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Contenu rédigé par Francisco
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Commentaires écrits par
Francisco
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Hannibal [Blu-ray]
Hannibal [Blu-ray]
DVD ~ Anthony Hopkins
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 11,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La belle et la bête, 26 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hannibal [Blu-ray] (Blu-ray)
Le Blu-ray :
Souvent décrié, j'ai trouvé pour ma part ce transfert tout à fait correct. Compte tenu de l'âge du film et de la matière. Un coté obscur triomphant dans la plupart des scènes et un aspect argentique nécéssitant une gestion du grain délicate. Résultat : sensation ciné totalement respectée. Vous n'aurez pas le lisse ni le piqué des productions numériques actuelles mais l'ensemble est de belle tenue. Pour les possesseurs d'écrans imposants la comparaison avec le dvd est sans appel.
Le Film :
Près de 15 ans après une impression mitigée en salles, je viens de redécouvrir avec bonheur la vision d'Hannibal selon sir Ridley Scott.
Avec bonheur car réévaluer à ce point un film permet de mesurer encore une fois la relativité de toute critique au moment de sa sortie ciné. Le temps est décidément seul juge et revoir Hannibal confirme pour moi le génie visionnaire du papa de Blade Runner et Gladiator. Les critiques s'effacent, les films restent. Hannibal est aujourd'hui bien vivant ! À l'époque, je voulais voir un thriller, je réalise à présent que le cinéaste nous emmenait à l'opéra.
Loin du réalisme poisseux du chef-d'oeuvre de Jonathan Demme, Le Silence des Agneaux, la relecture du personnage d'Hannibal Lecter proposée par Scott et ses deux scénaristes, David Mamet et Steven Zaillian, s'envole vers le fantastique. A ce titre la série éponyme créée par Bryan Fuller s'inscrit sur le fond comme sur la forme dans la droite ligne de cet opus.
Nous sommes ici à la lisière du conte et du roman gothique. Lecter, au delà de la figure du Serial Killer, devient l'ogre, le démon au coeur de l'homme. Dans la séquence charnière de son retour au crime, la silhouette en noir et blanc captée par une vidéo de surveillance évoque même le Nosferatu de Murnau. Silhouette fantomatique et définitivement insaisissable. Incarnation surréaliste et fantasmatique du mal absolu.
Figure omnisciente et omnipotente, son seul ennemi de taille est ici sa propre "créature". Mason Verger. Un milliardaire atrocement défiguré par les soins du bon docteur et consacrant sa fortune et son temps à préparer sa vengeance. Un visage d'horreur derrière lequel il est impossible de reconnaitre Gary Oldman. Et pourtant, par ses gestes et sa voix, le talent de cet acteur, toujours à l'aise dans les extrêmes, rend immédiatement crédible sa figure de victime et bourreau. Une création d'Hannibal et une composition d'acteur réellement terrifiantes.
Entre les décors du Palazzo Vecchio de Florence ou évolue Hannibal et le château du milliardaire Mason Verger, Milliardaire ivre de vengeance, le spectateur est ainsi plongé dans une ambiance de conte de fée macabre. La violence, l'horreur des crimes prennent ici une dimension opératique, soutenue par la musique aux accents symphonique de Hans Zimmer et les lumières aux ombres profondes de John Mathieson.
Aussi brutal et terrifiant qu'érudit et raffiné, cette figure plus vampirique que jamais, âme damnée de l'enquêtrice Clarice Starling, offre encore une fois une partition de premier choix à l'extraordinaire acteur qu'est Anthony Hopkins. Prolonger l'expérience du Silence des Agneaux était son souhait le plus cher et son plaisir est palpable. Tétanisant la concurrence d'un seul regard. Qu'il s'éloigne en sifflotant ou qu'il enfile une paire de gants, un délicieux frisson nous fait monter le sourire aux lèvres. Du grand Art. Celui de nous placer face au monstre en quelques gestes élégants et douces inflexions de la voix.
Reste l'absence de Jodie Foster, refusant de reprendre un des rôles les plus emblématiques de sa carrière. Là encore, Scott franchit allégrement l'abîme. En choisissant Julianne Moore, véritable beauté préraphaélite, Scott nous fait entrer de plein pied dans la vision d'Hannibal. Cannibale gourmet, ayant le goût du beau, épris d'art et de culture, vomissant les brutes et les vulgaires. La présence de Clarice, vaporeuse, silencieuse, presque irréelle, est aux antipodes de celle, terrienne, de Foster. Une interprétation presque détachée qui évoque clairement, à mon sens, l'envoûtement du personnage. Telle "Mina" hantée par l'omniprésence du comte Dracula. Clarice, mise au banc de sa profession, incomprise et humiliée, appartient désormais au monde de Lecter. C'est d'ailleurs grâce à son intervention que Lecter échappera à l'atroce vengeance de Mason Verger. Le dernier affrontement entre Clarice et Hannibal lors du dernier dîner ressemble plus à une querelle d'amoureux passionnés qu'à une tentative d'arrestation. N'oublions pas que dans le roman de Thomas Harris, Clarice s'abandonne au démon et s'enfuit avec lui. Final d'un romantisme fou, profondément dérangeant et abandonné par la production. Une perspective chuchotée tout au long du film. Reste cette image, ci-dessous, inoubliable, résumant à elle seule l'esprit de ce grand film un peu dingue, baroque et foisonnant, souvent jubilatoire et sans cesse fascinant.

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La Promesse d'une vie [Blu-ray + Copie digitale]
La Promesse d'une vie [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Russell Crowe
Prix : EUR 17,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Feux d'artifices, 24 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Promesse d'une vie [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
Il y des ratages qui serrent le coeur.
Voici une grande histoire. Celle d'un père parti en Turquie récupérer les corps des ses fils morts au combat dans l'effroyable bataille des Dardanelles. Sur cette anecdote authentique relevée dans un rapport militaire, Russell Crowe a développé un récit épique qui aurait pu accoucher d'un très grand film.Une histoire vraie, leçon d'endurance et d'espoir, un cadre somptueux, et, dans le rôle titre, un acteur que j'adore. Soyons clair, j'ai acheté le Blu-ray les yeux fermés.
Là ou, dans le genre film édifiant, Angelina Jolie, bridait quelque peu Invincible (mais sans rater son coup) par trop de retenue, Russell Crowe pêche par excès. Musique ronflante, bon gros ralentis à chaque virage émotionnel, quelques zoom sur les visages aux moments charnière, un exotisme à la Tintin, le tout baignée dans une photographie limite Amélie Poulain. Ça fait beaucoup. Quand on tient une histoire aussi forte, appuyer l'émotion par tout un tas d'artifices de mise en scène franchement datés est fatal. Surtout quand le montage, parfois hasardeux, ne fait qu'accentuer l'intensité relative des grandes scènes de bataille en masquant avec force plans de coupe le petit manque de figurants. J'ai vécu en revanche de magnifiques séquences au mouvement de caméra amples et précis. Instants magiques ou le récit s'envole. Un bel élan aussitôt alourdi par une généreuse pelletée de clichés. Difficile alors pour moi d'embarquer dans un film ou toutes les ficelles scénaristiques et formelles apparaissent à tout bout de champ.
L'autre écueil reste selon moi le manque de scènes évoquant les trois frères disparus. Ils sont tout l'enjeu du film mais leur réalité reste trop fantomatique pour que l'émotion gagne et que la quète du père ne prenne aux tripes. Pourtant Russell Crowe occupe toujours aussi bien l'espace et se révèle un excellent directeur d'acteur. Rien à redire coté distribution. Le regard chargé d'humanité de l'acteur Yilmaz Erdogan, dans le rôle de l'officier Turque, fait merveille. Et l'on défaille encore devant la renversante beauté et la justesse de jeu d'Olga Kurylenko.
L'échec est rageant car l'acteur-réalisateur n'a pas ménagé ses efforts. L'énergie qu'il a déployé pour réaliser son premier film est évidente et les intentions et le propos du film forcent le respect. Il fallait les épaules et une bonne dose de courage pour s'attaquer à un tel sujet pour un premier film.
Film ambitieux, La Promesse d'une Vie est d'une sincérité désarmante. À l'image de l'acteur dont la présence, l'absence d'esbrouffe et la limpidité du jeu en font pour moi un Gabin du cinéma américain. Finalement, ce film respecte cette candeur cinématographique première qui, je l'espère touchera encore le coeur de plus d'un spectateur. Russell Crowe, sans prétentions ni poses d'auteur, a juste voulu nous raconter une magnifique histoire.
On ne peut pas cogner sur un film pareil.
Hélas pour moi, cinévore, les temps ont changé. La profonde maturité et la densité narrative des meilleures séries télévisées actuelles, l'épaisseur des personnages et le développement de plus en plus savant des intrigues qui s'y déroulent, mettent une sacré pression sur le grand écran. Il est aujourd'hui difficile d'avaler le schématisme de ce cinéma d'aventure "à la papa"...
La Promesse d'une Vie est encore un de ses film que j'aurais adorer vous recommander chaudement. J'avoue être tout tristounet de ne pas avoir accroché plus que ça, mais si ça vous tente n'hésitez pas! Il faut encourager l'immense générosité d'un réalisateur au grand coeur mais encore maladroit.
Je me console en constatant que la promesse de voir un jour Russell Crowe nous délivrer un grand film reste présente ici.
LE BLU-RAY : Une HD comme Russell. Images Solides et chaleureuses !

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Invincible [Blu-ray + Copie digitale]
Invincible [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Jack O'Connell
Prix : EUR 17,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Total respect, 22 août 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invincible [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
LE BLU-RAY :
Issu d'un master 4K voici donc un transfert HD solide et affuté au piqué olympique. Le Zamperini du Blu-Ray !
LE FILM :
Peut-on, raisonnablement, participer aux jeux olympiques, à la guerre du Pacifique, survivre à un crash d'avion, dériver 47 jours en mer avec une gourde et trois biscuits, être capturé par les japonais, torturé, se retrouver prisonnier deux ans durant dans un camps, être soumis aux travaux forcés tout en étant le souffre douleur du sadique maître geôlier, et survivre ?
Non. Et pourtant Louis Zamperini l'a fait.
Cet homme, d'1 mètre 75 et 60 kg tout trempé, est un colosse. Son courage a touché au cœur la réalisatrice la plus canon d'Hollywood. Angelina Magic Jolie ! Une dure à cuire qui ne s'en laisse pas compter non plus. L'admiration qu'elle porte à cet homme est palpable.
Presque... trop.
Même si Invincible reste, pour moi, un noble et beau film à montrer dans les lycées pour inculquer deux-trois notions de courage et de résistance à de jeunes créatures Facebookisées, l'ensemble est, comment dire, un peu figé. Comme si, tétanisée par l'hommage, la réalisatrice n'avait pas su libérer toute sa passion et sa rage dans ce métrage un peu trop lisse. Parce que tout est là. Une histoire absolument incroyable et admirable, des acteurs épatants, un scénario des frères Coen plutôt bien écrit, et la photographie impériale de Roger Deakins. Mais hormis une ouverture qui colle au fauteuil, le reste se déroule d'une manière assez linéaire. Avec rigueur et application. Le paysage est violent mais il est parcouru en bus-scolaire.
Une fois dis cela, je ne peux que saluer l'effort d'avoir enfin porté à l'écran cet incroyable biopic, mis au tiroir depuis 50 ans, dont quelques grands réalisateurs s'étaient rapidement débarrassés. L'exploit et le courage de Louis Zamperini sont enfin immortalisés dignement. Et cela grâce à la ténacité d'une femme formée par les plus grands. L'actrice inoubliable de L'échange affiche déjà, pour son deuxième film derrière la caméra, quelque chose d'Eastwoodien. Une réserve et une sobriété dans le cadre qui annonce pour elle des lendemains prometteurs. Pour le moment, cette sobriété cogne parfois à coté mais encore une fois, l'intention est louable et tout cela se suit sans déplaisir.
Invincible, reste truffé de qualité et marque l'éclosion d'une vraie cinéaste. Louis Zamperini, encore vivant lors du tournage, s'avoua ravi du résultat à la vision des premiers montages. Cette belle rencontre, entre le cinéma à son plus haut degré d'exigence et une légende vivante, ne fut que justice. Voici un ouvrage honnête et soigné, ce qui de nos jours, mérite déjà toute votre considération. Un film qui restera comme un solide et noble message d'espoir à tous ceux qui se battent pour "Vivre Debout".

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Orange Is the New Black [Blu-ray]
Orange Is the New Black [Blu-ray]
Prix : EUR 38,09

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les vitamines du malheur, 22 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orange Is the New Black [Blu-ray] (Blu-ray)
LE BLU-RAY:
Quartier Haute Précision. couleurs, contrastes et niveau de détail en acier.
LA SÉRIE :
- I don't just like you, Piper. I got feelings. Love feelings!
Piper. Trentenaire WASP branchouille d'abord terriblement agaçante puis attachante, drôle et finalement irrésistible.
Elle sera le fil rouge dans cette fresque "grande gueule" d'un paysage humain sévèrement burné. Une prison de femmes où vous apprendrez à connaitre le passé de chacune d'elles. Galerie d'une richesse incroyable. Des tronches et des personnalités passionnantes et entières sur la grille d'une partition explosive aux dialogues jubilatoires. Orange is the New Black !
Torrent d'intelligence pure qui éclabousse avec bonheur notre douillette bien-pensance et nous rince l'âme par son humanisme solide. Celui d'un regard qui retourne les apparences. D'un épisode et d'une saison à l'autre vous réviserez votre jugement. Ce qui n'est que justice pour ces irrésistibles taulardes. Vous apprenez tout simplement à les connaitre et les aimer. Toutes ces femmes et ces filles épatantes, un poil flippantes au premier abord. Sens du contact animal et tchatche dévastatrice, leur charme authentique, brut de décoffrage, nourrira votre addiction. J'ai avalé les trois saisons en deux semaines. Remis sur pied par cette saine et vigoureuse leçon d'humanité par-delà le bien et le mal. La vie y est comme la vraie. Drôle et tragique, avec ses moments de gloire et ses instants pathétiques. D"échanges poilants en drames poignants, des instants de grâce aux violences quotidiennes, voici un gigantesque film de prison bien déniaisé.
Coté série, je ne m'étais pas pris un tel swing dans l'écriture depuis Les Soprano ou Breaking Bad. Il faut rappeler que le long fleuve pas tranquille d'Orange trouve sa source dans le récit autobiographique de Piper Kerman. Une charmante dame qui a passé quelque temps derrière les barreaux et participé activement aux scénars des trois saisons. Ici, on sait de quoi l'on parle et le génie de la lampe a du coffre. Je vous adore les filles!
Impossible de départager ces actrices qui mériteraient toutes une floppée d'oscars, d'Emmy etc... Vous éclaterez de rire avant d'avoir la gorge nouée. Vous garderez le sourire au lèvres tout en versant votre petite larme. Elles sont incroyables et chaque scène se savoure comme des modèles d'interprétation pour tous les futurs directeur d'acteur. Leurs prestations éblouissantes, irrésistibles, nous rappelle que le bonheur c'est d'aimer la vie en bloc, encaisser les coups, les moments au trou, et d'y aller franchement, sans se ménager. Tout assumer sans se cacher. Le courage de tomber le masque pour libérer la croissance.
Orange is the New Black, c'est un peu le Luke la Main Froide ou le Vol au-dessus d'un Nid de Coucou de ce nouveau siècle de cinéma. Un microcosme à l'échelle universelle. Je sais que l'on cause ici d'une série, mais, entre nous, le cinéma, c'est aussi sur le petit écran que ça se passe désormais, non ?

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Blade Runner [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
Blade Runner [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Harrison Ford
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les cinéphages rêvent-ils de licornes en papier ?, 22 août 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blade Runner [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook] (Blu-ray)
LE BLU-RAY : On a déjà tout écrit sur ce nouveau master 4K qui en 2007, lors de la sortie du Blu-ray, a été accueilli comme une épiphanie. A le revoir aujourd'hui sur un écran à l'uspcaling 4K, on salue encore bien-bas ce travail admirable de restauration. 35 ans après le tournage, les images 35 et 70 mm irradient comme "de grands navire en feu surgissant de l'épaule d'Orion". Respect absolu de l'aspect argentique. Un grain géré divinement et un niveau de détail qui sacralise définitivement le travail du maître des effets spéciaux Douglas Trumbull. Une véritable redécouverte que l'on savoure à genoux et des larmes plein les yeux.

LE FILM :

Eldon Tyrell - Qu'est-ce qui vous pose un problème ?
Roy Batty - La mort.
Eldon Tyrell - La mort ? Mais j'ai bien peur que ce soit en-dehors de ma juridiction.
Roy Batty - Je veux plus de vie, père.

33 ans.
Blade Runner ne vieillira jamais. Splendeur glaçante d'un Los-Angeles tentaculaire, gigantesque Métropolis, où les Spinner peinent à s'arracher à la gravité pluvieuse et obscure d'un futur ou les rêves ne s'affichent plus que sur de gigantesques écrans publicitaires. L'humanité qui s'y agglutine semble désincarnée et la solitude accompagne tous les personnages. De l'ex-flic, Deckard, aux réplicants, ces androïdes devenus plus vivants que les humains. Tous vont voir se diluer le sens de leur existence et la perception de leur identité dans la lente et mélancolique traque qui les lient. Une atmosphère de fin du monde souvent imitée mais jamais égalée depuis. Si je parle d'atmosphère c'est que le decorum constitue ici le coeur de ce prodige visuel. L'artisan de ce miracle est Douglas Trumbull, le magicien des effets spéciaux qui a imposé 2001 et Rencontres du 3ème type en références incontournables avant de signer les visions astrales de The Tree of Life. Ici il s'est surpassé. Dès l'ouverture, les spectateurs gavés d'effets numériques que nous sommes reprennent pied dans une saine matérialité.
Somptueusement photographiées par Jordan Cronenweth ( Au-delà du réel, Cutter's Way) Ces visions inoubliables de gratte-ciel en abîmes, les costumes et les éclairages aux néons de ce gigantesque monstre de cinéma alimentent aujourd'hui encore la matrice de toute la SF contemporaine.
Et tout ceci de prendre son envol grâce à la musique de Vangelis. Comment ne pas citer alors le commentateur Spinaltap : "Space-Opéra cosmique aux synthétiseurs envoûtants qui illustrent à merveille le désenchantement ambiant de ce chef-d'œuvre noir et le spleen de ses personnages. Une partition indissociable de ces images sublimes."
Vous trouverez ici et là sur le net une foule d'analyses et de décryptages passionnants concernant cette oeuvre fascinante. Le pouvoir d'attraction de cet univers dystopique n'a rien perdu de sa puissance. Considéré comme un semi-échec lors de sa sortie sur le territoire américain, c'est en Europe et notamment chez nous que son statut d'oeuvre culte a été érigé. Le caractère sombre, violent et dépressif de l'ensemble tranchait radicalement avec l'univers alors triomphant du space-opera ou les grosses frayeurs du Slasher SF façon The Thing. Le spectateur qui avait tremblé devant Alien fut probablement désorienté en plongeant dans ce gouffre poisseux et obscur, conçu par un jeune réalisateur visionnaire alors adulé. La quète existentielle des réplicants et le spleen de leur poursuivant n'avait plus le charme rassurant d'une SF soigneusement balisée aux héroïque morceaux de bravoure.
L'ex-flic Deckard, c'est le Philip Marlowe de demain, menant son enquête avec cette élégante nonchalance à la Bogart, dans les pas d'une brune au charme fatal. Mais c'est un héros usé, alcoolique, insomniaque et taiseux, flinguant sans trop d'états d'âme de magnifiques androïdes au coeur d'un univers aussi foisonnant que dépourvu de sens. Le design rétro-futuriste et le jeu permanent des ombres et lumières accentuent ce lien au film noir tandis que l'ambiance, les costumes et maquillages des criminels répliquants posent ici les bases de l'imagerie cyberpunk. A ce titre, la puissante cinégénie des ténèbres pluvieuses du Los-Angeles 2019 ont marqués les Wachowski. Leur trilogie Matrix multiplie d'ailleurs les clins d'oeils et références au totem de sir Ridley.
Blade Runner n'a pas surgit du néant. L'univers, l'intrigue et les personnages constituent une extrapolation magnifique du court roman de Philip K. Dick publié en 66 " Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?". Quelles sont les limites de l'intelligence artificielle?, où commence la conscience? l'empathie?. Qui est le plus humain entre l'homme et la machine, dans un monde écologiquement dévasté aux populations écrasées ? l'essence du livre est bien là. On comprend l'enthousiasme de K. Dick à la lecture du scénario de Hampton Fancher et David Peoples (Impitoyable, l'Armée des 12 Singes)
Harrison Ford, alors au sommet de sa gloire, s'avoua un peu désorienté dans ce tournage titanesque. Un égarement qui profite pleinement au rôle. Ses regards tristes et perdus rendent plus authentique encore la lassitude du personnage. Un mélange de force et de fragilité qui fait de Deckard l'icône futuriste du héros désabusé. Un modèle pour tous ces portes-flingue au regard ténébreux qui peuplent aujourd'hui la SF aussi bien au ciné qu'en BD, que dans l'univers des jeux vidéo. La galerie de personnage qui hante ce film est tout aussi marquante. Les charismatiques et puissants replicants dont le mentor est un Rutger Hauer statuaire et princier, secondé par les somptueuses Sean Young et Darryl Hannah dans leur premiers grands rôles. Pathétique J-F Sebastian, le généticien se fabriquant ses robots de compagnie pour tromper sa solitude. Et la présence inquiétante de Gaff, le messager, déposant ici et là ses origamis comme autant d'indices quant à la finalité du parcours de chacun.
33 ans après, Blade Runner continue de m'éblouir. Un requiem sombre et somptueux, violent et poétique qu'une minuscule licorne en papier ramène au silence.

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 25, 2015 6:42 PM MEST


Fast & Furious 7 [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
Fast & Furious 7 [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Vin Diesel
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 I've got family !, 22 août 2015
LE BLU-RAY : Étincelant. Les écrans HD ont définitivement un faible pour ce genre de spectacle. Voilà du grand débridage de pixel, de l'orgasme rétinien à répétition.
LE FILM : Prendre son ticket pour 2 heures de montagnes russes... Est-ce encore du cinéma? Oui, bien sûr. Car dans ce septième opus personne ne se moque du spectateur. Dès l'irrésistible plan-séquence d'ouverture le ton est donné. Rien ne sera crédible, on va bien se marrer, le spectacle va être énorme, on se ne se prend pas au sérieux et le bad-guy va vous clouer au fauteuil. L'impérial Jason Statham ouvrant le bal le label qualité est garanti et c'est parti pour 2h15 de Fun absolu, pied au plancher.
La galerie d'acteur est désormais iconique et top crédible. Vin Diesel s'impose sans peine dans son rôle de mâle Alpha, l'adorable et sexy Michelle Rodriguez dispose du parfait mélange de charme et de badasserie et Paul Walker, dans sa dernière virée, occupe forcément l'écran d'une manière indélébile. Le final-hommage à l'acteur décédé a parfois été jugé naif mais il est pour moi d'une sincérité et d'une délicatesse profondément émouvante, je n'ai pas honte de l'avouer. Et puis on n'oublie pas le tandem drôle et sympa Tyrese Gibson et Ludacris dont les vannes bas de plafond ont l'élégance de tomber toujours à point. Massive, drôle et décontractée, la désormais indispensable présence de Dwayne Johnson m'évoque le Schwarzy des grandes années.
- Did you bring the cavalry?
- Woman, I am the cavalry.
Franchement, ça vaut "I'll be back" non?
J'adore ce type! Et comme si cette précieuse alchimie ne suffisait pas, voilà que ce casting-double-turbo s'est offert le grand, l'immense, le royal Kurt Russell !!! l'éternel Snake Plisken, héros absolu de mon adolescence depuis New-York 1997.
Voitures larguées d'un avion, vols planés d'une tour à une autre, poursuites dans des ravins, flingages et castagnes opératiques, le tout admirablement chorégraphié et emballé par des génies de la cascade, comment ne pas saluer bien bas le jeune prodige James Wan d'avoir signé là ce gigantesque morceau de bravoure magistralement filmé, photographié et monté.
Au final, le réalisateur surdoué de Saw et The Conjuring se paye même le luxe de nous laisser l'oeil humide en fin de séance avec ce plan aérien instantanément culte. Après avoir roulé côte à côte quelques kilomètres dans la lumière dorée du soir, les voitures de Dominic Torreto et Brian O'Conner se séparent pour toujours, comme se déploie les ailes d'un oiseau.
"You'll always be with me. And you'll always be my brother."
C'est viril, sans fioriture et magique. Un final de film de gars à vous tirer les larmes. Un hommage direct et cinématographique à un acteur de série B sans doute unique dans l'histoire du cinéma de genre.
Repose en paix, Paul Walker. On sait à présent où la série puise son énergie, sa longévité et son succès. Fast and Furious a non seulement un tigre mais également un coeur gros comme ça dans son moteur. Désormais privé de son "frère", Vin Diesel reste plus que jamais le parrain d'un vrombissant et généreux film de famille.


Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale]
Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale]
DVD ~ Joaquin Phoenix
Prix : EUR 24,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A Paul Thomas Anderson Joint, 21 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Inherent Vice [Blu-ray + Copie digitale] (Blu-ray)
J'ai pris un pied monumental à fumer ce long polar déviant, ressuscitant les sauvages et poétiques années 70, à l'intrigue suffisamment obscure et improbable pour que l'on s'en foute un peu, dans les pas d'un privé conduisant son enquête avec une paranoïaque mais californienne décontraction hippie, le tout parfumé au chanvre indien.
L'atmosphère de défonce y est apaisée mais permanente, l'humour soigneusement décalé avec de brusques saillies absurdes, les personnages savoureux et le charme omniprésent. La tristesse affleure, mais je m'y suis glissé comme dans une de ces douces soirées d'été, ou, tout grillé de soleil, du sable encore dans les sandales, on s'ouvre un bon petit rosé. Dans le genre radieux millésime descendu des collines de Provence. Le talent est clair, les saveurs complexes mais la note fruitée, voir exotique...
Welcome back in the sweet seventies! Quand la raison se promenait parfois sans laisse et que la loi et l'ordre se diluaient gentiment dans le sillage de généreuses muses, sans profils facebook mais aux jupes éprises de liberté et d'absolu. Ca y est, je pars un peu en live mais c'est parce que les images et sensations sont encore toutes fraîches. Inherent Vice n'est pas un énième polar, encore moins un hommage bourré de clin d'oeils. C'est d'abord le film d'un poète. Un vrai. On y cultive l'art de la fugue. La narration se tord dans tous les sens, claque au vent, mais dans une totale maitrise de l'Art.
Et puis il y a Joaquin Phoenix. Son regard unique le couronne définitivement comme le trash mais digne descendant du Nicholson de Chinatown. Un Big Lebowski se sortant comme par enchantement d'une histoire aussi mystérieuse que celle du Faucon Maltais. Et puis il y a la blonde révélation, Katherine Waterston! ou plutôt, Katherine Waterston... l'actrice irradie dans le rôle de Shasta Fay. Celle par qui tout arrive. Fille de Sam à la ville, petite Emma de Boardwalk Empire, cette adorable fée clochette cultive les extrêmes. Petit oiseau perdu ou magnétique ensorceleuse. Impossible de trancher. Elle vous abandonnera, ivre et ravi, au terme d'une séquence à déboiser plusieurs centaines d'hectares de forêts.
Vous y croiserez également un Josh Brolin au bord du nervous breakdown, un Benicio Del Toro amoureux des vieux gréements, Owen Wilson, bien flippé, chuchote tous ses dialogues et Martin Short, nez dans la poudre et pantalon sur les genoux, y surgit totalement Phil-Spectorisé. Autant de participations irrésistibles. Chouette brochette d'acteurs, visiblement ravis comme tout de trouver un place de choix dans cette joyeuse sarabande de cinglés.
Impossible de parler de ce film sans évoquer la forme.
Du travail d'orfèvre ! Pellicule 35 et 70 ont couché une image "seventies" à fumer le reste de sa moquette avec les poils du chien. Une photographie signée Robert Elswit (fidèle au poste depuis Boogie Nights) baignée dans les teintes et le grain subtil d'une époque d'avant le Botox et les régimes détox. Toutes ces teintes et matières dans l'image palpitent et vibrent désormais sur un disque Blu-ray exemplaire que l'on voudrait presque entendre craquer à la lecture, comme un bon vienx vinyle.
La B.O est forcément divine. C'est Folk, psychédélique, avec quelques touches de variétoche. De belles compos de jonny Greenwood (fidèle de la "famille-Anderson" )accompagnent Neil Young, Jack Scott, the Marketts ou The Tornadoes, et j'en passe... Anderson est un génie donc il fait comme les autres, de Welles à Scorsese, créer un univers qui tient de bout tout seul, se regarde et s'écoute.
Parce que, ne vous y trompez pas, dans ce magnifique et miraculeux bordel qu'est Inherent Vice, adapté de l'invisible et mystérieux auteur Thomas Pynchon, rien n'arrive par hasard...

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Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray]
Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray]
DVD ~ Michael Keaton
Prix : EUR 17,59

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 You're not important, get used to it !, 11 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Birdman ou (La surprenante vertu de l'ignorance) [Blu-ray] (Blu-ray)
Birdman n'est pas un film. C'est un prodige. Après une série d'oeuvres-chorale filmées autour du monde, Innaritu rassemble tous ses démons dans un même lieu. Les entrailles d'un théâtre. La vie, l'amour et la mort embrassés dans un seul mouvement de caméra. Oui, vous avez bien lu. Birdman est un monstre cinématographique. Une valse barzingue aux raccords invisibles. Gigantesque plan-séquence conduit de main de maître par le directeur photo Emmanuel Lubezki le magicien de The Tree of Life, Gravity, Les Fils de l'Homme... Si j'étais chef-op je ferais une énorme dépression en sortant de ce film. J'irais garder des chèvres dans le Larzac ou tenter un concours d'entrée dans la fonction public. Un choix de mise en scène indissociable du propos. Birdman c'est la vie. Tout droit et sans interruption, jusqu'à la fin.
Le désespoir virtuose et poli, Birdman maîtrise. On se marre un instant avant d'encaisser une ligne de dialogue à se tirer une balle. Barré, loufoque mais toujours bouleversant. À l'image du plan d'ouverture : un acteur vieillissant, lévitant en slip, au milieu de sa loge. Riggan, star has-been au bord du point de rupture, dont l'increvable célébrité ne repose que sur des succès qu'il voudrait balayer. Ce mec reste "Birdman" mais il est seul et fauché. Depuis déjà bien longtemps. Michael Keaton se livre ici corps et âme au génie d'Innaritu. Grotesque et sublime de l'ouverture au dernier plan du film. Difficile de ne pas saisir la petite part d'autobiographie dans celui qui fut le premier Batman digne de ce nom avant de finir sa carrière au générique de films comme Need for Speed ou le pâle remake de Robocop. Le voici de retour, totalement électrisant, dans le rôle de l'ex super-héros de cinéma, tentant un dernier come-back sur les planches de Broadway.
Un come back sur les ailes de l'auteur Raymond Carver. Le personnage de Riggan a donc adapté pour la scène le recueil de nouvelles " What we talk about when we talk about love"( Parlez-moi d'amour) Précisons aussitôt que l'auteur des Vitamines du bonheur, mort à la fin des années 80, reste aujourd'hui encore le pape du naturalisme à l'américaine. Une plume sèche et brutale, ayant dessiné, toute sa carrière, les brèves et pathétiques destinées de types ordinaires. Ici, à l'image de l'univers de l'écrivain, les gloires sont fanées et l'aigreur parfume les couloirs du théâtre.
- How pathetic we are...
- It's not important. You're not important. Get used to it.
Le personnage de Keaton a beau être doué de pouvoirs télékinésiques impressionnants, envoyer valdinguer tous les objets à distance, il reste désespérément impuissant et vulnérable. Hanté par le fantôme de sa gloire passée. Riggan ressemble au cinéma d'aujourd'hui. Tentant de se racheter une conduite et de retrouver le fil de l'art après s'être vendu à la Marvelisation du spectacle et des esprits. Ce virus extrêmement contagieux qui mine aujourd'hui le cinéma populaire, accouchant d'oeuvres aussi pyrotechniques que ternes et prévisibles comme des dimanches de pluie.
- They love this s***. They love blood. They love action. Not this talky, depressing, philosophical bulls***. Yes. And the next time you screech, it'll explode into millions of eardrums. You'll glimmer on thousands of screens around the globe. Another blockbuster. You are a god. See?
Rage et colère et alimentent en permanence la quête artistique de Riggan. Alimentées par les profils névrotiques de ses compagnons de scène. Quel bonheur de retrouver le grand et sous-employé Edward Norton (Fight club, 25th Hour) dans un rôle d'égomaniaque à la hauteur de son talent. Surprenante Emma Stone en jeune fille perdue, fraichement sortie de désintox. Intense et fragile Naomi Watts, ici actrice en mal de reconnaissance. Tous, interprètent à la perfection cette drôle, renversante, déprimante et nihiliste partition. Miroir tendu à un système à bout de souffle. Et plus largement, grande leçon d'humilité face à cette irrépressible soif d'amour et de reconnaissance qui nous carbonise comme des aigles de feu avant de nous abandonner au bord du rivage, acide et infréquentables, comme des méduses échouées.

Le Blu-ray : Le top de l'image numérique couchée sur 35mm. Des entrailles du théâtre au envolées urbaines le prodige s'accomplit en HD. Top démo d'une image de caractère.

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Kingsman : Services secrets [Blu-ray]
Kingsman : Services secrets [Blu-ray]
DVD ~ Colin Firth
Prix : EUR 19,99

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Let me teach you a lesson !, 10 juillet 2015
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- Manners make the man. Do you know what that means? then, let me teach you a lesson.
Et quelle leçon!
2h10 d'un blockbuster délibérément régressif, totalement jouissif, et joyeusement transgressif. Kingsman, pour vous servir! James Bond au biberon. L'éducation d'un jeune bleu à casquette aux arcanes de l'espionnage musclé par un redoutable gentleman-fighter. La Sixtine du dérouillage de malfaisants.
Distribution de pains, flingages opératiques et vols en chute libre. Ou comment l'art de bien choisir son parapluie et ses pompes est essentiel lorsqu'il s'agit d'endosser le nom d'un Chevalier de la Table Ronde pour aller, flingue au clair, affronter Samuel L Jackson en milliardaire se rêvant maître du monde. Tous les fondamentaux sont en place mais la chanson, elle, est un pur moment de rock'n roll.
Marcher dans les pas d'un Colin Firth furieusement british, parer les coups d'une brune incandescente montée sur prothèses d'acier, découvrir le jeune et épatant Taron Egerton, se régaler d'une mise en scène virtuose aux couleurs éclatantes. Kingsman est un gigantesque cartoon, revisitant James Bond avec une chaleureuse insolence.
Les moments de bravoure s'enchaînent dans un climat de saine fraicheur vous offrant l'occasion de jouir pleinement de votre temps de cerveau disponible. Car, autant être prévenu: Matthew Vaughn, génial réalisateur du premier Kick-Ass, n'a absolument aucune intention de vous filer une méningite. Ici, s'agit seulement d'flanquer une bonne correction aux malpolis, dessouder une pleine église de radicaux fidèles racistes et homophobes (cultissime pétage de plombs d'un Colin Firth en mode téléguidé, ayant à elle seule nécessité une semaine de tournage, 130 acteurs et 20 cascadeurs!) puis essayer le sauver le monde d'une générale et planétaire baston. Faut juste se détendre un peu et se laisser aller. C'est bon et c'est pas compliqué.
- Pretty dog, what's his name?
- JB.
- As in James Bond?
- No.
- Jason Bourne?
- No. Jack Bauer
- Oh.
Les temps changent. la télévision à flingué les idoles du grand écran. Les bonnes manières se perdent, mais Matthew Vaughn s'amuse comme un dingue. Et, quelque part, dans la consensuelle indigence blockbusterisante actuelle, l'acrobatique, violente, assumée, royale et rageuse imbécilité de Kingsman a décidément quelque chose de deeply réconfortant. Enjoy !!!!!!

LE BLU-RAY : On s'agenouille, on joint les mains bien devant son visage, on croise nos petits doigts, et on dit merci !

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American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Bradley Cooper
Prix : EUR 19,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 patriote mais presque, 9 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : American Sniper [Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale] (Blu-ray)
Voici une scène qui résume bien la démarche de Mister Clint :
L'instant où le personnage de Chris Kyle neutralise le "boucher" (abominable tueur à la perceuse). Cela ne dure qu'un instant et en coin de plan. Le véhicule explose bord cadre et retour sur l'évacuation de l'unité. Aucune complaisance sur la mise à mort du tortionnaire qui nous a vrillé les tripes auparavent. Une séquence d'action sèche et sans emphase ni envolée musicale triomphante. Le sniper à fait le job. Point barre.
Raconter la vie du Sniper le plus redoutable de l'histoire? On peut le prendre dans tous les sens, le sujet reste casse-gueule. Clint, lui, ne s'embarrasse d'aucune posture. Ni faiseur, ni auteur. Il va faire le job. Sobrement. Avec une implacable simplicité. Dans la totale maitrise de son art et le classicisme royal de sa photographie. Un boulot sur l'image signé du fidèle Tom Stern. Eastwood ne se contente pas d'imprimer la"légende"il va nous raconter l'histoire d'un soldat d'élite. Ni plus beau, ni plus intelligent qu'un autre mais d'une efficacité redoutable. Bradley Cooper, excellent acteur et indiscutable belle gueule et charmeur absolu du nouveau paysage hollywoodien, ne fera d'ailleurs rêver personne dans sa texane composition du patriote, élevé au grain et à l'humour bas de plafond. 15kg de plus et menton en avant. Mais le dévouement absolu du personnage à ses missions sera d'un bout l'autre du film traité avec respect par le cinéaste. Le regard n'est pas glorifiant, juste à hauteur d'homme.
L'hommage est indéniable mais le patriotisme n'éclabousse pas pour autant l'écran. Si le générique de fin célèbre Chris Kyle comme un héros national sur la base d'images d'archives impressionnantes, ce qui a précédé et qui n'appartient qu'au regard d'Eastwood, n'a pas éludé la face sombre de son engagement. Seul concession "hollywoodienne", l'affrontement entre les deux snipers adverses qui s'achève dans une mise en scène clairement "spectaculaire". Mais on ne devient pas "une légende" par hasard. Très vite Eastwood va faire atterrir son personnage. Cet homme que tout le monde surnomme "la légende"quittera l'armée, hanté, dépressif et ne s'en sortira qu'en retournant à la seule chose qu'il maitrise. Le tir. Tout l'amour de sa femme et de sa famille ne suffiront pas à le sortir de sa prostration. C'est auprès de ses "frères d'armes" et en tant qu'instructeur que sa vie retrouvera du sens. C'est aussi cet engagement qui causera sa perte. Un sort évoqué indirectement mais d'une manière absolument admirable et encore sous le signe d'un regard "à distance".
Pour moi la mission est accomplie. Eastwood a évité les deux principaux pièges du sujet. Signer un film ouvertement patriotique qui aurait montré Kris Kyle en nouveau Rambo dans une succession de séquences héroïques ou se laisser aller à un pamphlet rageur qui aurait montré Chris Kyle en bête de guerre, totalement lobotomisée. Les deux axes auraient été à mon avis des contre-sens et n'auraient pas respecté la mémoire du soldat. Le rêve américain, Eastwood n'en a cure. Il suffit de revoir Honkytonk Man, Bird, Mystic River ou Million Dollar Baby pour s'en convaincre. American Sniper est un film de guerre pur et dur. Douloureux, violent et sans illusions.

LE BLU-RAY: On commence à être habitué. Tous les transferts HD des derniers Eastwood sont des modèles du support. Définition et précision au taquet. Respect absolu de la photographie d'origine. Noirs solides et traitement des couleurs admirable. Encore un top démo!

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