Notre interview avec Guillaume Musso

Que serais-je sans toi ?
Plus que quelques jours avant la sortie du dernier livre de Guillaume Musso ! Pour vous faire patienter, l’auteur a bien voulu répondre à nos questions, et nous a même, très gentiment, révélé quelques scoops sur l’intrigue de Que serais-je sans toi ?... Nous le remercions chaleureusement, et vous faisons part de ses révélations.

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Amazon.fr : A chaque nouveau livre, vous rencontrez un engouement grandissant de la part du public. A la veille de la sortie de Que serais-je sans toi ?, êtes-vous plutôt serein ou un peu inquiet ? Quel est votre état d’esprit ?

Guillaume Musso : Chaque année je suis vraiment heureux de retrouver les lecteurs. Je reçois beaucoup de courrier, et depuis trois ou quatre mois il y a beaucoup de lecteurs qui me demandent quand le roman sort. Donc j’ai bien conscience qu’il est attendu. Je sais aussi qu’une bonne partie de mon succès au départ était dû au bouche à oreille, donc à chaque fois j’espère être a la hauteur de l’attente, j’ai une vraie volonté de ne pas décevoir.

Amazon.fr : A qui demandez-vous un avis sur le manuscrit ?

Guillaume Musso : Il y a trois femmes importantes – mon éditrice, ma compagne, et ma mère. Elles me donnent à chaque fois des avis qui ne sont pas complaisants, c’est important.

Amazon.fr : Qu’ont-elles pensé de celui-ci ?

Guillaume Musso : Elles l’aiment bien, elles le trouvent différent des autres, un peu particulier.

Amazon.fr : Justement, sans trop nous révéler le contenu de l’intrigue, est-il ou non dans la même veine que les précédents ?

Guillaume Musso : C’est un livre que j’ai voulu résolument optimiste, à la fois pour les lecteurs, mais aussi pour moi, car c’est une histoire que j’avais besoin de me raconter à moi-même au moment de ma vie où je l’écrivais. C’est une histoire que je trouve plus romanesque que les précédentes, dans laquelle les personnages sont des gens qui sont en train de se construire plutôt que d’échapper à un destin ou une fatalité. Ils sont résolument tournés vers demain, ils recherchent une nouvelle vie. Il y a des aspects de comédie, mais surtout, je suis heureux d’avoir créé une véritable héroïne, j’en suis très fier.

Amazon.fr : Comment ? Une héroïne ?

Guillaume Musso : Oui, le personnage central autour duquel gravite l’histoire est une jeune femme. Elle a 30 ans, elle s’appelle Gabrielle, et elle se cherche. Il y a un mystère dans sa vie qu’elle n’a pas encore identifié, et l’histoire raconte comment le mystère qui plane sur la vie de cette jeune femme va peu à peu se lever. Dans ce livre je parle d’amour, mais à double dimension, car j’évoque l’amour au sein du couple (il y a un retour vers un premier amour qui n’avait pas abouti) et aussi une histoire de rapport filial assez fort. On a une héroïne autour de laquelle gravitent deux hommes, son premier amour et son père. L’un est un grand flic, l’autre un célèbre voleur d’œuvres d’art. Elle est donc déchirée entre deux hommes qui ont laissé un grand vide dans son cœur, qui sont partis de sa vie. Ils se connaissent, et se sont lancés un défi mortel lié à leur profession.

Amazon.fr : Un flic et un grand voleur, ça a un petit côté Arrête-moi si tu peux...

Guillaume Musso : Oui, c’est une course poursuite, une évasion romanesque, symbolisée par l’hydravion que l’on voit sur la couverture. Et que l’héroïne pilote à San Francisco.

Amazon.fr : C’était quoi, le point de départ de l’écriture du livre ?

Guillaume Musso : D’abord, j’avais envie d’écrire une histoire qui fasse du bien, c’était en moi depuis longtemps. Un peu comme parfois, on a besoin de se mettre un bon film, qu’on a déjà vu mais dont on sait qu’il va nous faire nous sentir bien, nous faire rire. L’autre point de départ, c’est que l’histoire débute à Paris. Le roman se passe dans trois lieux différents, mais commence dans le Paris de décembre 2008, le Paris d’aujourd’hui, celui des bords de Seine, des bouquinistes, du Musée d’Orsay. C’est le Paris que j’aime, celui qui nous fait nous dire, lorsqu’on passe près des quais de Seine à deux heures du matin, qu’on habite dans la plus belle ville du monde. J’avais cette envie, d’écrire enfin une histoire qui débute à Paris. Pendant longtemps mon imaginaire fonctionnait avec les Etats-Unis, il était plus actif avec ce décor américain, mais cette fois-ci j’avais envie de Paris. Le roman se poursuit à San Francisco, qui est une ville que j’aime beaucoup, une ville du rêve, mais aussi une ville à taille humaine, avec des valeurs assez ouvertes. Elle évoque tout le rêve de liberté associé à la Californie. Et dans les 50 dernières pages du roman, l’intrigue se déroule dans un lieu mystérieux. Toute l’histoire est tendue vers ce lieu, qu’on va découvrir en même temps que l’héroïne.

Amazon.fr : Une histoire qui débute en France, ça va faire plaisir à vos lecteurs !

Guillaume Musso : Oui, je reçois entre 8000 et 10000 courriers par an, et je voyais que ça revenait, cette question de baser une histoire en France. Mais moi, au moment où les histoires naissent dans ma tête, elles naissent avec le lieu qui va avec, c’est presque indépendant de ma volonté. ! Il n’y a pas de volonté particulière de ma part de baser mes histoires aux Etats-Unis.

Amazon.fr : Quelle est la nationalité des personnages ?

Guillaume Musso : L’héroïne est franco-américaine, son père est écossais, et le flic est français. Donc on est au croisement France-Amerique-Europe.

Amazon.fr : Vos héros sont souvent des hommes auxquels tout semble réussir – en apparence. Pourquoi revenez-vous souvent vers ce type de personnage ? Les personnages de Que serais-je sans toi ?, rentrent-ils dans cette catégorie ?

Guillaume Musso : C’est vrai que j’écris souvent sur des gens qui ont réussi dans la vie mais pas réussi leur vie. Et qui, au moment ou débutent les histoires, prennent conscience que finalement ils ne sont pas loin d’avoir franchi le point de non retour de leur vie. C’est quelque chose qui m’a toujours intéressé, cette dernière chance qu’on a parfois, j’aime bien cette idée de deuxième chance. Dans la vie on dit on a le droit à l’échec, qu’on peut se tromper, mais il y a quand même un moment où l’on sait que l’on a épuisé les chances qui nous ont été données, où il faut voir la vérité en face et faire les bons choix. Pour ce qui est des personnages du livre, ce sont des gens qui se cherchent. Pour qu’une histoire soit intéressante, on ne peut pas partir de gens complètement épanouis, il faut une colère en eux, qu’ils soient à la poursuite de quelque chose, qu’ils soient au bord du gouffre. Donc eux, ils sont en manque de quelque chose. Et ce quelque chose c’est bien souvent l’amour. J’aime la phrase de Christian Bobin qui dit c’est toujours de l’amour que l’on souffre, même si on pense ne souffrir de rien.

Amazon.fr : Quels sont vos livres préférés ?

Guillaume Musso : Pour mes livres cultes, j’en citerai trois. Belle du Seigneur, car c’est un livre d’amour très fort, l’éternelle histoire de l’homme et de la femme, il m’a beaucoup marqué. Ensuite Les Hauts de Hurle-Vent, qui est romantique au sens très noir, qui décrit la passion dans ce qu’elle peut avoir de plus violent, de presque gothique. Et enfin Le Prince des Marées, de Pat Conroy, un magnifique roman sudiste, avec cette histoire d’amour très forte entre un homme et une psychanalyste. Ce sont trois livres que j’offre très souvent autour de moi, que j’ai offert des dizaines et des dizaines de fois.

Amazon.fr : Et les derniers livres que vous avez aimé lire ?

Guillaume Musso : Comme tout le monde, je me suis plongé avec délectation dans Millenium. Dans un genre différent, j’ai beaucoup aimé Les Années d’Annie Ernaux. C’est un roman qui est en apparence autocentré, entièrement sur sa vie à elle, car elle part de photos de sa vie, mais qui est finalement le contraire de la littérature autocentrée, car elle va raconter une sorte de vision qui va parler à tout le monde. Je l’ai fait lire à ma mère, qui a le même âge qu’Annie Ernaux, et elle s’y retrouve. Mais moi aussi. Elle part d’elle même pour toucher à quelque chose d’universel. Dans un autre genre, un « petit » roman d’Anna Gavalda, Je l’aimais. J’aime beaucoup Gavalda, et j’aime particulièrement ce roman, à cause de la justesse des sentiments, du côté sincère. C’est un livre sur le couple qui n’est pas spécialement optimiste, moins qu’Ensemble c’est tout, mais qui est très très juste. Dans un autre genre encore, le roman de Romain Sardou, Délivrez-nous du mal. Il est au croisement du thriller et du livre historique dans ce qu’il a de meilleur, c’est un polar médiéval très bien construit, et on apprend des choses tout en suivant les personnages.

Amazon.fr : A quel écrivain aimeriez-vous être comparé (si ce n’est pas déjà fait…) ?

Guillaume Musso : C’est toujours difficile de répondre à ça. Je fais clairement partie des raconteurs d’histoire, je suis davantage dans la catégorie des romanciers qui racontent une histoire que dans celle de la littérature autocentrée et introspective. Même si je peux aimer en lire. Donc plus que d’un écrivain en particulier je me mettrais dans un courant.

Amazon.fr : Quels sont les commentaires de lecteurs qui vous ont le plus touché depuis que vous avez commencé à écrire ?

Guillaume Musso : La première chose, la plus basique, mais qui fait énormément plaisir, ce sont les gens qui vous disent, « Merci de m’avoir fait quitter pendant quelques heures de mon quotidien, de m’avoir fait rêver, de m’avoir fait visiter des endroits que je connaissais pas. » Il y a autre chose qui revient souvent c’est « J’étais plus heureux en fermant le roman qu’au moment ou je l’ai ouvert. » C’est très gratifiant. Et puis j’ai été énormément touché par les courriers de certaines lectrices qui avaient eu un parcours de vie un peu chaotique et qui me disaient que mes histoires les avaient aidées à se réconcilier avec elles-mêmes. Avoir pu participer à ça, ça fait plaisir.

Amazon.fr : Et les commentaires qui vous ont le plus surpris ?

Guillaume Musso : La première chose, la plus basique, mais qui fait énormément plaisir, ce sont les gens qui vous disent, « Merci de m’avoir fait quitter pendant quelques heures de mon quotidien, de m’avoir fait rêver, de m’avoir fait visiter des endroits que je connaissais pas. » Il y a autre chose qui revient souvent c’est « J’étais plus heureux en fermant le roman qu’au moment ou je l’ai ouvert. » C’est très gratifiant.

Amazon.fr : Et les commentaires qui vous ont le plus surpris ?

Guillaume Musso : Il y a quelque chose qui revient, qu’on m’a dit deux ou trois fois à propos d’un livre, Seras-tu là, c’est : J’ai arrêté de fumer après avoir lu le roman. Au moment où je l’écrivais, mon père avait un cancer, on lui avait trouvé des cellules malignes à la gorge à cause du tabac. Depuis il en est guéri, donc c’est une belle histoire, mais j’avais ça en tête en l’écrivant. Et le fait qu’on m’arrête plusieurs fois dans la rue pour me dire ça, ça m’a surpris et touché. Et puis il y a eu pas mal de personnes qui m’ont avoué avoir déclaré leur flamme en envoyant un exemplaire du roman Parce que je t’aime. C’est étonnant de voir l’écho que peuvent avoir mes livres dans la vie de mes lecteurs.

Amazon.fr : C’est une grande responsabilité !

Guillaume Musso : Oui, cela ne créé pas vraiment des devoirs, mais c’est compliqué. Vous ne pouvez pas vous dire que vous allez être lu par un million de personnes, ça vous tétanise tellement que vous n’arrivez plus rien à faire. Donc il faut se remettre à chaque fois dans les conditions dans lesquelles on était pour l’écriture du premier roman.

Amazon.fr : Comment y arrivez vous ?

Guillaume Musso : C’est difficile de faire une séance de signatures et de se mettre à écrire juste après ! Il y a parfois des gens qui ont fait trois heures de queue pour vous faire signer leur livre. Donc je sépare vraiment les périodes d’écriture, où je me retranche et je ne fais que ça, 15 heures par jour devant mon écran, un peu coupé du monde, de la période d’après, qui est la période davantage tournée vers les lecteurs, vers les gens. Les deux sont agréables, inventer des histoires, il n’y a rien de plus beau pour moi.

Amazon.fr : Vous avez des rites pour écrire ? Des choses dont vous avez besoin ?

Guillaume Musso : J’essaie de ne pas trop en avoir, je ne veux pas être dépendant de ça. Je peux écrire aussi bien sur papier que sur écran. Je suis de la génération Macintosh, j’ai un ordinateur portable toujours à portée de main. En revanche, il y a toujours énormément d’idées qui me viennent dans les avions et les aéroports. Ce sont des lieux que j’ai toujours aimés, même enfant. Il y a une magie liée à l’évasion, on ne sait plus très bien où on est, dans quel pays, ni parfois, à cause du décalage horaire, quelle heure il peut être. Il y a des gens qui arrivent et d’autres qui partent. Donc j’aime beaucoup prendre des notes quand je suis en déplacement comme ça. Mais j’observe toujours beaucoup, j’aime aller dans les cafés, dans transports en commun, j’y trouve des petits ferments d’histoire, des embryons possibles de roman. J’ai un goût des autres qui est pas mal affirmé, et qui nourrit mes livres.