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Live at the Village Vanguard
Format: Album vinyleModifier
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Le guitariste Marc Ribot qui joue « Dear Beloved » et « Sun Ship » de John Coltrane (1) ne contemple pas le Sublime à travers une matière musicale qui ne serait qu’une parade ou un vêtement enchanté. Le sublime, le guitariste, le façonne à sa manière, dans un trio aux contours inattendus. Et le voici le miracle : Il fut là un instant, l’ineffable, l’ahurissant, l'énorme, l’indicible, capté au cours de ce set au Village Vanguard le 30 juin 2012 et que le label Pi recordings nous offre ce mois-ci en compact disque. Ou l’art de la médiation dans tous les sens du terme. Le trait d’union entre le passé et le présent, le trait d’union aussi entre trois générations (Henry Grimes est né en 1935, Marc Ribot en 1954 et Chad Taylor en 1973). Et au delà de la médiation, c’est sans doute l’œuvre dans son actualité éternelle, ou dans son éternité actuelle, l’œuvre qui est et qui dira toujours le merveilleux, qui dira le Temps, qui dira aussi la réconciliation, un jazz en devenir, un élan spontané qui ne dira jamais son nom. Peu y arrivent, ou pour le dire autrement, peu atteignent de tels sommets. Et ici, plus que d’un hommage à la musique de Trane et d’Albert Ayler (ce qu’elle n’est jamais d’ailleurs), il s’agit surtout de dire l’éclat d’un concert d’anthologie au-delà de toute dimension (« le mot dimension convient mal à l’instant qui est hors dimensions » disait un philosophe). Bref, nous sommes ici en présence d’un concert qui magnifie une pulsation rare (surtout dès la deuxième partie de « Dear Beloved », vers les 7’30, impression qui se confirme dès le deuxième thème, le sublime « The Wizard »). La mythologie ne fait pas si facilement la nique à l’Histoire. Et pourtant, ce concert est déjà mythique. Est-il trop tôt pour le dire ? Sans doute. Mais personnellement, après maintes écoutes, je veux bien le penser… Car ce « live » puissant, énorme, prométhéen, déverse sa lave tel un volcan en terres nippones ! On pourra toujours penser qu’un tel enthousiasme est un peu vain, un peu surfait, voire panégyrique, mais non, à l’écoute de ces six titres (la durée de la galette est d’un peu plus d’une heure) on se pince pour le croire... Car de telles captations « live », de ce niveau-là, c’est extrêmement rare ! Signalons à toute fin utile que le même label nous a offerts un live tout aussi historique il y a deux ans : L’indispensable « Reunion in New-York » de feu Sam Rivers (2).

L’enregistrement que voici a donc été capté live au « temple » du jazz : le Village Vanguard. Et s’il s’avère aussi essentiel et fulgurant que bien d’autres avant lui (comment ne pas songer à tous ces enregistrements historiques de Bill Evans, Coltrane, Eric Dolphy ou encore Paul Motian ?), c’est pour plusieurs raisons, forcément. Cette musique a mis plusieurs années avant de s’élaborer, puisque Ribot avait constitué un quartette avec la même rythmique à laquelle s’était joint le trompettiste Roy Campbell (3). Le contrebassiste Henry Grimes qui avait disparu du circuit jazzique depuis une bonne quarantaine d’années (sic) signait alors son retour (4). Un album studio était sorti en 2005 chez Pi recordings suite à cette rencontre : Spiritual Unity, lequel disait tout l’amour du guitariste pour l’improvisation libre et la musique d’Albert Ayler. Depuis son association avec le saxophoniste John Zorn, on le savait certes, mais le guitariste n’a jamais caché son amour pour l’éclectisme (du rock-punk au jazz en passant par toutes les formes improvisées). Ici, la captation « live » donne toute l’ampleur de l’événement. D’emblée, sur « Dear Beloved », sur le travail tout en pizzicato et à l’archet d’Henry Grimes, ça fuse, ça éclate, ça éblouit. Cette musique tout en éboulis qui s’illustre dans l’art du trio est la parfaite continuité d’albums tout aussi essentiels, quoique tout aussi différents, que le Live de Jim Hall, le A Night At The Vanguard de Kenny Burrell (avec Richard Davis et Roy Haynes) ou encore le Green Street de Grant Green, trois albums indispensables que j’avais également chroniqués. Autre époque certes. Plus près de nous, on évoquera sans doute En Route - Live de John Scofield (avec Steve Swallow et Bill Stewart) ou encore Altitude de Joe Morris (avec William Parker et Gerald Cleaver).

D’autant plus qu’ici, le trio de Marc Ribot fait l’essai de toute sa puissance, grâce à un Chad Taylor à la pulse énorme et un Henry Grimes superbement inspiré. Taylor, ce génie de la batterie ravira les fans de Tony Williams (jeu ternaire, frisées à n’en plus finir, relances, détours, ruptures rythmiques des plus hallucinatoires). Grimes est d’une puissance lui-aussi (« The Wizard » qui démarre comme un blues-rock des plus réjouissants), mine de rien, sans y avoir l’air d’y toucher et l’on est heureux qu’il fasse partie intégrante de ce combo. Les décalages, les acrobaties, les accentuations inédites de ce trio (il faut entendre comment les trois compères prennent le tout naturellement du monde de nouvelles directions dans « Old Man River », directions plus douces et plus suaves, pourrait-on dire…). Et puis il y a les contretemps et cette pulse provocante (« The Wizard » encore), adaptés à cette phalange de musiciens hors norme. Dans « The Wizard », justement, ce tempo d’enfer mené par un Chad Taylor impérial et d’une finesse inouïe, associé à un Henry Grimes qui a un goût hors du commun pour un groove monstrueux, on a là un incroyable mouvement de masse. L’extrême rapidité n’y est pas incompatible avec l’extrême puissance, ni avec une circulation de l’énergie sonore qui spatialise tout l’orchestre. Car oui, ce trio sonne comme un orchestre cosmique. Et quand arrive ce standard de toute beauté, cette ballade magnifique qu’est « Old Man River » au cours de laquelle Ribot rivalise d’ingéniosité en notes perlées, l’on se dit que ce n’est pas possible. Comment ces trois génies créateurs en arrivent là, à autant de calme et de sensualité ? La balade est portée à un sommet d’interprétation inouïe. C’est d’une beauté et techniquement, c’est irréprochable: sans démonstration ni ostentation, les solistes font des tours de force en quelques secondes chacun. De même sur « Bells » et « Sun Ship », aux tempos chaloupés, Marc Ribot polit les clés du royaume, improvise sur des hauteurs jazziques insoupçonnées, Chad Taylor glisse sur les toms et les cymbales de sa batterie et Henry Grimes tire à l’arc avec sa contrebasse si pleine d’assurance et fait entendre les sensuelles sonorités du boyau. Sur « I’m Confessin’ that I Love You », le trio impérial fait planer son inspiration et sa joie au dessus de cette mêlée qu’il suscite, anime et résout. Ce Live est de toute évidence une grande réussite, magnifiée par une prise de son exceptionnelle. L’un des plus grands disques de jazz et des formes improvisées de l’année. A ne manquer sous aucun prétexte.

Chronique dédiée à Franpi Sunship, remarquable photographe et chroniqueur musical. On sera avisé de lire ses chroniques sur son blog et sur citizenjazz.
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(1) Sun Ship, enregistré en 1965, est peut-être bien avec A Love Supreme l'album du quartette classique de Trane que je préfère. C'est donc en tout bien tout honneur que Ribot reprend deux thèmes de cet album qui, faut-il le rappeler, ne sortit que tardivement (en 1971) sur le label GRP/Impulse!. Tout récemment, le label a édité un double compact avec prises alternatives, mais de ce double, l'on peut s'en passer, sauf si l'on est un inconditionnel... L'album Sun Ship se suffisait à lui-même de mon point de vue.

(2) Reunion : Live In New York est un double album historique pour nous autres amateurs de jazz et de musiques improvisées, toujours disponible sur le site. Il réunissait un trio infernal composé de Sam Rivers au sax ténor et soprano, Dave Holland à la contrebasse et Barry Altschull à la batterie. Un live capté en 2007.

(3) Le trompettiste Roy Campbell (membre du Nu Band avec Lou Grassi, Joe Fonda et Mark Whitecage et que j avais eu la chance de voir en 2004 lors d un superbe concert à Bordeaux) nous a quittés subitement le 09 janvier 2014...

(4) Henry Grimes fit sa réapparition en 2002 (après avoir été redécouvert par William Parker) et reprit la musique dans une galette gravée pour le compte du label Ayler records : Live At The Kerava Jazz Festival aux côtés du saxophoniste David Murray et du batteur Hamid Drake. On se souvient de lui et de tous les disques historiques qu’il a gravés aux côtés de Sonny Rollins (The Stockholm concert, Our Man in Jazz), de McCoy Tyner (Reaching Fourth), et d’Albert Ayler bien sûr (Concert at The Greenwich village). Son album solo paru en 1964 sous le label ESP The Call est une petite pépite...
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le 28 septembre 2014
excellent disque super trio . car ce n est pas facile d inaugurer sur des morceaux dont les auteurs sont j coltrane , A ayler . A posseder absolument , comme le electric ascension par Rova ;orkesttova.Ansi que le Rova ' 1995 LIVE RECORDING "John coltrane' ascension". INDISPENSABLES.
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le 1 juillet 2014
Exactement ce que j'attendais, il n'y a rien à ajouter: le jazz, c'est ça: la liberté et l'hommage aux anciens !
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