Septembre 2009

WALL-EToute l'Actu du Livre


La bourse ou la vie ?
30.09.2009
La bourse ou la vie ?
Avec La Prospérité du vice – une introduction (inquiète) à l’économie , Daniel Cohen nous offre une histoire de l’économie à travers les âges qui a tout d’une épopée. La question est de savoir si elle doit forcément finir en tragédie !


www.antiaction.com
29.09.2009

 www.antiaction.com
Avatar moderne de la mythique nouvelle de Melville, Quelque chose en lui de Bartleby , le nouveau roman de Philippe Delerm ( La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ) raconte l’histoire d’un employé de la Poste qui crée un blog : www.antiaction.com. Tout un programme ! Travailler plus pour gagner plus ? Comme disait Bartleby : « Je préférerais ne pas. »


Un symbole pas perdu pour tout le monde
29.09.2009

Un symbole pas perdu pour tout le monde
D’après le journal Libération, le nouveau roman de Dan Brown, Le Symbole perdu , se serait déjà écoulé à deux millions d’exemplaires en une semaine aux USA, surpassant My life de Bill Clinton.


HEC : c’est pas gagné !
28.09.2009

HEC : cest pas gagné !
« Apprendre à oser » : c’est la devise officielle d’HEC, la prestigieuse école de commerce. Florence Noiville, dans son petit brûlot, J’ai fait HEC et je m’en excuse , en propose une autre, celle de Lampedusa dans Le Guépard : « Tout changer pour que rien ne change ». La fabrique à traders a-t-elle tiré les leçons de l’implosion du système financier ? Eh bien non ! Derrière quelques enseignements cosmétiques d’éthique ou de développement durable, d’ailleurs snobés par les élèves, subsiste la bonne vieille règle d’or du MMPRDC : Make More Profit the Rest we Don’t Care. « Faites plus de profit, le reste on s’en fout. » Florence Noiville dresse un constat lucide et terrifiant de la faillite des élites économiques et voit en HEC un inépuisable réservoir de talents gâchés par un enseignement inepte. Elle a par ailleurs le mérite de proposer des solutions alternatives aux vieux modèles économiques qui ont mené à la catastrophe. Pourquoi, en effet, les étudiants d’HEC ne plancheraient-ils pas sur des business model où le profit ne serait qu’une variable parmi d’autres mais pas la finalité unique ? C’est ainsi qu’elle rêve à une école qui proposerait de concevoir, par exemple, « un système de production incorporant le plus fort contenu possible en emplois, en période de croissance ou en phase de ralentissement économique ». Cette école s’appellerait : Haute Ethique Contemporaine. Son rêve se passe en 2019 mais à lire son livre, on se dit qu’il n’est pas forcément prémonitoire.


Qui a tué la victime de Ravaillac ?
28.09.2009

Qui a tué la victime de Ravaillac ?
Jean-Christophe Petitfils nous propose une bien belle enquête historique sur L’Assassinat d’Henri IV . Bien sûr, on connaît le nom de l’assassin. Mais a-t-il vraiment agi seul ? Pas la peine d’être Dan Brown pour raconter des complots internationaux : il suffit de creuser dans l’Histoire, et d’en déterrer les énigmes. Et en prime, ici, l’auteur propose sa solution ! A quand son livre sur Kennedy ?


Collection Blanche ?
28.09.2009

Collection Blanche ?
Simon Liberati sort un roman trash, snob et décadent, L’hyper-Justine allusion à la Justine de Sade. L’auteur est surtout connu aujourd’hui comme l’ami de Beigbeder qui accompagne celui-ci lorsqu’il se détend sur les capots de voiture. Son livre est en lice pour le prix Interallié.


Le d’Estaing de la princesse

Le dEstaing de la princesse
Contrairement à ce que pourraient croire tous les anciens lycéens qui se souviennent d’avoir souffert sur leurs commentaires composés, les questions de genre littéraire sont passionnantes. Prenez par exemple l’ouvrage de Valéry Giscard d’Estaing, La Princesse et le président , qui raconte une idylle entre un président de la République français et une princesse britannique qui ressemble beaucoup à Lady Di : s’agit-il d’un roman, d’une autobiographie, d’une autofiction, d’un roman autobiographique ? Vous avez quatre heures.


Vie et destin d’une juive allemande
25.09.2009

Vie et destin dune juive allemande
Best seller toutes catégories en Allemagne il y a deux ans, La Femme de midi , de Julia Franck, retrace l’histoire de l’Allemagne en ses heures les plus sombres, de 1914 à 1945, à travers le destin d’Alice-Hélène, petite fille juive trop vite grandie au sortir de la Première guerre mondiale, qui ira s’étourdir à Berlin sous la République de Weimar puis épousera un sympathisant nazi avec qui elle aura un petit garçon. Le livre commence en 1945, en Pologne : Alice, violée par les soldats de l’Armée rouge, abandonne son fils de sept ans dans une gare. Pourquoi ? Comment ? Réponse dans les trois cent cinquante pages suivantes.


Di Caprio en avant-première
24.09.2009

Di caprio en avant-première
Le prochain film de Martin Scorsese avec Leonardo Di Caprio, intitulé Shutter Island , sortira le 24 février 2010 mais vous, vous pourrez le découvrir avant en lisant le roman de Dennis Lehane dont il est adapté et qui ressort opportunément chez Rivages/Noir. Il s’agit d’un thriller oppressant qui se déroule sur une île abritant un mystérieux hôpital psychiatrique, au large de Boston. Di Caprio y retrouve Scorsese après Les Infiltrés et Gangs of New York.


Beigbeder laisse sa trace au Réservoir
24.09.2009

Beigbeder laisse sa trace au Réservoir
Arrivé en retard, sans son livre, Beigbeder a offert une improvisation à la hauteur de sa réputation hier lors du Litterary Death Match organisé au Réservoir. Lorsque finalement une jeune femme lui a tendu un exemplaire de son Roman français , il a d’abord refusé de « lire cette merde », puis s’est ravisé et a voulu lire un passage sur son arrière-grand-père. Mais le public a réclamé : « la coke ! la coke ! » L’écrivain bourré (de son propre aveu) a obtempéré.


Belfast mon amour
24.09.2009

Belfast mon amour
Un polar américain qui nous transporte du Pérou en Irlande du Nord : c’est Retour de flammes , d’Adrian McKinty, chez « Série noire », la célèbre collection de Gallimard. Un maffieux repenti se voit rattrapé par son passé quand il est débusqué par des tueurs colombiens envoyés par la nouvelle patronne de la pègre irlando-américaine. Une seule chance d’effacer l’ardoise : retourner à Belfast et retrouver la fille kidnappée de celle qui a commandité son exécution. Cette immersion dans les relents de la sale guerre irlandaise ravira les amateurs de polar explosif.


Le Petit Nicolas chez les Ch’tis ?
23.09.2009

Le Petit Nicolas chez les Chtis ?
C’est aujourd’hui que le Petit Nicolas sort au cinéma dans un film de Laurent Tirard, avec Kad Merad (Bienvenue chez les Ch’tis) et Valérie Lemercier (Les Visiteurs). A cette occasion, retrouvez les aventures du petit garçon inventé par Sempé et Goscinny qui fête cette année ses… cinquante ans !


Beigbeder dans la boue (ce soir au Réservoir)
23.09.2009

Beigbeder dans la boue (ce soir au Réservoir)
Ce n’est pas à un combat de catch que va participer Fréderic Beigbeder ce soir à 20h au Réservoir (16 rue de la forge royale, Paris 11e) mais, première en France, à un Literary Death Match : un match littéraire à mort ! Face à lui, trois adversaires : Philippe Jaenada, Max Monnehey (car l’épreuve est mixte !) et Mohamed Razane. Chacun d’entre eux affronte les autres en lisant des extraits de son œuvre, et que le meilleur gagne (désigné par un jury d’artistes divers) ! Les autres ? Humiliés sur la place publique : pour un écrivain, une sentence pire que la mort. Prix d’entrée : 10€.


Houellebecq à la retraite ?
23.09.2009

Houellebecq à la retraite ?
Le magazine des Livres de septembre/octobre nous propose une longue interview de Michel Houellebecq dans laquelle, à la question : « Pourriez-vous arrêter d’écrire ? », il répond : « Je pense que oui. » On tremble ! Mis à par ça, l’auteur de La Possibilité d’une île aborde beaucoup de sujets intéressants tels que Dieu, Balzac, le rôle de la littérature dans l’Histoire, le statut des personnages, la question du happy end ou encore celle de la critique.


Le long des golfes pas très clairs
22.09.2009

Le long des golfes pas très clairs
Yves Bertrand, l’ex-patron des RG, n’a pas tout dit ! A l’occasion de l’ouverture du procès Clearstream, découvrez, avec Ce que je n’ai pas dit dans mes carnets… , la face cachée de la République et les troubles cuisines qui se mijotent dans les arrière-cours de ses officines. Au menu : cabinets fantômes, Cécilia Sarkozy et général Alcazar. Bon appétit.


Du balai !
22.09.2009

Du balai !
Enfin traduit, La Fonction du balai est le premier roman de David Foster Wallace, auteur culte salué par Don DeLillo et souvent comparé à JK Toole ( La Conjuration des imbéciles ) avec qui il partage le même destin puisqu’il s’est suicidé en 2008. Ce livre est un grand roman américain comme on les aime : drôle, foutraque, porté par ce souffle puissant qui nous entraîne sur les routes, il peint un monde qui devient fou et a pris le parti d’en rire, jusqu’au désespoir.


Les succès du PS
21.09.2009

Les succès du PS
A défaut d’électeurs, ces temps-ci, le PS attire surtout des lecteurs : HOLDUPS, Arnaques et trahison , l’enquête d’Antoine André et Karim Rissoli sur les querelles internes qui déchirent le parti socialiste, et plus précisément sur le conflit qui oppose Martine Aubry à Ségolène Royal, est en passe de devenir le best-seller de cette rentrée ! Il faut dire que le récit de ces petits bourrages d’urne entre amis se lit comme un roman.


Il ne peut en rester qu’une ?
21.09.2009

Il ne peut en rester quune ?
A son tour, la sélection du prix Fémina a été dévoilée : dans la catégorie « roman français », elle comporte sept femmes sur onze ouvrages retenus. Il s’agit de Gwenaëlle Aubry (déjà en course pour le prix Médicis et chroniquée dans ces pages), Brigitte Giraud, Francine de Martinoir, Catherine Mavrikakis avec Le Ciel de Bay City , Laurence Plazenet, Noëlle Revaz et Lidye Salvayre. Rappelons que le prix Fémina est composé d’un jury de douze membres exclusivement féminin (mais que le prix peut quand même être décerné à un homme !)


Bookez vos journées de novembre pour les prix littéraires !
18.09.2009

Bookez vos journées de novembre pour les prix littéraires !
Les dates de remise des prix littéraires sont connues et permettent au lecteur qui se sent d’humeur touristique (et gastronomique) de suivre un circuit des endroits chics à Paris : Goncourt et Renaudot seront décernés le 2 novembre chez Drouant ; Flore et Fémina le 3 au Grand Hôtel Lutétia ; Médicis le 5 au Crillon ; Wepler le 16 à la brasserie de la place Clichy et Intérallié le 18 au restaurant Lasserre. Si l’on analyse la répartition géographique, étonnamment, la rive droite l’emporte cinq prix à deux !


La rédemption de Saint-Augustin
18.09.2009

La rédemption de Saint-Augustin
Il faut lire Homère et Shakespeare en banlieue comme un récit initiatique. Lorsqu’il débarque dans un lycée sensible à Meaux, Augustin d’Humières, jeune professeur de lettres classiques tout droit sorti de son quartier latin, a une très haute idée de sa mission et une idée très vague des réalités sociales. Sa politique (pour faire court : passé simple et tolérance zéro), toute préconisée qu’elle soit dans certaines sphères, le conduit bien vite au désastre : moqué par les élèves, haï par les parents, ostracisé par ses collègues et harcelé par l’administration, Augustin se retrouve au bord du gouffre mais il refuse d’abdiquer. La classe de grec se meurt ? Il ira chercher les élèves avec les dents, écumant les collèges et faisant la promotion des langues anciennes avec un enthousiasme si convaincant qu’en quelques années les effectifs seront multipliés par dix ! Puis, encouragé par cet éclatant succès, Augustin décide de monter une pièce de théâtre, projet a priori délirant tant l’assiduité des acteurs, recrutés parmi les élèves, s’avère problématique. Pourtant, peu à peu, la sauce prendra, les talents s’éveilleront, et l’expérience se révélera inoubliable. Le livre s’achève sur un entretien avec Jacqueline de Romilly, la grande spécialiste du grec en France, dont le discours témoigne comme toujours d’une élégance folle et d’un optimisme réconfortant.


Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
17.09.2009

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
A l’occasion cette semaine de la sortie du film L’Armée du crime qui relate l’histoire du groupe Manoukian des FTP-MOI (francs tireurs partisans main-d’œuvre immigrée), découvrez dans L’Affiche rouge de Benoit Rajski (dont le titre se réfère au célèbre poème d’Aragon) l’épopée tragique de ce groupe de résistants qui, sous l’occupation, se sont battus et sont morts pour la liberté et pour un pays, la France, qui n’était pas le leur.


Anne Wiazemsky année zéro
17.09.2009

Anne Wiazemsky année zéro
Anne Wiazemsky, petite fille de François Mauriac, raconte comment sa mère, Claire Mauriac, jeune ambulancière de la Croix-Rouge en 1945, va rencontrer, dans les ruines de Berlin, un bel officier russe nommé Yvan… Wiazemsky. Le nom de l’auteur nous dévoile l’issue de cette rencontre. Mais il ne nous dit pas la grande passion romanesque qu’ont vécue les parents d’Anne, qui entreprend de la raconter, soutenue par un style sec et précis, dans Mon Enfant de Berlin . Sélectionné pour le prix Renaudot.


La renaissance de Marc-Antoine Muret
17.09.2009

La renaissance de Marc-Antoine Muret
Dans un livre qui prend la forme de Mémoires fictifs, Gérard Oberlé raconte à la première personne la vie agitée de Marc-Antoine Muret, maître de Montaigne, ami de Ronsard, grand humaniste et érudit, condamné à la prison et brûlé en effigie pour crime de sodomie en France puis couvert d’honneurs par le Pape lui-même et finalement ordonné prêtre à Rome. Etonnante trajectoire que celle de ce héros baroque, à découvrir dans Mémoires de Marc-Antoine Muret !

Goncourt toujours !
16.09.2009

Goncourt toujours !
Le jury du Goncourt a délivré sa première sélection et comme souvent, à ce stade, ce sont les absents qui suscitent le plus de commentaire : Fréderic Beigbeder n’a pas été retenu. Vincent message, non plus. En revanche, on retrouve sans surprise quatre auteurs déjà évoqués ici : Marie N’Diaye, Laurent Mauvignier, et Jean-Michel Guenassia, dont Le Club des incorrigibles optimistes est le premier roman, mais aussi Yannick Haenel, également sélectionné pour le prix Médicis en catégorie essai avec Jan Karski . Mentionnons également la présence de Delphine de Vigan ( Les Heures souterraines ), Sorj Chalandon ( La Légende de nos pères ) et Eric Fottorino ( L’Homme qui m’aimait tout bas ).


Le retour de la bande des trois ?
16.09.2009

Le retour de la bande des trois ?
L’an dernier, le jury du Goncourt avait créé la surprise en attribuant son prix à un livre édité chez un éditeur indépendant ( Syngué sabour - pierre de patience , d’Atiq Rahimi, chez P.O.L.). Cette année, cependant, laisse peut-être augurer d’un retour à la normale ! En effet, nous relevons cinq livres publiés chez Gallimard sur les quatorze présélectionnés ! Quant à la sélection du Renaudot, elle consacre le grand retour de la bande des trois, bien connue sous le nom de Galligrasseuil : trois Gallimard, trois Grasset et deux Seuil, rien que pour la catégorie « roman » ! Une auteure comme Marie-Hélène Lafon, avec L’Annonce , publiée chez Buchet-Chastel, pourra-t-elle tirer son épingle du jeu au milieu de tous ces poids lourds éditoriaux ?


A l’ombre des jeunes filles au Flore
15.09.2009
A lombre des jeunes filles au Flore
La BD s’invite au prix de Flore ! Aurélia Aurita avait rencontré un fabuleux succès avec Fraise et chocolat , bande dessinée autobiographique et érotique. La jeune femme revient aujourd’hui avec un deuxième album intitulé Buzz-moi qui raconte, dans une savoureuse mise en abyme, les tribulations cocasses de l’auteur confronté au succès inattendu du premier. C’est drôle, tonique, bien senti, et sélectionné pour le prix de Flore, ce qui donne au livre une dimension historique puisque c’est la première fois qu’une BD (pardon, un roman graphique) est sélectionnée pour un prix littéraire.


Le symbole perdu en 12h chrono
15.09.2009

Le symbole perdu en 12h chrono
Corneille avait déjà été confronté au problème avec Le Cid : en 24h, Rodrigue se battait en duel avec le père de sa fiancée, partait défendre l’Espagne contre les Maures, gagnait la guerre et revenait pour épouser Chimène. Une journée bien chargée, à la Jack Bauer ! Apparemment, Robert Langdon fait encore plus fort dans Le Symbole perdu puisque, d’après le Figaro, l’action se déroule en 12h et conduit le héros de Dan Brown à Washington, Salt Lake City… et Jérusalem ! Comment est-ce possible ? Les anglophones impatients trouveront la réponse dans la version anglaise qui sort aujourd’hui.


Le 27 novembre, retrouvez le symbole perdu !
15.09.2009

Le 27 novembre, retrouvez le symbole perdu !
Six ans après le Da Vinci code , le nouveau roman de Dan Brown arrive enfin ! Initialement intitulé La Clé de Salomon, il s’agira finalement du Symbole perdu . Jugement le 27 novembre. A commander dès maintenant sur Amazon.


Des écrivains sur le trottoir au salon du livre de Montréal
15.09.2009

Des écrivains sur le trottoir au salon du livre de Montréal
Et il y a même un prix Goncourt parmi eux ! L’an dernier, une alerte incendie se déclare dans l’hôtel Hilton où sont logés les écrivains invités pour le Salon du livre de Montréal. François Bon, qui venait de sortir son livre sur Led Zeppelin (après celui sur les Stones et avant celui sur Bob Dylan ), mais aussi Atiq Rahimi, des confrères français, américains et canadiens ainsi que tous les clients de l’hôtel se retrouvent littéralement sur le trottoir, en pleine nuit, avec les sans-abris qui peuplent les environs. Ce passage brutal du monde luxueux et aseptisé d’un quatre étoiles à celui misérable et irréel de la rue est l’occasion pour François Bon, dans L’Incendie du Hilton , de questionner une nouvelle fois son rapport à la ville et au monde, à travers le récit en temps réel de cette micro-aventure qui le place, pour quelques heures, dans une situation propice aussi bien aux réflexions politiques qu’aux rêveries poétiques.


Renaudot-essai : déjà les demi-finales !
14.09.2009

Renaudot-essai : déjà les demi-finales !
Ils sont seulement quatre à être sélectionnés pour l’attribution du prix Renaudot dans la catégorie « essai » : Jean-Luc Barré avec François Mauriac, biographie intime (tome 1 : 1885-1940) , Alain Finkielkraut avec Un cœur intelligent , Gabriel Matzneff avec Carnets noirs (2007-2008) et Claude Lanzmann avec Le Lièvre de Patagonie . Finale le 2 novembre.


Les vrais pirates des caraïbes
14.09.2009

Les vrais pirates des caraïbes
Marcus Rediker, universitaire américain, nous offre ce magnifique livre sur l’âge d’or de la piraterie au début du XVIIIe siècle, Pirates de tous les pays ! , dans lequel, entre récits d’abordages, pendaisons, mutineries, jambes de bois et soûleries au rhum, il analyse le phénomène comme une sorte de révolte picaresque face au capitalisme naissant des grands empires coloniaux, au premier rang desquels l’Angleterre dont la Royal Navy constituait le bras armé et, de fait, l’ennemi à défier.


Amélie Nothomb, mère indigne !
11.09.2009

Amélie Nothomb, mère indigne !
A l’occasion d’un tchat organisé par Le Monde.fr, Amélie Nothomb, dont Le Voyage d’hiver , son roman annuel, vient de paraître, a déclaré à propos de ses livres : « Ce sont tous mes enfants. Je les aime avec leurs défauts. » Cependant, elle a aussi avoué écrire quatre livres par an pour n’en publier finalement qu’un seul. A la question de savoir ce qu’elle faisait des manuscrits inédits, elle a répondu : « Je les garde, car ils sont autant mes enfants que ceux que je publie. Je les aime autant que ceux que je publie. Je les cache dans des armoires. » Ces malheureux enfants sortiront-ils un jour du placard où leur mère indigne les tient enfermés ?


La mémoire des Justes
11.09.2009

La mémoire des Justes
Deux livres qui sortent en même temps, Jan Karski de Yannick Haenel et Les Sentinelles de Bruno Tessarech, sont consacrés à ces hérauts qui, pendant la dernière guerre, ont bravé tous les dangers pour avertir le monde de l’Holocauste en cours. En pure perte, puisque s’ils furent parfois écoutés, personne ne voulut vraiment les entendre. Ainsi même Jan Karski, l’inoubliable figure qui apparaît à la fin de Shoah, le film de Claude Lanzmann, ne parvint-il à convaincre Roosevelt, au cours d’une entrevue qui dura pourtant plus d’une heure, de faire du sauvetage des Juifs d’Europe un objectif prioritaire. Dans ce maelström qui emportait le monde, il y avait d’abord une guerre à gagner. Tout le reste était secondaire.


L’histoire de la folie n’est plus ce qu’elle était
11.09.2009

Lhistoire de la folie nest plus ce quelle était
En intitulant son livre Histoire de la folie (de l’Antiquité à nos jours) , Claude Quétel fait explicitement référence à l’ Histoire de la folie à l’âge classique , ce monument de Michel Foucault qui fait toujours autorité et auquel, non sans audace, il s’attaque. Contrairement à ce qu’affirme Foucault, dit Quétel, la folie n’a jamais été spécialement criminalisée par le pouvoir et les fous n’ont jamais été traités comme de dangereux asociaux au comportement subversif mais bien comme des malades qu’il fallait soigner et non punir. Les sociétés, si autoritaires ou répressives qu’elles aient pu être par ailleurs, ont presque toujours distingué la vision médicale des conceptions morales, philosophiques ou religieuses de la folie. Le débat est donc ouvert. Il fait déjà rage en France et jusqu’aux Etats-Unis (voir le dossier dans l’excellent magazine Books de ce mois-ci), tant Foucault, avec Derrida, Deleuze et Lacan, est unanimement reconnu comme l’intellectuel français majeur de la seconde moitié du XXe siècle.


La Soif du mal de crâne
10.09.2009

La Soif du mal de crâne
James Ellroy + Kerouac + les frères Cohen + Tarantino = Craig McDonald ? C’est l’équation qu’on peut proposer à la lecture de son premier roman, La Tête de Pancho Villa , road movie dans lequel le protagoniste, amant de Marlène Dietrich et ami d’Hemingway, se voit confier le crâne de Pancho Villa, avec pour mission de le remettre à une société secrète d’étudiants de Yale parmi lesquels… le jeune Georges W. ! Etrangement, la CIA, le FBI, les universités concurrentes et divers bandits mexicains convoitent également la précieuse relique. Mêlant habilement des éléments parfaitement historiques à une fiction tout à fait déjantée, Craig McDonald nous livre un polar exubérant qui nous entraîne, à bord d’une Chevrolet 1957, sur la route d’une aventure trépidante jalonnée de figures hautes en couleur (Mais que fait Orson Welles dans cette histoire ? Eh bien, il tourne La Soif du mal, bien sûr : nous sommes en 1957, on vous dit !).


Le nouveau Dan Brown : ce que nous savons
10.09.2009

Le nouveau Dan Brown : ce que nous savons
Soyons franc : presque rien. Comment procéderait Robert Langdon à notre place ? Il chercherait des indices. Qu’avons-nous à notre disposition ? La couverture du Symbole perdu qui doit sortir le 27 novembre en version française, sur laquelle on peut voir deux choses : un symbole maçonnique sur une clé et un édifice, le Capitole de Washington. Nous pouvons donc (peut-être) en déduire que la nouvelle enquête du célèbre « symbologiste » l’amènera à côtoyer l’univers de la Franc-maçonnerie et le conduira à Washington. Mais s’il s’agissait de figurer la capitale américaine, pourquoi n’avoir pas choisi la Maison blanche, tout simplement ? Un sombre complot se tramerait-il dans les couloirs du Sénat américain ou de la Chambre des représentants, les deux institutions qui siègent au Capitole ?


Yann Moix canonise Michael Jackson
09.09.2009

Yann Moix canonise Michael Jackson
C’est aujourd’hui que sort l’essai de Yann Moix, Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson . Dans une interview donnée au Figaro, Moix n’hésite pas à comparer le roi de la pop à Sainte Thérèse de Lisieux : « Je veux seulement dire qu'entre les poèmes sulpiciens de la petite Thérèse et Billie Jean, il n’y a aucune réelle différence. » Amen.


Personne pour le prix Médicis ?
09.09.2009

Personne pour le prix Médicis ?
Le bel et douloureux hommage que rend Gwenaëlle Aubry à son père dans Personne , témoignage sous forme d’abécédaire où se mêlent la voix de la fille et celle du père disparu, mi-Antonin Artaud mi-James Bond frappé d’une mélancolie que les médecins nomment « psychose maniaco-dépressive », lui (leur ?) vaut une nomination pour le prix Médicis dans la catégorie « roman ». Elle concourra avec, entre autres, Vincent Message et Laurent Mauvignier, précédemment cités dans cette rubrique.


Rentrée littéraire en classe biberon
08.09.2009

Rentrée littéraire en classe biberon
De très jeunes auteurs publient leur premier roman en cette rentrée littéraire : Vincent Message, 26 ans, a impressionné une partie de la critique avec Les Veilleurs ; Camille Bordas, 22 ans, nous livre un roman familial et initiatique avec Les treize desserts ; Sacha Sperling, 19 ans, s’essaie déjà au roman autobiographique avec Mes illusions donnent sur la cour . Marcheront-ils sur les traces de Françoise Sagan, qui avait 18 ans quand elle connut un succès foudroyant avec Bonjour tristesse ? A noter en revanche le dépucelage nettement plus tardif de Jean-Michel Guenassia qui publie son premier roman, Le Club des incorrigibles optimistes , à 59 ans. Qui sait ? Peut-être le vétéran brillera-t-il davantage que les jeunes pousses !


La guerre après la guerre
08.09.2009

La guerre après la guerre
Outre Jean-Michel Guenassia, qui se remémore dans son livre la guerre d’Algérie vue de France, un autre auteur, Laurent Mauvignier, aborde le sujet dans son dernier roman, Des Hommes , sous un angle particulier : quarante ans après « les événements », dans un petit village français, des vétérans de la guerre d’Algérie règlent leur compte entre eux et avec les autres. Jérôme Garcin a résumé ce beau roman d’une formule éloquente : « la guerre qui continue après la guerre ».


Vénus contre-attaque !
07.09.2009

Vénus contre-attaque !
La discrimination des femmes au travail peut prendre bien des formes : objectives (inégalités de salaire ; promotions plus lentes à compétences égales…) ou plus insidieuses mais pas moins scandaleuses (remarques désobligeantes, rires gras, blagues douteuses, harcèlement à des degrés divers…). Brigitte Grésy, agrégée de grammaire et énarque à la carrière brillante, a su passer outre les obstacles et les vexations, mais cela ne l’empêche pas de dénoncer avec méthode et humour, dans son Petit traité contre le sexisme ordinaire , un monde du travail où l’on a toujours trop tendance à n’accorder aux femmes qu’une « légitimité horizontale » (selon la propre expression d’un très haut fonctionnaire !). La rage froide qui anime l’auteur vis-à-vis de ce machisme ordinaire ne l’empêche pas d’être très drôle, tout en s’inscrivant dans la lignée d’études très sérieuses, telles La Domination masculine de Pierre Bourdieu. A lire donc par les femmes, pour qu’elles ne se laissent pas faire, et par les hommes, pour qu’ils progressent !


La femme qui tua Andy Warhol
07.09.2009

La femme qui tua Andy Warhol
D’un féminisme nettement plus radical, Valerie Solanas fut l’auteur du SCUM Manifesto, dont l’essentiel du programme consistait à priver les hommes de leurs attributs virils ! C’est elle également qui tira trois coups de feu sur Andy Warhol en 1968 (l’inventeur du Pop art devait mourir des suites de ses blessures quelques années plus tard). Sara Strisberg, jeune romancière et dramaturge suédoise, nous propose, avec La Faculté des rêves , la biographie moitié réelle moitié imaginaire de cette jeune femme des 60’s, lesbienne amoureuse, féministe enragée, artiste décalée, femme écorchée. L’auteur y converse aussi bien, dans des dialogues fictifs, avec la mère de Valerie Solanas qu’avec Andy Warhol en personne. Un exercice très réussi qui nous replonge au cœur d’une époque dont ceux qui l’ont connue doivent se demander s’ils ne l’ont pas rêvée, tant elle semble irréelle aujourd’hui !


Sherlock Holmes contre sa sœur : le match !
07.09.2009

Sherlock Holmes contre sa s½ur : le match !
On connaissait le frère de Sherlock Holmes, Mycroft. Voici la sœur, Elona. Encore une féministe ! Celle-ci refuse la tutelle envahissante de ses deux aînés désireux de la mettre dans une pension pour faire d’elle une vraie lady. Emancipée, Elona a ouvert sa propre agence de détective. Dans le tome 4 de ses aventures, Le Secret de l’éventail , de Nancy Springer, elle croise un concurrent au détour de son enquête : son propre frère, évidemment. Pour les jeunes et les amateurs du grand détective


Un nouveau Beigbeder ?
04.09.2009

Un nouveau Beigbeder
C’est la rentrée ! Au programme, notamment : le nouveau Beigbeder, que l’auteur, toujours facétieux, a intitulé Un roman français , quand il s’agit… de son autobiographie. Problème : « Peter Pan est amnésique. » De sa vie, Beigbeder a tout oublié. Solution : la littérature, bien sûr, puisque « écrire, c’est lire en soi. » Fatigué d’être son propre imposteur, l’ex-publicitaire, ex-mannequin des Galeries la Fayette, ex-dandy écervelé (il affirme que cette période s’est terminée avec son arrestation et sa garde-à-vue pour consommation de cocaïne) se retrouve, avec ce livre, à l’heure du bilan. La manière dont il le dresse nous fait soupçonner qu’il n’a peut-être pas tellement changé : irritant, drôle, touchant, talentueux, cynique, mélancolique et désespérément immature. C’est, de toute façon, comme ça qu’on l’aime ou qu’on le déteste.


Le diable habite à Saint-Germain
04.09.2009

Le diable habite à Saint-Germain
Son précédent livre, L’Ombre du vent , était déjà présenté comme le roman espagnol le plus vendu depuis Don Quichotte . Carlos Ruiz Zafón battra-t-il son propre record avec ce nouveau roman, Le Jeu de l’ange ? Au vu des ventes en Espagne, il semble bien parti pour ! Il s’agit à nouveau d’un thriller fantastique qui se déroule à Barcelone, mais cette fois dans les années 20. David Martin, jeune écrivain, va signer, sans le savoir, un pacte avec le diable. Détail amusant qui en dit long sur la réputation internationale du monde germanopratin : le diable selon Zafón prend l’apparence… d’un éditeur parisien ! Son adresse : 69 boulevard Saint-Germain. Tout un programme !


Guerre et paix 2009
04.09.2009

Guerre et paix 2009
Son nom ne doit pas nous tromper : Matthews Owen est russe. Par sa mère et par le talent. Les Enfants de Staline fait inévitablement penser aux grandes fresques des maîtres du genre, les Vassili Grossmann ( Vie et destin ), Boris Pasternak ( Docteur Jivago ) et autres Anatoli Rybakov ( Les Enfants de l’Arbat ), aux cotés desquels il vient se ranger sous la figure tutélaire du grand Tolstoï . Sauf qu’Owen n’écrit pas un roman mais l’histoire de sa famille sur trois générations : celle de son grand-père, artisan de la collectivisation et victime des purges de 1937 ; celle de sa mère, enfant balloté dans l’infernal chaos de la Seconde Guerre mondiale puis amoureuse en pleine guerre froide de cet Anglais qui deviendra son mari ; la sienne, enfin, génération post-communiste des années 90. En s’appuyant sur les dossiers du NKVD auxquels il a eu accès, sur la correspondance de ses parents et sur son regard de reporter, Matthews Owen retrace l’histoire de son pays d’origine dans sa période la plus tumultueuse, celle de ce terrible XXe siècle qui, sans doute nulle part ailleurs, ne fut aussi terrible qu’en Russie.


Tarun Tejpal face aux Français
04.09.2009

Tarun Tejpal face aux Français
Le très grand auteur indien Tarun Tejpal est à Paris pour présenter son nouveau livre, Histoire de mes assassins . Ceux que la société indienne fascine ou intrigue pourront lui poser des questions aujourd’hui même 4 septembre à 19h dans la librairie du Merle moqueur (51 rue de Bagnolet, Paris 20e), demain 5 septembre à 16h à la Fnac Montparnasse et lundi 7 septembre à 18h30 à la Boîte à livres (19 rue nationale à Tours).


Les femmes n’attendront pas cent sept ans !
03.09.2009

Les femmes nattendront pas cent sept ans !
La rentrée est à peine entamée que l’on songe déjà aux prix littéraires ! Et pour le plus prestigieux d’entre eux, Marie NDiaye se positionne d’emblée comme une concurrente sérieuse. La critique en effet ne tarit pas d’éloge sur son dernier roman, Trois femmes puissantes . Si jamais elle décrochait le Goncourt, elle serait seulement la huitième femme à obtenir cet honneur… en 106 ans ! Les femmes ont d’abord dû attendre 41 ans pour que l’une d’entre elle soit primée. C’était Elsa Triolet, la compagne d’Aragon, en 1944, pour son roman Le premier accroc coûte deux cent francs . Par la suite, seules Beatrix Beck (Léon Morin, prêtre , 1952), Anna Langfus (Les Bagages de sable , 1962), Edmonde Charles-Roux (Oublier Palerme , 1966), Marguerite Duras (L’Amant , 1984), Pascale Roze (Le Chasseur zéro , 1996) et Paule Constant (Confidence pour confidence , 1998) lui ont succédé au palmarès.


Quêtes et enquêtes de William T. Vollmann
03.09.2009

Quêtes et enquêtes de William T. Vollmann
Qu’il s’agisse d’une vaste fresque poétique sur la Seconde Guerre mondiale ( Central Europe , National Book Award 2005) ou d’une gigantesque enquête psycho-sociale sur la pauvreté ( Pourquoi êtes-vous pauvres ? paru l’an dernier chez Actes Sud), William T. Vollmann s’attelle toujours à des projets démesurés ! Celui du Livre des violences est sans doute le plus ambitieux de toute son œuvre : terroristes, policières, publiques, privées, économiques, sexuelles… aucune forme de violence n’a été oubliée dans cette somme qui est aussi une réflexion sur la mort. Le thème, toutefois, ne doit pas nous tromper : nous n’avons pas affaire ici à un simple essai, si développé fut-il, mais bien à de la littérature. La langue de Vollmann nous entraîne, tel Orphée, dans un monde peuplé d’ombres inquiétantes dont le souvenir terrible nous hante longtemps une fois le livre refermé !


Les dérives de Pascal Quignard
02.09.2009

Les dérives de Pascal Quignard
Un esprit baroque dans un style classique : voilà Pascal Quignard. Son nouveau livre, La barque silencieuse , navigue allégrement entre les genres – conte, roman, essai – au gré d’une langue toujours tellement XVIIe ! D’anecdotes en réflexions, d’histoires en fragments biographiques, le lecteur découvrira l’origine du mot « corbillard », assistera à la mort de Mme de la Fayette (l’auteur de la désormais très fameuse et très controversée Princesse de Clèves !), croisera Etienne de La Boétie et Henriette d’Angleterre, suivra l’écrivain dans sa quête d’un mode de vie affranchi de ce qui, habituellement, nous la gâche : la société, avec ses jugements et ses dieux. La barque silencieuse s’inscrit dans le cycle du Dernier royaume , inauguré avec Les ombres errantes , prix Goncourt 2002.