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Contenu rédigé par Pierric G.
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Commentaires écrits par
Pierric G. (France.)

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Trois heures avant l'aube
Trois heures avant l'aube
par Gilles Vincent
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

3.0 étoiles sur 5 Nous irons au paradis car l'enfer est ici, 4 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trois heures avant l'aube (Broché)
Ce nouveau roman de Gilles Vincent nous propose de brosser un triptyque social qui va de Marseille à Valenciennes en passant par la Bretagne, et puisant aussi bien dans les faits divers de séquestration d'employeurs en réaction au pillage ultra-libéral que dans l'itinéraire d'un Mohamed Merah, en passant par l'affaire Dutroux.

Trois tueurs, trois dérives, qui embarquent très vite le lecteur dans un chassé croisé rythmé à travers une France défigurée par la globalisation et hantée par sa mauvaise conscience. On frôle la sortie de route aux deux-tiers du récit – baisse de rythme, ersatz de Mentalist dispensable, mais le ramassage des trois sous-intrigues en une seule dans son dénouement permet de finir le récit comme on l'a débuté : vite et bien. On l'a déjà constaté chez Bosco et on le retrouve dans ce Vincent : chez Jigal Polar, peu de place pour la masturbation intellectuelle. Le directeur de collection connaît la valeur de l'authenticité et de l'urgence de l'écriture face à la préciosité stylistique, et il n'a pas honte non plus de la dimension populaire de notre genre de prédilection.

Si le parti-pris de l'auteur, concédé au travers de ses personnages et de quelques situations emblématique, est convenu, il a l'élégance d'être léger, presque courtois, et de sembler sincère. L'auteur ne renâcle pas devant un obstacle aussi périlleux que l'affaire Merah et on lui tirerait presque notre chapeau pour une telle audace.

On se réjouit au final d'avoir (enfin!) entre les mains un polar de gauche et de qualité qui colle furieusement à la France de 2014


True Detective - Saison 1 - Blu-Ray + DIGITAL Ultraviolet [Blu-ray + Copie digitale]
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DVD ~ Matthew McConaughey
Prix : EUR 29,99

10 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un chef d'oeuvre en puissance totalement saboté sur la fin, 4 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
"True Detective" aurait pu être une des meilleurs mini-séries jamais réalisées dans le genre policier. Hélas.

La photographie est fascinante, se hissant largement au-dessus de la plupart des séries TV pour atteindre les meilleurs productions cinématographiques. La bande-son a aussi été particulièrement travaillée et la musique des génériques vous immerge encore un peu plus dans cette portion de bayou de Louisiane où errent de nombreux fantômes. Quand au duo d'acteurs, il est magistral, chacun parfaitement dans son rôle. Ils en font beaucoup, mais jamais trop, et là encore on est plus proche des meilleures performances du cinéma que du fonctionnariat de certaines séries du petit écran.

Oui, sauf qu'une photographie de grande classe, une bande-son envoûtante et des acteurs magistraux ne suffisent pas à faire un chef d'oeuvre. A un moment donné, il faut une histoire, une intrigue, et des thématiques intervenant dans la résolution de l'intrigue qui vont captiver le spectateur.

Et c'est là que le bât de "True Detective" blesse un peu, voire beaucoup :

* L'évolution des rapports entre les deux flics (le motif de leur "altercation") est évident et prévisible dès le second épisode. On se dit que ce n'est qu'un passage obligé, un préambule à une relation plus profonde par la suite. Raté, les producteurs en ont fait un des climax de la fin de la série, prenant leur spectateurs pour des idiots.

* L'intrigue criminelle s'appuyant sur le mysticisme païen et rural fascine dès l'entame de la série. On évoque à demi-mot le Dieu Cornu des Anciens, et on attend des explications, des approfondissements, des découvertes, d'autant plus que Rust Coehle insiste pour convaincre son collègue qu'il ne s'agit pas là que d'une mise en scène, mais d'une "culture". La baudruche se dégonfle lorsque les scénaristes sont contraints de céder au puritanisme américain à la fin de la série. Tout ce qui n'est pas chrétien ne peut être que caricatural et dégénéré et le grand vilain de la fin - après avoir soupçonné un politique éminent en cheville avec les milieux religieux chrétiens - s'avère être un personnage sans envergure déjà rencontré dans tous les polars situés en pleine cambrousse. La montagne narrative accouche du cliché d'une souris, et le spectateur est laissé sans aucune explication sur le pourquoi des sacrifices ou des artefacts païens, tandis que les rapports réels avec le politicien sont tout simplement évacués en douce. On se moque du monde.

* L'un des personnages est ouvertement athée au départ de la série. Il se livre à des réflexions d'une lucidité aussi lucides que glaçantes sur la condition et la destinée humaine qui tranchent avec le discours consensuel habituel, et cet aspect est pour beaucoup dans l'intérêt suscité par ce personnage. Sans aucune vergogne, les scénaristes ou les producteurs retournent le personnage en toute fin de série pour le faire se vautrer dans la repentance déiste la plus pitoyable qui soit, digne des pires happy-end dégoulinant de morale dont les américains dont abreuvent régulièrement. C'est une véritable trahison de l'esprit du personnage et du souffle inspiré par les premiers épisodes de la série. C'est tellement absurde qu'on se demande s'il ne s'agit pas d'une réécriture tardive sous pression des censeurs de tous poils.

* Le dernier épisode est d'une médiocrité qui entâche malheureusement toute la série. On la quitte franchement déçu, désemparé par ce sabotage en règle, cette médiocrité subite et inattendue, ce racolage puritain qui en fait des tonnes.

"True Detective", ou comment faire d'un joyau brut, obscur et fascinant, une vilaine pierre de pacotille pour la soirée du bal de promo.


Misty
Misty
par Joseph Incardona
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

4.0 étoiles sur 5 Pochette surprise, 21 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Misty (Broché)
Le polar fantaisiste est un exercice délicat, à réserver aux funambules de talent.
Nous avions remarqué son très efficace Trash Circus l'an passé, voici que Joseph Incardona nous surprend avec ce Misty qui se déguste comme une fine de champagne entre alcooliques mondains - désespérés mais toujours élégants.

Inutile d'évoquer l'intrigue à tiroir loufoque sur fond d'hommages et de clins d'oeil répétés à l'âge d'or du polar, ni même la galerie de personnages haute en couleurs où figurent un privé vieillissant et sarcastique à la dérive, une femme vraiment fatale ou un copain travelo qui a fait le Viet-Nam. Il suffit de dire qu'au delà du plaisir de la transgression onirique ou symbolique, l'ouvrage se démarque surtout par l'esthétisme chic de son tragique en filigrane, par sa sombre fantaisie, par son détachement aristocratique à l'antipode du gros pathos qui tâche.

S'inscrivant sans complexes dans la lignée de classiques d'un sous-genre très spécialisé comme la Nuit du Jabberwock de F. Brown, ou Miss Shumway jette un sort de J.H. Chase, Misty est un polar déviant et désenchanté où le tragique suinte derrière chaque flamboyance baroque. Pour les soirs de désenchantement, une bonne bouteille à portée de main.


Stay behind (PLUMES DU COQ)
Stay behind (PLUMES DU COQ)
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 Passé décomposé, 21 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stay behind (PLUMES DU COQ) (Format Kindle)
A la lecture de ce Stay Behind du belge Frédéric Saenen, les plus anciens se replongeront dans l’actualité des années quatre-vingt, dans l’ambiance floue de l’activisme armé, des « années de plomb » et des tueries du Brabant. Une époque où, malgré l’agonie de la guerre froide et l’avènement annoncé de la violence nihiliste de la marchandisation sans limite, des cellules dormantes de l’anticommunisme financées par la CIA auraient servies de bases arrières - d’où le titre de l’opus - à une résistance à l’invasion et à la subversion.

Les plus jeunes y liront avant tout le récit d’un lien affectueux entre un orphelin trentenaire et son parrain. Dur, ténu mais empli de tendresse virile, celui-ci s’amenuise face à la maladie inexorable. Le tuteur légal égrène ses dernières heures en soins palliatifs au gré de ses souvenirs de jeunesse face au filleul, aussi désemparé par la perte et le vide qui s’annoncent que curieux et ébranlé par les confidences qui lui sont faites, par tout ce que cet homme respecté « a laissé derrière lui » – autre explication du titre.

Activiste, « Parrain » le fut, mais presque par hasard, dans un enchaînement qui se veut aussi comique qu’absurde et inquiétant. Les sentinelles de l'Occident sont surtout des écopeurs de l’entropie dans un navire géopolitique aux multiples voies d’eau, des bras cassés dont la résistance est illusoire, la dérive glaçante et l'échec consternant. Parmi eux, cet homme devenu parrain par la force d’un accident de la route qui a fauché ses amis se dresse comme un pan de normalité. C’est surtout sur ses propres fantômes qu’il cherchait à ouvrir le feu lors de ses séances secrètes d’entraînement entre croix celtiques et treillis de surplus militaire U.S.

En dépit de la richesse des thématiques abordées, le roman est marqué par une volonté d'épure et se lit d’une traite. Il y a, dans la façon de mêler grande et petite histoire, dans la subtilité des rapports humains, dans le rejet de la construction stéréotypée et de l'obligation d'une intrigue, dans la thématique abordée, une filiation intéressante entre ce Frédéric Saenen et le Thierry Marignac de Fasciste. Comme un air de famille entre le parrain de l’anti-polar exilé volontaire outre-Quiévrain et ce filleul belge inattendu qui mérite toute notre attention.


Chamanisme celtique : Une transmission de nos terres
Chamanisme celtique : Une transmission de nos terres
par Gilles Wurtz
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Grotesque, 21 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chamanisme celtique : Une transmission de nos terres (Broché)
Cet ouvrage est un publireportage sans scrupules pour les stages de l'auteur (dont on n'ose imaginer le contenu à la lecture de cette somme d'inepties).

Aucun contenu, galimatia de concepts génériques et fumeux empruntés au chamanisme nord-américain alors qu'on prétend s'intéresser au chamanisme indo-européen... L'auteur n'a probablement jamais entendu parler de Hallstatt et n'a aucune idée de la signification du sacré chez les celtes (torques, métamorphose plastique, etc.)

Charlatanisme surfant sur la vague du développement personnel. Perte totale de temps et d'argent.


Le Chamanisme
Le Chamanisme
par Mircea Eliade
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Une somme comparative exhaustive sur les pratiques chamaniques, 21 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chamanisme (Broché)
Cette étude s'adresse aussi bien aux étudiants de l'histoire des religions qu'aux simples curieux. Eliade brosse ici un panorama très complet des pratiques chamaniques et de leurs significations à travers le monde. Si l'aire sibérienne et asiatique est étudiée en détail, les autres chamanismes ne sont pas oubliés (nord-américains, indo-européens, etc.).
Un classique.


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Proposé par Applean
Prix : EUR 42,41

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Bon produit, 21 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : adidas BRAZUCA Top Replique X-Mas Ballon de foot (Sport)
Réplique soignée du ballon de match officiel. Taille réelle et ressenti de bonne qualité lorsque l'on tape dedans. Convient parfaitement aux jeunes et aux footballeurs occasionnels pour une partie entre amis. Ma fille est ravie.


Loupo
Loupo
par Jacques Olivier Bosco
Edition : Broché
Prix : EUR 16,80

5.0 étoiles sur 5 Requiem pour un fou, 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loupo (Broché)
Dès les premières pages, tout est dit : d’abord la filiation, celle de la littérature noire populaire d’Héléna et de Malet, puis le rythme des premières phrases. Il ne faiblira pas tout au long de cette fresque moderne, violente et crépusculaire, quatrième opus noir de Jacques-Olivier Bosco retraçant la trajectoire météoritique d'un braqueur orphelin en quête d'absolu.

Loupo est un fou, mais son aliénation n’a rien à voir avec celle, nihiliste et navrante, des gangs de cité qu’il va devoir affronter armes à la main, ou celle, hystérique, d’une commissaire de Police obnubilée par ses chiffres. Loupo est fou de croire encore au code d’honneur des voyous, fou de croire encore à l’amitié, et surtout à l’amour, qui vous tombe dessus en plein braquage dans le regard timide et excité d’une jolie rousse qui s’ennuie derrière son comptoir.

Avec ce Loupo, Bosco réalise la jonction entre le classicisme suranné de la littérature de genre des années cinquante et les réalités du post-modernisme, empli de la frénésie de son propre vide. Il y a à la fois du Nestor Burma et du Dobermann dans ce personnage de Loupo. L’écriture du roman colle à son époque sans s’y soumettre : avec son rythme, ses facilités, sa gloutonnerie de vitesse, mais jamais sans poésie et sans humanité. Les personnages sont simples et vrais, tout comme leurs motivations, et la narration n’a pas besoin d’être tortueuse pour montrer sa consistance. Loupo est un excellent polar de durs à cuire comme on n’en fait plus – malheureusement.

Loin des chausse-trappes éculées de « l’engagement » ou de la fausse intellectualisation bourgeoise d’un genre désormais dévoré par l’ambition "littéraire", Bosco rend tous les honneurs à la noblesse prolétaire de la littérature populaire avec ce polar dur et cruel mené au rythme des douilles vides qui rebondissent à terre. Il faut des cojones pour dédier un polar à Léo Malet ou André Héléna, et du coffre littéraire pour assumer derrière. Mesdames, je vous le dit : JOB, c’est un vrai mec !


Les Demoiselles
Les Demoiselles
Prix : EUR 7,72

3.0 étoiles sur 5 Poupées de sang, 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Demoiselles (Format Kindle)
Il est des romans noirs où le lecteur sait très bien que tout n'est que jeu codifié et noirceur « pour de faux », et d'autre où l'auteur prend le pari risqué d'aller gratter au plus profond, où la ligne des mots matérialise un câble de funambule tendu au-dessus de l'abîme de la non-humanité, jonglant entre écoeurement et insignifiance de l'excès. C'est sur ce fil ténu qu'évoluent ces Demoiselles, récit terrifiant d'anticipation sociale sur l'avènement d'une nouvelle classe sociale privilégiée faite d'enfants déviants et hypermatures, monstrueux rejetons faustiens du turbo-capitalisme.

Se basant sur la dérive actuelle du jeunisme ambiant, de la terreur face au vieillissement et de la systématisation des revendications puériles et égocentriques de chacun à avoir tout les droits en s'appuyant sur un discours faussement révolutionnaire et libérateur, Les Demoiselles nous offrent la vision abominable d'un futur où une minorité militante d'enfants - drogués dès leur plus jeune âge par des géniteurs embrigadés par la dérive sécuritaire - veulent abolir les lois contre la pédophilie ou anéantir tous les adultes. L'effet est d'autant plus glaçant que le parti pris d'Alex Porker est celui de la froideur et du détachement, accentuant le malaise dans ses passage les plus insoutenables.

Parfois de niveau inégal, et un brin trop démonstratif, Les Demoiselles est un roman dérangeant, et un avertissement halluciné sur l'un des nos futurs possibles au cas où nul sursaut viendrait nous sortir de la léthargie dans laquelle nous a plongé la logique de mort de la consommation.


L'art des liens
L'art des liens
par Raphaëlle Thonont
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Femmes (in)soumises, 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art des liens (Broché)
L'Art des liens est le quatrième titre de la collection Noir des éditions Ecorce. Nous avions remarqué le court et inaugural "Retour à la nuit" d'Eric Maneval en 2009, ainsi que le "Recluses" de Séverine Chevalier en 2011, mélange de roman noir psychiatrique et de road movie pour fracassés de la vie. Avec ce nouvel opus, la ligne de force d'Ecorce se confirme : celle d'un roman noir rare, ambitieux et exigeant.

Raphaëlle Thonont débute pourtant sa narration comme du Harlan Coben : un artiste peintre dont la femme a disparu depuis sept ans reçoit un message sur son répondeur, laissé par un enfant inconnu, lui affirmant qu'elle a besoin de lui. N'ayant jamais pu se résoudre à faire le deuil de celle qui l'avait laissé avec un nourrisson sur les bras en guise d'adieu, le personnage principal va se lancer à sa recherche.

Loin de se contenter de dérouler sur cette base un thriller classique, l'auteur embarquer son lecteur dans une quête initiatique et introspective située dans le milieu de l'art contemporain. On pense au classique Trois carrés rouges sur fond noir de Benacquista, mais la romancière apporte au genre une touche plus dérangeante via une plongée dans les cercles fermés du shibari, un art du ligotage érotique et de la soumission consentie que ses esthètes conceptualisent comme absolu et bien supérieur au bondage.

Revisitant des thématiques connues, comme la décadence de certaines élites ou la compagne qui n'est pas celle que l'on croyait, Raphaëlle Thonont évite les piège du documentaire, du voyeurisme ou du rebondissement de trop pour signer un premier roman érudit à l'écriture froide et précise, hanté par les désillusions et les fantômes.


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