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le 6 février 2010
Un livre écrit par un intellectuel, avec quelques références savantes que je n'ai pas toujours bien suivies. Surtout un livre plein d'émotions, de sincérité et de lucidité d'un auteur qui s'est arraché seul d'un milieu ouvrier qu'il a longtemps renié (trahi selon ses mots) et qu'il regarde maintenant en face après la mort de son père. Une auto-analyse doublée d'une analyse sociale vraiment touchante.
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le 2 juillet 2011
Comme plusieurs autres lecteurs, je me sens personnellement concerné et presque impliqué dans le récit de Didier Eribon: mêmes origines, parcours similaire, contradiction vécue au plus intime entre un fort sentiment d'appartenance de classe et volonté d'échapper à un destin déjà tracé. Avec aussi des différences importantes et des divergences politiques: la classe ouvrière que j'ai connue, en région parisienne, était plus diversifiée, plus politisée, et le racisme y était marginal. L'ouverture aux questions sociétales y était réelle, quoique limitée. Pourtant, je ne vois pas dans ce livre une quelconque caricature, mais le compte-rendu, sobre et précis, sur la base d'un exemple typique, des cadres sociaux dans lesquels une classe sociale se perçoit et perçoit le monde quand il n'est pas question pour elle de "rôle dirigeant" ou de valeur, mais simplement de se reconnaître et de se perpétuer en maintenant ferme la conscience d'une division majeure entre "nous" et "eux". L'auteur montre avec pertinence en quoi la conscience de ce clivage n'est pas en soi porteur de valeurs progressistes et peut au contraire exposer à toutes les dérives populistes. Il nous laisse à penser l'articulation entre sa "conscience de classe" et l'éveil de sa "conscience homosexuelle". Les pages sur "l'injure" appellent réflexion, tout comme celles sur l'avenir de la gauche et sur l'importance fondamentale du langage dans la constitution du champ perceptif, même s'il y manque, me semble-t-il, une analyse du désir.
Ce livre, qui se conclut sur la constat de l'impossibilité d'un "retour" après tant de ruptures, mais sur la possibilité apaisante d'une "mesure d'exil", montre fort bien comment le centre de gravité d'une vie se déplace, doit se déplacer, de façon significative, ce déplacement étant au fond en ce domaine la condition de possibilité de toute signification.
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Avec Retour à Reims, Didier Éribon, professeur de philosophie et de sociologie à l’université d’Amiens, et l'auteur d'une biographie de Michel Foucault fort appréciée, livre une autoanalyse aux premières pages absolument remarquables.

Se donnant pour un miraculé, le disciple de Pierre Bourdieu veut dire comment il est devenu ce qu’il était (un homosexuel) en rejetant ce qu’il aurait dû être (un prolétaire) :

« Je maudissais ma famille d’être ce qu’elle était. »

Entre mélancolie et jubilation, il y a du Annie Ernaux chez D. Éribon, qui évoque toutes ces années comme autant de Je me souviens. La cabane à lapins au fond du jardin, le club d’aviron, le Solex, l’urinoir près du théâtre…

Mais de longues considérations sur les raisons de la montée du Front national s’avèrent modérément convaincantes, et c’est un peu à regret que l’on découvre chez cet universitaire atypique une part d’exécration. En font les frais deux publications auxquelles il apporta longtemps son concours, Libération (« l’un des principaux vecteurs de la révolution conservatrice »), et Le Nouvel Obs, coupable de « dérive vers la pensée réactionnaire ».

Passons sur la haine des prêtres (pédophiles, « comme il se doit »), et sur une hostilité sans bornes à l’égard de Raymond Aron (« Sartre eut mille fois raison de l’insulter en Mai 68 »), le meilleur étant réservé aux psychanalystes, tout bonnement accusés, de façon passablement délirante, de travailler à perpétuer une folie dont ils vivent.

Ce supposé travail sur soi, qui paradoxalement escamote la question du désir, et occulte la question du lien, ne va pas sans rancœur, chez Éribon. Son double échec à l’agrég de philo lui est manifestement resté sur l’estomac.
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le 2 mars 2010
J'ai fait connaissance avec Didier Eribon dans l'excellente émission "les Mots de minuit". J'ai tout de suite adoré, le mot n'est pas trop fort, sa tolérance, sa qualité d'écoute, son intelligence et son humilité. Ah, si tous les philosophes étaient comme lui, cette discipline n'aurait surement pas été la grande déception de ma scolarité.
Mon parcours a été semblable au sien : fille d'ouvrier dont au moins l'un des parents s'est "saigné" pour que sa progéniture ait accès à une vie meilleure. J'ai pleuré quand il évoque la cabane à lapins au fond du jardin pour améliorer l'ordinaire des menus du dimanche.
Le sentiment de honte est très prégnant chez Didier Eribon. Contrairement à lui, je me suis drapée dans la fierté de mes origines, immigrée et pauvre. Malheureusement, c'est lui qui bien involontairement je pense, a eu raison. Il a réussi son intégration dans un milieu intellectuel, peut-être grâce au réseau homosexuel. J'espère qu'une foule d'intellectuels issus de milieux très populaires entendront sa voix.
Il faut absolument lire Didier Eribon, pour retrouver un peu d'espoir.
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le 28 janvier 2016
Didier Eribon est un sociologue gay, issu d’une famille très populaire. Il a quitté Reims sans se retourner à 20 ans, n’y remettant plus les pieds jusqu’à ce qu’il apprenne la mort de son père. Il revient donc à Reims trente ans plus tard. C’est l’occasion pour lui de se rendre compte que s’il a beaucoup écrit sur la question gay (et fait même parti des auteurs de référence), il n’a jamais écrit sur les classes sociales et même plus particulièrement sur le fait qu’il était un transfuge. Il a même tout fait pour le dissimuler, à mesure que, par ailleurs, il sortait du placard. Il va donc revenir sur cette honte de classe qui l’a autant construit que le fait d’être gay. « Au fond, dit-il, j’étais marqué par deux verdicts sociaux : un verdict de classe et un verdict sexuel. On échappe jamais aux sentences ainsi rendues. Et je porte en moi la marque de l’un et de l’autre. Mais parce qu’ils entrèrent en conflit l’un avec l’autre à un moment de ma vie, je dus me façonner moi même en jouant de l’un contre l’autre ».

Construit comme une autobiographie, c’est d’abord un livre de sociologue. Eribon raconte ce que ça signifie d’être un enfant très pauvre à l’école, celui qui n’est pas supposé aller au lycée, ou en tout cas, ne pas dépasser la seconde, comme on le lui avait prédit.

Il explique tout ces codes qui lui sont inconnus, comment se tenir mal en classe est la seule manière qu’il lui permet d’exister dans un monde scolaire qui lui fait sentir sa différence. Il analyse finement les mécanismes de domination scolaire, sans accuser spécifiquement les profs, mais en expliquant comment tout un système de classe produit la discrimination, via de multiples acteurs qui n’ont pas réellement l’impression de discriminer ou de l’autre côté, des acteurs ni ne comprennent pas toujours comment les mécanismes opèrent contre eux, même s’ils les perçoivent.
« L’ignorance des hiérarchies scolaire et l’absence de maîtrise des mécanismes de sélection conduisent à opérer les choix les plus contre productifs, à élire les parcours condamnés, en s’émerveillant d’avoir accès à ce qu’évitent ceux qui savent. En fait, les classes défavorisées croient accéder à ce dont elles étaient auparavant exclues, alors que, quand elles y accèdent, ces positions ont perdu la place et la valeur qu’elles avaient dans un état antérieur du système. La relégation s’opère plus lentement, l’exclusion se produit plus tardivement, mais l’écart des dominants et des dominés restent intacts, il se reproduit en se déplaçant. C’est ce que Bourdieu appelle « la translation de la structure ». Ce que l’on a désigné sous le nom de démocratisation scolaire, c’est une translation dans laquelle la structure, par delà les apparences du changement, se perpétue et se maintient presque aussi rigide qu’autrefois. »

Eribon étudie également le vote populaire, comment ces personnes qui votaient communistes de manière évidente (contre les patrons) se sont mis à voter FN, un parti qui pourtant ne représente pas la classe populaire, pas plus qu’il n’en est issu. Il parle alors de la manière dont la gauche a trahi les classes populaires.

« Quand on voit ce que sont devenus ceux qui prônaient la guerre civile (en 68) et se grisaient de la mythologie de l’insurrection prolétarienne ! Ils sont toujours aussi sûrs d’eux-mêmes et aussi véhéments, mais à quelques rares exceptions près, c’est aujourd’hui pour dénoncer la moindre velléité de protestation venue des milieux populaires. (…) Ils ont rejoint ce à quoi ils étaient socialement promis (…) Ils se sont installés dans le confort de l’ordre social et la défense du monde tel qu’il est, c’est à dire tel qu’il convient parfaitement à ce qu’ils sont, désormais.

(…La gauche) ne parla plus d’exploitation et de résistance, mais de “modernisation nécessaire” et de “refondation sociale” ; plus de rapport de classe mais de “vivre-ensemble” ; plus de destins sociaux mais de “responsabilité individuelle”. La notion de domination et l’idée d’une polarité structurante entre les dominants et les dominés disparurent du paysage politique de la gauche officielle au profit de l’idée neutralisante du contrat social, du “pacte social” dans laquelle des individus définis comme égaux en droit (“égaux” ? quelle obscène plaisanterie !) étaient appelés à oublier leurs intérêts particuliers (c’est à dire à se taire et à laisser les gouvernements gouverner comme ils l’entendaient). »

Pour autant, il n’héroïse pas les classes populaires : la misère et l’oppression n’anoblissent pas. Ses parents étaient racistes. Si le discours du PC ne l’était pas ouvertement, il n’était pas non plus anti-raciste. On ne prend jamais tout en bloc, dans la profession de foi d’un parti, quelque soit le parti, on fait des concessions. Les gens des classes populaire ne sont pas en phase avec la totalité du discours du FN, mais lâchée par la gauche, ils ne se sentent plus représenter que par ce parti, qui ne leur demande pas de pactiser avec les dominants en faisant des concessions.

Le dernier chapitre revient sur le fait d’être gay, d’assumer l’injure et de quitter Reims pour vivre la vie d’un jeune gay parisien qui laisse derrière lui les traces de son passé mais qui se construit avec lui, malgré lui et contre lui.

Retour à Reims est vraiment un livre excellent, avec un vrai discours de gauche et une analyse très fine en terme de rapport sociaux de classe et de sexe. Si ce genre de texte vous tente, je vous le conseille très fortement.
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le 29 juin 2013
Reçu rapidement comme d'habitude.
Livre que je recommande car l'auteur explique de façon magistrale les déterminismes sociaux ainsi que le mécanisme qui perpétue les mécanismes des inégalités.
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le 29 juin 2014
Une étude parfaite sur la difficulté d'être des classes sociales populaires et la tentation FN,de la trahison des gauches vers le néo-conservatisme .De l'affirmation de son homosexualité dans un milieu formaté et hostile.....à lire absolument
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le 6 septembre 2014
La sincérité et la minutie de sa "confession" m'ont frappé au plus haut point, même si ayant avec lui en commun le fait d'être homosexuel -mais appartenant plutôt à la génération de ses parents- je n'ai pas souffert les déboires qu'il décrit avec un tel talent littéraire au point qu'on arrive à les vivre avec lui. Sa souffrance en tant que jeune homosexuel confronté à un milieu hostile devrait être connue par tout le monde, mais en particulier par les parents d'enfants homosexuels. Son libre et d'autres de ses ouvrages ont été pour moi une vraie révélation. C'est un auteur admirable et je n'ai aucune critique à lui faire.
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le 13 octobre 2015
Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est un auteur français qui a marqué le XXe siècle et la littérature mondiale par son œuvre éblouissante.

Issu d’un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, le jeune Marcel fait d’abord des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris. Là, il commence une carrière de journaliste-chroniqueur, travaillant aussi à un roman qui semble ne jamais pouvoir s’achever ("Jean Santeuil"). En 1900, il voyage à Venise et à Padoue pour découvrir les œuvres d'art en suivant les pas de John Ruskin sur lequel il publie des articles et dont il traduit sans succès certains ouvrages.
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le 9 janvier 2010
Je recommande le livre (déjà lu) à tous ceux qui sont issus d'un milieu ouvrier et qui ont fait quelques études.
On peut en pleurer d'émotion et mieux se comprendre.
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