de fluidité qui traverse The Walk est admirable. Découpage impérial et parfaite intégration des effets visuels. Il ne faut pas oublier que Zemeckis fut le premier à plonger dans l'univers de la réalité virtuelle grâce à la technique de la motion capture. Le Pôle Express, Beowulf ou Le drôle de Noël de Scrooge Alignaient tous d'authentiques morceaux de bravoure repoussant les limites du spectacle cinématographique. Ici, je ne m'étendrais pas sur la séquence de la traversée. Elle est, tout simplement, vertigineuse. Pour Zemeckis aussi "Sky's the limit". Courageux apprenti sorcier, fasciné autant par le conte que par la magie des outils et des techniques qui vont lui donner vie.
En cela, The Walk exprime la parfaite symbiose entre la fable et la technologie au service d'un solide message d'espoir. Tout est possible, chante ce film. Un dernier plan sur les tours touchées par la lumière et l'on réalise que le miracle a bien eu lieu. Zemeckis vient de déposer pour toujours un rêve de dingue sur les cendres d'un drame épouvantable. Fantastique bras d'honneur à tous les destructeurs.
Merveilleux film, vraiment.

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The Assassin [Blu-ray]
The Assassin [Blu-ray]
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 18,95

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La beauté du geste, 22 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Assassin [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY (US zone free)
Le luxe inouï des détails, l'ivresse des couleurs et le fulgurant travail sur la lumière et la matière explosent littéralement sur ce transfert admirable. Une extase que seul le support Blu-ray peut offrir. Le 4K pourrait trouver là une véritable occasion de s'imposer, tant le travail sur l'image est ici guidé par un soucis constant de perfection.
Sous-titres français dispos pour le film mais bonus non sous titrés
LE FILM :
Je n'ai pas tout saisi des intrigues de cour et de pouvoir qui dresse la trame de cette broderie somptueuse. Mais l'essentiel n'est pas là.
L'essentiel n'est pas la trame mais le motif. Ici, et c'est le propre des chefs-d'oeuvre du septième art, l'image seule est langage. La beauté du geste suggère, inspire et au final nous terrasse. Le spectateur, s'abandonnant à l'ivresse de ces tableaux ou pas un détail ni aucun élément de l'arrière-plan n'est négligé, sera l'heureuse première victime de The Assassin.
Princes et princesses mélancoliques, filmés a travers les voiles et tentures de palais royaux. Des sensation. Une présence et de l'esprit en toutes choses. Pas un plan qui ne parle à la place des fascinantes figures que dessine le cinéaste taïwanais Hou Hsiao Hsien. L'âme de ce film est profonde et les sons de la nature y sont omniprésents. Du chants des oiseaux aux bruissements du vent dans les feuilles. La symphonie est silencieuse, à l'image du personnage de la femme assassin. Au centre de cette oeuvre, apparait donc la muse du réalisateur, la divine Shu Qi. À presque quarante ans l'actrice affiche encore l'éclat de sa jeunesse mais avec dans le regard la mélancolie des années écoulées. Son charme est dévastateur. Sa présence, aussi gracieuse que magnétique, donne naissance à un personnage instantanément iconique.
Après avoir irradié Millenium Mambo et Three Times, l'actrice revient, dix ans plus tard, dans l'univers d'un esthète qui s'accomplit merveilleusement en s'affichant digne héritier du cinéma de Kurosawa. Car The Assassin n'est absolument pas un film de sabre. Les combats, rares, rapides et extrêmement graphiques ne sont pas là pour contenter le fan du genre. L'Art repose ici dans le secret du combat. Dans cet étrange et fascinant parcours initiatique de Nie Yinniang. Une guerrière parfaite basculant d'un univers en noir et blanc, où la tâche à accomplir et les cibles à abattre sont claires, à celui, coloré, des infinies variations du monde des vivants. Celui de son passé, de ses origines. Là ou éclosent les sentiments. Dans cette nouvelle mission qui la conduira à affronter son amour d'enfance, les frontières deviennent floues, les intrigues obscures et la belle ombre assassine, jusqu'ici invincible, sera confrontée à des mouvements inédits. Ceux, imprévisibles, de son propre coeur. Quelle voix choisira-t'elle? Qui trahir pour s'affranchir?
J'ai regardé The Assassin comme si je m'étais assis au musée devant une toile dont la beauté et les énigmes m'auraient subjugué. Patient, abandonné aux formes, aux couleurs et... aux sons. Non, le cinéma d'aujourd'hui n'est pas mort. Il n'est pas en train de disparaitre dans l'envol aussi bruyant que dérisoire de héros de pacotille. D'authentiques artistes nous offrent encore des objets fascinants, uniques, étranges et finement ciselés. Des oeuvres à rêver, que l'on peut étudier indéfiniment sans en épuiser les mystères.
Un art jamais ne disparait. Il faut juste être patient. Attentif. Savoir se taire, ne pas tout saisir et réapprendre à écouter le bruit du vent dans les feuilles...

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Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 18, 2016 2:57 PM MEST


Lenny [Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre de 188 pages] [Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre]
Lenny [Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre de 188 pages] [Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre]
DVD ~ Dustin Hoffman
Prix : EUR 29,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Que le spectacle recommence !, 21 avril 2016
LE BLU-RAY :
Un trésor ! Merci WildSide ! le film que je n'attendais plus ! Lenny, c'est un peu le Saint-Graal pour tous les amoureux du cinoche américain des années 70. Verdict : Pas de lissage, ni autres correction artificielles à l'horizon. La restauration est épatante. C'est du tout bon. Le niveau de détail ravit et la précision est presque toujours au rendez-vous hormis quelques flous inhérents au tournage. Contrastes irradiants pour cette photographie en noir et blanc à l'image du film : rude et marquante éclairée au contre et à la poursuite. Gestion du grain admirable. Chapeau bas. Un bonheur n'arrivant jamais seul en scène, le bouquin de Samuel Blumenfeld livré avec le film est bourré d'anecdotes et chouettes photographies. A fuckin'good time en perspective !
LE FILM :
1966.
Lenny Bruce, pape du stand-up à l'humour ravageur, franchit définitivement la ligne Blanche.
Harcelé par la justice pour obscénité, conspué par la bien-pensance (déjà) Lenny s'envole et devient un mythe. Celui du seul contre tous. Porte-parole de la seule vraie liberté de penser. Celle qui ne craint pas de prendre quelques beignes en foutant par terre dogmes et idées reçues. Un film culte comme MASH est habité par l'esprit de Lenny. Les années 70 ont surfé dessus. Cité par tous les artistes et adeptes du décrassage neuronal.
Voilà pourquoi deux immenses artistes comme Bob Fosse et Dustin Hoffman ont tout donné pour transformer ce biopic en pur joyau. Dans un noir et blanc Fellinien signé du chef-op Eastwoodien Bruce Surtees (L'homme des hautes plaines, Josey Wales, Honkytonk Man) magnifiquement servi par cet admirable transfert et packaging Blu-ray, Lenny resplendit comme jamais aujourd'hui. La bien-pensance tous azimuts et la bêtise triomphante, on connait et on en crève désormais. Voilà pourquoi revoir ce film aujourd'hui fait du bien partout.
Lenny est donc devenu à la fois un classique et un film nécessaire. Le portrait "ascension et décadence" d'un type mort de n'avoir fait aucune concession. Comique crucifié, incarné de la pointe des cheveux jusqu'au plus profond de l'âme par un Dustin Hoffman plus actor studio que jamais. Modèle de fusion au rôle, il fut pourtant imposé par la production, Bob Fosse ayant d'abord souhaité un autre artiste de stand-up, le royalement inconnu Bob Gorman. Vive les producteurs ! Le bonheur nait parfois dans la contrainte. Hoffman nous offre, pour moi, un de ses meilleurs rôles. En 1974, sa filmo affichait déjà quelques perles : Le Lauréat, Macadam Cow-boy, Little Big Man, Les Chiens de Paille ou Papillon ! Ici cet acteur prodigieux cesse de faire du Dustin Hoffman : comment ne pas rester scotché face à cet incroyable plan-séquence, au cours du dernier acte, ou totalement sous influence, à moitié nu, Lenny titube devant son public, cherche ses mots, s'assoit dos au public et monologue de la plus pathétique des manières... On ne fait qu'apercevoir l'acteur mais l'intensité de la scène ouvre grandes les portes du final. Jamais les ténèbres n'ont semblé aussi proches. Un immense numéro d'acteur, jusqu'au non-jeu. Refus de la posture ou du numéro tripal à l'épate, son incarnation est porté par des choix de mise en scène magistraux.
Bob Fosse fut un des piliers de cette prodigieuse décennie que furent les années 70. Après Cabaret et avant All That Jazz, Lenny allait constituer un fascinant chapitre de sa trilogie du spectacle. La grande lessive de la vie et de l'histoire mais côté scène, sous le regard cruel des projecteurs. Écriture, photographie, montage, la partition se déroule ici avec une fluidité merveilleuse. Le principe du "film par témoignages"ouvrant à toutes les audaces tant au niveau des différents points de vue que de la temporalité. En cela Lenny reste encore, plus de quarante après, d'une rafraichissante modernité tant dans son art du récit que dans sa construction. Le résultat est un film viscéral et vigoureusement déprimant. La lumière tranche directement dans la nuit la plus épaisse au coeur de ces clubs de seconde zone et bars à strip, où Lenny "grandit". Un monde qui restera le sien jusqu'à la fin. Le réalisateur de Cabaret excelle à le rendre fascinant, lui qui fut également comédien et chorégraphe. Il y a dans Lenny quelque chose de morbide mais exprimé avec l'élégance et la poésie des plus grands compositeurs. Il m'a fallu attendre le Birdman d'Innaritu avant de ressentir pareilles vibrations.
Il faut donc redécouvrir Lenny.
Film un peu oublié et qui fut pourtant un gros succès public et critique à l'époque de sa sortie. Imaginez un peu, une période où le public se rendait en masse voir des films qui bousculent et nourrissent l'esprit ! Un "Succès qui ne profita à personne" comme le rappelle Samuel Blumenfeld dans Seul en Scène, son passionnant ouvrage bourré d'anecdotes et de chouettes photographies, joint au coffret. Très beau travail éditorial. Dustin Hoffman allait atteindre ici son point d'incandescence avant une suite de carrière plus "traditionnelle". On y apprend également que Bob Fosse, cinq jours après la sortie du film, épuisé, partait au bloc opératoire pour un pontage cardiaque. L'actrice Valérie Perrine, qui joue ici divinement la compagne stripteaseuse paumée et camée de Lenny (prix d'interprétation féminine au festival de Cannes 75) n'allait plus faire que de la figuration ou resté confinée tout le reste de sa carrière au rôle de ravissante idiote. Il faut croire qu'il y a des chefs-d'oeuvre qui portent la poisse.
Une vérité qui ferait bien marrer Lenny.

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The Lobster Steelbook - Combo Blu-ray + DVD + 4 cartes collector [Édition Limitée boîtier SteelBook]
The Lobster Steelbook - Combo Blu-ray + DVD + 4 cartes collector [Édition Limitée boîtier SteelBook]
DVD ~ Angeliki Papoulia
Proposé par moovizz
Prix : EUR 19,29

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 We dance alone, 17 avril 2016
LE BLU-RAY :
Dans un sobre et classieux steelbook voici une HD d'une folle élégance. Extraordinaire sensation ciné. grain subtil et traitement des couleurs admirable sur un solide niveau de détail. Luxe, calme et précision. Assurément, vous en pincerez pour The Lobster!
LE FILM :
Les solitaires sont hors la loi !
Vous avez 45 jours pour trouver l'âme soeur, faute de quoi vous serez transformé en animal de votre choix. Sur ce pitch totalement absurde, le réalisateur Grec Yorgos Lanthimos nous offre, pour son cinquième film, une fable drôle, triste et corrosive. Une savoureuse galerie de portrait dans ce "film d'hôtel' (j'ignore si ce genre est officieusement déclaré, mais on s'en fout) qui de 8 1/2 à Youth en passant par Shining ou The Grand Budpaest Hotel permet d'ouvrir un scénario à de fascinants microcosmes. Sur le plan littéraire, on croirait lire ici une variation autour de La Montagne Magique de Thomas Mann tant la fascination du cinéaste pour ces âmes malades s'attache aux détails et aux plus petites gammes d'expression pour résonner en profondeur. On tient ici du vrai grand et solide cinéma d'auteur. Chaque éclat de rire flanque une bonne petite claque au devoir de normalité ainsi qu'aux dogmes imposés aussi bien par le système que par ceux qui s'y opposent. Seule bouffée d'air dans cette douloureuse impasse existentielle : l'amour. Mais, attention, le vrai.
The Lobster m'a pas mal emballé parce que j'adhère totalement sur le fond et qu'il s'agit bien, dans le style, le récit et la forme, d'une pièce unique. Voici donc : un objet filmique rare.
Porté par un Colin Farrell délicieusement déglamourisé (oeil éteint et brioche en avant) et la tristesse insondable du somptueux regard de Rachel Weisz, sans oublier les zozotements irrésistibles du grand John C. Reilly ni l'élégance mélancolique du jeune Ben Wishaw, The Lobster porte beau et avance fièrement. La grande classe étant que cette farce raillant nos sociétés confites dans l'indifférence et l'égoisme nous est servi dans l'écrin d'une réalisation d'une grande et belle sobriété. Si je reste toujours fâché avec quelques ralentis (procédé que je trouve souvent sur-signifiant, autrement dit lourdingue) le découpage des séquences respire ici la parfaite maîtrise de l'art. La photographie automnale du chef-op attitré du réalisateur, Thimios Bakatakis, fait merveille. Le Blu-ray est un modèle de transfert HD, respectueux au plus haut point de la direction photo.
Autre point qui m'a caressé dans le sens du poil, l'absence de prétention et le refus de nous asséner un discours engagé aux semelles de plomb, puisqu'ici seule la dérision gouverne. L'humour, omniprésent et bien décalé, reste bien la moindre des politesses pour évoquer un univers aussi désespéré et désespérant. So, enjoy the trip !

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Tout le monde dit I Love You [Blu-ray]
Tout le monde dit I Love You [Blu-ray]
DVD ~ Drew Barrymore
Prix : EUR 19,71

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Feel-so-good movie in HD !!!!!, 17 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout le monde dit I Love You [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY :
Metropolitan nous offre ici un transfert HD certes sans bonus (de toute façon, je ne les regarde presque jamais) mais totalement respectueux du matériau de départ (un 20 ans d'âge, s'il vous plait, ne vous attendez pas au piqué d'un film Marvel). Bravo donc pour le respect de la patine argentique, sans lissage ni usage abusif du réducteur de bruit, avec un étalonnage des couleurs qui forcent le respect. Au rendez-vous : chaleur et précision. Adieu les contrastes baveux du défunt DVD, bonjour le net et coloré Blu-ray! Du bien beau travail qui permet de savourer le spectacle sur les plus grandes diagonales d'écran. Let's Dance Again !
LE FILM :
Que reste t'il de tout cet amour, 20 ans après?
Que du bonheur!
Il y a quelques semaines, ressortait une collection de Woody des années 90, comme Coups de feu sur Broadway ou Maudite Aphrodite, et une petite merveille : Tout le monde dit I love you. Titre emprunté à une chanson des Marx Brothers, quatuor de comiques des années 30 dont raffole Woody. Deux-trois chansons de leur répertoire sont d'ailleurs utilisées dans ce film. Clins d'oeil bienvenus dans cette oeuvre pétillante comme un verre de champagne. Tout ici n'est que Luxe, gentillesse et volupté dans cette ode à la légèreté.
Portrait de famille bruissant de vie, raconté comme un conte, il n'est question ici que de l'essentiel. L'amour ! Love is in the air ! On y chante et on y danse, dans les rues, une bijouterie, les couloirs d'un hôpital, sur son balcon, du Canal Grande jusque aux berges de la Seine, en prenant son élan sur de bons vieux standards de comédies musicales.
Le film a prit aujourd'hui la patine de ces comédies musicales que l'on savoure les jours de pluie ou les soirs de déprime. Et je vous confirme qu'il fait toujours autant de bien. Avec tendresse et humilité, Woody Allen rend hommage à ces merveilles de Donen ou Minnelli qui transformaient en oiseaux Gene Kelly & Fred Astaire. Ici tous les acteurs ont signés leur contrat sans même savoir qu'ils allaient devoir pousser la chansonnette. Objectif : conserver fraicheur et spontanéité.
À l'exception de Drew Barrymore, qui, dépourvue de toute oreille musicale et "n'osant même pas chanter sous sa douche", supplia Woody d'étre doublée, tout le casting y va de son couplet. Et c'est cela qui émerveille, finalement. Entendre le mince filet de voix de Woody, le timbre fragile de la magnifique Julia Roberts, l'assurance vocale prodigieuse du tout jeune Edward Norton ou l'incroyable aisance mélodique de la pimpante Goldie Hawn.
Doués ou non, pour tous, le plaisir de "jouer' éclabousse l'écran !
Fidèle au credo des comédies musicales : invitation à cueillir le beau de la vie à chaque instant, Tout le monde dit I love you nous emporte de New-York à Venise et de Venise à Paris. La magie du cinéma est aux commandes. La photographie, toute d'or et de chaleur, est signée du grand Carlo Di Palma qui passa éclaira le cinéma d'Antonioni avant d'enrober l'univers de Woody au milieu des années 80 pour l'accompagner jusqu'à la fin des années 90. Ce nouveau transfert HD rend grâce à son travail. Une image colorée mais sans esbroufe dans un film qui s'ouvre sur un New-york en pleine floraison et s'achève par un numéro de danse aussi drôle que magique, au coeur de la nuit parisienne. La féérie de ces instants reposent en grande partie sur son travail.
L'hommage aux comédies d'antan est aussi pour Woody Allen une leçon de mise en scène. Les séquences chorégraphiées sont tournées "à l'ancienne". Toujours en pied, frontalement, et presque toutes emballées en un ou deux plans-séquence. Virtuosité de l'artiste et clarté du regard. Mais ce n'est pas la seule leçon. Vous apprendrez ainsi dans Tout le monde dit I love you qu'un léger engorgement du cerveau peut conduire à voter républicain ou qu'un type taillé comme Woody peut parfaitement conquérir le coeur d'une femme comme Julia Roberts. Certes la liaison est éphémère mais le miracle a bien eu lieu. Une histoire d'amour drôle et improbable qui résume bien le principe du cinéma. On sait que tout cela est pour de faux mais la sensation de bonheur, elle, est bien réelle !
Enjoy the show !

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Backtrack - Les revenants
Backtrack - Les revenants
DVD ~ Adrien Brody
Prix : EUR 12,34

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Intentions louables, 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Backtrack - Les revenants (DVD)
LE BLU-RAY :
Piqué atomique et précision de tous les instants. Une HD rarement prise en défaut !
LE FILM :
Sympathique tentative de ressusciter le cinéma de genre façon Carpenter, loin des assomants found-footage en vogue ces temps-ci. Félicitation, déjà, pour cette louable intention.
Pour être honnête : Backtrack n'est pas un chef-d'oeuvre, le dernier tiers du film ne m'a pas vraiment convaincu, mais on sent dès le chouette générique d'ouverture, affichant comme en silhouettes découpés les indices de l'intrigue, que son réalisateur et scénariste Michael Petroni, a bien l'intention de faire du cinéma.
La photographie et le cadre sont soignés, et le montage garde le rythme. Pas de caméra secoués ou d'images tremblées. Visuellement, le confort est assuré et servi par un Blu-ray au piqué atomique. Non, ce qui pèche c'est le fond. Sans doute à cause d'un modèle trop clairement affiché : Le cultissime Sixième Sens de Shyamalan. Pas facile de marcher dans l'ombre d'un grand film ! Backtrack subit un peu le même sort que tous les Seven de seconde catégorie déversés à la louche après le chef-d'oeuvre de Fincher : Être condamné à sortir dans l'anonymat le plus complet. Mais ici, il y a du travail, alors une chronique s'impose.
Le héros est donc un psy endeuillé qui 'voit des gens qui sont morts". Un rôle joliment défendu par un Adrien Brody dont le grand regard triste est ici totalement raccord. L'ambiance et le ton sont bien là mais très vite, les fragilités d'écriture et de cohérence s'accumulent dans la manière dont les différents personnages interviennent et disparaissent. Je pense notamment au personnage de Sam Neill, acteur que j'ai toujours plaisir à retrouver. Les faces à faces entre lui et Brody soulignent bien le talent des acteurs; et la direction est à ce titre plus que convaincante, mais le tandem s'évapore très vite. De même, le personnage de l'épouse est totalement survolé. Très chouette personnage, en revanche, que celui de la femme flic dans lequel se glisse avec grâce, charme et humanité Robin McLeavy (Hell on Wheels, Abraham Lincoln Chasseur de vampires)
Le scénario, basé sur la combinaison explosive du deuil et de la culpabilité affiche de belles ambitions, mais tout cela se transforme trop rapidement en thriller surnaturel aux effets et aux rebondissements prévisibles. D'ailleurs le sens de l'atmosphère est traité d'une manière si délicate que l'on regrette presque le surgissement d'effets horrifiques totalement éculés (même si j'ai eu un chouille les jetons et sursauté une ou deux fois)
La résolution de l'intrigue et sa conclusion gâchent pour moi le travail et les nobles intentions de départ. Et pourtant j'ai regardé ce film jusqu'au bout sans jamais avoir l'impression de manger un plat surgelé ou d'avaler une soupe tiède. Je n'ai absolument pas souffert. J'ai même passé un moment agréable. Je pense qu'après une honorable carrière de scénariste dans le monde merveilleux de la série B (Le Rite, la voleuse de livres, La Reine des Damnés) Michael Petroni mérite de s'atteler à un nouveau projet en tant que réal. Mise en scène, direction d'acteurs, Backtrack loupe le virage mais son coeur bat et l'ensemble affiche de belles qualités. N'oubliez pas, ceci n'est que mon humble avis. Ce nouveau film du trop rare et intense Adrien Brody pourrait bien trouver, en l'état, d'ardents défenseurs !

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