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sulpicia

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Oeuvres Choisies
Oeuvres Choisies
Prix : EUR 32,02

5.0 étoiles sur 5 Du bonheur en galettes, 20 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres Choisies (CD)
Ce Lipinski, un Polonais polonisant, fut une espèce de Chopin qui aurait été violoniste et heureux – double handicap pour un artiste dans une société romantique qui l’aimait tuberculeux et déprimé voire même un peu mourant et qui avait le mauvais goût de préférer la touche à l’archet ; l’injustice d’un oubli doit y trouver sa cause. On lui connaissait les concertos édité par CPO et de très beaux caprices exhumés par Naxos et voilà-t-y-pas que du néant surgit de la musique de chambre, et là on reste saisi ! Certes la musique de Lipinski est-elle de cette musique dite « de violoniste » où, comme dans les quatuors de Paganini, il y a le violon et tout le reste n’est que garniture. Et alors !!! Ce Lipinski est un sensationnel mélodiste qui répand le bonheur et force l’écoute car il ne produit pas cette musique de salon un peu vaine où une virtuosité bien sucrée doit occuper l’oreille émotive des dames tandis que les messieurs fument leur cigares en pensant à leurs maîtresses – l’œuvre d’un Vieuxtemps s’y est usée. Il est vrai que la virtuosité est torrentielle mais jamais elle n’est fatigante ou bavarde ni ne résume à elle seule l’étoffe musicale, au contraire, elle sert une musicalité toujours dominante, jubilatoire et follement pleine de ces surprises qui dilatent l’âme et font l’écoute béatifique. Konstanty Andrzej Kulka est un violoniste qui sert le son en saveur et plénitude d’un beau suc vital, sans encombrement de virtuosité ni dégazage émotionnel et surtout sans tapage narcissique ; on lui sent une joie de jouer, simple, mais débordante et communicative qui ne ferme pas en proposant trop mais ouvre un monde émotionnel où l’auditeur peut librement s’ébattre. Une prise de son de très grande qualité achève de rendre ces enregistrements indispensables non seulement aux accrocs à la colophane mais encore à toute personne qui a le goût musical simplement bien formé.


La garçonne
La garçonne
par Victor Margueritte
Edition : Poche
Prix : EUR 8,65

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Les scandaleux survivent, 18 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La garçonne (Poche)
La Garçonne de Victor Margueritte, un tout petit roman de journaliste, souvent assez commun de sentiment et parfois contourné d’un maniérisme de syntaxe qui sent le mal de poignet. L’ensemble vaut pour ce qu’il documente de cette société de l’immédiat après-guerre qui a su s’embusquer puis pornographiquement jouir jusqu’à ce que 1929 vienne répandre son deuil sur ce plaisir rescapé. Le livre fut scandaleux ; il ne l’est évidemment plus mais se laisse lire avec toutefois ce sentiment que l’on a entre les mains un texte qui n’aurait été refusé que de justesse par la collection Harlequin.


Mascarade
Mascarade
par Gabriel Chevallier
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

5.0 étoiles sur 5 Le plaisir est aussi dans l'oubli, 18 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mascarade (Poche)
Bien supérieur à Clochemerle, Mascarade se hisse au niveau de la La peur par le simple fait qu’y paraît la nuance. Les nouvelles qui se réfugient sous ce titre sont évidemment des récits d’échecs où le grincement est celui d’une vie que chacun des protagonistes tente de mener contre deuils et illusions – mais la littérature parle-t-elle d’autre chose depuis que les romantiques ont découvert la beauté du malheur ? Alors bien sûr, cela meurt et parfois même le méchant triomphe ; il reste que l’ensemble fait une très grande impression et laisse penser que Gabriel Chevallier est de ces auteurs de premier plan que le succès a ignoré, que les éditeurs craignent de rééditer et dont la discrétion fait ce secret plaisir de la lecture rare – une pointe de snobisme fait aussi la vie belle !


Clochemerle
Clochemerle
par Gabriel Chevallier
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

4.0 étoiles sur 5 La frustration peut être belle, 18 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Clochemerle (Poche)
Clochemerle impressionne beaucoup d’entrée mais lasse par le répété ressassant de la haine d’une humanité qui gagnerait parfois à moins d’humour et à plus de franc venin misanthropique. La virtuosité et le ressort jamais distendu d’une intarissable créativité expressive place cependant ce texte tout en haut d'une pile d’ouvrages satiriques que l’on trouve parfois écrits par des auteurs qui ne sont que sainement frustrés et ignorent que la satire a ceci de commun avec l’érotisme qu’elle n’admet que la perfection formelle, et là, Chevallier se place en maître.
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Complete Music 4
Complete Music 4
Prix : EUR 21,00

1.0 étoiles sur 5 Gâchis !, 14 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Complete Music 4 (CD)
Heinrich Wilhelm Ernst est un de ces violonistes virtuoses qui a cru que ses grandes capacités d’exécutant le feraient grand compositeur ; il s’est trompé. Se compliquer les doigts ne réussit musicalement qu’à Paganini et ne produit en l’occurrence que de la musique singulièrement dépourvue d’imagination quand elle n’est pas simplement pompeuse. Pour parfaire sa disgrâce, ce pauvre Ernst se trouve mal servi par un orchestre particulièrement approximatif et une prise de son catastrophique : enregistrer un concerto dont on n’entend pas le soliste est de l’incompétence ou de la perversion - par charité, j'inclinerai à la perversion. Ian Hobson, le chef, avait la colique, Sherban Lupu, le violoniste, s’est donné beaucoup de peine et méritait assurément mieux, le quatuor Ciompi est inconnu et va le rester.


L'Invention de la guerre moderne : Du pantalon rouge au char d'assaut 1871-1918
L'Invention de la guerre moderne : Du pantalon rouge au char d'assaut 1871-1918
par Michel Goya
Edition : Broché
Prix : EUR 11,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Où l’acier troue les chairs et change les esprits., 14 juillet 2014
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Michel Goya est une espèce de Pierre Assouline qui porterait galon ; comme Pierre Assouline, il produit de ces monographies qu’il faut avoir lu, comme Pierre Assouline, il tente le style et y réussit ; comme Pierre Assouline, il tient avec succès chronique et blog comme autrefois on tenait salon ; en bref, Michel Goya fait dans l’acier ce que Pierre Assouline fait dans le culturel. Son livre est d’abord un tour de force stylistique. Michel Goya, un esprit qui ne manque pas d’une certaine fraîcheur, arrive en effet à rendre lisible et même agréable à la lecture ce qui d’ordinaire est étalé en charabia militaro-académique; de fait son travail est bien plus de type académique que militaire – on sent la thèse sous-jacente –, ne serait-ce que par le tour historique qu’il donne à son enquête. Le public visé, que l’on présume constitué des amateurs de stratégie, d’opérationnel et de tactique, ainsi que d’historiens, y trouvera son compte et au-delà. Cet ouvrage échappera sans doute et malheureusement à tous ceux qui se soucient de la chose psychologique – psychiatres, psychologues et autres psychanalystes sont d’ordinaire antimilitaristes – et ils auront grand tort, d’abord parce qu’ils manqueront ce livre qui leur donnerait une bonne leçon de pensée et de style, mais surtout parce qu’ils perdront une formidable leçon de systémique qui les aurait bien mieux renseignés sur la psychologie collective et la dynamique des groupes que n’importe quel manuel prétendument technique.

PS : Il est honnête de signaler que ce livre est la réimpression de « La chair et l'acier : L'armée française et l'invention de la guerre moderne (1914-1918) ». Il est tout aussi honnête de faire valoir que ces titres tapageurs n’ont que peu à voir avec un contenu qui ne l’est pas ; mais les éditeurs adorent le tapage !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 20, 2014 7:02 PM MEST


The Complete Sonatas for Solo Violin Op.27 - Sonata for two Violins
The Complete Sonatas for Solo Violin Op.27 - Sonata for two Violins
Prix : EUR 23,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le prophète d’Ysaÿe, 9 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Complete Sonatas for Solo Violin Op.27 - Sonata for two Violins (CD)
On identifie pas moins de vingt-quatre versions actuellement disponibles des sonates d’Ysaÿe pour violon seul, c’est dire que, dans pareil encombrement, les places sont particulièrement chères. En l’occurrence, l’enregistrement supplétif de la sonate pour deux violons seuls constituait un avantage comparatif qui distinguait cet enregistrement des autres – mais le plus, fût-il de cette sonate dont l’oubli est incompréhensible, n’est rien quand on veut le mieux. Alors, qu’est-ce qui distingue cet enregistrement ? En l’occurrence, ce qui en fait la valeur singulière et le place hors du commun, tient aux qualités propres d’un artiste qui s’impose par cette forme très particulière d’élégance qui veut la ligne plutôt que le motif, mais qui n’oublie jamais que le motif est constitutif de la ligne : il y a donc avant tout de l’équilibre, mais aussi de l’extrême justesse, une étoffe sonore travaillée dans tous les détails de sa présence, une virtuosité si totale qu’elle ne s’aperçoit plus – trop de musiciens cèdent à un tricotage digital confituré d’émotions qu’ils servent comme de l’art –, une sobriété de ton qui laisse à la musique d’Ysaÿe sa plénitude de translucidité anguleuse et enfin une chaleur que l’on sent de générosité réelle. Cet enregistrement est en somme une espèce de glaçon torride ! On sourira de la pirouette oxymorique, mais on m’accordera sa pertinence : dans cette exécution exceptionnelle, dans cette captation techniquement sans le moindre défaut, la vie entre d'abord par la respiration de l’artiste – quand on l’écoute au casque, Papavrami vous souffle dans l’oreille !!!


Hidden Violin:Romantic Virtuos
Hidden Violin:Romantic Virtuos
Prix : EUR 15,66

4.0 étoiles sur 5 Le violon seul sort de sa solitude, 7 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hidden Violin:Romantic Virtuos (CD)
Trop souvent, le répertoire enregistré, sinon même connu, se limite aux Sonates et partitas de Bach ainsi qu’aux Caprices de Paganini – le reste croupit et sert au mieux à agacer des voisins excédés de miaulements approximatifs. On saluera donc avec vigueur cet enregistrement. Les œuvres y sont de violonistes célèbres, c’est-à-dire de compositeurs qui ont écrit pour eux-mêmes et qui ont été d’excellent compositeurs – interpréter de la musique et la composer sont deux choses parfois très distinctes… Au premier coup d’oreille, on est toutefois rassuré, ces œuvres ne méritaient pas l’obscurité. Il est toutefois bien clair qu’il s’agit de violon seul, c’est-à-dire d’un genre où la beauté se fait volontiers austère, fût-elle romantique et bien assise sur un dix-neuvième siècle qui a vu l’école de violon atteindre des sommets. Le plaisir est pourtant bien présent et largement servi. Une prise de son un peu lointaine, un instrument qui occasionnellement nasille, un violoniste qui parfois fait ce qu’il peut, ne parviennent pas à atténuer une jouissance qui est assurément de curiosité mais surtout de pur plaisir.


Au combat : Réflexions sur les hommes à la guerre
Au combat : Réflexions sur les hommes à la guerre
par Bruno Cabanes
Edition : Poche
Prix : EUR 10,50

5.0 étoiles sur 5 Voir le feu et comprendre, 30 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au combat : Réflexions sur les hommes à la guerre (Poche)
Gray a été un très fin observateur de la psychologie du soldat combattant. De sa pratique d’universitaire anglo-saxon, il avait la capacité pédagogique de dire clairement et de manière ordonnée des choses complexes ; de sa capacité de philosophe, il avait appris à passer derrière les évidences ; de son état de lettreux, il avait acquis un style – pour ceux qui ne le craignent pas, son anglais est particulièrement plaisant. On lui sent non seulement la capacité compassionnelle du sensible, mais aussi l’aptitude à une empathie qui en aurait fait un bon psychiatre ; on lui sent surtout l’émotion encore affleurante, et surtout suffisamment profonde et traumatique pour que son livre, publié originellement en 1958, ait mis quinze ans à voir le jour. Deux reproches lui ont été faits. Le premier est de théoriser sur la psychologie du combattant sans avoir été lui-même au feu – cet homme, responsable d’une unité de contre-espionnage a pu interroger les combattants des deux partis, observer les effets du feu sur leur psychisme sans y perdre une clarté d’objectivité que son propre engagement lui aurait peut-être retiré. Le second reproche qui lui a été adressé a été de ne pas diaboliser un ennemi qu’il s’applique à voir en homme et non en nazi – nazi ou non, un combattant reste ce qu’il est, un humain doté d’un psychisme. Le résultat est un recueil d’observations d’une exceptionnelle valeur et d’une justesse d’observation que les travaux postérieurement menés sur les interactions entre troubles posttraumatiques et structures de personnalités ont confirmées.


Bach : Les 6 suites pour violoncelle seul (Coffret 2 CD)
Bach : Les 6 suites pour violoncelle seul (Coffret 2 CD)
Prix : EUR 14,99

5.0 étoiles sur 5 De l'archet, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Les 6 suites pour violoncelle seul (Coffret 2 CD) (CD)
Gendron est un artiste du jeu d’archet. Il en a cela de commun avec Fournier qu’il tire son élégance non pas de quelque belle tenue que ce soit mais d’un phrasé qui dessine la musique plus qu’il ne la chante. Il y a là de la manière française des années cinquante-soixante, mais il y va surtout d’un respect qui interdisait le phrasé ponctuateur ou par trop chantant : il s’agissait de ne pas s’interposer mais de servir, non pas de s’imposer mais de laisser la musique librement retentir au sein de chacun – mais je sais que le temps présent veut plus subjectif, plus coloré, plus émotionnel.


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