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Limonov - Prix Renaudot 2011
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11 sur 11 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 23 juin 2013
La vie de Limonov tel que l'a écrite Emmanuel Carrère est une vie hors du commun , cela fait il un bon livre ?
Je crois que oui .
je suis tout étonné par la justesse du ton, qui montre la tendresse que porte l'auteur
a cet aventurier russe,qui a alterné le pire et le moins pire, un homme qui aura brulé sa vie comme une cigarette.
J'ai lu le livre en trois jours , c'est dire comme il m'a interessé.Il me semble que j'aurais pu écrire ce livre, je le dis en toute modestie, tant le style de l'auteur m'est proche.
Nous partageons la vie tourmentée et secouée de Edouard Savenko d'ukraine, a New York puis de Paris , Moscou Vukovar, Sarajevo, La prison Lefortovo , le camp, Saratov
puis de nouveau Moscou.
Dans les dernières pages on lit : "Non le communisme malgré toutes ses erreurs ne peut être comparé au nazisme
comme c'est a la mode de le dire en France.C'est inaceptable de le dire et de l'écrire ."
Au moment ou les Etas Unis d ' Amérique ont pris le controle de toute l'Europe et du monde par la finance, le controle de l'information , et les lobbies , il faut une certaine dose de courage à l'auteur pour dire a travers le Président Poutine " le communisme était quelque chose de grand, d'héroïque de beau,quelque chose qui avait confiance, et qui donnait confiance en l'homme.Il avait en lui de l'innocence et, dans le monde sans merci qui lui a succédé, chacun confusément l'associe à son enfance et a ce qui fait pleurer quand vous reviennent des bouffées d'enfance"
J'ai beaucoup aimé ce livre.
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49 sur 54 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
500 PREMIERS RÉVISEURSle 21 septembre 2011
Dès la citation (de Poutine) donnée en exergue du livre, on comprend qu'il va, décidément, s'agir de bien plus que d'une biographie. Par le prisme du personnage de Limonov, c'est la vie de l'URSS et de la Russie que l'on lit. Limonov tel qu'il apparaît dans le roman de Carrère est un aventureier peu sympathique, certes. Mais peu importe. "Sympathique" n'est pas le mot qui caractérise le mieux la vie quotidienne de l'URSS et de la Russie post-soviétique.
La vie en URSS et en Russie est souvent un peu surréaliste. Celle de Limonov aussi, à sa façon.
Limonov, personnage de roman - personnage historique - personnage de l'actualité est aussi une illustration de ce que le régime soviétique a signifié pour l'art et la pensée, mais aussi pour la vie quotidienne; une illustration du cataclysme qu'a été l'effondrement dudit régime dans la vie d'un homme hors du commun.
Bref, comme toujours chez Carrère, rien n'est simple, mais ici, on passe résolument de la dimension personnelle et familiale à une dimension historique.
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4 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 5 avril 2013
Très beau livre, très instructif, à la fois biographie de Limonov et essai sur la Russie au XXème siècle.
J'ai particulièrement apprécié le talent qu'a Emmanuel Carrère de créer une proximité, voire une complicité avec le lecteur. Auteur cultivé et intelligent, il fait passer des réflexions intéressantes avec beaucoup de simplicité et de modestie.
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Le récit de la vie d’un homme ou d’une femme est rarement décevant. Lorsque ce récit émane d’Emmanuel Carrère, fils d’Hélène Carrère d’Encausse, il n’est pas surprenant que l’auteur fasse vivre son héros dans la « grande Russie », autrefois soviétique, dont les péripéties des trente dernières années donneront plus encore de piment au récit.
Limonov est pourtant un type infréquentable ; marginal, égotiste avéré, homme à femmes sans scrupule, arriviste subtil, violent et fasciné par la force. Mais c’est aussi un dissident connu, un homme de lettre russe, auteur à succès, un homme déchiré, dont la complexité éveille tout à la fois rejet et sympathie.
Ce héros compliqué ne vit pas qu’en Russie ; on le suit à New-York, à Londres, à Paris, à Moscou, en ex-Yougoslavie. On vit à ses côtés dans l’Altaï, avant qu’il ne rejoigne un camp de prisonniers, pour douze ans de prison.
Le héros de Carrère peut être extraverti et secret à la fois, cruel et débonnaire, tourmenté par le sexe, ambitieux, pervers et moraliste. Limonov est donc bien ce personnage complexe, dont rêve le lecteur d’une biographie.
Mais ce livre fait aussi le récit de l’histoire agitée des trente dernières années de la Russie post-soviétique et permet d’en comprendre les personnages clés : l’auteur ne va-t-il pas jusqu’à faire de Poutine un clone de Limonov.
On ne manquera pas de voir dans ce récit plus qu’une biographie. Le talent romanesque d’Emmanuel Carrère sait faire de Limonov le héros d’une fresque aux couleurs soutenues, Mais deux aspects du livre peuvent heurter le lecteur : un style déroutant, tantôt journalistique, (l’auteur se met en scène), et tantôt romanesque au service d’un texte en forme de reportage.
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44 sur 53 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Ceci n'est pas un roman, c'est plutôt un long (très long) reportage comme on pourrait en lire dans un magazine. Je ne parle pas seulement du contenu (la biographie d'un de nos hurluberlus contemporains, avec lequel l'auteur a pu s'entretenir et qui le fascine) mais surtout du style : une langue plate, descriptive jusque dans les détails les plus sordides, y compris une pornographie pesante. Sous prétexte de dire vrai, à partir de faits véritables, vérifiables et véridiques -quelle obsession de la Vérité !-, le portrait finit par sombrer dans le vérisme, c'est-à-dire un excès de naturalisme. Que toute vérité ne soit pas bonne à dire ne signifie pas qu'il faut de la censure, ce qu'un Carrère ou un Limonov ne saurait admettre, mais de la mesure. Déballer ses tripes sur la table (les maos disaient "déballer ses patates") ou celles d'un autre, ne produit pas forcément quelque chose d'intéressant, la première émotion passée. Pourtant, je dois reconnaître que ce bouquin d'Emmanuel Carrrère, comme ses précédents ("L'adversaire", "D'autres vies que la mienne", les lecteurs qui ont aimé ça liront goulument "Limonov") est très bien construit, habilement monté, efficace dans ses digressions comme dans ses excès. Il évoque son admiration pour Dumas, d'autres penseronnt à Dostoiewsky en le lisant, j'ai plutôt pensé à la correspondance de Victor Hugo : oui, d'une certaine façon, j'avais l'impression que ce texte était comme une longue lettre, envoyée par quelqu'un de doué pour l'écriture et qui avait envie de me raconter des choses vues, pittoresques, étonnantes et même choquantes, mais sans qu'il se donne la peine de le mettre en forme littéraire. Sans trop travailler les phrases ou chercher des métaphores, par exemple, mais en se contentant de comparaisons et en collant aux faits. Mais comme dit Emmanuel Carrère lui-même : il existe une autre conception de la littérature, celle qui invente. Mais ce n'est pas la sienne; et ça aussi, c'est vrai. vrai de vrai.
Un auteur n'a pas toujours les lecteurs qu'il mérite : impossible ici de rester insensible à la confiance qu'il distribue aveuglément, avec toute la sincérité accablante dont il est capable.
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 9 décembre 2012
Ce livre m'a passionné de bout en bout. Emmanuel Carrère nous avait déjà montré dans ses précédents ouvrages qu'il est un excellent conteur. Il a choisi un personnage troublant, espèce d'antihéros cynique mais sincère. E Carrère nous fait découvrir l’atmosphère de l'URSS finissante, comme si on y était. On visite ensuite ce que le rêve américain peut tour à tour avoir de merveilleux et de moche. Puis la Russie d'aujourd'hui, dans toute la complexité de la nostalgie du communisme et de la corruption du pouvoir Poutinien. Et surprise, j'ai fini par m'attacher un peu à ce personnage, qu'on peut par certains aspects qualifier de salaud.
Je trouve toujours E Carrère touchant d'humilité dans sa façon d'écrire ("j'ai toujours eu la faiblesse de suivre le parti du dernier à avoir parlé").
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Limonov/Emmanuel Carrère
Limonov de son vrai nom Édouard Veniaminovitch Savenko est né en 1943 en URSS près de Nijni Novgorod.
Écrivain franco-russe et dissident politique il a connu une vie d’aventures avant de devenir le fondateur du parti national-bolchévique: truand à Kharkov jusqu’en 1967, poète et tailleur à Moscou de 67 à 74 où il vécut avec Anna, SDF puis domestique à New York avec Elena de 75 à 80, écrivain et journaliste à Paris de 80 à 89, soldat en Serbie en 91 et 92, il fut candidat à la présidence russe en 2012.
Il a connu la misère, la prison et l’amour.
Dès son jeune âge, il fait savoir qu’il ne veut pas d’une vie honnête et un peu conne, mais d’une vie libre et dangereuse : une vie d’homme dit-il.
Ses proches reconnaissent en lui une personnalité imbuvable, tailleur habile certes, poète de grand talent et à sa façon un type honnête, mais arrogant, dépourvu d’indulgence, mais d’une loyauté à toute épreuve, attentif, curieux et même secourable.
Rapidement opposant au régime, il comprend qu’à moins d’être un martyr on ne peut pas être honnête dans un tel pays. C’est l’époque Krouchtchev.
Il persistera dans ses convictions à New York. Édouard est pour la révolution mondiale, Il est par principe du côté des rouges, des noirs, des arabes, des pédés, des clodos, des drogués, des portoricains, de tout ceux qui n’ayant rien à perdre sont ou du moins devraient être partisans d’une révolution mondiale.
Il avouera plus tard que tout ce dont il a rêvé, il l’a fait.
C’est toute cette vie fabuleuse que nous conte Emmanuel Carrère qui est son biographe officiel.
L’auteur nous rappelle aussi l’époque de Staline qui faisait savoir par la bouche de son commissaire de justice Krylenko qu’il « ne faut pas seulement exécuter les coupables, l’exécution des innocents impressionnant davantage. »
Et puis un chapitre très intéressant sur Poutine à la fin du livre, le vainqueur opposé à Limonov le perdant.
Un essai remarquablement documenté, facile à lire et passionnant sur un personnage ambigu, sulfureux en tout cas hors du commun qui pourra paraître à bien des égards peu sympathique.
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Avant même le bouquin d'Emmanuel Carrère, Limonov faisait parler de lui (ou plus exactement : refaisait parler de lui) ces dernières années avec quelques postures tout à fait politiquement incorrectes dans son pays natal ou les Balkans.
Édouard Limonov, c'est lui qu'on a pu voir discuter avec Radovan Karadžić devant Sarajevo, c'est lui qui se fait arrêté pour tentative de coup d'État au Kazakhstan, c'est lui qui a fondé le Parti National-Bolchevique et les sulfureuses milices nasbols, c'est lui qui se présente contre Poutine à la présidentielle en 2012, ...
Autant dire qu'on tient là une personnalité propice à la controverse !
Mais Emmanuel Carrère ne se laisse pas aller à la facilité et ne se contente pas de se draper d'une écharpe vaguement orangée ni de surfer sur les modes médiatiques actuelles. Après quelques pages de mise en jambes pour bien ancrer son propos dans la réalité d'aujourd'hui, il nous emmène pour un long et passionnant voyage dans l'espace et le temps : Kharkov dans les années 60, New-York en 1974, Paris en 1982 et retour en Russie en passant la case des Balkans. Chaque étape est passionnante et l'auteur ne se contente ni d'une admiration béate devant le provocateur littéraire que fut par le passé le jeune Édouard Savenko, ni d'une critique facile du provocateur politique qu'est devenu aujourd'hui Édouard Limonov.
On peut citer le pitch du Point :

[...] poète délinquant à Kharkov, dissident branché de l'URSS, clochard à New York, écrivain sans le sou à Paris, putschiste à Moscou, soldat serbe en Bosnie, fondateur du rouge-brun Parti national-bolchevique, puis militant démocrate anti-Poutine.

Il se dégage du bouquin de Carrère (et donc sans doute de la vie même de Limonov) une furieuse (folle ?) envie de vivre le meilleur comme le pire et de dévorer la vie par les deux bouts. Et des multiples facettes éclairées par Emmanuel Carrère on retiendra ce puissant désir de Limonov d'être aimé : par ses femmes au début, par ses électeurs désormais.
Alors oui pour ce livre et ce personnage à double face, ce sera un coup de cœur doublé d'un coup de chapeau.
Coup de cœur pour le récit de la jeunesse tumultueuse d'Édouard Limonov, archétype de l'écrivain maudit, une sorte de Bukowski qui n'aurait pas sombré dans l'alcool ou de Céline qui n'aurait pas tout à fait franchi la ligne jaune. Bon, oui, mais alors juste un peu, monsieur l'agent.
Complexé par sa petite taille mais beau comme un dieu, le poète miséreux et sulfureux séduit les hommes tout autant que les femmes, les voyous illettrés tout autant que les intellos mondains.
C'est dire qu'avec ce bouquin, le lecteur peut croiser du beau monde. Et du moins beau.
Coup de chapeau pour l'engagement et l'implication du journaliste Emmanuel Carrère qui n'hésite pas à se mettre en scène dans son bouquin, analysant son propre regard sur Limonov et sa propre position de fils d'immigré(e) russe.
C'est dire qu'avec ce bouquin, le lecteur peut en prendre plein les neurones.
Coup de cœur pour le panorama de plus de cinquante ans d'Histoire depuis Staline et la guerre mondiale, jusqu'à Poutine en passant par les années Brejnev ou Khrouchtchev. Cinquante ans d'Histoire pas seulement de la Russie mais aussi de notre monde occidental puisque l'on voyage sur les traces de Limonov depuis Kharkov au fin fond de l'Oural jusqu'à Paris en passant par New-York.
C'est dire qu'avec ce bouquin, le lecteur peut s'instruire et voyager à bas prix.
Coup de chapeau pour la plongée dans l'univers russe de la littérature en général et de la poésie en particulier et les intéressantes descriptions du curieux rapport des russes à la poésie et à leurs poètes.
C'est dire qu'avec ce bouquin, le lecteur occidental peut mesurer toute la profondeur de son inculture.
Dans les années récentes et la dernière partie du bouquin, le sire Limonov devient moins intéressant et beaucoup moins sympathique puisque, pour reprendre le doux euphémisme d'E. Carrère : il manque de discernement politique ! C'est le moins que l'on puisse dire !
Mais ce désintérêt relatif pour le personnage est compensé par une vision décapante de l'histoire politique récente de la Russie : l'inefficace Gorbatchev, l'influent Sakharov, les chars russes dans Vilnius début 1991, le putsch de Moscou, la bienveillance mal éclairée de Tonton Mitterrand, la prise de pouvoir de Boris Eltsine, encore un putsch à Moscou, ... tout cela défile en quelques pages et donne un bel aperçu de ce qu'on a peut-être lu, entendu et oublié de manière confuse, c'est passionnant même si parfois l’esprit de synthèse frise le raccourci, on s’en doute mais ça nous va bien.
On trouve désormais tout cela en poche jusque dans les présentoirs de monoprix, sans doute à la faveur des derniers avatars politiques de ce drôle de sire. Mais Emmanuel Carrère nous a compilé une foisonnante et passionnante biographie qui vaut bien plus que cette écume trop récente et plutôt nauséabonde.
Pour finir, on citera Limonov lui-même dans une interview au Point en 2011 :

L'Occident, malheureusement, n'est pas dans un bon état. Le politiquement correct ne génère pas de génies, mais produit les romans de la rentrée littéraire.
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Limonov n’est pas un personnage de fiction, il existe vraiment, l’auteur, Emmanuel Carrère le connaît et ne l’en décrit pas moins comme un être aux idées violentes, d’obédience fasciste et peut-être un raté.
Limonov est son nom d’écrivain, car il écrit, et beaucoup et il est reconnu. Petit, il admirait son père militaire avant de se rendre compte que celui -ci n’était qu’un garde chiourme anonyme dans le régime soviétique. Il gardera de cette désillusion le désir d’être, lui,quelqu »un que l’on respecte ,que l’on craint, admire,quelqu’un de dangereux, capable de tuer comme il dit.
Son parcours est surprenant, incroyablement varié et nous permet de suivre l’histoire de son pays, il est Russe, de l’époque de l’URSS sous Brejnev au chaos de la Russie actuelle.
Limonov a été voyou en Ukraine avant de découvrir ses talents d’écriture, personnage de l’underground artiste soviétique, émigré russe à New York quasi clochard, majordome chez un milliardaire de Manhattan, écrivain branché à Paris, soldat improbable au côté des Serbes , chef charismatique d’un parti néo-fasciste pour jeunes Russes paumés de l’après communisme…
Il se voit comme un héros, l’auteur dit qu’on peut tout aussi bien le considérer comme un salaud ou un raté, et on peut être surpris au fil du récit de le trouver aussi loyal, fidèle, fiable, rigoureux, avec les femmes et dans la vie. Personnage complexe et paradoxal, donc.
Après ces débuts de petit voyou et un séjour en psychiatrie pour s’être taillé les veines, il se redresse par l’écriture qui le mène à rencontrer Anna qui tient un lieu bohème où se retrouvent des artistes underground. Sa liaison avec Anna le rendra même maître des lieux. Autour d’eux à la fois des fascistes et des sionistes impressionnés par la puissance militaire juive, toujours cette fascination de la force, de la puissance, la guerre, la révolution.Il pense que les dissidents exagèrent le totalitarisme, il ne sera pas écrivain dissident. Sa longue et fidèle liaison avec Anna cesse avec les troubles psychiatriques de celle-ci, il épouse la très séduisante Elena. En 1974, c’est avec elle qu’il émigre aux USA pour un voyage sans retour, on ne rentre plus en URSS à cette époque là.
La vie à New York est stupéfiante pour les deux Russes qui n »ont jamais vu un film américain, ceux-ci étant interdits. Ils ont quelques adresses d’émigrés comme eux ce qui permettent à Edouard(Limonov) d’écrire des articles dans une revue pour émigrés russes déçus qui forment un petit monde rance. Elena qui rêve d’être mannequin s’éloigne, le voilà seul sans travail ni femme ni amis, proche de la clochardisation. Il découvre les relations homosexuelles, d’où plus tard son livre: Le poète russe préfère les grands nègres. Il aura une liaison avec Jenny, bonne chez un milliardaire. Au départ de Jenny, il prendra sa place et deviendra majordome zélé, car il fait bien tout ce qu’il fait, tout en haïssant les riches qu’il sert et en rêvant de la révolution, la vraie, violente qui remettra le bon ordre.
Il continue à écrire sa haine des classes , son envie, ses fantasmes sadiques, cela aboutira à son livre: Le journal d’un raté.
On a parlé de ses écrits à Paris, il va y être enfin publié chez Pauvert , il s’y rend et ce sera la période écrivain branché, provocateur.Il est avec Natacha, issue comme lui d’une grise banlieue soviétique, elle boit , le trompe, il souffre, il est fidèle, lui, et monogame. C’est l’époque Gorbatchev, il détestera l’éclatement de l’empire et de la puissance soviétique, la force du KGB, il regrette l’URSS où chacun était fier de son pays, maintenant on leur a dit qu’ils étaient gouvernés par des assassins depuis 1917, le peuple a perdu sa fierté qui était sa seule richesse. Mais cela lui permet de revenir à Moscou et en vainqueur car ses livres s’y lisent avec délices, on n’avait jamais rien lu de tel ici ! Il y tient des discours où il méprise les faibles alors qu »autour de lui paradoxalement, il plaint son peuple et voudrait le protéger.
En 1991,il est invité en Serbie pour la parution d’un de ses livres. Le voilà enfin devant une guerre! Ilprend partie pour les Serbes et joue à la guerre, il parle du plaisir de la guerre.Cet épisode lui fermera la porte des éditeurs français pour lesquels il est devenu un quasi criminel de guerre.
De retour en Russie,il souhaite reprendre les armes avec un putsch militaire contre la démocratie qui échoue lamentablement. Il pense que la démocratie, comme le catholicisme veut répandre la bonne parole auprès de ceux qu’elle considère comme des sauvages. En Russie, c’est l’époque du chaos, des privatisations sauvages qui profitent à un million de Russes rusés et nantis, plongeant 150 millions d’autres Russes dans la misère.Tout est devenu à vendre ,autant le verdict du juge que la clémence du policier ou le tampon du fonctionnaire. Le rackett est partout.Les anciens du KGB privatisent leurs services et deviennent une mafia comme une autre.Dans l’armée on vend clandestinement les armes.
Limonov fréquente les nostalgiques du communisme,les nationalistes furibonds. Il crée son parti politique néofasciste qui attire les jeunes désorientés des banlieues à qui il donne une raison de vivre. A la tête de son parti pitoyable il se vit comme un révolutionnaire au sommet de sa gloire. Leurs maigres actions sont des taggs, des banderoles,des troubles lors de manifestations officielles. Leur local s’appelle Le bunker, son amie Natacha prend le pseudonyme de Margot Fürher,le style est punk et gothique.
En Russie,après quelques petites années de démocratie mal gérée, le parti communiste s’apprête à revenir au pouvoir, mais les banques ont besoin du démocrate Eltsine qui est prêt à privatiser à bas prix tout ce qui appartient à l’état. Elles vont assurer sa campagne et le faire élire. Edouard rêve toujours de révolution et part dans les territoires qui appartenaient autrefois à l’URSS pour y allumer des foyers d’insurrection. Il sera soupçonné d’organiser des camps d’entraînement terroristes , en réalité , il n’en a organisé aucun….Mais il apparaît comme dangereux,son parti est interdit et il connaît la prison.
Il y découvre la méditation, qu’il pratique sérieusement, comme tout ce qu ‘il fait, de là, il connaît un bref instant « d’illumination » et déclare : »je ne retournerai pas aux émotions de l’homme ordinaire « .
Sa réputation d’écrivain de talent va accélérer sa libération et le voilà libre,écrivain adulé,guérilléro mondain, avec une femme qui l’aime…Il a 75 ans. Cette tranquillité convient-elle à cet être épris d’absolu ? Voir ses actuelles pensées à la fin du livre….
D.B.

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le 29 janvier 2014
Limonov, personnage pseudo-contestaire de la société russe mais essentiellement profiteur et exploiteur, n’est qu’un prétexte pour nous révéler les machinations qui sont à la base du fonctionnement de la société russe contemporaine. Une société qui permet une exploitation effrénée des biens de la société russe par ceux qui sont près du pouvoir. Une société totalement arbitraire : Limonov est mis en prison pour le livre qu’il a écrit puis sorti de prison – car soudainement le pouvoir le reconnait comme un grand écrivain. Tout un monde d’exilés russes qui gravitent sans scrupules le plus haut possible dans la société d’accueil et manipulent leurs connaissances pour achever leur réussite sociale. À la fin du livre, on ne sait pas vraiment qui est Liminov : est-il un protestataire récupéré par le pouvoir ? Est-il devenu un écrivain ayant une place reconnue dans la littérature russe ? Si oui, on sait dans quelles circonstances somme toute peu honorables il y est parvenu...
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